Méditation du vendredi 03 avril

par le père Christian Panouillot 

Chers paroissiens,

Nous vous espérons en bonne santé, et nous vos prêtres, nous sommes particulièrement en communion avec vous par la Messe, la prière, et la pensée. St Jacques nous dit que « les épreuves vérifient la qualité de notre foi ».(1,1-11). Ce temps nous permet de grandir dans la foi en Notre Sauveur, le Seigneur Jésus Christ.

Diocèse de Gap et d'Embrun - La Semaine sainte sur le ...

Depuis dimanche, 5eme dimanche de carême jusqu’à Pâques nous sommes dans le « temps de la Passion »

Je vous propose une hymne que nous avons au bréviaire pour votre méditation.

« L’hymne du Vexilla Regis a été écrite par Mgr
Saint Venance Fortunat (530-609). Avec le Salve Festa Dies, elle est encore considérée comme l’une des plus grandes et des plus belles hymnes liturgiques de l’Église Latine. A 25 ans, la Reine Sainte Radegonde s’était retirée dans un couvent qu’elle avait bâti près de Poitiers ; elle cherchait quelques reliques pour sa chapelle quand l’empereur Justin II et l’impératrice Sophie lui envoyèrent un morceau de la vraie Croix sur laquelle s’est opérée la Rédemption du monde. Pour célébrer l’arrivée de la sainte relique, la Reine demanda à Mgr Fortunat de créer une hymne pour la procession d’accompagnement jusqu’à la chapelle.. . Lorsque les porteurs du Saint Fragment se trouvèrent à 3 kilomètres de la ville, Venance, entouré d’une grande foule de fidèles, dont certains portaient bannières, croix et autres emblèmes sacrés, s’avança à Sa rencontre. Tout en marchant, ils chantèrent cette hymne composée spécialement à cette occasion (hymne chantée pour la première fois le 19 novembre 569 !). Aujourd’hui, l’Église chante traditionnellement cette hymne pour le « Temps de la Passion », le Dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur, le Vendredi-Saint et pour la Fête de la Croix Glorieuse (Exaltation de la Sainte Croix au 14 septembre) : »(http://notredamedesneiges.over-blog.com/article-5212836.html)

Vexilla Regis

1) Les étendards du Roi s’avancent, et la lumière de la Croix resplendit de son mystère,
Celui où le Créateur de toute chair est par sa propre chair cloué sur la Croix.
2) De son Cœur transpercé par la pointe cruelle de la lance il laisse
Jaillir eau et sang nous, nous lavant de nos crimes.

3) Voici qu’est accompli ce que chantait David dans son psaume plein de foi,
Proclamant : « C’est par le bois que, sur les nations, règne Dieu »

4) Arbre splendide de lumière, orné de la pourpre royale,
Tronc choisi qui fut jugé digne de toucher des membres si saints.

5) Arbre bienheureux dont les branches supportent le prix de notre salut :
En échange de ce corps l’Enfer est dépouillé.

6) Salut ô Croix, unique espérance dans les temps de ta Passion
Offre aux justes grâce, et pardon aux pécheurs.

7) C’est Toi, Trinité suprême, que loue tout esprit :
Par le mystère de la Croix tu nous sauves et nous conduis pour toujours. Amen
méditation :

1. En quoi la méditation de la passion du Seigneur est un soutien dans ma foi ?

2. Est-ce que je prends le temps de méditer la Passion de Jésus?

3. Nous portons tous une croix, et souvent nous la portons seul.Si nous pouvions porter notre croix avec Jésus, nous unir à Lui, nous sommes plus fort. C’est par la foi en sa Résurrection que nous aussi, nous serons vainqueur sur le Mal.
Peut être une occasion pour nous de retrouver la méditation du chemin de Croix ?

