homélie du 2° dimanche de Pâques

Lecture de la première lettre de saint Jean : Bien-aimés, celui qui croit que Jésus est le Christ, celui-là est né de Dieu ; celui qui aime le Père qui a engendré aime aussi le Fils qui est né de lui. Voici comment nous reconnaissons que nous aimons les enfants de Dieu : lorsque nous aimons Dieu et que nous accomplissons ses commandements. Car tel est l’amour de Dieu : garder ses commandements ; et ses commandements ne sont pas un fardeau, puisque tout être qui est né de Dieu est vainqueur du monde. Or la victoire remportée sur le monde, c’est notre foi. Qui donc est vainqueur du monde ? N’est-ce pas celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu ? C’est lui, Jésus Christ, qui est venu par l’eau et par le sang : non pas seulement avec l’eau, mais avec l’eau et avec le sang. Et celui qui rend témoignage, c’est l’Esprit, car l’Esprit est la vérité.

Aujourd’hui je vous propose, avec st Jean dans la 2° lecture, de vous interroger : Qui donc est vainqueur du monde ? Pour y répondre il faut d’abord nous demander de quel monde parle-t-on ? Le monde c’est celui où nous évoluons et vivons : un monde fini, mortel, corruptible, théâtre des médiocrités des hommes et de leurs compromissions avec le mal et le péché. Ce monde là a déjà son maître qui règne sur lui en vainqueur depuis le péché originel : le Diable !

Ainsi le vrai vainqueur du monde, c’est celui qui l’arrache au pouvoir du diable et emporte la victoire sur lui. Il permet à ce monde de répondre enfin à sa vocation originelle : devenir le royaume de Dieu. Le vainqueur de ce monde c’est donc Jésus ! en effet ; sa mort et sa résurrection ont changé définitivement l’orientation de notre monde : En offrant sa vie sur la croix, Jésus a obtenu le pardon des péchés et par sa résurrection d’entre les morts, il a rendu possible l’avènement d’un monde nouveau. Ainsi la mort n’est plus la fin, mais devient le passage vers le royaume.

Voilà pourquoi St Jean, à la question « qui donc est vainqueur du monde ? » répond c’est celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu. En effet, frères et sœurs, croire que Jésus est le Fils de Dieu, c’est affirmer que Dieu a tenu ses promesses. C’est croire que Jésus a changé ce monde et l’a orienté vers Dieu le Père d’une manière définitive. Croire que Jésus est le Fils de Dieu c’est une démarche personnelle, une adhésion de foi à la personne de Jésus et à toutes les œuvres qu’il a accomplies.

Vaincre ce monde, c’est donc adhérer de tout notre être à Jésus : Alors interrogeons-nous en vérité : de quelle manière est-ce que j’adhère à Jésus ? Est-il seulement une béquille spirituelle à laquelle je m’accroche un peu pour me rassurer pendant cette vie dans ce monde ? Jésus est-il juste pour moi une morale qui a fait ses preuves et des valeurs qui garantissent un bon « vivre ensemble » ? Ou alors Jésus est-il le maitre de ma vie, le Berger qui me mènera par la mort à la vie éternelle auprès de Dieu ? Croyez-vous que votre baptême fait de vous des êtres nouveaux, déjà ressuscités, appelés à vivre dès ce monde comme des citoyens du Royaume de Dieu ? croyez-vous, pour ceux qui sont mariés, que Jésus a fait de vous, par le sacrement du mariage, les témoins de ce nouveau monde qu’il a inauguré. Qu’il a béni et assumé votre amour en le plongeant dans le sien ? Comprenez-vous qu’il vous a demandé de faire rayonner, par une vie de couple et de famille habitées de sa présence, la joie et le désir de l’éternité dans ce monde rongé par la culture de mort ?

Nous lisons dans la lettre de st Jean qu’aimer Dieu : c’est garder ses commandements. Cela signifie qu’un croyant qui a adhéré de tout son cœur à Jésus Christ conforme sa vie aux commandements de Dieu. Il fait des 10 commandements sa boussole pour avancer dans ce monde en homme de foi, juste et droit, honnête et responsable du bien de tous. Frères et sœurs, connaissez-vous les 10 commandements ? Votre vie, vos actes, vos paroles en sont-ils des reflets ? Car c’est à travers les actes et les paroles de votre vie que les non chrétiens vous regardent et qu’ils peuvent désirer le ciel. Tous ceux qui ignorent le Christ et la vie de foi ne peuvent maintenant aller à lui et se convertir qu’en vous voyant vivre !

Saint Thomas, apôtre (Ier siècle) - Présent

C’est cela que Jésus affirme à Thomas dans l’évangile : Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. Voir Jésus maintenant c’est regarder les chrétiens d’aujourd’hui. Et si tous regardaient bien, ils verraient resplendir la sainteté de beaucoup : celle des martyrs qui aujourd’hui encore, préfèrent mourir que renier leur Dieu. La sainteté des chrétiens de tous les temps : celle des fondateurs partout dans le monde des hôpitaux, des maisons de retraites ou des écoles pour tous ; celle des serviteurs des pauvres qui les aident à créer leur entreprise chez eux pour développer leur pays, qui se battent pour une écologie intégrale respectueuse de toute la création et de la dignité humaine ; la sainteté de ceux qui servent dans la joie les nécessiteux, qui consolent les affligés, etc. Car un chrétien sait que ce qu’il a fait à l’un de ses petits qui sont ses frères c’est à Christ qu’il l’a fait !

Alors posons-nous la bonne question : Sommes-nous, chacun à notre niveau, dans notre état de vie, les vainqueurs de ce monde ? sommes-nous, des témoins, des enracinés en Christ vivant selon ses commandements ? Si comme moi vous craignez de ne pas répondre toujours positivement alors il est temps de laisser le Christ nous sauver. Laissons-le pas la Sainte Communion semer en nous son royaume, afin que nous devenions un peu plus autour de nous ce que nous avons reçu en nous : les promesses du Royaume à venir. Amen

homélie du jour de Pâques, Résurrection du Seigneur

Elle est achevée la grande et sainte semaine, ils sont passés les jours de la Passion ! Une semaine pour vivre au plus près les derniers évènements terrestres de la vie de Jésus. Nous L’avons accompagné et contemplé alors qu’Il menait le combat pour notre Salut. Nous avons essayé de tenir fidèlement dans la prière et la méditation de son entrée triomphale à Jérusalem le dimanche des Rameaux à son repos dans le tombeau le Samedi Saint.

Jeudi, Jésus a fait de son dernier repas une « Eucharistie », une action de grâce. Et désormais, nous pouvons offrir à Dieu le Corps et le Sang de son Fils pour le pardon de nos péchés et recevoir sa vie en communion pour notre propre divinisation. Ensuite en s’agenouillant pour laver les pieds de ses disciples, Jésus nous invite à prendre et garder la place de serviteur, c’est-à-dire de devenir dans le monde ce que nous avons reçu dans la communion : un pain de charité, le Corps du Christ qui se met à genoux devant les hommes pour les servir. Noa et Elise souvenez-vous toujours de cela vous qui allez recevoir pour la première fois le Corps du Christ, vous allez devenir au fur et à mesure des différentes communions que vous recevrez le Corps du Christ, le pain vivant que Dieu offre au monde pour donner son amour à tous les humains.

