homélie de la messe de Pentecôte

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Quand viendra le Défenseur, que je vous enverrai d’auprès du Père, lui, l’Esprit de vérité qui procède du Père, il rendra témoignage en ma faveur. Et vous aussi, vous allez rendre témoignage, car vous êtes avec moi depuis le commencement.

J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l’instant vous ne pouvez pas les porter. Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans la vérité tout entière. En effet, ce qu’il dira ne viendra pas de lui-même : mais ce qu’il aura entendu, il le dira ; et ce qui va venir, il vous le fera connaître. Lui me glorifiera, car il recevra ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. Tout ce que possède le Père est à moi ; voilà pourquoi je vous ai dit : L’Esprit reçoit ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. »

Voilà cinquante jours nous fêtions la Pâques du Christ, c’est-à-dire la victoire de Jésus sur la mort qui transforme notre mort en passage vers la vie. Il y a dix jours nous fêtions l’Ascension du Christ, c’est-à-dire le retour de Jésus auprès de Dieu son Père. Jésus assis à la droite de Dieu avec son corps d’homme, c’est la promesse pour tout homme de participer à la vie de Dieu pour l’éternité. Mais les anges à l’Ascension n’ont pas cessé de nous le dire, il ne faut pas garder notre regard tourné vers le ciel, car c’est un acquis : les portes du ciel demeureront désormais ouvertes pour toujours! Sachant donc où nous irons en quittant ce monde, pour peu que nous accueillons et vivions de cette bonne Nouvelle, nous devons annoncer à notre tour que le Seigneur appelle tous les hommes à le rejoindre !

Voilà pourquoi, afin d’assurer et de mener à bien cette mission, le Seigneur invitait ses disciples à rester à Jérusalem pour attendre le don qu’il avait promis. Ce que nous fêtons aujourd’hui, la Pentecôte, c’est ce don-là : le don de l’Esprit Saint. L’Esprit Saint, c’est Dieu le Père qui poursuit son action au milieu des hommes, non plus pour les sauver (cela fut réalisé par le Fils) mais pour faire connaître le salut à tous les hommes de tous les temps. L’Esprit Saint est la main de Dieu agissant dans le monde. Il est, comme le signifie un de ses symboles, le « doigt de Dieu » qui transforme la vie de ceux qui acceptent d’être touchés par lui. Cela se ressent immédiatement quand nous lisons l’Ecriture : Marie en s’ouvrant à l’action de l’Esprit saint donne naissance au Sauveur ; Jésus par la puissance de l’Esprit Saint expulse les démons des possédés ; les disciples embrasés par l’Esprit Saint, parlant toutes les langues connues des hommes, deviennent des missionnaires du Salut ; les saints de tous les temps, touchés par l’Esprit Saint et le cœur et l’âme travaillés par lui vont mettre toute leur vie au service de Dieu et de son Eglise, qui en fondant des monastères, qui en fondant des hôpitaux ou des hospices, qui en fondant des écoles, des patronages, des associations d’entre-aide, de développement et toute chose en vue d’aider le prochain.

Mais avant même de nous faire agir, l’Esprit Saint, promis et donné par Jésus aujourd’hui, nous permet d’abord de nous fonder correctement en Dieu et de bien comprendre notre foi et le message que nous avons à proclamer : comme le rappelle Jésus dans l’Evangile : d’abord le Défenseur (autre nom de l’Esprit Saint) rendra témoignage en faveur de Jésus, c’est-à-dire qu’il poursuivra les mêmes œuvres que celles qu’a faites Jésus, il mettra en œuvre les moyens du Salut dans le temps et l’espace. Ensuite l’Esprit de vérité nous conduira dans la vérité tout entière. En effet, l’Esprit Saint nous aidera à comprendre la chose la plus incroyable qui soit, la vérité n’est pas un concept, une idée ou un objet manipulable, la vérité est une personne, Jésus le Christ. Et l’œuvre de l’Esprit est de nous conduire à Jésus en rendant notre intelligence capable de contempler Dieu. Il va hisser le regard de notre raison au-delà de ses capacités pour lui donner de saisir complètement le projet de Dieu sur l’homme. Car, enfin ce qui va venir, l’Esprit Saint nous le fera connaître : non seulement il nous permet d’identifier la vérité au Christ et de comprendre le projet de Dieu mais plus encore en travaillant notre corps, notre âme et notre intelligence, il nous fait découvrir en Jésus l’homme nouveau que nous sommes tous appelés à devenir. L’œuvre finale de l’Esprit Saint est de nous christifier, de nous rendre capable de la vie même de Dieu. De fait nous ne contemplerons pas la vérité, nous y participerons de l’intérieur.

La perspective de devenir Dieu par participation, devrait nous faire exulter de joie et nous ouvrir totalement à l’œuvre de l’Esprit Saint en nous. Voilà pourquoi, saint Paul dans sa lettre aux galates nous donne un baromètre de l’action de l’Esprit en nous, il nous livre 9 fruits qui sont des attitudes qui prouvent notre désir de divinisation : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur et maîtrise de soi. Certainement que vous êtes comme moi et que vous vous dites que pas mal de ces fruits vous manquent : vous êtes peut être angoissé (manque de paix), vous êtes déprimé et voyez tout en noir (manque de joie) vous ne voyez que le négatif (manque de bienveillance), vous avez des paroles, des comportements durs avec les autres (manque de douceur, de bonté et de maîtrise de soi), vous êtes a tout vouloir tout de suite, à ne pas supporter que les gens ne comprennent pas à la seconde (manque de patience), il vous arrive de lire votre horoscope de vous tourner vers des idoles (manque de fidélité), et on pourrait continuer !