Vous avez ici l’exemple d’un chemin de Croix :

(je suis à votre disposition pour partager le fruit de votre méditation à l’adresse suivante : christan_charles@mac.com

 

 

méditation du jeudi 02 avril

par le père William Goyard

Le chêne, indicateur du Ciel - Opus DeiÉvangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là, Jésus disait aux Juifs :   « Amen, amen, je vous le dis : si quelqu’un garde ma parole, jamais il ne verra la mort. » Les Juifs lui dirent : « Maintenant nous savons bien que tu as un démon. Abraham est mort, les prophètes aussi, et toi, tu dis : Si quelqu’un garde ma parole, il ne connaîtra jamais la mort.” Es-tu donc plus grand que notre père Abraham ? Il est mort, et les prophètes aussi sont morts. Pour qui te prends-tu ? »  Jésus répondit : « Si je me glorifie moi-même, ma gloire n’est rien ; c’est mon Père qui me glorifie, lui dont vous dites : “Il est notre Dieu”,  alors que vous ne le connaissez pas.
Moi, je le connais et, si je dis que je ne le connais pas, je serai comme vous, un menteur.
Mais je le connais, et sa parole, je la garde.  Abraham votre père a exulté, sachant qu’il verrait mon Jour. Il l’a vu, et il s’est réjoui. »  Les Juifs lui dirent alors : « Toi qui n’as pas encore cinquante ans,  tu as vu Abraham ! »  Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : avant qu’Abraham fût, moi, JE SUIS. »   Alors ils ramassèrent des pierres pour les lui jeter. Mais Jésus, en se cachant, sortit du Temple.

 

« Pour qui te prends-tu ? »

Jésus ne cache plus qui il est. Il l’affirme même. Il est le Fils de Dieu, « né du Père avant tout le siècle » comme nous le professons dans le Credo de Nicée Constantinople. Mais les juifs qui parlent avec le Christ, eux, ne peuvent l’admettre, ils ne peuvent même pas le concevoir. Ainsi, ils ne saisissent pas les paroles du Christ et le prennent pour un fou : « maintenant nous savons bien que tu as un démon ! ».

C’est vrai qu’ils ont en face d’eux un homme qui assure avoir la capacité de préserver de la mort, qui se dit être le fils de Dieu, qui prétend avoir connu Abraham et dit avoir existé avant lui, et il va même jusqu’à affirmer « moi, JE SUIS » renvoyant aux paroles de Dieu dans le buisson ardent. Et toutes ces affirmations du Christ sont cohérentes pour nous qui croyons « qu’Il est Dieu né de Dieu » « né du Père avant tous les siècles », toutes ces paroles sont claires pour nous qui croyons « qu’il est ressuscité le troisième jour » et que « son règne n’aura pas de fin ».

Oui, c’est la foi en Jésus-Christ, c’est la confiance en ses paroles qui nous permettent de comprendre, et de reconnaitre qu’il est bien le Messie annoncé, le Sauveur du monde. Mais les interlocuteurs de Jésus ne pouvaient mettre leur confiance en ses paroles, ils ne pouvaient dépasser ce qu’ils voyaient et entendaient, ils ne pouvaient entrer dans une démarche de foi, et ils ne l’ont pas reconnu.

Pour connaître le Christ, pour comprendre qui il est, il faut mettre sa foi en lui. Cette foi qui nous fait atteindre ce que notre intelligence ne peut comprendre, ce que la raison ne peut expliquer. Et c’est en entrant dans cette démarche de foi que nous comprenons alors et que notre foi grandira, selon la formule de Saint-Augustin : « Crois pour comprendre, et comprends pour mieux croire ».

Que notre foi nous porte et nous aide à mieux connaître le Christ et à lui faire toujours plus confiance.

rétablir la totalité de l’interview

Il arrive parfois qu’entre les réponses que vous donnez aux questions qu’on vous pose par internet et l’article qui est publié, des coupes sévères soient faites….. c’est en partie le cas pour l’article paru ce mercredi 01 avril dans le Progrès….. voici donc la totalité du texte des réponses que j’ai données à mon intervieweur (qui n’est pas en cause, c’est le journal qui a tranché). P Arnaud 

Comment le prêtre responsable du doyenné de Lons vit ce confinement ?

Personnellement je vis plutôt bien le confinement. Je vis dans un presbytère avec un jardin, ce qui me permet de prendre l’air sans sortir de chez moi. Comme beaucoup j’ai passé la première semaine à faire le ménage chez moi, à trier, ranger, etc… j’ai repris goût à cuisiner. Maintenant le temps qui m’est donné je le passe à prier, lire et prendre des nouvelles des membres de ma famille, de mes amis  et des paroissiens  répartis des les cinq paroisses catholiques dont  j’ai la charge avec les autres prêtres de mon équipe. Avec les membres des Equipes d’Animation Paroissiale (une bonne vingtaine de personnes sur le doyenné) nous travaillons de concert, par mail ou au téléphone, pour entretenir l’unité et la communion dans les différentes communautés catholiques.

