homélie du 27° dimanche

Évangile de Jésus-Christ selon st Matthieu

En ce temps-là, Jésus disait aux grands prêtres et aux anciens du peuple : « Écoutez cette parabole : Un homme était propriétaire d’un domaine ; il planta une vigne, l’entoura d’une clôture, y creusa un pressoir et bâtit une tour de garde. Puis il loua cette vigne à des vignerons, et partit en voyage. Quand arriva le temps des fruits,  il envoya ses serviteurs auprès des vignerons pour se faire remettre le produit de sa vigne. Mais les vignerons se saisirent des serviteurs, frappèrent l’un, tuèrent l’autre, lapidèrent le troisième. De nouveau, le propriétaire envoya d’autres serviteurs plus nombreux que les premiers ; mais on les traita de la même façon. Finalement, il leur envoya son fils, en se disant : ‘Ils respecteront mon fils.’ Mais, voyant le fils, les vignerons se dirent entre eux : ‘Voici l’héritier : venez ! tuons-le, nous aurons son héritage !’ Ils se saisirent de lui, le jetèrent hors de la vigne et le tuèrent. Eh bien ! quand le maître de la vigne viendra, que fera-t-il à ces vignerons ? » On lui répond : « Ces misérables, il les fera périr misérablement. Il louera la vigne à d’autres vignerons, qui lui en remettront le produit en temps voulu. » Jésus leur dit : « N’avez-vous jamais lu dans les Écritures : La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle : c’est là l’œuvre du Seigneur, la merveille devant nos yeux ! Aussi, je vous le dis : Le royaume de Dieu vous sera enlevé pour être donné à une nation qui lui fera produire ses fruits. 

Comme le prophète Isaïe 800 ans avant lui, quand Jésus veut nous entretenir de choses sérieuses, il utilise la forme des images, des paraboles. C’est le cas dans l’évangile de ce matin. Jésus, nous entretient du propriétaire d’une vigne qui fait tout ce qui faut pour qu’elle donne du bon fruit et puis il la confie à des gérants pour qu’ils en prennent soin. Il part ensuite en voyage et voulant récupérer son bien, il envoie son fils qui est tué par les gérants qui veulent mettre la main sur la vigne.

Vous aurez bien compris que Jésus n’a pas l’intention de nous entretenir de la vigne, d’ailleurs, quelques uns de nos paroissiens, le feraient mieux encore, mais partant de cette histoire Jésus nous parle de son Père et de son projet.

Transportons-nous en esprit au temps de Jésus : Le propriétaire, c’est Dieu ; la vigne, c’est le Royaume de Dieu ; les gérants ce sont les chefs religieux des juifs et Jésus c’est le Fils du propriétaire que les gérants vont tuer. L’histoire se termine par le règlement du problème par le propriétaire qui fera périr misérablement ces vignerons misérables. Et Jésus à la fin de son histoire affirme que« Le royaume de Dieu vous sera enlevé pour être donné à une nation qui lui fera produire ses fruits. ».

Cette suite logique nous met aussi à notre tour en scène, car le royaume de Dieu est désormais confié à l’Eglise et aux chrétiens, donc à vous les amis…. Et les conditions dictées par Dieu au peuple juif valent pour nous aujourd’hui…. Ainsi :

Jésus confie à ses apôtres et à leurs successeurs sa vigne, c’est-à-dire le royaume de Dieu qu’il a commencé à bâtir sur terre. Ce royaume en devenir, c’est l’Eglise. Et il attend des chrétiens qu’ils se mettent au travail pour la faire grandir et lui faire donner de nombreux fruits de sainteté.

Pour parvenir à sa fin, Dieu va doter ses ouvriers de bons moyens qui nous sont donnés par le prophète Isaïe dans la première lecture et par Jésus dans l’évangile : retourner la terre et enlever les pierres, mettre une clôture, bâtir une tour au milieu de la vigne. Que signifient ces trois moyens si la vigne dont il est question dans l’évangile n’est autre que l’Eglise ?

1/ retourner la terre et enlever les pierres. Pour que la vie de Jésus, ses paroles et ses actes s’enracinent en profondeur en nous, il faut au préalable, que notre vie devienne une bonne terre. C’est-à-dire une terre retournée par l’Esprit Saint et débarrassée par le pardon sacramentel, des pierres qui l’encombraient qui sont les péchés et les idéologies, etc…

2/ mettre une clôture. Une clôture est à la fois une protection vis à vis de l’extérieur et une délimitation intérieure : en effet, plantée dans le monde, l’Eglise n’est pas du monde. Cette clôture est constituée par les poteaux que sont les dogmes et le grillage des normes morales tels les 10 commandements qui définissent pour un chrétien, ce qui est possible ou non de croire et de faire. Être chrétien exige de connaître et reconnaître ces normes théologiques et morales.

3/ bâtir une tour. Grâce à la tour, prenant de la hauteur, il est possible de voir l’ensemble de la vigne et de prévenir des dangers pour elle, surtout à proximité de la clôture. Et bien cette tour pour moi, c’est le magistère, l’enseignement de l’Eglise et ceux qui veillent du haut de cette tour pour voir arriver de loin les dangers, ce sont le pape et les évêques, qui nous stimulent dans la foi et nous indiquent les dangers possibles pour nous au contact des idées du monde.