Ainsi tous nous avons besoin de nous ouvrir davantage à l’action de l’Esprit Saint en nous pour qu’il y poursuive son œuvre. Alors implorons-le, supplions-le, prions-le de nous saisir, de nous transformer et de nous christifier pour notre salut et la gloire de Dieu. Amen

homélie du 7° dimanche de Pâques

20180508_115702Évangile de J- C selon saint Jean

En ce temps-là, les yeux levés au ciel, Jésus priait ainsi : « Père saint, garde mes disciples unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné, pour qu’ils soient un, comme nous-mêmes. Quand j’étais avec eux, je les gardais unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné. J’ai veillé sur eux, et aucun ne s’est perdu, sauf celui qui s’en va à sa perte de sorte que l’Écriture soit accomplie. Et maintenant que je viens à toi, je parle ainsi, dans le monde, pour qu’ils aient en eux ma joie, et qu’ils en soient comblés. Moi, je leur ai donné ta parole, et le monde les a pris en haine parce qu’ils n’appartiennent pas au monde, de même que moi je n’appartiens pas au monde. Je ne prie pas pour que tu les retires du monde, mais pour que tu les gardes du Mauvais. Ils n’appartiennent pas au monde, de même que moi, je n’appartiens pas au monde.

Sanctifie-les dans la vérité : ta parole est vérité. De même que tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi, je les ai envoyés dans le monde. Et pour eux je me sanctifie moi-même, afin qu’ils soient, eux aussi, sanctifiés dans la vérité. »

Dans l’Evangile que nous venons d’entendre, Jésus prie son Père afin que ses disciples aient en eux sa joie, et qu’ils en soient comblés. La joie, voilà donc le bien suprême à demander et à attendre de Dieu, une joie qui dépasse les épreuves et le plaisir immédiat, une joie qui nous place d’emblée dans l’éternité. Pour goûter et vivre de cette joie-là dès maintenant, le Seigneur émet trois demandes à son Père : 1°/garde mes disciples unis dans ton nom, 2°/ Je ne prie pas pour que tu les retires du monde, 3°/ Sanctifie-les dans la vérité : ta parole est vérité : 3 points dans mon homélie.

1°/garde mes disciples unis dans ton nom. Il semble donc qu’il en va de notre relation à Dieu comme de la vie de couple : la joie s’installe et augmente avec la confiance, la foi que l’on a en son conjoint. Pour qu’un couple vive dans la joie il doit s’appuyer sur la fidélité, c’est-à-dire sur l’espérance que son engagement est pour la vie. Pour qu’un chrétien soit divinement joyeux il doit développer sa fidélité au Père et au Christ dans l’espérance de vivre avec eux pour l’éternité. C’est que la fidélité permet à l’amour de s’épanouir totalement en s’ouvrant sans peur à l’autre et en désirant ne faire qu’un avec lui, sans craindre d’être emprisonner par l’autre. C’est cela que st Jean dans la 2° lecture nous fait découvrir : le véritable amour, l’amour de don (l’agapè) permet à Dieu de demeurer en nous et nous en Dieu. Notre joie est parfaite quand nous vivons notre relation à Dieu dans un parfait échange d’amour. Ce n’est pas la crainte de Dieu qui nous rend fidèle, mais l’amour que nous lui portons.

C’est pourquoi au jour de notre baptême nous recevons de Dieu : la foi, l’espérance et l’amour pour vivre unis à lui dans une parfaite fidélité.

2°/ Je ne prie pas pour que tu les retires du monde. Contrairement à ce que proclame le proverbe « pour vivre heureux, vivons cachés », la joie chrétienne naît de l’exposition au monde. Un disciple heureux est un chrétien qui témoigne de l’amour de Dieu dont il vit. Comme le rappelle st jean dans la 2° lecture : l’amour de Dieu demeure dans un cœur qui aime les autres et qui proclame que Jésus est le Fils de Dieu. Or, au jour de notre baptême, chacun de nous est devenue une demeure de l‘amour de Dieu, comme une humanité de surcroît en laquelle Jésus peut renouveler ses merveilles pour le monde : vous êtes les bras, les mains, le cœur, la bouche de Dieu pour qu’il puisse parler, aimer, servir et porter les hommes de ce temps. Notre joie se trouve donc dans le témoignage public de notre foi, à contre courant des idées de ce monde, fut-ce au risque du martyr. Vivre de la vraie joie exige de la partager avec les autres, en effet, qui, connaissant la source du bonheur, refuserait de la partager et de la faire connaitre à d’autre ?

3°/ Sanctifie-les dans la vérité : ta parole est vérité. Il ne peut y avoir de joie saine dans le relativisme ou l’à peu près. Le Christ l’affirme je suis le chemin, la vérité et la vie. Notre joie de disciple puise donc sa consistance, sa nourriture dans le Christ qui est la Vérité. A cause de cela nous ne devons pas affirmer des choses ou des idées contraires aux enseignements du Christ et de l’Eglise. Car l’Eglise est fondée par Jésus sur les apôtres dont il dit dans l’évangile de ce matin que pour eux je me sanctifie moi-même, afin qu’ils soient, eux aussi, sanctifiés dans la vérité.» Les Paroles des disciples et de leurs successeurs le pape et les évêques, sont habitées en permanence par cette offrande perpétuelle que le Christ fait de lui-même à son Père pour en garantir la véracité. Pour les questions de foi et de mœurs, quand le pape ou les évêques parlent, c’est le Christ qui parle ! Si toute opinion peut être proclamée dans le monde, toute proclamation n’est pas forcément chrétienne ! Nous devons toujours mesurer la catholicité de nos propos à l’aune du Catéchisme de l’Eglise Catholique !

