homélie de l’Épiphanie

epiphanie

Quelle richesse dans les textes de la liturgie de ce matin. Et comme à chaque fête, il nous faut découvrir, le message que l’Eglise, éclairée par l’Esprit Saint, veut nous faire passer alors que nous célébrons l’Epiphanie. Et pour nous aider cette année je vous propose de partir de la prière d’ouverture que j’ai dite en votre nom… je la reprends avec vous : « Aujourd’hui, Seigneur, tu as révélé ton fils unique aux nations, grâce à l’étoile qui les guidait ; daigne nous accorder, à nous qui te connaissons déjà par la foi, d’être conduits jusqu’à la claire vision de ta splendeur… ». Vous aurez remarqué les 3 temps de cette prière : 1/ Dieu révèle son Fils unique aux nations, 2/ il faut poser un acte de foi en lui, 3/ et le laisser nous guider pour contempler pleinement sa splendeur. Donc trois parties dans mon homélie aujourd’hui :

1/ Dieu révèle son Fils unique aux nations. Dans la prière il est écrit : « Aujourd’hui, Seigneur, tu as révélé ton fils unique aux nations, grâce à l’étoile qui les guidait » Cette première partie de la prière nous découvre d’abord, par le mot « aujourd’hui » qui est employé, que la liturgie est comme une grande anamnèse des évènements d’il y a 2000 ans. Aujourd’hui, en quelque sorte, nous rendons présent l’adoration des rois-mages, nous y assistons en esprit comme si nous y étions. Ensuite, nous comprenons que cet évènement voulu par Dieu vise à faire connaître son Fils unique à toute la terre. Par l’adoration des mages c’est toutes les nations qui sont invitées à contempler en Lui le roi des rois comme le rappelle le psaume : Tous les rois se prosterneront devant lui, tous les pays le serviront. Enfin, si l’étoile a guidé les mages jusqu’à Bethléem, des nations entières attendent encore aujourd’hui que Jésus leur soit annoncé, comme le prophétise Isaïe dans la première lecture : Les nations marcheront vers ta lumière, et les rois, vers la clarté de ton aurore. Aussi, quelle sera l’étoile pour les mener à Lui sinon l’Eglise, c’est-à-dire vous est moi chers frères et sœurs ! Et pour cela nous devons laisser la gloire de Dieu apparaître sur nous. C’est-à-dire ,

2/ il faut poser un acte de foi en Jésus. En effet, dans la prière il est écrit : « à nous qui te connaissons déjà par la foi ». L’Eglise, peuple des croyants en Christ, rayonne de la gloire de Dieu dans le sens où elle vit de son Seigneur. Elle est le lampadaire qui éclaire l’humanité de la lumière divine. C’est la seule raison d’exister de l’Eglise que d’annoncer le Christ et sa Bonne Nouvelle au monde qui l’ignore encore. Être chrétien ce n’est pas seulement avoir la foi ou croire en Jésus, c’est autant faire croire en Lui, c’est-à-dire témoigner et évangéliser. C’est la révélation que saint Paul nous fait dans sa lettre aux Ephésiens : toutes les nations sont associées au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus, par l’annonce de l’Évangile. La mission de l’Eglise est de rassembler de toutes les nations un peuple unique, fervent et rayonnant. Cela exige de voir en tout homme un frère potentiel dans la foi, un trésor d’humanité qui a du pris aux yeux du Seigneur. C’est notre souci d’évangéliser qui réalise aujourd’hui la prophétie d’Isaïe : Les trésors d’au-delà des mers afflueront vers toi, vers toi viendront les richesses des nations. Renoncer à évangéliser, c’est priver notre Eglise de nombreux enfants qui attendent de trouver une mère et une famille qui donnent sens à leur quête de vérité.

