homélie du baptême du Seigneur

lettre de saint Paul apôtre à Tite

Bien-aimé, la grâce de Dieu s’est manifestée pour le salut de tous les hommes. Elle nous apprend à renoncer à l’impiété et aux convoitises de ce monde, et à vivre dans le temps présent de manière raisonnable, avec justice et piété, attendant que se réalise la bienheureuse espérance : la manifestation de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur, Jésus Christ. Car il s’est donné pour nous afin de nous racheter de toutes nos fautes, et de nous purifier pour faire de nous son peuple, un peuple ardent à faire le bien.

Lorsque Dieu, notre Sauveur, a manifesté sa bonté et son amour pour les hommes, il nous a sauvés, non pas à cause de la justice de nos propres actes, mais par sa miséricorde. Par le bain du baptême, il nous a fait renaître et nous a renouvelés dans l’Esprit Saint. Cet Esprit, Dieu l’a répandu sur nous en abondance, par Jésus Christ notre Sauveur, afin que, rendus justes par sa grâce, nous devenions en espérance héritiers de la vie éternelle.

A quoi cela sert-il d’être baptisé, qu’est ce que ça change dans la vie ? On peut légitimement se poser la question quand, d’une part, peu d’enfants sont désormais baptisés et que d’autre part la plupart de ceux qui le sont ne vivent pas selon les exigences du baptême qu’ils ont reçu.  On pourrait aussi inverser les choses en remarquant que des non baptisés paraissent vivre parfois d’une manière plus évangélique que des baptisés pratiquants. Ce que j’exprime là est un constat qu’on me partage souvent et qui est vrai.

C’est que le baptême n’est pas la même chose pour tous. J’entends par là que des personnes ne donnent pas la même définition du baptême. Ainsi, pour certains le baptême est le minimum vital pour garantir plus tard (et même beaucoup plus tard) le droit de se marier à l’Eglise (ce sera alors la deuxième fois qu’entreront dans une église ceux qui sont concernés,). Pour d’autres il s’agit de placer leur enfant sous une bonne étoile, une sorte d’assurance vie spirituelle, comme si le baptême vous assurait de ne pas souffrir ou d’être malade, de ne pas mourir trop tôt ou de bénéficier d’une chance extraordinaire,  de gagner au loto, etc…pour d’autres encore, le baptême est un acte d’assimilation à une culture dont les soubassements sont crypto-chrétiens. Pour ceux-là le baptême est l’entrée « dans la famille des chrétiens » laquelle ne vit que de « valeurs » qu’on peut vivre et trouver partout ailleurs : partage, tolérance (entendez indifférence aux autres), service et amour des autres.

Il y enfin ceux pour qui le baptême est une plongée dans la mort et la résurrection du Christ, lequel donne, par l’Esprit Saint qui vient habiter le cœur du baptisé, la vie divine et les trois vertus théologales que sont la foi, l’espérance et la charité pour vivre en chrétien. Ceux-là saisissent que le baptême est une étape, « le pont que Dieu construit entre l’homme et lui pour permettre à l’homme d’accéder à Lui. » comme le dit Benoit XVI. Pour eux le baptême est autant pour ce monde que pour le monde nouveau qu’il sème en nous. Car le baptême nous transforme définitivement en fils et fille de Dieu, en frère et sœur de Jésus, en Temple de l’Esprit Saint.

Le baptême n’est pas un acte isolé dans une vie de foi, mais l’acte par lequel Dieu ouvre la source jaillissante de la vie éternelle dans nos vies, Paul écrit à Tite dans sa lettre : « Par le bain du baptême, [Dieu le père] nous a fait renaître et nous a renouvelés dans l’Esprit Saint. …afin que, rendus justes par sa grâce, nous devenions en espérance héritiers de la vie éternelle. Cette source doit sans cesse irriguer nos pensées, nos paroles et nos actions quotidienne. C’est ce qu’écrit saint Paul à Tite : « [la grâce de Dieu] nous apprend à renoncer à l’impiété et aux convoitises de ce monde, et à vivre dans le temps présent de manière raisonnable, avec justice et piété, ….Car [Jésus Christ] s’est donné pour nous afin de nous racheter de toutes nos fautes, et de nous purifier pour faire de nous son peuple, un peuple ardent à faire le bien. »

Le baptême est donc, selon la foi catholique « le fondement de toute la vie chrétienne, le porche de la vie dans l’Esprit et la porte qui ouvre l’accès aux autres sacrements. Par le Baptême nous sommes libérés du péché et régénérés comme fils de Dieu, nous devenons membres du Christ et nous sommes incorporés à l’Eglise et faits participants à sa mission » (CEC 1213)

Mais rien n’est magique ! Les baptisés doivent toujours de nouveau apprendre à vivre comme tels (Exemple d’Aurélien). Alors posons-nous humblement la question, dans quel état est la source d’eau vive de mon baptême ? Est-elle un peu croupie à cause de mon comportement parfois ou souvent peu évangélique? Est-elle un peu ou beaucoup obstruée par mon péché ? Est-elle asséchée par mes négligences spirituelles, ou mon oubli de Dieu ? Est-elle polluée par des idées ou des opinions « du monde » qui sont contraires à la foi chrétienne et à l’amour du en vérité au prochain ?