Je rejoins l’élan de gratitude des gens envers tous les soignants qui sont sur « le front » et les petites mains qui permettent à notre pays de vivre et de se nourrir, en priant pour eux ainsi que pour ceux et celles qui sont confinés en appartement avec des enfants.

Je ne sors que pour ouvrir et fermer l’église des Cordeliers où je vais prier pour tous les habitants de mon doyenné, pour célébrer les obsèques, et prendre un peu de temps chaque jour pour faire une promenade dans le périmètre et le temps autorisés, à pieds ou à vélo, que j’utilise le plus possible maintenant.

Qu’est ce qui change pour la vie paroissiale au niveau des messes ?

Depuis le dimanche 15 mars et sur décision du gouvernement, aucune célébration ne peut avoir lieu en présence de public dans les églises. Ainsi, depuis cette date et jusqu’à nouvel ordre, chaque prêtre célèbre la messe « en privé »  et c’est une épreuve pour eux. Car ils célèbrent la messe sans la présence des catholiques qui sont pour eux « le Corps du Christ ».  Mais chaque jour, chaque prêtre prie aux intentions des paroissiens (c’est-à-dire de tous les habitants des paroisses, catholiques ou non).

Ceux qui le souhaitent peuvent suivre la messe quotidienne ou dominicale en écoutant RCF, en regardant « le jour du Seigneur » sur France 2 »(qui est, depuis 2 dimanches, l’émission la plus regardée le matin) ou la messe sur KTO (la chaîne de télévision catholique). On peut aussi se rendre sur Youtube pour suivre en directe la messe de nombreux prêtres…

Les prêtres du doyenné de Lons le Saunier, quant à eux,  proposent chaque jour une méditation disponible sur le blog du doyenné à l’adresse https://doyennedelons.com/  Ceux qui le souhaitent y trouveront aussi toutes les informations nécessaires pour vivre leur foi.

De même toutes les célébrations de baptême et de mariage sont suspendues  jusqu’ à nouvel ordre.

Concernant les obsèques, elles ne peuvent plus avoir lieu à l’église, mais directement au cimetière en présence d’une assemblée réduite à 5-10 personnes maximum. Mais, je tiens à le redire, un prêtre ou un membre des équipes funérailles se déplacera toujours au cimetière pour accompagner les familles en deuil qui le souhaitent, il suffit d’en faire la demande aux pompes funèbres.

Dans 15 jours comment se prépare t on dans l’église  aux fêtes de Pâques dan cette situation ? 

Nous sommes rentrés en carême peu de temps avant le confinement. Cette coïncidence entre les deux évènements m’a  permis, comme à beaucoup de chrétiens, de vivre un carême plus intégral. Invités à jeûner, à prier et à partager durant les 40 jours qui nous séparent de Pâques, nous expérimentons cela de manière particulière depuis le confinement. En effet, nous vivons désormais un jeûne de relations directes et de liberté de sortir. Nous avons du temps pour la prière et la méditation de la Bible  qui nous met en communion avec Dieu et avec le monde entier à travers les réseaux sociaux. Nous imaginons aussi de nouvelles formes d’expression de la fraternité et un partage plus  actif en prenant soin de contacter nos voisins pour s’assurer qu’ils ne manquent de rien et leur proposer nos services.

J’espère que cette sobriété de vie pour l’instant imposée, réveillera chez beaucoup un gout renouvelé pour une vie plus simple et plus fraternelle.

C’est une situation extraordinaire que nous vivons, pour la première fois de l’histoire peut être les chrétiens ne pourront pas se rassembler physiquement pour célébrer les fêtes pascales. Cependant les différents offices de la Semaine Sainte seront célébrés par les prêtres. Il sera possible de s’y associer par la prière en écoutant RCF, en regardant  les chaines de télévision KTO ou sur France 2, en se rendant  sur les différents sites internet chrétiens, etc….

Tu peux ajouter ce qui te semble primordial ..

Cette épreuve est une occasion unique de changer radicalement notre mode de vie pour adopter une vie plus sobre, plus simple et plus respectueuse de la nature et de ses rythmes afin de préserver notre humanité et notre maison commune. J’espère que nous saurons saisir cette opportunité de changement que l’Eglise tout entière, par la voix du Pape François, appelle de tous ces vœux.

