homélie du 32° dimanche

CHRETIENS EN MARCHE - La veuve de Sarepta Part 1Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (12, 38-44)

Jésus s’était assis dans le Temple en face de la salle du trésor, et regardait la foule déposer de l’argent dans le tronc. Beaucoup de gens riches y mettaient de grosses sommes. Une pauvre veuve s’avança et déposa deux piécettes. Jésus s’adressa à ses disciples :  » Amen, je vous le dis : cette pauvre veuve a mis dans le tronc plus que tout le monde. Car tous, ils ont pris sur leur superflu, mais elle, elle a pris sur son indigence : elle a tout donné, tout ce qu’elle avait pour vivre. « 

Donner, voilà le verbe qui est au cœur des lectures de ce dimanche. En effet, dans la première lecture la pauvre veuve de Sarepta donne à boire et à manger au prophète Elie ; dans la lettre aux Hébreux on relate que Jésus a donné sa vie, qu’il s’est offert pour enlever le péché du monde ; et dans l’Evangile Jésus dirige notre regard vers une pauvre veuve qui donne tout ce qu’elle a au trésor du Temple.

Donner, voilà un verbe bien ordinaire, aux multiples sens. Un Verbe qui ouvre à la relation et à l’échange avec les autres et avec Dieu. Donner nous rend meilleurs, plus disponibles, plus ouverts aux besoins des autres. Pourtant s’il nous est facile d’exhorter les autres à donner, et à donner sans compter, nous avons parfois du mal à le vivre pour nous même avec la même ardeur. En effet, Il y a des dons qui nous coûtent : en temps, en argent, en fierté, en humilité, en amour, etc.

Au-delà de ce qui est donné, il y a donc à regarder la motivation du don, à contempler la qualité du geste, la profondeur de l’intention de celui qui donne. Il est un proverbe que j’apprécie beaucoup : « la manière dont on donne vaut mieux que ce que l’on donne ». Pourtant quand nous parlons de dons, nous dévions régulièrement sur la quantité. Ce qui se voit, ce qui pèse lourd, ce qui est imposant, comme les dons des gens riches qui mettaient de grosses sommes dans le trésor du Temple attire plus notre estime et notre regard que le petit don discret de la veuve de l’Evangile. Alors que très souvent les dons qui nous coûtent le plus ne sont pas ceux qui sont les plus voyants, les plus lourds, les plus imposants aux yeux du monde. Donner une heure de son temps pour faire une visite à un ami, à un malade, quand on est débordé : qui le verra ? Donner de l’argent à un SDF quand on finit soi-même chaque moi ric-rac, qui le verra ? Donner son pardon à celui qui nous a humiliés, meurtris, bafoués, qui le verra ? Qui peut mesurer la grandeur d’un don sinon Dieu seul ! Qui dans l’Evangile sinon Jésus pouvait remarquer qu’avec deux piécettes une pauvre veuve faisait le don total de sa vie ? : tous, ils ont pris sur leur superflu, mais elle, elle a pris sur son indigence : elle a tout donné, tout ce qu’elle avait pour vivre.  » Voilà peut être l’entraînement qui manque le plus à nos yeux et à nos cœurs : contempler le fond en oubliant la forme : mais comme cela est difficile dans une société ou tout est image, ou tout n’est que sensationnel !

Sachant cela, exerçons notre regard à contempler les motivations de ceux qui nous sont donnés en exemple dans la liturgie de ce dimanche.

Dans la première lecture, Elie incite fortement la veuve de Sarepta à la générosité alors que la situation de cette femme et de son fils est à toute extrémité ! En faisant cuir son dernier pain pour Elie elle accepte la possibilité de sa propre mort. Plus encore elle s’en remet totalement à la miséricorde de Dieu. Elle peut faire ce don car elle a confiance en la parole du prophète. Elle vit déjà, alors qu’elle est païenne, les commandements de Dieu. En effet cette veuve choisit librement d’aider Elie au risque de mourir elle-même de faim. Elle fait primer l’amour d’Elie son prochain sur sa propre survie. Elle vit par anticipation le grand enseignement de Jésus: il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis.

Et c’est cet acte suprême de l’amour du Christ pour nous que nous rappelle la lettre aux Hébreux. Si la veuve de Sarepta en donnant tout ce qu’elle avait pour vivre sauva Elie. Le Seigneur Jésus, en donnant sa propre vie sur la croix va sauver l’humanité du péché car il s’est manifesté pour détruire le péché par son sacrifice. Or, ce sacrifice du Christ s’est fait dans l’indifférence générale. Dieu le Père seul a pu mesurer l’offrande faite par son fils et l’accueillir pour le rachat de tous. Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus nous l’a si bien redit « Aimer c’est tout donner et se donner soi même ». Ainsi l’on comprend mieux que la motivation finale du vrai don c’est l’amour. L’amour de l’autre jusqu’au don total de soi, jusqu’au don de sa propre vie.

