homélie du 18° dimanche ordinaire C

File:Poussin, Nicolas - The Jews Gathering the Manna in ...
Nicolas Poussin, Les juifs ramassant la manne au désert

Lecture du livre de l’Exode : En ces jours-là,  dans le désert, toute la communauté des fils d’Israël  récriminait contre Moïse et son frère Aaron.  Les fils d’Israël leur dirent :  « Ah ! Il aurait mieux valu mourir  de la main du Seigneur, au pays d’Égypte,  quand nous étions assis près des marmites de viande,  quand nous mangions du pain à satiété !  Vous nous avez fait sortir dans ce désert  pour faire mourir de faim tout ce peuple assemblé ! » Le Seigneur dit à Moïse :  « Voici que, du ciel, je vais faire pleuvoir du pain pour vous.  Le peuple sortira pour recueillir chaque jour sa ration quotidienne,  et ainsi je vais le mettre à l’épreuve :  je verrai s’il marchera, ou non, selon ma loi. J’ai entendu les récriminations des fils d’Israël.  Tu leur diras : ‘Au coucher du soleil, vous mangerez de la viande  et, le lendemain matin, vous aurez du pain à satiété.  Alors vous saurez que moi, le Seigneur, je suis votre Dieu.’ »  Le soir même, surgit un vol de cailles qui recouvrirent le camp ;  et, le lendemain matin,  il y avait une couche de rosée autour du camp.  Lorsque la couche de rosée s’évapora,  il y avait, à la surface du désert, une fine croûte,  quelque chose de fin comme du givre, sur le sol.  Quand ils virent cela,  les fils d’Israël se dirent l’un à l’autre :  « Mann hou ? » (ce qui veut dire : Qu’est-ce que c’est ?),  car ils ne savaient pas ce que c’était.  Moïse leur dit :  « C’est le pain que le Seigneur vous donne à manger. »

Récriminer contre les représentants de Dieu est une activité prisée par le peuple élu comme le relate le livre de l’Exode : dans le désert, toute la communauté des fils d’Israël récriminait contre Moïse et son frère Aaron. Pourquoi ? A cause de leurs nouvelles conditions de vie dans le désert tellement moins enviables que celles d’esclave en Egypte quand ils étaient assis près des marmites de viande, quand ils mangeaient du pain à satiété. Il semble donc que ce peuple nouvellement libéré goûte peu aux bienfaits que procure la liberté chèrement acquise par Dieu contre l’arrogant entêtement de Pharaon. Les reproches sont tels que le peuple élu accuse Moïse et Aaron de l’avoir fait sortir dans ce désert pour le faire mourir de faim ! Comment ce peuple peut-il ainsi renverser le sens des choses et des actes, comment peut-il imaginer que Dieu les aurait libérés de l’esclavage en Egypte pour les faire mourir dans le désert ? D’où vient ce regard tordu ?

Il vient qu’il regarde uniquement les choses matérielles et à court terme : son souci est de manger et non de gouter à sa liberté nouvelle, de se rassasier de viande et non de la présence de Dieu qui marche avec lui. Comme si avoir le ventre plein permettait de mieux vivre à la suite de Dieu. En tout cas Dieu ne s’y trompe pas … en effet il n’est qu’à entendre sa réponse : Le Seigneur dit à Moïse : « Voici que, du ciel, je vais faire pleuvoir du pain pour vous. Le peuple sortira pour recueillir chaque jour sa ration quotidienne, et ainsi je vais le mettre à l’épreuve : je verrai s’il marchera, ou non, selon ma loi ! »

Est-ce qu’une fois le ventre plein le peuple marchera selon la loi du Seigneur ? La suite de l’histoire nous prouvera que non. (Il n’est qu’à voir l’état des Chrétiens dans les pays repus comme les nôtres pour avoir un bon démenti actualisé.) De même dans l’évangile que nous venons de lire, c’est ainsi qu’il faut comprendre l’interpellation de Jésus à ceux qui le suivent : « vous me cherchez, non parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé de ces pains et que vous avez été rassasiés. ».

Oui le peuple juif comme les premiers disciples de Jésus courent plus après un certain bonheur terrestre que vers des réalités célestes. Mieux vaut un Dieu qui les comble dès cette vie que d’attendre l’autre. D’ailleurs, aujourd’hui encore, pour certains chrétiens, la bénédiction de Dieu passe par la réussite matérielle, le confort et la richesse. Allons même plus loin : beaucoup de parents chrétiens préfèrent voir leurs enfants réussir leurs études et avoir un travail lucratif que d’entrer en religion ! Le bonheur terrestre a toujours plus la côte que la joie céleste éternelle ; comme le dit un dicton connu : ‘un tient vaut mieux que deux tu l’auras’. A penser comme cela on risque fort d’attiédir la foi qui se limitera alors à une simple morale pour vivre comme quelqu’un de bien dans ce monde.

La réponse de Jésus dans l’évangile est une invitation claire à changer de braquet : « Travaillez non pas pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui demeure jusque dans la vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l’homme. » La foi nous met un pied dans l’éternité, elle exige que nous travaillions d’abord en vue d’y mettre le second. Croire c’est replacer nos conditions de vie terrestre à leur place : il ne s’agit pas de ne plus manger, mais de prendre des forces pour un combat plus grand, plus vital : notre transformation en fils et fille de Dieu. Comment ? En recevant la nourriture qui demeure jusqu’à la vie éternelle. Et quelle est-elle, sinon la vie de Dieu à nous donnée par les sacrements et au plus haut point l’Eucharistie, dont le concile Vatican II rappelle à cette fin qu’elle est la source et le sommet de la vie chrétienne. Oui l’Eucharistie et les sacrements sont la vraie nourriture que Dieu nous donne pour poursuivre le processus de notre divinisation commencé avec notre baptême. N’oublions pas que nous célébrons des rites sacrés où Dieu le Père nous donne le vrai pain du ciel, Jésus, le pain qui donne la vie. Voilà pourquoi nous devons avoir un grand soin de leur préparation et célébration, comme l’a souligné le pape François dans la lettre qu’il a adressée aux évêques du monde entier pour éclairer son motu proprio « traditionis custodes » qui fait tant de bruit sur la célébration de l’Eucharistie selon le missel de Jean XXIII : « je vous demande de veiller à ce que chaque liturgie soit célébrée avec décorum et avec fidélité aux livres liturgiques promulgués après le Concile Vatican II, sans excentricités qui dégénèrent facilement en abus. » Le pape François étant celui que Dieu a choisi pour guider son peuple, tâchons de ne pas récriminer contre lui comme le peuple de la première alliance. Accordons-lui notre confiance et célébrons toujours les saints mystères avec respect et fidélité aux rites et ce matin réitérons au Seigneur la demande des disciples : « Seigneur, donne-nous toujours de ce pain-là. » Amen

homélie du 13° dimanche du temps ordinaire C

La femme hémorroïsse et la fille de Jaïre (Mc 5,21-43 ...
guérison de la femme hémorroïsse

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc : En ce temps-là, Jésus regagna en barque l’autre rive, et une grande foule s’assembla autour de lui. Il était au bord de la mer. Arrive un des chefs de synagogue, nommé Jaïre. Voyant Jésus, il tombe à ses pieds et le supplie instamment : « Ma fille, encore si jeune, est à la dernière extrémité. Viens lui imposer les mains pour qu’elle soit sauvée et qu’elle vive. » Jésus partit avec lui, et la foule qui le suivait était si nombreuse qu’elle l’écrasait. Or, une femme, qui avait des pertes de sang depuis douze ans… – elle avait beaucoup souffert du traitement de nombreux médecins, et elle avait dépensé tous ses biens sans avoir la moindre amélioration ; au contraire, son état avait plutôt empiré – … cette femme donc, ayant appris ce qu’on disait de Jésus, vint par-derrière dans la foule et toucha son vêtement. Elle se disait en effet : « Si je parviens à toucher seulement son vêtement, je serai sauvée. » À l’instant, l’hémorragie s’arrêta, et elle ressentit dans son corps qu’elle était guérie de son mal. Aussitôt Jésus se rendit compte qu’une force était sortie de lui. Il se retourna dans la foule, et il demandait : « Qui a touché mes vêtements ? » Ses disciples lui répondirent : « Tu vois bien la foule qui t’écrase, et tu demandes : “Qui m’a touché ?” » Mais lui regardait tout autour pour voir celle qui avait fait cela. Alors la femme, saisie de crainte et toute tremblante, sachant ce qui lui était arrivé, vint se jeter à ses pieds et lui dit toute la vérité. Jésus lui dit alors : « Ma fille, ta foi t’a sauvée. Va en paix et sois guérie de ton mal. » Comme il parlait encore, des gens arrivent de la maison de Jaïre, le chef de synagogue, pour dire à celui-ci : « Ta fille vient de mourir. À quoi bon déranger encore le Maître ? » Jésus, surprenant ces mots, dit au chef de synagogue : « Ne crains pas, crois seulement. » Il ne laissa personne l’accompagner, sauf Pierre, Jacques, et Jean, le frère de Jacques. Ils arrivent à la maison du chef de synagogue. Jésus voit l’agitation, et des gens qui pleurent et poussent de grands cris. Il entre et leur dit : « Pourquoi cette agitation et ces pleurs ? L’enfant n’est pas morte : elle dort. » Mais on se moquait de lui. Alors il met tout le monde dehors, prend avec lui le père et la mère de l’enfant, et ceux qui étaient avec lui ; puis il pénètre là où reposait l’enfant. Il saisit la main de l’enfant, et lui dit : « Talitha koum », ce qui signifie : « Jeune fille, je te le dis, lève-toi! » Aussitôt la jeune fille se leva et se mit à marcher – elle avait en effet douze ans. Ils furent frappés d’une grande stupeur. Et Jésus leur ordonna fermement de ne le faire savoir à personne ; puis il leur dit de la faire manger.

