homélie du 24° dimanche

2015 avrilÉvangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là, les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l’écouter. Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! » Alors Jésus leur dit cette parabole : « Si l’un de vous a cent brebis et qu’il en perd une, n’abandonne-t-il pas les 99 autres dans le désert pour aller chercher celle qui est perdue, jusqu’à ce qu’il la retrouve ? Quand il l’a retrouvée, il la prend sur ses épaules, tout joyeux, et, de retour chez lui, il rassemble ses amis et ses voisins pour leur dire : ‘Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé ma brebis, celle qui était perdue !’ Je vous le dis : C’est ainsi qu’il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, plus que pour 99 justes qui n’ont pas besoin de conversion. Ou encore, si une femme a dix pièces d’argent et qu’elle en perd une, ne va-t-elle pas allumer une lampe, balayer la maison, et chercher avec soin jusqu’à ce qu’elle la retrouve ? Quand elle l’a retrouvée, elle rassemble ses amies et ses voisines pour leur dire : ‘Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé la pièce d’argent que j’avais perdue !’ Ainsi je vous le dis : Il y a de la joie devant les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se convertit. 

Ce matin, la vertu de patience est au cœur de toutes les lectures que nous venons d’entendre. Demandée pour soi ou exercée envers les autres, elle est illustrée par chacune des lectures ce matin. Ainsi, Moïse invite Dieu à la patience envers son peuple dans l’Exode, dans le psaume le pénitent invite Dieu à la patience envers lui, dans sa lettre à Timothée, Paul rappelle combien la patience du Christ fut bénéfique à son égard et dans l’Evangile, Jésus révèle la patience de Dieu qui prend tous les moyens pour apporter le Salut à tous ceux qui en ont besoin.

1/ pourquoi la patience est-elle nécessaire? Si pour vous la route de la maitrise de soi et du choix systématique du bien est encore longue et ardue, alors vous rejoignez saint Paul qui écrit au chapitre 7 de sa lettre aux Romains : «Je ne réalise pas le bien que je voudrais, mais je fais le mal que je ne voudrais pas. » Cette expérience vous inscrit dans l’humanité, celle qui fut abîmée par le péché est entravée dans son désir de faire en toute chose la volonté de Dieu. Et le premier fruit de cet empêtrement dans le péché est l’impatience qui porte à désirer tout et tout de suite, faisant percevoir la moindre attente comme une perte de temps voir un outrage à celui qui la supporte alors qu’il a besoin immédiatement de la réponse qu’il demande. Et le constat est le même qu’on parle de vie spirituelle ou matérielle, sentimentale ou professionnelle. Ce désir d’immédiateté amène souvent à faire l’inverse de ce que notre cœur désire vraiment, à savoir : vivre en communion avec Dieu et les autres. C’est la première lecture qui nous en livre une belle illustration : le peuple Juif qui vient de prendre les chemins de la liberté grâce à Dieu qui le guide vers la terre promise, impatient de ne pas voir revenir Moïse, parti au Sinaï, se fabrique une idole, un veau d’or, à honorer. Au lieu de vivre l’absence comme une préparation intérieure à la rencontre avec Dieu, le peuple juif préfère une idole visible, disponible sans délais et muette, permettant ainsi à chacun de mettre sur ses lèvres les réponses qu’il souhaite. Si nous aussi nous trouvons Dieu lent à répondre à nos appels et à faire notre volonté, prenons la décision d’exercer la patience.

2/ que permet la patience ? Vous aurez remarqué comme moi que nous demandons aux autres d’être patients envers nous alors que nous le sommes assez peu avec eux. Gare à l’enfant qui ne range pas illico presto sa chambre, à l’ami qui tarde à répondre à l’invitation, au curé qui ne donne pas une date de rdv dans la minute, et quant à ce Dieu qui tarde à nous répondre ! La patience est un cadeau à faire aux autres : elle leur offre un temps de maturation et de discernement. Et l’exercer permet de mettre à leur juste place des évènements et à prendre la bonne mesure pour les décisions importantes. Mon père spirituel me dit toujours « avant de prendre une décision laisse passer au moins une nuit et une messe » La patience donne du temps à celui qui se croit contraint. Elle lui offre la possibilité de se poser et de réfléchir, de peser les différentes options qu’il a et leurs implications. Elle est à la fois le temps de marche à travers le désert pour retrouver la brebis perdue, le temps du ménage pour retrouver la pièce en argent perdue.

3/ que vise la patience ? Elle vise les retrouvailles au-delà des agacements, des malentendus, des déceptions. Elle est ce temps béni où l’image abîmée que j’ai de l’autre peut être restaurée. Elle est le temps de la miséricorde. A la source de celui qui patiente, il y a le désir de sauver, à la source de celui qui implore la patience, il y a le désir d’accomplir sa vocation, le désir d’être prêt à la divinisation. Entendez le beau témoignage que Paul livre à Timothée : s’il m’a été fait miséricorde, c’est afin qu’en moi le premier, le Christ Jésus montre toute sa patience, pour donner un exemple à ceux qui devaient croire en lui, en vue de la vie éternelle. Chers amis en exerçant la patience envers un autre, vous lui offrez un temps de conversion. En patientant de vous voir revenir à Lui, Dieu vous permet peu à peu, par sa miséricorde, de vous christifier, de vous affermir dans votre vocation d’être pour Lui ses enfants bien-aimés.

Conclusion. Sœur Marie-Régis, votre vie auprès des malades puis des prisonniers est une belle illustration de mon propos. Elle a été une école de la patience pour soutenir, encourager, ne pas juger, ni condamner. Elle fut l’école de l’espérance qu’un être nouveau, pardonné et libéré peut naître des décombres d’une vie abîmée ou ratée. Vous me l’avez partagé tant de fois. Aussi je vous dis un grand merci pour vos années de mission si fructueuses à Lons et je remercie aussi chacun de vous ce matin : vous m’avez écouté patiemment, exerçant par là l’une des 7 œuvres de miséricorde spirituelle qui vous sanctifie, celle de supporter les personnes ennuyeuses.