C’est alors que prend sens le geste de la pauvre veuve dans l’Evangile : ses deux piécettes, c’est tout ce qu’elle a, toute sa vie devient offrande confiante à Dieu. Tout est remis entre les mains du Père. Cette pauvre veuve, c’est chacun de nous ce soir. Lors de cette Eucharistie, offrons donc humblement à Dieu, en sacrifice d’amour, nos 2 piécettes : notre âme et notre corps, toute notre vie, « pour la gloire de Dieu et le salut du monde ». Amen

 

homélie du 31° dimanche

Homélie 7ème dimanche du temps ordinaireÉvangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là, un scribe s’avança vers Jésus pour lui demander :   Quel est le premier de tous les commandements ? » Jésus lui fit cette réponse : « Voici le premier : Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force. Et voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là. » Le scribe reprit : « Fort bien, Maître, tu as dit vrai : Dieu est l’Unique et il n’y en a pas d’autre que lui. L’aimer de tout son cœur, de toute son intelligence, de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, vaut mieux que toute offrande d’holocaustes et de sacrifices. » Jésus, voyant qu’il avait fait une remarque judicieuse, lui dit : « Tu n’es pas loin du royaume de Dieu. » Et personne n’osait plus l’interroger.

Ce jeudi, à Lons, en la fête de tous les saints, je vous proposais d’aider nos contemporains à regarder, au-delà des réalités de ce monde, la joie éternelle qui nous attend. La joie des saints et des anges qui chantent sans fin les louanges de Dieu et qui contemplent sans se lasser la gloire du Seigneur. Car telle est notre destination : non pas le néant mais la vie totale en Dieu. Et pour nous préparer à cette vie nouvelle, Dieu nous a donné, au jour de notre baptême, un triple moyen qu’on appelle les Vertus théologales : la foi, l’espérance et la charité (l’amour). Il nous faut exercer au quotidien ces trois vertus pour nous entraîner au ciel.

En effet, en lisant la Bible, en étudiant les riches enseignements du Catéchisme de l’Eglise Catholique (qui est un fruit du Concile), nous proclamons notre foi, nous réaffirmons que le cœur de notre vie est Jésus Christ mort et Ressuscité pour nous. C’est ce que nous avons fait en célébrant la Toussaint : nous avons réaffirmé notre foi en un Dieu d’amour qui veut sauver tous les hommes et les rendre participant de sa vie divine, comme le sont déjà nos glorieux frères les saints.

En tournant notre regard vers le Ciel, nous espérons que cette vie divine nous sera donnée à nous aussi. Notre espérance, pour nous-mêmes, et plus encore pour nos défunts est de partager ensemble, avec les saints cette vie bienheureuse auprès du Seigneur. C’est cela que nous avons célébré Vendredi, jour de la commémoration de tous les fidèles défunts : nous avons exercé la vertu d’espérance, désirant pour eux et pour nous la vie éternelle.

Ce soir donc, pour achever de nous décrire les moyens que Dieu nous donne pour croire au ciel et désirer nous y rendre, l’Eglise nous présente des textes qui nous entretiennent de l’amour. En exerçant cette vertu dans le monde, nous nous préparons sérieusement à la vie éternelle ! Il semble même que l’exercice de cette vertu soit une obligation, un commandement, voir LE COMMANDEMENT : c’est en tout cas ce que dit Jésus dans sa réponse au scribe. Mais plus encore c’est l’une des dernières paroles qu’Il laissera à ses disciples : « je vous laisse un commandement nouveau, aimez-vous les uns, les autres comme je vous ai aimé ! ». Aimer est un commandement, une loi qui nous oblige ! En tout cas pour celui qui se revendique disciple du Christ !

Si nous relisons ensemble l’Evangile de ce matin, nous apprenons aussi que l’amour qui nous oblige a deux destinataires : Dieu et le prochain. Pas seulement Dieu ou seulement le prochain, mais les deux à la fois ! Et il s’agit même d’aimer Dieu et notre prochain du même amour, car en grec c’est le même mot qui est utilisé : agappè ! Or ce mot désigne l’amour de Dieu lui-même, c’est à dire l’amour dont Dieu nous aime !

Tout devient alors beaucoup plus clair : Dieu, au jour de notre baptême, nous donne son amour pour que nous puissions obéir à la loi en appliquant ces commandements. Dieu nous donne les moyens de l’aimer et d’aimer nos frères en déposant en nous sa capacité d’aimer ! Nous sommes capables, par un don de Dieu, d’aimer comme Dieu, d’aimer de l’amour de Dieu ! Ce qui nous paraissait être une contrainte n’est en fait que la pleine réalisation de notre être de baptisé : Nous sommes structurés, depuis le jour de notre baptême, pour aimer : nous sommes faits pour ça : alors aimons de tout notre cœur, de toute notre âme, de tout notre esprit et de toute notre force ! Notre amour nous rappelaient les béatitudes devient visible par notre douceur, notre soif de justice, de paix et notre désir de pardon, etc.

Pourtant, nous devons faire un double constat ensemble : d’abord ce n’est pas simple d’aimer car on risque d’être rejeté, voir de souffrir ! Ensuite on se dit tous : moi je n’arrive pas à aimer mes ennemis ou ceux qui me veulent du mal, etc. ! C’est là qu’il faut opérer un éclaircissement : Dieu ne vous appelle pas à faire de vos ennemis vos meilleurs amis, leur mettant une tape amicale dans le dos (ça c’est l’amour d’amitié), ni même d’en faire vos maris ou vos femmes (ça c’est l’amour conjugal), mais seulement de les aimer comme Lui les aime. Et cela signifie donc de prier pour eux, d’offrir à Dieu le Père, pour leur conversion, les souffrances qu’ils vous provoquent, comme le Seigneur Jésus offrit sur la croix, les souffrances que provoque notre péché, pour notre salut! Aimer ses ennemis c’est pousser le même cri vers le Père que Jésus sur la croix : « pardonnes-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font ! ».