Donc pour être dans la vraie joie : cherchons d’abord à mieux connaître Christ, qui est la vérité, en plongeant dans l’Ecriture et dans l’enseignement de l’Eglise. Ensuite cette quête fera grandir en nous l’amour du Père et la fidélité à son nom. Enfin, nourris du Christ qui est la vérité et fidèles au Père, nous pourrons témoigner de Dieu dans le monde. Pour que cela se réalise pleinement, Jésus a promis l’Esprit Saint qui seul peut nous faire vivre de la vraie joie. Demandons-lui avec insistance, une nouvelle Pentecôte pour les habitants de notre doyenné de Lons. Amen

homélie de l’Ascension

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là, Jésus ressuscité se manifesta aux onze Apôtres et leur dit : « Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; celui qui refusera de croire sera condamné. Voici les signes qui accompagneront ceux qui deviendront croyants : en mon nom, ils expulseront les démons ; ils parleront en langues nouvelles ; ils prendront des serpents dans leurs mains et, s’ils boivent un poison mortel, il ne leur fera pas de mal ; ils imposeront les mains aux malades, et les malades s’en trouveront bien. »

Le Seigneur Jésus, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel et s’assit à la droite de Dieu. Quant à eux, ils s’en allèrent proclamer partout l’Évangile. Le Seigneur travaillait avec eux et confirmait la Parole par les signes qui l’accompagnaient.

Le Seigneur Jésus, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel et s’assit à la droite de Dieu. Quant à eux, ils s’en allèrent proclamer partout l’Évangile. Deux mouvements dans cette phrase de l’évangile de ce matin : un mouvement vertical : Jésus est enlevé au ciel et un mouvement horizontal : les apôtres vont proclamer partout l’Evangile. Un mouvement vertical et un second horizontal, comme le signe de la croix. Et à l’intersection : Jésus le Fils éternel de Dieu fait homme. Il est la jonction entre le Divin et l’humain, pleinement Dieu et pleinement homme il est à la fois la source de notre agir sur cette terre et la porte de notre accès à l’éternité auprès du Père.

Le premier mouvement est donc celui du retour du Seigneur Jésus vers le Père. En montant au ciel et en s’asseyant à la droite de Dieu, Jésus permet trois choses importantes : d’abord il remonte vers son Père avec notre humanité. Comme le rappelle Paul aux Ephésiens : celui qui était descendu est le même qui est monté au-dessus de tous les cieux pour remplir l’univers. Venu dans notre chair pour assumer une vie d’homme, il retourne vers le Père pleinement homme. En sa personne Il a glorifiée notre humanité, Il l’a divinisée, la rendant capable de participer à la nature divine, à la communion avec les trois personnes de la Trinité. En ce sens, Jésus nous précède, il nous ouvre le chemin, désormais, avec notre humanité restaurée et divinisée, nous pouvons espérer monter plus haut que tous les anges, plus haut que toutes les créatures visibles et invisibles : C’est notre humanité glorifiée qui est assise auprès du Père.

En remontant vers son Père, Jésus nous permet la liberté de choix. En effet, pour que le processus de notre divinisation soit choisi librement par chacun de nous, le Seigneur devait quitter notre monde visible. Rappelez-vous la ¨parole de Jésus à Thomas : « heureux ceux qui croient sans avoir vu ! ». En quittant notre monde il permet, par un acte de foi basé sur ce que nous avons entendu et appris de Lui, de nous attacher plus fortement et plus véritablement à sa personne.

Enfin, retourné auprès du Père, il peut envoyer à ses disciples ce qu’Il a promis, comme nous l’avons entendu dans la lecture des Actes des Apôtres : vous allez recevoir une force quand le Saint-Esprit viendra sur vous ; vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre. Grâce à l’Esprit Saint qui nous est donné par Jésus assis auprès de son Père, nous pouvons initier le second mouvement : proclamer partout l’Evangile.

Tout acte de foi doit trouver un accomplissement dans notre vie. Il ne suffit pas que les mots de la foi animent nos lèvres, il faut aussi qu’ils fassent agir nos mains en vue du bien commun et du service des autres. Il doit y avoir une conformité de plus en plus grande entre nos actes et nos paroles. Dire « je crois en Christ » exige d’agir en chrétien, c’est-à-dire, d’agir au nom de Jésus.

C’est le Seigneur Jésus qui le dit dans l’évangile : en mon nom, ils expulseront les démons ; ils parleront en langues nouvelles ; ils prendront des serpents dans leurs mains et, s’ils boivent un poison mortel, il ne leur fera pas de mal ; ils imposeront les mains aux malades, et les malades s’en trouveront bien.