Ce matin, donc dans la joie célébrons l’Eucharistie, c’est-à-dire l’action de grâce, pour la présence et les œuvres parmi nous de sœur Marie-Régis et également par anticipation, pour tous ceux que notre patience permettra de grandir. Amen

homélie du 23° dimanche

23doc

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là, de grandes foules faisaient route avec Jésus ; il se retourna et leur dit : « Si quelqu’un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et sœurs, et même à sa propre vie, il ne peut pas être mon disciple. Celui qui ne porte pas sa croix pour marcher à ma suite ne peut pas être mon disciple.

Quel est celui d’entre vous qui, voulant bâtir une tour, ne commence par s’asseoir pour calculer la dépense et voir s’il a de quoi aller jusqu’au bout ? Car, si jamais il pose les fondations et n’est pas capable d’achever, tous ceux qui le verront vont se moquer de lui : ‘Voilà un homme qui a commencé à bâtir et n’a pas été capable d’achever !’ Et quel est le roi qui, partant en guerre contre un autre roi, ne commence par s’asseoir pour voir s’il peut, avec dix mille hommes, affronter l’autre qui marche contre lui avec vingt mille ? S’il ne le peut pas, il envoie, pendant que l’autre est encore loin, une délégation pour demander les conditions de paix.

Ainsi donc, celui d’entre vous qui ne renonce pas à tout ce qui lui appartient ne peut pas être mon disciple. »

 

« Il faut toujours avoir les moyens de ses ambitions. » Voilà un proverbe de chez nous qui pourrait bien illustrer les propos de Jésus aujourd’hui. En effet, le ridicule tombe souvent sur celui qui fonce tête baissée sans réfléchir posément à ce qu’il compte faire et aux moyens d’y parvenir. Ainsi nous devons d’abord nous poser la question : quelles sont nos ambitions ? Pour ensuite nous demander par quels moyens les atteindre ?

1/ quelles sont nos ambitions ? Il ne s’agit pas pour moi ce (soir) matin de découvrir et de lister toutes vos ambitions : ni les plus attendues, ni les plus inavouables. Cela ne me regarde pas. Il s’agit plutôt de vous redire quelles sont les ambitions qu’un chrétien peut légitimement viser. Pour cela, scrutons la Parole de Dieu qui nous a été lue. On y trouve, dans le psaume 89 (90), le verset suivant : Rassasie-nous de ton amour au matin, que nous passions nos jours dans la joie et les chants. L’ambition qui se cache derrière cette demande est celle de la vie éternelle auprès de Dieu. En effet, être rassasié de l’amour de Dieu au matin, c’est jaillir vivant du tombeau au jour la résurrection. Et passer nos jours dans la joie et les chants signifie vivre éternellement dans la joie de Dieu, chantant sans se lasser ses louanges.

Notre ambition de chrétien exige donc de lever les yeux vers le ciel afin de mettre un pied non pas dans la tombe mais déjà dans le royaume de Dieu. Gardons aux lèvres cette demande inscrite encore dans le psaume : Apprends-nous la vraie mesure de nos jours. Oui ne nous lassons pas de demander à Dieu d’ancrer dans notre cœur la belle certitude que notre vie va bien au-delà de ses jours terrestres. En effet, au jour de notre baptême, le prêtre a interrogé nos parents : « que demandez-vous pour votre enfant ? » et l’une des réponses que le rituel invite à donner est : « la vie éternelle ». Ainsi notre baptême oriente nos vies vers l’éternité.

Est-ce là votre ambition, frères et sœurs ? Si oui alors regardons ensemble les moyens d’y parvenir

2/ par quels moyens atteindre nos ambitions ? Quels moyens mettre en œuvre pour accéder à la vie éternelle reçue à notre baptême ? Jésus répond par une unique invitation : se faire son disciple. C’est d’une simplicité évangélique : imiter Jésus sur cette terre est le meilleur moyen de partager sa vie au ciel ! Seulement être disciple exige deux comportements décrit par lui : celui du constructeur et celui du guerrier.

a) être constructeur. Vivre en disciple c’est l’affaire de toute une vie, une construction pierre après pierre de notre amitié avec Jésus. Voilà pourquoi Jésus affirme : si quelqu’un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et sœurs, et même à sa propre vie, il ne peut pas être mon disciple. Est-ce bien ainsi que nous percevons Jésus ? Est-il celui que nous mettons en premier dans notre vie ?

b) être guerrier. Vivre en disciple de Jésus n’est jamais chose acquise mais plutôt un combat permanent. Si vous ne vous interrogez plus sur votre foi, si tout vous semble aller de soi, normal ou naturel, demandez-vous si vous êtes encore chrétien. Car Jésus rappelle en quoi consiste le combat de la foi : Celui qui ne porte pas sa croix pour marcher à ma suite ne peut pas être mon disciple. Et la plus grande croix qu’il nous faut porter c’est de renoncer à nous même. Quitter nos points de vues, nos certitudes, nos compromis avec la vérité, nos petites habitudes qui nous font esclaves de la médiocrité, etc. Oui c’est un vrai combat de quitter l’homme ancien et de laisser jaillir en nous l’homme nouveau sauvé et transfiguré par le Christ.

Alors interrogeons-nous : baissons-nous les bras devant nos travers ? Avons-nous renoncé à nous convertir ? Pour moi, la vie chrétienne est-elle toujours un combat ?

