homélie du 2° dimanche ordinaire A

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens

Paul, appelé par la volonté de Dieu pour être apôtre du Christ Jésus, et Sosthène notre frère, à l’Église de Dieu qui est à Corinthe, à ceux qui ont été sanctifiés dans le Christ Jésus et sont appelés à être saints avec tous ceux qui, en tout lieu, invoquent le nom de notre Seigneur Jésus Christ, leur Seigneur et le nôtre. À vous, la grâce et la paix,
de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus Christ.

圣经中的施洗约翰比耶稣大几岁-施洗约翰与耶稣是同一年死的吗Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

    En ce temps-là,  voyant Jésus venir vers lui, Jean le Baptiste déclara : « Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde ; c’est de lui que j’ai dit : L’homme qui vient derrière moi est passé devant moi, car avant moi il était. Et moi, je ne le connaissais pas ;
mais, si je suis venu baptiser dans l’eau, c’est pour qu’il soit manifesté à Israël. » Alors Jean rendit ce témoignage : « J’ai vu l’Esprit descendre du ciel comme une colombe
et il demeura sur lui. Et moi, je ne le connaissais pas, mais celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m’a dit : ‘Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer, celui-là baptise dans l’Esprit Saint.’  Moi, j’ai vu, et je rends témoignage : c’est lui le Fils de Dieu. »

Permettez-moi ce (soir) matin de commencer mon homélie par un billet d’humeur : Pouvons-nous encore débattre de nos jours quand des sujets sérieux, concernant l’avenir de notre monde, de notre pays ou de notre Eglise sont abordés. Il me semble qu’on ne peut exprimer désormais que ce qui correspond à la doxa officielle, à l’opinion des bien-pensants !  Et ceux qui essaient d’apporter des contradictions, de partager des points de vue différents pour faire avancer le débat ou seulement l’enrichir, sont souvent mis au ban, moqués, discrédités…Cela s’est encore vérifié ces temps-ci avec l’apport du cardinal Sarah et du pape émérite Benoit XVI à la question de la remise en cause possible de l’exigence du célibat pour accéder à la prêtrise (en Amazonie au moins) dans un livre intitulé « des profondeurs de nos cœurs ». L’un et l’autre y développent, avec une théologie remarquable, l’enracinement dans la tradition du célibat sacerdotal. Et aussitôt pour disqualifier leurs propos, sans les avoirs lus, on laisse planer le doute d’une manipulation par le cardinal d’un vieux pape émérite fatigué, etc… les journalistes, y compris du journal catho de référence, l’ont décidé ainsi : il faut maintenant marier les prêtres, qu’ils deviennent totalement des hommes comme les autres, sans signe d’un engagement spécial « pour l’éternité » !

Pourtant un paradoxe demeure pour moi : la plupart des journalistes et commentateurs bien pensants qui détestent majoritairement l’institution Eglise trop réactionnaire et dépassée, ne cessent pas, par ailleurs, de donner leur avis sur ce qu’elle devrait faire évoluer pour s’adapter à l’air du temps. Etre dans le vent, marcher dans le sens de l’Histoire, voilà ce qu’ils veulent pour l’Eglise….

Seulement en y réfléchissant un peu, comme le rappelle Jean Guitton, vouloir être dans le vent, est une ambition de feuille morte ! Quand la feuille n’est plus irriguée par la sève de l’arbre qui la porte, quand elle n’exerce plus sa fonction pour l’arbre, elle s’en détache et disparaît. Il en serait ainsi de l’Eglise, si elle cesse d’être nourrit du Christ et de l’Evangile, si elle cessait d’exercer l’exigeante mission que le Seigneur lui a confiée.

Les Bien-pensants crient à l’ouverture, à l’accueil de tous, ah ! disent-ils, si tous les prêtres et les évêques étaient comme le pape François, lui au moins pose des gestes d’ouverture en direction des gens qu’il accueille tels qu’ils sont… rendez-vous compte frères et sœurs, le pape baptise ici, l’enfant d’une fille mère et là celui d’un couple marié civilement!

