homélie du 2° dimanche de Pâques

Lecture de la première lettre de saint Jean : Bien-aimés, celui qui croit que Jésus est le Christ, celui-là est né de Dieu ; celui qui aime le Père qui a engendré aime aussi le Fils qui est né de lui. Voici comment nous reconnaissons que nous aimons les enfants de Dieu : lorsque nous aimons Dieu et que nous accomplissons ses commandements. Car tel est l’amour de Dieu : garder ses commandements ; et ses commandements ne sont pas un fardeau, puisque tout être qui est né de Dieu est vainqueur du monde. Or la victoire remportée sur le monde, c’est notre foi. Qui donc est vainqueur du monde ? N’est-ce pas celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu ? C’est lui, Jésus Christ, qui est venu par l’eau et par le sang : non pas seulement avec l’eau, mais avec l’eau et avec le sang. Et celui qui rend témoignage, c’est l’Esprit, car l’Esprit est la vérité.

Aujourd’hui je vous propose, avec st Jean dans la 2° lecture, de vous interroger : Qui donc est vainqueur du monde ? Pour y répondre il faut d’abord nous demander de quel monde parle-t-on ? Le monde c’est celui où nous évoluons et vivons : un monde fini, mortel, corruptible, théâtre des médiocrités des hommes et de leurs compromissions avec le mal et le péché. Ce monde là a déjà son maître qui règne sur lui en vainqueur depuis le péché originel : le Diable !

Ainsi le vrai vainqueur du monde, c’est celui qui l’arrache au pouvoir du diable et emporte la victoire sur lui. Il permet à ce monde de répondre enfin à sa vocation originelle : devenir le royaume de Dieu. Le vainqueur de ce monde c’est donc Jésus ! en effet ; sa mort et sa résurrection ont changé définitivement l’orientation de notre monde : En offrant sa vie sur la croix, Jésus a obtenu le pardon des péchés et par sa résurrection d’entre les morts, il a rendu possible l’avènement d’un monde nouveau. Ainsi la mort n’est plus la fin, mais devient le passage vers le royaume.

Voilà pourquoi St Jean, à la question « qui donc est vainqueur du monde ? » répond c’est celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu. En effet, frères et sœurs, croire que Jésus est le Fils de Dieu, c’est affirmer que Dieu a tenu ses promesses. C’est croire que Jésus a changé ce monde et l’a orienté vers Dieu le Père d’une manière définitive. Croire que Jésus est le Fils de Dieu c’est une démarche personnelle, une adhésion de foi à la personne de Jésus et à toutes les œuvres qu’il a accomplies.

Vaincre ce monde, c’est donc adhérer de tout notre être à Jésus : Alors interrogeons-nous en vérité : de quelle manière est-ce que j’adhère à Jésus ? Est-il seulement une béquille spirituelle à laquelle je m’accroche un peu pour me rassurer pendant cette vie dans ce monde ? Jésus est-il juste pour moi une morale qui a fait ses preuves et des valeurs qui garantissent un bon « vivre ensemble » ? Ou alors Jésus est-il le maitre de ma vie, le Berger qui me mènera par la mort à la vie éternelle auprès de Dieu ? Croyez-vous que votre baptême fait de vous des êtres nouveaux, déjà ressuscités, appelés à vivre dès ce monde comme des citoyens du Royaume de Dieu ? croyez-vous, pour ceux qui sont mariés, que Jésus a fait de vous, par le sacrement du mariage, les témoins de ce nouveau monde qu’il a inauguré. Qu’il a béni et assumé votre amour en le plongeant dans le sien ? Comprenez-vous qu’il vous a demandé de faire rayonner, par une vie de couple et de famille habitées de sa présence, la joie et le désir de l’éternité dans ce monde rongé par la culture de mort ?

Nous lisons dans la lettre de st Jean qu’aimer Dieu : c’est garder ses commandements. Cela signifie qu’un croyant qui a adhéré de tout son cœur à Jésus Christ conforme sa vie aux commandements de Dieu. Il fait des 10 commandements sa boussole pour avancer dans ce monde en homme de foi, juste et droit, honnête et responsable du bien de tous. Frères et sœurs, connaissez-vous les 10 commandements ? Votre vie, vos actes, vos paroles en sont-ils des reflets ? Car c’est à travers les actes et les paroles de votre vie que les non chrétiens vous regardent et qu’ils peuvent désirer le ciel. Tous ceux qui ignorent le Christ et la vie de foi ne peuvent maintenant aller à lui et se convertir qu’en vous voyant vivre !

Saint Thomas, apôtre (Ier siècle) - Présent

C’est cela que Jésus affirme à Thomas dans l’évangile : Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. Voir Jésus maintenant c’est regarder les chrétiens d’aujourd’hui. Et si tous regardaient bien, ils verraient resplendir la sainteté de beaucoup : celle des martyrs qui aujourd’hui encore, préfèrent mourir que renier leur Dieu. La sainteté des chrétiens de tous les temps : celle des fondateurs partout dans le monde des hôpitaux, des maisons de retraites ou des écoles pour tous ; celle des serviteurs des pauvres qui les aident à créer leur entreprise chez eux pour développer leur pays, qui se battent pour une écologie intégrale respectueuse de toute la création et de la dignité humaine ; la sainteté de ceux qui servent dans la joie les nécessiteux, qui consolent les affligés, etc. Car un chrétien sait que ce qu’il a fait à l’un de ses petits qui sont ses frères c’est à Christ qu’il l’a fait !

Alors posons-nous la bonne question : Sommes-nous, chacun à notre niveau, dans notre état de vie, les vainqueurs de ce monde ? sommes-nous, des témoins, des enracinés en Christ vivant selon ses commandements ? Si comme moi vous craignez de ne pas répondre toujours positivement alors il est temps de laisser le Christ nous sauver. Laissons-le pas la Sainte Communion semer en nous son royaume, afin que nous devenions un peu plus autour de nous ce que nous avons reçu en nous : les promesses du Royaume à venir. Amen

Des nouvelles des Coteaux de Seille

Les enfants de la catéchèse des paroisses saint Martine des Vignes et des Coteaux de Seilles se sont retrouvés le samedi 10 avril à l’église de Voiteur pour parler de Pâques…. Ils ont parlé de ce qui est arrivé après la mort de Jésus ; surtout le matin de la résurrection et le soir en partageant autour du récit des pèlerins d’Emmaus ! L’échange avec le père William fut riche et instructif.

Le dimanche 11 mars des musiciens de l’Harmonie musicale de Voiteur étaient présents dans le chœur de l’église et dans l’assemblée car une messe était dite en mémoire des défunts de l’harmonie et particulièrement pour Rene Lorang, ancien chef de chœur, Pierre Spandior organiste et gilles Roy soliste. Pour leur rendre hommage trois morceaux ont été joué par Alexandra, Pascal, François et Michel durant l’office présidé par le père Daubigney.

retour sur la halte spirituelle paroissiale

par Geneviève Boyer

Samedi saint 2021. A l’espace St Dé, à l’invitation du doyenné de  vivre l’expérience d’un temps spirituel pour mieux se préparer à accueillir la nouveauté de la Résurrection, un groupe s’est réuni le matin (15 personnes), et un autre groupe l’après-midi (12 personnes). Cette halte a été vécue dans une ambiance recueillie et fraternelle avec une alternance de contemplation de l’icône de la descente aux enfers, d’écoute de la Parole, de quelques chants et partages sobres et d’une descente lente, progressive et bienfaisante dans le silence de la prière.