C’est cela que nous célébrons dans l’Eucharistie : l’offrande de toute notre vie, de toutes nos souffrances, nos peines et nos joies pour que Dieu en fasse le bon pain de son amour dans le monde ! Alors cette semaine, devenez, pour tous vos prochains le pain d’amour de Dieu ! Amen

 

homélie du 02 novembre à l’occasion de la messe pour les fidèles défunts.

Pourquoi Dieu infiniment bon a t'il créé des êtres ...Hier, avec toute l’Eglise en fête nous avons célébré la sainteté des élus de Dieu dont la qualité première est la joie de vivre selon l’enseignement du Christ dans l’Evangile. Ce programme de vie, de joie véritable, loin d’être réservé à quelques uns a été le commun de tant de personnes que St Jean dans l’Apocalypse nous écrit qu’au ciel il y a une foule innombrable d’amis de Dieu que nul ne peut compter. Dans cette foule joyeuse qui célèbre sans fin le Dieu trois fois Saint il y a évidemment tous les saints que notre Mère l’Eglise nous donne en exemple ; mais il y a aussi la foules des anonymes, ces saints connus de Dieu seul  et qui sont nos aïeux, nos ancêtres, nos grands-parents, nos oncles et tantes, nos enfants aussi : la simplicité et l’honnêteté de leur vie, la fidélité à la foi et à l’Eglise, leur amour du prochain et leur piété filiale ont fait d’eux cette foule immense. Leur gloire éternelle et aussi notre espérance, car les promesses du Christ sont pour nous ainsi que pour tous nos défunts. Seulement pour certains d’entre eux, comme pour certains d’entre nous, dont je suis, la vie sur terre ne sera peut être pas suffisante pour les préparer totalement à la vie éternelle auprès du Seigneur. Pour ceux-là, une phase supplémentaire d’adaptation, une phase de purification sera nécessaire qu’on appelle le purgatoire.

Il nous faut nous purger de ce qui n’est pas divin en nous, car il faut que ce qui est périssable en nous devienne impérissable ; il faut que ce qui est mortel revête l’immortalité nous rappelle Paul dans la 2° lecture. Notre présence dans cette église aujourd’hui est une conviction de notre foi : nous croyons à la communion des saints et donc que nos prières, comme les intentions de messe que nous donnons, servent au salut de nos défunts autant qu’au nôtre. Chaque messe célébrée, chaque prière méditée avec foi et dévotion, chaque cri de notre cœur qui s’élève vers les oreilles de Dieu est une aide pour tous les nôtres, vivants et morts, à progresser vers la sainteté car rappelle le psaume : Tu combles, à la face du monde, ceux qui ont en toi leur refuge.      

Ce que nous faisons aujourd’hui dans cette église est un grand acte de foi, d’espérance et de charité. Nous posons un acte de foi en croyant que le Christ est ressuscité des morts, nous posons un acte d’espérance en désirant la vie éternelle pour nos défunts et nos familles, nous posons un acte de charité en offrant pour leur salut nos prières, une messe ou des actes d’amour du prochain. Nos offrandes permettent à Dieu d’agir dans le monde sur lequel il déverse les flots de sa grâce, c’est-à-dire toutes les forces dont nous avons besoins pour vivre en ce monde et nous préparer à l’autre.

Ce travail de salut, nous rappelle le Seigneur Jésus dans l’Evangile,  déploie toute son efficacité au plus haut point dans la sainte Eucharistie célébrée et reçue en communion. Jésus le déclare sans détour : Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. L’Eucharistie sème en nous la vie éternelle car elle célèbre la victoire de la vie sur la mort. Chaque fois que nous la célébrons, nous rappelons d’une part le don que Jésus fait de sa vie sur la Croix et nous anticipons le grand banquet pascal dont nous parle Isaïe dans la première lecture. Chaque eucharistie réunit le Ciel et la Terre, elle est le lieu et l’instant où nous sommes, vivants et défunts en communion, dans l’attente de célébrer ensembles, dans la même gloire, la vie sans fin. L’eucharistie est la réalisation de la promesse faite par Isaïe dans la 1° lecture. Chaque messe célébrer rappelle la victoire du Christ sur la mort et notre communion à son Corps affirme que la mort est détruite pour toujours.

Osons donc avec foi, espérance et charité prier pour nos chers défunts, offrir pour eux et célébrer avec eux le sacrifice de la messe, celui de Jésus il y a 2000 ans, le seul qui sauve le monde. Amen

homélie de la Toussaint

"Jesus gives the Beatitudes"Évangile de J-C selon saint Matthieu

En ce temps-là, voyant les foules, Jésus gravit la montagne. Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent de lui. Alors, ouvrant la bouche, il les enseignait. Il disait : « Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux. Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés. Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage. Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés. Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde. Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu. Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu. Heureux ceux qui sont  persécutés pour la justice, car le royaume des Cieux est à eux. Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi. Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux ! »

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les trois vertus théologales représentées dans une église Corse: de gauche à droite : la foi, l’espérance et la charité.

