LES ROGATIONS : 3 jours de prière pour la création

A l’initiative du père William Goyard notre doyenné depuis 2 ans célèbre les Rogations. 3 jours pour bénir les fruits de la terre et du travail des hommes. ce Lundi 23 mai le premier temps de prière : une messe suivie d’une procession s’est déroulé à Montain. Une fois la messe célébrée à l’église avec vingtaine de paroissiens nous sommes partis en procession jusqu’à un promontoire pour bénir les vignes et potagers en contrebas….

LES PROCHAINES DATES

MARDI 24 MAI à 18h30 à Saint Etienne de Coldre : messe + procession

MERCREDI 26 MAI à 18h30 à Grange sur Baume : messe + procession

homélie du 6° dimanche de Pâques C

Évangile selon saint Jean : En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : «Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole; mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure. Celui qui ne m’aime pas ne garde pas mes paroles. Or, la parole que vous entendez n’est pas de moi : elle est du Père, qui m’a envoyé. Je vous parle ainsi, tant que je demeure avec vous; mais le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit. Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix; ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne. Que votre cœur ne soit pas bouleversé ni effrayé. Vous avez entendu ce que je vous ai dit : Je m’en vais, et je reviens vers vous. Si vous m’aimiez, vous seriez dans la joie puisque je pars vers le Père, car le Père est plus grand que moi. Je vous ai dit ces choses maintenant, avant qu’elles n’arrivent; ainsi, lorsqu’elles arriveront, vous croirez.»

Nous pouvons relever un don important que Jésus nous fait au moment de sa Passion et qui est cité dans l’évangile d’aujourd’hui : la paix, qu’il nous laisse et nous donne ; précisant que ce n’est pas à la manière du monde qu’il nous la donne.

Et pour nous aider à comprendre et vivre au quotidien ce grand don de la Paix, Jésus nous assure du secours de l’Esprit Saint que le Père enverra en son nom, et qui nous enseignera tout. C’est donc lui que nous devons invoquer spécialement pour comprendre toute la beauté et l’urgence qu’il y a à recevoir et promouvoir la paix selon Dieu.

Le mot paix présent 337 fois dans la Bible, dont 83 fois dans le Nouveau Testament est un thème biblique très important. Cependant il faut bien le comprendre dans son sens judéo-chrétien. C’est-à-dire qu’il ne s’agit pas de l’absence de guerre ni d’une espèce de bien-être indéfinissable. La paix est un état de plénitude à la fois spirituelle, sociale, mondiale et écologique. Cette plénitude que nous avons connue au tout début de la création, nous la connaîtrons à nouveau à la fin des temps, grâce au Christ qui s’est fait notre paix sur le bois de la croix. Mais dans l’attente de voir la Jérusalem céleste (la cité de la paix comme le signifie son nom) si magnifiquement décrite par st Jean dans son apocalypse descendre du ciel à la fin des temps, il nous faut établir dans notre monde le règne du Christ qui est un règne de justice et de paix.

Il y aura donc sans surprise trois parties dans mon homélie : la paix originelle, le Christ notre Paix et la justice signe d’un cœur apaisé.

1/ La paix originelle :

Si nous désirons toujours une véritable paix intérieure qui permettrait une relation vraie, simple et confiante entre toutes les personnes, avec Dieu et la nature, c’est que nous gardons en nous, comme dans nos gènes, la mémoire de cette béatitude originelle : l’absolue simplicité des relations entre Dieu, les hommes et la création, sans crainte ni apriori.

Malheureusement le péché originel a semé le trouble, l’envie et la division parmi les hommes, dans leur rapport à Dieu et à la création. Les relations entre l’homme et la nature sont désormais des lieux de pouvoir, de manipulation et de domination. Les hommes chassés du paradis sont voués à « en baver » sur cette terre, dans cette création désormais hostile. Mais Dieu, loin de se résigner à cet échec, veut rétablir l’harmonie des origines et bien plus encore.

2/ Le Christ notre Paix :

En la personne de son Fils Jésus le Christ, qu’il a envoyé auprès des hommes, Dieu rétablit la Paix entre Lui et nous. Comme l’écrira Paul aux Ephésiens (2,14-16) : « C’est le Christ, qui est notre paix : … il a voulu créer en lui un seul Homme nouveau en faisant la paix, et réconcilier avec Dieu les uns et les autres … par le moyen de la croix ; en sa personne, il a tué la haine. ». Oui la paix jaillit du cœur transpercé du Christ qui est la source de la miséricorde de Dieu. Et l’eau vive de cette source ce sont les sacrements et au plus haut point de l’Eucharistie et de la réconciliation. Combien disent après la confession ou la messe : je repars le cœur en paix, c’est-à-dire avec une vie plus en harmonie car saisie et purifiée par le Christ. Pourtant ce bien être ne dure pas toujours et souvent nous retombons dans nos travers, voilà pourquoi ces sacrements sont toujours renouvelables.