3/ L’Esprit Saint est notre guide. Visant la vie éternelle par les moyens de la construction de notre amitié avec le Christ et le combat spirituel, nous savons que nous pouvons y parvenir par l’Esprit Saint qui nous est donné. Faisons nôtre l’affirmation du livre de la Sagesse : qui aurait connu ta volonté, si tu n’avais pas donné la Sagesse et envoyé d’en haut ton Esprit Saint ? Invoquons sans cesse et sans réserve l’un et l’autre pour nous aider. C’est cela que nous allons faire maintenant dans l’Eucharistie. Le Christ, qui est la sagesse de Dieu, dresse la table pour nous et par l’invocation de l’Esprit Saint, le pain et le vin vont devenir son Corps et son Sang.

Que notre communion à ce grand mystère qui exprime notre amitié au Seigneur et sème en nous la vie éternelle, soit notre nourriture pour mener jusqu’au bout notre combat pour demeurer des disciples fidèles. Amen.

homélie du 22° dimanche

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Un jour de sabbat, Jésus était entré dans la maison d’un chef des pharisiens pour y prendre son repas, et ces derniers l’observaient. Jésus dit une parabole aux invités lorsqu’il remarqua comment ils choisissaient les premières places, et il leur dit : « quand quelqu’un t’invite à des noces, ne va pas t’installer à la première place, de peur qu’il ait invité un autre plus considéré que toi. Alors, celui qui vous a invités, toi et lui, viendra te dire : ‘Cède-lui ta place’ ; et, à ce moment, tu iras, plein de honte, prendre la dernière place. Au contraire, quand tu es invité, va te mettre à la dernière place. Alors, quand viendra celui qui t’a invité, il te dira : ‘Mon ami, avance plus haut’, et ce sera pour toi un honneur aux yeux de tous ceux qui seront à la table avec toi. En effet, quiconque s’élève sera abaissé ; qui s’abaisse sera élevé. »

Jésus disait aussi à celui qui l’avait invité : « Quand tu donnes un déjeuner ou un dîner, n’invite pas tes amis, ni tes frères, ni tes parents, ni de riches voisins ; sinon, eux aussi te rendraient l’invitation et ce serait pour toi un don en retour. Au contraire, quand tu donnes une réception, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles ; heureux seras-tu, parce qu’ils n’ont rien à te donner en retour : cela te sera rendu à la résurrection des justes. »

Heureux seras-tu, parce qu’ils n’ont rien à te donner en retour. Voilà la béatitude que Jésus nous offre de vivre aujourd’hui. Pas sûr qu’elle fasse l’unanimité. En effet notre époque est celle du donnant-donnant où toutes les actions sont tarifées (d’une manière ou d’une autre : cela peut aller des espèces sonnantes et trébuchantes jusqu’à la reconnaissance sociale). Donner sans attendre un quelconque retour, ce qu’on appelle « la gratuité » n’est pas très à la mode ! En effet, Il nous faut honnêtement constater que nos relations sociales sont bien souvent empruntes du devoir de rendre les invitations, les visites, de vivement remercier et de « renvoyer l’ascenseur » à la personne qui nous a aidé ou rendu service. D’ailleurs quand l’ascenseur tarde à revenir nous le remarquons rapidement et nous nous offusquons de l’ingratitude des gens, voir de leur manque d’éducation ou de savoir vivre !

Tel est trop souvent mon cas, et si c’est le vôtre aussi, l’Evangile d’aujourd’hui est pour nous. Attendre des remerciements, de la gratitude pour nous actes de charité envers les autres c’est toujours se mettre au centre plutôt que d’y mettre les autres. Nous que l’amour propre met au premières places du festin social, nous manquons parfois d’humilité. Et cela se révèle quand on exprime le regret d’avoir aidé quelqu’un qui ne fut pas reconnaissant en disant, « après tous ce que j’ai fait pour lui, pour elle, … », ou encore « voilà à quoi ça sert d’aider les gens… ».

Face à cette tentation de toujours attendre un retour de ceux qui nous doivent, le Seigneur Jésus nous propose de développer en nous une vertu tombée en désuétude, car comprise comme de la faiblesse ou du manque de caractère, je veux parler de l’humilité. Satisfaction de faire les choses pour elles-mêmes, non pas pour un profit immédiat, ni dans le temps des hommes, mais uniquement pour viser l’éternité. Si seulement nous avions, ne fusse qu’une fois dans notre vie, un désir de briller devant Dieu plus fort que celui de briller devant les hommes, ne doutons pas que l’humilité serait notre chemin de vie à tous. L’humilité chrétienne consiste à se mettre au dernier rang et de mettre à disposition du monde nos talents, dans le but de servir et non pour se faire remarquer, sinon c’est de la tartuferie.

Rien n’est moins simple que d’être humble, mais ce chemin escarpé conduit à la béatitude comme le Seigneur Jésus le dit lui-même dans l’Evangile. Voyons comment emprunter ce chemin d’humilité chrétienne, pour cela puisons aux enseignements de Ben Sira et du psaume.