Vendredi, nous avons fait mémoire de La Passion de Jésus. En subissant un procès et une mort injuste, en supportant flagellation, moquerie, humiliations et portement de la croix, Jésus transformait et purifiait notre nature humaine. Il a vécu cela pour chacun de nous, pour nous sauver personnellement de la mort et du péché, par ses blessures nous sommes guéris.

Samedi, jour du grand silence de Dieu. Jésus a été déposé dans un tombeau, dans les entrailles de la Terre d’où il descend aux enfers, c’est-à-dire dans le séjour des morts pour libérer l’humanité captive depuis la création du monde. Il transforma alors la mort en passage vers la Vie. Comme l’écrit Paul aux Colossiens : vous êtes passés par la mort, et votre vie reste cachée avec le Christ en Dieu.

Je crois en Toi, Seigneur ressuscité

Ce matin encore, l’Eglise exulte d’allégresse car son époux, le Seigneur Jésus Christ, remonte victorieux des enfers. Sa vie offerte jusqu’au bout brise à tout jamais les portes de la mort. La lumière de la Vie a définitivement vaincu les ténèbres de la mort, voilà pourquoi brille maintenant dans le Chœur de notre église le Cierge Pascal. A cette lumière nouvelle nous comprenons enfin, en relisant les grands passages de l’Histoire sainte, combien Dieu, jusqu’à aujourd’hui, fait des merveilles pour nous sauver. L’eau que nous avons bénie ce matin lors de la veillée pascale va servir maintenant au baptême d’Emilio-Adrian et de Felipe-Antonio. Le baptême est un pont qui permet aux croyants, guidés par l’Esprit-Saint et dotés des vertus de foi, d’espérance et d’amour, d’aller à la rencontre du Seigneur Dieu pour vivre avec lui pour la vie éternelle.

Chers frères et sœurs baptisés, chers Noa, Elise, Emilio-Adrian et Felipe-Antonio laissez l’Esprit Saint agir en vous. Laissez votre vie, votre âme et votre corps bondir de joie sous son impulsion ! Pourquoi ? Parce que vous êtes les enfants bien-aimés de Dieu le Père. De toute éternité, chacun de vous a été voulu et désiré par Dieu. Par la résurrection du Christ son Fils, Dieu vous sauve, vous rachète et vous enfante à la vie éternelle : désormais vous êtes comme des dieux. Votre baptême a fait de vous des frères du Christ, des fils et des filles bien-aimés de Dieu !

Alors désormais tournons notre regard vers les réalités d’en haut et vivons vraiment en ressuscité. Vivre en ressuscité c’est servir la culture de la vie et de l’amour : accueillir sans condition l’enfant à naître, prendre soin et accompagner les personnes en fin de vie, refuser toute falsification du mariage et de la famille, élever ses enfants pour en faire de bons et grands serviteurs de l’humanité, c’est enfin refuser toute chosification ou marchandisation de l’être humain ! Aujourd’hui nous n’avons qu’à dire oui à Dieu le Père, dire oui à Jésus le Christ, dire oui à l’Esprit Saint, pour qu’ils viennent en nous et nous transforment. Avec Jésus ressuscité sortons des tombeaux de la culture de mort, choisissons de servir la vie !

Dans un instant nous allons célébrer l’Eucharistie qui transforme le pain et le vin en Corps et Sang du Christ. Par notre communion nous disons au Christ : « viens en moi, Seigneur, vit en moi Jésus ». Recevoir la communion c’est reconnaître que le Christ est vivant et ressuscité, c’est faire le plus grand des actes de foi et d’espérance. Alors si vous adhérer à la foi de l’Eglise qui proclame la mort et la Résurrection de Jésus Christ, soyez de vrais témoins pour Noa, Elise, Emilio et Felipe et venez et mangez son Corps livré pour que vous deveniez vous aussi, pour tant d’humains dans ce monde qui sont sans espérance et assoiffé de la Vie et de la Vérité, du bon pain, croustillant d’amitié et de joie, de foi et d’espérance. Devenez témoins, par votre vie, de la grande espérance chrétienne ! Amen

homélie du Vendredi Saint : Passion du Seigneur

Homélie du 13eme dimanche : le serviteur souffrant - Site ...

Lecture du livre du prophète Isaïe : Mon serviteur réussira, dit le Seigneur ; il montera, il s’élèvera, il sera exalté ! La multitude avait été consternée en le voyant, car il était si défiguré qu’il ne ressemblait plus à un homme ; il n’avait plus l’apparence d’un fils d’homme. Il étonnera de même une multitude de nations ; devant lui les rois resteront bouche bée, car ils verront ce que, jamais, on ne leur avait dit, ils découvriront ce dont ils n’avaient jamais entendu parler. Qui aurait cru ce que nous avons entendu ? Le bras puissant du Seigneur, à qui s’est-il révélé ? Devant lui, le serviteur a poussé comme une plante chétive, une racine dans une terre aride ; il était sans apparence ni beauté qui attire nos regards, son aspect n’avait rien pour nous plaire. Méprisé, abandonné des hommes, homme de douleurs, familier de la souffrance, il était pareil à celui devant qui on se voile la face ; et nous l’avons méprisé, compté pour rien. En fait, c’étaient nos souffrances qu’il portait, nos douleurs dont il était chargé. Et nous, nous pensions qu’il était frappé, meurtri par Dieu, humilié. Or, c’est à cause de nos révoltes qu’il a été transpercé, à cause de nos fautes qu’il a été broyé. Le châtiment qui nous donne la paix a pesé sur lui : par ses blessures, nous sommes guéris. Nous étions tous errants comme des brebis, chacun suivait son propre chemin. Mais le Seigneur a fait retomber sur lui nos fautes à nous tous. Maltraité, il s’humilie, il n’ouvre pas la bouche : comme un agneau conduit à l’abattoir, comme une brebis muette devant les tondeurs, il n’ouvre pas la bouche. Arrêté, puis jugé, il a été supprimé. Qui donc s’est inquiété de son sort ? Il a été retranché de la terre des vivants, frappé à mort pour les révoltes de son peuple. On a placé sa tombe avec les méchants, son tombeau avec les riches ; et pourtant il n’avait pas commis de violence, on ne trouvait pas de tromperie dans sa bouche. Broyé par la souffrance, il a plu au Seigneur. S’il remet sa vie en sacrifice de réparation, il verra une descendance, il prolongera ses jours : par lui, ce qui plaît au Seigneur réussira. Par suite de ses tourments, il verra la lumière, la connaissance le comblera. Le juste, mon serviteur, justifiera les multitudes, il se chargera de leurs fautes. C’est pourquoi, parmi les grands, je lui donnerai sa part, avec les puissants il partagera le butin, car il s’est dépouillé lui-même jusqu’à la mort, et il a été compté avec les pécheurs, alors qu’il portait le péché des multitudes et qu’il intercédait pour les pécheurs.

Quel poignant portait du serviteur souffrant que celui qu’Isaïe trace dans la première lecture. Le cœur et l’âme d’un chrétien ne peut y contempler que celui de Jésus. Il ne peut reconnaître que l’amour absolu qui va jusqu’au bout de sa logique : se donner tout entier pour sauver l’humanité tout entière. Descendre au plus bas de l’homme pour élever l’homme au plus haut, jusque dans les cieux en lui, à la droite du Père. Oui Jésus dont le nom signifie comme vous le savez « Dieu sauve », restaure l’humanité par sa Passion en prenant sur lui ce qui la défigurait depuis les origines. Ce Fils de Dieu fait serviteur des hommes en revêtant lui-même leur humanité, était si défiguré qu’il ne ressemblait plus à un homme ; qu’il n’avait plus l’apparence d’un fils d’homme. D’une certaine manière il a rendu visible à nos yeux aveuglés par le péché, l’abomination d’une vie humaine au rabais, d’une vie humaine prise dans les griffes du péché et de la mort, d’une vie très en deçà de sa vocation première d’image et de ressemblance de Dieu !