3- La justice est au service de la paix. :

Le bon moyen de tenir son cœur dans la paix est de comprendre que la paix que Jésus donne doit être déployée, mise au service des autres. Elle est un appel à agir. Le psaume 84 dit : « justice et paix s’embrassent ». Oui notre cœur demeure en paix quand nous œuvrons à la justice. Comme le proclame la 7° béatitude dans l’Evangile de Matthieu : « heureux les artisans de paix, ils seront appelés fils de Dieu ». Et La justice qu’il faut établir est celle de Dieu. Un monde qui méprise la vérité de la loi naturelle et l’infinie dignité de tout homme et de toute femme dans leurs différences spécifiques et leur totale complémentarité, ne pourra jamais être en paix. La vraie Paix nous propulse dans l’espérance et tourne notre regard vers la joie éternelle.

Aujourd’hui encore abreuvons nous à la source de la Paix et recevons joyeusement celui qui vient chez nous pour faire en nous sa demeure. Que le Seigneur, nous établissant dans la paix par la communion à son Corps, nourrissent aussi notre désir d’œuvrer concrètement à la justice pour qu’advienne enfin son royaume ! Amen.

PIQUE NIQUE PAROISSIAL

L’EAP de la paroisse saint Pierre-François Néron a eu une excellente idée : organiser, ce samedi 21 mai midi, un pique nique paroissial dans les jardins de l’ancien presbytère de Macornay. Une quarantaine de personnes dont tous les prêtres du doyenné se sont retrouvées, par une très belle journée ensoleillée, sous les pommiers et noyers du jardin pour partager dans la convivialité un repas copieux et délicieux préparé par les invités eux-mêmes. Joie de pouvoir enfin se retrouver alors que le repas paroissial habituel avait été annulé pour cause de pandémie. Une bonne idée pour vivre un temps fraternel en paroisse!

homélie 5° dimanche de Pâques C par P. Paterne

Ce dimanche le Christ Jésus fait le choix de nous parler de l’essentiel de notre existence à savoir nous « aimer les uns les autres comme lui nous a aimé », et cette déclaration forte sur l’amour se répercute admirablement dans toute la bible pour en signifier l’importance et la valeur. Très souvent, nous tombons dans un confusionnisme fatal consistant seulement à comprendre l’amour comme une expérience purement émotionnelle et sentimentale, mais pour Jésus, l’amour est plus qu’une simple émotion

et sentiment vague, il est un acte existentiel dont l’impact est global sur notre être au monde.

 Ainsi, aimer, ce n’est pas un jeu, mais l’espace où se joue notre destinée. Pour Jésus, l’essentiel de chaque vie et de chaque personne humaine se trouve dans l’acte d’aimer car tous nous avons besoin de se savoir aimer et de pouvoir aimer ; si nous manquons l’amour, si notre vie est vide d’amour, nous perdons le goût et la saveur profonde de la vie et de l’existence. Jésus nous ramène à la priorité, celle d’aimer.

 Le Christ nous laisse l’amour comme un testament précieux dont l’application pourrait aider à construire une humanité plus digne et heureuse, et par conséquent, aimer c’est oser agir et faire comme Dieu qui n’est qu’amour.

En effet, Jésus fait de l’amour, la définition de tout disciple, c’est-à-dire le disciple c’est celui qui vit par l’amour et pour l’amour ; nous sommes faits par amour et pour vivre de l’amour. Lorsque la bible parle et invite à l’amour, c’est pour rappeler notre destinée commune, car l’amour donne sens et vie à tout : il créé et restaure la dignité de tous ; l’amour est une réponse puissante aux foyers de haines, de guerres, de jalousies et de violences qui sont le lot quotidien des humains que nous sommes. Les vagues de violences et de guerres qui retentissent au cœur de notre humanité gémissante sont des formes de défaites en amour parce que

l’amour est suppression et négation de la haine. L’amour trace les chemins d’un présent et d’un avenir de paix, de concorde, de respect et de dignité. Ce message de l’appel à l’amour, notre monde en a urgemment besoin à l’heure où la violence s’enracine dans nos cœurs biffant ainsi en nous les germes de l’amour divin. Quelle est donc la valeur et la mesure de l’amour : « la mesure de l’amour, c’est d’aimer sans mesure » comme aimait dire Saint Augustin ; le prix de l’amour, c’est l’amour.