3/ nous laisser guider pour contempler pleinement sa splendeur. Dans la prière il est écrit : «daigne nous accorder d’être conduits jusqu’à la claire vision de ta splendeur » En effet, Si par notre évangélisation les nations viennent au Christ, il nous faut avec elles toutes, avancer vers le Royaume qui vient. Si l’Eglise est bien, comme je le laissais entendre dans la première partie, l’étoile qui guide les nations vers le Christ ; Tous ceux qui rejoignent l’Eglise cheminent avec elle à travers les âges vers le Royaume guidés par le Seigneur Jésus qui est la vraie Lumière des hommes, la lumière qui brille dans les ténèbres comme le dit st Jean dans le prologue de son évangile. Il nous faut tous nous mettre à l’école du Christ en nous soumettant à l’œuvre de l’Esprit Saint qui nous mène, comme au retour les rois-mages, par un autre chemin.

Alors frères et sœurs, ce matin, renouvelant dans la joie notre foi en Jésus révélé aux nations, demandons-nous pour qui nous pourrions être une étoile cette semaine. Quelle personne nous pourrions amener au Christ, pour avancer avec elle vers le Royaume qui vient et déposons-là dans la patène lors de l’offertoire. Amen

samedi de st Dé du 05 janvier 2019

le Thème en ce début d’année était : “Nous sommes  venus l’adorer” (Mt 2, 2)

ce samedi 5 janvier eut lieu le samedi de St Dé. Exceptionnellement, les jeunes et les moins jeunes étaient conviés à un parcours spirituel dès 16 h 30 dans l’église Saint Désiré, où les attendaient les mages, “Melchior, Balthazar, et Gaspar”.

“Melchior” proposaient aux participants de réfléchir  sur  : qu’est ce qui a  du prix dans ma vie, et  quelle est la part de Dieu dans tout cela..

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Chaque participant recevait un “lingot d’or” où ils pouvaient écrire les réponses dessus, puis étaient invités à rencontrer Balthazar…

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“Balthazar”  les invitait à contempler la croix en méditant cette parole du Christ : “Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis… En méditant, le poème de Ste Thérèse de Lisieux, “Vivre d’amour”, les jeunes participants étaient invités  à répondre à cet amour….A l’issu, Balthazar remettait un cœur imbibé de myrrhe. Chaque jeune poursuivait son chemin dans l’église…

 

Plus loin dans une chapelle, “Gaspar” remettait deux grains d’encens. “Je peux devenir, par ma vie un encens pour le Seigneur”. En déposant, l’encens au saint sacrement, ils signifiaient par là, qu’ils offraient la bonne odeur de leur vie, qui monterait en offrande devant lui.

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Après la rencontre de ces 3 mages, chaque jeune déposait l’encens auprès du saint sacrement, les lingots d’or, et le cœur en papier imbibé de myrrhe . Les jeunes ont pris un  temps d’adoration devant le saint sacrement pour confier à Jésus l’année 2019.

Après ce parcours spirituel, chaque groupe de jeunes s’est retrouvé devant l’église pour boire un jus de pomme chaud.

La messe fut célébré à 18 heures par le Père Armand. Elle fût suivie par le repas partagé, et la galette des rois.

A 20 h 30, les jeunes sont retournés à l’église pour entendre un enseignement donné par le Père Armand Athias : Jésus, c’est sérieux ?

A 21 heures , a eu lieu la soirée pop louange. Durant, ce temps, ils eurent la possibilité de recevoir le sacrement de réconciliation.

Le prochain samedi de St Dé aura lieu le samedi 2 février 2019,

comme habituellement à partir de 18 heures.

la messe sera célébrée exceptionnellement aux Cordeliers à 18 heures. (

En effet, les jeunes des 6ème/5ème participeront à un samedi de St Dé KIDS, l’après midi. Ils finiront leur journée par la messe. L’église St Désiré sera trop petite pour accueillir tout le monde à la messe.)

Elle sera suivie du repas partagé à la salle paroissiale de st Désiré,

puis d’un enseignement et de la soirée pop louange à St Désiré.

Bonne semaine. Bonne et sainte année 2019

Cordialement

Cédric Galoyer, responsable de la pastorale des jeunes

message du pape François pour la journée mondiale pour la paix du 01 janvier

MESSAGE DU SAINT-PÈRE FRANÇOIS
POUR LA 52° JOURNÉE MONDIALE DE LA PAIX 1er JANVIER 2019

La bonne politique est au service de la paix

 

  1. ‘‘Paix à cette maison !’’