Oui, Jésus dans sa Passion fait peur à voir, son aspect n’avait rien pour nous plaire comme le rappelle Isaïe, car il nous révèle ce que sommes vraiment quand le mal nous soumet et que la haine nous habite. Oui c’est un choc de contempler sur lui la noirceur de l’âme humaine, la pauvreté d’une vie soumise à l’esprit du monde, esprit moqueur, pusillanime. Oui ce qu’il nous renvoie c’est l’image d’une humanité abîmée, égoïste.   Méprisé, abandonné des hommes, homme de douleurs, familier de la souffrance, il était pareil à celui devant qui on se voile la face ; et nous l’avons méprisé, compté pour rien.

Mais cela est salvateur, nous ne devons pas fermer les yeux sur ce visage-là. Voir les ravages de nos péchés sur l’innocent Jésus nous permet de nous en rendre compte, il nous oblige à ouvrir les yeux et aussi à reconnaître que lui seul peut combler cet abîme de déchéance. En fait, c’étaient nos souffrances qu’il portait, nos douleurs dont il était chargé. Le châtiment qui nous donne la paix a pesé sur lui : par ses blessures, nous sommes guéris.

Faisons bien attention de ne pas croire que cela est pour les autres, qu’eux seuls sont pécheurs. La passion de Jésus, sa croix, sa couronne, sa flagellation : il les a supportées pour chacun de nos nombreux péchés. C’est chacun de nous qu’il restaure dans sa passion. Osons même dire que nous sommes tous et chacun la raison de sa Passion. Pour ne perdre aucun de nous, il choisit de donner tout ce qu’il est et ce qu’il a, toute sa vie.

la prière du père Poucel que je vous partage souvent m’a permis de comprendre qu’elle est ma part dans la Passion du Seigneur, je vous en livre un extrait :

Pour préparer notre Semaine sainte, regarder Jésus Crucifié

Seigneur, dites-moi encore ceci. Pendant ces heures, dites-moi de quoi Vous avez le plus souffert ? 
Jésus : « De toi » 
Hélas, Jésus, Vous portiez les péchés de tous, leur poids s’accumulait ; mais dites-moi de quelle épine j’ai percé Votre front. 
Jésus : « De toutes » 
Quoi, Seigneur, et c’est moi aussi qui Vous ai flagellé, et moi qui Vous ai cloué, et moi qui Vous ai tué ! Et les autres alors, Seigneur, les autres qu’ont-ils fait ? 
Jésus : « Ma passion c’est toi » 
Mon Sauveur, Votre âme n’était-elle pas alors dans la détresse et la crainte. Dites-moi ce que Vous avez redouté le plus. 
Jésus : « Te perdre » 
Oui, Seigneur, je le sais, les âmes perdues rendent inutile Votre passion. Mais dites, est-il grand le nombre de ceux qui se perdent? Est-il vrai que ce nombre est plus grand que celui des élus ? 
Jésus : « Je perds tout, si je te perds » 
Mais encore, Seigneur, que voulez-Vous, que désiriez-Vous le plus en ce moment ? 
Jésus : « Te sauver » 
Vous mourriez pour tous les hommes, et Vous aviez soif de les sauver tous. Pour tant d’hommes qui causaient Votre désir ardent, un seul eût-il pu Vous désaltérer ? 
Jésus : « J’ai soif de toi » 

Alors frères et sœurs ce soir, désaltérons le Seigneur en nous offrant à Lui ! Amen

homélie du Jeudi Saint : Cène du Seigneur

Nous avons tous vu, dans des films au moins, le dernier repas d’un condamné à mort. Lors de celui-ci on lui sert le repas qu’il désire. Cela va du minimum au plus fastueux comme je l’ai découvert en surfant sur internet. Tous se sont plus ou moins rempli la panse avant de mourir, afin de profiter une dernière fois des délices de cette terre….

Mais si tous les condamnés à mort ne vivent pas leur dernier repas sur terre de la même manière, Ils l’ont tous vécu pour eux, pour un dernier plaisir personnel. Un seul, le Seigneur Jésus en fit un moment unique. En effet, lors de son dernier repas avec les siens le Seigneur Jésus, offre sa propre vie en nourriture et transforme ce dernier repas en un repas qui sera actualisé par les mains des prêtres, jusqu’à la fin des temps ; pour qu’à travers les siècles et sur toute la terre il puisse être partagé par tous les convives croyants en Jésus mort et ressuscité.

L'eucharistie, c'est quoi ? - La Résurrection du Christ

Ce repas nous l’appelons Eucharistie. Quel mot merveilleux, car si vous vous promenez en Grèce vous l’entendrez souvent prononcer car il signifie « merci ». Oui ce repas où Jésus se donne en nourriture pour tous les croyants est un grand merci ! Merci à qui , merci de quoi, merci pour quoi?

D’abord merci à Dieu le Père car en célébrant la messe nous Le remercions pour toutes les merveilles qu’Il a accomplies pour nous sauver :

Il a libéré son peuple élu de l’esclavage : Le sang de l’agneau immolé qui recouvre le linteau et les deux montants des portes des maisons juives protège leurs habitants du fléau dont Dieu frappera le pays d’Égypte. Et désormais ce jour-là sera pour eux un mémorial qu’il faudra fêter d’âge en âge.

Le Père a aussi libéré tous les hommes de l’esclavage du péché : le sang de Jésus son Fils, le véritable agneau immolé, flagellé et crucifié protège de la mort éternelle ceux qu’il a marqués. Et pour nous aussi, comme st Paul le rappelle dans sa 1° lettre aux Corinthiens, Jésus nous commande de faire cela en mémoire de Lui.

Ensuite célébrer l’eucharistie c’est remercier Dieu du don que son Fils Jésus a consenti à faire pour sauver tous ceux qui croiront en Lui. Oui l’Eucharistie est un mémorial. C’est-à-dire qu’on se souvient à chaque messe que Jésus a offert sa vie sur la croix pour nous sauver et d’une certaine manière Il continue de le faire, c’est-à-dire de s’offrir à Dieu son Père jusqu’à la fin des temps, afin que tous puissent avoir accès au salut. Pour cela on dit de l’Eucharistie qu’elle est le renouvellement non sanglant du sacrifice de la croix.

Enfin célébrer l’Eucharistie c’est remercier Dieu le Père de nous donner autant que nous en avons besoin, son Fils en nourriture. Pour que nous soyons peu à peu des êtres divinisés, Jésus donne sa vie en nourriture aux hommes. Il consent à faire de nos pauvres corps la maison qu’Il a plaisir à habiter. Il nous transforme en ce qu’Il est lui-même. Communion après Communion nous devenons le Corps du Christ. Et Pour cela, pour ce cadeau qui dépasse tout ce que nous pouvons imaginer, chaque dimanche c’est notre merci qui monte vers le Père, pour un si grand don.