Certes ces 3 moyens donnés par Dieu sont nécessaires pour que l’Eglise rayonne dans le monde, mais ce que les gens goûtent de l’Eglise c’est d’abord la cohérence de la vie de chacun des baptisés. Et c’est l’ensemble de nos vies qui produit un vin d’allégresse ou d’amertume, un grand cru d’amour ou une piquette de péché. Alors osons humblement nous interroger : ma vie chrétienne enivre-t-elle les autres de la joie et de la fidélité à Dieu, ou alors les soule-t-elle par ses incohérences et ses médiocrités ?

Ce qui est en jeu les amis, c’est le salut du monde que Jésus a déposé dans nos mains et qu’il va encore déposer par la communion à son corps. Sa vie donnée, si elle est reçue avec foi et amour, dans la confiance et la fidélité à l’enseignement de l’Eglise, peut transformer la piquette de nos vies en grand cru de la joie dans la foi, en grand cru du salut pour tous ! Alors soyez dans ce monde le bon vin de Dieu pour sauver les hommes en les désaltérant de la vie du Christ ! Amen

 

homélie du 26° dimanche

Évangile de J-C selon st Matthieu

En ce temps-là, Jésus disait aux grands prêtres et aux anciens du peuple : « Quel est votre avis ? Un homme avait deux fils. Il vint trouver le premier et lui dit : ‘Mon enfant, va travailler aujourd’hui à la vigne.’ Celui-ci répondit : ‘Je ne veux pas.’ Mais ensuite, s’étant repenti, il y alla. Puis le père alla trouver le second et lui parla de la même manière. Celui-ci répondit : ‘Oui, Seigneur !’ et il n’y alla pas. Lequel des deux a fait la volonté du père ? » Ils lui répondent : « Le premier. »

Jésus leur dit : « Amen, je vous le déclare : les publicains et les prostituées vous précèdent dans le royaume de Dieu. Car Jean le Baptiste est venu à vous sur le chemin de la justice, et vous n’avez pas cru à sa parole ; mais les publicains et les prostituées y ont cru. Tandis que vous, après avoir vu cela, vous ne vous êtes même pas repentis plus tard pour croire à sa parole. »

Les amis, le seul désir de Dieu est de nous sauver…mais cela ne se fera pas sans notre collaboration, sans que nous coopérions à ce salut. C’est cela que disent les textes de ce dimanche, pour vous les faire comprendre je vais vous raconter une histoire qui m’a été dite ou que j’ai lue, je ne sais plus …

Ainsi il était une femme particulièrement méchante, toujours à critiquer, qui ne vivait que pour elle et ne s’occupait jamais des autres. Elle ne rendait aucun service, n’aidait aucune œuvre caritative, rien de rien pour les autres. Voilà qu’elle meure et arrive devant le St Pierre pour son jugement. Désolé de voir cette âme qui n’a jamais fait de bien st Pierre l’envoie en enfer… cependant Jésus apprenant la chose n’arrive pas à se résoudre à voir cette âme perdue. Aussi il dit à st Pierre : « es tu sûr que jamais dans sa vie elle n’a fait un seul acte bon ? » aussitôt st Pierre feuillette à nouveau toute sa vie et trouve un seul petit acte bon : elle avait donné une fois un oignon à sa voisine pour faire la cuisine ! Alors Jésus dit à Pierre…. Voyons comment la sauver avec si peu….j’ai une idée : tu vas tendre un oignon à cette femme et si elle arrive à l’attraper tu la hisses avec hors de l’enfer, si l’oignon tient le coup elle sera sauvée !

Ainsi fait il et la femme attrape l’oignon et commence à être hissée hors de l’enfer et aussitôt d’autres personnes, elles aussi en enfer, s’accrochent à elle, à ses pieds pour être sauvés elles aussi. Mais voyant cela la femme se débat et dit à ceux qui s’accrochent : « laissez-moi en paix, c’est moi que Dieu veut sauver, moi seule ! » et aussitôt l’oignon cassa et la femme retomba pour toujours en enfer… »

Cette histoire illustre bien toutes les lectures que nous avons entendues ce matin. Ainsi, dans la première lecture on a entendu que: « Si le juste se détourne de sa justice, commet le mal, et meurt dans cet état, c’est à cause de son mal qu’il mourra ». Cela signifie que le péché conduit toujours à la mort car en s’éloignant de Dieu et en ne vivant plus selon ses commandements, notre vie devient vide, individualiste, uniquement tournée sur nous-mêmes, comme la femme de notre histoire.

Sachant que le péché conduit à la mort et la conversion à la vie, nous pouvons mieux comprendre l’histoire que Jésus raconte dans l’évangile : Dieu ne veut pas des paroles mais des actes concrets. Celui qui dit qu’il sert Dieu, ça doit se voir dans sa vie. Celui qui affirme qu’il a rencontré Dieu, qu’il s’est converti,  ça doit se voir à travers la vie nouvelle qu’il mène, une vie bonne tournée vers Dieu et vers l’amour des autres. Ainsi, les publicains et les prostituées qui ont entendu le message de Jean Baptiste ont changé de vie…. et nous, en écoutant le message de Jésus, changeons-nous aussi de vie ? La femme  de mon histoire  a elle aussi une occasion unique de se convertir et de penser aux autres en laissant les personnes qui s’accrochent à elle être remontées avec elle au paradis… mais son égoïsme l’empêche de poser un acte d’amour envers les autres. En les aimant elle aurait pu se sauver elle-même ! Ainsi Dieu nous donne toujours une dernière chance, mais nous ne savons pas la saisir….