Peur de perdre son enfant comme Jaïre ? Problèmes de santé que la médecine n’arrive pas à guérir comme la femme malade ? Communautés chrétiennes plus pauvres qui ont besoin de la générosité des autres comme le rappelle Paul aux Corinthiens ? Ce sont bien les mêmes épreuves qu’à travers les siècles les croyants, comme les autres humains, traversent. Ce qui nous différentie, c’est peut-être la manière d’appréhender ces problèmes.

Quand les personnes athées en font la preuve de l’inexistence de Dieu, nous disant : « si Dieu existait il ne permettrait pas tout ça, tout ce mal, etc. », de nombreux croyants se tournent vers Dieu avec confiance et osent pousser un cri pétri d’espérance, celle-là même qui habite les paroles du sage dans la 1° lecture : Dieu n’a pas fait la mort, il ne se réjouit pas de voir mourir les êtres vivants. Il les a tous créés pour qu’ils subsistent.

Oui frères et sœurs, il est bon de se souvenir que Dieu n’a pas voulu la mort, ni le mal et qu’à cause de leur jaillissement dans le monde, après le péché et la défiance, Dieu a décidé de se faire proches de ceux qui souffrent. Il est venu rejoindre les hommes et les femmes de tous les temps pour les assurer de sa présence à leurs côtés dans les épreuves. En s’étendant sur la croix, Jésus rejoint chacun des souffrants.

Il faut poser cet acte de foi là, être sûr que Jésus nous donne une aide pour traverser les épreuves, et non pas pour les éviter !

Ainsi notre foi repose sur trois pieds : confiance des croyants dans la puissance salvatrice de Dieu, Jésus nous relève concrètement et la solidarité entre croyants…

1- confiance dans la puissance salvatrice de Dieu.

Face au risque de mort imminente de sa fille, Jaïre tombe aux pieds de Jésus et le supplie instamment : « Ma fille, encore si jeune, est à la dernière extrémité. Viens lui imposer les mains pour qu’elle soit sauvée et qu’elle vive. »  De même en son for intérieur la femme malade depuis 12 ans se dit : « Si je parviens à toucher seulement son vêtement, je serai sauvée. » Face à l’épreuve c’est vers Dieu que l’on se tourne, hier comme aujourd’hui. Face à l’impossible d’un point de vue humain, il reste à demander le secours de Dieu. Ce que veulent Jaïre et la femme malade, c’est le salut pour vivre vraiment. Croyons-nous cela, que ce que Dieu fait d’abord pour nous, c’est de nous sauver de ce qui nous empêche de vivre pleinement, de nous libérer des nombreuses entraves qui bloquent notre transformation en fils ou fille de Dieu. Jésus le dit à la femme malade : ma fille, ta foi t’a sauvée et aussi y invite Jaïre : ne crains pas, crois seulement. Oui croyons-nous que Dieu veut nous libère des entraves de la maladie ou du péché pour que nous vivions vraiment ? Si oui, pourquoi alors si peu se confessent, pourquoi si peu demandent la grâce du pardon voire de la guérison que le Seigneur donne par les mains des prêtres ordonnés pour cela ?

2- Jésus nous relève concrètement par les sacrements.

Dieu nous veut vrais vivants, vivant comme lui car rappelle le Sage dans la 1° lecture : il a fait de (nous) une image de sa propre identité. Demander à Dieu d’être libéré du péché, de passer les épreuves de la maladie, c’est laisser le Christ restaurer en nous son image et nous apprendre à vivre comme de vrais vivants. Oui les épreuves nous aident à grandir dans la foi, à fortifier notre être intérieur. En accueillant Jésus dans ces domaines de nos vies, nous y faisons peu à peu régner la paix et apprenons à vivre en ressuscité. Va en paix dit Jésus à la femme malade et lève-toi ! à la Jeune fille. Vivre paisiblement et en ressuscité, voilà ce que procure la proximité avec Jésus, laquelle proximité se vit au plus haut point dans le sacrement de l’Eucharistie ! En effet, dans l’Eucharistie, qui est le renouvellement non sanglant du sacrifice de la croix, Jésus rejoins à travers les siècles tous les souffrants en leur donnant la force, sa propre vie, pour traverser leurs épreuves.

3- la solidarité entre croyants.

C’est aussi dans l’Eucharistie que tous ceux qui communient deviennent un seul corps et une seule âme. Nous sommes ensemble le pain de Dieu, le corps du Christ pour le monde. Ayant communié au même pain, les croyants ont soucis du bienêtre de toute l’humanité et en premier lieu de vivre une solidarité plus grande avec les autres chrétiens. C’est tout le propos de Paul aux Corinthiens dans la 2° lecture : Il ne s’agit pas de vous mettre dans la gêne en soulageant les autres, il s’agit d’égalité rappelle-t-il. Il s’agit pour nous de participer à la libération de certaines entraves (économiques, matérielles, spirituelles) qui empêchent nos frères et sœurs dans la foi de pays moins chanceux que le nôtre de vivre pleinement en chrétien. Pensons à l’AED, au CCFD, au secours catholique, etc..

Alors chers amis, osons poser un acte de foi : Dieu nous libère de nos entraves et nous fait traverser les épreuves pour faire de nous de vrais vivants. Pour y parvenir il met à notre disposition les sacrements qui font aussi de nous des vivants pour les autres, un pain de charité active et concrète. Alors frères et sœurs cette semaine, croustillez de joie et d’amour envers tous, car vous êtes sauvés ! Amen

homélie 12° dimanche ordinaire B

Surmonter la peur par la confiance, l’unité et la ...

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc : Toute la journée, Jésus avait parlé à la foule. Le soir venu, Jésus dit à ses disciples : « Passons sur l’autre rive. » Quittant la foule, ils emmenèrent Jésus, comme il était, dans la barque, et d’autres barques l’accompagnaient. Survient une violente tempête. Les vagues se jetaient sur la barque, si bien que déjà elle se remplissait. Lui dormait sur le coussin à l’arrière. Les disciples le réveillent et lui disent : « Maître, nous sommes perdus ; cela ne te fait rien ? » Réveillé, il menaça le vent et dit à la mer : « Silence, tais-toi ! » Le vent tomba, et il se fit un grand calme. Jésus leur dit : « Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? » Saisis d’une grande crainte, ils se disaient entre eux : « Qui est-il donc, celui-ci, pour que même le vent et la mer lui obéissent ? »

Le temps aujourd’hui semble être comme celui de l’évangile, tempêtueux. Mais comme dans l’évangile la tempête s’apaisera, comme toutes celles que nous traversons durant notre vie. En effet, l’évangile aujourd’hui peut être lu à différents niveaux : par exemple la barque peut symboliser l’Eglise ou notre propre vie ; les tumultes de la mer et du vent déchaîné peuvent symboliser les tribulations et les persécutions que vit l’Eglise ou les épreuves que nous traversons chacun ; le voyage de nuit pour atteindre la rive opposée peut symboliser le pèlerinage de l’Eglise ou de chacun de nous vers le Royaume des cieux. Cependant, en tant que Chrétiens nous savons, comme le rappelle l’évangile, que Jésus est embarqué dans nos vies et qu’il traverse les tempêtes avec nous. Aussi son interpellation aux disciples : « Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? » doit nous interroger. C’est pourquoi aujourd’hui, je voudrais vous entretenir de trois choses concernant la foi.