En envoyant ses disciples en mission, Jésus leur dit : « Dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord : ‘‘Paix à cette maison’’. S’il y a là un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle reviendra vers vous » (Lc 10, 5-6).

Offrir la paix est au cœur de la mission des disciples du Christ. Et cette offre est adressée à tous ceux qui, hommes et femmes, aspirent à la paix au milieu des drames et des violences de l’histoire humaine[1]. La ‘‘maison’’ dont parle Jésus, c’est chaque famille, chaque communauté, chaque pays, chaque continent, dans sa particularité et dans son histoire ; c’est avant tout chaque personne, sans distinctions ni discriminations. C’est aussi notre ‘‘maison commune’’ : la planète où Dieu nous a mis pour y vivre et dont nous sommes appelés à prendre soin avec sollicitude.

C’est donc également mon vœu au début de l’année nouvelle : ‘‘Paix à cette maison !’’.

  1. Le défi de la bonne politique

La paix est comme l’espérance dont parle le poète Charles Péguy [2]; elle est comme une fleur fragile qui cherche à s’épanouir au milieu des pierres de la violence. Nous le savons : la recherche du pouvoir à tout prix porte à des abus et à des injustices. La politique est un moyen fondamental pour promouvoir la citoyenneté et les projets de l’homme, mais quand elle n’est pas vécue comme un service à la collectivité humaine par ceux qui l’exercent, elle peut devenir un instrument d’oppression, de marginalisation, voire de destruction.

« Si quelqu’un veut être le premier, dit Jésus, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous » (Mc 9, 35). Comme le soulignait saint Paul VI : « Prendre au sérieux la politique à ses divers niveaux – local, régional et mondial –, c’est affirmer le devoir de l’homme, de tout homme, de reconnaître la réalité concrète et la valeur de la liberté de choix qui lui est offerte pour chercher à réaliser ensemble le bien de la cité, de la nation, de l’humanité »[3].

En effet, la fonction et la responsabilité politique constituent un défi permanent pour tous ceux qui reçoivent le mandat de servir leur pays, de protéger les habitants et de travailler pour asseoir les conditions d’un avenir digne et juste. Accomplie dans le respect fondamental de la vie, de la liberté et de la dignité des personnes, la politique peut devenir vraiment une forme éminente de charité.

  1. Charité et vertus humaines pour une politique au service des droits humains et de la paix.

Le Pape Benoît XVI rappelait que « tout chrétien est appelé à vivre cette charité, selon sa vocation et selon ses possibilités d’influence au service de la pólis. […] L’engagement pour le bien commun, quand la charité l’anime, a une valeur supérieure à celle de l’engagement purement séculier et politique […] Quand elle est inspirée et animée par la charité, l’action de l’homme contribue à l’édification de cette cité de Dieu universelle vers laquelle avance l’histoire de la famille humaine »[4]. C’est un programme dans lequel peuvent se retrouver tous les politiciens, de n’importe quelle appartenance culturelle ou religieuse, qui souhaitent œuvrer ensemble pour le bien de la famille humaine, en pratiquant ces vertus humaines qui sous-tendent le bon agir politique : la justice, l’équité, le respect réciproque, la sincérité, l’honnêteté, la fidélité.

À ce sujet, méritent d’être rappelées les ‘‘béatitudes du politique’’, proposées par le Cardinal vietnamien François-Xavier Nguyễn Văn Thuận, mort en 2002, qui a été un témoin fidèle de l’Évangile :

Heureux le politicien qui a une haute idée et une profonde conscience de son rôle.
Heureux le politicien dont la personne reflète la crédibilité.
Heureux le politicien qui travaille pour le bien commun et non pour son propre intérêt.
Heureux le politicien qui reste fidèlement cohérent.
Heureux le politicien qui réalise l’unité.
Heureux le politicien qui s’engage dans la réalisation d’un changement radical.
Heureux le politicien qui sait écouter.
Heureux le politicien qui n’a pas peur.[5]

Chaque renouvellement des fonctions électives, chaque échéance électorale, chaque étape de la vie publique constitue une occasion pour retourner à la source et aux repères qui inspirent la justice et le droit. Nous en sommes certains : la bonne politique est au service de la paix ; elle respecte et promeut les droits humains fondamentaux, qui sont aussi des devoirs réciproques, afin qu’entre les générations présentes et celles à venir se tisse un lien de confiance et de reconnaissance.