« Heureux !  » 9 fois ce mot d’ordre jaillit de la bouche de Jésus. C’est son message aux chrétiens de tous les temps, c’est l’invitation qu’Il fait à chacun de nous ce matin, en ce jour de Toussaint. En ces temps difficiles que traverse notre société et notre Eglise : crise morale, perte de confiance dans la parole des politiques et des institutions, fragilisations des liens sociaux, tentations du communautarisme, dissolution de notre culture occidentale, il peut vous sembler déplacé d’appeler au bonheur ; qu’un peu de réserve, de retenue serait plus à propos par ‘respect pour ceux qui souffrent du chômage, d’insécurité, de violence, d’un deuil, de maladie, etc…’. Pourtant je vous le redis à tous, heureux êtes vous d’être là ce matin, convoqués par le Seigneur pour le prier et le chanter en l’honneur de tous les saints, ses amis !

Oui, même si les temps sont difficiles il nous faut être témoins de la joie de Dieu, pour rendre à ce monde une foi solide en Dieu et en l’homme, pour faire grandir l’espérance de ce monde en la vie éternelle et enfin pour faire redécouvrir à ce monde l’amour brûlant de Dieu pour nous, cet amour dont il nous commande d’aimer tous les hommes et les femmes de notre temps. Voilà la triple mission de tout baptisé qui prend au sérieux l’appel à la sainteté.

Mais il me faut au préalable préciser que je parle ici comme prêtre catholique à des frères chrétiens. Ainsi, selon la tradition de l’Eglise, au jour de notre baptême Dieu nous fait don de 3 moyens pour grandir dans notre relation avec lui. Ces moyens portent le nom de Vertus théologales, elles se nomment : foi, espérance et Charité, c’est-à-dire amour. Les exercer, c’est emprunter le chemin du bonheur dans la sainteté. Ensemble, si vous le voulez bien, prenons ce chemin. Donc 3 points dans mon homélie.

1/ Un chrétien heureux devient saint en témoignant dans le monde de la foi qui l’anime. En exerçant la foi reçue à notre baptême, nous découvrons que tous les hommes sont à l’image et à la ressemblance de Dieu. Proclamer sa foi c’est donc redire à tous, mais d’abord à ceux qui nous sont proches, nos voisins, nos amis, les membres de notre famille, que Dieu les aime comme un Père. Et pour faire de nous ses enfants Il a envoyé son Fils Jésus, pour nous sauver et nous unir en une seule famille : « Bien-aimés, dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu, …» proclame st Jean dans sa 1° lettre entendue dans la 2° lecture. Ainsi, la sainteté c’est redire à tous : parce que Dieu veut faire de toi son enfant bien aimé, aujourd’hui je te reçois comme mon frère, ma sœur, aujourd’hui tu es de ma famille !

2/ Un chrétien heureux devient saint en aidant le monde à lever les yeux, au-delà du monde visible vers éternité de Dieu. Le saint curé d’Ars, Jean-Marie Vianney le disait aussi avec ses simples mots quand il prêchait dans sa petite église « avec mes yeux de chair je peux voir jusqu’au fond de l’Eglise, avec les yeux de la foi je vois au-delà du temps, l’éternité de Dieu ! » Or nous espérons ce que nous croyons, ainsi, croire en la vie éternelle c’est espérer la vie éternelle! Et nous exerçons la vertu d’espérance dans ce monde en affirmant à nos proches et à tous les hommes que si nous sommes les enfants de Dieu, ce n’est pas pour ce monde seulement. Notre espérance c’est que nous devenions participant de sa nature divine. Jésus nous le dit comme une béatitude dans l’évangile : « heureux les cœurs purs, ils verront Dieu ! ». St jean le redit dans la 2ième lecture : nous lui serons semblables car nous le verrons tel qu’il est. Et quiconque met en lui une telle espérance se rend pur comme lui-même est pur. Et pour se préparer à voir Dieu après la mort, nous devons exercer notre regard sur nos frères et sœurs, voyant en eux le Christ se donnant à nous. Apprenons à voir en chaque humain, Dieu qui se donne à nous ! Notre Espérance, c’est qu’en vivant comme des imitateurs de Jésus dans ce monde nous ayons accès auprès de Dieu dans l’autre. Notre vie sur terre est une préparation à cette éternité. Dieu nous demande d’exercer dès maintenant le troisième don qu’il nous fait : la charité !