Faut-il donc que tous ceux-là soient bien loin de leur Eglise pour ne pas savoir que ce genre de pratique est banal depuis des années. Mais accueillir chacun pour ce qu’il est n’enlève pas de prendre au sérieux le rôle des prêtres (et du pape) qui est de rappeler et faire connaître les exigences de la foi. Accueillir ne veut pas dire bénir tout ce qui se passe. Si j’accepte toujours de discuter et si j’accueille chacun pour ce qu’il est, je me garde aussi la liberté de réaffirmer les enseignements des Écritures, du Seigneur Jésus et de l’Eglise. Comme le rappelle le psaume : Vois, je ne retiens pas mes lèvres… J’ai dit ton amour et ta vérité à la grande assemblée.

En effet, notre vocation est d’être la lumière des nations, pour que le salut de Dieu parvienne jusqu’aux extrémités de la terre. Être lumière exige de demeurer « branchés » à Jésus car c’est son salut qui doit briller à travers nous ! Et dans la liturgie de ce dimanche, Jean le Baptiste et saint Paul nous sont donnés comme exemple:

D’abord Jean le Baptiste déclare, quand il voit Jésus venir vers lui : Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde. Il indique, il montre le Christ à ceux qui l’entourent. Et non seulement il montre, mais il ajoute : Oui, j’ai vu, et je rends ce témoignage : c’est lui le Fils de Dieu. Et moi-même, par mon comportement en société et aussi lors de la célébration eucharistique, est-ce que je témoigne et j’indique bien que Jésus est mon Dieu et mon Sauveur. Est-ce que j’ose, en son nom, dénoncer les erreurs de ce monde, comme les manifestants qui cet après-midi à Paris battrons le pavé contre la PMA , la GPA et les errances de la loi à venir de Bioéthique ?

Ensuite saint Paul, qui rappelle qu’il fut appelé par la volonté de Dieu pour être Apôtre du Christ Jésus, s’adresse ainsi aux Corinthiens : vous les fidèles, qui êtes, par appel de Dieu, le peuple saint. Il réaffirme la vocation première de l’Eglise et donc aussi la nôtre : la sainteté et l’exemplarité d’une vie fidèle au Seigneur. Et pour cela il leur souhaite ainsi qu’à nous : que la grâce et la paix soient avec vous, de la part de Dieu notre Père et de Jésus Christ le Seigneur.

Donc frères et sœurs, pour assurer un débat serein sans retenir nos lèvres, il faut être bien attaché au Christ, à son Eglise et bien connaître son enseignement. Que cette année soit pour chacun de vous une année où, nourrit de la Parole et du Pain de Dieu, vous preniez au sérieux votre vocation à la sainteté  et que vous y invitiez aussi tous les hommes et les femmes de notre doyenné! Amen

homélie du 12 janvier 2020 : baptême du Seigneur

Lecture du livre du prophète Isaïe

Ainsi parle le Seigneur :
   « Voici mon serviteur que je soutiens,
mon élu qui a toute ma faveur.
J’ai fait reposer sur lui mon esprit ;
aux nations, il proclamera le droit.
    Il ne criera pas, il ne haussera pas le ton,
il ne fera pas entendre sa voix au-dehors.
    Il ne brisera pas le roseau qui fléchit,
il n’éteindra pas la mèche qui faiblit,

Liturgia della Domenica: IL BATTESIMO DEL SIGNORE. Anno AÉvangile de J- C selon saint Matthieu

    Alors paraît Jésus. Il était venu de Galilée jusqu’au Jourdain auprès de Jean, pour être baptisé par lui.  Jean voulait l’en empêcher et disait : « C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi, et c’est toi qui viens à moi ! »  Mais Jésus lui répondit : « Laisse faire pour le moment, car il convient que nous accomplissions ainsi toute justice. » Alors Jean le laisse faire. Dès que Jésus fut baptisé, il remonta de l’eau, et voici que les cieux s’ouvrirent : il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. Et des cieux, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui je trouve ma joie. »

