homélie du 13° dimanche Ordinaire C

homélie du père Arnaud donnée lors de la messe du samedi soir avec le baptême de Méline et le dimanche matin avec le baptême de Sohan et Silas.

Dans quelques instants Méline (Sohan et Silas) va (vont) recevoir le baptême. D’une certaine manière elle (ils) est (sont) élue (élus) de Dieu, choisie(s) par Lui pour devenir dans notre monde son (ses) enfant(s( bien-aimé(s). Et ce qui tombe bien, c’est que l’élection divine est le thème des textes que nous venons d’entendre.

Dans la lettre de Paul nous sommes baptisés pour mener une vie nouvelle, (dans la 1° lecture le prophète Ezéchiel rappelle que Dieu nous rassemble pour faire de nous son peuple) Dans le psaume, le rédacteur chante sa joie d’être à Dieu. Dans la lettre aux Galates, st Paul nous rappelle que nous avons été libérés par Jésus pour servir les autres dans l’amour. Dans l’Evangile Jésus lui-même appelle des disciples à le suivre et fixe leur mission. Tous les ingrédients de l’appel chrétien sont dans ces textes, reprenons-les en 3 points : l’appel de Dieu, la réponse de l’homme et la mission.

1/ l’appel de Dieu : quand le Seigneur appelle, quand il choisit quelqu’un, on parle d’élection. Celui qui est choisi devient l’élu de son cœur, devient son bien-aimé. Tous nous sommes appelés à devenir ses enfants bien-aimés, et c’est au tour de Méline, (Sohan et Silas) de l’être. Aujourd’hui comme hier, Dieu utilise deux modes d’appel : soit il choisit une personne qui va appeler en son nom (vous les parents qui demandez le baptême pour votre (vos) enfant(s)) ; soit Il appelle lui-même comme dans l’Evangile où Jésus dit à un homme : « Suis-moi. » C’est souvent ainsi que des jeunes hommes entendent dans leur cœur l’appel de Dieu à le suivre comme prêtre, ou des jeunes filles à entrer en religion, ou encore un jeune homme et une jeune femme sentent en leur cœur l’appel à se marier et à fonder une famille.

Quoiqu’il en soit, pour être sûr que l’appel vient bien de Dieu on n’hésitera pas à demander à l’Eglise de confirmer l’appel qu’on ressent : ainsi votre (vos) enfant(s) qui reçoit (reçoivent) le baptême va (vont) faire du caté et un jour proclamer lui (eux)-même(s) (c’est-à-dire assumer) sa (leur) foi. Oui l’appel de Dieu qu’on ressent dans son cœur doit être confirmé par les membres de l’Eglise. Ainsi les fondateurs d’ordres religieux demandent l’aval et la bénédiction du pape ou de l’évêque ; les jeunes qui veulent devenir prêtre déposent leur discernement entre les mains des directeurs de séminaire et de l’évêque, et celles qui désirent entrer en religion se soumettent aux autres sœurs qui voteront ou non pour son intégration dans la communauté. De même le prêtre discerne et appelle ceux qu’il pense capables de faire du caté, de l’aumônerie, des funérailles, etc.

Vous comprenez ainsi qu’il faille que Dieu en appelle quelques uns particulièrement à son service et à celui de son Eglise pour que tous les baptisés puissent répondre à l’appel du Seigneur à vivre concrètement leur vie de baptisé. Par la célébration des sacrements, les enseignements, et en essayant de faire l’unité de tous, les prêtres aident les chrétiens à vire comme tels. Il n’y a pas d’opposition entre le peuple et les prêtres, mais une complémentarité, une saine collaboration pour que le règne de Dieu soit annoncé partout.

2/ Un appel qui exige une réponse. Dieu appelle, certes, mais il faut aussi que l’appelé réponde radicalement car, comme le dit Jésus, Quiconque met la main à la charrue, puis regarde en arrière, n’est pas fait pour le royaume de Dieu. Ainsi, dans la 1° lecture, Paul rappelle qu’un baptisé ne vit pas comme les autres hommes, il doit vivre en ressuscité (Dieu affirme par la bouche d’Ezéckiel qu’un élu a un cœur nouveau, un cœur de chair pour vivre selon ses lois). Dans le psaume : le rédacteur dit à Dieu : Je n’ai pas d’autre bonheur que toi. Si Dieu m’a choisi, à mon tour je choisis Dieu. Dans la lettre aux Galates, Paul nous rappelle que notre manière de nous comporter est notre réponse à l’appel de Dieu : Vous avez été appelés à la liberté…. mettez-vous, par amour, au service les uns des autres… marchez sous la conduite de l’Esprit Saint. Notre réponse est notre fidélité !

3/ une mission que l’on reçoit de Dieu. L’appel du Seigneur, une fois que nous l’avons discerné dans nos vies et que nous y avons répondu en nous rendant disponibles pour Dieu, fait de nous les ouvriers d’une mission qu’on reçoit du Christ. Dans l’Evangile Jésus fixe lui-même le contenu de la mission : Il envoya, en avant de lui, des messagers ; …pour préparer sa venue Notre rôle de baptisés est de mener au milieu du monde une vie chrétienne cohérente (penser, parler et agir comme des chrétiens) afin de susciter le désir de Dieu dans les cœurs qui sont loin de lui et les préparer à recevoir Dieu en eux, à ouvrir devant eux le chemin du baptême et de la vie sacramentelle. Ils deviendront à leur tour, des missionnaires joyeux de la foi chrétienne. Pour que notre mission porte du fruit, Dieu lui-même va se semer en nous, dans la fidélité de l’ouvrier au maître de la moisson, accueillons le humblement. Amen