3/ un chrétien heureux devient saint en aimant, de l’amour même de Dieu, ce monde où il est envoyé ! Aimer le monde, certes, mais à la manière de Dieu. Et quelle est cette manière ? Écoutons les béatitudes : être doux, consoler ceux qui pleurent, être affamé de justice, pardonner : St Jean l’affirme dans sa 1ière lettre : « Il faut nous aimer les uns les autres : c’est le message que vous avez entendu dès le commencement »

Alors si nous revendiquons le beau nom de Chrétien, agissons comme tel : fiers de proclamer notre foi, espérant la vie éternelle avec Dieu et aimant dès ici bas nos frères, et tout cela jusqu’à trouver dans le mépris des autres et les persécutions de ce monde la vraie joie, celle des saints. Amen

homélie 30° dimanche

Bartimée l'aveugle et la nouvelle évangélisation -Benoit ...Évangile de J- C selon saint Marc

Tandis que Jésus sortait de Jéricho avec ses disciples et une foule nombreuse, un mendiant aveugle, Bartimée, le fils de Timée, était assis au bord de la route. Apprenant que c’était Jésus de Nazareth, il se mit à crier :  » Jésus, fils de David, aie pitié de moi !  » Beaucoup de gens l’interpellaient vivement pour le faire taire, mais il criait de plus belle :  » Fils de David, aie pitié de moi !  » Jésus s’arrête et dit :  » Appelez-le.  » On appelle donc l’aveugle, et on lui dit :  » Confiance, lève-toi ; il t’appelle.  » L’aveugle jeta son manteau, bondit et courut vers Jésus. Jésus lui dit :  » Que veux-tu que je fasse pour toi ? – Rabbouni, que je voie.  » Et Jésus lui dit :  » Va, ta foi t’a sauvé.  » Aussitôt l’homme se mit à voir, et il suivait Jésus sur la route.

Cet évangile qui relate la guérison de Bartimée est une vraie perle de la foi chrétienne. En quelques lignes nous y sont présentées la puissance de salut que le Christ opère dans le monde et une méthode d’Evangélisation.

Pour profiter pleinement de ce texte d’Evangile nous devons faire au préalable un peu de géographie biblique : pour comprendre tout le désespoir de Bartimée il faut savoir que Jéricho, en se situant 240 m au dessous du niveau de la mer, est la ville la plus basse de la Terre Sainte et même du monde : en un mot c’est un trou. Et au fond du trou, il y a un homme aveugle qui est assis. Bartimée qui mendie dans la ville la plus basse de son pays pour vivre est aussi au plus bas dans sa vie. Comme on dirait de nos jours : il touche le fond !

Nous savons donc, grâce à cette précision que Jésus peut guérir les cas les plus désespérés. Regardons-le sauver Bartimée. Notre ami Bartimée, loin de se résigner, sent à l’approche de Jésus que quelque chose dans sa vie pourrait changer. Alors il lance ces dernières forces dans la bataille, certes il est au bout de rouleau, mais il lui reste l’énergie du désespoir. Certes il est aveugle, mais il n’est pas muet, alors il va crier de toutes ses forces pour interpeler Jésus. Le fils de Timée interpelle le Fils de David ! Pourtant les « bonnes gens » qui gravitent autour de Jésus voudront le faire taire voulant faire de lui un muet, ajoutant par leur mépris un handicap de plus à cet homme !

En de pareilles circonstances on doit le dire : « seul un miracle pourrait le sauver ». Et Jésus cette fois encore va opérer un renversement de situation, il va changer la vie de Bartimée. Tout le nouveau Testament le proclame, là où Jésus passe, le mal trépasse, là où Jésus agit le bien se propage, l’exemple est suivi ! Jésus entend avec son cœur, au-delà du bruit et des empêchements que les hommes mettent entre Lui et les petits. En rendant la vue à Bartimée Jésus rend sa dignité d’homme, il le réintègre dans la société. En effet, au début de notre évangile, Jésus était avec de nombreuses personnes marchant sur la route et Bartimée était seul, assis au bord de la route. La rencontre de Jésus va tout changer, désormais Bartimée est intégré au groupe de Jésus : Aussitôt l’homme retrouva la vue et il suivait Jésus sur le chemin nous relate st Marc.

         Cette guérison est pour nous un modèle de l’évangélisation. Jésus va donner l’exemple qu’il voudrait voir imité par ses disciples, par son Eglise aujourd’hui. D’abord Jésus va s’arrêter près de Bartimée. Attention, il rejoint Bartimée mais il ne se met pas à son niveau. En effet, pour aider quelqu’un il faut s’intéresser à lui, mais pas se mettre à son niveau sinon on ne peut plus lui venir en aider. Je m’explique : si Jésus s’était assis à côté de Bartimée, comment aurait-il l’aider à se relever, et à le faire venir jusqu’à lui ? Première leçon d’évangélisation : rejoindre les gens là où ils sont, là où ils en sont, mais sans devenir comme eux et en restant soi-même !

Ensuite, Jésus aurait pu choisir de s’adresser directement à Bartimée, pourtant il va passer par son entourage leur disant :  » Appelez-le.  »  Et ceux qui voulaient faire taire Bartimée vont désormais l’encourager : Confiance, lève-toi ; il t’appelle ! En effet, Jésus l’a promis à son Eglise, il est avec nous, au milieu de nous jusqu’à la fin du monde. Là où se trouve l’Eglise, qu’importe qui est avec elle, elle porte en elle, avec elle Jésus son maître et Seigneur ! C’est donc au nom de l’Eglise que nous agissons, parlons et témoignons, non pas pour faire venir les personnes à nous, mais pour leur faire rencontrer le Christ vivant et désirant seulement les guérir et les aimer ! Avons-nous déjà osé, dire à nos proches, à quelqu’un qui nous confie ses épreuves cette simple phrase : « confiance, lève-toi, Jésus t’appelle ! ».