Si nous savons que le péché conduit à la mort et que Jésus a toujours le désir de nous sauver, il nous faut faire une double prière à Dieu, comme le psaume le propose. D’abord, toujours implorer le pardon : Oublie les révoltes, les péchés de ma jeunesse. Ensuite demander à Dieu de nous guider : Dirige-moi par ta vérité, enseigne-moi, car tu es le Dieu qui me sauve.

Ainsi, vivant notre vie sous le regard de Dieu, nous pouvons de plus en plus prendre Jésus comme modèle et vivre dans ce monde en « personne sauvée » comme le décrit Paul dans la lettre aux Philippiens. Paul nous propose de se réconforter les uns les autres, de s’encourager avec amour, d’exercer la tendresse et de la compassion, de rechercher l’unité. Il nous exhorte également à ne jamais être intrigants ni vaniteux, à avoir assez d’humilité pour estimer les autres supérieurs à nous-mêmes, à penser aussi aux intérêts des autres (ce que la femme de mon histoire n’a pas fait !!).

Voilà un bon programme de réflexion pour se préparer au sacrement de la réconciliation que nous vivons tout à l’heure. Dieu nous aime, il nous demande aussi d’aimer. Et pour nous aider à vivre d’amour il va dès maintenant nous livrer sa vie, recevons-la avec joie et devenons serviteur avec lui, à sa suite! Amen

homélie 25° dim, messe de rentrée du caté

Évangile de J-C selon saint Matthieu

En ce temps-là, Jésus disait cette parabole à ses disciples : « Le royaume des Cieux est comparable au maître d’un domaine qui sortit dès le matin afin d’embaucher des ouvriers pour sa vigne. Il se mit d’accord avec eux sur le salaire de la journée : un denier, c’est-à-dire une pièce d’argent, et il les envoya à sa vigne. Sorti vers neuf heures, il en vit d’autres qui étaient là, sur la place, sans rien faire. Et à ceux-là, il dit : ‘Allez à ma vigne, vous aussi, et je vous donnerai ce qui est juste.’ Ils y allèrent. Il sortit de nouveau vers midi, puis vers trois heures, et fit de même. Vers cinq heures, il sortit encore, en trouva d’autres qui étaient là et leur dit : ‘Pourquoi êtes-vous restés là, toute la journée, sans rien faire ?’ Ils lui répondirent : ‘Parce que personne ne nous a embauchés.’ Il leur dit : ‘Allez à ma vigne, vous aussi.’ Le soir venu, le maître de la vigne dit à son intendant : ‘Appelle les ouvriers et distribue le salaire, en commençant par les derniers pour finir par les premiers.’ Ceux qui avaient commencé à cinq heures s’avancèrent et reçurent chacun une pièce d’un denier. Quand vint le tour des premiers, ils pensaient recevoir davantage, mais ils reçurent, eux aussi, chacun une pièce d’un denier. En la recevant, ils récriminaient contre le maître du domaine : Ceux-là, les derniers venus, n’ont fait qu’une heure, et tu les traites à l’égal de nous, qui avons enduré le poids du jour et la chaleur !’ Mais le maître répondit à l’un d’entre eux : ‘Mon ami, je ne suis pas injuste envers toi. N’as-tu pas été d’accord avec moi pour un denier ? Prends ce qui te revient, et va-t’en. Je veux donner au dernier venu autant qu’à toi : n’ai-je pas le droit de faire ce que je veux de mes biens ? Ou alors ton regard est-il mauvais parce que moi, je suis bon ?’ C’est ainsi que les derniers seront premiers, et les premiers seront derniers. »

Beaucoup parmi vous, habitant aux quatre coins de notre doyenné, se sont levés tôt et ont fait des kilomètres pour venir ici : bravo !  Parmi vous, enfants, ado ou adultes : certains sont baptisés, d’autres non,  certains font du caté d’autres pas encore, certains ont fait leur première communion, leur confirmation,  ou la prépare d’autres y pensent, certains sont actifs dans leur paroisse, d’autres aimeraient s’investirent. Parmi vous les parents, certains sont croyants, d’autres cherchent ou doutent. En tout cas, vous êtes tous les bienvenus dans cette église des Cordeliers et je suis très heureux de célébrer avec vous la messe de rentrée des catéchismes et de bénir les cartables pour l’année scolaire qui vient.

Je voudrais avec vous partir du texte de l’évangile dans lequel Jésus se compare au maître d’un domaine qui recrute des ouvriers pour travailler pour lui. Ce qui est sûr, c’est que tout au long de la journée il va chercher de nouvelles personnes pour travailler. Ainsi beaucoup ont travaillé pour lui, mais pas tous le même nombre d’heures. Et avec chacun il négocie un salaire pour le temps de travail effectué. Or ce n’est qu’à la fin de la journée, quand il donne à chacun son salaire, que tous se rendent compte qu’il donne la même chose à tous : une pièce d’un denier. Alors ceux qui ont beaucoup travaillé sont furieux car ils croyaient gagner plus….