Notre action doit prendre trois directions :1/ lutter contre le mauvais en chassant sans relâche le diable et ses démons du cœur des hommes ; 2/ lutter contre les hérésies, débusquer les fausses images de Dieu, dénoncer les manipulations que peuvent en faire les hommes (le poison c’est cela !) y compris dans l’Eglise ; 3/ user de compassion auprès des malades, leur apporter les secours de la religion.

Et st Paul, exhorte les Ephésiens à se conduire d’une manière digne de leur vocation : ayant beaucoup d’humilité, de douceur et de patience, se supportant les uns les autres avec amour ; ayant soin de garder l’unité dans l’Esprit par le lien de la paix. Agir ainsi transforme notre vie en un évangile lisible et compréhensible pour nos contemporains. Notre vocation de Chrétien c’est de faire de notre vie un chemin vers le Christ pour ceux qui ne le connaissent pas encore : que notre amour, notre qualité d’écoute et de service, notre compassion, notre attachement à la vérité, soient les lumières de la foi qui attirent au Christ.

Alors offrez-vous à Dieu par Jésus pour qu’il fasse de votre vie, saisie et transformée par l’Esprit Saint une louange à sa gloire, un merveilleux témoignage des prodiges que peut faire son amour en celui qui s’y livre en toute confiance. Amen

homélie donnée lors de la messe de clôture de la retraite de première Communion.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Je m’en vais maintenant auprès de Celui qui m’a envoyé, et aucun de vous ne me demande : “Où vas-tu ?” Mais, parce que je vous dis cela, la tristesse remplit votre cœur. Pourtant, je vous dis la vérité : il vaut mieux pour vous que je m’en aille, car, si je ne m’en vais pas, le Défenseur ne viendra pas à vous ; mais si je pars, je vous l’enverrai.

Lecture du livre des Actes des Apôtres

En ces jours-là, dans la ville de Philippes, la foule se déchaîna contre Paul et Silas. … on les jeta en prison, en donnant au geôlier la consigne de les surveiller de près. …. Le geôlier, tiré de son sommeil, vit que les portes de la prison étaient ouvertes ; … Ayant réclamé de la lumière, le geôlier se précipita et, tout tremblant, se jeta aux pieds de Paul et de Silas. Puis il les emmena dehors et leur demanda : « Que dois-je faire pour être sauvé, mes seigneurs ? » Ils lui répondirent : « Crois au Seigneur Jésus, et tu seras sauvé, toi et toute ta maison. » Ils lui annoncèrent la parole du Seigneur, ainsi qu’à tous ceux qui vivaient dans sa maison. À l’heure même, en pleine nuit, le geôlier les emmena pour laver leurs plaies. Aussitôt, il reçut le baptême avec tous les siens. Puis il fit monter chez lui Paul et Silas, il fit préparer la table et, avec toute sa maison, il laissa déborder sa joie de croire en Dieu.

Cet extrait de l’évangile de saint Jean se situe avant l’arrestation de Jésus et sa condamnation à mourir sur la croix. Pour démontrer à ses disciples qu’il maitrise et choisit librement de vivre tous les évènements qui vont arriver, il leur décrit par avance ce qui va se passer, les sentiments qu’ils vont ressentir. Il va aussi leur parler du futur, de ce qui va se passer après sa mort et sa résurrection. Il les rassure en les aidant déjà à prévoir l’avenir et même il promet de les aider. Voyons cela ensemble.

1/ d’abord Jésus commence à dire : « Je m’en vais maintenant auprès de Celui qui m’a envoyé ». Par ces mots il rappelle d’abord qu’il a été envoyé par Dieu, d’auprès de Lui, pour révéler aux hommes les projets de Dieu pour eux. Jésus nous a appris que Dieu est un Père, un papa qui aime chacun de ses enfants jusqu’à donner son Fils comme frère à tous les humains de la terre. Ensuite Jésus nous redit qu’il doit repartir vers son Père. Une fois que son message est donné aux humains, que ses disciples ont bien compris ses paroles, Jésus doit retourner vers Dieu son Père.

2/ cette annonce de Jésus, cause de la peine aux disciples. Et Jésus sait quels seront leurs sentiments quand cela arrivera, c’est pour cela qu’il leur dit : aucun de vous ne me demande : “Où vas-tu ?” Mais, parce que je vous dis cela, la tristesse remplit votre cœur. En effet, c’est pour nous comme pour les amis de Jésus à l’époque, quand quelqu’un qu’on aime nous annonce qu’il va partir loin, ou alors quand cette personne meurt, nous sommes tristes car nous comprenons que nous ne la reverrons pas tout de suite.  La tristesse est normale et Jésus l’assume. Cependant Jésus affirme qu’il vaut mieux pour nous que je m’en aille, Jésus nous fait comprendre que s’il repart vers son Père d’autres choses vont pouvoir advenir  qui seront bénéfiques pour nous. Cette promesse de Jésus doit transformer notre tristesse en joie. Car Jésus ne va pas dans le vide et le néant, mais vers son Père, il nous ouvre un chemin de vie en nous ouvrant les portes du ciel. Et pour nous guider sur ce chemin il nous promet d’envoyer une aide, un défenseur : l’Esprit Saint.