  1. Les vices de la politique

À côté des vertus, malheureusement, ne manquent pas non plus dans la politique les vices, dus soit à une inaptitude personnelle soit à des déformations dans l’entourage et dans les institutions. Il est clair pour tous que les vices de la vie politique ôtent de la crédibilité aux systèmes dans lesquels elle s’exerce, ainsi qu’à l’autorité, aux décisions et à l’action des personnes qui s’y consacrent. Ces vices, qui affaiblissent l’idéal d’une authentique démocratie, sont la honte de la vie publique et mettent en danger la paix sociale : la corruption – sous ses multiples formes d’appropriation indue des biens publics ou d’instrumentalisation des personnes –, la négation du droit, le non-respect des règles communautaires, l’enrichissement illégal, la justification du pouvoir par la force ou par le prétexte arbitraire de la ‘‘raison d’État’’, la tendance à s’accrocher au pouvoir, la xénophobie et le racisme, le refus de prendre soin de la Terre, l’exploitation illimitée des ressources naturelles en raison du profit immédiat, le mépris de ceux qui ont été contraints à l’exil.

  1. La bonne politique promeut la participation des jeunes et la confiance dans l’autre

Quand l’exercice du pouvoir politique vise uniquement à sauvegarder les intérêts de certains individus privilégiés, l’avenir est compromis et les jeunes peuvent être tentés par la méfiance, parce que condamnés à rester en marge de la société, sans possibilité de participer à un projet pour l’avenir. Quand, au contraire, la politique se traduit, concrètement, dans l’encouragement des jeunes talents et des vocations qui demandent à se réaliser, la paix se diffuse dans les consciences et sur les visages. Elle devient une confiance dynamique, qui veut dire ‘‘j’ai confiance en toi et je crois en toi’’, dans la possibilité de travailler ensemble pour le bien commun. La politique est pour la paix si elle se manifeste donc, dans la reconnaissance des charismes et des capacités de chaque personne. « Quoi de plus beau qu’une main tendue ? Elle a été voulue par Dieu pour offrir et recevoir. Dieu n’a pas voulu qu’elle tue (cf. Gn 4, 1sv) ou qu’elle fasse souffrir, mais qu’elle soigne et qu’elle aide à vivre. À côté du cœur et de l’intelligence, la main peut devenir, elle aussi, un instrument du dialogue »[6].

Chacun peut apporter sa pierre à la construction de la maison commune. La vie politique authentique, qui se fonde sur le droit et sur un dialogue loyal entre les personnes, se renouvelle avec la conviction que chaque femme, chaque homme et chaque génération portent en eux une promesse qui peut libérer de nouvelles énergies relationnelles, intellectuelles, culturelles et spirituelles. Une telle confiance n’est jamais facile à vivre, car les relations humaines sont complexes. En particulier, nous vivons ces temps-ci dans un climat de méfiance qui s’enracine dans la peur de l’autre ou de l’étranger, dans l’angoisse de perdre ses propres avantages, et qui se manifeste malheureusement aussi, au niveau politique, par des attitudes de fermeture ou des nationalismes qui remettent en cause cette fraternité dont notre monde globalisé a tant besoin. Aujourd’hui plus que jamais, nos sociétés ont besoin d’‘‘artisans de paix’’ qui puissent être des messagers et des témoins authentiques du Dieu Père, qui veut le bien et le bonheur de la famille humaine.