Merci aux sœurs de l’Alliance, et plus particulièrement à sr Marie-Patrick pour leur accueil chaleureux.

l’animation – prédication de Geneviève Boyer a été fort appréciée par les participants, comme le reflète les témoignages ci-dessous.

Des échos de quelques participants à la halte spirituelle du samedi Saint

Invités à une halte spirituelle de trois heures, on se dit que cela va sembler long… Mais non… C’est tout le contraire !

Au travers de chants accompagnés à la guitare, de contemplation d’une icône, de partage dans l’écoute, de silence et de prière, on descend dans les profondeurs de son âme où Dieu nous parle. Il m’a parlé, en tout cas. Merci ! (AR)

Cet après-midi de samedi Saint passé à réfléchir en silence sur notre relation intime avec Jésus a été une façon de prier différente et enrichissante. La réflexion et la méditation sur l’icône représentant la descente aux enfers m’ont fait découvrir ce grand bouleversement  et cette libération attendus depuis toujours. C’est une bonne expérience et une bonne préparation pour fêter le Christ  Ressuscité ! (YN)

Halte spirituelle. Temps de silence. Temps de prière. Moi qui ne m’arrête jamais… Je me suis emparée du temps que le doyenné et Geneviève nous offraient. Temps de Silence, cela ne me semblait pas accessible… et cela a été facile. Je ne sais pas prier, j’ai juste essayé de trouver Sa Présence essentielle. Merci pour Cet ESSENTIEL. (HGL)

Cette matinée du samedi saint a été pour moi forte, pleine de joie. Ce fut un beau moment de partage, un magnifique temps de prière. Jésus, qui est au centre de l’icône, nous rassemble. Il représente beaucoup pour moi. Je sais que si un jour je ne suis pas bien, Jésus sera avec moi, devant moi. Je lui tendrai ma main et il me relèvera. (EK)

Ce samedi saint, belle halte spirituelle qui m’a permis de découvrir de nouveaux signes de la présence du Seigneur, par la gestuelle, l’iconographie, les temps de louange… Puis la méditation par les passages de textes bibliques proposés, les temps de silence, dans un climat de confiance, permettent de vivre ce que le Seigneur a vécu et de tendre la main vers Jésus pour me relever. (MC)

Je ne pensais pas que l’on pouvait tirer autant de choses d’une icône !

Le silence, la prière intériorisée, les chants courts et méditatifs, les passages bibliques proposés m’ont vraiment aidée à être profondément en présence du Seigneur. Ce temps a été pour moi un apprentissage de la méditation car ce n’est pas toujours évident d’aller aussi loin quand on médite seule. (NB)

L’icône a nourri notre méditation et nous a révélé l’Amour de Jésus, bien vivant ! Il nous invite à nous laisser prendre par la main pour nous sortir de nos enfers. Bonne préparation à Pâques pour mieux accueillir Jésus et nous laisser renouveler dans notre vie de tous les jours. (MTP)

Avec l’icône, nous découvrons Jésus ressuscité avec les yeux du cœur. Les passages bibliques m’ont aidée à prier. (AM)

Merci, Seigneur, de nous avoir permis d’expérimenter et de « goûter » à Ta Présence, présence possible, libérante et fortifiante. Cette icône, connue, mais tellement riche, est maintenant encadrée et exposée en bonne place chez moi. Des Paroles qui m’ont rejoint ? « Moi, je marcherai devant toi » Is 45,2, « Ne crains pas » Is 43, 1,  « Je suis » Ex 3, 14 (MB)

La halte spirituelle du samedi Saint m’a permis de discerner un désir profond que j’ai pu mettre au jour en l’exprimant dans  ma prière à Jésus.(MFL)

Cette halte spirituelle m’a assurée que, grâce à Jésus qui nous tient et nous soutient, nous ressuscitons un peu plus. Nous avons la clé ! (CF)

Je n’avais jamais prié aussi longtemps dans le silence ! En ces moments difficiles, cette halte spirituelle m’a donné plus de force de vivre ma foi et beaucoup d’espérance en comptant sur le Seigneur ressuscité qui est toujours là pour venir nous aider. (GC)

Cette halte spirituelle  m’a plongée dans une réalité : Oui le Christ est ressuscité !  Mais c’est chacun de nous que Dieu ressuscite aussi, qu’il  appelle. II attend de nous de prendre conscience de son attente, et finalement de  participer allègrement à cette résurrection! A la lecture d’une icône sur la résurrection, accompagnée de  chant, lecture de la Parole, le silence se fait et nous emmène dans notre intérieur : Il nous interpelle par l’écoute de cette icône, l’écoute de soi, des autres, de l’Esprit présent au milieu de nous ; nous entrons dans la prière… Laissons tout , Allons vers Lui, c’est Lui qui nous enverra vers ceux qui ont besoin de nous. (MBR)

ET SI A VOTRE TOUR VOUS ESSAYIEZ la lecture d’icône?

ANASTASIS

Cette icône a été écrite en 2018 par un diacre belge iconographe, Jacques Bihin. Elle s’inspire de l’école byzantine du 16ième siècle. Le tableau s’intitule « Anastasis », nom grec qui signifie l’action de relever, donc, Résurrection. Ce tableau est aussi appelé « La descente aux enfers ».  Le samedi saint, Jésus, lui qui est dans un tombeau scellé, descend au séjour des morts pour libérer ceux qui y étaient enchaînés. Il va éveiller à la vie ceux qui étaient endormis dans la mort.

Cf Credo : « Je crois en Jésus -Christ…  qui est mort et a été enseveli, est descendu aux enfers ; le troisième jour est ressuscité des morts… »

Enfers (au pluriel – Hadès dans la mythologie grecque – Shéol en hébreu) est le séjour des morts qui attendent la résurrection, alors que « enfer » (au singulier) signifie lieu de séparation de Dieu par refus de son amour, de sa miséricorde.

Au centre de l’icône, Jésus (les lettres IC XC, à gauche de Jésus, sont les initiales de Jésus Christ). Dans la croix rouge de l’auréole que porte Jésus, les lettres OWN, qui signifient le nom de Dieu, ce nom révélé à Moïse au buisson ardent : « JE SUIS celui qui est». Jésus est dans une mandorle bleue, en forme d’amande, qui symbolise la gloire, la divinité de Jésus qui est, ici, hors du temps et de l’espace.

Jésus se tient sur les portes des enfers qui ont été brisées.

Sur la gauche de l’icône, Adam sortant du tombeau. Au-dessus d’Adam, deux rois d’Israël, David et son fils Salomon, dont les psaumes ont annoncé la résurrection. En haut, deux prophètes : Daniel, qui est sorti vivant de la fosse aux lions et a écrit le cantique des trois enfants que nous chantons à Pâques, et Jean le Baptiste, prophète qui fait le lien entre l’Ancien et le Nouveau Testament, le précurseur qui désigne l’Agneau de Dieu.

Sur la droite de l’icône, Eve. Au-dessus d’Eve, le prophète  Moïse, celui qui conduisit le peuple de Dieu à travers le désert pour fuir l’esclavage et aller vers la terre promise. Il tient les tables de la loi. Au-dessus de Moïse, le fils cadet d’Adam et Eve, Abel, le berger, qui fut tué par son frère jaloux, Caïn. En haut, deux saintes femmes, Sarah, femme d’Abraham, le père des croyants, le père d’une multitude de nations, et Ruth, une ancêtre du roi David, une étrangère qui fut intégrée dans le peuple juif et fut toute tendresse.

•             Invitation à la contemplation de l’icône, à la prière

Me préparer intérieurement à ce temps de prière.