Le CEC rappelle que notre baptême est la porte qui ouvre l’accès aux autres sacrements. Or, souvent comme on vit son baptême on vit les autres sacrements…. Je ne cherche pas tant à vous faire des reproches qu’à vous faire réfléchir. Ainsi, par ce que je dis, ce que je fais, ou laisse voir de ma foi, est-ce que je donne  raisons à ceux et celles dont je parlais au début de mon homélie ou alors est-ce que j’essaie d’être participants de la mission de l’Eglise ? A chacun dans le silence qui vient de faire le point et à humblement demander à Dieu les grâces pour vivre pleinement et joyeusement son baptême afin que Dieu trouve sa joie en lui, comme en son fils. Amen

 

homélie du 01 Janvier…

Lecture du livre des Nombres

Le Seigneur parla à Moïse. Il dit : « Parle à Aaron et à ses fils. Tu leur diras : Voici en quels termes vous bénirez les fils d’Israël : “Que le Seigneur te bénisse et te garde ! Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage, qu’il te prenne en grâce ! Que le Seigneur tourne vers toi son visage, qu’il t’apporte la paix !” Ils invoqueront ainsi mon nom sur les fils d’Israël, et moi, je les bénirai. »

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Galates

Frères, lorsque est  venue la plénitude des temps, Dieu a envoyé son Fils, né d’une femme et soumis à la loi de Moïse, afin de racheter ceux qui étaient soumis à la Loi et pour que nous soyons adoptés comme fils. Et voici la preuve que vous êtes des fils : Dieu a envoyé l’Esprit de son Fils dans nos cœurs, et cet Esprit crie « Abba ! », c’est-à-dire : Père !  Ainsi tu n’es plus esclave, mais fils, et puisque tu es fils, tu es aussi héritier :
c’est l’œuvre de Dieu.

Chers frères et sœurs, ils sont nombreux  ceux et celles qui depuis quelques jours dans les médias font une rétrospective souvent peu reluisante de l’année 2018 qui s’achève. Certes il y a notre capacité trop humaine à ne retenir que ce qui est dur, mauvais, blessant, moche, idiot ou superficiel, etc. Mais il y a peut être aussi une espèce de sentiment croissant que notre monde occidental part en cacahuète, qu’il dérive sans fin vers l’individualisme, le relativisme moral et la mondialisation uniformisante. Il semble aussi que ceux de ce monde qui refusent cette dérive ne sachent pas contester autrement qu’en étant violents et parfois xénophobes, déployant un discours nationaliste extrême. Le repliement sur soi est la mauvaise réponse à la mauvaise proposition de s’ouvrir totalement à tous les vents de doctrine et de propositions sociétales.

Et pour beaucoup la faute incombe d’abord au personnel politique, plus enclin à se servir de leur peuple plutôt qu’à les servir. Mais si les hommes et les femmes politiques ne sont pas tous à la hauteur des enjeux, on ne peut pas (on ne doit jamais) les condamner tous et encore moins jeter la politique aux oubliettes. Il s’agit donc, et c’est le sens du message du Pape ce premier janvier, de réhabiliter la politique et d’aider les hommes politiques à être de véritables serviteurs de la paix.

C’est pourquoi, ce matin, je voudrai avec vous partir d’un verset de la première lecture tiré du livre des nombres : Que le Seigneur tourne vers toi son visage, qu’il t’apporte la paix ! Celui qui veut servir la paix sur terre et dans son peuple doit donc la recevoir d’abord de Dieu : la paix vient à nous quand le Seigneur tourne vers nous son visage. Or à quel moment cela est-il plus vrai qu’en ces jours où nous célébrons la naissance du Sauveur, le nouveau-né couché dans la mangeoire ! Car il est le prince de la paix comme nous l’avons proclamé lors de la veillée de Noël. Il est Dieu qui vient à la rencontre des hommes et des femmes de tous les temps pour leur apporter la vraie paix. Il est le visage de Dieu que nous pouvons contempler et sur lequel rayonne la paix de Dieu. On peut même aller plus loin, en sa personne il est la paix que Dieu nous donne. Ainsi, en accueillant l’Esprit saint dans notre propre vie, en essayant de vivre sous sa conduite, nous pacifions nos vies et nous nous christifions. Il nous libère de tous nos esclavages et nous prépare à notre adoption divine, comme le rappelle saint Paul dans sa lettre aux Galates : Dieu a envoyé l’Esprit de son Fils dans nos cœurs… Ainsi tu n’es plus esclave, mais fils.

Croyant cela, que notre prière, ce matin, monte vers le Seigneur pour tous ceux et celles qui œuvrent à la paix dans le monde. Prions pour que tout le personnel politique dans le monde, travaillé au feu de l’Esprit Saint, vivent sa mission fidèlement aux, ‘‘béatitudes du politique’’, proposées par le Cardinal vietnamien François-Xavier Nguyễn Văn Thuận, mort en 2002 : Heureux le politicien qui a une haute idée et une profonde conscience de son rôle. Heureux le politicien dont la personne reflète la crédibilité. Heureux le politicien qui travaille pour le bien commun et non pour son propre intérêt. Heureux le politicien qui reste fidèlement cohérent. Heureux le politicien qui réalise l’unité. Heureux le politicien qui s’engage dans la réalisation d’un changement radical. Heureux le politicien qui sait écouter. Heureux le politicien qui n’a pas peur.

Certes, de tels politiques établiraient un règne de paix dans notre monde ! Car, rappelle le pape dans son message, La paix est le fruit d’un grand projet politique.