 Prions afin que la grâce de l’amour divin prenne place en nous et se répandre autour de nous ; que le Christ nous aide à écrire notre histoire de vie conjugale, familiale, professionnelle et amicale avec l’encre de l’amour ; et que l’Esprit -Saint nous aide chaque jour à découvrir la  profondeur, la hauteur, la largeur et la longueur de l’amour. Amen

homélie 5° dimanche de Pâques C

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean : Au cours du dernier repas que Jésus prenait avec ses disciples, quand Judas fut sorti du cénacle, Jésus déclara : « Maintenant le Fils de l’homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui. Si Dieu est glorifié en lui, Dieu aussi le glorifiera ; et il le glorifiera bientôt.  Petits enfants, c’est pour peu de temps encore que je suis avec vous. Je vous donne un commandement nouveau : c’est de vous aimer les uns les autres. Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres. À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres. »

La lecture de l’Apocalypse d’aujourd’hui se termine ainsi : Celui qui siégeait sur le Trône déclara : « Voici que je fais toutes choses nouvelles ». Est-ce une nouveauté déjà présente ou à venir ? En effet, comment affirmer que Dieu fait toutes choses nouvelles alors que depuis la mort et la résurrection du Seigneur Jésus, il semble que la vie se poursuit comme avant avec son lot de morts, de joies, de peines, de guerres, de trahison ou d’actes héroïques mus par un amour vrai et saint

Alors où est-elle la nouveauté ? qu’est-ce donc que le Christ a apporté de neuf qui vaille que depuis 2000 ans, des saints extraordinaires et très ordinaires, des vierges, des laïcs, des pères et des mères de familles, même des enfants, des prêtres, des religieuses, donnent leur vie à cause de leur fidélité à son Nom ? Pour quelle nouveauté vaut-il la peine de vivre le mariage indissoluble dans la fidélité ou de vivre la consécration dans le célibat, l’obéissance et la pauvreté ? Pour quelle nouveauté prier à genoux, assis ou debout, faire le signe de croix ou réciter son chapelet ? Qu’est-ce donc qui vous pousse à venir à la messe chaque dimanche ?

Quelle nouveauté, sinon cette folle certitude que sur la croix Jésus a tout renouvelé dans l’amour qui va jusqu’au bout. En effet, l’évangile de Jean que nous venons d’entendre introduit le dernier discours de Jésus commandant à ses disciples de s’aimer les uns les autres comme il les a aimés. Or cet évangile se trouve exactement entre la trahison de Juda et l’annonce du reniment de Pierre. La grande nouveauté de Jésus, C’est-à-dire son appel absolu à l’amour sans condition, se trouve entre un acte de trahison et l’annonce d’un reniement. C’est comme une préfiguration de sa passion à venir. En effet, au jour de l’amour offert sur la croix Jésus sera entouré de deux brigands, deux larrons : l’un comme Juda refusera le repentir ; l’autre comme Pierre se laissera restaurer par l’amour qui pardonne, jusqu’à s’entendre dire « aujourd’hui même tu seras avec moi au paradis ».

Oui frères et sœurs, sur la croix, quand le Christ est au plus bas, alors qu’il devient de plus en plus l’image de l’humanité bafouée et souffrante, il affirme contre toute évidence qu’il fait toute chose nouvelle. Que du don unique et définitif de sa vie sur la croix jaillira une humanité renouvelée. Sur la croix l’homme nouveau est enfanté dans l’amour absolu. Amour total de Dieu pour les hommes qui rend à son tour l’homme capable d’amour total pour les siens. Jésus par avance dit à Pierre comme à chacun de nous : l’amour peut engloutir tous nos reniements, nos misères, nos pauvretés. Celui qui se laisse aimer par Dieu et vit de cet amour est renouvelé et il peut à son tour aimer comme Dieu.

Si nous avons déjà aimé en vérité, nous savons qu’aimer est crucifiant ! Si nous aimons comme Dieu, comme Dieu nous souffrirons. Paul et Barnabé nous le rappelle dans l’extrait des actes de apôtres que nous avons entendu : ils affermissaient le courage des disciples ; ils les exhortaient à persévérer dans la foi, en disant :  » Il nous faut passer par bien des épreuves pour entrer dans le royaume de Dieu !

Oui il faut souvent nous le redire : assumer notre foi exige de toujours choisir le pardon, d’être miséricordieux et comme nous y invite Jésus d’aimer sans faille jusqu’à souhaiter la conversion et le salut de nos ennemis. Car, selon le Seigneur dans l’Evangile, c’est à cela qu’on reconnaîtra que nous sommes ses disciples.