 

 

Quand on entend cet Évangile on se pose tous la même question. Pourquoi Jésus demande-t-il à être baptisé ? D’ailleurs sa demande surprend jusqu’à Jean le Baptiste lui-même qui affirme : « c’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi, et c’est toi qui viens à moi ! ». Pourtant ce dernier consent à baptiser Jésus quand celui-ci lui répond : «Laisse faire pour le moment, car il convient que nous accomplissions ainsi toute justice ».  Benoit XVI dans son livre « Jésus de Nazareth » rappelle que pour comprendre cet épisode « il est essentiel de donner tout son sens au mot « justice ». Dans le monde où se trouve Jésus, cette justice est la réponse de l’homme à la Loi (la torah), c’est l’acceptation de l’entière volonté de Dieu. » Or le baptême exige la reconnaissance des péchés. Ainsi écrit le pape Benoit : « Jésus a pris sur ses épaules le fardeau de la faute de l’humanité entière et l’a porté en descendant dans le Jourdain. Jésus inaugure sa vie publique en prenant la place des pécheurs. Il l’inaugure en anticipant la croix. » il écrit plus loin « le baptême est l’acceptation de la mort pour les péchés de l’humanité et la voix qui se manifeste au baptême « celui est mon fils bien-aimé » est une anticipation de la résurrection.

Voilà pourquoi Jésus lui-même dans l’évangile de Luc ou de Marc dira « je dois recevoir un baptême et quelle angoisse et la mienne jusqu’ à ce qu’il soit accompli ».

Ainsi nous même, au jour de sa célébration, notre baptême nous a plongés dans la mort et la résurrection du Christ. Mort avec lui nous sommes sortis de l’eau ressuscités avec lui !

Désormais les paroles du Père proclamant « Celui-ci est mon Fils bien-aimé ; en qui je trouve ma joie  » sont pour chacun de nous. La joie de Dieu présent en Jésus est versée dans le cœur de chaque croyant au fur et à mesure que l’eau du baptême coule sur son front. Cette joie donnée fait de nous, comme Jésus, les enfants bien-aimés du Père. Devenus frères de Jésus et donc, avec Lui, enfant d’un même Père, nous sommes aussi associés à la mission que Dieu confie à Jésus.

Et c’est cette mission là que nous révèle le livre des actes des apôtres : là où Jésus passait, il faisait le bien et il guérissait tous ceux qui étaient sous le pouvoir du diable. Ce que Jésus fait, nous aussi, unis à Lui, nous devons le faire : notre mission de baptisés, si nous l’acceptons est de lutter contre le mal sous toutes ses formes : nous avons, au nom du Christ, par sa victoire sur le mal, à délivrer l’homme du pouvoir du diable. Pour cela le prophète Isaïe préconise comme attitude particulière l’humilité qu’il détaille en 3 points d’attention:

1/Il ne criera pas, il ne haussera pas le ton, il ne fera pas entendre sa voix au-dehors. En effet le bien, contrairement au mal, ne fait pas de bruit. On risque de perdre la partie si on utilise pour combattre le mal les mêmes armes que lui. Rappelez-vous que c’est dans le silence que, sur la croix, Jésus a vaincu le mal et le péché. C’est donc ainsi qu’il nous faut agir : faire le bien sans faire de bruit et sans en tirer orgueil. Il nous faut seulement exercer la vertu de foi : Dieu sait le bien qui se fait discrètement !

2/ Il n’écrasera pas le roseau froissé : agir contre le mal exige de la délicatesse, celui qui est déjà abîmé par le péché, Dieu ne le méprise pas, ne lui fait pas la leçon, ne le met pas plus bas que terre, il n’écrase pas celui qui est blessé. Nous devons adopter la même méthode, pour libérer l’homme esclave du péché : il ne faut pas l’enfoncer davantage. Car le mal veut isoler la personne en provoquant chez elle regret, culpabilité et mésestime de soi. Donc le premier pas du bien que nous pouvons faire et d’accueillir celui qui vient à nous tel qu’il est. En effet, ce que le diable craint le plus, c’est la charité qui ne réduit pas le pécheur à son péché.