  1. Non à la guerre et à la stratégie de la peur

Cent ans après la fin de la Première Guerre Mondiale, alors que nous nous souvenons des jeunes tombés durant ces combats et des populations civiles lacérées, aujourd’hui plus qu’hier nous connaissons la terrible leçon des guerres fratricides, à savoir que la paix ne peut jamais être réduite au seul équilibre des forces et de la peur. Maintenir l’autre sous la menace veut dire le réduire à l’état d’objet et en nier la dignité. C’est pourquoi nous réaffirmons que l’escalade en termes d’intimidation et la prolifération incontrôlée des armes sont contraires à la morale ainsi qu’à la recherche d’une vraie concorde. La terreur exercée sur les personnes les plus vulnérables contribue à l’exil d’entières populations en quête d’une terre de paix. Les discours politiques qui tendent à accuser les migrants de tous les maux et à priver les pauvres de l’espérance ne sont pas justifiables. Au contraire, il faut réaffirmer que la paix se fonde sur le respect de chaque personne, quelle que soit son histoire, sur le respect du droit et du bien commun, de la création qui nous a été confiée et de la richesse morale transmise par les générations passées.

Notre pensée va aussi, à titre particulier, aux enfants qui vivent dans les zones actuelles de conflit, et à tous ceux qui s’engagent afin que leurs vies et leurs droits soient protégés. Dans le monde, un enfant sur six est touché par la violence de la guerre ou par ses conséquences, quand il n’est pas enrôlé pour devenir lui-même soldat ou otage de groupes armés. Le témoignage de ceux qui œuvrent pour défendre la dignité et le respect des enfants n’en est que plus précieux pour l’avenir de l’humanité.

  1. Un grand projet de paix

Nous célébrons ces jours-ci le soixante-dixième anniversaire de la Déclaration Universelle des droits de l’homme, adoptée au lendemain du deuxième conflit mondial. Souvenons-nous, à ce propos, de l’observation de saint Jean XXIII : « Maintenant, à mesure que l’homme devient conscient de ses droits, germe comme nécessairement en lui la conscience d’obligations correspondantes : ses propres droits, c’est avant tout comme autant d’expressions de sa dignité qu’il devra les faire valoir, et à tous les autres incombera l’obligation de reconnaître ces droits et de les respecter »[7].

La paix, en effet, est le fruit d’un grand projet politique qui se fonde sur la responsabilité réciproque et sur l’interdépendance des êtres humains. Mais elle est aussi un défi qui demande à être accueilli jour après jour. La paix est une conversion du cœur et de l’âme ; et il est facile de reconnaître trois dimensions indissociables de cette paix intérieure et communautaire :

– la paix avec soi-même, en refusant l’intransigeance, la colère et l’impatience et, comme le conseillait saint François de Sales, en exerçant ‘‘un peu de douceur avec soi-même’’, afin d’offrir ‘‘un peu de douceur aux autres’’ ;

– la paix avec l’autre : le proche, l’ami, l’étranger, le pauvre, le souffrant… ; en osant la rencontre et en écoutant le message qu’elle porte avec elle ;

– la paix avec la création, en redécouvrant la grandeur du don de Dieu et la part de responsabilité qui revient à chacun d’entre nous, en tant qu’habitant du monde, citoyen et acteur de l’avenir.

La politique de la paix, qui connaît bien les fragilités humaines et les assume, peut toujours se ressourcer dans l’esprit du Magnificatque Marie, Mère du Christ Sauveur et Reine de la Paix, chante au nom de tous les hommes : « Sa miséricorde s’étend d’en âge en âge sur ceux qui le craignent. Déployant la force de son bras, il disperse les superbes. Il renverse les puissants de leur trône, il élève les humbles […] ; il se souvient de son amour, de la promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais » (Lc 1, 50-55).

Du Vatican, le 8 décembre 2018

François

homélie du 01 Janvier…

Lecture du livre des Nombres

Le Seigneur parla à Moïse. Il dit : « Parle à Aaron et à ses fils. Tu leur diras : Voici en quels termes vous bénirez les fils d’Israël : “Que le Seigneur te bénisse et te garde ! Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage, qu’il te prenne en grâce ! Que le Seigneur tourne vers toi son visage, qu’il t’apporte la paix !” Ils invoqueront ainsi mon nom sur les fils d’Israël, et moi, je les bénirai. »

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Galates

Frères, lorsque est  venue la plénitude des temps, Dieu a envoyé son Fils, né d’une femme et soumis à la loi de Moïse, afin de racheter ceux qui étaient soumis à la Loi et pour que nous soyons adoptés comme fils. Et voici la preuve que vous êtes des fils : Dieu a envoyé l’Esprit de son Fils dans nos cœurs, et cet Esprit crie « Abba ! », c’est-à-dire : Père !  Ainsi tu n’es plus esclave, mais fils, et puisque tu es fils, tu es aussi héritier :
c’est l’œuvre de Dieu.