Dans la première lecture Ben Sira le sage donne deux qualités de l’humble personne. Elle rend gloire à Dieu et elle a une oreille qui écoute. Deux qualités tournées vers les autres : la première vers Dieu, en sachant que toute chose vient de lui : ce que nous sommes, nos talents, nos qualités, nos capacités sont des dons de Dieu. Ainsi la première humilité est de le remercier de ce que nous savons faire, et de danser de joie, comme les justes qui, dans le psaume, exultent devant la face de Dieu. Donc, être humble, ne signifie pas se trouver nul, mais se recevoir tout entier de Dieu ! La seconde nous tourne à la fois vers Dieu et vers les autres : il s’agit de l’écoute : se mettre à l’écoute de Dieu, c’est-à-dire avoir l’humilité de se laisser enseigner par lui, et aussi se mettre à l’écoute des autres, c’est-à-dire de placer son interlocuteur au même niveau que soi, s’intéresser vraiment à lui. La véritable humilité consiste à mettre les autres en valeur : à considérer tout humain, même le plus petit, le plus faible, le plus éloigné de nous, comme une personne. C’est ce que dira sainte Bernadette de Lourdes en parlant de la Vierge Marie, « elle m’a regardé et elle m’a parlé comme à une personne ». Ainsi le plus beau modèle d’humilité est la Vierge Marie: toute disponible à Dieu, elle se met à l’écoute de l’ange puis portant en elle le Fils de Dieu, pouvant de droit revendiquer tous les honneurs et tous les égards, elle se met en chemin jusque chez sa cousine Elisabeth pour se mettre à son service. Et là, dans la joie que procure la véritable humilité, elle entonne de tout son cœur pur le magnificat osant humblement rappeler que tous les âges la diront bienheureuse, car le Seigneur élève les humbles.

Alors frères et sœurs, ne craignons pas l’humilité, osons la gratuité qu’elle permet. Le prince de l’humilité, le Seigneur Jésus va maintenant se donner à nous, humblement pauvrement, accueillons le car lui seul peut nous élever ! Amen

homélie du 21° dimanche année C

cette homélie fut donnée à Lons le Saunier à l’occasion du 75° anniversaire de la libération de la ville.

La porte étroite

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là, tandis qu’il faisait route vers Jérusalem, Jésus traversait villes et villages en enseignant. Quelqu’un lui demanda : « Seigneur, n’y a-t-il que peu de gens qui soient sauvés ? » Jésus leur dit : « Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite, car, je vous le déclare, beaucoup chercheront à entrer et n’y parviendront pas. Lorsque le maître de maison se sera levé pour fermer la porte, si vous, du dehors, vous vous mettez à frapper à la porte, en disant : ‘Seigneur, ouvre-nous’, il vous répondra : ‘Je ne sais pas d’où vous êtes.’     Alors vous vous mettrez à dire : ‘Nous avons mangé et bu en ta présence, et tu as enseigné sur nos places.’ Il vous répondra : ‘Je ne sais pas d’où vous êtes. Éloignez-vous de moi, vous tous qui commettez l’injustice.’ Là, il y aura des pleurs et des grincements de dents, quand vous verrez Abraham, Isaac et Jacob, et tous les prophètes dans le royaume de Dieu, et que vous-mêmes, vous serez jetés dehors. Alors on viendra de l’orient et de l’occident, du nord et du midi, prendre place au festin dans le royaume de Dieu. Oui, il y a des derniers qui seront premiers, et des premiers qui seront derniers. »

Il y a 75 ans aujourd’hui les troupes allemandes quittaient précipitamment Lons le Saunier. Débarrassée de ses occupants Lons a choisi cette date pour célébrer sa libération. Or, en préparant cette homélie je me faisais la réflexion suivante : quand sommes-nous réellement libres ? Quand l’ennemi a fui ou alors quand les troupes alliées entrent dans la ville ? Car pour ce qui concerne notre histoire il y a une semaine de décalage entre les 2 évènements puisque les troupes françaises n’entrèrent à Lons que le 3 septembre 1944.

Cette question rapportée à la spiritualité est importante, on pourrait la formuler de la sorte: qu’est ce qui rend nos vies vraiment libres : est-ce d’en évacuer le mal, ou est-ce d’y accueillir le bien ? Pour illustrer mon propos je vais prendre un exemple, pour justifier une posture morale qu’elles jugent saine certaines personnes affirment « qu’elles n’ont pas tué ni volé ». Par ces paroles elles signifient qu’elles n’ont pas commis de mal, qu’elles l’ont évacué de leur vie. Pour autant s’abstenir de faire le mal, est-ce faire le bien ? On peut en douter car ne pas voler n’a jamais été synonyme de partager et ne pas tuer n’a jamais été synonyme de respecter la vie, ainsi, ceux qui affirment n’avoir jamais tué sont parfois pour l’avortement et /ou l’euthanasie !

Ainsi je retiendrai 3 qualificatifs de la vraie liberté.

1/ être libre c’est choisir de faire le bien. Il y a une grande différence entre savoir en quoi consiste le bien et le mettre en œuvre dans nos vies. Le bien exige des actes. Or, la source de tout bien, c’est Dieu. Ainsi celui qui accueille Jésus dans sa vie se rend capable de faire le bien. Professer la foi en Christ qui nous libère exige donc de poser des actes bons visibles et concrets. Voilà pourquoi les paroles de Jésus sont si cinglantes ce matin alors qu’il nous entretient des fins dernières: « Alors vous vous mettrez à dire : ‘Nous avons mangé et bu en ta présence, et tu as enseigné sur nos places.’ Il vous répondra : ‘Je ne sais pas d’où vous êtes. Éloignez-vous de moi, vous tous qui commettez l’injustice. » Dans son Eglise, Jésus distingue ceux qui disent le connaître, et même manger et boire en sa présence en communiant à son Corps et à son Sang mais qui ne changent rien à leur vie de ceux qui, l’ayant rencontré et accueilli dans leur vie, ont changé de vie et se sont mis à faire le bien autour d’eux.

Ce qui prouve que nous sommes vraiment libres, c’est donc notre comportement. Il est le témoignage concret que Jésus est à l’œuvre ou non dans nos vies.