Comment comprendre aujourd’hui cette histoire que Jésus nous raconte ? Et bien je vais essayer de vous expliquer. Certains parmi vous, je le disais tout à l’heure  ont été baptisés déjà tout bébé,  ils ont fait l’éveil à la foi, la première communion, ils sont à la messe tous les dimanches, etc… ceux-là, ils sont comparables aux ouvriers qui vont travailler dès le matin tôt…. Toute leur vie est au service de Jésus. Et puis il y a parfois des enfants (et même des adultes) qui reçoivent le baptême quand ils ont 3ans, 5 ans, 10 ans, 25 ans ou plus, j’ai même à Morez, baptisé une dame de 93 ans et un homme de 80 ans (raconter l’histoire). Il y a aussi les enfants baptisés bébé et qui commencent le caté que plus tard (en CM, en 6°, etc…). Tous ceux là se sont comme les ouvriers que Jésus recrute aux différentes heures de la journée. Aujourd’hui, l’Eglise, au nom de son Seigneur, vous accueille tous là où vous en êtes pour vous aider à avancer et à grandir dans votre vie spirituelle et dans votre découverte de Dieu. Je vous redis l’invitation du prophète Isaïe qu’il a déjà faite il y a 2800 ans : Cherchez le Seigneur tant qu’il se laisse trouver ! Oui les amis, depuis que Dieu est venu jusqu’à nous grâce à Jésus, nous pouvons facilement entrer en relation avec lui. Et désormais à tout âge nous pouvons partir à la rencontre de Dieu et prendre le temps de faire sa connaissance. Pour certain ce sera à travers la préparation au baptême, la catéchèse des enfants, l’aumônerie ou la catéchèse d’adulte, pour d’autres en raccrochant avec la foi de leur enfance par la préparation de la première communion ou de la confirmation. (Ceux des parents, grands ados qui ne seraient pas confirmés ou communiés, venez me voir ou appeler le secrétariat pour vous y préparer car l’église du Jura organise une grande fête de la confirmation en 2018 pour les jeunes et les adultes). Chacun son rythme pour avancer dans la foi vers Dieu !

Parlons maintenant du salaire que le maître du domaine donne à chacun : c’est le même ! Pourquoi, car ce que Jésus donne à chacun, quelque soit l’âge auquel il le rejoint c’est son amour et la vie éternelle avec lui. Il donne à tous pareil, car il donne tout ce qu’il est à chacun ! Dieu ne fait pas de différence entre ceux qui viennent à lui depuis l’enfance et ceux qui prennent la route vers lui un peu plus tard ou même à la dernière minute.

Ce que nous dit Jésus, c’est d’abord que tous sont attendus : il veut connaître et aimer chacun de vous spécialement, dans un cœur à cœur pour une amitié vraie et solide. Ensuite Jésus redit à ceux qui sont ses amis depuis toujours : j’ai besoin de vous pour annoncer mes merveilles, pour faire avancer les autres vers la sainteté. Vous qui croyez et pratiquez depuis toujours : soyez des témoins joyeux de la foi, ne regrettez pas de vous donner tout entier à Jésus depuis de très nombreuses années, mais réjouissez-vous de voir, grâce à vos prières et à votre exemple de vie, des personnes de tous âges et conditions de vie venir à Dieu.

Vous tous, enfants,  jeunes et adultes qui faites du caté depuis des années, qui êtes servants de messe, fidèles au service des pauvres, j’ai besoin de vous, l’Eglise qui est dans le doyenné de Lons, chacune de nos 5 paroisses,  a besoin de vous, de votre aide, de votre amour de Jésus pour aider tous les autres à croire et à aimer Jésus. Merci à vous de témoigner de Dieu et merci aux catéchistes qui transmettent avec passion et amour la foi aux enfants.

Vous allez tous embarquer dans quelques instant Jésus dans votre cartable,  et certain dans la communion à son corps, vous allez aussi prendre Jésus avec vous, ces gestes vous rappellent qu’il est avec vous chaque seconde de votre vie. Alors avec lui, n’hésitez pas et partez à l’aventure de la foi. Amen

homélie du 24° dimanche

livre de Ben Sira le Sage

Rancune et colère, voilà des choses abominables où le pécheur est passé maître.  Celui qui se venge éprouvera la vengeance du Seigneur ; celui-ci tiendra un compte rigoureux de ses péchés. Pardonne à ton prochain le tort qu’il t’a fait ; alors, à ta prière, tes péchés seront remis. Si un homme nourrit de la colère contre un autre homme, comment peut-il demander à Dieu la guérison ? S’il n’a pas de pitié pour un homme, son semblable, comment peut-il supplier pour ses péchés à lui ? Lui qui est un pauvre mortel, il garde rancune ; qui donc lui pardonnera ses péchés ? Pense à ton sort final et renonce à toute haine, pense à ton déclin et à ta mort, et demeure fidèle aux commandements. Pense aux commandements et ne garde pas de rancune envers le prochain, pense à l’Alliance du Très-Haut et sois indulgent pour qui ne sait pas.

Le Royaume de Dieu est comparable à un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs. Quand on entend l’expression « je vais régler mes comptes avec tel ou tel » on traduit aussitôt dans notre tête  par des termes comme vengeance, quatre vérités, rupture de relation. Et l’on comprend que ce sont plutôt le sang et les larmes qui sont promis que le pardon qui est offert. Est-ce donc ainsi que Dieu va procéder ? A-t-il prévu de régler ses comptes avec chacun de nous ? Si oui, alors selon quelle méthode ?