Chers frères et sœurs, ils sont nombreux  ceux et celles qui depuis quelques jours dans les médias font une rétrospective souvent peu reluisante de l’année 2018 qui s’achève. Certes il y a notre capacité trop humaine à ne retenir que ce qui est dur, mauvais, blessant, moche, idiot ou superficiel, etc. Mais il y a peut être aussi une espèce de sentiment croissant que notre monde occidental part en cacahuète, qu’il dérive sans fin vers l’individualisme, le relativisme moral et la mondialisation uniformisante. Il semble aussi que ceux de ce monde qui refusent cette dérive ne sachent pas contester autrement qu’en étant violents et parfois xénophobes, déployant un discours nationaliste extrême. Le repliement sur soi est la mauvaise réponse à la mauvaise proposition de s’ouvrir totalement à tous les vents de doctrine et de propositions sociétales.

Et pour beaucoup la faute incombe d’abord au personnel politique, plus enclin à se servir de leur peuple plutôt qu’à les servir. Mais si les hommes et les femmes politiques ne sont pas tous à la hauteur des enjeux, on ne peut pas (on ne doit jamais) les condamner tous et encore moins jeter la politique aux oubliettes. Il s’agit donc, et c’est le sens du message du Pape ce premier janvier, de réhabiliter la politique et d’aider les hommes politiques à être de véritables serviteurs de la paix.

C’est pourquoi, ce matin, je voudrai avec vous partir d’un verset de la première lecture tiré du livre des nombres : Que le Seigneur tourne vers toi son visage, qu’il t’apporte la paix ! Celui qui veut servir la paix sur terre et dans son peuple doit donc la recevoir d’abord de Dieu : la paix vient à nous quand le Seigneur tourne vers nous son visage. Or à quel moment cela est-il plus vrai qu’en ces jours où nous célébrons la naissance du Sauveur, le nouveau-né couché dans la mangeoire ! Car il est le prince de la paix comme nous l’avons proclamé lors de la veillée de Noël. Il est Dieu qui vient à la rencontre des hommes et des femmes de tous les temps pour leur apporter la vraie paix. Il est le visage de Dieu que nous pouvons contempler et sur lequel rayonne la paix de Dieu. On peut même aller plus loin, en sa personne il est la paix que Dieu nous donne. Ainsi, en accueillant l’Esprit saint dans notre propre vie, en essayant de vivre sous sa conduite, nous pacifions nos vies et nous nous christifions. Il nous libère de tous nos esclavages et nous prépare à notre adoption divine, comme le rappelle saint Paul dans sa lettre aux Galates : Dieu a envoyé l’Esprit de son Fils dans nos cœurs… Ainsi tu n’es plus esclave, mais fils.

Croyant cela, que notre prière, ce matin, monte vers le Seigneur pour tous ceux et celles qui œuvrent à la paix dans le monde. Prions pour que tout le personnel politique dans le monde, travaillé au feu de l’Esprit Saint, vivent sa mission fidèlement aux, ‘‘béatitudes du politique’’, proposées par le Cardinal vietnamien François-Xavier Nguyễn Văn Thuận, mort en 2002 : Heureux le politicien qui a une haute idée et une profonde conscience de son rôle. Heureux le politicien dont la personne reflète la crédibilité. Heureux le politicien qui travaille pour le bien commun et non pour son propre intérêt. Heureux le politicien qui reste fidèlement cohérent. Heureux le politicien qui réalise l’unité. Heureux le politicien qui s’engage dans la réalisation d’un changement radical. Heureux le politicien qui sait écouter. Heureux le politicien qui n’a pas peur.