2/ être vraiment libre exige un grand sacrifice. Une libération est souvent le fruit d’un sacrifice. Comme la libération de Lons advint grâce aux résistants et à tous ceux et celles qui la payèrent de leur vie, de même notre libération spirituelle nous fut acquise par le Christ qui offrit sa vie pure et sainte en offrande pour le rachat des péchés du monde entier. L’exercice de la liberté est donc un combat. Choisir de faire le bien en est également un. Déjà st Paul se lamentait il y a 2000 ans dans la lettre qu’il adressait aux Romains : « je ne fais pas le bien que je veux, mais je fais le mal que je ne veux pas » (Rm7,19). Pour ne pas rendre vaine la croix du Christ nous devons mener le combat pour une vie bonne. Nous avons à combattre en nous et autour de nous pour établir le goût du bien et la volonté de le faire.

Jésus en s’étendant sur la croix nous rejoint chacun dans son combat pour le bien et par les sacrements que nous recevons il refait nos forces au service du bien, pour agir bien. Je vous le dit tellement souvent : une eucharistie qui ne s’achève pas par un acte de charité est perdue, inutile, vaine !

3/ Etre vraiment libre procure la vraie joie. Si je poursuit ma comparaison avec la libération de notre ville, je peux dire que de même que la libération de Lons a uni tous ses habitants dans la joie et la fête, de même rappelle le prophète Isaïe dans la première lecture, Dieu en libérant le monde du mal et du péché, vient rassembler toutes les nations, de toute langue. Et Jésus complète en disant alors on viendra de l’orient et de l’occident, du nord et du midi, prendre place au festin dans le royaume de Dieu. La joie du salut est pour tous et peut remplir chaque cœur qui se tourne vers le Christ.

Alors ce matin, pour que notre joie soit parfaite, pour que notre vie morale soit juste, accueillons avec foi le Christ, Dieu qui,  dans l’Eucharistie, vient unir sa vie à la nôtre. Offrons également ce Sacrement de liberté pour tous ceux et celles qui ont donné leur vie pour libérer Lons de ses ennemis. Que leur sacrifice uni à celui de Jésus nous soient des exemples pour œuvrer en vérité pour le Bien. Amen

homélie 20 dimanche Temps ordinaire

Évangile de J-C selon saint Luc

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Je suis venu apporter un feu sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé ! Je dois recevoir un baptême, et quelle angoisse est la mienne jusqu’à ce qu’il soit accompli ! Pensez-vous que je sois venu mettre la paix sur la terre ? Non, je vous le dis, mais bien plutôt la division. Car désormais cinq personnes de la même famille seront divisées : trois contre deux et deux contre trois ; ils se diviseront : le père contre le fils et le fils contre le père, la mère contre la fille et la fille contre la mère, la belle-mère contre la belle-fille et la belle-fille contre la belle-mère. »

 

Washington Church Welcomes Muslims for Prayers - Non ...Voilà des paroles sorties de la bouche de Jésus qui tranchent avec celles que nous lui entendons prononcer habituellement. Elles s’inscrivent dans le discours de Jésus dédié à la fin des temps et au jugement dernier qui s’étend sur tout le chapitre 12 de Luc. Dans ce chapitre, Jésus exhorte les croyants à se tenir prêts en vue de son retour dans la gloire et du jugement qui suivra. Ce jugement portera autant sur ce que nous aurons dit de Lui que sur nos comportements : aurons vraiment agit selon la foi transmise par les apôtres ?

En effet, préparant mon homélie je remarquais que depuis que je suis enfant, j’ai toujours entendu mes catéchistes et maintenant que je suis prêtre, les catéchistes avec lesquelles je collabore, annoncer que Jésus était un gentil grand frère dans la foi, un Dieu d’amour qui veut aimer tous les hommes et faire leur unité. Mais jamais je n’ai entendu dire que Jésus provoque la division, pourtant il l’affirme de lui-même à la fin de l’évangile : Pensez-vous que je sois venu mettre la paix sur la terre ? Non, je vous le dis, mais bien plutôt la division. Il ne s’agit pas pour moi de faire le procès de la catéchèse et de ce que l’on dit (étant catéchiste moi-même) mais de souligner que l’on est parfois très sélectif sur ce que l’on veut faire connaître de Jésus. Notre vision de Jésus, si elle n’est jamais confrontée à la foi de l’Eglise et enrichie par elle, peut devenir dans notre cœur l’unique vérité sur Dieu. Et alors sans s’en rendre compte, le Jésus que l’on annonce se trouve réduit à n’être qu’un simple prophète envoyé par Dieu ou un exemple de vie humaine ou encore à un beau personnage de conte qui aide à faire grandir les enfants. Perdant ainsi sa qualité essentielle : celle d’être l’unique Fils de Dieu, rédempteur du genre humain, donateur de l’Esprit Saint.

Or Jésus est en même temps le Dieu d’amour qui veut faire l’unité du genre humain et celui qui affirme qu’il vient mettre la division sur la terre. Il n’y a pas contradiction, mais plutôt des liens de causes à effets… voyons cela ensemble :

1/ Jésus dit : Je suis venu apporter un feu sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé…Le discours de Jésus concernant la fin des temps, le feu dont il parle est celui de l’Esprit Saint répandu sur toute la terre. C’est l’Esprit Saint qui permettra de connaître en vérité le Père et Jésus son envoyé. C’est l’Eprit qui nous aidera à comprendre toute chose et à saisir combien Jésus est Dieu et Fils de Dieu. L’Embrasement du monde par le feu de l’Esprit fait de Jésus un pyromane de l’amour divin. En embrasant le monde de son amour Jésus permet à tous ceux qui le veulent d’accueillir le Salut et la paix que donne sa vie offerte sur la croix.