3/il n’éteindra pas la mèche qui faiblit : Notre devoir de chrétien est de relever ce qu’il y a de bon chez les pécheurs. Il s’agit de les aider à comprendre qu’en s’accrochant à la miséricorde du Christ, ils sont capables de faire le bien. On arrachera plus certainement une âme au diable en lui montrant le bien qu’elle est capable de faire plutôt qu’en pointant du doigt le mal qui l’accable déjà. Gardons l’Espérance que tout humain peut faire le bien !

Foi, charité et espérance, trois remèdes imparables contre le démon, trois vertus qui nous sont données par Dieu le jour de notre baptême ! Alors vous tous qui avez été baptisés, revêtez l’armure de la foi, protégez-vous avec le casque de l’espérance et armez-vous de la lance de la charité et ensemble, comme une seule armée divine combattons le démon, pour le salut de tous, au côté de notre Seigneur ! Amen

homélie du 01 janvier

Encyclopédie Larousse en ligne - Jacopo da Ponte dit ...

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là, les bergers se hâtèrent d’aller à Bethléem, et ils découvrirent Marie et Joseph, avec le nouveau-né couché dans la mangeoire. Après avoir vu, ils racontèrent ce qui leur avait été annoncé au sujet de cet enfant. Et tous ceux qui entendirent s’étonnaient de ce que leur racontaient les bergers. Marie, cependant, retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur. Les bergers repartirent ; ils glorifiaient et louaient Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu, selon ce qui leur avait été annoncé. Quand fut arrivé le huitième jour, celui de la circoncision, l’enfant reçut le nom de Jésus, le nom que l’ange lui avait donné avant sa conception.

 

Quelle ébullition parmi les bergers dans l’évangile de ce matin ! Dans l’ordre des verbes : ils se hâtent et ils découvrent, ayant vu ils racontent puis ils repartent, glorifiant et louant Dieu. Et tout cela est provoqué par la naissance du Fils de Dieu parmi les hommes! On imagine sans grande difficulté les scènes successives qui s’enchainent, à la fois pleines de bruits et de chuchotements, de contemplation silencieuse et de louange éclatante.

Mais ce que j’aimerai vous proposer ce matin c’est de reprendre chacune des étapes de l’action des bergers et de voir comment le tout est un beau chemin de foi et d’évangélisation, un chemin que l’on pourrait ensemble parcourir en 2020 !

1/ les bergers reçoivent de l’ange la Bonne Nouvelle. Il y a une semaine déjà nous entendions l’ange annoncer aux Bergers « « je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple : Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur. ».

Aujourd’hui encore cette Bonne Nouvelle parvient à nos oreilles, par les membres de nos familles, par nos amis croyants, lors des célébrations  à l’église, en écoutant des émissions religieuses sur des radios chrétiennes ou encore en surfant sur internet et en visionnant des vidéos sur des chaînes dédiées, etc…. La Bonne Nouvelle nous est annoncées par de nombreux canaux : en profitons-nous ? Et savons-nous en faire profiter les autres ? De qui sommes-nous l’ange ?

2/ les bergers se mettent en route. On nous dit même qu’ils se hâtèrent ! En effet, Ayant en tête le signe donné par l’ange : « vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire » ils partent à la recherche de l’enfant Jésus, on les imagine allant d’étable en étable, interrogeant ceux qui sont par là…

C’est que tout chemin de foi chrétien est une recherche, une aventure qui doit mener à Jésus. Chercher Dieu est le cœur du cheminement de la foi chrétienne. Ayant entendu la Bonne Nouvelle, partons-nous à la recherche du Seigneur ? Vers quelle crèche nous dirigeons-nous ?