Certes, de tels politiques établiraient un règne de paix dans notre monde ! Car, rappelle le pape dans son message, La paix est le fruit d’un grand projet politique.

Cependant, il faut aussi que chacun de nous, à son niveau, établisse la paix en lui et autour de lui car le pape ajoute encore : que ce projet politique se fonde sur la responsabilité réciproque et sur l’interdépendance des êtres humains.

Ainsi [la paix] est aussi un défi qui demande à être accueilli jour après jour. La paix est une conversion du cœur et de l’âme. Et le pape propose trois pistes, qui sont indissociables selon lui, pour établir la paix :

– la paix avec soi-même, en refusant l’intransigeance, la colère et l’impatience et, comme le conseillait saint François de Sales, en exerçant ‘‘un peu de douceur avec soi-même’’, afin d’offrir ‘‘un peu de douceur aux autres’’ ;

 – la paix avec l’autre : le proche, l’ami, l’étranger, le pauvre, le souffrant… ; en osant la rencontre et en écoutant le message qu’elle porte avec elle ;

– la paix avec la création, en redécouvrant la grandeur du don de Dieu et la part de responsabilité qui revient à chacun d’entre nous, en tant qu’habitant du monde, citoyen et acteur de l’avenir.

Ainsi, Dans la joie de cette année qui commence, avec Marie, mère de Dieu et Reine de la Paix, offrons à Dieu cette eucharistie pour que s’établisse la paix dans nos cœurs et dans le cœur des politiques, dans nos familles et dans les partis politiques, dans notre pays et dans le cœur des gouvernants du monde entier. Amen

homélie en la fête de la Sainte Famille

Boy Jesus in the Temple (Christ in the Temple)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Chaque année, les parents de Jésus se rendaient à Jérusalem pour la fête de la Pâque. Quand il eut douze ans, ils montèrent en pèlerinage suivant la coutume. À la fin de la fête, comme ils s’en retournaient, le jeune Jésus resta à Jérusalem à l’insu de ses parents. Pensant qu’il était dans le convoi des pèlerins, ils firent une journée de chemin avant de le chercher parmi leurs parents et connaissances. Ne le trouvant pas, ils retournèrent à Jérusalem, en continuant à le chercher. C’est au bout de trois jours qu’ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs de la Loi : il les écoutait et leur posait des questions, et tous ceux qui l’entendaient s’extasiaient sur son intelligence et sur ses réponses. En le voyant, ses parents furent frappés d’étonnement, et sa mère lui dit : « Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois comme ton père et moi, nous avons souffert en te cherchant ! » Il leur dit : « Comment se fait-il que vous m’ayez cherché ? Ne saviez-vous pas qu’il me faut être chez mon Père ? » Mais ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait.  Il descendit avec eux pour se rendre à Nazareth, et il leur était soumis. Sa mère gardait dans son cœur tous ces événements. Quant à Jésus, il grandissait en sagesse, en taille et en grâce, devant Dieu et devant les homme

 

Comment la fête de la sainte famille est-elle née? Pour le savoir faisons d’abord un peu d’histoire. En effet, jusqu’ au XVI°s le mot ‘famille’ désignait outre les deux parents et leurs enfants, toute la parenté, même les serviteurs. Ce n’est qu’à la fin du XVI°s que la famille prit son sens moderne : père-mère-enfants. Et c’est à la même époque que l’Eglise, prenant conscience de la fonction sociale des familles chrétiennes et de l’œuvre de sanctification qui s’opérait par elles, offrit la sainte famille comme exemple de vie familiale à toutes les familles chrétiennes. Mais ce n’est qu’en 1921 que la fête de la Sainte Famille, telle que nous la fêtons ce soir, fut instituée par l’Eglise.

Ensuite établissons un distinguo important. La famille a pour fondation le couple. C’est-à-dire qu’une famille se créé à partir de l’union, scellée à la mairie puis à l’église, d’un homme et d’une femme. Chacun, et en premier lieu, dans sa différence sexuelle, vient compléter ce qui manque à son conjoint pour établir solidement avec lui (elle) un cocon capable d’accueillir la vie qui naîtra de cette différence. L’enfant qui est accueilli dans de telles conditions saura quelles sont ses origines et la double histoire (filiation) dans laquelle il s’inscrit. Une double histoire biologique et culturelle.