Cependant, il faut aussi que chacun de nous, à son niveau, établisse la paix en lui et autour de lui car le pape ajoute encore : que ce projet politique se fonde sur la responsabilité réciproque et sur l’interdépendance des êtres humains.

Ainsi [la paix] est aussi un défi qui demande à être accueilli jour après jour. La paix est une conversion du cœur et de l’âme. Et le pape propose trois pistes, qui sont indissociables selon lui, pour établir la paix :

– la paix avec soi-même, en refusant l’intransigeance, la colère et l’impatience et, comme le conseillait saint François de Sales, en exerçant ‘‘un peu de douceur avec soi-même’’, afin d’offrir ‘‘un peu de douceur aux autres’’ ;

 – la paix avec l’autre : le proche, l’ami, l’étranger, le pauvre, le souffrant… ; en osant la rencontre et en écoutant le message qu’elle porte avec elle ;

– la paix avec la création, en redécouvrant la grandeur du don de Dieu et la part de responsabilité qui revient à chacun d’entre nous, en tant qu’habitant du monde, citoyen et acteur de l’avenir.

Ainsi, Dans la joie de cette année qui commence, avec Marie, mère de Dieu et Reine de la Paix, offrons à Dieu cette eucharistie pour que s’établisse la paix dans nos cœurs et dans le cœur des politiques, dans nos familles et dans les partis politiques, dans notre pays et dans le cœur des gouvernants du monde entier. Amen

homélie en la fête de la Sainte Famille

Boy Jesus in the Temple (Christ in the Temple)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Chaque année, les parents de Jésus se rendaient à Jérusalem pour la fête de la Pâque. Quand il eut douze ans, ils montèrent en pèlerinage suivant la coutume. À la fin de la fête, comme ils s’en retournaient, le jeune Jésus resta à Jérusalem à l’insu de ses parents. Pensant qu’il était dans le convoi des pèlerins, ils firent une journée de chemin avant de le chercher parmi leurs parents et connaissances. Ne le trouvant pas, ils retournèrent à Jérusalem, en continuant à le chercher. C’est au bout de trois jours qu’ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs de la Loi : il les écoutait et leur posait des questions, et tous ceux qui l’entendaient s’extasiaient sur son intelligence et sur ses réponses. En le voyant, ses parents furent frappés d’étonnement, et sa mère lui dit : « Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois comme ton père et moi, nous avons souffert en te cherchant ! » Il leur dit : « Comment se fait-il que vous m’ayez cherché ? Ne saviez-vous pas qu’il me faut être chez mon Père ? » Mais ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait.  Il descendit avec eux pour se rendre à Nazareth, et il leur était soumis. Sa mère gardait dans son cœur tous ces événements. Quant à Jésus, il grandissait en sagesse, en taille et en grâce, devant Dieu et devant les homme

 

Comment la fête de la sainte famille est-elle née? Pour le savoir faisons d’abord un peu d’histoire. En effet, jusqu’ au XVI°s le mot ‘famille’ désignait outre les deux parents et leurs enfants, toute la parenté, même les serviteurs. Ce n’est qu’à la fin du XVI°s que la famille prit son sens moderne : père-mère-enfants. Et c’est à la même époque que l’Eglise, prenant conscience de la fonction sociale des familles chrétiennes et de l’œuvre de sanctification qui s’opérait par elles, offrit la sainte famille comme exemple de vie familiale à toutes les familles chrétiennes. Mais ce n’est qu’en 1921 que la fête de la Sainte Famille, telle que nous la fêtons ce soir, fut instituée par l’Eglise.

Ensuite établissons un distinguo important. La famille a pour fondation le couple. C’est-à-dire qu’une famille se créé à partir de l’union, scellée à la mairie puis à l’église, d’un homme et d’une femme. Chacun, et en premier lieu, dans sa différence sexuelle, vient compléter ce qui manque à son conjoint pour établir solidement avec lui (elle) un cocon capable d’accueillir la vie qui naîtra de cette différence. L’enfant qui est accueilli dans de telles conditions saura quelles sont ses origines et la double histoire (filiation) dans laquelle il s’inscrit. Une double histoire biologique et culturelle.

Et ce qui vaut pour toute famille vaut aussi pour la sainte famille. Ainsi, pour garantir à Jésus son fils une famille stable, Dieu décide de s’incarner dans la chair de Marie, de naître biologiquement d’une femme promise en mariage à un homme, Joseph. En demandant à Joseph d’assurer le rôle de père auprès de Jésus, Dieu inscrit Jésus dans l’histoire du peuple élu, il lui procure d’être pleinement descendant du roi David. Cela permet également à Jésus d’avoir une vie sociale stable ainsi que l’apprentissage d’un métier ; car Jésus comme son père Joseph sera charpentier ! Grâce à la complémentarité entre Marie : femme et mère et Joseph : homme et père, l’évangéliste Luc peut écrire : Quant à Jésus, il grandissait en sagesse, en taille et en grâce, devant Dieu et devant les hommes.

Enfin, il faut souligner l’audace de l’Eglise de lier les deux mots Sainte et Famille, voilà deux termes que beaucoup, peut être même dans notre assemblée ne colleraient pas ensemble. Pour certains, la famille, grâce à des parents unis et complémentaires fut un petit paradis où il faisait bon vivre et grandir, pour d’autre ce fut un lieu de tristesse et d’inachevé à cause de l’absence physique ou morale d’un des parents, pour d’autres encore ce fut un lieu de combat et de souffrance à fuir. Mais à tous, la sainte famille est donnée en exemple et nous conduit à regarder la famille comme un lieu de sanctification.