Enfin Jésus, pouvant rencontrer lui-même Bartimée que ses disciples lui ont présenté, s’entretient avec lui, reconnait sa présence, sa qualité de personne. Jésus ne décide pas à sa place, mais il lui demande ce qu’il veut. Jésus rend Bartimée responsable de sa propre vie, il lui propose non plus de subir son handicap mais de le prendre en main, de l’affronter dans la foi : Que veux-tu que je fasse pour toi ?  Cette phase de l’évangélisation est importante, il ne s’agit pas seulement de venir en aide aux personnes en leur donnant tout ce qu’il faut pour vivre, mais il faut leur permettre  de se construire comme personne responsable ! Il ne s’agit pas d’en faire des assistés mais d’en faire des fils et des filles de Dieu libres comme nous !

Puisse le Seigneur, par son Corps et son Sang qu’il nous partage, nous donner les forces nécessaires pour être dans le doyenné de Lons, des évangélisateurs à son image, attentifs aux autres, travaillant en l’Eglise et responsabilisant chacun ! Amen

homélie du 29° dimanche

Évangile de J-Christ selon saint Marc

En ce temps-là, Jacques et Jean, les fils de Zébédée, s’approchent de Jésus et lui disent : « Maître, ce que nous allons te demander, nous voudrions que tu le fasses pour nous. »  Il leur dit : « Que voulez-vous que je fasse pour vous ? » Ils lui répondirent : « Donne-nous de siéger, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, dans ta gloire. » Jésus leur dit : « Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire, être baptisés du baptême dans lequel je vais être plongé ? » Ils lui dirent : « Nous le pouvons. » Jésus leur dit : « La coupe que je vais boire, vous la boirez ; et vous serez baptisés du baptême dans lequel je vais être plongé. Quant à siéger à ma droite ou à ma gauche, ce n’est pas à moi de l’accorder ; il y a ceux pour qui cela est préparé. » Les dix autres, qui avaient entendu, se mirent à s’indigner contre Jacques et Jean. Jésus les appela et leur dit :  « Vous le savez : ceux que l’on regarde comme chefs des nations les commandent en maîtres ; les grands leur font sentir leur pouvoir. Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi. Celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur. Celui qui veut être parmi vous le premier sera l’esclave de tous : car le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude. 

Il y a des jours où je me dis que ce n’est pas facile d’être vraiment chrétien et aujourd’hui est un jour comme ça ! Les textes de la liturgie s’ils étaient lus en dehors de nos assemblées chrétiennes apporteraient des quantités d’eau au moulin de nos détracteurs (et en période de sécheresse l’eau ça coûte !)A tous ceux qui nous méprisent et nous moquent nous donnons aujourd’hui de bons arguments : dolorisme dans la première lecture, et dans l’évangile : l’éloge de l’épreuve et de la faiblesse jusqu’à prôner le statut d’esclave pour tous les disciples.

Et à tout cela frères et sœurs, d’un cœur unanime vous avez répondu : « nous rendons grâce à Dieu » et « Louange à toi Seigneur Jésus ». Rendre grâce pour cette invitation du Christ à donner sa vie ? Louer Dieu pour son appel à nous faire esclave de tous ? Allons ! Soyons honnêtes, il est loin d’être total notre « oui » au Seigneur pour l’aider à sauver ce monde en portant la croix avec lui. « Pratiquer c’est déjà pas mal, mais vivre la radicalité de l’évangile, là monsieur le curé, vous ne mesurez pas bien ce que cela exige. »

En effet, quand je vois la course aux honneurs, le besoin de reconnaissance, la nécessité de ne faire que des choses socialement gratifiantes et qui flattent l’égo, je me demande ce qu’il reste du commandement du Christ d’être serviteur de tous.

Certes ces textes sont âpres, difficiles à lire et à entendre même à vivre, mais ils expriment ce qu’est la condition du disciple  du Christ, disciple qui n’est pas au dessus de son Maître.

Ainsi je repère dans l’évangile 4 conversions que le Seigneur nous invite à vivre si nous voulons être son disciple, dont 4 points dans mon homélie.

1/ passer de la loi humaine à la loi du Christ

Dans la loi des hommes, les chefs des nations commandent en maître et font sentir leur pouvoir, dans la loi du Christ celui qui désire être grand sera le serviteur, le premier sera l’esclave de tous. Il faut passer du commandement au service ; du pouvoir à l’esclavage. Or sans le Christ comme modèle, c’est impossible, cela n’est pas jouable. Car ce qui est en jeu, c’est le renversement de l’ordre du monde, c’est rappeler à celui qui a beaucoup reçu qu’il devra beaucoup donner… pourtant nous sommes toujours à nous plaindre de ce qui nous manque et peu rapide à offrir les talents dont nous disposons. D’où la seconde conversion.

2/ passer du statut « moi le premier » à celui de « les autres d’abord ».

En effet, Jésus le dit de lui-même, il n’est pas venu pour être servi mais pour servir. Lui le Grand Dieu, le Tout Puissant, il se fait serviteur de chacun de nous jusqu’à la croix. Il nous donne tout : la vie, le pardon, l’amour, l’être, etc. Et nous, nous restons impassibles, souvent simples consommateurs dans et de l’Eglise.