Pendant tout le temps du confinement, je reste joignable à la cure au 03.84.24.04.44 ou par mail p.arnaudbrelot@hotmail.fr

 

méditation mardi 31 mars

par le père Christian Panouillot 

Invoquez le Nom de Marie.

Consacrer Une Minute avec Marie!!! - Page 15

Vendredi soir le Pape François nous adonné la bénédiction URBIS ET ORBIS ( à l’intérieure de la ville de Rome et à l’extérieur).
Au cours de cette célébration ont été chanté des cantiques dont nous sommes devenus quelque peu étrangers. Pourquoi laisser dans l’oubli un patrimoine qui est le nôtre, lui qui a soutenu la foi de nos pères.

« Sous l’abri de ta miséricorde » est la traduction de l’antique « Sub tuum praesidium » dont le texte complet a été retrouvé sur un papyrus grec datant du IIIème siècle. Il s’agit d’une des plus anciennes prières à la Vierge Marie, Mère de Dieu, sinon de la plus ancienne.

Aujourd’hui un peu tombée en désuétude, elle figure néanmoins dans la Liturgie des Heures rénovée (1971) à la fin des Complies comme pouvant en être une des antiennes mariales, à côté du traditionnel Salve, par exemple. Une prière à redécouvrir et à chanter à la fin d’une messe du soir, chant de confiance de tout enfant de Dieu à sa mère. Les dominicains le chante à genoux.
L’antienne mariale « Sub tuum praesidium »se chantait pour les Saluts du Saint-Sacrement ; aujourd’hui son texte n’a rien perdu de sa substance.

L’antienne « Sub tuum praesidium » en latin :

« Sub tuum praesidium confugimus, sancta Dei Genitrix : nostras deprecationes ne despicias in necessitatibus, sed a periculis cunctis libera nos semper, Virgo gloriosa et benedicta. »

cliquer pour avoir sa mélodie grégorienne :

Emeraude: L'Eglise, corps mystique du Christ dans l ...

 

L’antienne « Sub tuum praesidium » en français :

« Sous l’abri de ta miséricorde, nous nous réfugions, Sainte Mère de Dieu. Ne méprise pas nos prières quand nous sommes dans l’épreuve, mais de tous les dangers délivre-nous toujours, Vierge glorieuse et bénie. »

Nous pouvons profiter de ce temps de carême pour apprendre à la chanter, l’invoquer implorer sa protection, et reconnaître sa puissance maternelle lorsque nous nous retrouverons, une fois la paix rétablie.

 

méditation du lundi 30 mars

Ce lundi je vous propose une méditation qu’un ami Bordelais m’a partagée. Elle a été écrite par le père Pierre Alain LEJEUNE, prêtre du diocèse de Bordeaux.

 

Et tout s’est arrêté…

Ce monde lancé comme un bolide dans sa course folle, ce monde dont nous savions tous qu’il courait à sa perte mais dont personne ne trouvait le bouton « arrêt d’urgence », cette gigantesque machine a soudainement été stoppée net. A cause d’une toute petite bête, un tout petit parasite invisible à l’œil nu, un petit virus de rien du tout… Quelle ironie ! Et nous voilà contraints à ne plus bouger et à ne plus rien faire. Mais que va t-il se passer après ? Lorsque le monde va reprendre sa marche ; après, lorsque la vilaine petite bête aura été vaincue ? A quoi ressemblera notre vie après ?

Après ?

Nous souvenant de ce que nous aurons vécu dans ce long confinement, nous déciderons d’un jour dans la semaine où nous cesserons de travailler car nous aurons redécouvert comme il est bon de s’arrêter ; un long jour pour goûter le temps qui passe et les autres qui nous entourent. Et nous appellerons cela le dimanche.

Après ?

Ceux qui habiteront sous le même toit, passeront au moins 3 soirées par semaine ensemble, à jouer, à parler, à prendre soin les uns des autres et aussi à téléphoner à papy qui vit seul de l’autre côté de la ville ou aux cousins qui sont loin. Et nous appellerons cela la famille.

Après ?

Nous écrirons dans la Constitution qu’on ne peut pas tout acheter, qu’il faut faire la différence entre besoin et caprice, entre désir et convoitise ; qu’un arbre a besoin de temps pour pousser et que le temps qui prend son temps est une bonne chose. Que l’homme n’a jamais été et ne sera jamais tout-puissant et que cette limite, cette fragilité inscrite au fond de son être est une bénédiction puisqu’elle est la condition de possibilité de tout amour. Et nous appellerons cela la sagesse.