3/ Et c’est là mon 3° point : Jésus affirme : « si je ne m’en vais pas, le Défenseur ne viendra pas à vous ; mais si je pars, je vous l’enverrai. » Ainsi Jésus ne nous laisse pas orphelins, il ne nous abandonne pas, il nous promet de nous envoyer d’auprès de Dieu une force : le Saint-Epsrit. Et depuis l’évènement de Pentecôte d’il y a 2000 ans nous savons que Jésus a dit vrai, qu’il a réalisé ses promesses. Car les apôtres et les disciples de Jésus qui étaient tout tristes de sa mort puis de son départ vers le Père sont devenus des évangélisateurs heureux ne craignant plus le pouvoir romain ou juif. L’Esprit de Dieu qui est venu sur eux les a remplis de force et de joie, de foi et d’amour pour tous les hommes et les femmes de tous les temps. Et ainsi, comme Paul et Silas dans la 1° lecture, la Bonne Nouvelle de Jésus venu sauver tous les humains et qui est allé au ciel nous préparer une place, s’est répandue dans le monde entier, jusqu’à châtel ce soir, grâce à l’audace et à l’amour des amis de Jésus à travers les siècles. Tous ont eut confiance dans la promesse de Jésus, ils ont eu confiance dans la parole des amis de Jésus, dans la parole des prêtres, des missionnaires, des évêques à travers les siècles. Et c’est cette même bonne nouvelle que nous vos catéchistes, vos parents, vos prêtres nous vous transmettons. Et bientôt se sera à votre tour. Et comme Paul, quand une personne vous demandera Que dois-je faire pour être sauvé ? Vous pourrez répondre : Crois au Seigneur Jésus, et tu seras sauvé, toi et toute ta maison. Alors vous aussi, comme Paul vous annoncerez la parole du Seigneur à tous ceux qui vivent dans la maison. Et vous inviterez ces personnes à recevoir le baptême. Vous verrez alors des choses et des comportements extraordinaires : vous verrez l’Esprit de Dieu à l’œuvre dans le cœur des gens, vous verrez l’amour prendre toute sa place dans la vie des gens, vous verrez ces personnes laisser déborder leur joie de croire en Dieu.

Voilà tout ce que fait l’Esprit Saint si vous le laissez agir dans votre cœur de jeune chrétien : il augmente votre foi, il vous permet de regarder avec confiance vers le ciel et il vous donne l’audace d’annoncer avec joie le salut de Dieu à tous les hommes. Alors vous êtes prêts pour partir à l’aventure de la foi ? Amen

homélie du 5° dimanche de pâques

Une belle assemblée ce dimanche pour la messe aux Cordeliers. Théo un enfant du catéchisme a fait sa première étape vers le baptême et 21 couples de  la zone de Lons terminaient leur weekend de préparation au mariage par la messe au cours de laquelle ils ont été présentés…

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Moi, je suis la vraie vigne, et mon Père est le vigneron. Tout sarment qui est en moi, mais qui ne porte pas de fruit, mon Père l’enlève ; tout sarment qui porte du fruit, il le purifie en le taillant, pour qu’il en porte davantage. Mais vous, déjà vous voici purifiés grâce à la parole que je vous ai dite. Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut pas porter de fruit par lui-même s’il ne demeure pas sur la vigne, de même vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi. Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire. Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est, comme le sarment, jeté dehors, et il se dessèche. Les sarments secs, on les ramasse, on les jette au feu, et ils brûlent. Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez tout ce que vous voulez, et cela se réalisera pour vous. Ce qui fait la gloire de mon Père, c’est que vous portiez beaucoup de fruit et que vous soyez pour moi des disciples. »

Dans notre doyenné, la vigne tient une place importante, elle en structure le paysage, le tourisme et l’économie. De nombreux vignerons sont des paroissiens et dimanche dernier encore, nous célébrions à Montaigu saint Vernier leur saint protecteur. Lors de visites dans leurs caveaux nous découvrons, par leurs gestes et leurs mots des amoureux de la terre et de la vigne qu’ils travaillent. On lit dans leur regard la fierté et la gloire et de voir, grâce à leur travail, la vigne donner du bon raisin signe d’un bon cru à venir. Et bien, dans l’Evangile de ce dimanche, Jésus nous fait découvrir que c’est la même logique dans le cœur de Dieu concernant son peuple : Ce qui fait la gloire de mon Père, c’est que vous portiez beaucoup de fruit. La Gloire de Dieu, sa fierté, c’est que les membres de son peuple, qu’il compare aux sarments d’une vigne, portent beaucoup de fruit.

Or, dans sa 1° lettre, st Jean relève 2 sortes de fruits : des fruits spirituels qui nous tournent vers le ciel en mettant notre foi dans le nom de Jésus Christ le fils de Dieu et des fruits temporels qui nous tournent vers la terre et vers les hommes en nous aimant les uns les autres, par des actes et en vérité, comme nous l’a commandé le Seigneur.

Il nous appartient donc de voir comment chacun de nous peut porter ces bons fruits-là. Les textes de la liturgie nous proposent trois pistes :

1/ Rester « branchés » à Jésus. Ce sont évidemment les sarments qui portent les grappes de raisins dans une vigne, mais uniquement quand ils sont « branchés » au pied de vigne pour recevoir de lui la sève et les nutriments nécessaires pour produire de bons raisons. Ainsi, nous comprenons mieux les paroles de Jésus : De même que le sarment ne peut pas porter de fruit par lui-même s’il ne demeure pas sur la vigne, de même vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi. Ainsi Jésus, dans l’Evangile, nous rappelle qu’il est lui-même la vigne et que nous sommes les sarments. C’est-à-dire que nous ne portons du fruit qu’en étant greffés sur lui, en le laissant, par les sacrements et la lecture de la Bible, nous nourrir de sa vie. Par l’eau de notre baptême, par son Corps et Sang dans l’Eucharistie, par son engagement auprès des époux dans le mariage, par le pardon reçu lors de la confession, par la Parole de Dieu lue et méditée, Jésus irrigue et nourrit notre vie de la sienne. Voilà pourquoi Jésus nous redit dans l’évangile : Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit.