Aimer une personne, ce n’est pas adhérer à sa pensée ou à ses actes, c’est d’abord prier pour elle et même aller jusqu’à l’offrande de soi à Dieu pour sa conversion, pour qu’elle goûte jusqu’à l’ivresse la joie d’être à Dieu dans la fidélité à son enseignement.

N’espérons rien d’autre pour tout homme et pour chaque homme que de connaître et d’aimer Jésus par son Eglise, afin qu’à l’heure choisie par Dieu, quand descendra du ciel, d’auprès de Dieu, la cité sainte, la Jérusalem nouvelle, chacun puisse accéder et s’immerger dans l’océan d’amour qu’est la communion du Père, du Fils et du Saint Esprit.

Que cette Eucharistie, qui nous offre dès ici bas les prémices de la vie éternelle, nous emplisse d’amour et nous affermisse dans notre mission de témoins fidèles du Christ et de son Eglise, pour le salut du Monde. Amen

VOUS ETES TOUS ATTENDUS AUX CORDELIERS LES 6, 7 et 8 MAI

VOICI LE PROGRAMME DES 3 JOURS

cliquez ci dessous pour écouter l’interview de Damien et Christine BERTRAND les organisateurs :

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homélie du 3° dimanche de Pâques année C

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean : En ce temps-là, Jésus se manifesta encore aux disciples sur le bord de la mer de Tibériade, et voici comment. Il y avait là, ensemble, Simon-Pierre, avec Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), Nathanaël, de Cana de Galilée, les fils de Zébédée, et deux autres de ses disciples. Simon-Pierre leur dit : « Je m’en vais à la pêche. » Ils lui répondent : « Nous aussi, nous allons avec toi. » Ils partirent et montèrent dans la barque ; or, cette nuit-là, ils ne prirent rien. Au lever du jour, Jésus se tenait sur le rivage, mais les disciples ne savaient pas que c’était lui. Jésus leur dit : « Les enfants, auriez-vous quelque chose à manger ? » Ils lui répondirent : « Non. » Il leur dit : « Jetez le filet à droite de la barque, et vous trouverez. » Ils jetèrent donc le filet, et cette fois ils n’arrivaient pas à le tirer, tellement il y avait de poissons. Alors, le disciple que Jésus aimait dit à Pierre : « C’est le Seigneur ! » Quand Simon-Pierre entendit que c’était le Seigneur, il passa un vêtement, car il n’avait rien sur lui, et il se jeta à l’eau. Les autres disciples arrivèrent en barque, traînant le filet plein de poissons ; la terre n’était qu’à une centaine de mètres.  Une fois descendus à terre, ils aperçoivent, disposé là, un feu de braise avec du poisson posé dessus, et du pain. Jésus leur dit : « Apportez donc de ces poissons que vous venez de prendre. » Simon-Pierre remonta et tira jusqu’à terre le filet plein de gros poissons : il y en avait cent cinquante-trois. Et, malgré cette quantité, le filet ne s’était pas déchiré. Jésus leur dit alors : « Venez manger. » Aucun des disciples n’osait lui demander : « Qui es-tu ? » Ils savaient que c’était le Seigneur. Jésus s’approche ; il prend le pain et le leur donne ; et de même pour le poisson. C’était la troisième fois que Jésus ressuscité d’entre les morts se manifestait à ses disciples. Quand ils eurent mangé, Jésus dit à Simon-Pierre : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment, plus que ceux-ci ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes agneaux. » Il lui dit une deuxième fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment? » Il lui répond : « Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le pasteur de mes brebis. » Il lui dit, pour la troisième fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? » Pierre fut peiné parce que, la troisième fois, Jésus lui demandait : « M’aimes-tu ? » Il lui répond : « Seigneur, toi, tu sais tout : tu sais bien que je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes brebis. Amen, amen, je te le dis : quand tu étais jeune, tu mettais ta ceinture toi-même pour aller là où tu voulais ;» Jésus disait cela pour signifier par quel genre de mort Pierre rendrait gloire à Dieu. Sur ces mots, il lui dit : « Suis-moi. ».