Déjà le psalmiste se demandait Comment rendrai-je au Seigneur tout le bien qu’il m’a fait ? Et nous-mêmes cherchant à répondre à cette question nous ne pouvons que répondre par notre présence à la messe le dimanche. Notre fidélité à l’eucharistie dominicale et même journalière pour ceux qui le peuvent est la réponse chrétienne qui s’appuie sur les paroles du psaume : J’élèverai la coupe du salut et Je t’offrirai le sacrifice d’action de grâce. Oui par notre participation à la messe nous rendons grâce à Dieu en lui offrant le seul cadeau digne de lui : le Corps et le Sang de son Fils, le seul sacrifice que Dieu puisse vraiment recevoir et agréer.

Revelationbible

Voilà pourquoi l’Eglise ne peut pas vivre sans prêtres. Ils sont ceux qui ont offert leur vie à Dieu pour qu’Il les configure à son Fils. Les prêtres prêtent leur pauvre humanité à Jésus pour qu’Il puisse nourrir de sa Vie le peuple des croyants. Et Jésus compte sur chaque membre de son peuple pour qu’Il devienne à son tour son bon pain, son corps en nourriture, pour le monde. Telle est l’articulation entre le ministère sacerdotal et le ministère baptismal. Pour que tous les baptisés soient serviteurs, c’est-à-dire deviennent des ‘lavant les pieds de leurs frères’ quelques-uns parmi eux sont configurés au Christ, revêtent le Christ pour les nourrir du Vrai Pain de Vie, le Corps du Ressuscité.

Alors prions avec insistance, non seulement pour que de nombreux jeunes hommes de notre doyenné entendent l’appel du Seigneur à devenir prêtres et y répondent joyeusement, mais aussi pour que chacun de vous ne cesse jamais de trouver sa joie au service de tous les hommes et pour leur salut. Amen

homélie du dimanche des Rameaux

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc : Ils amenèrent le petit âne à Jésus, le couvrirent de leurs manteaux,
et Jésus s’assit dessus. Alors, beaucoup de gens étendirent leurs manteaux sur le chemin, d’autres, des feuillages coupés dans les champs. Ceux qui marchaient devant et ceux qui suivaient criaient :  Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Béni soit le Règne qui vient, celui de David, notre père. Hosanna au plus haut des cieux ! »

        

Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ...

La Passion selon st Marc : Pilate, voulant contenter la foule, relâcha Barabbas et, après avoir fait flageller Jésus, il le livra pour qu’il soit crucifié. Les soldats l’emmenèrent à l’intérieur du palais, c’est-à-dire dans le Prétoire. Alors ils rassemblent toute la garde, ils le revêtent de pourpre, et lui posent sur la tête une couronne d’épines qu’ils ont tressée. Puis ils se mirent à lui faire des salutations, en disant : « Salut, roi des Juifs ! » Ils lui frappaient la tête avec un roseau, crachaient sur lui, et s’agenouillaient pour lui rendre hommage.   Quand ils se furent bien moqués de lui,
ils lui enlevèrent le manteau de pourpre, et lui remirent ses vêtements. Puis, de là, ils l’emmènent pour le crucifier, et ils réquisitionnent, pour porter sa croix, un passant, Simon de Cyrène, le père d’Alexandre et de Rufus, qui revenait des champs. t ils amènent Jésus au lieu dit Golgotha, ce qui se traduit : Lieu-du-Crâne (ou Calvaire). Ils lui donnaient du vin aromatisé de myrrhe ; mais il n’en prit pas. Alors ils le crucifient, puis se partagent ses vêtements,
…… Les passants l’injuriaient en hochant la tête ;  …. De même, les grands prêtres se moquaient de lui avec les scribes,…
Même ceux qui étaient crucifiés avec lui l’insultaient. ….. Quand arriva la sixième heure l’obscurité se fit sur toute la terre jusqu’à la neuvième heure. Et à la neuvième heure,……….. Jésus, poussant un grand cri, expira.

Crucifixion - Wikiwand

Quel contraste entre le début de notre célébration et le récit de la Passion que nous venons d’entendre. Tout à l’heure nous étions dans la joie et la liesse brandissant nos rameaux, maintenant nous versons des larmes avec les quelques femmes restées au pieds de la croix. Tout à l’heure nous avions le cœur gonflé du bonheur de voir une foule en fête autour de Jésus, maintenant nous le contemplons homme de souffrance, le dos déchiré par les fouets et encore meurtri par la croix. Tout à l’heure, la ville de Jérusalem tout entière accueillait Jésus humblement porté sur un âne ; maintenant il n’y a plus que des hommes qui insultent, moquent et rejettent Jésus humblement cloué sur la croix en dehors de Jérusalem.

C’est pourtant le même Jésus, le même ami qui vit ces deux extrêmes des comportements humains à son égard. Ce qui interroge c’est la vérité de fidélité, de notre fidélité au Seigneur Jésus.

Durant l’année nous contemplons chaque dimanche Jésus qui fait des miracles, qui relève, qui guéri, qui enseigne avec bonheur et facilité, qui touche les cœurs en restaurant les corps ; et alors il n’est pas difficile d’aimer et de suivre ce Jésus-là : un Jésus fort, puissant, rempli de vie et de joie : un Dieu fait homme comme on l’attendait.

Maintenant et durant toute la semaine sainte, l’Eglise nous donne à contempler Jésus en sa Passion : Jésus courbé sous le poids de la croix et souffrant les outrages des juifs et des romains. Jésus qui tombe, Jésus qui vacille et trébuche, Jésus qui peine devant le péché du monde, Jésus qui crie sa peur à Dieu : « Pourquoi m’as-tu abandonné ? ». Il est alors beaucoup plus âpre d’adhérer et de suivre ce Jésus-là. Comment aimer celui qui paraît comme un perdant, un looser, comment aimer celui qui est désormais faible et mourant sur la croix, comment reconnaître un Dieu dans cet homme là ?

Ne nous leurrons pas sur notre fidélité, elle eut été certainement la même que celle des disciples, l’un l’a trahi, l’autre l’a renié, les autres l’ont abandonné. Seules demeurent quelques femmes fidèlement au pied de la croix.

Eh bien c’est vers ces femmes que je vous invite à tourner votre regard pendant la semaine, vers elles qui croient contre toute espérance, elles qui voient ce qu’aucun autre ne voit : C’est quand Jésus est le moins semblable à Dieu tel qu’on l’imagine, qu’il est le plus Dieu tel qu’on en a besoin.

Sur la croix, Jésus, c’est-à-dire « Dieu Sauve », cloue le péché, tue la mort à jamais, libère l’homme pécheur, restaure l’humanité dans sa gloire.

Pendant cette semaine, aiguisons notre regard et sachons voir qu’au-delà des fausses évidences, aujourd’hui comme hier, Dieu nous sauve sur la croix. Alors laissons-le nous sauver, accueillons notre salut en recevant sa vie en nourriture ! Amen

homélie du 5° dimanche de carême C

Le blé de l'été est semé
si il meurt il porte beaucoup de fruit….

Lecture du livre du prophète Jérémie.  voici quelle sera l’alliance que je conclurai avec la maison d’Israël quand ces jours-là seront passés – oracle du Seigneur. Je mettrai ma Loi au plus profond d’eux-mêmes ; je l’inscrirai sur leur cœur. Je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple. …. Car tous me connaîtront, des plus petits jusqu’aux plus grands – oracle du Seigneur. Je pardonnerai leurs fautes, je ne me rappellerai plus leurs péchés.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean :  .Jésus leur déclare : « L’heure est venue où le Fils de l’homme doit être glorifié. Amen, amen, je vous le dis : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit….