Cela signifie que l’attachement au Christ n’est pas facultatif et que souvent nos fatigues et nos doutes dans la foi, les disputes et les séparations dans les couples, viennent d’une baisse de pratique et de prière, d’un éloignement de Jésus. Alors surtout restons greffés à Jésus !

2/se laisser éclairer par la chaleureuse lumière de l’Esprit Saint. Certes pour que les sarments portent du fruit il leur faut des aliments qui viennent du cep de vigne, mais il leur faut aussi du soleil et de la chaleur pour que leurs raisins mûrissent. Il en va de même pour la foi, les sarments que nous sommes dans la vigne du Seigneur ont besoin, pour faire des œuvres bonnes et agir selon la volonté de Dieu, de se nourrir de la vie du Christ, mais ils ont aussi besoin de la chaleur et de la lumière de L’Esprit Saint pour que leur actions fassent grandir l’Eglise, comme le rappelle la 1° lecture : L’Église réconfortée par l’Esprit Saint se multipliait.

Alors vous-même, quand vous êtes-vous mis sous la lumière et la chaleur de l’Esprit Saint pour la dernière fois. Quand l’avez-vous invoqué, prié pour qu’il vous éclaire dans vos choix de vie et vos actions, pour qu’il fortifie votre couple et le structure dans l’amour ?

3/ laisser Dieu tailler les sarments que nous sommes. Enfin le vigneron qui veut de bonnes et belles grappes de raisin va parfois tailler les sarments et enlever de trop nombreuses pousses qui pourraient nuire à la qualité du raisin. De même, nous rappelle Jésus, Tout sarment qui porte du fruit, mon Père le purifie en le taillant, pour qu’il en porte davantage. C’est-à-dire que les sarments que nous sommes, bien nourris par le Christ, bien éclairés par l’Esprit Saint, doivent accepter que, Dieu le Père, qui est le vigneron, les taille pour qu’ils portent plus de fruit. Se laisser « tailler » par le Père signifie d’accepter les renoncements que Dieu nous proposent pour porter un fruit qui ira à maturité. Je pense ainsi au célibat sacerdotal qui permet une pleine disponibilité pour la mission, je pense aussi aux couples qui s’engagent dans la fidélité totale pour fonder une famille sur un amour solide, je pense encore aux laïcs engagés comme tel ou tel cadre ou prof qui renonce parfois à une grande carrière ou à de gros salaires pour déployer ses talents auprès des plus pauvres, des défavorisés, etc… Il s’agit donc de confier le gouvernail de notre vie à Dieu le Père.

Et nous-mêmes, dans la prière et la foi savons-nous faire des choix et renoncer à être « partout », à vouloir toujours « tout » ? St Paul nous met en garde « tout est possible, mais tout n’est pas souhaitable »

Frères et sœurs, si vous avez bien suivi, vous aurez remarqué que pour porter du fruit dans ce monde il faut être tout entier dans la Trinité : laisser les rênes de nos vies entre les mains du Père, nous laisser éclairer dans nos choix par l’Esprit Saint et nous nourrir de la vie du Christ chaque jour. Celui qui a des oreilles qu’il entende ! Amen

homélie du 4° dimanche de Pâques

Des Actes des Apôtres

En ces jours-là, Pierre, rempli de l’Esprit Saint, déclara : « Chefs du peuple et anciens, nous sommes interrogés aujourd’hui pour avoir fait du bien à un infirme, et l’on nous demande comment cet homme a été sauvé. Sachez-le donc, vous tous, ainsi que tout le peuple d’Israël : c’est par le nom de Jésus le Nazaréen, lui que vous avez crucifié mais que Dieu a ressuscité d’entre les morts, c’est par lui que cet homme se trouve là, devant vous, bien portant. Ce Jésus est la pierre méprisée de vous, les bâtisseurs, mais devenue la pierre d’angle. En nul autre que lui, il n’y a de salut, car, sous le ciel, aucun autre nom n’est donné aux hommes, qui puisse nous sauver. »

En notre époque il se trouve souvent de bonnes âmes qu’on dirait « bien-pensantes » et « catholiquement correcte ! » pour affirmer à qui veut l’entendre que chacun a sa religion et que c’est super comme cela. Certains poussent même à dire que toutes les religions se valent et qu’elles mènent toutes à Dieu ! Ce genre d’affirmation met sur un pied d’égalité le Christ, Mahomet, Bouddha et toutes les divinités hindoues et autres existants sur la terre. On pense se grandir spirituellement en abaissant la personne du Christ ; en méconnaissant qui Il est vraiment. Et ainsi, Celui qui est le Fils éternel de Dieu, ne devient qu’une idée, un symbole, un personnage historique comme un autre. Il est alors perçu comme un pseudo dieu, une pâle copie du sauveur qui ressemblera plus à Che-Guevara ou à Coluche. Et alors il y a un risque pour nous chrétiens de construire une Eglise sans le Christ, de transformer l’Eglise en organisme humanitaire, en une maison de tolérance qui refuse les exigences de la foi. Et derrière ces attitudes se cachent souvent un renoncement à témoigner de sa foi, une peur de s’afficher, d’être catalogué « catho » voir « réac » ou pire « facho ».