Après ?

Nous applaudirons chaque jour, pas seulement le personnel médical à 20h mais aussi les éboueurs à 6h, les postiers à 7h, les boulangers à 8h, les chauffeurs de bus à 9h, les élus à 10h et ainsi de suite. Oui, j’ai bien écrit les élus, car dans cette longue traversée du désert, nous aurons redécouvert le sens du service de l’Etat, du dévouement et du Bien Commun. Nous applaudirons toutes celles et ceux qui, d’une manière ou d’une autre, sont au service de leur prochain. Et nous appellerons cela la gratitude.

Après ?

Nous déciderons de ne plus nous énerver dans la file d’attente devant les magasins et de profiter de ce temps pour parler aux personnes qui comme nous, attendent leur tour. Parce que nous aurons redécouvert que le temps ne nous appartient pas ; que Celui qui nous l’a donné ne nous a rien fait payer et que décidément, non, le temps ce n’est pas de l’argent ! Le temps c’est un don à recevoir et chaque minute un cadeau à goûter. Et nous appellerons cela la patience.

Après ?

Nous pourrons décider de transformer tous les groupes WhatsApp créés entre voisins pendant cette longue épreuve, en groupes réels, de dîners partagés, de nouvelles échangées, d’entraide pour aller faire les courses où amener les enfants à l’école. Et nous appellerons cela la fraternité.

Après ?

Nous rirons en pensant à avant, lorsque nous étions tombés dans l’esclavage d’une machine financière que nous avions nous-mêmes créée, cette poigne despotique broyant des vies humaines et saccageant la planète. Après, nous remettrons l’homme au centre de tout parce qu’aucune vie ne mérite d’être sacrifiée au nom d’un système, quel qu’il soit. Et nous appellerons cela la justice.

Après ?

Nous nous souviendrons que ce virus s’est transmis entre nous sans faire de distinction de couleur de peau, de culture, de niveau de revenu ou de religion. Simplement parce que nous appartenons tous à l’espèce humaine. Simplement parce que nous sommes humains. Et de cela nous aurons appris que si nous pouvons nous transmettre le pire, nous pouvons aussi nous transmettre le meilleur. Simplement parce que nous sommes humains. Et nous appellerons cela l’humanité.

Après ?

Dans nos maisons, dans nos familles, il y aura de nombreuses chaises vides et nous pleurerons celles et ceux qui ne verront jamais cet après. Mais ce que nous aurons vécu aura été si douloureux et si intense à la fois que nous aurons découvert ce lien entre nous, cette communion plus forte que la distance géographique. Et nous saurons que ce lien qui se joue de l’espace, se joue aussi du temps ; que ce lien passe la mort. Et ce lien entre nous qui unit ce côté-ci et l’autre de la rue, ce côté-ci et l’autre de la mort, ce côté-ci et l’autre de la vie, nous l’appellerons Dieu.

Après ?

Après ce sera différent d’avant mais pour vivre cet après, il nous faut traverser le présent. Il nous faut consentir à cette autre mort qui se joue en nous, cette mort bien plus éprouvante que la mort physique. Car il n’y a pas de résurrection sans passion, pas de vie sans passer par la mort, pas de vraie paix sans avoir vaincu sa propre haine, ni de joie sans avoir traversé la tristesse. Et pour dire cela, pour dire cette lente transformation de nous qui s’accomplit au cœur de l’épreuve, cette longue gestation de nous-mêmes, pour dire cela, il n’existe pas de mot.

 

 

 

 

 