Lecture de la lettre aux Hébreux : Le Christ.. apprit par ses souffrances l’obéissance et, conduit à sa perfection, il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent la cause du salut éternel.

Nous poursuivons notre chemin vers Jérusalem, accompagnant le Seigneur Jésus qui doit y vivre sa Passion. Il s’agit pour le Seigneur de mener à son terme et de sceller en sa chair pour l’éternité l’Alliance nouvelle promise par Dieu est annoncée ce matin dans la première lecture par le prophète Jérémie. Celui-ci en donne le contenu ; Jésus dans l’évangile en livre la manière, le rédacteur de l’épître aux Hébreux en exprime la portée.

1-            Le contenu. « Voici venir des jours – oracle du Seigneur –, où je conclurai avec la maison d’Israël et avec la maison de Juda une alliance nouvelle ». Cette promesse, tous les prophètes l’ont relayée de la part du Seigneur qui est viscéralement attaché au peuple qu’il a élu. Jérémie nous éclaire sur son contenu :

Le désir de Dieu est que chaque membre de son peuple le connaisse, des plus petits jusqu’aux plus grands. Oui Dieu veut contracter une alliance personnelle avec chacun. Comment ? Eh bien Il annonce qu’il mettra sa Loi au plus profond d’eux-mêmes ; qu’il l’inscrira sur leur cœur. Oui sa loi ne sera plus des préceptes extérieurs inscrits sur des tables de pierre, mais des règles de vie gravées directement par l’Esprit Saint sur le cœur des croyants. En effet, jusqu’alors les lois, extérieures à l’homme, révélaient le péché des hommes, mais ne pouvaient pas les en sauver. Désormais par le baptême, qui détruit en nous le péché originel et l’inclination au mal qui en découlait, l’Esprit Saint nous rend capable d’agir vraiment selon la loi de Dieu, nous pouvons aimer comme lui. Voilà pourquoi le Seigneur annonce qu’il pardonnera leurs fautes, qu’il ne se rappellera plus leurs péchés. Pour que l’alliance soit totale entre Dieu et les membres de son peuple, Il doit rendre la nature humaine pleinement capable de participer à sa vie divine et pour cela la purifier du péché. Et le seul qui puisse réaliser cela, c’est Jésus son Fils. Pleinement Dieu il se fera pleinement homme pour rendre l’homme pleinement capable de vivre de la vie de Dieu, d’être divinisé. Ainsi grâce au Christ et en croyant en lui chacun peut personnellement faire alliance avec Dieu !

2-            La manière. Notre divinisation est un processus qui commence avec notre baptême et se terminera à la résurrection des corps à la fin des temps. Elle va d’étape en étape vers sa pleine réalisation. Jésus dans l’Evangile nous le fait bien saisir quand il affirme : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. Par ces mots le Seigneur nous rappelle que si la mort est irrémédiable, mourir devient le chemin qui mène à la Vie, et même à la vie augmentée ! C’est un paradoxe : il faut mourir pour renaître et même, comme le grain de blé semé, porter un fruit plus abondant en jaillissant de la terre après s’être décomposé dans le sol ! En effet, un grain de blé semé donnera un bel épi, de même le Seigneur semé avec son corps mortel dans le tombeau, jaillira, ressuscité, au matin de Pâques avec un corps augmenté, un corps transfiguré et glorieux. Et cela ne s’arrête pas là, car après la résurrection il y a encore l’Ascension qui vient achever ce cheminement : c’est avec son corps d’homme transfiguré qu’il monte au ciel rendant ainsi capable la nature humaine d’être unie à la nature divine.

3-            La portée. Jésus a été le premier à passer toutes les étapes d’un processus que nous aurons chacun à vivre en temps et en heure. C’est ce que l’épître aux Hébreux nous livre : « Lui le Fils qui apprit par ses souffrances l’obéissance, a permis que s’opère le salut du monde. Il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent la cause du salut éternel. »

Jésus a pris notre nature humaine, sur la croix il l’a libérée du péché et de la mort définitive. En ressuscitant il l’a restaurée dans son état d’avant le péché et par son Ascension à la droite du Père il l’a rendue capable de participer à sa nature divine. Il a divinisé notre humanité ! C’est bien la mort, la résurrection du Christ et son Ascension qui nous rendent capables d’être divinisé.

Ainsi la glorification du Seigneur annonce la nôtre. Notre propre vie humaine, mise en terre à notre mort, jaillira dans un corps transfiguré, dans le royaume des cieux pour la vie éternelle. Comment ? Grâce aux sacrements que nous aurons reçus durant notre vie sur terre. Peu à peu, notre baptême, nos réconciliations, nos communions au Corps du Christ sèment en nous la vie éternelle, transmettant à notre corps la capacité de ressusciter au jour que Dieu choisira. Alors nous jaillirons glorieux, pour vivre à Jamais avec le Seigneur l’Alliance qu’Il avait promise depuis la nuit des temps ! Que notre communion ce matin et notre confession avant Pâques poursuivent le processus de divinisation de notre vie. Amen

homélie du 4° dimanche de carême c

JÉSUS, LUMIÈRE DES HOMMES | Adoration Divine - Prie, Agis ...

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean En ce temps-là, Jésus disait à Nicodème : « De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle. Car Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. Celui qui croit en lui échappe au Jugement, celui qui ne croit pas est déjà jugé, du fait qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu. Et le Jugement, le voici : la lumière est venue dans le monde, et les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises. Celui qui fait le mal déteste la lumière : il ne vient pas à la lumière, de peur que ses œuvres ne soient dénoncées ; mais celui qui fait la vérité vient à la lumière, pour qu’il soit manifeste que ses œuvres ont été accomplies en union avec Dieu

Venir à la lumière. Cette expression peut avoir différents sens. Comme celui d’une naissance, car celui qui naît vient pour la première fois la lumière. Ou celui d’une sortie d’épreuve, car on dit d’une personne qui fut éprouvée qu’elle voit enfin la lumière ! On vient aussi à la lumière quand on a du succès, qu’on devient célèbre. On utilise encore cette expression quand on désire regarder de près un objet : pour cela nous avons besoin d’aller vers une source de lumière pour profiter au mieux de tous ses détails. Enfin venir à la lumière c’est faire la vérité sur une situation, une réaction, toute une vie parfois afin de les voir telles qu’elles sont.

Et dans la foi, que signifie « venir à la lumière » ? Jésus dit de lui-même qu’il est la Lumière du monde, alors « venir à la Lumière » c’est venir à Jésus. Et l’on vient à Lui par le baptême qui nous fait naître à la vie divine. Venir à Jésus ce peut être aussi lui demander d’éclairer notre chemin de vie, d’être notre guide et notre soutien pour retrouver le chemin de la foi lors de la traversée d’une grande épreuve. Enfin, quand l’obscurité du péché recouvre de sa nuit toute notre vie, venir à Jésus c’est accepter qu’il devienne la Lumière qui éclaire notre cœur et notre intelligence pour y faire la vérité et y débusquer les mensonges.

Donc « venir à la lumière » c’est autant s’exposer au regard des autres qu’à celui de Dieu. C’est donner à voir les détails de ce qui est beau, de ce qui est vrai, de nos motivations, etc.… c’est pourquoi Jésus dit que celui qui fait la vérité vient à la lumière.