1/La famille nous sanctifie en étant le lieu d’apprentissage de la sociabilité : La vie en société commence dans la famille proche pour s’étendre à tous les autres membres de la société. Si nous avons été élevés dans le respect des personnes et des choses, dans le sens du partage et de l’écoute, nous utiliserons aussi ces valeurs dans la société. Comme on a vu faire chez soi, on fait à l’extérieur ! Ainsi un garçon construira sa paternité en l’appuyant sur l’expérience vécue avec son père et une fille construira sa maternité en l’appuyant sur l’expérience vécue avec sa mère. On sait déjà tous les ravages que provoque, dans l’élaboration psychologique, l’absence de l’un des deux parents, signe criant du manque d’altérité véritable.

2/La famille nous sanctifie aussi en étant le lieu de l’apprentissage de la foi et de la spiritualité. Ainsi en est-il de la sainte Famille : Chaque année, les parents de Jésus se rendaient à Jérusalem pour la fête de la Pâque. Quand il eut douze ans, ils montèrent en pèlerinage suivant la coutume. Le concile Vatican II dans la constitution Lumen Gentium au N°11 affirme que dans la famille qui est une sorte d’Église domestique, il convient que les parents, par leur parole et leur exemple, soient pour leurs enfants les premiers prédicateurs de la foi, et qu’ils soutiennent la vocation propre de chacun. C’est souvent, sur les genoux de nos parents ou en priant le soir avec eux, que nous avons découvert qui est notre Dieu et le souci de porter devant lui, dans l’intercession tous les membres de nos familles et toutes les personnes souffrant dans le monde. Un jour un homme m’a dit qu’il avait compris la grandeur de Dieu quand il avait vu, à la prière du soir, son père se mettre à genoux ! De même combien ont compris la douceur de Dieu en apprenant à prier dans les bras cajolant de leur mère !

Comme le rappelle st Jean dans sa 1ière lettre, si nous vivons en famille et en Eglise, en mettant notre foi dans le nom de son Fils Jésus Christ, et en nous aimant les uns les autres comme il nous l’a commandé, alors quoi que nous demandions à Dieu, nous le recevons de lui.

Ainsi, en ces temps troublés où sont érigés comme nouveaux modèles familiaux des structures humaines qui n’en sont pas, prions le Seigneur, qu’Il nous donne le courage, par la joie du témoignage, de révéler au monde ce qu’il y a de grand et d’unique dans le modèle familial traditionnel pour bâtir une société plus juste et plus fraternelle. Amen

homélie du jour de Noël

Le Verbe s'est fait chair

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement auprès de Dieu. C’est par lui que tout est venu à l’existence, et rien de ce qui s’est fait ne s’est fait sans lui. En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes ; la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée. …

Le Verbe était la vraie Lumière, qui éclaire tout homme en venant dans le monde. Il était dans le monde, et le monde était venu par lui à l’existence, mais le monde ne l’a pas reconnu. Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu. Mais à tous ceux qui l’ont reçu, il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu, eux qui croient en son nom. Ils ne sont pas nés du sang, ni d’une volonté charnelle, ni d’une volonté d’homme : ils sont nés de Dieu. Et le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, la gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité.

… Tous, nous avons eu part à sa plénitude, nous avons reçu grâce après grâce ; car la Loi fut donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ. Dieu, personne ne l’a jamais vu ; le Fils unique, lui qui est Dieu, lui qui est dans le sein du Père, c’est lui qui l’a fait connaître

Un enfant est né à Bethléem il y a 2000 ans : on ne sait pas quel jour exactement : un enfant couché dans une mangeoire, l’enfant d’une vierge qu’un certain Joseph, charpentier de son état a pris comme épouse. Un enfant contemplé par de pauvres bergers ! Qui aurait pu croire que, 2000 ans après ce banal évènement, on ferait encore mémoire de cette naissance ! Qui aurait parié que la joie de cette naissance envahirait encore les cœurs parfois endurcis des hommes de toutes cultures, langues et nations ?

D’abord toute naissance est un émerveillement, comme la victoire éclatante de la vie. Devant la naissance d’un enfant, devant cette fragilité, cette petitesse, cette si grande pureté, tout homme courbe avec humilité le front et se retrouve comme intimidé quand il la reçoit dans ses bras ! C’est que dans l’enfant qui nait se trouve résumé la gloire perdue de notre état originel et l’espérance de notre éternité.

C’est pour cela que Dieu a choisi de se faire homme en assumant son humanité dès la conception dans le ventre de Marie. Ce processus d’enfantement de Dieu à la réalité humaine provoque chez nous, dans nos cœurs et nos âmes, le même émerveillement, la même contemplation de la grandeur et de la fragilité de la vie humaine! Si Dieu s’est fait homme, combien doit être belle la vie d’un homme, combien doit-elle avoir du prix à ses yeux ! Qu’est-ce que cela a apporté au ce monde que Dieu se fasse petit enfant ? Je répondrai en 4 points, par 4 effets :

1/ Le premier effet de la venue en notre chair du Fils de Dieu est immédiat est tient à son être d’enfant : chacun de nous est invité à retrouver l’enthousiasme et à ressentir une grande joie pour ce beau cadeau qu’est la vie ! Jean dans l’Evangile l’affirme : En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes.

