homélie 12° dimanche ordinaire B

Surmonter la peur par la confiance, l’unité et la ...

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc : Toute la journée, Jésus avait parlé à la foule. Le soir venu, Jésus dit à ses disciples : « Passons sur l’autre rive. » Quittant la foule, ils emmenèrent Jésus, comme il était, dans la barque, et d’autres barques l’accompagnaient. Survient une violente tempête. Les vagues se jetaient sur la barque, si bien que déjà elle se remplissait. Lui dormait sur le coussin à l’arrière. Les disciples le réveillent et lui disent : « Maître, nous sommes perdus ; cela ne te fait rien ? » Réveillé, il menaça le vent et dit à la mer : « Silence, tais-toi ! » Le vent tomba, et il se fit un grand calme. Jésus leur dit : « Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? » Saisis d’une grande crainte, ils se disaient entre eux : « Qui est-il donc, celui-ci, pour que même le vent et la mer lui obéissent ? »

Le temps aujourd’hui semble être comme celui de l’évangile, tempêtueux. Mais comme dans l’évangile la tempête s’apaisera, comme toutes celles que nous traversons durant notre vie. En effet, l’évangile aujourd’hui peut être lu à différents niveaux : par exemple la barque peut symboliser l’Eglise ou notre propre vie ; les tumultes de la mer et du vent déchaîné peuvent symboliser les tribulations et les persécutions que vit l’Eglise ou les épreuves que nous traversons chacun ; le voyage de nuit pour atteindre la rive opposée peut symboliser le pèlerinage de l’Eglise ou de chacun de nous vers le Royaume des cieux. Cependant, en tant que Chrétiens nous savons, comme le rappelle l’évangile, que Jésus est embarqué dans nos vies et qu’il traverse les tempêtes avec nous. Aussi son interpellation aux disciples : « Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? » doit nous interroger. C’est pourquoi aujourd’hui, je voudrais vous entretenir de trois choses concernant la foi.

1/ Deux constats :

a/ La présence de Jésus ne suffit pas à donner la foi. Jésus, qui est bien physiquement présent dans la barque et s’étonnant de la réaction de ses disciples face à la tempête, leur demande « n’avez-vous pas encore la foi ? »  Il en est de même dans notre Eglise où le Seigneur Jésus, comme il l’a promis, est réellement présent dans l’Eucharistie et là où 2 ou 3 sont réunis en son nom… Oui mes amis Jésus est présent dans toutes les églises, ici aussi grâce au pain consacré dans le tabernacle ! Quand est-ce la dernière fois que vous lui avez rendu visite ? Nous pouvons tirer un 1ier enseignement : il ne suffit pas d’avoir Jésus près de soi; il faut adhérer à lui, être en relation avec lui.

b/ être croyant ce n’est pas vivre sans épreuve ni éviter les tempêtes. Dans l’Evangile, les vagues dues à la tempête se jettent sur la barque dans laquelle Jésus est ! De même aujourd’hui l’Eglise est secouée par les scandales et les persécutions et dans nos vies également nous affrontons de nombreuses tempêtes : doutes, chômage, séparation, ennui, découragement, alors même que le Christ selon sa promesse est avec nous tous les jours jusqu’à la fin du monde.

Le Seigneur veut nous donner une foi adulte !

2/ Autonomie et dépendance.

a/ autonomie : Pour grandir dans la foi, le Seigneur veut nous apprendre l’autonomie et le détachement du serviteur. En effet, dans la barque, les disciples voudraient qu’en toute circonstance, Dieu fasse à leur place. En voyant l’eau entrer dans la barque, ils auraient pu décider d’écoper l’eau par exemple. Mais non, ils préfèrent réveiller le Maître en disant : « Maître, nous sommes perdus, cela ne te fait rien ? ». Quelle vision de Dieu faut-il avoir pour le croire capable de désirer la perte des siens ? Ils n’ont pas encore saisi – pour cela il faudra attendre Pâques et la Pentecôte – que tout l’agir chrétien, mu par l’Esprit Saint, doit jaillir de leurs mains. Il est en de même pour nous aujourd’hui. Il y a des choses que nous avons à faire, au nom du Seigneur et qu’il ne nous faut pas attendre du ciel : c’est à nous de nourrir les pauvres, de consoler les affligés, de faire advenir la justice sociale, etc. comme le rappelle saint Ignace: « agis comme si tout dépendait de toi, en sachant en réalité que tout dépend de Dieu ». Croire s’est faire tout son possible en sachant que l’on est qu’un serviteur et laisser le reste à Dieu.

b/ et dépendance : Quand ma vie spirituelle est en berne : que je ne prie plus, ne vais plus à la messe, quand je laisse de mauvaises pensées et sentiments envahir ma tête, quand je n’arrive plus à être charitable ni à aider les autres alors le Seigneur Jésus est peut être endormi au fond de moi, mon éloignement l’a anesthésié ! Alors face aux turbulences et aux tempêtes de la vie je peux être pris au dépourvu et malmené. A nous donc, par les sacrements (surtout confession et eucharistie) de savoir régulièrement réveiller le Seigneur en nous et aussitôt il nous assure de sa présence et nous apaise.

3/ une affirmation : Jésus est Dieu.

Dans le livre de Job (1° Lect) Dieu dit à la mer “Tu viendras jusqu’ici ! tu n’iras pas plus loin, ici s’arrêtera l’orgueil de tes flots !” EtJésus dans l’évangile menaça le vent et dit à la mer : « Silence, tais-toi ! ». En agissant comme Dieu, Jésus affirme qu’il est Dieu lui-même. Je laisse la parole à Théophile d’Antioche, évêque du II°s qui le dit très bien : « Ce n’est point à l’aide d’un bâton qu’il avait apaisé la mer, comme avait fait Moïse ; ce n’est point par la prière, comme Elisée se frayant un chemin à travers le Jourdain; ce n’est point au moyen de l’Arche, comme Josué, c’est par une seule parole. Aussi, à ce signe, les disciples reconnaissent en lui une puissance divine ».

(Aujourd’hui Valentine, Miguel et Rafael vous faites votre première communion. C’est-à-dire que vous embarquez Jésus dans votre vie. Pour qu’il ne s’y endorme pas, chaque dimanche venez le recevoir à nouveau en communiant à son corps. Chers jeunes amis je vous souhaite une belle traversée de votre vie avec Jésus qui vous aidera, si vous vous appuyez sur Lui à traverser les épreuves et parvenir dans la joie au paradis à la fin de votre vie !). Puisse donc l’Eucharistie de ce matin réveiller en nous la foi en Dieu réellement présent dans nos vies et nous donner la force d’agir pour Lui. Amen