Ainsi viendront à la lumière et exposeront leur vie ceux qui travaillent et vivent avec droiture, se laissant conduire par la justice et la vérité. Ceux-là nous les connaissons tous, il s’agit des saints, ce peuple immense de témoins au ciel et sur la terre qui ont sans cesse laissé la lumière du Christ être leur guide, le phare qui éclaire les décisions de leur vie. Un saint ne craint pas la lumière, non pas parce qu’il est parfait, mais parce qu’il se sait aimer en vérité par Dieu.

En effet, on pourrait imaginer qu’un saint vienne à la lumière car il ne commet pas de péché. Et bien c’est tout le contraire, un saint a toujours une conscience aigüe de sa faiblesse et de son péché, mais cela n’est pas pour lui un drame, mais seulement l’occasion de se souvenir de sa vraie nature humaine et de ressentir la joie du pardon, de la réconciliation et du relèvement. Venir à la lumière pour les pécheurs que nous sommes, c’est exposer notre vie à Dieu pour qu’il nous fasse sans cesse renaître à une vie plus fidèle, plus belle, plus conforme à sa volonté. Et le signe que nous accueillons sa miséricorde et son pardon, c’est notre capacité à faire le bien, comme le rappelle st Paul dans sa lettre aux Ephésiens : Dieu nous a créés dans le Christ Jésus, en vue de la réalisation d’œuvres bonnes qu’il a préparées d’avance pour que nous les pratiquions.

Voilà qui est rassurant, nous sommes faits pour la lumière, la vérité, la beauté, la bonté, la justice et le droit. Le psaume 84 rappelle qu’en toute vie doivent se croiser et travailler ensemble l’amour et la vérité, la justice et la paix. Osons donc humblement nous en remettre au Seigneur Jésus et laissons-nous éclairer par sa lumière. Prenons le temps durant ce carême de faire un véritable examen de conscience, pour que la lumière de Dieu éclaire en vérité toute notre vie et que Jésus puisse la sauver comme il le rappelle dans l’évangile, Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé.

Finalement, lever les yeux vers la croix, ce n’est pas tant regarder ce que notre péché a fait subir au Seigneur Jésus que de voir jusqu’où va l’amour de Dieu pour nous. Il ne s’agit pas de développer une curiosité malsaine qui cherche à savoir qu’elle épine de la couronne perce le front du Christ de mon péché ou qu’elle goute de son sang Jésus verse pour mon salut sur la croix, mais bien plus de comprendre que toute la couronne d’épine, tout son sang il les offre à son Père pour me sauver aujourd’hui !

Être témoin de Jésus aujourd’hui c’est d’abord redire aux personnes que nous croyons que la lumière du Christ n’est pas là pour pointer les péchés et les faiblesses, mais pour révéler à chaque âme l’amour dont Dieu les aime. Frères et sœurs, être témoins du Christ c’est accepter de paraitre dans ce monde non comme des surhommes à la morale impeccable, mais comme des pécheurs qui acceptent avec joie que la lumière de la vérité et du pardon divin éclaire leur vie et lui donne sens. Nos contemporains ont besoin de notre exemple pour redécouvrir le chemin de la foi qui mène au salut car Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle.

Alors mes amis faites-vous témoins du salut pour vos frères et soeurs, venez à la lumière et amenez-les aussi à la lumière du pardon et de la réconciliation. Amen

homélie 3° dimanche de carême C

Embracing the hopelessness of Holy Saturday – Baptist News ...

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean Comme la Pâque juive était proche, Jésus monta à Jérusalem. Dans le Temple, il trouva installés les marchands de bœufs, de brebis et de colombes, et les changeurs. Il fit un fouet avec des cordes, et les chassa tous du Temple, ainsi que les brebis et les bœufs ; il jeta par terre la monnaie des changeurs, renversa leurs comptoirs, et dit aux marchands de colombes : « Enlevez cela d’ici. Cessez de faire de la maison de mon Père une maison de commerce. » Ses disciples se rappelèrent qu’il est écrit : L’amour de ta maison fera mon tourment. Des Juifs l’interpellèrent : « Quel signe peux-tu nous donner pour agir ainsi ? » Jésus leur répondit : « Détruisez ce sanctuaire, et en trois jours je le relèverai. » Les Juifs lui répliquèrent : « Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce sanctuaire, et toi, en trois jours tu le relèverais ! » Mais lui parlait du sanctuaire de son corps. Aussi, quand il se réveilla d’entre les morts, ses disciples se rappelèrent qu’il avait dit cela ; ils crurent à l’Écriture et à la parole que Jésus avait dite. Pendant qu’il était à Jérusalem pour la fête de la Pâque, beaucoup crurent en son nom, à la vue des signes qu’il accomplissait. Jésus, lui, ne se fiait pas à eux, parce qu’il les connaissait tous et n’avait besoin d’aucun témoignage sur l’homme ; lui-même, en effet, connaissait ce qu’il y a dans l’homme.

Lentement nous progressons vers la joie pascale, et les privations que nous avons consenties à faire par amour de Dieu et des autres, commencent à porter du fruit. Le fruit principal est de mesurer notre fidélité au Seigneur en résistant à la tentation de rompre nos jeûnes, d’omettre nos prières ou de retrouver le confort de notre égoïsme quotidien. C’est souvent le combat spirituel que nous avons à mener pour demeurer fidèle au Christ, qui dit la profondeur de notre engagement à vivre sérieusement le carême.

Et l’Eglise, en ce troisième dimanche de carême, nous invite à fixer notre regard sur l’essentiel. Pour prendre la route et faire les efforts qu’il faut pour tenir dans la fidélité il faut savoir où l’on va. Pour mener à bien le combat spirituel…il faut bien savoir pour quoi on se bat. En un mot quel est l’objectif de mon carême ?

Que comptons-nous trouver au bout de notre carême ? Quel est le but que nous désirons atteindre ? Est-ce de faire homologuer un record dans le livre des records ? Est-ce de retrouver notre ligne excessivement arrondie par une vie trop sédentaire ? Est-ce de purifier notre âme alourdie par nos péchés? Est-ce de revivifier une relation trop distendue  au Christ ou à son Eglise? Est-ce de redécouvrir de quel amour Dieu nous aime et de le laisser nous aimer ainsi ?

Ce dimanche, en tout cas, l’Eglise par les textes de la liturgie nous invite à privilégier comme objectif de carême la (re)découverte de l’amour de Dieu par deux voies complémentaires : l’Eucharistie et la croix.

1/ l’Eucharistie : A travers l’Evangile, Jésus nous supplie de réaliser ce qu’il apporte de nouveau dans notre monde. Il est Dieu fait homme, le Fils éternel incarné, venu à la rencontre des hommes. Dieu n’est plus caché, dans le saint des saints, derrière un rideau dans le Temple de Jérusalem, il marche et vit au milieu des hommes. C’est un corps d’homme qui est désormais le temple de Dieu, sa présence réelle parmi les hommes. Il y a 2000 ans des hommes ont pu approcher de Dieu, le toucher de leurs mains, lui parler, le prendre dans leurs bras, le regarder face à face. En Jésus Dieu se rend visible, il devient palpable, il entre en dialogue, il se fait tendresse.

Vous comprenez mieux alors le sommet d’amour que représente l’Eucharistie pour les hommes de tous les temps, car en elle, par elle, le Christ notre Dieu, se rend visible, se laisser saisir par nos mains et nous procure la tendresse du Père. L’Eucharistie c’est Dieu qui vient à notre rencontre, Dieu qui vient vivre en nous.