2/ Le deuxième effet de l’incarnation, c’est qu’en se faisant homme, Dieu se rend visible, Dieu se donne à regarder, à contempler. C’est ce que le prophète Isaïe dit à sa façon dans le 1ière lecture : de leurs propres yeux, ils voient le Seigneur qui revient à Sion. C’est évidemment d’abord au peuple juif que Dieu révèle son visage, mais Isaïe va plus loin en affirmant que tous les lointains de la terre ont vu le salut de notre Dieu. Cette révélation de son visage est pour tous les hommes et les femmes de tous les temps, elle est pour nous ce matin ! C’est dans la deuxième lecture qu’on peut lire que cet enfant de la crèche est le rayonnement de la gloire de Dieu, expression parfaite de son être. Si Dieu, personne ne l’a jamais vu, en se faisant homme, nous dit Jean dans son prologue, le Fils unique, lui qui est Dieu, lui qui est dans le sein du Père, c’est lui qui l’a fait connaître. Voilà donc notre destinée : connaître Dieu. Et pour mener à bien ce projet,

3/le troisième effet de l’incarnation est de venir guérir notre humanité du péché qui la défigure, de nous donner les moyens d’être ajustés à Dieu pour saisir et goûter de quel amour nous sommes aimés par notre Créateur ! C’est dans le psaume que cela est le mieux affirmé : Le Seigneur a révélé sa justice aux nations ; il s’est rappelé sa fidélité, son amour, en faveur de la maison d’Israël. Pour nous rendre capable de Dieu, il fallait que Dieu restaure l’humanité blessée par le mal et le péché, et cela il ne le pouvait faire que lui seul, le parfaitement pur et innocent ! Enfin libérer et sauver du mal,

4/le quatrième effet de l’incarnation peut se révéler : il s’agit pour Dieu non seulement de nous guérir mais plus encore de nous « adopter » de faire de nous ses enfants. Saint Irénée, évêque de Lyon au II° siècle avait coutume de dire que Dieu s’est fait homme pour que l’homme devienne Dieu. C’est cela qu’affirme st Jean dans l’évangile : à tous ceux qui l’ont reçu, il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu, eux qui croient en son nom. C’est ce que veut Dieu pour nous, en venant à notre rencontre il nous demande l’aumône de notre foi, c’est-à-dire de le choisir comme Père pour nous donner d’être ses enfants et de pouvoir participer à sa vie divine.

Alors pour ces quatre effets de l’incarnation, pour la joie que nous procure sa venue et sa naissance au milieu de nous, sachons remercier le Seigneur, sachons crier de joie et bondir d’allégresse. Je vous y invite avec les paroles du psaume : Acclamez le Seigneur, terre entière sonnez, chantez, jouez ! Ce matin que tout notre être soit en fête et que la bonne joie de Dieu saisissent toute notre vie et fasse de nous là où nous irons dans la semaine les témoins de la grâce d’être enfants de Dieu ! Amen

homélie veillée de Noël

Lecture du livre du prophète Isaïe

Oui, un enfant nous est né, un fils nous a été donné ! Sur son épaule est le signe du pouvoir ; son nom est proclamé : « Conseiller-merveilleux, Dieu-Fort, Père-à-jamais, Prince-de-la-Paix. » Et le pouvoir s’étendra, et la paix sera sans fin pour le trône de David et pour son règne qu’il établira, qu’il affermira sur le droit et la justice dès maintenant et pour toujours. Il fera cela, l’amour jaloux du Seigneur de l’univers !

Ps 95 (96)

Joie au ciel ! Exulte la terre ! …Les arbres des forêts dansent de joie devant la face du Seigneur, car il vient, car il vient pour juger la terre.

lettre de saint Paul apôtre à Tite

Bien-aimé, la grâce de Dieu s’est manifestée pour le salut de tous les hommes. Elle nous apprend à renoncer à l’impiété et aux convoitises de ce monde, et à vivre dans le temps présent de manière raisonnable, avec justice et piété, attendant que se réalise la bienheureuse espérance : la manifestation de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur, Jésus Christ. Car il s’est donné pour nous afin de nous racheter de toutes nos fautes, et de nous purifier pour faire de nous son peuple, un peuple ardent à faire le bien.

Jacob Jordaens | L'adoration des Bergers | Images d’Art

Évangile de JC selon saint Luc

… il y avait des bergers qui vivaient dehors et passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux. L’ange du Seigneur se présenta devant eux, et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière. Ils furent saisis d’une grande crainte. Alors l’ange leur dit : « Ne craignez pas, car voici que je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple : Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur. Et voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. » 

La célébration de Noël que nous vivons c’est enfin un peu de temps pris pour ralentir la course effrénée des dernières semaines. En effet, depuis des jours nous courrons, plus encore que d’habitude, vers les magasins, les boutiques de cadeaux, les traiteurs, inquiets de dénicher le cadeau qui fera son effet, le plat qui marquera les palais, la décoration à la fois chic et originale! Cependant votre présence en nombre ce soir vient redire que tout cela n’est qu’une conséquence d’un évènement plus grand encore, tellement important que 2000 ans après on en fait encore mémoire. En prenant le temps de célébrer avec tous les baptisés la naissance de Jésus, vous prenez le temps de stopper votre course et de prendre souffle devant la crèche, de revenir à la source de la joie qui vous saisit chaque année. Cette joie qui est à l’origine des cadeaux que nous allons échangés et des repas de fête que nous allons partager. En effet, cette joie vient de Dieu comme le rappelle le prophète Isaïe : Tu as prodigué la joie, tu as fait grandir l’allégresse….et elle touche toute la création comme c’est écrit dans le psaume : Joie au ciel ! Exulte la terre, la campagne tout entière est en fête, les arbres des forêts dansent de joie.  Et pourquoi toute cette joie ? Ecoutons à nouveau le prophète Isaïe : Oui, un enfant nous est né, un fils nous a été donné !