Et ce qui vaut pour toute famille vaut aussi pour la sainte famille. Ainsi, pour garantir à Jésus son fils une famille stable, Dieu décide de s’incarner dans la chair de Marie, de naître biologiquement d’une femme promise en mariage à un homme, Joseph. En demandant à Joseph d’assurer le rôle de père auprès de Jésus, Dieu inscrit Jésus dans l’histoire du peuple élu, il lui procure d’être pleinement descendant du roi David. Cela permet également à Jésus d’avoir une vie sociale stable ainsi que l’apprentissage d’un métier ; car Jésus comme son père Joseph sera charpentier ! Grâce à la complémentarité entre Marie : femme et mère et Joseph : homme et père, l’évangéliste Luc peut écrire : Quant à Jésus, il grandissait en sagesse, en taille et en grâce, devant Dieu et devant les hommes.

Enfin, il faut souligner l’audace de l’Eglise de lier les deux mots Sainte et Famille, voilà deux termes que beaucoup, peut être même dans notre assemblée ne colleraient pas ensemble. Pour certains, la famille, grâce à des parents unis et complémentaires fut un petit paradis où il faisait bon vivre et grandir, pour d’autre ce fut un lieu de tristesse et d’inachevé à cause de l’absence physique ou morale d’un des parents, pour d’autres encore ce fut un lieu de combat et de souffrance à fuir. Mais à tous, la sainte famille est donnée en exemple et nous conduit à regarder la famille comme un lieu de sanctification.

1/La famille nous sanctifie en étant le lieu d’apprentissage de la sociabilité : La vie en société commence dans la famille proche pour s’étendre à tous les autres membres de la société. Si nous avons été élevés dans le respect des personnes et des choses, dans le sens du partage et de l’écoute, nous utiliserons aussi ces valeurs dans la société. Comme on a vu faire chez soi, on fait à l’extérieur ! Ainsi un garçon construira sa paternité en l’appuyant sur l’expérience vécue avec son père et une fille construira sa maternité en l’appuyant sur l’expérience vécue avec sa mère. On sait déjà tous les ravages que provoque, dans l’élaboration psychologique, l’absence de l’un des deux parents, signe criant du manque d’altérité véritable.

2/La famille nous sanctifie aussi en étant le lieu de l’apprentissage de la foi et de la spiritualité. Ainsi en est-il de la sainte Famille : Chaque année, les parents de Jésus se rendaient à Jérusalem pour la fête de la Pâque. Quand il eut douze ans, ils montèrent en pèlerinage suivant la coutume. Le concile Vatican II dans la constitution Lumen Gentium au N°11 affirme que dans la famille qui est une sorte d’Église domestique, il convient que les parents, par leur parole et leur exemple, soient pour leurs enfants les premiers prédicateurs de la foi, et qu’ils soutiennent la vocation propre de chacun. C’est souvent, sur les genoux de nos parents ou en priant le soir avec eux, que nous avons découvert qui est notre Dieu et le souci de porter devant lui, dans l’intercession tous les membres de nos familles et toutes les personnes souffrant dans le monde. Un jour un homme m’a dit qu’il avait compris la grandeur de Dieu quand il avait vu, à la prière du soir, son père se mettre à genoux ! De même combien ont compris la douceur de Dieu en apprenant à prier dans les bras cajolant de leur mère !

Comme le rappelle st Jean dans sa 1ière lettre, si nous vivons en famille et en Eglise, en mettant notre foi dans le nom de son Fils Jésus Christ, et en nous aimant les uns les autres comme il nous l’a commandé, alors quoi que nous demandions à Dieu, nous le recevons de lui.

Ainsi, en ces temps troublés où sont érigés comme nouveaux modèles familiaux des structures humaines qui n’en sont pas, prions le Seigneur, qu’Il nous donne le courage, par la joie du témoignage, de révéler au monde ce qu’il y a de grand et d’unique dans le modèle familial traditionnel pour bâtir une société plus juste et plus fraternelle. Amen