L’objectif de ce carême peut donc être de remettre l’Eucharistie au centre de notre vie. Redécouvrons que l’Eucharistie n’est pas une heure dans la semaine, mais la semaine en une heure. Réalisons que la communion au corps du Christ irrigue toute notre vie durant la semaine (ou la journée si nous communions quotidiennement). Communier au Corps du Christ, c’est laisser la vie de Dieu couler dans nos veines !

Alors prenons le temps de vivre la messe du dimanche, de nous y préparer et même pour ceux qui le peuvent d’y venir en semaine. Et Chaque jour, en pensée, ou encore mieux, en acte, faites une visite à Jésus-Hostie à l’église et prenez un temps d’adoration, de louange, comme nous y invitait l’évêque dimanche dites-lui simplement « parle Seigneur ton serviteur écoute ».

2/ La Croix. Nous trouvons aussi la proximité de Dieu dans le mystère de la croix. Cette folie de l’amour de Dieu pour les hommes révèle la sagesse divine. Pour se faire proche non seulement Dieu s’est fait nourriture, mais il s’est aussi fait solidaire de toute souffrance. Car l’homme ne fait pas que manger, il passe aussi une partie de sa vie dans la souffrance. Et Jésus vient nous rejoindre là aussi. La souffrance est née de l’imperfection du monde, de la corruption des cœurs et des intelligences. La sagesse de Dieu n’est pas de nier cette souffrance de l’homme, mais de la vivre avec lui, de la dépasser avec lui, de la guérir en lui. Notre Dieu est un Dieu qui passe les épreuves avec nous, un Dieu qui vient souffrir avec nous. C’est la folie de l’amour de Dieu pour nous qui le porte à accepter le bois de la croix. Il peut ainsi nous rejoindre dans nos épreuves, les traverser à nos côtés, car sur la croix il s’est fait pour toujours solidaire de ceux qui souffrent. Le Christ de fait, est en agonie jusqu’à la fin des temps comme l’écrivait st Léon le Grand. Certes il est dans la gloire, mais il continue de donner sa vie en offrande à son Père pour nous soutenir et nous aider dans nos épreuves. Cela signifie que nous ne serons plus jamais seuls, Dieu nous rejoint toujours en Jésus.

La liturgie des heures nous propose de commencer chaque journée de carême en chantant le refrain suivant : « les yeux fixés sur Jésus Christ entrons dan le combat de Dieu ». Alors pour combattre le bon combat, pour combattre avec le Christ, tournez vos yeux vers celui qui fut élevé de terre pour sauver tous les hommes, tourner les yeux vers Celui qui est élevé sur tous les autels du monde pour vous nourrir de son amour. Amen

homélie 2° dimanche de carême

Kristi forklaring – Wikipedia

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc : En ce temps-là, Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean, et les emmena, eux seuls, à l’écart sur une haute montagne. Et il fut transfiguré devant eux. Ses vêtements devinrent resplendissants, d’une blancheur telle que personne sur terre ne peut obtenir une blancheur pareille. Élie leur apparut avec Moïse, et tous deux s’entretenaient avec Jésus. Pierre alors prend la parole et dit à Jésus : « Rabbi, il est bon que nous soyons ici ! Dressons donc trois tentes : une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. » De fait, Pierre ne savait que dire, tant leur frayeur était grande. Survint une nuée qui les couvrit de son ombre, et de la nuée une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le ! » Soudain, regardant tout autour, ils ne virent plus que Jésus seul avec eux. Ils descendirent de la montagne, et Jésus leur ordonna de ne raconter à personne ce qu’ils avaient vu, avant que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts. Et ils restèrent fermement attachés à cette parole, tout en se demandant entre eux ce que voulait dire : « ressusciter d’entre les morts »

Quand il nous faut discerner une décision à prendre ou lorsque nous avons besoin de silence pour nous retrouver nous-même, nous sortons et nous allons marcher par monts et par vaux au milieu de la nature pour nous connecter à l’essentiel, au Seigneur. Cette démarche dans notre beau Jura prend vite la forme d’une ascension car monts et collines sont partout. Pourquoi. C’est que les monts et montagnes sont le lieu des expériences spirituelles et cela pour plusieurs raisons bien évidentes : leur hauteur rapproche de Dieu ; leur ascension est une préparation à la rencontre dont leur sommet est le lieu.

1/ leur hauteur rapproche de Dieu.

Celui qui désire toucher le ciel ou du moins s’en rapprocher grimpe sur une montagne car elle l’en rapproche concrètement. Vous aurez remarqué que dans toutes les religions le plus souvent les sanctuaires, temples et églises sont construits sur les hauteurs. Et d’ailleurs même symboliquement on conseille à celui qui est confronter à un dilemme de prendre de la hauteur. En effet, prendre les choses de haut, c’est les voir d’un autre point de vue, c’est adopter le regard de Dieu. Et pour incarner cette démarche on va gravir une colline proche voir partir en montagne.

Ai-je moi-même près de chez moi cette colline qui serai mon lieu pour accéder à Dieu, à ses conseils ? Autour de Lons les monts et collines ne manquent pas !

2/ leur ascension : une préparation à la rencontre. Avec l’âge ou la condition physique une ascension est un chemin long et difficile. Elle symbolise la volonté tenace dans le désir de l’homme d’aller à Dieu et sa persévérance et son endurance dans ses efforts pour y parvenir. Elle exige de partir avec l’unique nécessaire : Le feu et le bois pour Abraham gravissant le mont Moriah; la croix pour Jésus gravissant le Golgotha.

Et pour nous, quel est notre unique nécessaire, au-delà des bâtons de marche ! De quoi devons-nous nous dépouiller pour la rencontre afin de monter avec le moins possible pour là-haut recevoir le plus possible. Et en même temps qu’avons à prendre absolument que nous voudrions donner à Dieu ?

3/ leur sommet est le lieu de la rencontre. Arrivés au sommet, notre but est atteint la rencontre peut avoir lieu. Elle prend alors plusieurs formes :

– Celle d’une révélation : comme sur le mont Horeb quand Dieu se fit connaître à Moïse, ou dans l’évangile ce matin quand Jésus révèle sa divinité à Pierre, Jacques et Jean. Dieu se dévoile à nous, nous fait saisir sa grandeur et sa majesté. Nous le vivons parfois face à un paysage grandiose qui s’étend devant nous au sommet de notre ascension. Mais aussi, quand fermant nos yeux nous sentons le Seigneur se déployer en nous. J’ai vécu cela bien des fois dans le Haut-Jura ou encore à Bornay au monument de St P-F Néron.

– celle d’une Alliance : entre Dieu et ses serviteurs, comme Moïse recevant la Loi au mont Sinaï ou Jésus proclamant les béatitudes sur la montagne.

Et si pendant ce carême, je prenais ma Bible et j’allais en balade me poser sur les hauteurs de Lons pour y relire ces récits ou d’autres comme les chapitres 5 à 7 de Mathieu ?

– celle de l’offrande : offrande qu’Abraham consentit à faire en sacrifiant Isaac son fils ; offrande sur la croix consentie par le Père de son Fils Jésus au mont Golgotha.

Sommes-nous prêts comme Abraham et Jésus à offrir ce que nous avons de plus cher à Dieu ? D’autant que nous savons que Dieu pourvoit toujours, il dispose le bouc contre le sacrifice d’Isaac, il ressuscite son Fils offert par amour pour le salut du monde. Sommes-nous prêts à nous donner tout à Lui pour que tout de nous soit habité par Lui ?