3/ les bergers découvrirent Marie et Joseph, avec le nouveau-né couché dans la mangeoire. C’est une chose de se mettre en route, mais il faut aussi savoir s’arrêter au bon endroit. Le signe pour les bergers est l’enfant dans la crèche et pour nous aujourd’hui, où pouvons-nous découvrir et voir Jésus : dans les églises, au tabernacle, lors de l’Eucharistie ou de l’Adoration, dans les pauvres, dans le frère, etc…. dans quelle crèche est-ce que je m’arrête pour voir Jésus  et le contempler avec les yeux de l’âme ?

4/ les bergers racontèrent ce qui leur avait été annoncé au sujet de cet enfant. En face de Jésus ils réalisent toute la vérité contenue dans les paroles de l’ange. Ils voient de leurs yeux le Sauveur du monde et ils peuvent relire tout les évènements depuis le début de leur aventure. D’une certaine manière, ils s’approprient le contenu de la foi. Nous-mêmes, prenons-nous le temps, devant le tabernacle ou dans le secret de notre chambre, alors que nous sommes face au Seigneur, de relire notre vie de foi ? Avons-nous le soin, avec un accompagnateur spirituel, de faire des liens entres les différents évènements de notre vie pour y déceler la présence et l’action de Dieu.

5/ les bergers repartent. La vie intérieure des bergers a changé, illuminée par la contemplation du Sauveur du monde. Cependant ils demeurent bergers et doivent revenir auprès de leurs troupeaux. C’est là dans leur quotidien qu’ils vont devenir des témoins du Sauveur faisant de leur vie un vitrail qui laisse passer la lumière qu’ils ont reçu dans le cœur à la crèche.

La vie chrétienne est une vie en mouvement : nous allons vers Dieu pour le contempler et nous nourrir de lui puis nous repartons pour devenir ses hérauts dans le monde. Il s’agit pour chacun de nous, dans l’ordinaire de nos vies, de vivre en chrétien, de laisser voir le Christ à l’œuvre en nous, à travers nos gestes.

6/Les bergers glorifiaient et louaient Dieu. Vous le savez tous tellement mgr Jordy nous l’a seriné : « la joie de l’évangile remplit le cœur et la vie de tous ceux qui rencontrent le Christ. » La joie est le plus beau symptôme de la foi ! Ils chantent et louent le Seigneur ceux qui vivent de lui !

Je vous souhaite donc une année d’aventure de la foi, une année pour révéler par vos vies la présence du Christ dans notre doyenné, une année où vous exulterez d’une joie contagieuse, celle d’être sauvé et de vivre en sauvé ! Sainte année à tous. Amen

homélie du 29 déc, fête de la Ste Famille

Lecture du livre de Ben Sira le Sage

Le Seigneur glorifie le père dans ses enfants, il renforce l’autorité de la mère sur ses fils. Celui qui honore son père obtient le pardon de ses péchés, celui qui glorifie sa mère est comme celui qui amasse un trésor. Celui qui honore son père aura de la joie dans ses enfants, au jour de sa prière il sera exaucé. Celui qui glorifie son père verra de longs jours, celui qui obéit au Seigneur donne du réconfort à sa mère. Mon fils, soutiens ton père dans sa vieillesse, ne le chagrine pas pendant sa vie. Même si son esprit l’abandonne, sois indulgent, ne le méprise pas, toi qui es en pleine force. Car ta miséricorde envers ton père ne sera pas oubliée, et elle relèvera ta maison si elle est ruinée par le péché.

The Flight into Egypt (Poussin) - WikipediaÉvangile de J-C selon saint Matthieu

Après le départ des mages, voici que l’ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph et lui dit : « Lève-toi ; prends l’enfant et sa mère, et fuis en Égypte. Reste là-bas jusqu’à ce que je t’avertisse, car Hérode va rechercher l’enfant pour le faire périr. » Joseph se leva ; dans la nuit, il prit l’enfant et sa mère, et se retira en Égypte, où il resta jusqu’à la mort d’Hérode, pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète : D’Égypte, j’ai appelé mon fils. Après la mort d’Hérode, voici que l’ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph en Égypte et lui dit : « Lève-toi ; prends l’enfant et sa mère, et pars pour le pays d’Israël, car ils sont morts, ceux qui en voulaient à la vie de l’enfant. » Joseph se leva, prit l’enfant et sa mère, et il entra dans le pays d’Israël.  Mais, apprenant qu’Arkélaüs régnait sur la Judée à la place de son père Hérode, il eut peur de s’y rendre. Averti en songe, il se retira dans la région de Galilée et vint habiter dans une ville appelée Nazareth, pour que soit accomplie la parole dite par les prophètes : Il sera appelé Nazaréen.