1/ Deux constats :

a/ La présence de Jésus ne suffit pas à donner la foi. Jésus, qui est bien physiquement présent dans la barque et s’étonnant de la réaction de ses disciples face à la tempête, leur demande « n’avez-vous pas encore la foi ? »  Il en est de même dans notre Eglise où le Seigneur Jésus, comme il l’a promis, est réellement présent dans l’Eucharistie et là où 2 ou 3 sont réunis en son nom… Oui mes amis Jésus est présent dans toutes les églises, ici aussi grâce au pain consacré dans le tabernacle ! Quand est-ce la dernière fois que vous lui avez rendu visite ? Nous pouvons tirer un 1ier enseignement : il ne suffit pas d’avoir Jésus près de soi; il faut adhérer à lui, être en relation avec lui.

b/ être croyant ce n’est pas vivre sans épreuve ni éviter les tempêtes. Dans l’Evangile, les vagues dues à la tempête se jettent sur la barque dans laquelle Jésus est ! De même aujourd’hui l’Eglise est secouée par les scandales et les persécutions et dans nos vies également nous affrontons de nombreuses tempêtes : doutes, chômage, séparation, ennui, découragement, alors même que le Christ selon sa promesse est avec nous tous les jours jusqu’à la fin du monde.

Le Seigneur veut nous donner une foi adulte !

2/ Autonomie et dépendance.

a/ autonomie : Pour grandir dans la foi, le Seigneur veut nous apprendre l’autonomie et le détachement du serviteur. En effet, dans la barque, les disciples voudraient qu’en toute circonstance, Dieu fasse à leur place. En voyant l’eau entrer dans la barque, ils auraient pu décider d’écoper l’eau par exemple. Mais non, ils préfèrent réveiller le Maître en disant : « Maître, nous sommes perdus, cela ne te fait rien ? ». Quelle vision de Dieu faut-il avoir pour le croire capable de désirer la perte des siens ? Ils n’ont pas encore saisi – pour cela il faudra attendre Pâques et la Pentecôte – que tout l’agir chrétien, mu par l’Esprit Saint, doit jaillir de leurs mains. Il est en de même pour nous aujourd’hui. Il y a des choses que nous avons à faire, au nom du Seigneur et qu’il ne nous faut pas attendre du ciel : c’est à nous de nourrir les pauvres, de consoler les affligés, de faire advenir la justice sociale, etc. comme le rappelle saint Ignace: « agis comme si tout dépendait de toi, en sachant en réalité que tout dépend de Dieu ». Croire s’est faire tout son possible en sachant que l’on est qu’un serviteur et laisser le reste à Dieu.

b/ et dépendance : Quand ma vie spirituelle est en berne : que je ne prie plus, ne vais plus à la messe, quand je laisse de mauvaises pensées et sentiments envahir ma tête, quand je n’arrive plus à être charitable ni à aider les autres alors le Seigneur Jésus est peut être endormi au fond de moi, mon éloignement l’a anesthésié ! Alors face aux turbulences et aux tempêtes de la vie je peux être pris au dépourvu et malmené. A nous donc, par les sacrements (surtout confession et eucharistie) de savoir régulièrement réveiller le Seigneur en nous et aussitôt il nous assure de sa présence et nous apaise.

3/ une affirmation : Jésus est Dieu.

Dans le livre de Job (1° Lect) Dieu dit à la mer “Tu viendras jusqu’ici ! tu n’iras pas plus loin, ici s’arrêtera l’orgueil de tes flots !” EtJésus dans l’évangile menaça le vent et dit à la mer : « Silence, tais-toi ! ». En agissant comme Dieu, Jésus affirme qu’il est Dieu lui-même. Je laisse la parole à Théophile d’Antioche, évêque du II°s qui le dit très bien : « Ce n’est point à l’aide d’un bâton qu’il avait apaisé la mer, comme avait fait Moïse ; ce n’est point par la prière, comme Elisée se frayant un chemin à travers le Jourdain; ce n’est point au moyen de l’Arche, comme Josué, c’est par une seule parole. Aussi, à ce signe, les disciples reconnaissent en lui une puissance divine ».

(Aujourd’hui Valentine, Miguel et Rafael vous faites votre première communion. C’est-à-dire que vous embarquez Jésus dans votre vie. Pour qu’il ne s’y endorme pas, chaque dimanche venez le recevoir à nouveau en communiant à son corps. Chers jeunes amis je vous souhaite une belle traversée de votre vie avec Jésus qui vous aidera, si vous vous appuyez sur Lui à traverser les épreuves et parvenir dans la joie au paradis à la fin de votre vie !). Puisse donc l’Eucharistie de ce matin réveiller en nous la foi en Dieu réellement présent dans nos vies et nous donner la force d’agir pour Lui. Amen

homélie 11° dimanche du temps Ordinaire Premières Communions

“Pas de vocations, à qui la faute ? ” (Fr Manuel Rivero O ...

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc : En ce temps-là, parlant à la foule, Jésus disait : « Il en est du règne de Dieu comme d’un homme qui jette en terre la semence : nuit et jour, qu’il dorme ou qu’il se lève, la semence germe et grandit, il ne sait comment. D’elle-même, la terre produit d’abord l’herbe, puis l’épi, enfin du blé plein l’épi. Et dès que le blé est mûr, il y met la faucille, puisque le temps de la moisson est arrivé. » Il disait encore : « À quoi allons-nous comparer le règne de Dieu ? Par quelle parabole pouvons-nous le représenter ? Il est comme une graine de moutarde : quand on la sème en terre, elle est la plus petite de toutes les semences. Mais quand on l’a semée, elle grandit et dépasse toutes les plantes potagères ; et elle étend de longues branches, si bien que les oiseaux du ciel peuvent faire leur nid à son ombre. » Par de nombreuses paraboles semblables, Jésus leur annonçait la Parole, dans la mesure où ils étaient capables de l’entendre. Il ne leur disait rien sans parabole, mais il expliquait tout à ses disciples en particulier.

Il est enfin venu le temps de votre première communion, et dans quelques minutes pour la première fois vous allez recevoir en vous, le corps du Christ, sa vie et son amour, en nourriture. Jésus sous l’apparence du pain va être semé dans votre cœur et dans votre vie. Oui peu à peu, communion après communion, dimanche après dimanche, ici ou dans n’importe quelle église catholique à travers le monde, Jésus par son corps offert sème en vous sa vie, transforme votre vie en son royaume, il fait de votre corps son trône. Ainsi vous comprenez bien que le cadeau que Jésus vous fait aujourd’hui par mes mains et qu’il renouvellera, jusqu’à la fin du monde, chaque fois que vous viendrez à la messe, est le seul qui subsistera de tous ceux que vous allez recevoir. Bien que tous les autres cadeaux que vous découvrirez aujourd’hui vous paraîtront plus importants, plus beaux, plus parfaits, seul le corps du Christ qui fait maintenant sa demeure en vous restera avec vous toute votre vie. Réalisez-le bien mes chers jeunes frères et sœurs dans la foi : jamais en recevant de l’argent vous ne deviendrez un billet de banque, jamais en jouant sur une console de jeux vous ne deviendrez un héro autre que virtuel, jamais dans 10 ans vous n’aurez les mêmes vêtements que ceux qui vous seront offerts aujourd’hui. Oui, seul ce petit morceau d’hostie devenu le Corps du Christ par la puissance de l’Esprit Saint et la prière de l’Eglise vous permet de devenir peu à peu un « autre Christ », de vous diviniser.

Plus vous recevez le Corps du Christ, plus Jésus se sème en vous, plus vous devenez comme lui, fils ou fille de Dieu pour l’éternité. C’est ce qu’écrivait à votre âge un tout jeune saint, mort à l’âge de 15 ans en 2006, Carlo Acutis dont je vous invite vivement à découvrir la vie (plus de 2500 sites internet lui sont dédiés !) : « Plus nous recevrons l’eucharistie, plus nous deviendrons comme Jésus et déjà sur cette terre nous jouirons du Paradis !” en effet il affirmait lui-même de l’Eucharistie qu’elle était « son autoroute vers le ciel ! » car ajoutait-il : « Quand on s’expose au soleil, on bronze; quand on se met devant Jésus Eucharistie, on devient saint! ». A cause de cela il n’a jamais, jusqu’à sa mort, loupé une seule messe, le dimanche comme en semaine exigeant toujours de ses parents, où qu’ils aillent avec lui de se renseigner sur le lieux et l’horaire de la messe.  

Chers jeunes amis, si vous prenez au sérieux votre première communion et prenez la décision, comme Carlo de la recevoir très souvent alors vous vivez ce que Jésus décrit dans l’évangile. Son corps qui est donné dans l’hostie est comme cette petite et discrète graine de moutarde. On n’y prête pas beaucoup d’attention, mais quand elle est semée régulièrement dans la bonne terre d’un cœur ouvert à l’amour de Dieu et au service des autres, alors elle grandit et prend peu à peu toute la place. C’est cela que fait Jésus quand on lui offre notre vie : il vient vivre en nous, régner en nous. Plus nous recevons sa vie, plus, peu à peu, il nous divinise, faisant de nous ses frères et ses sœurs, des enfants de Dieu pour l’éternité.