Regarder d’abord les couleurs, formes, lignes, courbes, les objets, les personnages, leurs places et leurs volumes les uns par rapport aux autres… Simplement regarder, les grands ensemble comme les plus petits détails.

Puis repérer ce qui, parmi ce que j’ai observé, retient plus particulièrement mon attention.

Rechercher les complémentarités, oppositions, attitudes, mouvements, dynamiques…

Prendre le temps de me laisser regarder par cette icône. Qu’est-ce qui me rejoint en ce temps pascal ?

Une parole ou une scène biblique monte-t-elle spontanément en moi ?

Qu’est ce que cette icône me dit de Dieu, de Jésus ? Qu’est-ce que cela m’apprend de la relation de Jésus aux hommes et aux femmes ? Et de ma relation personnelle à Jésus et aux autres dans le quotidien de ma vie ?

Qu’est-ce qui monte en moi comme prière (louange, action de grâce, demande, intercession) ? J’en parle avec Jésus, comme un ami parle avec son ami. Terminer par un Notre Père.

les messes du jour de Pâques en images…

lever de soleil lors de la veillée pascale

ambiance liturgique lors de la messe de 10h30

assemblée dans la joie!

liturgie de la Parole : les parents des baptisés et communiés sont à l’œuvre!

célébration du baptême de Felipe-Antonio et Emilio-Adrian

Procession des offrandes et première communion de Noa et Elise

la joie des photos de groupe…

homélie du jour de Pâques, Résurrection du Seigneur

Elle est achevée la grande et sainte semaine, ils sont passés les jours de la Passion ! Une semaine pour vivre au plus près les derniers évènements terrestres de la vie de Jésus. Nous L’avons accompagné et contemplé alors qu’Il menait le combat pour notre Salut. Nous avons essayé de tenir fidèlement dans la prière et la méditation de son entrée triomphale à Jérusalem le dimanche des Rameaux à son repos dans le tombeau le Samedi Saint.

Jeudi, Jésus a fait de son dernier repas une « Eucharistie », une action de grâce. Et désormais, nous pouvons offrir à Dieu le Corps et le Sang de son Fils pour le pardon de nos péchés et recevoir sa vie en communion pour notre propre divinisation. Ensuite en s’agenouillant pour laver les pieds de ses disciples, Jésus nous invite à prendre et garder la place de serviteur, c’est-à-dire de devenir dans le monde ce que nous avons reçu dans la communion : un pain de charité, le Corps du Christ qui se met à genoux devant les hommes pour les servir. Noa et Elise souvenez-vous toujours de cela vous qui allez recevoir pour la première fois le Corps du Christ, vous allez devenir au fur et à mesure des différentes communions que vous recevrez le Corps du Christ, le pain vivant que Dieu offre au monde pour donner son amour à tous les humains.

Vendredi, nous avons fait mémoire de La Passion de Jésus. En subissant un procès et une mort injuste, en supportant flagellation, moquerie, humiliations et portement de la croix, Jésus transformait et purifiait notre nature humaine. Il a vécu cela pour chacun de nous, pour nous sauver personnellement de la mort et du péché, par ses blessures nous sommes guéris.

Samedi, jour du grand silence de Dieu. Jésus a été déposé dans un tombeau, dans les entrailles de la Terre d’où il descend aux enfers, c’est-à-dire dans le séjour des morts pour libérer l’humanité captive depuis la création du monde. Il transforma alors la mort en passage vers la Vie. Comme l’écrit Paul aux Colossiens : vous êtes passés par la mort, et votre vie reste cachée avec le Christ en Dieu.

Je crois en Toi, Seigneur ressuscité

Ce matin encore, l’Eglise exulte d’allégresse car son époux, le Seigneur Jésus Christ, remonte victorieux des enfers. Sa vie offerte jusqu’au bout brise à tout jamais les portes de la mort. La lumière de la Vie a définitivement vaincu les ténèbres de la mort, voilà pourquoi brille maintenant dans le Chœur de notre église le Cierge Pascal. A cette lumière nouvelle nous comprenons enfin, en relisant les grands passages de l’Histoire sainte, combien Dieu, jusqu’à aujourd’hui, fait des merveilles pour nous sauver. L’eau que nous avons bénie ce matin lors de la veillée pascale va servir maintenant au baptême d’Emilio-Adrian et de Felipe-Antonio. Le baptême est un pont qui permet aux croyants, guidés par l’Esprit-Saint et dotés des vertus de foi, d’espérance et d’amour, d’aller à la rencontre du Seigneur Dieu pour vivre avec lui pour la vie éternelle.

Chers frères et sœurs baptisés, chers Noa, Elise, Emilio-Adrian et Felipe-Antonio laissez l’Esprit Saint agir en vous. Laissez votre vie, votre âme et votre corps bondir de joie sous son impulsion ! Pourquoi ? Parce que vous êtes les enfants bien-aimés de Dieu le Père. De toute éternité, chacun de vous a été voulu et désiré par Dieu. Par la résurrection du Christ son Fils, Dieu vous sauve, vous rachète et vous enfante à la vie éternelle : désormais vous êtes comme des dieux. Votre baptême a fait de vous des frères du Christ, des fils et des filles bien-aimés de Dieu !

Alors désormais tournons notre regard vers les réalités d’en haut et vivons vraiment en ressuscité. Vivre en ressuscité c’est servir la culture de la vie et de l’amour : accueillir sans condition l’enfant à naître, prendre soin et accompagner les personnes en fin de vie, refuser toute falsification du mariage et de la famille, élever ses enfants pour en faire de bons et grands serviteurs de l’humanité, c’est enfin refuser toute chosification ou marchandisation de l’être humain ! Aujourd’hui nous n’avons qu’à dire oui à Dieu le Père, dire oui à Jésus le Christ, dire oui à l’Esprit Saint, pour qu’ils viennent en nous et nous transforment. Avec Jésus ressuscité sortons des tombeaux de la culture de mort, choisissons de servir la vie !

Dans un instant nous allons célébrer l’Eucharistie qui transforme le pain et le vin en Corps et Sang du Christ. Par notre communion nous disons au Christ : « viens en moi, Seigneur, vit en moi Jésus ». Recevoir la communion c’est reconnaître que le Christ est vivant et ressuscité, c’est faire le plus grand des actes de foi et d’espérance. Alors si vous adhérer à la foi de l’Eglise qui proclame la mort et la Résurrection de Jésus Christ, soyez de vrais témoins pour Noa, Elise, Emilio et Felipe et venez et mangez son Corps livré pour que vous deveniez vous aussi, pour tant d’humains dans ce monde qui sont sans espérance et assoiffé de la Vie et de la Vérité, du bon pain, croustillant d’amitié et de joie, de foi et d’espérance. Devenez témoins, par votre vie, de la grande espérance chrétienne ! Amen

homélie du Vendredi Saint : Passion du Seigneur

Homélie du 13eme dimanche : le serviteur souffrant - Site ...