Cette joie qui vient de Dieu et qui déborde jusqu’à nous c’est Jésus, le Fils de Dieu né de Marie et placé sous la protection de Joseph : joie de la promesse tenue, joie de l’attente terminée, joie du partage réalisé, joie d’accueillir le Salut. Vous l’aurez compris, ce soir 4 points dans mon homélie :

1/ Jésus, c’est la joie de la promesse tenue. Dieu depuis la création du monde n’a jamais visé un autre but que de venir à la rencontre de sa création et des humains qu’il a créés homme et femme à son image et à sa ressemblance. Son désir de faire alliance avec eux l’amènera à promettre aux hommes de venir à eux le moment venu. Cette promesse Dieu l’a réalisée il y a 2000 ans et ce soir nous en faisons mémoire. Mais aujourd’hui encore nous regardons vers le ciel car s’il est déjà venu, il a promis de revenir pour juger le monde avec justice et les peuples selon sa vérité. Ainsi toute la création se transformera en un royaume de justice et de paix.

2/ Jésus, c’est la joie de l’attente terminée, On chantait dans la version ancienne du tube catholique de Noël : « depuis plus de 4000 ans nous le promettaient les prophètes. »  Le peuple juif, opprimés par tant d’envahisseurs différents au long de son histoire espérait la délivrance, la liberté de vivre en paix dans leur pays. Il espérait en un messie, un envoyé de Dieu qui briserait le joug qui pesait sur lui, la barre qui meurtrissait son épaule et le bâton du tyran. Dieu il  y a 2000 ans a achevée cette attente il est venu lui-même, en Jésus, pour détruire définitivement le seul vrai ennemi du peuple des croyants : le péché et la mort qui en est la conséquence.

Aujourd’hui donc nous avons transformé notre attente en espérance : Comme il est venu il y a 2000 ans, nous savons qu’il reviendra dans la gloire. Et en attendant son retour st Paul nous invite dans la 2° lecture à vivre dans le temps présent de manière raisonnable, avec justice et piété.

3/ Jésus, c’est la joie du partage réalisé. Dieu lui-même en Jésus est venu jusqu’à nous, plus encore il s’est fait l’un de nous ! Quel merveilleux échange, quelle gloire nous attends : il s’est fait l’un de nous pour que nous puissions lui être semblables.

Et cela il en a fait la démonstration il y a 2000 ans. Jésus a revêtu notre condition humaine, jusqu’au bout, jusqu’à la mort sur la croix pour nous rejoindre dans toutes nos détresses et nos épreuves, pour les traverser avec nous. Jésus ne donne pas d’explication au mal de ce monde, il l’affronte et le supporte avec nous, pour nous ! En attendant son retour glorieux, soyons donc un peuple ardent à faire le bien, en travaillant de toutes nos forces à établir sur terre le règne du Christ : règne de Paix, de justice et de droit.

4/ Jésus, c’est la joie d’accueillir le Salut. C’est la bonne nouvelle que l’ange annonce aux Bergers : Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur. Jésus s’est fait l’un de nous pour nous rencontrer, nous soutenir dans notre combat face au mal et pour nous sauver de la mort et du péché. Il est l’homme nouveau dans la vie duquel nous avons été baptisés et que nous sommes appelés à accueillir tout au long de notre vie. Il est notre avenir… l’enfant de la crèche nous redit l’inouïe de notre vocation humaine : participer à la vie divine pour l’éternité. Beaucoup en notre temps veulent faire l’homme immortel, quand depuis 2000 ans déjà Jésus l’a fait éternel !

Aujourd’hui donc, frères et sœurs : Accueillez Jésus dans vos vies, il est la promesse de Dieu de vous faire vivre avec lui pour toujours. Amen

homélie du 4° dimanche de l’Avent

Lecture du livre du prophète Michée

…Mais Dieu livrera son peuple jusqu’au jour où enfantera… celle qui doit enfanter, …. Ils habiteront en sécurité, car désormais il sera grand jusqu’aux lointains de la terre, et lui-même, il sera la paix !

Lecture de la lettre aux Hébreux

Frères, …. c’est grâce à cette volonté que nous sommes sanctifiés, par l’offrande que Jésus Christ a faite de son corps, une fois pour toutes.

Visitation de la Très Sainte Vierge Marie à Élisabeth, sa ...