Et ce qui vaut pour les enfants, vaut aussi pour vous, leurs parents, familles et amis. Je vous invite à aider ces jeunes à vivre de ce grand don de l’Eucharistie et aussi à le redécouvrir pour vous-même. Je fais mienne pour vous cette dernière interrogation de Carlo Acutis qu’il partageait souvent à sa maman, puisse-t-elle nous faire réfléchir sur l’essentiel de notre vie : « comment tant de gens peuvent faire des queues interminables pour assister à des évènements mondains comme un concert, (faire des courses, assister à un spectacle, aller dans un parc d’attraction etc..) et peut-être alors même qu’ils sont catholiques, ne jamais trouver le temps de rester cinq secondes en silence devant le tabernacle dans une église qui contient le Dieu vivant auquel on doit notre existence ? »

Que chacun de nous ce matin, puisque l’occasion lui est offerte, prenne ce temps de silence pour remercie Dieu de la vie qu’Il lui a donnée, de la famille qui est la sienne, de l’amour dont il veut le combler. Qu’un grand merci, une eucharistie (c’est cela que signifie ce mot : merci) jaillisse de votre cœur ! Alors à la semaine prochaine les enfants et vous leurs parents, pour vivre votre deuxième eucharistie !

Amen

homélie de la messe du Saint -Sacrement

Lecture de la lettre aux Hébreux : Frères, le Christ est venu, grand prêtre des biens à venir. Par la tente plus grande et plus parfaite, celle qui n’est pas œuvre de mains humaines et n’appartient pas à cette création, il est entré une fois pour toutes dans le sanctuaire, en répandant, non pas le sang de boucs et de jeunes taureaux, mais son propre sang. De cette manière, il a obtenu une libération définitive. S’il est vrai qu’une simple aspersion avec le sang de boucs et de taureaux, et de la cendre de génisse, sanctifie ceux qui sont souillés, leur rendant la pureté de la chair, le sang du Christ fait bien davantage, car le Christ, poussé par l’Esprit éternel, s’est offert lui-même à Dieu comme une victime sans défaut ; son sang purifiera donc notre conscience des actes qui mènent à la mort, pour que nous puissions rendre un culte au Dieu vivant. Voilà pourquoi il est le médiateur d’une alliance nouvelle, d’un testament nouveau : puisque sa mort a permis le rachat des transgressions commises sous le premier Testament, ceux qui sont appelés peuvent recevoir l’héritage éternel jadis promis.

Le Christ est venu grand prêtre des biens à venir. C’est ainsi que commence l’épître aux hébreux que nous venons d’entendre ! Quels sont les biens à venir que Christ nous a acquis, qu’a-t-il offert pour nous les garantir ? laissons le texte lui-même nous éclairer : en répandant son propre sang…il a obtenu une libération définitive (ainsi) ceux qui sont appelés peuvent recevoir l’héritage éternel jadis promis.

Et cet héritage, c’est la vie éternelle en Dieu qui n’est pas la prolongation de nos joies terrestres et humaines, même des moments les plus intenses ; mais plutôt la pleine réalisation de ce pour quoi nous avons été créés : être participant de sa nature Divine. Oui nous sommes appelés à nous laisser diviniser pour participer à la vie même de la Trinité, c’est-à-dire pour vivre la pleine communion entre le Père, le Fils et le Saint Esprit.

Et pour que nous soyons divinisés, Jésus a dû s’offrir en sacrifice et nous envoyer l’Esprit Saint. Un sacrifice pratiqué une fois pour toutes et un don renouvelable jusqu’à la fin des temps. En donnant sa propre vie, en l’offrant en sacrifice à son Père, Jésus guérit la nature pécheresse de l’humanité car son sang purifiera notre conscience des actes qui mènent à la mort. En donnant l’Esprit Saint qui œuvre dans le monde jusqu’à la fin des temps, Jésus donne aux hommes les moyens d’être divinisés. L’Eucharistie qu’il a instituée lors de son dernier repas qui nous est relaté dans l’évangile de ce dimanche et qui prend tout son sens le lendemain quand il offre sa vie sur la croix est le moyen qu’il a choisi pour nous diviniser.

C’est cela qu’affirme le concile Vatican II dans la constitution sur la liturgie (SC 47): «Notre Sauveur, … , institua le sacrifice eucharistique de son Corps et de son Sang pour perpétuer le sacrifice de la croix au long des siècles, jusqu’à ce qu’il vienne, et … pour confier à l’Eglise, …, le mémorial de sa mort et de sa résurrection: sacrement de l’amour, signe de l’unité, lien de la charité, banquet pascal dans lequel le Christ est mangé, l’âme est comblée de grâce, et le gage de la gloire future nous est donné. »

Ainsi par l’Eucharistie que nous consommons chaque dimanche, voire chaque jour, nous est donné le salut et le gage de notre gloire future qui est notre divinisation. Elle nous prépare à l’Alliance plénière avec la Trinité. L’une des missions de l’Eglise, la première peut-être est d’actualiser, c’est à dire de rendre présent l’unique sacrifice du Christ. Ce qu’elle peut faire grâce à l’Esprit Saint donné par Jésus et invoqué par les prêtres à chaque consécration. Par l’Esprit Saint le dernier repas du Seigneur est actualisé. Je veux dire par là que chaque eucharistie nous ramène à ce repas, c’est comme si nous y assistions-nous aussi.

Avec le Concile Vatican II nous pouvons redire que l’eucharistie est bien la source et le sommet de la vie chrétienne puisque nous recevons par elles les moyens d’accomplir notre divinisation.

Mais la place de l’Eucharistie dans notre vie ne se limite pas à sa célébration proprement dite. Au-delà d’elle il y a le culte que l’on doit à l’Eucharistie. J’entends par là qu’au-delà de l’heure de la messe au cours de laquelle, le prêtre configuré au Christ, consacre le pain et le vin, la présence du Christ, de son Corps et de son Sang, demeure permanente : ce que nous, catholique, appelons la Présence Réelle et que nous gardons précieusement au tabernacle. La lumière rouge dans chaque église invite dans le silence, à la génuflexion ou au moins à une inclination respectueuse, à un bonjour, à un ‘je t’aime’ qui est déjà un culte rendu à notre Seigneur. Benoit XVI dans une homélie de la messe du Corps et du Sang du Seigneur redit que prendre ce temps, court mais au combien parlant, réaffirme que cette présence constante de Jésus parmi nous et avec nous, (est) une présence concrète, à proximité, comme le « cœur battant» de la ville.

Ce geste de reconnaissance doit aussi devenir un geste d’adoration car il affirme que La rencontre avec Jésus dans la Sainte Messe est vraiment et pleinement accomplie quand la communauté est capable de reconnaître que Lui, le Saint Sacrement, habite sa maison, nous y attendait, nous invite à sa table, puis, après que l’assemblée est dissoute, reste avec nous, discret et silencieux » On ne peut pas séparer communion et adoration. Car de même que pour communiquer avec une personne que j’aime, je sais me tenir debout à côté d’elle et dans le silence la regarder et l’écouter avec amour, de même le véritable amour et l’amitié vraie avec le Seigneur se vivent dans cette réciprocité des regards, les silences intenses, éloquent, plein de respect et de vénération, de sorte que la rencontre soit vécue profondément, personnellement et non superficiellement.

Redécouvrir la joie du geste d’adoration, en entrant à l’église, en en sortant ou lors d’un temps spécial d’adoration, voilà une manière sûre de vivre plus intensément l’alliance que permet la célébration de l’Eucharistie. Des temps d’adoration sont proposés dans certaines de nos églises, pourquoi ne pas les développer dans toutes, réaffirmant que si la messe n’est pas célébrée, le Christ demeure présent au cœur de nos villages. A chacun d’organiser et de prendre ce temps auprès du st Sacrement exposé ou non, seul ou avec d’autres dans l’église de son village pour redire l’immense mystère de Jésus avec nous tous les jours jusqu’à la fin du monde ! Alors soyez inventifs ! Amen

homélie de la Trinité

La Trinité triandrique de Semsales - Revue Sources
La Trinité triandrique de Semsales – Revue Sources

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu : En ce temps-là, les onze disciples s’en allèrent en Galilée, à la montagne où Jésus leur avait ordonné de se rendre. Quand ils le virent, ils se prosternèrent, mais certains eurent des doutes. Jésus s’approcha d’eux et leur adressa ces paroles : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. »

Un seul Dieu qui est Père, Fils et Saint-Esprit, voilà ce que nous professons plusieurs fois par jour, sans même nous en rendre compte. Oui par nos gestes et nos paroles nous proclamons le mystère de la Trinité qui est le cœur de notre foi chrétienne : quand nous faisons le signe de croix, quand nous prions ou glorifions le Seigneur, par les paroles des chants que nous entonnons à la messe ou même sous la douche car Dieu peut être loué en tout temps et en tout lieu !