2/ Jésus dit : Je dois recevoir un baptême, et quelle angoisse est la mienne jusqu’à ce qu’il soit accompli ! Jésus poursuit son propos en réaffirmant qu’il doit d’abord passer par la mort, plonger en elle pour la vaincre. Car sa vie offerte est l’étape nécessaire à l’embrasement du monde par l’Esprit Saint. Et cela lui procure de l’angoisse, car dans son cœur se profile déjà Gethsémani et la concrétisation du poids du péché du monde pour lequel il offrira sa vie.

On a aujourd’hui bien du mal à l’accepter car on ne peut saisir ce que cela représente. La souffrance du Seigneur Jésus fut extrême car il a saisit spirituellement et corporellement ce qu’est le péché du monde. Son offrande sur la croix rachète tous les péchés des hommes depuis la création jusqu’à la fin des temps. Mais surtout Jésus rachète infiniment chacun de nous.

Et c’est cela alors que vient souligner la troisième parole de Jésus dans l’évangile.

3/ Jésus dit : Pensez-vous que je sois venu mettre la paix sur la terre ? Non, je vous le dis, mais bien plutôt la division.

Celui qui saisit que Jésus l’a aimé et sauvé personnellement, c’est-à-dire qui reconnait la part de mal et de péché qu’il y a en lui, celui-là ne peut plus vivre selon le monde, il ne peut plus vivre comme les autres car il comprend ce que fut l’offrande du Christ et il veut la recueillir et la faire sienne. La Passion de Jésus a désormais un grand prix à ses yeux et l’Eucharistie devient le lieu où Jésus renouvelle ce don inouï de son amour total. Pour Christ, frères et sœurs, sommes nous prêts à vivre vraiment différemment du reste du monde, non pas en nous pensant supérieurs ou plus purs que les autres, mais en réalisant l’amour dont Dieu nous aime en Jésus. Cet amour dont il nous faut aimer à notre tour pour transformer ce monde, sachant que n’étant pas plus grand que Jésus notre Maitre, nous souffrirons souvent le rejet et le mépris. Mais curieusement notre fidélité sauvera ceux que nous aimerons et dans la joie nous les retrouverons au ciel unis tous ensemble pour louer l’amour infini du sauveur.

Alors je voudrais terminer par un extrait de la prière du père Poucel mort en 1953, puisse-t-elle vous aider à offrir sans retour votre vie au Christ, pour le salut du monde.

Et que faisiez-Vous, Seigneur, pendant Vos heures de la Croix ? … « Je m’offrais pour toi »

Pendant ces heures, de quoi Vous avez le plus souffert ? … « De toi » 
Hélas, Jésus, Vous portiez les péchés de tous, leur poids s’accumulait ; mais dites-moi de quelle épine j’ai percé Votre front.  ..« De toutes » 
Quoi, Seigneur, et c’est moi aussi qui Vous ai flagellé, et moi qui Vous ai cloué, et moi qui Vous ai tué ! Et les autres alors, Seigneur, les autres qu’ont-ils fait ? …  « Ma passion c’est toi » 
Mon Sauveur, Votre âme n’était-elle pas alors dans la détresse et la crainte. Dites-moi ce que Vous avez redouté le plus. …. « de te perdre » . Amen

homélie du 15 dimanche ordinaire C

Réflexion chrétienne sur le Bon SamaritainÉvangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là, un docteur de la Loi se leva et mit Jésus à l’épreuve en disant : « Maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? » Jésus lui demanda : Dans la Loi, qu’y a-t-il d’écrit ? Et comment lis-tu ? » L’autre répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ton intelligence, et ton prochain comme toi-même. » Jésus lui dit : Tu as répondu correctement. Fais ainsi et tu vivras. » Mais lui, voulant se justifier, dit à Jésus : « Et qui est mon prochain ? » Jésus reprit la parole : « Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho, et il tomba sur des bandits ; ceux-ci, après l’avoir dépouillé et roué de coups, s’en allèrent, le laissant à moitié mort. Par hasard, un prêtre descendait par ce chemin ; il le vit et passa de l’autre côté.  De même un lévite arriva à cet endroit ; il le vit et passa de l’autre côté.  Mais un Samaritain, qui était en route, arriva près de lui ; il le vit et fut saisi de compassion. Il s’approcha, et pansa ses blessures en y versant de l’huile et du vin ; puis il le chargea sur sa propre monture, le conduisit dans une auberge et prit soin de lui.  Le lendemain, il sortit deux pièces d’argent, et les donna à l’aubergiste, en lui disant : ‘Prends soin de lui ; tout ce que tu auras dépensé en plus, je te le rendrai quand je repasserai.’ Lequel des trois, à ton avis, a été le prochain de l’homme tombé aux mains des bandits ? » Le docteur de la Loi répondit :   Celui qui a fait preuve de pitié envers lui. »Jésus lui dit : « Va, et toi aussi, fais de même. »

Maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ?  Cette question, osons-nous, sans arrière pensée, la poser à Jésus dans notre prière ? Car elle porte une affirmation extrêmement forte et trop souvent mise de côté aujourd’hui : il y a une vie éternelle. Et cette dernière oriente nos choix de vie terrestre. Si nous nous investissons dans le monde pour le rendre meilleur, c’est que nous avons déjà accueilli le ciel en nous et que nous désirons y préparer tous les autres humains. Notre Christification, c’est-à-dire notre transformation en enfants de Dieu est un véritable engendrement du Christ en nous. Il passe par deux grands canaux qui jaillissent du cœur de Dieu : sa Parole et les sacrements.