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ces jours-là, Marie se mit en route et se rendit avec empressement vers la région montagneuse, dans une ville de Judée. Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth. Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint, et s’écria d’une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? Car, lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles, l’enfant a tressailli d’allégresse en moi. Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »

En tapant dans le moteur de recherche que j’utilise, le mot « sauver »…. J’ai constaté qu’une multitude de choses sont à sauver : les palmiers de la côte d’azur (même s’il semble que c’est trop tard !), l’honneur de l’OM éliminé de l’Europa League par les Chypriote de Limassol, les abeilles en trouvant un vaccin pour les protéger de « l’apocalypse des insectes » qui vient ; le climat en favorisant les acteurs non étatiques sur les états incapables de s’entendre, l’Europe qui part à la dérive, le vivre ensemble dans nos sociétés individualistes entre bénéficiaires et perdants de la mondialisation multiculturaliste, etc…. Et le plus souvent, dans ces cas là, le salut s’exprime toujours de la même manière : on organise à très grands frais des sommets, des états généraux, des COP (la 24° je crois) pour décider qu’il faudra trouver et développer des pistes (mais toujours pour plus tard) et débloquer toujours plus de moyens financiers. Pourtant aux vues des résultats obtenus, on peut légitimement se demander ce que valent de tels saluts ? Le problème je crois est d’abord de confondre sauvetage et salut. En effet, dans tous les cas que je viens de citer il s’agit plus de sauvetage que de salut. Le sauvetage vise à garder les choses comme elles sont, alors que le salut exige la conversion, en remettant en cause véritablement le système économique libéral et notre train de vie occidental qui sont à l’origine de nos maux.

Il faut en conséquence transformer nos sauvetages en salut, c’est-à-dire, une fois encore lever les yeux vers le ciel et se mettre à l’écoute de Dieu qui nous invite à convertir notre peur en audace et à changer vraiment de vie ! Car ce qu’il est urgent de sauver maintenant ce ne sont pas des systèmes injustes de pays trop riches, mais nos cœurs, malades de ce que nous possédons et défendons, au mépris des plus faibles. N’avons-nous rien d’autre à annoncer au monde qu’un modèle de vie repue de technologies et de biens de consommation, indifférent aux autres, relativiste et ayant perdu tout sens de la dignité de toute vie ? Est-ce là le modèle sociétale parfait, quand on sait que nos pays ‘civilisés’ et sécularisés sont les plus gros consommateurs d’antidépresseurs du monde ?

Il est grand temps de se réveiller et d’attendre dans la foi le Salut que Dieu veut nous donner. Voyons ensemble ce que sera ce salut en parcourant les lectures du jour :

Dans la 1° lecture le prophète Miché annonce que celui qui doit naître de celle qui doit enfanter se dressera et il sera leur berger …car désormais il sera grand jusqu’aux lointains de la terre, et lui-même, il sera la paix ! » Notre salut est donc un homme, conçu d’une femme. Un Sauveur attendu depuis toujours. Un sauveur qui sera le Berger de toute l’humanité pour la conduire dans la paix !

Dans la lettre aux Hébreux, l’auteur nous révèle qu’il y a un unique Sauveur qui est Jésus : nous sommes sanctifiés, grâce à l’offrande que Jésus Christ a faite de son corps, une fois pour toutes. Donc le Salut n’est pas à chercher, à inventer, mais à recevoir, à accueillir comme un cadeau dans un cœur disponible et une vie sobre. Notre Salut est Jésus accueilli en nous, vivant en nous, agissant en nous. C’est ce que révèle Luc dans son Evangile : quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie de l’Esprit Saint. Voilà de double effet du Salut de Dieu quand il est accueilli : l’allégresse et l’Esprit Saint. Ce sont là les indices d’une vie chrétienne réelle : la joie dans la foi et la vie dans l’Esprit Saint. Nous devons être immergés dans la bonne joie de Dieu, dans l’espérance qu’au-delà des épreuves de nos vies il y a gloire des enfants de Dieu, la vie éternelle auprès du Père. Nous devons aussi dès ce monde nous laisser saisir et guider par l’Esprit Saint. Il y a des signes visibles à cela, que l’on appelle les 9 fruits de la vie dans l’Esprit : La charité, la joie, la paix, supporter l’insulte sans se venger, être serviable, bon, doux, maître de soi et avoir confiance dans les autres. Chacun de nous peut à partir de là estimer sa capacité d’accueil du Salut de Dieu et demander, comme cadeau, plus d’Esprit Saint pour une vie encore plus chrétienne.

Ainsi, vous l’aurez compris, le véritable sommet mondial pour sauver le monde aura lieu ce lundi 24 déc au soir, dans une étable, un enfant va naître, qui sera la paix pour tous ceux qui l’accueilleront. N’hésitez pas, vous êtes tous invités à vous y rendre ! Amen

homélie 3° dimanche de l’Avent

Saint Jean le Baptiste

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

    En ce temps-là, les foules qui venaient se faire baptiser par Jean lui demandaient : « Que devons-nous faire ? » Jean leur répondait : « Celui qui a deux vêtements, qu’il partage avec celui qui n’en a pas ; et celui qui a de quoi manger, qu’il fasse de même ! » Des publicains (c’est-à-dire des collecteurs d’impôts)   vinrent aussi pour être baptisés ; ils lui dirent : « Maître, que devons-nous faire ? » Il leur répondit : « N’exigez rien de plus que ce qui vous est fixé. » Des soldats lui demandèrent à leur tour : « Et nous, que devons-nous faire ? » Il leur répondit : « Ne faites violence à personne, n’accusez personne à tort ; et contentez-vous de votre solde. » Or le peuple était en attente, et tous se demandaient en eux-mêmes   si Jean n’était pas le Christ. Jean s’adressa alors à tous : « Moi, je vous baptise avec de l’eau ; mais il vient, celui qui est plus fort que moi. Je ne suis pas digne de dénouer la courroie de ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu. Il tient à la main la pelle à vanner pour nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera le grain dans son grenier ; quant à la paille, il la brûlera au feu qui ne s’éteint pas. » Par beaucoup d’autres exhortations encore, il annonçait au peuple la Bonne Nouvelle.