Certes le mot de Trinité n’est pas écrit dans le Nouveau Testament, mais la réalité que ce mot exprime l’est et ce sont la personne, les paroles et les actes de Jésus qui le révèlent. Ainsi à l’Annonciation, l’ange dit à Marie que son enfant sera appelé Fils de Dieu car l’Esprit Saint viendra sur elle, lors du baptême de Jésus l’Esprit Saint descend sur lui et du ciel la voix du Père proclame celui-ci est mon Fils bien-aimé, et jusqu’à son retour près de Dieu, Jésus proclame le mystère de la Trinité puisque dans l’évangile que nous venons d’entendre il confie à ses disciples la mission de baptiser au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit.

C’est donc en scrutant les textes de la Bible que l’Eglise a essayé de comprendre comment vit Dieu en lui-même, comment il est unique dans la diversité de chacune des personnes divines. Ainsi à partir des textes que la liturgie nous propose ce matin et en nous basant sur le signe qui expriment notre foi, essayons de comprendre ce qu’est l’originalité de la foi chrétienne en un Dieu Un et Trine.

  1. Au Nom du Père. Trop souvent on imagine Dieu comme une espèce de vieux célibataire grincheux et renfrogné, distant et froid voir indifférent, hautain et inaccessible. Or affirmer que Dieu est Père suppose que Dieu veuille établir une relation d’un autre ordre avec sa création, qu’il veuille y introduire de l’amour. Si Dieu est Père, alors sa création doit rayonner de son amour, comme le rappelle le psaume 32 « la terre est remplie de son amour. » Si Dieu est Père alors il a souci de sa création et surtout de l’humanité qu’il créa à son image et à sa ressemblance jusqu’à intervenir dans sa vie pour l’aider et la sauver comme le constate le livre du Deutéronome : Est-il un dieu qui ait entrepris de se choisir une nation, de venir la prendre au milieu d’une autre, à travers des épreuves, des signes, des prodiges et des combats, … comme tu as vu le Seigneur ton Dieu le faire pour toi en Égypte ? Certains ont du mal à se tourner vers un Dieu Père car selon qu’on aura eu la chance ou non d’avoir un papa aimant, soucieux de notre bien, attentif à nos joies et partageant nos peines, nous aurons plus ou moins de facilités à l’aimer et entrer en relation filiale avec Lui. Et si dès aujourd’hui je prenais le pli de lui demander de me protéger, de m’aider à grandir et à me responsabiliser comme un père humain le ferait pour son enfant ?
  • Et du Fils. C’est évident : si Dieu est pleinement Père alors Il l’est « divinement » d’un enfant, qui est de même nature que Lui. Ce Fils éternel s’est fait connaître à nous en se faisant homme. Jésus est le Fils éternel de Dieu qui s’est fait homme en prenant chair de la Vierge Marie. Confesser Dieu comme Père et Fils c’est affirmer qu’en Dieu il y a une relation d’amour : Dieu est Amour affirme même saint Jean : Dieu est Père en tant qu’il est l’Amour qui se donne ; Dieu est Fils en tant qu’il est l’Amour qui se reçoit. Mais ce sont deux facettes d’un unique Amour comme l’enseignera Jésus à ses apôtres : le Père et moi nous sommes un.

Croire en Dieu le Père et en Jésus son Fils c’est aussi affirmer que Jésus fait de celui qui croit en Lui son frère et donc aussi un enfant de Dieu, non plus seulement parce que créé par Dieu le Père, mais parce qu’adopté par Lui comme son propre enfant. On dit dans l’Eglise que les baptisés sont « fils dans le Fils », ai-je vis-à-vis de Jésus cette simplicité là de le voir et le prier comme un grand frère qui sait me faire mieux comprendre et aimer la volonté de notre Père ?

  • Et du Saint-Esprit. Notre adoption divine se fait par le don de l’Esprit Saint. Si le Père et l’Amour qui se donne et le Fils l’Amour qui se reçoit alors l’Esprit Saint est l’Amour du Père et du Fils qui se transmet et qui donne la vie. Car là où l’on s’aime on sait bien qu’on récolte ! Et c’est Paul qui rappelle aux Romains que l’Esprit Saint vient faire le lien entre tous les hommes qui croient, Il vient affermir en eux la certitude d’être aimé par Dieu le Père qui leur à donner son Fils unique pour que tous deviennent ses enfants d’adoptions : vous avez reçu un Esprit qui fait de vous des fils ; et c’est en lui que nous crions « Abba ! », c’est-à-dire : Père ! …. Puisque nous sommes ses enfants, nous sommes aussi ses héritiers : héritiers de Dieu, héritiers avec le Christ … pour être avec lui dans la gloire.

L’Esprit Saint, c’est comme notre esprit de famille chrétienne, il fait l’unité dans l’amour de tous ceux qui croient, il fait l’unité de l’Eglise. Alors j’espère que vous l’invoquez chaque matin, chaque jour, pour unifier votre vie, la faisant advenir comme celle d’un enfant de Dieu qui désire que sa famille d’agrandisse à l’humanité tout entière. Demandez à l’Esprit Saint d’ouvrir votre cœur aux dimensions du monde !

Voilà tout ce que nous enseigne le signe de la croix par les textes d’aujourd’hui : Dieu le Père a envoyé son Fils pour faire de nous tous dans l’Esprit Saint ses enfants, ses frères, ses héritiers. Puissions-nous toujours vivre ainsi, à cette hauteur là pour que tous les hommes en nous voyant croient et en croyant soient sauvés. Amen

homélie 7° dimanche de Pâques

Évangile de J- C selon saint Jean

En ce temps-là, les yeux levés au ciel, Jésus priait ainsi : « Père saint, garde mes disciples unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné, pour qu’ils soient un, comme nous-mêmes. Quand j’étais avec eux, je les gardais unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné. J’ai veillé sur eux, et aucun ne s’est perdu, sauf celui qui s’en va à sa perte de sorte que l’Écriture soit accomplie. Et maintenant que je viens à toi, je parle ainsi, dans le monde, pour qu’ils aient en eux ma joie, et qu’ils en soient comblés. Moi, je leur ai donné ta parole, et le monde les a pris en haine parce qu’ils n’appartiennent pas au monde, de même que moi je n’appartiens pas au monde. Je ne prie pas pour que tu les retires du monde, mais pour que tu les gardes du Mauvais. Ils n’appartiennent pas au monde, de même que moi, je n’appartiens pas au monde. Sanctifie-les dans la vérité : ta parole est vérité. De même que tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi, je les ai envoyés dans le monde. Et pour eux je me sanctifie moi-même, afin qu’ils soient, eux aussi, sanctifiés dans la vérité. »

livre des Actes des Apôtres

En ces jours-là, Pierre se leva au milieu des frères qui étaient réunis au nombre d’environ cent vingt personnes, et il déclara : « Frères, il fallait que l’Écriture s’accomplisse. En effet, par la bouche de David, l’Esprit Saint avait d’avance parlé de Judas, qui en est venu à servir de guide aux gens qui ont arrêté Jésus : ce Judas était l’un de nous et avait reçu sa part de notre ministère. Il est écrit au livre des Psaumes : Qu’un autre prenne sa charge. Or, il y a des hommes qui nous ont accompagnés durant tout le temps où le Seigneur Jésus a vécu parmi nous, depuis le commencement, lors du baptême donné par Jean, jusqu’au jour où il fut enlevé d’auprès de nous. Il faut donc que l’un d’entre eux devienne, avec nous, témoin de sa résurrection. » On en présenta deux : Joseph appelé Barsabbas, puis surnommé Justus, et Matthias. Ensuite, on fit cette prière : « Toi, Seigneur, qui connais tous les cœurs, désigne lequel des deux tu as choisi pour qu’il prenne, dans le ministère apostolique, la place que Judas a désertée en allant à la place qui est désormais la sienne. » On tira au sort entre eux, et le sort tomba sur Matthias, qui fut donc associé par suffrage aux onze Apôtres.

Psaume 102 (103)

Bénis le Seigneur, ô mon âme, bénis son nom très saint, tout mon être ! Bénis le Seigneur, ô mon âme, n’oublie aucun de ses bienfaits !

Comme le ciel domine la terre, fort est son amour pour qui le craint ; aussi loin qu’est l’orient de l’occident, il met loin de nous nos péchés.