1/ La Parole. Pour nous chrétiens, Dieu parle aux hommes par Jésus le Christ. Le livre du Deutéronome nous rappelle le commandement primordial qui nous rend disponible à l’accueil du Christ. Il s’agit d’écouter la voix du Seigneur. Ce Christ revêtu à notre baptême, réside dans notre cœur d’où il nous parle. Elle est tout près de toi, cette Parole, elle est dans ta bouche et dans ton cœur, afin que tu la mettes en pratique nous révèle déjà le Deutéronome. La Parole écoutée vise 2 objectifs selon le livre du Deutéronome : Écoute la voix du Seigneur ton Dieu, en observant ses commandements et reviens au Seigneur ton Dieu de tout ton cœur et de toute ton âme.

A/ Observer, c’est à dire vivre, ce que l’on a entendu. La véritable écoute rejaillit sur notre agir. Si nous écoutons le Seigneur Jésus, si nous suivons ses commandements alors forcément ça doit se voir et s’entendre. Notre vie doit changer, notre agir doit devenir comme celui de Jésus !

Cela suppose donc que la loi du Seigneur, c’est-à-dire ses commandements, soit désirable ! Nous-mêmes osons nous la recevoir avec le même attachement que le psalmiste qui la décrit comme parfaite, sûre et qui affirme que les préceptes du Seigneur sont droits, ils réjouissent le cœur ; le commandement du Seigneur est limpide, il clarifie le regard ?

Est-ce donc toujours votre avis ? Considérez-vous toujours comme le psalmiste que les décisions du Seigneur sont justes et toujours équitables?  Il y a donc urgence à revenir au Seigneur.

B/ revenir au Seigneur de tout son cœur ! Apparemment, vous comme moi, regardant nos vies nous pouvons constater que nous manquons de foi. Cela peut être du à notre ignorance de la loi et se ses implications. Le Seigneur en sa bonté nous a laissé par les apôtres et leurs successeurs : le pape et les évêques, des enseignants pour nous guider sur le chemin de notre christification. Il leur a donné ainsi qu’à tout son peuple, l’Esprit Saint pour actualiser et dire pour aujourd’hui les exigences des commandements. Quand avez-vous pour la dernière fois, ouvert le catéchisme de l’Eglise catholique pour y lire l’enseignement de l’Eglise et l’actualisation pour notre temps des commandements du Seigneur ?

2/ Les Sacrements et l’Eucharistie

Ensuite Jésus nous christifie par les sacrements, et au plus haut point par l’Eucharistie qui est le cœur de l’Eglise Catholique, la source et le sommet de toute vie chrétienne. C’est pour cela j’espère que vous êtes là ce matin ! Car dans le sacrement de son Corps et de son Sang donné à nous en communion, c’est le Seigneur qui opère lui-même notre christification, qui nous créé sans cesse en vue de la vie éternelle : c’est Paul qui le dit d’une manière fulgurante aux Colossiens : tout est créé par lui et pour lui. Sans le secours de sa grâce donnée par le don de sa vie dans l’eucharistie, nos efforts sont inutiles. La vie éternelle est un don de Dieu qu’Il renouvelle chaque jour dans l’Eucharistie. Recevoir et manger le Corps du Christ, chaque dimanche, chaque jour si cela vous est possible, est la voie la plus sûre vers l’éternité.

Mais attention à ne pas nous tromper, ni tromper les autres : l’Eucharistie réellement célébrée et consommée doit rayonner dans la vie sociale, politique, familiale par une fidélité dans la joie aux commandements du Seigneur. La preuve de notre christification, c’est que la vie que nous menons. La preuve que tu vis de la vie éternelle reçue à ton baptême, c’est ton souci des plus pauvres, c’est ta capacité à être le bon samaritain sur les chemins de notre monde où tant d’hommes et de femmes, se perdent, sont humiliés ou exploités. Que le pain qui nous christifie ce matin, fasse de nous du bon pain, pour notre société : un pain croustillant d’amitié, de salut, de joie, de foi, de partage, de vérité et d’unité. Amen

homélie du 14° dimanche ordinaire C

O BANQUETE DA PALAVRA: Momento do envio dos discípulosÉvangile de Jésus Christ selon saint Luc

    En ce temps-là, parmi les disciples, le Seigneur en désigna encore 72, et il les envoya deux par deux, en avant de lui, en toute ville et localité où lui-même allait se rendre. Il leur dit : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. Allez ! Voici que je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups. Ne portez ni bourse, ni sac, ni sandales, et ne saluez personne en chemin. Mais dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord : ‘Paix à cette maison.’ S’il y a là un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle reviendra sur vous. Restez dans cette maison, mangeant et buvant ce que l’on vous sert ; car l’ouvrier mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison. Dans toute ville où vous entrerez et où vous serez accueillis, mangez ce qui vous est présenté. Guérissez les malades qui s’y trouvent et dites-leur : ‘Le règne de Dieu s’est approché de vous.’ » Mais dans toute ville où vous entrerez et où vous ne serez pas accueillis, allez sur les places et dites : ‘Même la poussière de votre ville, collée à nos pieds, nous l’enlevons pour vous la laisser. Toutefois, sachez-le : le règne de Dieu s’est approché.’ Je vous le déclare : au dernier jour, Sodome sera mieux traitée que cette ville. » Les 72 disciples revinrent tout joyeux, en disant : « Seigneur, même les démons nous sont soumis en ton nom. » Jésus leur dit : « Je regardais Satan tomber du ciel comme l’éclair. Voici que je vous ai donné le pouvoir d’écraser serpents et scorpions, et sur toute la puissance de l’Ennemi : absolument rien ne pourra vous nuire. Toutefois, ne vous réjouissez pas parce que les esprits vous sont soumis ; mais réjouissez-vous parce que vos noms se trouvent inscrits dans les cieux. »

Sachez-le : le règne de Dieu s’est approché. Voilà ce que les disciples de Jésus doivent dire aux habitants des villes où ils ne sont pas accueillis ! Ainsi, qu’on le veuille ou non, le règne de Dieu est venu jusqu’à nous dans la personne du Seigneur Jésus. Avec ou sans notre consentement, Dieu déploie son projet pour l’humanité qu’il veut sauver tout entière. Mais si Dieu nous a créés sans nous, il ne pourra pas nous sauver sans nous. Ainsi, ce qui est entre nos mains, notre liberté, c’est d’accueillir ou non le règne de Dieu, dans nos vies. C’est de choisir de nous laisser sauver par Jésus, et diviniser par l’Esprit Saint. Dieu, parce qu’il aime infiniment l’homme, respecte sa liberté. Certes Il souffre de voir l’homme se perdre et jusqu’à l’ultime seconde il accueillera celui qui se tournera avec confiance vers lui, mais il ne peut sauver un homme malgré lui !