Le peuple était en attente nous rappelle saint Luc dans son évangile.  Ainsi aujourd’hui comme au temps de Jésus, beaucoup attendent des changements dans leur vie, dans la vie de leur cité, de leur pays. Au temps de Jésus on attendait un messie, tantôt roi libérateur d’une terre promise occupée depuis trop de siècles par diverses puissances régionales, tantôt grand-prêtre qui rétablirait le culte d’autrefois au Dieu vivant et vrai. Aujourd’hui encore, les événements du dernier mois avec les manifestations des gilets jaunes, des lycéens et de ceux qui les soutiennent démontrent que de nombreuses personnes attendent aussi une libération de la pression fiscale, des moyens de vivre, une reconnaissance, un apaisement face aux peurs de déclassement et de dilution culturelle qu’engendrent le changement de notre société de plus en plus mondialisée et multiculturelle.

Au temps de Jésus comme au nôtre, face aux incertitudes et aux doutes beaucoup interrogent leur mode de vie et cherchent à lui donner un nouveau sens. Au temps de Jésus les foules qui venaient se faire baptiser par Jean lui demandaient : « Que devons-nous faire ? » : le baptême était perçu par eux comme un geste qui exprime leur désir de changer de vie. A notre époque encore de nombreuses personnes déçus du matérialisme érigé en religion et du rationalisme devenu l’unique mode de pensée, sont désormais des âmes affamées. En effet ces derniers cherchant le bonheur et la joie ne trouvèrent finalement que le bien-être et le plaisir. Alors certes leur corps et repus et reposé, parfois leur intelligence est satisfaite, mais très souvent leur âme est quasi éteinte en eux. Il leur manque une dimension, Ils n’ont plus d’épaisseur d’âme, mais seulement celle du portefeuille.

Alors ceux-ci aussi se questionnent « que devons-nous faire », pour trouver le vrai bonheur et vivre de la vraie joie, pour devenir pleinement nous-mêmes ? Leurs désirs d’une vie plus cohérente les mènent souvent aux rives lointaines des spiritualités orientales, vers l’islam et parfois vers des sectes. En tout cas les unes et les autres proposent des réponses à leurs questions. Et, la nature ayant horreur du vide, ils les reçoivent et parfois adoptent l’une de ces religions. Et c’est là que nous devons, chrétiens réentendre l’invitation du prophète Isaïe : proclamez son nom, annoncez parmi les peuples ses hauts faits ! » Redites-le : « Sublime est son nom !  En effet, nous devons être capables de leur répondre et de leur faire des propositions, car ce qu’ils cherchent ce n’est rien d’autre que le grand trésor que recèle l’Eglise : le Christ, vrai Dieu et vrai homme, venu partager notre humanité pour nous offrir sa divinité.

Ce qui fit le succès de l’enseignement du Christ il y a 2000 ans et qui est encore sa force aujourd’hui, c’est qu’il s’adresse à tous les humains en vue de construire une grande fraternité universelle. Les textes de ce « dimanche de la joie » nous révèlent même ce que nous pouvons dire à ceux qui cherchent Dieu :  

1/ Le Seigneur a levé les sentences qui pesaient sur toi, il a écarté tes ennemis. Dieu s’est fait homme en Jésus pour te libérer de la mort et du péché et sur la croix il a neutralisé la mort, notre dernier ennemi !

2/ Le roi d’Israël, le Seigneur, est en toi. Dieu s’est fait homme en Jésus pour venir à ta rencontre, pour faire alliance avec toi, pour que tu ne sois plus jamais seul sur les chemins de ta vie. Son désir est de vivre en toi, de te saisir de sa joie en te renouvelant par son amour.

3/ Que votre bienveillance soit connue de tous les hommes : Qui accueille Jésus dans sa vie, vit de Lui, vit comme Lui. Ainsi, comme Jésus, portons toujours un regard positif et plein d’amour sur chacun de ceux que nous rencontrerons.

4/ en toute circonstance, priez et suppliez : la relation avec Jésus exige d’être entretenue car la joie de la foi peut vite se perdre ou se transformer en routine et l’on peut vite oublier de quel amour nous sommes aimés ! Il faut aussi, parce que nous sommes infiniment aimés, porter le monde entier dans notre prière. La vie d’un chrétien est de se tenir devant Dieu dans la prière pour lui présenter le monde entier !

5/ partager avec celui qui n’a pas ; N’exigez rien de plus que ce qui vous est fixé. ; Ne faites violence à personne, n’accusez personne à tort ; et contentez-vous de votre solde. En ces temps de grands enjeux écologiques la force de notre message et de notre témoignage chrétien réside dans notre joie  à vivre une vie fraternelle, sobre et paisible en œuvrant à édification d’une société plus juste, plus équitable et solidaire.

Ce dimanche donc, l’Eglise par les textes de l’Ecriture et la couleur liturgique rose, nous invite à vivre de la vraie joie et à en témoigner. Ce matin donc prenons chacun l’engagement d’inviter une personne de notre entourage qui est en recherche de sens à sa vie à venir rencontrer et accueillir le Sauveur lors des fêtes de Noël. Amen