Lecture du livre du prophète Isaïe : Mon serviteur réussira, dit le Seigneur ; il montera, il s’élèvera, il sera exalté ! La multitude avait été consternée en le voyant, car il était si défiguré qu’il ne ressemblait plus à un homme ; il n’avait plus l’apparence d’un fils d’homme. Il étonnera de même une multitude de nations ; devant lui les rois resteront bouche bée, car ils verront ce que, jamais, on ne leur avait dit, ils découvriront ce dont ils n’avaient jamais entendu parler. Qui aurait cru ce que nous avons entendu ? Le bras puissant du Seigneur, à qui s’est-il révélé ? Devant lui, le serviteur a poussé comme une plante chétive, une racine dans une terre aride ; il était sans apparence ni beauté qui attire nos regards, son aspect n’avait rien pour nous plaire. Méprisé, abandonné des hommes, homme de douleurs, familier de la souffrance, il était pareil à celui devant qui on se voile la face ; et nous l’avons méprisé, compté pour rien. En fait, c’étaient nos souffrances qu’il portait, nos douleurs dont il était chargé. Et nous, nous pensions qu’il était frappé, meurtri par Dieu, humilié. Or, c’est à cause de nos révoltes qu’il a été transpercé, à cause de nos fautes qu’il a été broyé. Le châtiment qui nous donne la paix a pesé sur lui : par ses blessures, nous sommes guéris. Nous étions tous errants comme des brebis, chacun suivait son propre chemin. Mais le Seigneur a fait retomber sur lui nos fautes à nous tous. Maltraité, il s’humilie, il n’ouvre pas la bouche : comme un agneau conduit à l’abattoir, comme une brebis muette devant les tondeurs, il n’ouvre pas la bouche. Arrêté, puis jugé, il a été supprimé. Qui donc s’est inquiété de son sort ? Il a été retranché de la terre des vivants, frappé à mort pour les révoltes de son peuple. On a placé sa tombe avec les méchants, son tombeau avec les riches ; et pourtant il n’avait pas commis de violence, on ne trouvait pas de tromperie dans sa bouche. Broyé par la souffrance, il a plu au Seigneur. S’il remet sa vie en sacrifice de réparation, il verra une descendance, il prolongera ses jours : par lui, ce qui plaît au Seigneur réussira. Par suite de ses tourments, il verra la lumière, la connaissance le comblera. Le juste, mon serviteur, justifiera les multitudes, il se chargera de leurs fautes. C’est pourquoi, parmi les grands, je lui donnerai sa part, avec les puissants il partagera le butin, car il s’est dépouillé lui-même jusqu’à la mort, et il a été compté avec les pécheurs, alors qu’il portait le péché des multitudes et qu’il intercédait pour les pécheurs.

Quel poignant portait du serviteur souffrant que celui qu’Isaïe trace dans la première lecture. Le cœur et l’âme d’un chrétien ne peut y contempler que celui de Jésus. Il ne peut reconnaître que l’amour absolu qui va jusqu’au bout de sa logique : se donner tout entier pour sauver l’humanité tout entière. Descendre au plus bas de l’homme pour élever l’homme au plus haut, jusque dans les cieux en lui, à la droite du Père. Oui Jésus dont le nom signifie comme vous le savez « Dieu sauve », restaure l’humanité par sa Passion en prenant sur lui ce qui la défigurait depuis les origines. Ce Fils de Dieu fait serviteur des hommes en revêtant lui-même leur humanité, était si défiguré qu’il ne ressemblait plus à un homme ; qu’il n’avait plus l’apparence d’un fils d’homme. D’une certaine manière il a rendu visible à nos yeux aveuglés par le péché, l’abomination d’une vie humaine au rabais, d’une vie humaine prise dans les griffes du péché et de la mort, d’une vie très en deçà de sa vocation première d’image et de ressemblance de Dieu !

Oui, Jésus dans sa Passion fait peur à voir, son aspect n’avait rien pour nous plaire comme le rappelle Isaïe, car il nous révèle ce que sommes vraiment quand le mal nous soumet et que la haine nous habite. Oui c’est un choc de contempler sur lui la noirceur de l’âme humaine, la pauvreté d’une vie soumise à l’esprit du monde, esprit moqueur, pusillanime. Oui ce qu’il nous renvoie c’est l’image d’une humanité abîmée, égoïste.   Méprisé, abandonné des hommes, homme de douleurs, familier de la souffrance, il était pareil à celui devant qui on se voile la face ; et nous l’avons méprisé, compté pour rien.

Mais cela est salvateur, nous ne devons pas fermer les yeux sur ce visage-là. Voir les ravages de nos péchés sur l’innocent Jésus nous permet de nous en rendre compte, il nous oblige à ouvrir les yeux et aussi à reconnaître que lui seul peut combler cet abîme de déchéance. En fait, c’étaient nos souffrances qu’il portait, nos douleurs dont il était chargé. Le châtiment qui nous donne la paix a pesé sur lui : par ses blessures, nous sommes guéris.

Faisons bien attention de ne pas croire que cela est pour les autres, qu’eux seuls sont pécheurs. La passion de Jésus, sa croix, sa couronne, sa flagellation : il les a supportées pour chacun de nos nombreux péchés. C’est chacun de nous qu’il restaure dans sa passion. Osons même dire que nous sommes tous et chacun la raison de sa Passion. Pour ne perdre aucun de nous, il choisit de donner tout ce qu’il est et ce qu’il a, toute sa vie.

la prière du père Poucel que je vous partage souvent m’a permis de comprendre qu’elle est ma part dans la Passion du Seigneur, je vous en livre un extrait :

Pour préparer notre Semaine sainte, regarder Jésus Crucifié

Seigneur, dites-moi encore ceci. Pendant ces heures, dites-moi de quoi Vous avez le plus souffert ? 
Jésus : « De toi » 
Hélas, Jésus, Vous portiez les péchés de tous, leur poids s’accumulait ; mais dites-moi de quelle épine j’ai percé Votre front. 
Jésus : « De toutes » 
Quoi, Seigneur, et c’est moi aussi qui Vous ai flagellé, et moi qui Vous ai cloué, et moi qui Vous ai tué ! Et les autres alors, Seigneur, les autres qu’ont-ils fait ? 
Jésus : « Ma passion c’est toi » 
Mon Sauveur, Votre âme n’était-elle pas alors dans la détresse et la crainte. Dites-moi ce que Vous avez redouté le plus. 
Jésus : « Te perdre » 
Oui, Seigneur, je le sais, les âmes perdues rendent inutile Votre passion. Mais dites, est-il grand le nombre de ceux qui se perdent? Est-il vrai que ce nombre est plus grand que celui des élus ? 
Jésus : « Je perds tout, si je te perds » 
Mais encore, Seigneur, que voulez-Vous, que désiriez-Vous le plus en ce moment ? 
Jésus : « Te sauver » 
Vous mourriez pour tous les hommes, et Vous aviez soif de les sauver tous. Pour tant d’hommes qui causaient Votre désir ardent, un seul eût-il pu Vous désaltérer ? 
Jésus : « J’ai soif de toi » 

Alors frères et sœurs ce soir, désaltérons le Seigneur en nous offrant à Lui ! Amen

homélie du Jeudi Saint : Cène du Seigneur

Nous avons tous vu, dans des films au moins, le dernier repas d’un condamné à mort. Lors de celui-ci on lui sert le repas qu’il désire. Cela va du minimum au plus fastueux comme je l’ai découvert en surfant sur internet. Tous se sont plus ou moins rempli la panse avant de mourir, afin de profiter une dernière fois des délices de cette terre….

Mais si tous les condamnés à mort ne vivent pas leur dernier repas sur terre de la même manière, Ils l’ont tous vécu pour eux, pour un dernier plaisir personnel. Un seul, le Seigneur Jésus en fit un moment unique. En effet, lors de son dernier repas avec les siens le Seigneur Jésus, offre sa propre vie en nourriture et transforme ce dernier repas en un repas qui sera actualisé par les mains des prêtres, jusqu’à la fin des temps ; pour qu’à travers les siècles et sur toute la terre il puisse être partagé par tous les convives croyants en Jésus mort et ressuscité.