On comprend mieux alors l’urgence de la mission de l’Eglise. Son seul objectif et d’annoncer la réalisation du projet de Dieu et de le proposer à tous les hommes. L’Eglise ne fait que précéder son sauveur sur les routes du monde, comme le souligne l’évangéliste Luc : parmi les disciples, le Seigneur en désigna encore 72, et il les envoya deux par deux, en avant de lui, en toute ville et localité où lui-même allait se rendre.

L’Eglise prépare le chemin, mais c’est le Seigneur qui sauve. Son rôle est donc de, de favoriser les questionnements afin de permettre la rencontre avec Christ.

Et quand je parle d’Eglise, je ne pense pas prêtres et religieuses, mais je pense à tous les baptisés, à vous frères et sœurs : chacun de nous est envoyé au devant des habitants du doyenné de Lons qui ignorent Dieu ou en ont une image biaisée voir fausse. Et ça fait du monde ! Pour aller avec confiance et paisiblement à leur rencontre il faut bien se préparer, savoir quoi dire et comment se comporter et enfin relire ensemble ce qui a été accompli.

1/ bien nous préparer

A/ Pour annoncer le salut, il faut l’avoir accueilli au préalable en nous-mêmes. Vous m’entendez souvent dire et redire : « on agit bien non pas pour être sauvé, mais parce qu’on a déjà accueilli le salut dans nos vies. » Alors qu’est-ce qu’être sauvé ? Ecoutons Isaïe dans la 1° lecture : Comme un enfant que sa mère console, ainsi, je vous consolerai. Donc être sauvé c’est se blottir dans les bras de Dieu comme dans ceux d’une mère !  Et alors, poursuit Isaïe : vous verrez, votre cœur sera dans l’allégresse ; et vos os revivront comme l’herbe reverdit. La certitude du Salut donne la joie et permet de dépasser les épreuves.

B/ la joie passe par la croix. Car il n’y a pas de résurrection sans mort sur la croix. Paul l’exprime avec passion aux Galates : pour moi, que la croix de notre Seigneur Jésus Christ reste ma seule fierté. Ce qui compte, … c’est d’être une création nouvelle. Il nous faut mourir à nous-mêmes et nous laisser revêtir du Christ. Est-ce ainsi que nous concevons notre baptême ? Comme une plongée dans la mort et la résurrection du Christ ? Nous considérons-nous comme une création nouvelle ?

2/ Savoir quoi dire et comment se comporter.

A/ comment se comporter. Jésus fixe à ses disciples la juste attitude dans la rencontre : je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups. Voilà qui est dit. Un chrétien doit conserver la douceur et l’innocence d’un agneau. Il doit agir comme l’Agneau de Dieu, le Christ : sans jugement et sans mépris. Il lui faut aussi s’alléger pour aller à la rencontre des autres : Ne portez ni bourse, ni sac, ni sandales, c’est-à-dire par vos manques vous permettrez à ceux que vous rencontrerez de vous aider. Ainsi Jésus rappelle dans l’évangile : où vous serez accueillis, mangez ce qui vous est présenté. Il ne faut pas arriver avec des discours tout prêt, des solutions clés en main. Rappelez-vous : nous avons revêtu le Christ et pris la croix comme seule fierté.

B/ que dire, que faire. A notre monde inquiet et angoissé, aujourd’hui, comme au temps de Jésus, il faut annoncer et donner la Paix. Dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord : ‘Paix à cette maison.’ Et prenez du temps avec les personnes, ayant soin de les écouter. Il s’agit d’être vrai et de vraiment s’intéresser aux gens. Si  nous sommes disponibles pour eux, ils le seront pour notre message qui est tout simple : Le règne de Dieu s’est approché de vous. Jésus vient jusqu’à vous, désirez-vous accueillir sa paix ? Et le signe de l’acquiescement c’est le geste envers les malades. Prendre du temps pour les plus faibles, voilà l’œuvre d’un chrétien. Et le plus faible aujourd’hui est un migrant, un enfant à naître, un précaire, un couple en difficulté, une personne âgée et isolée, etc…

3/ relire en Eglise.

Accepter d’être visiblement chrétien permet de porter du fruit. Et vous êtes nombreux à me raconter comment, au détour d’une rencontre, d’une visite, d’une discussion, vous avez pu annoncer le Seigneur, semer un peu de foi. Et souvent votre visage s’illumine de fierté et de joie. C’est tout comme les disciples rentrant de mission qui revinrent tout joyeux, en disant : « Seigneur, même les démons nous sont soumis en ton nom ».  Mais, agissant ainsi nous ne faisons rien d’extraordinaire, nous réalisons seulement notre vocation de sauvé, c’est ce que rappelle Jésus à la fin de l’évangile : réjouissez-vous parce que vos noms se trouvent inscrits dans les cieux

Alors, que Notre Eucharistie ce matin nous ayant remplis d’amour fasse de nous des ouvriers pour la moisson du Seigneur. Amen