méditation du 5° dimanche de Carême A

par le père Arnaud Brelot 

Retraites spirituelles de lectio: La résurrection de ...Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là, il y avait quelqu’un de malade, Lazare, de Béthanie, le village de Marie et de Marthe, sa sœur. Or Marie était celle qui répandit du parfum sur le Seigneur et lui essuya les pieds avec ses cheveux. C’était son frère Lazare qui était malade. Donc, les deux sœurs envoyèrent dire à Jésus : « Seigneur, celui que tu aimes est malade. » En apprenant cela, Jésus dit : « Cette maladie ne conduit pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu, afin que par elle le Fils de Dieu soit glorifié. » Jésus aimait Marthe et sa sœur, ainsi que Lazare. Quand il apprit que celui-ci était malade, il demeura deux jours encore à l’endroit où il se trouvait. Puis, après cela, il dit aux disciples : « Revenons en Judée. » Les disciples lui dirent : « Rabbi, tout récemment, les Juifs, là-bas, cherchaient à te lapider, et tu y retournes ? » Jésus répondit : « N’y a-t-il pas douze heures dans une journée ? Celui qui marche pendant le jour ne trébuche pas, parce qu’il voit la lumière de ce monde ; mais celui qui marche pendant la nuit trébuche, parce que la lumière n’est pas en lui. » Après ces paroles, il ajouta : « Lazare, notre ami, s’est endormi ; mais je vais aller le tirer de ce sommeil. » Les disciples lui dirent alors : « Seigneur, s’il s’est endormi, il sera sauvé. » Jésus avait parlé de la mort ; eux pensaient qu’il parlait du repos du sommeil.  Alors il leur dit ouvertement : « Lazare est mort, et je me réjouis de n’avoir pas été là, à cause de vous, pour que vous croyiez. Mais allons auprès de lui ! » Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), dit aux autres disciples : « Allons-y, nous aussi, pour mourir avec lui ! »

À son arrivée, Jésus trouva Lazare au tombeau depuis quatre jours déjà. Comme Béthanie était tout près de Jérusalem  – à une distance de quinze stades (c’est-à-dire une demi-heure de marche environ) –, beaucoup de Juifs étaient venus réconforter Marthe et Marie au sujet de leur frère. Lorsque Marthe apprit l’arrivée de Jésus, elle partit à sa rencontre, tandis que Marie restait assise à la maison. Marthe dit à Jésus : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. Mais maintenant encore, je le sais, tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera. » Jésus lui dit : « Ton frère ressuscitera. » Marthe reprit : « Je sais qu’il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour. » Jésus lui dit : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? »Elle répondit : « Oui, Seigneur, je le crois : tu es le Christ, le Fils de Dieu,  tu es celui qui vient dans le monde. »

Ayant dit cela, elle partit appeler sa sœur Marie, et lui dit tout bas : « Le Maître est là, il t’appelle. » Marie, dès qu’elle l’entendit, se leva rapidement et alla rejoindre Jésus. Il n’était pas encore entré dans le village, mais il se trouvait toujours à l’endroit où Marthe l’avait rencontré. Les Juifs qui étaient à la maison avec Marie et la réconfortaient, la voyant se lever et sortir si vite, la suivirent ; ils pensaient qu’elle allait au tombeau pour y pleurer. Marie arriva à l’endroit où se trouvait Jésus. Dès qu’elle le vit, elle se jeta à ses pieds et lui dit : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. » Quand il vit qu’elle pleurait, et que les Juifs venus avec elle pleuraient aussi, Jésus, en son esprit, fut saisi d’émotion, il fut bouleversé, et il demanda : « Où l’avez-vous déposé ? » Ils lui répondirent : « Seigneur, viens, et vois. » Alors Jésus se mit à pleurer. Les Juifs disaient : « Voyez comme il l’aimait ! » Mais certains d’entre eux dirent : « Lui qui a ouvert les yeux de l’aveugle, ne pouvait-il pas empêcher Lazare de mourir ? »

Jésus, repris par l’émotion, arriva au tombeau. C’était une grotte fermée par une pierre. Jésus dit : « Enlevez la pierre. » Marthe, la sœur du défunt, lui dit : « Seigneur, il sent déjà ; c’est le quatrième jour qu’il est là. » Alors Jésus dit à Marthe : « Ne te l’ai-je pas dit ? Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu. » On enleva donc la pierre. Alors Jésus leva les yeux au ciel et dit : « Père, je te rends grâce parce que tu m’as exaucé. Je le savais bien, moi, que tu m’exauces toujours ; mais je le dis à cause de la foule qui m’entoure, afin qu’ils croient que c’est toi qui m’as envoyé. » Après cela, il cria d’une voix forte : « Lazare, viens dehors ! » Et le mort sortit, les pieds et les mains liés par des bandelettes, le visage enveloppé d’un suaire. Jésus leur dit : « Déliez-le, et laissez-le aller. » Beaucoup de Juifs, qui étaient venus auprès de Marie et avaient donc vu ce que Jésus avait fait, crurent en lui.