Frères et sœurs, demeurer sur les hauteurs, saisis tout entier par le Seigneur à qui nous offrons notre vie est aussi un risque, une tentation à laquelle st Pierre succomba quand en pleine expérience de la transfiguration il s’écria : « il est bon que nous soyons ici ! Dressons donc trois tentes : une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie ». Tentation que j’eu moi-même car je reviens de retraite au carmel de Flavignerot : demeurer dans le silence imprégné de la prière des sœurs et à l’écoute du Seigneur. Tout à Lui certes, mais tout pour vous !

En effet, toujours il faudra à l’homme descendre de la montagne et revenir dans la réalité d’en bas afin de résoudre son problème, d’exécuter sa décision ou d’y témoigner aux autres de ce que Dieu a fait connaître de lui pour ce qu’il a transfiguré en nous. Oui, sur la montagne il a imprimé en nous sa lumineuse présence pour que nous le fassions connaître et aimer, même si les mots que nous dirons seront toujours en deçà de notre expérience. 

Pour désirer monter à nouveau au plus près du Seigneur Jésus et conserver en nous sa Présence, il a institué l’Eucharistie. Dans le Pain consacré nous Le contemplons transfiguré puis nous nous nourrissons de sa Vie. C’est là l’unique nécessaire pour préparer, au jour connu de lui seul, notre dernière Ascension vers la plénitude de la Vie dans la Jérusalem céleste. Comme l’affirme Paul aux Romains, avec Jésus, Dieu nous a tout donné, alors recevons-le humblement. Amen

homélie premier dimanche Carême

Saint Augustin - La tentation au Desert - YouTube

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc : Jésus venait d’être baptisé. Aussitôt l’Esprit le pousse au désert et, dans le désert, il resta quarante jours, tenté par Satan. Il vivait parmi les bêtes sauvages, et les anges le servaient. Après l’arrestation de Jean, Jésus partit pour la Galilée proclamer l’Évangile de Dieu ; il disait : « Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile.

On y est ! Depuis mercredi, nous sommes entrés en carême et ce dimanche déjà, sans ménagement, saint Marc nous jette dans le feu de l’action. Jésus à peine sorti baptisé des eaux du Jourdain pose les pieds sur le sable aride et brûlant du désert pour y être tenté par Satan. Il en est de même pour nous : à peine avons-nous quitté les eaux confortables voir pantouflardes d’une vie baptismale ordinaire pour entrer dans le carême, que déjà Satan s’attaque à nos résolutions ou nous détourne d’en prendre de sérieuses. C’est que le désert des remises en causes et des petits sacrifices est moins agréable à traverser que la grande avenue de la vie sociale ordinaire et de la vie spirituelle classique ! Oui ne rien changer est une option moins usante que d’affronter mes limites et de m’interroger sur ce que j’ai à convertir et à purifier dans ma vie spirituelle et sociale pour réaliser davantage la volonté de Dieu sur moi ?

Vivre le carême c’est choisir d’opérer des conversions dans notre vie et ce n’est pas simple. Il faut s’attendre à des secousses, à des résistances. En effet très souvent nous sommes invités à nous accepter tel que nous sommes, à accepter nos limites. Certes mais cela n’est que la première partie de la conversion : savoir d’où on part. ensuite il faut opérer les changements, en vue de grandir, de se bonifier, de s’améliorer, de « ressusciter » etc. et cela ne se fait pas sans livrer des combats, sans règles bien établies ni temps de repos pour refaire ses forces.

1/ combattre Satan.

Ce qui nous fait peur dans le carême c’est le combat. Car au désert, Jésus affronte Satan. Satan éprouve Jésus pour le mettre en difficulté. Avec nous il fera de même ! Quels sont les peurs, les doutes, les esclavages (matériels, idéologiques, spirituels, etc.) que je crains d’affronter ? Ces petits ou grands travers avec lesquels Satan sait pouvoir me contenir dans une vie d’une « saine » médiocrité, sans gros péchés ni grands actes de sainteté ! En somme, une vie soumise en partie à Dieu à condition que ça ne change ni ne perturbe trop ma vie sociale habituelle. Pourtant le but de notre vie, comme le rappelle st Pierre dans sa lettre est d’être introduit devant Dieu.

2/ mener le combat mais pas n’importe comment !

On combat pour l’emporter contre Satan. Pour cela mieux vaut d’abord se rappeler une chose importante : depuis son entrée dans le désert il y a 2000 ans, c’est encore Dieu qui par amour combat pour nous. Comme le rappel l’introduction de la liturgie des Laudes du carême « les yeux fixés sur Jésus-Christ entrons

dans le combat de Dieu ». C’est son combat pour notre salut, faisons-en mémoire avec les paroles du psaume : Rappelle-toi, Seigneur, ta tendresse, ton amour qui est de toujours. Dans ton amour, ne m’oublie pas, en raison de ta bonté, Seigneur.

Nous ne combattons pas seuls mais avec Lui à nos côtés. Il sait nous donner les bonnes armes, les bons conseils. Faisons le siège de son trône divin est avec les mots du psaume demandons lui : Seigneur, enseigne-moi tes voies, fais-moi connaître ta route. Dirige-moi par ta vérité, enseigne-moi. Ecoutons-le ! En lisant et méditant la Parole de Dieu : lire un évangile complet pendant ces 40 jours, s’unir à Jésus en méditant sa Passion lors du chemin de croix le vendredi. Ecoutons-le nous interpeler par la voix des plus faibles et donnons du temps pour des œuvres concrètes de charité comme l’opération « fleurir le désert » proposée par la pastorale des jeunes aux grands ados.

3/ savoir aussi prendre du repos pour refaire ses forces

Nous ne pouvons pas combattre H24 ! Il nous faut aussi prendre du repos et refaire nos forces. Car Dieu est d’abord le Dieu de l’Alliance qui se rappelait déjà à Noé par le signe de l’Arc en ciel. Il est l’époux de nos âmes qui veille sur nous et sur notre bien-être. En son Fils Jésus Il est le bon berger qui nous assure le repos et nous procure la nourriture nécessaire pour refaire nos forces : son propre corps et son sang dans chaque Eucharistie. La communion au corps du Christ est le plein de force nécessaire pour mener le combat de notre conversion. Priez frères et sœurs spécialement pour Inès et Enora qui font leur première communion ce matin. Qu’elles soient fidèles toute leur vie à ce sacrement vital pour grandir en sainteté et toujours servir Dieu et les autres joyeusement.

Il est aussi le médecin qui répare par sa miséricorde obtenue par le sacrement de la réconciliation l’armure spirituelle que nous revêtons pour le combat contre Satan.

Vous l’aurez compris le Carême est le chemin de libération que l’Eglise propose à ses enfants, celui de s’exposer, de se mettre à nu pour revêtir, à la nuit de Pâques, le Christ ressuscité ! Allons ! Ne nous leurrons pas, grandir et s’affermir dans la foi est un très long chemin et il nous faudra des dizaines de carêmes pour que peu à peu, le Seigneur nous libère de nos entraves, nous dépouille du vieil homme et nous revête de sa vie divine. Alors entrons avec détermination et joie au désert pour ressortir dans quarante jours, plus vivants et plus libres, affermis dans notre volonté d’être davantage fils et fille du Père. Amen