Interrogeons-nous, que puis-je faire aujourd’hui pour Dieu ? Pour mes frères et sœurs ? Vous ne savez pas ? Venez me voir, je vous ferai la liste…. Le renouvellement des EAP approche, alors pensez y !

Mais à celui qui se met au service Jésus demande encore 2 autres conversions :

3/ passer de la gloriole à la Gloire.

C’est l’expérience de Jacques et de Jean qui se disent qu’ils pourraient tirer gloire de servir le Seigneur Jésus. Et quant à faire autant siéger à droite et à gauche de Lui dans sa gloire. Notez au passage que tous les autres qui jouent les gens outrés désiraient certainement la même chose ! Mais ce qu’ils n’ont pas encore saisi, c’est qu’en Dieu tout est inversé (cf 1° conversion) : ainsi la gloire de Dieu rayonne à la croix, mais les places à côté de Jésus sont déjà réservées pour les 2 larrons !

Cependant, Jésus invite Jacques et Jean à désirer partager sa gloire en leur annonçant qu’ils boiront eux-aussi à la coupe  du martyr et qu’ils recevront le même baptême que le Seigneur, immergés comme lui dans la mort et la résurrection, pour le salut du monde. Ainsi, eux aussi, le moment venu donneront leur vie en offrande au Père pour sauver quelques âmes.

Et moi ? Est-ce que je vis ma vie chrétienne pour la gloriole ? Est-ce que je m’investis dans l’église pour exercer un pouvoir, pour flatter mon amour propre, pour exister aux yeux des autres ? Ou alors je le vis simplement comme un moyen pour permettre à des nombreuses personnes d’avancer avec assurance vers le trône de la grâce, comme le dit l’épitre aux Hébreux ? Notre gloire c’est de nous unir au Christ pour le salut du monde, c’est de tourner vers Lui de nombreux cœurs aujourd’hui égarés. … et cela exige une dernière conversion.

4/ passer de la récompense à la gratuité.

Jacques et Jean estiment qu’ils méritent les places d’honneur à côté de Jésus, ils voient cela comme  une récompense méritée suite à leur travail missionnaire. Ils donnent l’impression d’acheter leur paradis. Ils manquent d’humilité, oubliant qu’est c’est l’Esprit Saint qui travaille en eux et qu’ils ont donc à être seulement fontaine pour que d’autres viennent au Christ. La fontaine donne gratuitement de son eau à tous ceux qui ont soif, sans attendre de retour, de merci.

Et moi ce matin ? Ai-je parfois l’idée d’acheter mon paradis ? Suis-je capable de comprendre que Jésus m’a déjà donné le salut et qu’agir en chrétien, gratuitement, c’est exprimer qu’on est déjà sauvé, c’est désirer que les autres le soient aussi ?

Ainsi, mes amis, ce matin décidons de nous convertir, devenons serviteurs avec le Christ de tous les hommes, gratuitement, pour la gloire de Dieu, sans attendre d’autre retour que les bras ouverts du Père qui nous dira « viens serviteur bon et fidèle, entre dans la joie de ton Maître. » Amen

homélie 28° dimanche

Qui est le « jeune homme richeÉvangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là, Jésus se mettait en route quand un homme accourut et, tombant à ses genoux, lui demanda : « Bon Maître, que dois-je faire pour avoir la vie éternelle en héritage ? » Jésus lui dit : « Pourquoi dire que je suis bon ? Personne n’est bon, sinon Dieu seul. Tu connais les commandements : Ne commets pas de meurtre, ne commets pas d’adultère, ne commets pas de vol, ne porte pas de faux témoignage, ne fais de tort à personne, honore ton père et ta mère. » L’homme répondit : « Maître, tout cela, je l’ai observé depuis ma jeunesse. » Jésus posa son regard sur lui, et il l’aima. Il lui dit : « Une seule chose te manque : va, vends ce que tu as et donne-le aux pauvres ; alors tu auras un trésor au ciel. Puis viens, suis-moi. » Mais lui, à ces mots, devint sombre et s’en alla tout triste, car il avait de grands biens. Alors Jésus regarda autour de lui et dit à ses disciples : « Comme il sera difficile à ceux qui possèdent des richesses d’entrer dans le royaume de Dieu ! » Les disciples étaient stupéfaits de ces paroles. Jésus reprenant la parole leur dit: « Mes enfants, comme il est difficile d’entrer dans le royaume de Dieu ! Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu. » De plus en plus déconcertés, les disciples se demandaient entre eux : « Mais alors, qui peut être sauvé ? » Jésus les regarde et dit: « Pour les hommes, c’est impossible, mais pas pour Dieu ; car tout est possible à Dieu. » Pierre se mit à dire à Jésus : « Voici que nous avons tout quitté pour te suivre. » Jésus déclara : « Amen, je vous le dis : nul n’aura quitté, à cause de moi et de l’Évangile, une maison, des frères, des sœurs, une mère, un père, des enfants ou une terre sans qu’il reçoive, en ce temps déjà, le centuple : maisons, frères, sœurs, mères, enfants et terres, avec des persécutions, et, dans le monde à venir, la vie éternelle. »

Dans la vie sociale, nous rencontrons deux genres de personnes : celles qui font le minimum requis et celle qui font un maximum. Celles qui visent un vivre ensemble de base : respecter la loi et se faire quelques connaissances et celles qui veulent une véritable vie sociale, qui veulent plus de justice et une vraie vie fraternelle avec les autres. A la seconde catégorie, celle des personnes qui en veulent toujours plus, on pourrait associer un slogan politique entendu les dernières années : travailler plus pour gagner plus !