D’abord il faut bien le reconnaître, les pauvres pécheurs que nous sommes prennent parfois un plaisir malsain  à régler leurs comptes et tailler des costards sur mesure à leur collègue de travail, aux membres de leur famille ou belle-famille et même à leur frère et sœur dans la foi surtout quand les uns et les autres ne sont pas là….La médisance et parfois la calomnie se conjuguent très bien avec l’ignorance et la suffisance. On prend plaisir à débiner, à semer le doute, à laisser la suspicion s’installer : voilà qui nous permet à moindre frais de nous venger de ceux et celles que nous n’osons pas affronter.

Nous avons beau être prévenu depuis 2200 ans par le sage Ben Sirac, et entendre que l’homme qui se venge éprouvera la vengeance du Seigneur, celui-ci tiendra un compte rigoureux de ses péchés, notre frénésie de règlement de compte ne cesse jamais, même si, confession après confession nous apprenons à transformer nos rancunes soit en indifférence (c’est pour le cas pas si mal) soit au mieux en miséricorde, alors nous entendons Ben Sirac dire : Pardonne à ton prochain le tort qu’il t’a fait ; alors, à ta prière, tes péchés seront remis.

Ainsi, régler ses comptes, en régime chrétien c’est faire le constat que tous, frères et sœurs dans la foi ou en humanité, nous avons la même dette, la même nature pécheresse. Or, comme le rappelle le Seigneur, le plus intelligent dans l’amour fait le premier pas, puis le second, puis aussi le 490ième aussi ! Au Royaume des insolvables les chrétiens sont les rois de la miséricorde ! Et s’ils peuvent être roi c’est par participation à la vie de Celui qui n’est que Miséricorde, Dieu lui-même !

En effet, comme le rappelle le Seigneur Jésus dans l’Evangile, Dieu aussi, quand l’heure viendra, règlera ses comptes avec les hommes, avec chaque homme. Selon quelle méthode ?

Et bien son attitude envers les hommes pécheurs prendra, à cause de sa justice, la mesure de l’attitude même du pécheur envers son frère : Je t’avais remis toute cette dette parce que tu m’avais supplié. Ne devais-tu pas, à ton tour, avoir pitié de ton compagnon, comme moi-même, j’avais pitié de toi ?’ Dans sa colère, son maître le livra aux bourreaux jusqu’à ce qu’il eût tout remboursé. C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère de tout son cœur.  La grandeur de Dieu, qui respecte tout agir humain, c’est d’ajuster ses propres réactions à notre liberté et à a libéralité de notre amour. La mesure de son pardon envers notre situation totalement insolvable prendra la mesure de notre pardon donné ou non à celui qui est l’objet de notre rancune pour peu de chose parfois !

Notre totale insolvabilité est une belle pauvreté qui devrait nous rendre disponibles à l’infinie Miséricorde de Dieu. Car Dieu veut avant tout nous pardonner, nous justifier et nous enrichir de son amour comme le rappelle le psaume 102 : Il n’est pas toujours en procès, ne maintient pas toujours ses reproches ; il n’agit pas envers nous selon nos fautes, ne nous rend pas selon nos offenses. Mais il le fera à sa manière, selon son cœur de Père. Mais nous avons une certitude, plus notre surendettement peccamineux sera grand, plus ce Père qui est tout amour aura du plaisir à nous remettre notre dette. Pourvu que le surendetté du péché et du manque d’amour que nous sommes ose, humblement blotti dans ses bras de Père, lui demande l’absolution. Dieu est un Père dont la joie est de donner et  de se donner sans mesure et d’autant plus que la soif de miséricorde de celui ou de celle qui est en face de lui est grande.

Ce que Dieu donne c’est l’amour qui relève, c’est le pardon qui réhumanise, c’est la joie qui remet en route. Alors comment se fait-il qu’une telle désertion du sacrement de la réconciliation existe, peut être est-ce le fruit de nos manques de pauvretés? Déjà la Grande Thérèse d’Avila l’affirmait « Dieu veut faire miséricorde, craignons seulement de nous lasser de la recevoir ». Alors dès aujourd’hui osons faire la joie de Dieu, osons recevoir et faire miséricorde ! Amen

homélie de la fête de la croix glorieuse donnée au carmel de Flavignerot.

Évangile de J-Christ selon saint Jean

En ce temps-là, Jésus disait à Nicodème :     « Nul n’est monté au ciel sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme.     De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle. Car Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé

Pourquoi nous avoir fait monter d’Égypte ? Était-ce pour nous faire mourir dans le désert où il n’y a ni pain ni eau ? Nous sommes dégoûtés de cette nourriture misérable ! » Je crois, mes sœurs, que chacun de nous, au temps des épreuves et selon les choix de vie qu’il a fait, pourrait laisser jaillir ces paroles de ses lèvres. En effet, rien n’est plus difficile que de faire le véritable pas de la liberté et de l’abandon. L’Egypte, pays de l’abondance où s’était réfugié le peuple juif affamé, est devenue avec le temps une tyrannie qui réduisait en esclavage le peuple élu. C’est alors le désir de liberté qui fait crier le peuple vers Dieu. En quittant l’Egypte symbole du péché et de tous les esclavages de la vie, le peuple élu prend le chemin escarpé de la liberté, de l’Exode que lui propose Dieu. N’est-ce pas là aussi une belle image de l’aventure monastique, de la vie consacrée ? Or nous savons tous le prix de la liberté quand il nous faut couper les attaches de nos différents esclavages auxquels nous nous sommes habitués. En effet, c’est si exigent d’être libre quand rien n’est plus facile que de rester prisonnier de nos petites médiocrités, de nos petites négociations, de nos compromis avec le péché. Pendant l’Exode, le peuple se mit à regretter le bon goût des oignons d’Egypte, le bon vieux temps de l’esclavage alors qu’ils n’avaient à manger que la manne de la liberté offerte par Dieu dans le désert ! Sortir d’une vie de péché pour entrer dans une vie de fidélité, c’est accepter d’emprunter le chemin du désert et du dépouillement, de convertir des pans entiers de notre vie, de laisser tomber des manières de faire et de penser pour entrer pleinement dans le projet de Dieu pour nous. Et ce travail d’abandon est toujours à refaire de nouveau ! Et malgré nos plus grandes résolutions, nous revient souvent en bouche le bon goût de nos esclavages, comme le goût de la cigarette dans la bouche d’un ancien fumeur, comme l’odeur du parfum aux narines de celui qui y a renoncé, comme les paroles vaines ou le jugement hâtif aux lèvres scellées par le silence. 

Sur la croix, notre Seigneur a du subir aussi l’assaut des tentations de Satan : « est-ce bien raisonnable de donner ta vie pour tant de personnes qui s’en fichent, qui t’abandonneront, qui te trahiront ? Souviens-toi de ta gloire divine, de ta majesté, etc. Ne devrais-tu pas d’un battement de cils te libérer de la croix, écraser ces infâmes ? » Pourtant c’est l’obéissance amoureuse du Christ à la volonté du Père qui permit à Jésus de poser l’acte le plus libre et le plus libérant. En donnant sa vie sur la croix par amour des hommes et en s’abandonnant entre les mains de Dieu son Père, Il nous libère du pire des esclavages qu’est le péché et sa conséquence : la mort.

Et voilà le lien qu’il nous faut faire entre le Christ et le serpent d’airain de la première lecture. Le serpent symbole du péché devient, élevé de terre, le signe du salut pour ceux qui le regarde! Or Jésus qui « s’est fait péché pour nous », est le nouveau serpent d’Airain, Il devient, élevé sur la croix, le salut pour ceux qui regardent vers lui. Et comme celui qui regardait vers le serpent d’airain recouvrait la santé et conservait la vie, de même celui qui regarde vers le Christ guérit de ses péchés et obtient la vie éternelle. En effet rappelle Jésus dans l’évangile : il faut que le Fils de l’homme soit élevé, afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle.

Ainsi, Jésus s’est fait homme et a souffert sur la croix pour nous ouvrir les portes du ciel. La croix fut le couteau, la lame tranchante de l’Amour que Dieu utilise pour déchirer le ciel et ouvrir à jamais les portes de son Royaume : plantée en terre elle devient l’arbre de vie par le sang du Christ qui coule sur elle. Les nombreux fruits qui poussent de la croix sont les sacrements (du côté ouvert du Christ en croix jaillissent l’eau du baptême et le sang de l’Eucharistie). C’est donc également pour nous aujourd’hui cette même lame de l’amour de Dieu qu’il nous faut utiliser pour déchirer nos cœurs et laisser l’amour de Dieu y pénétrer et y faire son œuvre par la communion que nous allons recevoir. Puisse l’amour libérateur du Christ faire de nous des hommes et des femmes vraiment libres. Amen

homélie du 23° dimanche

Évangile de J-C selon st Matthieu

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Si ton frère a commis un péché contre toi, va lui faire des reproches seul à seul. S’il t’écoute, tu as gagné ton frère. S’il ne t’écoute pas, prends en plus avec toi une ou deux personnes afin que toute l’affaire soit réglée sur la parole de deux ou trois témoins. S’il refuse de les écouter, dis-le à l’assemblée de l’Église ; s’il refuse encore d’écouter l’Église, considère-le comme un païen et un publicain. Amen, je vous le dis : tout ce que vous aurez lié sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel.

Et pareillement, amen, je vous le dis, si deux d’entre vous sur la terre se mettent d’accord pour demander quoi que ce soit, ils l’obtiendront de mon Père qui est aux cieux. En effet, quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux. »

Qui parmi nous n’a pas répondu, lors d’une discussion où l’on nous demande notre avis sur tel ou tel acte ou attitude morale d’une personne « moi je ne me mêle pas de la vie des gens ! » « Chacun fait ce qu’il veut de sa vie », « c’est du privé » ou « qui suis-je pour juger ». Ce genre de réponse vise à donner l’image de celui qui ne juge pas ou plutôt, soyons francs, il nous permet de nous défiler car le jugement nous l’avons déjà émis en pensée. En effet, des jugements nous en portons tout le temps : qu’ils demeurent dans notre cœur ou qu’ils montent jusqu’à nos lèvres. Ils dépendent beaucoup de nos opinions, de nos combats, de nos idéaux, etc. Ainsi, on ne s’indigne pas de la même manière et on n’émet pas des jugements identiques selon celui qui commet les fautes et la consistance des fautes elles-mêmes. Nous pourrions appeler cela la subjectivité, grandement aggravée dans notre monde qui prône un égalitarisme à tous les niveaux : tout se vaut, tout est pensable, tout est faisable. Le seul critère de validité : c’est moi, ma liberté et mon désir. Gare à celui qui déroge à la règle en mettant des hiérarchies dans la vérité, en émettant des doutes sur la pertinence de tous les possibles, qui voit parfois le mal dans certains choix de vie ! Celui-ci doit être redressé ou mis au ban de la société. Que ce soit dit une fois pour toute : si vous n’êtes pas cool, ouvert et tolérant, taisez-vous !