Pourtant, il faut remarquer que ce comportement est aux antipodes de celui des premiers chrétiens tels qu’ils nous sont décrit dans les lectures d’aujourd’hui. Ainsi dans la 1° lecture, Saint Pierre affirme de Jésus qu’en nul autre que lui, il n’y a de salut, car, sous le ciel, aucun autre nom n’est donné aux hommes, qui puisse nous sauver. De même Jésus dans l’Evangile que nous venons d’entendre dit : J’ai encore d’autres brebis, qui ne sont pas de cet enclos : celles-là aussi, il faut que je les conduise. Elles écouteront ma voix : il y aura un seul troupeau et un seul pasteur. Le Seigneur l’affirme lui-même : il est celui qui conduira tous les hommes, il est le seul berger d’un unique troupeau qu’il nous faut rassembler de part le monde entier.

Ainsi, L’Evangile n’est pas réservé à quelques uns il est Bonne Nouvelle à proclamer à tous les hommes. Cela fera s’écrier à Paul : malheur à moi si je n’annonce pas l’Evangile !

Voilà pourquoi, dès le jour de pentecôte, pour les apôtres et les premiers disciples, annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus mort et ressuscité pour notre salut, était le fondement de leur mission. Ils n’avaient qu’un seul but : faire connaître le vrai berger à tous les hommes qui n’avaient pas découvert Dieu! Cet acharnement à faire connaître le Christ nous rappelle que la mission de l’Eglise, sa raison d’exister, est de faire connaître par le monde entier le nom du Christ Ressuscité. Car Jésus pour eux comme pour nous je l’espère c’est le salut tout en un. Jésus est le nom qui nous sauve ; Jésus est le corps qui nous nourrit ; Jésus est la valeur sûre pour bâtir notre vie ; Jésus est le rocher inébranlable sur lequel fonder notre foi». Pour copier une publicité célèbre, je dirai que le vrai contrat de confiance, ce n’est pas Darty mais Jésus Christ !

Comme responsable diocésain des vocations, ma conviction est que nous aurons davantage de vocations religieuses et sacerdotales en réaffirmant qu’on ne peut donner sa vie, toute sa vie, qu’en vue de vivre une relation totalement heureuse avec une Personne Unique qui sera le rocher sur lequel construire sa vie. Un jeune donnera sa vie à Celui qui est la Vie même. Il donnera sa vie pour le Christ qui est source de toutes les grâces ; il donnera sa vie pour devenir dispensateur de la vie divine ; il prêtera sa bouche pour prononcer le nom de Jésus car c’est grâce au nom de Jésus le Nazaréen que tout homme peut être guéri !

Alors si parmi vous, ou si dans vos familles un fils, une fille aimerait servir le Seigneur Jésus en lui donnant toute leur vie soutenez-les par vos prières et faites leur lire le message du pape à l’occasion de cette 55ième journée mondiale de prière pour les vocations. Je vous en cite un extrait :

«La joie de l’Evangile, qui nous ouvre à la rencontre avec Dieu et avec les frères, ne peut attendre nos lenteurs et nos paresses ; elle ne nous touche pas si nous restons accoudés à la fenêtre, avec l’excuse de toujours attendre un temps propice ; elle ne s’accomplit pas non plus pour nous si nous n’assumons pas aujourd’hui-même le risque d’un choix. La vocation est aujourd’hui ! La mission chrétienne est pour le présent ! Et chacun de nous est appelé – à la vie laïque dans le mariage, à la vie sacerdotale dans le ministère ordonné, ou à la vie de consécration spéciale – pour devenir témoin du Seigneur, ici et maintenant. » 

Chers amis, pour notre bonheur et notre joie, à la suite de st Vernier, suivons le Christ. Que retentisse notre « oui » à Dieu pour coopérer à son projet d’amour et de salut. Sachons nous aussi, quelque soit le risque que nous courrons, garder vive en nous, comme st Vernier, la présence eucharistique du Christ. Que Nous devenions par notre communion fréquente, de vrais témoins du ressuscité. Amen

homélie du 3° dimanche de Pâques

Psaume 4

Beaucoup demandent : « Qui nous fera voir le bonheur ? » Sur nous, Seigneur, que s’illumine ton visage !

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là, les disciples qui rentraient d’Emmaüs racontaient aux onze Apôtres et à leurs compagnons ce qui s’était passé sur la route, et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux à la fraction du pain. Comme ils en parlaient encore,  lui-même fut présent au milieu d’eux, et leur dit : « La paix soit avec vous ! » Saisis de frayeur et de crainte, ils croyaient voir un esprit. Jésus leur dit : « Pourquoi êtes-vous bouleversés ? Et pourquoi ces pensées qui surgissent dans votre cœur ? Voyez mes mains et mes pieds : c’est bien moi ! Touchez-moi, regardez : un esprit n’a pas de chair ni d’os comme vous constatez que j’en ai. » Après cette parole, il leur montra ses mains et ses pieds. Dans leur joie, ils n’osaient pas encore y croire, et restaient saisis d’étonnement. Jésus leur dit : « Avez-vous ici quelque chose à manger ? » Ils lui présentèrent une part de poisson grillé qu’il prit et mangea devant eux. Puis il leur déclara : « Voici les paroles que je vous ai dites quand j’étais encore avec vous : “Il faut que s’accomplisse tout ce qui a été écrit à mon sujet dans la loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes.” » Alors il ouvrit leur intelligence à la compréhension des Écritures. Il leur dit : « Ainsi est-il écrit que le Christ souffrirait, qu’il ressusciterait d’entre les morts le troisième jour, et que la conversion serait proclamée en son nom, pour le pardon des péchés, à toutes les nations, en commençant par Jérusalem. À vous d’en être les témoins..