Avez-vous remarqué frères et sœurs que l’envoi en mission de Pierre commence comme a commencé son appel. En effet, au chapitre 5 de l’Evangile de Luc, Jésus, présent dans la barque de Pierre, provoque une pêche miraculeuse qui fait tomber Pierre aux pieds de Jésus qui lui répond : « sois sans crainte désormais ce sont des hommes que tu prendras »; et dans le récit que nous venons d’entendre et qui est la finale de l’Evangile de Jean, Jésus ressuscité, présent au bord du Lac invite les disciples à jeter les filets provoquant une nouvelle pêche miraculeuse qui fait se jeter à l’eau Pierre pour rejoindre Jésus sur le rivage qui lui dit au terme de leur échange « Sois le berger de mes brebis ». Est-ce à dire que tout recommence ? Non ! Mais au terme de trois années de compagnonnage avec Jésus, Pierre connait désormais les dangers de la mission, il a expérimenté les échecs, il sait où cela mène d’être trop sûr de soi, son cœur est encore blessé par son reniement aux jours de la passion. Mais ce temps a été nécessaire pour que Pierre fasse sa mue : comme vous le notez, Pierre passe de pêcheurs d’hommes à berger des brebis ! D’une certaine manière de disciple il devient Apôtre. Au moment du récit de l’évangile Pierre goûte à l’infinie miséricorde de Jésus qui le relève et en fait enfin un Apôtre, un envoyé. Pierre a appris à proclamer la Bonne Nouvelle, à guérir les malades, à expulser les démons et Jésus l’a institué « pierre sur laquelle il bâtira son Eglise ». Son cœur de disciple est devenu un cœur d’Apôtre brûlant d’amour. Il doit maintenant assumer deux fonctions : à la fois aller à la rencontre des personnes pour les évangéliser (être pêcheur d’hommes) et organiser le peuple de Dieu qui naitra de la mission (berger des brebis).

Jésus a pris le temps de transformer Pierre afin de le préparer à faire sa volonté, à devenir serviteur et berger de son peuple. Il en va de même avec chacun de nous, Jésus aussi prend le temps qu’il faut pour nous rendre peu à peu capable de faire sa volonté. Il nous façonne, pour faire de nous des serviteurs.

Et comment procède-t-il ? Exactement comme il le fait pour Pierre dans l’Evangile que nous venons d’entendre. En effet le dialogue qui s’instaure entre Jésus et Pierre est très subtile, il nous entretient de la manière dont Jésus s’adapte à notre manière d’aimer pour que nous portions en lui beaucoup de fruits. Pour comprendre ce texte il faut entrer dans une subtilité du verbe aimer prononcé par Jésus et Pierre. Deux verbes différents sont utilisés : Agapo et Philo. Agapo signifie : aimer jusqu’à tout donner de soi-même alors que Philo signifie davantage aimer d’amitié. Ainsi quand Jésus demande d’abord à Pierre : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment, plus que ceux-ci ? » il demande à Pierre « Pierre es-tu prêt à donner plus que les autres, es-tu prêt à tout donner pour moi ? Et Pierre répond « Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. » ce qu’il faut traduire : « tu le sais je suis ton ami. » : vous remarquez qu’il y a un écart entre la demande d’amour de Jésus et la réponse de Pierre : Jésus demande à Pierre plus qu’il ne peut donner. Voilà pourquoi Jésus demande à nouveau : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment ? », sans le comparer aux autres, Jésus demande à Pierre s’il est prêt à donner sa vie pour Lui. Et la réponse de Pierre demeure la même « Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. », c’est-à-dire tu sais que je t’aime d’amitié. Là encore il y a un écart entre amitié et tout donner par amour. C’est pour cette raison qu’une troisième fois Jésus demande à Pierre : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? », mais cette fois ci le verbe change et Jésus demande à Pierre : es-tu mon ami ? Et Pierre répond « tu sais bien que je t’aime » c’est-à-dire tu sais bien que je suis ton ami.

Oui Jésus ne nous demande pas plus que nous pouvons donner, en revanche il nous demande tout l’amour que nous pouvons lui donner. Et je crois que toute notre vie chrétienne est ce chemin qui nous permet de bien nous connaître pour donner à Jésus tout ce que nous pouvons sachant qu’il ne nous demande rien au-dessus de nos capacités. Surtout en sachant exactement à chaque instant de notre vie ce que nous pouvons offrir, et que Jésus reçoit avec joie, Il nous permet de donner un peu plus la fois suivante jusqu’à pouvoir tout donner, jusqu’à donner notre propre vie. C’est ce que révèle st Jean à la fin du texte : Jésus disait cela pour signifier par quel genre de mort Pierre rendrait gloire à Dieu.  Voilà peut-être ce qu’il nous faut demander au Seigneur ce matin : que le jour venu de notre mort, elle soit offrande parfaite au Père pour sa gloire et le salut du monde. Que Jésus qui nous nourrit de son amour par l’Eucharistie fasse grandir en nous le désir de l’aimer, d’amour ou d’amitié. Amen