Pourtant, ce dimanche, Jésus nous invite à une attitude toute contraire : il nous demande de dire les choses quand ça ne va pas ! Par cette invitation, Jésus se place dans une posture objective : Il nous rappelle qu’il y a des normes et des règles qui ne dépendent pas de mon bon vouloir, de ma vision des choses, on les appelle les lois naturelles auxquelles s’ajoutent  les 10 commandements, donnés par Dieu aux croyants ainsi que pour un chrétien le déploiement de la réflexion de l’Eglise (avec l’aide de l’Esprit Saint) sur les implications de ces lois dans notre vie sociale. On nomme cela : le magistère de l’Eglise qui défend absolument la dignité de tout homme et de chaque homme voulu par Dieu, créé par lui à son image et à sa ressemblance.

Ainsi, frères et sœurs, Dieu nous unit dans une famille unique pour un seul et même combat : lutter contre le mal et le péché : tous les maux et tous les péchés : Si ton frère a commis un péché contre toi, va lui faire des reproches rappelle Jésus dans l’évangile. Chacun de nous est un guetteur, selon les mots du prophète Ezéchiel, non pas pour juger nos frères et sœurs mais pour les avertir du danger de tomber dans le mal. Il en va de notre propre salut rappelle Ezéchiel : si je dis au méchant : ‘Tu vas mourir’, et que tu ne l’avertisses pas, si tu ne lui dis pas d’abandonner sa conduite mauvaise, lui, le méchant, mourra de son péché, mais à toi, je demanderai compte de son sang.

Ainsi, notre salut dépend de notre souci de sauver les autres. Alors pourquoi restons-nous à commenter entre nous le mal que font les autres sans oser les avertir des risques qu’ils courent ? Qu’est-ce qui nous fait peur, nous empêchant de les sauver ? Je crois que ce sont d’abord nos manques de foi et d’espérance. Selon les sondages, à peine la moitié des chrétiens croient à la résurrection. Donc ils ont bien du mal à penser la vie éternelle et le salut pour eux et donc pour les autres ! Pour eux la foi est seulement pour mieux vivre en ce monde ! Et Jésus n’est pas vraiment Fils de Dieu, mais seulement un humain qui peut servir parfois de modèle de vie.

Ensuite nous avons peur d’aimer en vérité et d’aimer la vérité : en disant à nos jeunes, à nos amis, à nos frères qu’ils pèchent, on craint de les perdre, de ne plus les revoir et on invoque la tolérance. Mais, comment accepter qu’un être cher aille à la mort, à la destruction au nom de la Tolérance ?! Notre tolérance prend trop souvent les vêtements de notre peur de la vérité! Jésus est Dieu, il est « le Chemin, la Vérité et la Vie » et il a confié à son Eglise de faire connaître son Royaume et ses exigences pour y entrer à tous les hommes. Il nous incombe donc de connaître et faire connaître l’enseignement moral de l’Eglise. Il existe des manuels (leDocat, que faire, dans la série des Youcat), le CEC, des vidéos, des rencontres (groupe Zachée, les livrets diocésains, etc.) pour le découvrir. Il y a encore plus simple à faire : c’est d’aimer comme Dieu et d’apprendre à vos enfants à faire de même. Paul le résume génialement : le plein accomplissement de la Loi, c’est l’amour. Car quand on aime son prochain comme Dieu, on ne commet pas d’infidélité, on ne spolie pas son prochain, on n’exploite pas les autres hommes, on vénère chaque vie comme une icône de Dieu.

Alors en séparant toujours, le péché du pécheur et pour condamner le premier et relever le second, osez vous plonger dans la connaissance et la maîtrise de la morale chrétienne : d’abord cela vous fera  progresser en sainteté et vous permettrez à ceux de nos frères et sœurs qui tombent de se relever et de poursuivre avec vous la route vers le Père. Que notre Foi, notre Charité et notre Espérance, nourries par Celui qui est là au milieu de nous, nous mènent ensemble vers ‘l’unique maison de notre Père. Amen

 

homélie 22° dimanche

Livre du prophète Jérémie

Seigneur, tu m’as séduit, et j’ai été séduit ; tu m’as saisi, et tu as réussi. À longueur de journée je suis exposé à la raillerie, tout le monde se moque de moi. Chaque fois que j’ai à dire la parole, je dois crier, je dois proclamer : « Violence et dévastation ! » À longueur de journée, la parole du Seigneur attire sur moi l’insulte et la moquerie. Je me disais : « Je ne penserai plus à lui, je ne parlerai plus en son nom. » Mais elle était comme un feu brûlant dans mon cœur, elle était enfermée dans mes os. Je m’épuisais à la maîtriser, sans y réussir.