Le Seigneur a son trône dans les cieux : sa royauté s’étend sur l’univers. Messagers du Seigneur, bénissez-le, invincibles porteurs de ses ordres !

première lettre de saint Jean

Bien-aimés, puisque Dieu nous a tellement aimés, nous devons, nous aussi, nous aimer les uns les autres. Dieu, personne ne l’a jamais vu. Mais si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, et, en nous, son amour atteint la perfection. Voici comment nous reconnaissons que nous demeurons en lui  et lui en nous : il nous a donné part à son Esprit. Quant à nous, nous avons vu et nous attestons que le Père a envoyé son Fils comme Sauveur du monde.

Celui qui proclame que Jésus est le Fils de Dieu, Dieu demeure en lui, et lui en Dieu. Et nous, nous avons reconnu l’amour que Dieu a pour nous, et nous y avons cru. Dieu est amour : qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui.

Évangile de J- C selon saint Jean

En ce temps-là, les yeux levés au ciel, Jésus priait ainsi : « Père saint, garde mes disciples unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné, pour qu’ils soient un, comme nous-mêmes. Quand j’étais avec eux, je les gardais unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné. J’ai veillé sur eux, et aucun ne s’est perdu, sauf celui qui s’en va à sa perte de sorte que l’Écriture soit accomplie. Et maintenant que je viens à toi, je parle ainsi, dans le monde, pour qu’ils aient en eux ma joie, et qu’ils en soient comblés. Moi, je leur ai donné ta parole, et le monde les a pris en haine parce qu’ils n’appartiennent pas au monde, de même que moi je n’appartiens pas au monde. Je ne prie pas pour que tu les retires du monde, mais pour que tu les gardes du Mauvais. Ils n’appartiennent pas au monde, de même que moi, je n’appartiens pas au monde.

Sanctifie-les dans la vérité : ta parole est vérité. De même que tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi, je les ai envoyés dans le monde. Et pour eux je me sanctifie moi-même, afin qu’ils soient, eux aussi, sanctifiés dans la vérité. »

Jeudi dernier, fête de l’Ascension du Seigneur nous avons contemplé Jésus rejoignant son Père. Depuis nous sommes tout à la fois joyeux de le savoir auprès de Lui (avec notre humanité assumée et glorifiée) et très tristes de ne plus l’avoir avec nous. Certes, Il est retourné auprès de Dieu, mais Il ne nous a pas laissé démunis, Il ne nous a pas abandonnés, puisqu’il nous a promis une force, celle de l’Esprit Saint, pour que nous soyons ses témoins jusqu’aux extrémités de la terre. Nous entrons donc ce temps d’attente afin de recevoir ce qui fut promis. Evidemment l’Esprit saint nous a été donné lors de la Pentecôte il y a 2000 ans, mais Il l’est encore tous les ans quand nous célébrons cette fête, Il l’est aussi à chaque célébration de confirmation ou quand nous le lui demandons. Voilà pourquoi, par l’intercession de notre Dame de Lorette nous faisons chaque année dans notre paroisse une neuvaine à l’Esprit Saint. Peut-être ne pourrons-nous pas tous nous rendre à Lorette à Conliège, mais tous nous pouvons prier chaque jour l’Esprit Saint et le supplier de combler nos âmes de ses dons et d’embrasser de son feu nos cœurs pour en faire des cœurs tout brulant de disciples près à devenir des missionnaires de la Bonne Nouvelle.

Ainsi ce dimanche, attendant de recevoir l’Esprit Saint, l’Eglise nous propose d’entendre ce que Jésus, dans sa prière, demande au Père pour que notre mission porte du fruit, pour que nous soyons de bons missionnaires. Vous aurez comme moi relevé trois demandes de Jésus qui nous permettrons une mission féconde :

1- Que le Père nous garde dans l’unité.

Jésus durant sa mission sur terre a révélé à ses disciples qui était Dieu, leur faisant comprendre qu’Il est un Père dont Lui, Jésus et le Fils. Et Jésus par sa mort et sa résurrection a fait de chaque croyant un enfant de Dieu. Nous sommes tous de la même famille, adoptés par Dieu car frères et sœurs de Jésus, voilà notre unité à conserver absolument. Jésus le dit lui-même dans l’évangile : Quand j’étais avec eux, je les gardais unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné. Ce que Jésus est, nous le sommes aussi, Il nous en fait le cadeau ! Ainsi quand Jésus demande à son Père : « Père saint, garde mes disciples unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné, pour qu’ils soient un, comme nous-mêmes » Il lui demande de nous garder unis comme une famille solidement attachés les uns aux autres par les liens de l’amour et le don de l’Esprit Saint. Tous les chrétiens forment ensemble une grande famille qui repose sur la proclamation de la même foi en un Dieu Père qui a envoyé son Fils pour faire de nous ses enfants adoptifs : Celui qui proclame que Jésus est le Fils de Dieu, Dieu demeure en lui, et lui en Dieu rappelle st Jean dans la 2° lecture. Alors œuvrons à l’unité de tous les chrétiens !

2- Que le Père nous garde du Mauvais

Agir pour l’unité ne doit pas être seulement un vœu pieu, mais aussi un souci permanent car Satan jette souvent le trouble et la division entre Chrétiens. Le Diable essaie aussi de nous ébranler dans notre vision du monde en le regardant comme mauvais et dangereux. Certes il peut l’être mais c’est à notre monde que nous sommes envoyés pour annoncer la Bonne Nouvelle de la filiation divine. Voilà pourquoi Jésus, retournant à son Père dit Je ne prie pas pour que tu les retires du monde, mais pour que tu les gardes du Mauvais. Alors osons évangéliser et aller à la rencontre des autres car Dieu le Père qui exauce toujours son Fils nous garde du mauvais ! 

3- Que le Père nous garde fidèle à la Parole.

Jésus venu dans le monde, c’est la Parole de Dieu qui s’est fait connaître à nous. Ecouter et voir Jésus, c’est voir et écouter Dieu nous parler. Les disciples ont écouté et reçu tout l’enseignement de Jésus, il s’agit maintenant pour eux, comme pour nous 20 siècles plus tard d’y rester fidèles et d’en vivre. Pour que cela soit possible il nous faut sans cesse demander à Dieu son Esprit Saint, son Esprit de Vérité pour bien comprendre et appliquer au quotidien dans nos vies ses enseignements, voilà pourquoi Jésus prie son Père en disant : Sanctifie-les dans la vérité : ta parole est vérité. Oui plongeons toujours à nouveau dans les Ecritures, méditons-les après avoir prié l’Esprit Saint afin que notre vie devienne un évangile que le monde trouvera agréable à lire et attirant à vivre jusqu’à l’adopter. Si notre vie est cohérente avec les préceptes de l’évangile alors nous embraserons le monde de l’amour de Dieu car nous ne serons qu’Amour pour le monde, c’est saint Jean qui le dit dans la 2° lecture : Dieu est amour : qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui.

Et si en venant communier tout à l’heure, nous ne demandions que cela à Dieu : demeurer dans son amour ? Ne serait-ce pas suffisant pour être de vrais témoins ? Amen

homélie de l’Ascension

Lecture du livre des Actes des Apôtres : Cher Théophile, dans mon premier livre j’ai parlé de tout ce que Jésus a fait et enseigné depuis le moment où il commença, jusqu’au jour où il fut enlevé au ciel, après avoir, par l’Esprit Saint, donné ses instructions aux Apôtres qu’il avait choisis. C’est à eux qu’il s’est présenté vivant après sa Passion ; il leur en a donné bien des preuves, puisque, pendant quarante jours, il leur est apparu et leur a parlé du royaume de Dieu. Au cours d’un repas qu’il prenait avec eux, il leur donna l’ordre de ne pas quitter Jérusalem,  mais d’y attendre que s’accomplisse la promesse du Père. Il déclara : « Cette promesse, vous l’avez entendue de ma bouche : alors que Jean a baptisé avec l’eau, vous, c’est dans l’Esprit Saint que vous serez baptisés d’ici peu de jours. » Ainsi réunis, les Apôtres l’interrogeaient : « Seigneur, est-ce maintenant le temps où tu vas rétablir le royaume pour Israël ? » Jésus leur répondit : « Il ne vous appartient pas de connaître les temps et les moments que le Père a fixés de sa propre autorité. Mais vous allez recevoir une force quand le Saint-Esprit viendra sur vous ; vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre. » Après ces paroles, tandis que les Apôtres le regardaient, il s’éleva, et une nuée vint le soustraire à leurs yeux. Et comme ils fixaient encore le ciel où Jésus s’en allait, voici que, devant eux, se tenaient deux hommes en vêtements blancs, qui leur dirent : « Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? Ce Jésus qui a été enlevé au ciel d’auprès de vous, viendra de la même manière que vous l’avez vu s’en aller vers le ciel. »

Je voudrais ce matin vous partager un souvenir qui m’est revenu alors que je préparais mon homélie. Il y a quelques années alors que j’officiais aux Rousses, ayant célébré un mariage, je fus invité au repas des noces. Et parmi les grands moments de la soirée, il y eut un lâcher de « lanternes volantes ». Et aussitôt une bonne centaine de lanternes poussées par la chaleur des petites bougies qu’elles contenaient, se sont élevées et ont parsemées le ciel de petites étoiles qui rapetissaient au fur et à mesure qu’elles montaient dans le ciel. Et nous n’arrivions pas à décrocher notre regard de ce beau spectacle, tous les yeux étaient tournés vers le ciel et même les lanternes éteintes ou dispersées, nous restions captivés par le ciel qui avait pour un temps brillé d’une lumière nouvelle.