Marthe et Marie, que l’on oppose si souvent à cause du récit où Marthe reproche à Marie de demeurer aux pieds de Jésus pendant qu’elle s’occupe seule du service, ont dans ce récit une attitude commune face à la mort de leur frère. Toute deux vont à la rencontre de Jésus pour lui faire le même reproche : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort ».  Ce reproche nous l’avons entendu des dizaines de fois de la bouche de ceux qui ont perdu un être cher. « Il était où ton Dieu quand mon enfant, ma femme, etc… a lutté et perdu contre la maladie, lors de son accident, etc. » Et bien souvent, au mieux nous balbutions une réponse évasive ou nous gardons le silence…

Trois remarques me viennent :

1/ Cette parole est légitime, et Jésus ne la disqualifie pas. Se révolter contre la mort d’un proche, contre une injustice n’est pas un pécher, c’est même une étape indispensable pour pouvoir avancer plus avant.  Il faut qu’une parole de reproche contre Dieu puisse être dite pour que l’image de Dieu qui est véhiculée soit rejetée. Notre Dieu  n’est pas un sadique qui joue à faire souffrir les gens, il ne manipule pas les humains selon son bon vouloir. Il est en Jésus, Dieu parmi nous, Dieu au milieu des hommes, Dieu vraiment homme venu partager nos joies et nos peines.

2/ Jésus est bouleversé.  Quand il vit qu’elle pleurait, et que les Juifs venus avec elle pleuraient aussi, Jésus, en son esprit, fut saisi d’émotion, il fut bouleversé. Jésus se laisse toucher par la peine de Marie et ressent aussi certainement sa propre peine car Lazare est aussi son ami. Si il est pleinement homme, Jésus l’est aussi dans l’expérience de la peine que provoque la mort d’un proche. Pleurer avec ceux qui pleurent, voilà d’abord l’attitude à avoir. Entendre et recevoir la souffrance des autres avant de lui donner une explication. Le cœur affligé comme l’estomac vide empêche de croire. Il faut d’abord nourrir et apaiser avant de catéchiser !

3/ Jésus a les Paroles de la vie.  Si Jésus reçoit le blâme de Marthe et Marie, si il pleure avec elles, il est aussi celui  qui réoriente leur foi ; comme il réoriente la foi de ceux qui sont blessés par la séparation subite de l’être cher. Il affirme seulement ce qu’il est : Moi, je suis la résurrection et la vie. Il est non pas celui qui empêche de passer par la mort mais celui qui fait vivre au-delà d’elle : Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra. Jésus est venu transformer la mort en passage vers la vie. Notre foi transforme l’espace confiné de nos tombes en portes vers la Vie. Et Jésus nous affirme même que c’est dès cette vie que cela se passe : quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Celui qui dès maintenant vit en Christ et croit en Christ a déjà un pied non pas dans la tombe mais dans le Royaume de Dieu. Voilà pourquoi Jésus insiste auprès de Marthe : Crois-tu cela ? Il faut un acte de foi pour saisir que le passage que Jésus ouvrira par sa mort et sa résurrection est aussi pour chaque croyant. Et pour chaque croyant dès aujourd’hui. Marthe pose donc un acte de foi absolu, avant même que le Seigneur ait vécu sa Passion, elle croit à sa victoire : « Oui, Seigneur, je le crois : tu es le Christ, le Fils de Dieu,  tu es celui qui vient dans le monde 

Conclusion. : Lazare signifie « Dieu a secouru ». Lazare c’est donc aussi chacun de nous quand nous laissons Dieu nous sauver. Oui le Christ seul peut nous sortir du confinement total qu’est le séjour des morts. Car sa Vie est plus forte que la mort et à chacun de nous, au jour du grand passage il dira, comme à Lazare « Viens dehors ». Et pour que nous puissions sortir  vers la Vie, c’est lui qui vient vivre confiné en nous par la communion à son corps ; Il est le confiné-volontaire qui permet que nous puissions au jour de notre naissance au ciel, jaillir vers la Vie ! Alors humblement redisons-Lui, en ce temps de jeûne eucharistique imposé : Seigneur  j’ai besoin de toi, je désire recevoir ta vie ! Amen

 

ACTE POUR LA COMMUNION SPIRITUELLE

Mon Jésus, je crois que vous êtes ici présent dans le Saint-Sacrement. Je vous aime par-dessus tout chose et je désire ardemment vous recevoir dans mon âme. Puisque je ne puis, à cette heure, vous recevoir sacramentellement, venez au moins spirituellement dans mon cœur.