Et bien il en va de la vie spirituelle et de notre conversion comme de la vie sociale : il y a ceux qui ne veulent gagner que le SMIG, c’est à dire le Salut Minimum Garanti et ceux qui, sachant le salut possible, voudront travailler sans relâche au Salut du plus grand nombre par la pleine communion entre les hommes et avec Dieu. Les premiers feront le minimum demandé pour obtenir leur salut, à savoir respecter les 10 commandements. Les autres s’abîmeront en Dieu, jusqu’à l’épuisement, pour servir les hommes ; ils essaieront, au-delà du respect des 10 commandements de vivre dans l’imitation de Jésus-Christ.

Vous aurez certainement reconnu là les deux attitudes décrites dans l’Evangile de ce dimanche : d’un côté l’homme riche, de l’autre Jésus et ses disciples.

Nous ne devons pas nous tromper, Jésus ne condamne pas l’homme riche, au contraire nous dit st Marc : Jésus posa son regard sur lui, et il l’aima. Mais l’homme riche a une vision très législative du royaume de Dieu et de la vie éternelle, sa question, que dois-je faire pour avoir la vie éternelle en héritage ? peut se traduire par : quel est le SMIG spirituel qui me garantisse la vie éternelle ? Et Jésus donne une réponse, ce qui signifie que l’on peut être sauvé en suivant cette voix. Il lui rappelle la loi des pères, celles des 10 commandements. En les respectant chacun peut vivre une vie juste et honnête, c’est le minimum à vivre qui garantit un vivre ensemble paisible dans ce monde et la vie éternelle dans l’autre.

Cependant il nous faut scruter aussi la seconde partie du propos de Jésus. Il ajoute une clause supplémentaire : » Une seule chose te manque : va, vends ce que tu as et donne-le aux pauvres ; alors tu auras un trésor au ciel. Puis viens, suis-moi.«  Jésus affirme que l’on peut aller plus loin en s’unissant davantage à Lui. Il n’est plus seulement un Dieu qui donne des commandements pour diriger nos vies, il est le frère avec lequel nous voulons vivre et cheminer dans la foi. A ce niveau là, Jésus n’impose rien, il fait seulement une proposition, une invitation à cet homme riche de vivre plus intensément sa relation avec Dieu. L’homme est libre de sa réponse. L’invitation à une vie spirituelle plus radicale, à la suite du Christ comporte trois points qu’on appelle dans l’Eglise les conseils de vie évangélique : la pauvreté, la chasteté et l’obéissance. Essayons d’appliquer ces 3 conseils à notre relation à l’argent et aux biens qu’ils soient d’ordre matériel, intellectuel ou spirituel, comme Jésus y invitait l’homme riche.

D’abord la pauvreté : Notre attachement aux choses et aux idées nous empêche-t-il de dire un « oui » franc et massif à Dieu ? Pour suivre Jésus, sommes-nous prêts, comme nous y invite st Ignace de Loyola à « nous rendre indifférents à toutes les choses créées… de telle manière que nous ne voulions pas, santé plus que maladie, richesse plus que pauvreté, honneur plus que déshonneur, vie longue plus que vie courte, et ainsi de tout le reste ». Ainsi la pauvreté, c’est faire avec ce que l’on a, ne désirant servir que le Christ notre unique trésor.

Ensuite la chasteté : ce terme s’il s’applique en premier aux relations que nous avons avec les autres personnes, peut aussi être utilisé pour bien gérer notre relation aux choses et aux objets. La chasteté est requise dans l’utilisation de nos biens. C’est là le vrai problème du jeune homme riche comme le souligne st Marc avec pudeur : Mais lui, à ces mots, devint sombre et s’en alla tout triste, car il avait de grands biens. Il peut nous arriver que nous soyons attachés d’une manière déraisonnable, voir fusionnelle, à notre argent, nos biens, nos idées. La chasteté est l’exercice d’une saine distance, d’une bonne gestion de nos relations aux choses et aux personnes.

Enfin l’obéissance : il s’agit là d’écouter, de comprendre, d’acquiescer et d’appliquer les Paroles du Christ pour notre salut et celui de tous les hommes : comme le rappelle la lettre aux Hébreux : Elle est vivante, la parole de Dieu,….. pas une créature n’échappe à ses yeux, tout est nu devant elle, soumis à son regard ; nous aurons à lui rendre des comptes.

Jésus nous invite à une vie plus radicale, plus parfaitement évangélique, oserons-nous, dans la pauvreté, la chasteté et l’obéissance, dire 1 « oui » total, pour devenir en ce monde de vrais évangélisateurs, pour la gloire de Dieu et le salut du Monde. Amen