Je me demande, toute proportion gardée si ce ne fut pas la même chose qui se produisit avec les apôtres. Jésus la Lumière venue dans le monde regagnait la réalité divine d’où il était venu et le spectacle devait être si beau que les apôtres n’arrivaient pas à en décrocher leur regard, eux qui étaient à la fois pétris de la joie de savoir Jésus retourné vers son Père et le cœur gonflé de la tristesse de ne plus l’avoir près d’eux. Oui elle a du être dur à entendre cette admonestation des deux hommes en blanc : « Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? Eussé-je été apôtre que j’eusses eu répondu « minute les gars ! Laissez-nous au moins profiter du spectacle ! Ce n’est pas tous les jours que le Fils de Dieu glorieusement ressuscité rejoint Dieu son Père pour l’Eternité ! ».

Alors pourquoi cet empressement ? Pourquoi faut-il que les disciples se bougent sans tarder alors que Jésus est encore visible dans son Ascension ? Plusieurs raisons me viennent que nous pouvons relier aux textes de la liturgie de ce matin. Ils sont certainement la réponse de l’Eglise à cette question.

D’abord à trop regarder vers le ciel on peut oublier les réalités terrestres. Cela signifie qu’il y a un temps pour tout. Il y a un temps pour vivre sur terre et viendra ensuite le temps de gagner le ciel. Et ne pas passer notre temps les yeux rivés sur le ciel ne veut pas dire qu’on n’y pense pas. Ce qu’il faut c’est que la réalité du ciel, comme vie éternelle promise à celui qui croit, habite notre cœur, qu’elle soit notre espérance, qu’elle guide chacun de nos pas, chacune de nos actions, qu’elle soit la mesure de nos propos. Le vrai désir du ciel se voit dan la vie de tout humain qui s’est ouvert au Salut : son âme est devenue le ciel de Dieu comme le dit Sainte Thérèse de Lisieux. Oui l’âme sauvée est le ciel de Dieu, Il a plaisir à y descendre, à y vivre.

Ensuite, il ne nous faut plus scruter le ciel car ce serait laisser croire que sa promesse n’a pas été réalisée ! En effet si Jésus est parti, il n’en n’a pas moins promis de nous envoyer l’Esprit Saint, comme il le rappelle lui-même dans les actes des apôtres : Cette promesse, vous l’avez entendue de ma bouche : … c’est dans l’Esprit Saint que vous serez baptisés d’ici peu de jours. » et le jour dont il était question était celui de la pentecôte. Et notre Pentecôte ce fut le jour de notre confirmation : à notre tour, dans notre vie quotidienne nous avons reçu une force quand le Saint-Esprit est venu sur nous. Et comme il y eut plusieurs pentecôtes relatées dans les actes des apôtres, il y en eut, en a (ou en aura) aussi plusieurs dans nos vies : Jésus par son Esprit Saint nous rejoint dans l’ordinaire de nos vies pour nous aider à vivre selon sa volonté et ses commandements. Il suffit de lui demander l’Esprit Saint. Quand lui avez-vous demandé pour la dernière fois ?

Enfin, si nous ne devons plus scruter le ciel c’est aussi par ce que Jésus nous a assigné une mission. La force que nous avons reçu de l’Esprit Saint fait de nous ses témoins … jusqu’aux extrémités de la terre. Elle nous aide à réaliser le commandement du Seigneur dans l’évangile : « Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création ».

Oui un jour nous rejoindrons Jésus. Ce jour-là il viendra de la même manière que les disciples l’ont vu s’en aller vers le ciel. En attendant,il nous faut sur cette terre, chacun selon les dons qu’il a reçus, construire le corps du Christ comme l’écrit Paul aux Ephésiens. C’est notre belle mission de chrétien : ayant déjà accueilli le salut par le baptême, et l’Esprit Saint à la confirmation, nous devenons par nos vies des évangiles de chair, des bonnes nouvelles pour ceux qui ne savent pas encore qu’ils sont tous appelés à être des petites lanternes éclairées et gonflées à la lumière de la Vérité et de l’Amour qu’est le Christ. Et eux aussi pourront au jour choisi par Dieu voler vers lui et devenir auprès de lui dans sa gloire, ses fils et ses filles bien-aimés.

Alors pensez-y en venant communier. La Chaleur et la Lumière du Ressuscité que vous recevrez feront de vous la petite lanterne volante qui au jour promis, montera joyeusement vers le Père et la plénitude de sa joie. Amen

du 10 au 12 mai : trois jours de Rogations dans notre doyenné.

A l’église de Mirebel le lundi 10 mai, puis à celle de Ménetru  le mardi 11 et enfin à Bornay le mercredi 12 des paroissiens du doyenné se sont retrouvés autour du père William e coteaux de Seille pour prier et  remercier Dieu pour ses bienfaits. Quand cela fut possible une procession a suivi dans la nature et dans les vignes auprès d’une statue de St Claude ou de Marie. De là le père William a béni cette nature qui nous est donnée, et que nous devons préserver. C’est bon temps pour admirer l’œuvre de Dieu et le travail des hommes.

vue depuis Ménétru le Vignoble.

Prière des Rogations

(Extrait du rituel de la messe – Liturgie catholique traditionnelle)

Notre secours est dans le nom du Seigneur, Qui a fait le ciel et la terre. Couronne, ô Seigneur, l’année de tes bénédictions et de tes bienfaits, Et que tes champs ruissellent de fécondité,

Les regards de tous les êtres se tournent vers Toi, Seigneur, Et Tu leur donnes leur nourriture au temps indiqué. Seigneur exauce notre prière, Et que notre cri parvienne jusqu’à Toi. 

Ô Dieu, notre refuge et notre force, écoute l’ardente prière de Ton Eglise: Toi qui suscites notre ferveur, donne-nous d’efficacement obtenir ce que notre Foi nous fait te demander. 

Ô Dieu clément et bon, fais que ces terres soient bénies et que tous leurs habitants puissent recevoir tes dons et tes bénédictions. 

Ô Dieu Tout-Puissant, nous implorons de Ta bonté que les fruits de la terre, que Tu daignes nourrir en leur ménageant la chaleur et la pluie soient pénétrés de la rosée de tes bénédictions, et que Ton peuple puisse toujours Te remercier de tes dons, de sorte que grâce à la fertilité de la terre les affamés soient comblés de biens et que le pauvre et l’indigent célèbrent la gloire de Ton nom. Par le Christ-Jésus Ton Fils Notre Seigneur. Amen. 

Que la bénédiction du Dieu Tout-Puissant, Père, Fils et Saint-Esprit, descende avec abondance sur les champs et les terres de ces environs et qu’elle y demeure à jamais. Amen.

HOMELIE DONNEE PAR LE PERE WILLIAM LORS DE LA MESSE DES ROGATIONS

« Je crois en un seul Dieu, le Père tout puissant, créateur du ciel et de la terre, de l’univers visible et invisible… ». C’est notre foi. C’est la foi de l’Eglise. La Bible nous dit, comme nous l’entendions dans la première lecture, que Dieu a créé le monde et tout ce qui existe pour y placer l’homme qu’il a fait à son image et à sa ressemblance. Il a créé toute chose par amour de l’homme et pour son bien et Il lui a confié la terre et tout ce qui existe : « Et Dieu dit : Voici, je vous donne toute herbe portant de la semence et qui est à la surface de toute la terre, et tout arbre ayant en lui du fruit d’arbre et portant de la semence: ce sera votre nourriture. (…) Et cela fut ainsi » (Gn 1, 29) nous dit l’auteur de la Genèse.

Et depuis l’homme peut compter sur la bonté de Dieu qui lui donne, comme aux oiseaux des champs, la nourriture en temps voulu, comme le rappelait le Christ dans l’Evangile.

Mais la nature nous est également donnée pour notre agrément. Grâce à elle nous nous émerveillons, nous nous apaisons, nous nous détendons, nous nous ressourçons. Elle est un refuge, une retraite, un lieu de méditation. Elle est, selon le Pape François,« comme un splendide livre dans lequel Dieu nous parle et nous révèle quelque chose de sa beauté et de sa bonté ». Ainsi la nature nous pousse à la louange et à l’action de Grâce, à l’exemple de Saint François d’Assise : Loué sois-tu, mon Seigneur, pour sœur la Terre, notre mère, Qui nous porte et nous nourrit, Qui produit les divers fruits, les fleurs colorées et les herbes. Louez et bénissez mon Seigneur, Rendez-Lui grâce et servez-Le en toute humilité.