Comme si vous y étiez déjà présent, je vous adore et tout entier je m’unis à vous. Ne permettez pas que je me sépare jamais de vous.

Jésus, mon bien, mon doux amour, enflammez mon cœur d’amour, afin qu’il brûle toujours d’amour pour vous.

Chérubins, Séraphins qui, adorez Jésus au Saint-Sacrement, nuit et jour, priez pour nous et donnez-nous la sainte bénédiction de Jésus et de Marie.

Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Amen.

commentaire du samedi 28 mars

par le père William Goyard

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là, Jésus enseignait au temple de Jérusalem. Dans la foule, on avait entendu ses paroles, et les uns disaient : « C’est vraiment lui, le Prophète annoncé ! » D’autres disaient : « C’est lui le Christ ! » Mais d’autres encore demandaient : « Le Christ peut-il venir de Galilée ? L’Écriture ne dit-elle pas que c’est de la descendance de David et de Bethléem, le village de David, que vient le Christ ? » C’est ainsi que la foule se divisa à cause de lui. Quelques-uns d’entre eux voulaient l’arrêter, mais personne ne mit la main sur lui. Les gardes revinrent auprès des grands prêtres et des pharisiens, qui leur demandèrent : « Pourquoi ne l’avez-vous pas amené ? » Les gardes répondirent : « Jamais un homme n’a parlé de la sorte ! » Les pharisiens leur répliquèrent : « Alors, vous aussi, vous vous êtes laissé égarer ? Parmi les chefs du peuple et les pharisiens, y en a-t-il un seul qui ait cru en lui ? Quant à cette foule qui ne sait rien de la Loi, ce sont des maudits ! » Nicodème, l’un d’entre eux, celui qui était allé précédemment trouver Jésus, leur dit :
« Notre Loi permet-elle de juger un homme sans l’entendre d’abord pour savoir ce qu’il a fait ? » Ils lui répondirent : « Serais- tu, toi aussi, de Galilée ? Cherche bien, et tu verras
que jamais aucun prophète ne surgit de Galilée ! » Puis ils s’en allèrent chacun chez soi.

 

Fascination et répulsion, voilà les sentiments que le Christ provoque chez ceux qui le côtoient. Dans évangile de ce jour, Saint Jean nous dit que les réactions des uns et des autres sont partagées, certains reconnaissent Jésus comme le Messie tant attendu, d’autres le réfutent énergiquement et affirment, preuves à l’appui, qu’il ne peut en être ainsi.

En fait, le Christ par son enseignement a touché le cœur de certains. Ils se sont laissés habiter par la présence divine qui vient à eux, alors que les autres ne voient en Jésus qu’un danger, un perturbateur, un discoureur qui dérange par sa parole de vérité, comme l’annonçait le prophète Jérémie. Et ils veulent l’éliminer. Leur décision est prise et rien de ce qu’ils voient et de ce qu’ils entendent ne les fera changer d’avis.

Aujourd’hui, rien n’a changé, le Christ demeure toujours celui qui comble les croyants qui s’ouvrent à sa présence, qui mettent leur foi en lui. Et il demeure toujours un perturbateur à éliminer pour ceux qui ne le reconnaissent pas et qui sont dérangés par sa parole de vérité. Voilà pourquoi des chrétiens souffrent toujours pour leur foi.

Nous aimerions une manifestation claire et lumineuse de la puissance de Dieu, pour permettre à tous les hommes de le reconnaître et d’acquérir une foi certaine. Mais la foi n’est pas une question de preuves incontestables, ni de signes univoques. La foi est « d’abord une adhésion personnelle de l’homme à Dieu ; elle est en même temps et inséparablement l’assentiment libre de toute la vérité que Dieu a révélée »(Catéchisme de l’Eglise Catholique N°150). Quelques soient les événements et les paroles, si le cœur de l’homme ne se laisse pas toucher par la présence du Christ, s’il refuse de s’ouvrir à Lui dans une confiance sincère, aucune relation d’amour avec le Seigneur ne pourra naître. C’est dans un cœur disponible et confiant que Dieu se manifeste, et c’est ainsi que nous grandissons dans la foi et que nous entrons dans cette intimité avec le Christ qui nous donne de le reconnaître et de vivre de sa vie.