L'eucharistie, c'est quoi ? - La Résurrection du Christ

Ce repas nous l’appelons Eucharistie. Quel mot merveilleux, car si vous vous promenez en Grèce vous l’entendrez souvent prononcer car il signifie « merci ». Oui ce repas où Jésus se donne en nourriture pour tous les croyants est un grand merci ! Merci à qui , merci de quoi, merci pour quoi?

D’abord merci à Dieu le Père car en célébrant la messe nous Le remercions pour toutes les merveilles qu’Il a accomplies pour nous sauver :

Il a libéré son peuple élu de l’esclavage : Le sang de l’agneau immolé qui recouvre le linteau et les deux montants des portes des maisons juives protège leurs habitants du fléau dont Dieu frappera le pays d’Égypte. Et désormais ce jour-là sera pour eux un mémorial qu’il faudra fêter d’âge en âge.

Le Père a aussi libéré tous les hommes de l’esclavage du péché : le sang de Jésus son Fils, le véritable agneau immolé, flagellé et crucifié protège de la mort éternelle ceux qu’il a marqués. Et pour nous aussi, comme st Paul le rappelle dans sa 1° lettre aux Corinthiens, Jésus nous commande de faire cela en mémoire de Lui.

Ensuite célébrer l’eucharistie c’est remercier Dieu du don que son Fils Jésus a consenti à faire pour sauver tous ceux qui croiront en Lui. Oui l’Eucharistie est un mémorial. C’est-à-dire qu’on se souvient à chaque messe que Jésus a offert sa vie sur la croix pour nous sauver et d’une certaine manière Il continue de le faire, c’est-à-dire de s’offrir à Dieu son Père jusqu’à la fin des temps, afin que tous puissent avoir accès au salut. Pour cela on dit de l’Eucharistie qu’elle est le renouvellement non sanglant du sacrifice de la croix.

Enfin célébrer l’Eucharistie c’est remercier Dieu le Père de nous donner autant que nous en avons besoin, son Fils en nourriture. Pour que nous soyons peu à peu des êtres divinisés, Jésus donne sa vie en nourriture aux hommes. Il consent à faire de nos pauvres corps la maison qu’Il a plaisir à habiter. Il nous transforme en ce qu’Il est lui-même. Communion après Communion nous devenons le Corps du Christ. Et Pour cela, pour ce cadeau qui dépasse tout ce que nous pouvons imaginer, chaque dimanche c’est notre merci qui monte vers le Père, pour un si grand don.

Déjà le psalmiste se demandait Comment rendrai-je au Seigneur tout le bien qu’il m’a fait ? Et nous-mêmes cherchant à répondre à cette question nous ne pouvons que répondre par notre présence à la messe le dimanche. Notre fidélité à l’eucharistie dominicale et même journalière pour ceux qui le peuvent est la réponse chrétienne qui s’appuie sur les paroles du psaume : J’élèverai la coupe du salut et Je t’offrirai le sacrifice d’action de grâce. Oui par notre participation à la messe nous rendons grâce à Dieu en lui offrant le seul cadeau digne de lui : le Corps et le Sang de son Fils, le seul sacrifice que Dieu puisse vraiment recevoir et agréer.

Revelationbible

Voilà pourquoi l’Eglise ne peut pas vivre sans prêtres. Ils sont ceux qui ont offert leur vie à Dieu pour qu’Il les configure à son Fils. Les prêtres prêtent leur pauvre humanité à Jésus pour qu’Il puisse nourrir de sa Vie le peuple des croyants. Et Jésus compte sur chaque membre de son peuple pour qu’Il devienne à son tour son bon pain, son corps en nourriture, pour le monde. Telle est l’articulation entre le ministère sacerdotal et le ministère baptismal. Pour que tous les baptisés soient serviteurs, c’est-à-dire deviennent des ‘lavant les pieds de leurs frères’ quelques-uns parmi eux sont configurés au Christ, revêtent le Christ pour les nourrir du Vrai Pain de Vie, le Corps du Ressuscité.

Alors prions avec insistance, non seulement pour que de nombreux jeunes hommes de notre doyenné entendent l’appel du Seigneur à devenir prêtres et y répondent joyeusement, mais aussi pour que chacun de vous ne cesse jamais de trouver sa joie au service de tous les hommes et pour leur salut. Amen

Lettre des évêques de France aux catholiques sur la lutte contre la pédophilie

Lourdes, le 25 mars 2021


« Seigneur, délivre-nous de la tentation de vouloir nous sauver
nous-mêmes et sauver notre réputation ; aide-nous à porter
solidairement la faute et à rechercher des réponses humbles et
concrètes en communion avec tout le Peuple de Dieu »
Pape François, février 2019


Lettre des évêques de France aux catholiques sur la lutte contre la pédophilie

Chers frères et chères sœurs,
Depuis l’an 2000 et surtout depuis 2016, tous vous entendez parler d’agressions sexuelles commises par des prêtres à l’encontre d’enfants ou de jeunes. Comme vous, nous avons honte pour notre Eglise. Vous vous sentez blessés dans votre confiance en elle. Vous continuez vos engagements de foi. Vos réactions sont diverses ! Vous comprenez que les évêques en parlent, réfléchissent à la manière d’accueillir au mieux les personnes victimes et d’agir envers les coupables… Vous avez entendu parler de la Commission indépendante mise en place par les évêques et la Conférence des Religieux et religieuses de l’Eglise de France (Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église, CIASE),
confiée à M. Jean-Marc Sauvé et chargée d’enquêter sur ces faits, d’analyser la manière dont ils ont été traités et d’évaluer l’action de l’Eglise, notamment depuis les années 2000. Au cours de notre Assemblée ordinaire de fin mars, nous avons pris des décisions importantes que nous voulons ici vous exposer. Elles complètent ou s’articulent avec celles que des diocèses, selon leur


histoire et leurs possibilités, ont déjà prises. Un autre rendez-vous sera la remise du rapport de la CIASE à la fin du mois de septembre prochain. Vous qui lisez ce document, peut-être avez-vous été victime ou témoin de faits d’agression ou de mauvais comportements de la part de clercs, de religieux ou de religieuses. Soyez sûrs de notre détermination à tout faire pour recevoir les témoignages, comprendre ce qui s’est passé, agir pour la justice et mettre en œuvre les mesures de prévention nécessaires. Peut-être, au contraire, n’avez-vous connu que des prêtres qui vous ont donné de la joie et de la confiance et des religieux et religieuses dont l’exemple, présent ou dans votre mémoire, vous réjouit et vous stimule encore. A vous tous, nous voulons faire part de ce que nous avons appris ces dernières années. Nous vous
présenterons ensuite trois séries de décisions importantes et nous vous lancerons un appel. Ce que nous avons appris


Notre Eglise n’a pas toujours été une « maison sûre »