 

Vous est-il déjà arrivé de vous réveiller en pleine nuit et de ne plus savoir très bien où vous êtes ? Vous cherchez alors, avec un peu d’angoisse, le bouton pour allumer la lumière. Car c’est la lumière qui nous permet de voir les choses, de donner forme aux objets et d’apaiser notre cœur. Je ne sais pas vous, mais moi, quand j’allume la lumière il me faut aussi un peu de temps pour m’habituer à elle, pour que mes yeux se règlent sur son intensité afin de voir les choses correctement.

Et bien c’est à peu près cela dont nous parle les textes de la Bible que nous avons entendus aujourd’hui.  Je vais procéder en 3 étapes.

1/ la chambre dans le noir : c’est ma vie, la lumière c’est la parole de Dieu. Il arrive parfois dans notre vie que nous soyons comme dans le noir, alors on ne sait pas quoi faire, on se demande comment on va s’en sortir. On a besoin d’être éclairer, on a besoin de quelqu’un qui soit lumière sur notre route pour nous rendre visible le chemin qu’il faut emprunter pour continuer à vivre. Or, depuis que nous avons été baptisés, les uns et les autres nous avons reçue en nous la lumière de Dieu. Malheureusement nous la gardons souvent éteinte, cachée sous un tas de bazar comme les habitudes, les péchés, les faiblesses, la paresse, ou la peur, car, comme Jéremie dans la 1° lecture, la parole du Seigneur attire sur nous l’insulte et la moquerie. Alors pour me protéger je l’oubli….Oui, les amis, nous avons bien une lumière pour éclairer notre chemin de vie, la parole et l’amour de Dieu, qui est comme un feu brûlant dans notre cœur, elle est enfermée dans nos os, mais nous ne savons plus où est l’interrupteur ! Pourtant frères et sœurs, ce bouton d’interrupteur est tout simple et d’une forme bien particulière. C’est le signe de la croix, tracé sur soi avec délicatesse qui permet à la lumière de Dieu de Jaillir. « Ta Parole est un trésor », une Bible, un magnificat ou un prions en église ouvert dans nos mains, demandons à Dieu la lumière pour éclairer notre chemin, nos décisions. Alors vous verrez, jour après jour, prière après prière, pendant le caté, l’aumônerie, les samedis de st Dé, les différents groupes de partages de la Parole, vos yeux s’habitueront à sa lumière divine, toute votre vie prendre un relief particulier, vous verrez votre vie se déployer avec et sous le regard lumineux de Dieu. Vous deviendrez Lampadaire.

2/ la chambre dans le noir c’est le monde, la lumière : c’est ma vie illuminée par le Christ. Saint Paul dans la lettre qu’il écrit aux Romains nous exhorte par la tendresse de Dieu, à lui présenter notre corps – notre personne tout entière –, en sacrifice vivant et saint. Il nous propose en fait d’être lampadaire pour le monde qui est assez souvent dans les ténèbres. Je sais bien que ce n’est pas facile, en effet, comme Jérémie déjà, à cause de Jésus, à longueur de journée nous sommes exposés à la raillerie, tout le monde se moque de nous. Pourtant cette lumière que Dieu a déposée en nous, Il nous demande de la faire briller pour le monde, pour éclairer le chemin de tous les hommes vers le royaume de Dieu. Dieu nous a choisis dès le ventre de notre mère pour être ses porteurs de Lumière, pour être les relais lumineux de son amour dans le monde. Face aux ténèbres de l’égoïsme, du chacun pour soi, face aux discours qui réduisent à rien notre dignité d’homme ou vante une liberté sans limite, sans respect du mystère de chacun, Dieu nous demande de rayonner de sa présence, de son amour. Et Cela ne va pas sans porter sa croix.

3/ le plus beau lampadaire c’est la croix. Ce que je veux dire par là, chers frères et sœurs, c’est que sur la croix, Jésus révèle la lumière de Dieu et les ténèbres du monde. En effet, c’est la jalousie, la peur, la haine, l’avidité du pouvoir, la main mise par des exaltés sur la religion, qui ont cloué le Christ innocent sur la croix. Et au lieu de punir, Dieu mis au pilori, pardonne ; moqué il ouvre les portes du ciel à tous. Et alors que sur terre, au moment de la mort de Jésus, les ténèbres envahissent tout, sur la croix rayonne la lumière de l’amour qui donne tout. Voilà la plus grande crainte du diable : qu’à la suite du Christ de nombreux témoins offrent leur vie pour faire rayonner jusqu’au bout l’amour de Dieu. Voilà la grande tentation que le diable glisse à nos oreilles, comme il le fit par la voix de st Pierre, dans celles de Jésus : Non ne donnes pas ta vie, ne va pas jusqu’à mourir, garde ta foi bien enfouie, ne montre rien, garde Dieu pour toi, ne fait pas d’effort, ne prends pas ta croix ! Si cela vous arrive, appuyez-vous sur les paroles de Jésus et comme lui répondez : Passe derrière moi, Satan ! Tu es pour moi une occasion de chute.

Frères et sœurs, éclairés par la lumière de la Parole de Dieu qui donne sens et consistance à notre vie, offrons nous à Dieu, qu’Il fasse de nous, quoiqu’il nous en coute, le lampadaire de son amour pour le monde. Grâce à notre foi rendue visible par notre charité, beaucoup seront sauvés. Amen