Frère et sœurs, ce n’est pas un vague sentiment écologique, ce n’est pas une douce émotion bucolique, c’est la Foi de l’Eglise. Nous ne vénérons pas la nature, mais Dieu qui nous l’a donnée. Lui, le Créateur de toute chose. Et c’est par Lui que nous avons la vie, le mouvement, et l’être (comme Saint-Paul l’affirmait devant l’Aéropage d’Athènes), c’est par Lui que nous sommes comblés de ces biens comme le chante le psalmiste :  

« Que tes œuvres sont grandes, Seigneur ! Tu as tout fait avec sagesse. La terre est remplie de tes biens. (…)Tous ils espèrent en Toi, pour que Tu leur donnes la nourriture en son temps. Tu la leur donnes, et ils la ramassent ; Tu ouvres ta main, et ils sont rassasiés de biens. »

C’est dans cette foi de l’Eglise que s’inscrivent les Rogations. Instituées par Saint Mamert, évêque de Vienne en Isère, au Vème siècle. La fête des Rogations, du latin « rogare » c’est-à-dire « demander », avait pour but de demander la bénédiction de Dieu pour les biens de la terre, mais avait également pour but de chanter la louange du Créateur. C’est ainsi que pendant près de 1500 ans les chrétiens ont organisé des processions et des prières. Superstition diront certains ; Non, acte de Foi. La superstition serait de penser que les rites, les processions, les prières, les bénédictions ont un effet magique, c’est-à-dire qu’elles peuvent changer d’elles-mêmes le cours des choses. Tandis que l’acte de Foi est tourné vers Dieu, est emprunt de louange et d’action de grâce, et ne prétend pas changer le cours des choses. L’acte de Foi honore les choses telles qu’elles sont, les respecte, s’inscrit dans l’ordre des choses en toute humilité. Et les rites, les processions, les prières, les bénédictions, demandent à Dieu que les choses s’établissent selon l’ordre voulu par Lui, que ses bienfaits se déploient en toutes choses, et que toutes choses soient fondées en Lui pour sa plus grande Gloire. Par la fête des Rogations, nous nous repositionnons devant Dieu dans notre condition d’hommes, comme de simples créatures qui attendent tout de Lui et qui reconnaissent humblement que tout vient de Lui.

Frères et sœurs, à notre époque où l’écologie est un sujet partagé par beaucoup, où de nombreuses voix s’élèvent pour alerter sur les menaces qui pèsent sur la création, il n’est pas dépassé de célébrer les Rogations, d’imiter l’humilité de nos ancêtres en se tournant vers Dieu. Il n’est pas idiot de demander les bénédictions du Seigneur sur notre environnement. Il n’est pas inutile de se rappeler la grandeur du don que Dieu nous a fait et de Le louer pour ses bienfaits. Il n’est pas insensé de demander au Seigneur de changer le cœur de l’homme pour qu’il se reconnaisse simple dépositaire de la création, pour qu’il se reconnaisse comme son gardien et son protecteur, et pour qu’il respecte la vie de son commencement à son terme naturel. C’est bien ça, dans cet acte de Foi, nous demandons à Dieu que les choses s’établissent selon l’ordre qu’il a voulu et que ses bienfaits se déploient en toutes choses. C’est ça, sans doute, la voie de la véritable écologie. AMEN.

homélie 6° dimanche de Pâques

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour. Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi, j’ai gardé les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour. Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite. Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande. Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître. Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure. Alors, tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera. Voici ce que je vous commande : c’est de vous aimer les uns les autres.

Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure. Cette parole du Seigneur Jésus qui nous est adressée ce matin nous rappelle des choses essentielles quant à notre vie chrétienne : elle est d’abord une élection puis elle est un envoi, c’est-à-dire une mission enfin  elle doit porter du fruit. 3 points dans mon homélie ce soir (matin)

1- la vie chrétienne est une élection : ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis nous affirme le Seigneur Jésus. Ainsi c’est Jésus qui choisit ceux qu’il veut comme disciples parmi les hommes. Et de fait, il fait sa demande à chaque humain, à chaque homme Dieu déclare sa flamme. Mais une élection est complète, une alliance possible, uniquement si il y a une réponse en face. C’est pourquoi le choix que Dieu fait de nous n’enlève rien à notre liberté, car s’Il nous déclare son amour … c’est à nous d’y répondre…

Comment y répondons-nous ? La réponse à l’amour est l’amour en retour. Ce qui fait de nous les amis du Seigneur Jésus c’est d’aimer sa volonté et de la vivre au quotidien. Or sa volonté c’est-que nous obéissions à son commandement : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Notre libre réponse à Dieu est donc un acte d’amour. Il s’agit d’aimer nos frères humains comme le Seigneur Jésus Christ nous aime. Et son amour pour nous il va nous le montrer en donnant sa vie sur la croix. L’amour véritable, nous apprend-il va jusqu’au don de sa propre vie : Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. Jésus nous amène jusqu’à cet extrême-là, il nous choisit pour aimer ce monde comme lui-même l’a aimé, c’est-à-dire en donnant notre vie pour lui.

2- la vie chrétienne est élection en vue de la mission : Jésus nous rappelle : c’est moi qui vous ai choisis afin que vous alliez. Il nous envoie en mission. Saint Jean dans la 2° lecture en fixe les contours : aimons-nous les uns les autres, puisque l’amour vient de Dieu. Rendus capables d’aimer comme Lui et nous aimant entre chrétiens, Dieu nous fixe comme mission d’aimer le monde et ses habitants. En nous donnant son amour pour aimer, en nourrissant notre amour du sien, Jésus fait de nous des sacrements, c’est-à-dire des signes qui montrent combien il nous aime et les moyens pour lui de donner son amour aux hommes : en aimant les autres nous leur donnons la vie de Dieu !

Si cela s’exprime au plus haut point dans le sacrement de mariage par lequel l’homme et la femme donnés l’un à l’autre dans l’amour deviennent témoins que Dieu est amour ; c’est aussi chacun de nous qui, par ses gestes, ses paroles et ses attitudes est sacrement de l’amour de Dieu pour les autres. Contemplez bien les grandes figures chrétiennes : toujours l’amour a conduit leurs actions : Ainsi, les fondateurs d’ordres hospitaliers par amour des plus pauvres ou les fondateurs d’universités par amour de la vérité En notre siècle aussi de très nombreux chrétiens ont donné leur vie, par amour de leurs frères, jusqu’au martyr parfois : St Charles de Foucault ; les moines de Tibhirine, les religieux soignants qui dans les pays les plus pauvres luttent sans beaucoup de moyen contre la Covid, etc. , Sr Anne Nu-Thawng (nutwouang) qui humblement lutte contre la junte militaire en Birmanie en priant à genoux devant les soldats. Et tous les chrétiens anonymes qui aident de leur temps ou de leur argent les plus pauvres, les plus méprisés ou qui défendent la vie de sa conception à sa fin naturelle : toujours l’amour du prochain, nourri de l’amour de Dieu, les a guidés.

La vie chrétienne est donc un pèlerinage de l’amour, un voyage à la rencontre des autres, non pour imposer la foi, mais pour la proposer. Etre chrétien, c’est être en lien et en relation, dans l’amour, avec ceux que la vie et la providence placent sur nos routes : nos familles, nos amis mais aussi chaque homme, fut-il notre persécuteur !

3- élue et envoyée toute vie chrétienne porte du fruit : C’est moi qui vous ai choisis afin que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure dit Jésus dans l’évangile. Aimé et envoyé pour aimer nous avons aussi à donner du fruit. Et le plus grand fruit c’est la joie vécue et transmise au monde. Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, la bonne joie, dont doivent rayonner les chrétiens dans ce monde si triste ! Oui le plus beau fruit de la vie chrétienne c’est la joie : joie de savoir que nous sommes à Dieu, infiniment aimés et sauvés pour toujours par lui. On dit souvent des saints qu’ils rayonnent de joie. Alors cette bonne joie, je la souhaite à tous ici présents. Votre vie sera joyeuse si vous donnez sans retenue la joie que le Seigneur a mise en vous. Devenez des paniers percés de la joie !

Ce matin encore, par son Corps livré et son Sang versé, le Seigneur va vous remplir de lui, de son amour et de sa joie. Le coffre de chair qu’est votre corps va contenir le trésor le plus précieux : la vie et la joie de Dieu pour ce monde. Alors venez communier car Dieu vous a choisi pour que vous partiez et donniez un fruit qui demeure ! Devenez des témoins pour que ce monde goûte à la vraie joie, celle des saints ! Amen