Des prêtres et des religieux ont commis des agressions sexuelles sur des mineurs, garçons ou filles. Des prêtres ont abusé de leur position sacramentelle pour exercer une emprise sur des jeunes et parfois leur faire subir des violences sexuelles. Ces faits sont avérés et indéniables. Le rapport de la CIASE nous permettra d’en évaluer l’exacte ampleur et de les situer par rapport à la situation globale de la violence sexuelle sur les mineurs dans notre pays. Mais ces actes ont été trop nombreux pour que nous n’y voyions que la part d’horreur commise par quelques individus pervers. Recensés sur une longue période et dans une population nombreuse, nous devons reconnaître qu’il y a là un fait social qui doit être regardé avec lucidité. Nous devons mobiliser nos forces, nos énergies, notre intelligence et notre volonté, pour créer une culture où de tels drames ne soient plus possibles, pour faire de l’Eglise « une maison sûre » selon l’expression du Pape François. Dans les décennies passées, il est arrivé que ces faits soient dénoncés, traités par la justice de notre pays et que leurs auteurs soient sanctionnés par la justice canonique de l’Église. Il est aussi arrivé que
ces faits soient connus, portés à la connaissance de certains responsables ecclésiaux, et qu’ils aient été traités seulement par une admonestation au prêtre mis en cause, une promesse par celui-ci de ne pas recommencer, et un déplacement dans une autre paroisse, avec trop souvent de graves récidives. Il est arrivé aussi que de tels faits ne soient pas connus du tout ni des autorités ecclésiales, ni des familles, les enfants victimes n’en parlant pas ou n’ayant pu en parler ou en ayant parlé mais sans être écoutés. La CIASE nous aidera à mieux connaître ces situations diverses.
Un aspect important de ces agressions sexuelles et de ces abus spirituels est qu’ils ont été commis pour une part par des prêtres, des diacres, des religieux ou des membres de communautés qui ont aussi incarné, pour certains, le renouveau de l’Église. Des figures considérées parfois comme exemplaires et inspirantes ont été démasquées. Ce fut pour tous une terrible déception. Des études sont ouvertes, qui devront être prolongées, pour comprendre comment de tels phénomènes ont pu avoir lieu et ne pas être repérés. La justice de notre pays et la justice canonique doivent être saisies de ces faits graves et inacceptables. Nous sommes aujourd’hui mieux informés des procédures et nous voulons les mettre en œuvre sans délai. Nous savons que la saisine de la justice, tant civile que canonique, est une obligation et un bienfait nécessaire.


L’ampleur du traumatisme
Nous avons aussi découvert, il faut le reconnaître, l’ampleur du traumatisme vécu par les enfants et les jeunes agressés. Des vies entières ont été bouleversées, rendues compliquées et douloureuses. Aujourd’hui l’amnésie due au traumatisme, conséquence grave et durable vécue par les personnes victimes et particulièrement les jeunes victimes, est un phénomène connu, étudié et avéré. l’impossibilité de faire mémoire, due à ce phénomène, nous permet de mieux comprendre pourquoi la parole advient parfois très tardivement et douloureusement. Grâce à des personnes courageuses et des associations, des adultes qui avaient été victimes enfants ou adolescents ont pu révéler leur histoire. Depuis quelques mois, il apparait aussi que de telles agressions ont pu avoir lieu et peuvent avoir lieu dans toute la société, y compris hélas dans les familles et dans tous les milieux, et notamment là où il y a œuvre d’éducation : la relation éducative peut se transformer en une relation de pouvoir et, alors, s’accompagner d’abus et d’une domination sexuelle. En termes éthiques, ces agressions sont des actes contraires au commandement « Tu ne tueras pas », car ce sont d’abord des atteintes à la vie dont l’impact ne disparait pas, et non pas seulement des manquements à la juste relation éducative de la part des adultes. Commis par des prêtres ou des religieux, de qui l’enfant ou le jeune attend légitimement la bienveillance et la bienfaisance du Christ lui-même, la vie de l’Esprit-Saint et le pardon de Dieu, de tels crimes prennent une force particulière, a fortiori lorsqu’ils sont commis dans un cadre sacramentel ou lorsque le prêtre est un ami ou un membre de la famille. Ils peuvent détruire toute la vie, y compris la vie spirituelle. Nous, évêques, reconnaissons que nos prédécesseurs n’ont pas toujours été assez attentifs au sort des enfants agressés. Sans prétendre que nous aurions fait mieux à leur place et en leur temps, l’Évangile que nous prêchons et dont nous essayons de vivre nous enjoint à l’attention aux plus petits. Le Christ, notre Seigneur, nous avertit que le scandale devant Dieu n’est pas la perte de réputation d’une personne ou d’une institution mais le fait de faire tomber, d’abîmer un « petit » et de l’empêcher d’avancer vers la bonté du Père. Nous implorons humblement pardon pour tous les cas d’indifférence ou d’incompréhension dont des responsables ecclésiaux ont pu faire preuve.


La lumière apportée par le témoignage des personnes victimes
Tous frères et sœurs en Eglise, nous devons porter attention aux personnes qui ont été victimes de telles agressions. Souvent, nous l’avons dit, elles n’ont pu parler ou, ayant parlé, n’ont pas été écoutées parce que leur agresseur était estimé, voire vénéré, par leurs parents ou leur entourage familial et social, par la communauté chrétienne. Témoigner de ce qu’elles ont subi est extrêmement courageux et exigeant. Ceux et celles qui s’y risquent ont droit à notre admiration et notre gratitude. Dénonçant des faits commis dans l’Église et par des ministres de l’Église, ils et elles rendent à l’Église un immense service : celui de pouvoir faire la lumière sur des ténèbres qui l’habitent et qu’elle transportait sans le savoir ou sans vouloir le reconnaître et regarder cela en face. Désormais, nous pouvons être plus
lucides. Cette lumière est un don de Dieu dans sa miséricorde, qui nous appelle tous à la sainteté. Nous, prêtres et évêques, ordonnés, nous recevons du Christ Pasteur et Serviteur un « pouvoir sacré ». Pour vous, fidèles, qui, avec nous, recevez la grâce de la foi, ce « pouvoir » est source de vie, de consolation, de force, de paix et de liberté intérieure. Or, de ce pouvoir, il est possible d’abuser. Comme tout pouvoir, celui-ci peut servir à exercer une emprise et à établir un rapport de domination. Or, le Christ, dont nous voulons être les serviteurs, est le Seigneur infiniment chaste, infiniment respectueux des personnes en leur liberté la plus intime. Il n’a jamais permis ni supporté que ses
disciples prétendent soumettre d’autres hommes ou femmes. A la lumière de ce qui a été mis au jour ces dernières années, nous sommes conscients que les modes d’exercice du ministère sacerdotal et épiscopal et le discours qui les soutient doivent être passés au crible et renouvelés pour un service plus vrai du Peuple de Dieu.


Le devoir de l’Eglise entière vis-à-vis des personnes victimes
Les personnes victimes, quel que soit leur âge, à partir du moment où elles ont parlé ont besoin d’avancer dans un chemin d’apaisement et de reconstruction. Il y a là pour nous tous, membres du Corps du Christ, un devoir impérieux lié à l’appartenance commune des victimes et de leurs agresseurs à notre Eglise. Comme pasteurs, nous sommes responsables d’agir pour contribuer, autant qu’elles le souhaitent, à accompagner sur leur chemin de vie les personnes qui ont été ainsi agressées. Nous sommes conscients aussi que des parents, des frères et sœurs, des familles, des conjoints et des enfants ont souffert. Nous sommes conscients encore que tous nous sommes blessés dans notre foi,
notre attachement au Christ, notre confiance dans le sacerdoce apostolique. Comme nous, vous êtes ébranlés, interpellés et avec vous nous souffrons pour l’Eglise. Dans le même temps, étant membres du Corps du Christ, nous sommes responsables les uns des autres devant Dieu, au sens où chacun répond de tous les autres. Nous sommes en effet donnés les uns aux autres par le Seigneur comme frères et sœurs.
C’est pourquoi, frères et sœurs, les mesures que nous avons à prendre pour que de tels faits ne se reproduisent pas et pour aider les personnes victimes dans leur chemin personnel nous concernent tous. Elles n’auront de sens que si elles sont portées par nous tous. Nous, évêques, y avons travaillé depuis deux ans et demi notamment avec l’aide des groupes de travail mis en place à partir de janvier 2019 par notre Conférence avec la Conférence des religieux et religieuses de France (CORREF) pour travailler sur la mémoire à garder de ces faits et de la manière dont ceux et celles qui ont été agressés ont pu survivre ; pour développer plus avant les mesures de prévention nécessaires ; pour recenser les étapes à suivre dans le traitement d’une plainte et accompagner les clercs accusés puis, le cas échéant,
condamnés ou innocentés ; pour mettre au point le secours financier qui devra être proposé aux personnes victimes afin de les aider dans leur reconstruction quand elles en ont besoin.
Nous remercions vivement les personnes victimes qui ont accepté de travailler avec nous. Patiemment, nous avons appris à nous connaitre. Nous remercions aussi les professionnels et experts de la société civile qui nous ont aidés à avancer. Nous nous sommes placés devant Dieu, scrutant ce qu’il attend de l’Église du Christ. Sa sainteté nous
pousse à agir avec humilité mais aussi avec efficacité. Ces mesures, nous les présenterons à la CIASE pour qu’à la lumière de ses études, elle les évalue et nous indique les ajustements nécessaires.