 

Au cœur des paroles du psaume que nous venons d’entendre, il y a cette question : Beaucoup demandent : « Qui nous fera voir le bonheur ? » Qui dans notre monde ne se posent pas cette question ? Qui n’a pas en lui le désir brûlant d’être heureux jusqu’à accepter des propositions venant de personnes très différentes. C’est en effet que cette question est double : elle concerne à la fois une personne (qui) et aussi un état (le bonheur). Il y a de nombreuses réponses possibles à cette interrogation mais peu sont chrétiennes. Beaucoup viennent à nous, promettant monts et merveilles : personnalités politiques, marchands de transhumanisme que sais-je encore. Il va  de soi pour nous chrétien que celui qui nous fera voir le bonheur, c’est le Christ Jésus….reste à savoir quel bonheur il offre. En m’appuyant sur les textes de la liturgie de ce matin je voudrais vous révéler deux facettes du bonheur qu’il promet. La première tient en 5 mots « la paix soit avec vous », la seconde est un état de vie nouveau : celle de la résurrection de tout notre être : corps et âme.

1/Le bonheur que Jésus donne c’est sa paix. La première parole de Jésus ressuscité à ses disciples est toujours la paix soit avec vous ! Car la paix, qui est le cœur de son message, a Dieu pour auteur, comme le souligne st Paul dans l’épître aux Philippiens, parlant de la paix de Dieu qui dépasse tout ce qu’on peut imaginer. Il affirme même aux Ephésiens que Jésus est venu annoncer la bonne nouvelle de la paix, Si la paix est notre bonheur, saint Grégoire de Nazianze dans son discours sur la paix nous interpelle : Rougissons de renoncer si facilement à ce don de la paix, que Jésus-Christ nous a laissé en quittant la terre. … La paix est un bien dont tout le monde fait l’éloge, mais que très-peu de personnes savent conserver. Et pourquoi ne pouvons-nous pas la conserver ? Et bien, c’est avant tout par l’ignorance que Dieu est la source et le donateur de la Paix par l’Esprit Saint car c’est le Christ, qui est notre paix comme le révèle st Paul aux Ephésiens. Ignorer cela conduit à se laisser dominer par l’ambition du pouvoir et des richesses, l’envie, la haine, le mépris du prochain, ou quelqu’autre vice de ce genre.

Demander la paix à Dieu, c’est donc accueillir sa Parole même, Jésus qui est notre paix. La paix est l’un des 9 fruits de la vie agissante de l’Esprit Saint en nous. Vivre de la paix de Dieu, c’est garder ses commandements, car en celui qui garde sa parole, l’amour de Dieu atteint vraiment la perfection comme le rappelle st Jean dans sa 1ière lettre.

Paix et Amour sont les deux versants du bonheur promis et attendu par tout chrétien, mais à vivre dès maintenant, dès ce monde, comme signe de la plénitude à venir, au jour de la résurrection !

2/ Le bonheur que Jésus donne c’est notre état de ressuscité. Touchez-moi, regardez : un esprit n’a pas de chair ni d’os, et vous constatez que j’en ai. C’est par ces mots que Jésus, dans l’Evangile de ce dimanche nous donne avec insistance un précieux indice de notre bonheur à venir : la résurrection de notre corps de chair ! Même si ce corps qui est le nôtre, comme le dit si bien st Ambroise, est pour l’instant épais et grossier, parce qu’il est composé d’éléments infirmes et terrestres, il demeure le corps qui fut le médiateur terrestre de nos amours, de nos tendresses, de nos joies et de nos peines, de notre travail et même de notre vie spirituelle : sans corps, comment communier, comment prier ? Tous les évènements de notre vie ont existé grâce à notre corps qui fut leur moyen d’expression. Dieu lui-même prendra chair dans le corps d’une femme pour vivre totalement une vie d’homme ! L’humanité sans son corps n’est rien ! Quel serait donc le bonheur que nous aurions à vivre éternellement, sans le corps qui nous a permis d’y goûter dès ce monde présent ? Voilà pourquoi, en vue de la résurrection à venir, nous devons, dès sa conception dans le ventre maternelle et jusqu’à sa fin naturelle, considéré et entretenir notre corps, sans acharnement inutile mais avec tout le respect et l’amour possible. A l’heure de la résurrection, notre corps sera transfiguré, il deviendra subtil. St Grégoire le grand l’explique en écrivant : Lorsque notre corps aura part à la gloire de la résurrection, il sera tout à la fois subtil en vertu de sa nouvelle puissance spirituelle, et palpable par une conséquence de la nature corporelle. »

Voilà donc les deux grandes révélations du bonheur chrétien : Vivre pour l’éternité la paix et l’amour dans notre corps ressuscité ! Puisse l’eucharistie que nous célébrons maintenant semer en nous, en nos âmes et en nos corps les ferments de la béatitude éternelle. Amen !