Nos décisions
Nous avons décidé trois séries de mesures lors de notre Assemblée plénière de mars 2021. Elles s’inscrivent dans une démarche générale destinée à franchir une étape décisive dans la reconnaissance de ces violences et la lutte contre ces abus.

  • Des mesures concernent notre relation avec les personnes victimes : nous devons et nous voulons les aider, humblement, dans les étapes et les moyens qui leur permettront d’avancer dans leur chemin de vie et de reconstruction. D’où les décisions de :
    o continuer à travailler régulièrement avec les personnes victimes ;
    o sensibiliser et former de manière régulière à l’accueil et à l’accompagnement humain et spirituel des personnes victimes d’agressions sexuelles dans l’Église ;
    o proposer aux personnes victimes un secours financier qu’une instance d’assistance indépendante sera chargée d’attribuer dans la limite de nos moyens, selon les besoins exprimés par chacune de ces personnes ;
    o améliorer la formation initiale et continue des prêtres et de tous les acteurs pastoraux, surtout ceux et celles qui travailleront auprès des jeunes ;
    o améliorer nos moyens de suivre et d’accompagner les prêtres coupables dans les différents moments de leur vie ;
    o créer un lieu qui gardera vive la mémoire des faits commis et de la manière dont les personnes agressées ont pu vivre cette épreuve. Ce que les personnes victimes demandent le plus est l’assurance que l’Église travaille vraiment pour que de tels drames ne se reproduisent plus. Le lieu mémoriel sera donc aussi un lieu pédagogique pour former les générations futures à la vigilance sur les dérives possibles du pouvoir spirituel ;
    o consacrer une journée à la mémoire de ces faits et à la prière pour les personnes victimes, chaque année, le 3ème vendredi de Carême.
  • Des mesures visent au renforcement de nos procédures de justice canonique. Celles-ci ne dispensent pas du recours à la justice étatique. Nous avons décidé de mettre en place un tribunal pénal au niveau national pour disposer des moyens nécessaires afin d’agir avec une efficacité qui a pu faire défaut jusqu’à présent.
  • Des mesures concernent l’organisation de la Conférence des évêques et s’ajoutent à celles prises depuis 2016 : nous mettrons en place un Service dédié « à la promotion de la vigilance et à la formation à la juste relation pastorale » ainsi qu’un Service national d’écoute.
  • Notre appel
    L’appel que nous vous lançons est double.
    Soyons tous vigilants et actifs pour faire de notre Eglise une « maison sûre »
    Par la lecture de cette lettre, vous prenez avec nous la mesure du phénomène tel que nous l’avons découvert et compris. Il nous reste à recevoir le rapport de la CIASE. Des victimes parleront au-delà, bien sûr, car le temps de la parole ne peut être identique pour tous. Le silence, l’indifférence, une déférence non ajustée, ne doivent plus l’emporter sur le devoir d’interpeller voire d’alerter quand est repéré un problème de comportement de la part de qui que ce soit : prêtre, diacre, religieux ou laïc, bénévole ou salarié, animateur ou participant, responsable ou
    fidèle, homme ou femme. Soyons attentifs autour de nous, acceptons de nous former, surtout dans l’exercice de responsabilités en contact avec des jeunes et des enfants. Soyons vigilants dans les paroisses, communautés, mouvements, les uns vis à vis des autres. La conversion pastorale de nos diocèses nous offre des occasions de réfléchir sur nos modes de fonctionnement en diocèses, en paroisses, dans nos communautés et mouvements. A tous les niveaux nous devons nous interroger sur les possibilités de dérives, d’emprise, d’abus, de maltraitances voire de violences et vérifier qu’il existe des supervisions, des contrôles, des regards tiers, et la possibilité de
    la correction fraternelle entre nous. N’hésitons pas à confier au Seigneur dans la prière ce sujet grave et important. N’oublions pas d’intercéder pour les personnes victimes et de demander le secours de Dieu pour son Eglise.

  • Aidons les personnes victimes
    Au nom de l’unité du Corps que nous formons dans le Christ, nous devons ensemble apporter aux personnes victimes les aides dont elles ont besoin, et mettre en œuvre les différentes mesures cidessus exposées, nécessaires pour renouveler en vérité notre Église. Pour financer toutes ces actions de mémoire, de prévention, de soutien, il faut réunir les fonds nécessaires. Nous sommes conscients que nous ne pouvons pas utiliser les dons des fidèles à des fins que ceux-ci n’ont pas choisies. Par exemple, le Denier de l’Eglise ne sera pas employé à cet usage. Pour permettre à tous les baptisés de manifester leur fraternité et leur solidarité aux personnes victimes dans l’Eglise catholique, nous constituons un fonds de dotation spécifique qui financera l’ensemble de ces mesures et vérifiera le juste usage des sommes collectées. Nous évêques y contribuerons en premier lieu, à titre personnel. Nous appelons tous ceux d’entre vous qui le voudront bien, à y contribuer également. Chers frères et chères sœurs, fin septembre prochain, la CIASE remettra son rapport aux évêques et à la Conférence des religieux et religieuses, qui l’ont créée ensemble. Ce sera un moment difficile pour ceux et celles qui ont été victimes de tels crimes. Ce sera pour nous tous, spécialement pour les clercs, pour les religieux et religieuses, un moment délicat.
    Comme l’a souligné le Pape François dans sa lettre au Peuple de Dieu d’août 2018, « les abus sexuels, abus de pouvoir et de conscience, commis par un nombre important de clercs et de personnes consacrées (est) un crime qui génère de profondes blessures faites de douleur et d’impuissance, en premier lieu chez les personnes victimes, mais aussi chez leurs proches et dans toute la communauté, qu’elle soit composée de croyants ou d’incroyants.(…) L’ampleur et la gravité des faits exigent que nous réagissions de manière globale et communautaire. S’il est important et nécessaire pour tout chemin de conversion de prendre connaissance de ce qui s’est passé, cela n’est pourtant pas suffisant. Aujourd’hui nous avons à relever le défi en tant que Peuple de Dieu d’assumer la douleur de nos frères blessés dans leur chair et leur esprit. (…) Que l’Esprit Saint nous donne la grâce de la conversion et l’onction intérieure pour pouvoir exprimer, devant ces crimes d’abus, notre compassion et notre décision de lutter avec courage ».
    Dans le droit fil de cette invitation du Pape, nous vous avons, dans cette lettre, partagé ce que nous avons découvert et mieux compris et nous vous avons confié nos engagements, nos résolutions. Ils n’ont de sens, ils ne seront efficaces, que s’ils deviennent aussi les vôtres. Nous vous exprimons notre honte et notre tristesse que ceux qui auraient dû être des pasteurs vous conduisant aux sources vives, aient pu être des dangers, destructeurs des « petits » confiés par Jésus. Nous renouvelons notre demande de pardon. Si vous n’avez pas été atteints par de tels faits, nous vous demandons de vous tourner avec nous vers ceux et celles qui en ont été victimes. Disons notre commune désolation devant les crimes commis et subis et notre profonde humiliation que des membres du Corps du Christ aient été si peu attentifs et parfois si peu prêts à entendre et à accompagner. Nous nous remettons au Seigneur qui juge et qui guérit et nous acceptons d’avance la lumière crue qui sera jetée sur notre Église. Pleins d’espérance aussi, nous croyons que cette vérité peut servir le renouveau que Dieu veut.
    Nous exprimons notre confiance et notre reconnaissance aux prêtres, diacres, consacrés hommes et femmes qui se donnent chastement pour le service du Royaume de Dieu, pour tous les baptisés qui sont sur le chemin de Vie avec le Christ. Nous rendons grâce pour la confiance que vous nous faites et surtout pour votre foi dans le Seigneur Jésus, qui en notre chair a vaincu la mort.
    Les évêques de France

homélie du dimanche des Rameaux

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc : Ils amenèrent le petit âne à Jésus, le couvrirent de leurs manteaux,
et Jésus s’assit dessus. Alors, beaucoup de gens étendirent leurs manteaux sur le chemin, d’autres, des feuillages coupés dans les champs. Ceux qui marchaient devant et ceux qui suivaient criaient :  Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Béni soit le Règne qui vient, celui de David, notre père. Hosanna au plus haut des cieux ! »

        

Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ...

La Passion selon st Marc : Pilate, voulant contenter la foule, relâcha Barabbas et, après avoir fait flageller Jésus, il le livra pour qu’il soit crucifié. Les soldats l’emmenèrent à l’intérieur du palais, c’est-à-dire dans le Prétoire. Alors ils rassemblent toute la garde, ils le revêtent de pourpre, et lui posent sur la tête une couronne d’épines qu’ils ont tressée. Puis ils se mirent à lui faire des salutations, en disant : « Salut, roi des Juifs ! » Ils lui frappaient la tête avec un roseau, crachaient sur lui, et s’agenouillaient pour lui rendre hommage.   Quand ils se furent bien moqués de lui,
ils lui enlevèrent le manteau de pourpre, et lui remirent ses vêtements. Puis, de là, ils l’emmènent pour le crucifier, et ils réquisitionnent, pour porter sa croix, un passant, Simon de Cyrène, le père d’Alexandre et de Rufus, qui revenait des champs. t ils amènent Jésus au lieu dit Golgotha, ce qui se traduit : Lieu-du-Crâne (ou Calvaire). Ils lui donnaient du vin aromatisé de myrrhe ; mais il n’en prit pas. Alors ils le crucifient, puis se partagent ses vêtements,
…… Les passants l’injuriaient en hochant la tête ;  …. De même, les grands prêtres se moquaient de lui avec les scribes,…
Même ceux qui étaient crucifiés avec lui l’insultaient. ….. Quand arriva la sixième heure l’obscurité se fit sur toute la terre jusqu’à la neuvième heure. Et à la neuvième heure,……….. Jésus, poussant un grand cri, expira.

Crucifixion - Wikiwand

Quel contraste entre le début de notre célébration et le récit de la Passion que nous venons d’entendre. Tout à l’heure nous étions dans la joie et la liesse brandissant nos rameaux, maintenant nous versons des larmes avec les quelques femmes restées au pieds de la croix. Tout à l’heure nous avions le cœur gonflé du bonheur de voir une foule en fête autour de Jésus, maintenant nous le contemplons homme de souffrance, le dos déchiré par les fouets et encore meurtri par la croix. Tout à l’heure, la ville de Jérusalem tout entière accueillait Jésus humblement porté sur un âne ; maintenant il n’y a plus que des hommes qui insultent, moquent et rejettent Jésus humblement cloué sur la croix en dehors de Jérusalem.

C’est pourtant le même Jésus, le même ami qui vit ces deux extrêmes des comportements humains à son égard. Ce qui interroge c’est la vérité de fidélité, de notre fidélité au Seigneur Jésus.

Durant l’année nous contemplons chaque dimanche Jésus qui fait des miracles, qui relève, qui guéri, qui enseigne avec bonheur et facilité, qui touche les cœurs en restaurant les corps ; et alors il n’est pas difficile d’aimer et de suivre ce Jésus-là : un Jésus fort, puissant, rempli de vie et de joie : un Dieu fait homme comme on l’attendait.

Maintenant et durant toute la semaine sainte, l’Eglise nous donne à contempler Jésus en sa Passion : Jésus courbé sous le poids de la croix et souffrant les outrages des juifs et des romains. Jésus qui tombe, Jésus qui vacille et trébuche, Jésus qui peine devant le péché du monde, Jésus qui crie sa peur à Dieu : « Pourquoi m’as-tu abandonné ? ». Il est alors beaucoup plus âpre d’adhérer et de suivre ce Jésus-là. Comment aimer celui qui paraît comme un perdant, un looser, comment aimer celui qui est désormais faible et mourant sur la croix, comment reconnaître un Dieu dans cet homme là ?

Ne nous leurrons pas sur notre fidélité, elle eut été certainement la même que celle des disciples, l’un l’a trahi, l’autre l’a renié, les autres l’ont abandonné. Seules demeurent quelques femmes fidèlement au pied de la croix.

Eh bien c’est vers ces femmes que je vous invite à tourner votre regard pendant la semaine, vers elles qui croient contre toute espérance, elles qui voient ce qu’aucun autre ne voit : C’est quand Jésus est le moins semblable à Dieu tel qu’on l’imagine, qu’il est le plus Dieu tel qu’on en a besoin.

Sur la croix, Jésus, c’est-à-dire « Dieu Sauve », cloue le péché, tue la mort à jamais, libère l’homme pécheur, restaure l’humanité dans sa gloire.

Pendant cette semaine, aiguisons notre regard et sachons voir qu’au-delà des fausses évidences, aujourd’hui comme hier, Dieu nous sauve sur la croix. Alors laissons-le nous sauver, accueillons notre salut en recevant sa vie en nourriture ! Amen

un samedi studieux pour les futurs mariés

le samedi 27 mars à la chapelle saint-Luc à Lons, les couples qui se marieront cette année ou l’an prochain, selon les contraintes sanitaires, se sont retrouvés pour une demi-journée de travail autour du livret de préparation au mariage. Covid oblige, ne pouvant les recevoir tous en même temps et sur une journée, le CPM (centre de préparation au mariage) a décidé d’envoyer à chaque couple le livret pour qu’il puisse le potasser à la maison. ET ce furent 17 couples qui, soit le matin, soit l’après-midi, ont pu échanger sur les 4 piliers du mariage que sont la Liberté, l’Indissolubilité, La Fidélité et la Fécondité avec des couples animateurs. Ils ont aussi pris de temps de découvrir ce qu’était le sacrement de mariage et la mission que le Seigneur Dieu attribue à ceux qui s’unissent devant Lui et font alliance dans la foi avec Lui.

une belle journée, riche en échanges et témoignages! Merci aux trois couples animateurs du CPM : Patoue et JAcky; Emilie et Remy; Florence et Damien.

d’abord on se présente (chaque conjoint présente son (sa) futur(e) : les animateurs donnent l’exemple!

relecture et échange autour du livret