Etre parents n’est jamais de tout repos, et ceux d’entre vous qui le sont pourraient en témoigner. Ce qui est rassurant, c’est que ce ne le fut pas plus pour Marie et Joseph. L’évangile depuis une semaine nous relate en effet le chemin mouvementé à Bethléem, l’accouchement dans une étable, le départ précipité de la sainte famille en Egypte et son installation imprévue à Nazareth. Si il incomba à Marie de dire « oui » à l’Ange pour concevoir le Fils de Dieu ; il appartient à Joseph de dire « oui » à l’Ange pour assurer le lignage davidique et la sécurité de l’enfant Jésus. Des tâches différentes ont été dévolues à Marie et à Joseph, mais leurs deux « oui » sont nécessaires au plan de Dieu. Dans nos familles aussi, c’est la collaboration du père et de la mère, selon les charismes de chacun, qui permet que les choses soient faites de manière cohérente, en vue du bien de toute la communauté familiale. Ce qui nous rend conscients de cela ce sont les jours où tout se déglingue. Nous savons tous combien un père ou une mère démissionnaire ou absent rend difficile la vie quotidienne et la prévoyance de l’avenir des enfants. Vous me partagez souvent dans vos conversations les méfaits de la séparation, les souffrances qu’elle inflige à ceux de vos enfants qui la subissent et les conséquences sur vos petits enfants !

Mais pour être juste, il faut ajouter à la complémentarité des rôles ordonnés au bien de tous, les tâches et les soucis communs. Dans chaque couple, il n’y a pas seulement un « je » et un « tu », il y  aussi un « nous », c’est-à-dire une action du couple en tant que tel. Et le cœur de cette action commune trouve sa source dans le sacrement de mariage. On le comprend en lisant ce que st Paul écrit aux Colossiens : vous avez été choisis par Dieu, vous êtes sanctifiés, aimés par lui. Evidemment si cette adresse de Paul est pour tous, elle l’est particulièrement pour les époux. Le sacrement de mariage est le don de Dieu pour unir ceux qu’il choisit pour une mission particulière : refléter sa propre sainteté et aimer comme il aime.

Le père et la mère trouvent donc, dans l’unique source de l’amour qui est le cœur de Dieu, les forces d’assumer chacun leur rôle comme parents. L’homme y trouve la force d’être père et la femme y puise la force d’être mère. Cet extrait d’un poème de Thérèse de l’enfant Jésus s’adressant à Dieu le dit bien : « Toi qui as créé le cœur des mères, je trouve en toi le plus tendre des pères ». D’autre part, ensemble, ils puisent dans le cœur de Dieu les forces pour être témoins de l’amour de Dieu surtout auprès des enfants qui jailliront de leur amour, pour les faire advenir à leur tour comme parents et adultes responsables.

J’imagine volontiers ce que furent les craintes et les appréhensions de Marie et de Joseph devant veiller sur la vie et le murissement de Jésus, sur son éducation et son apprentissage religieux afin de lui permettre au jour venu de vivre sa mission de sauveur du monde.  Et cela vaut pour tous les parents qui ont traversé, toute proportion gardée, les mêmes épreuves et les mêmes joies pour faire de leurs enfants des adultes responsables.

C’est pourquoi je voudrais m’adresser, au nom du Seigneur, aux enfants de notre assemblée, à tous ceux qui ont été ou sont les enfants d’untel ou unetelle. Soyez assez simples, quelque soit votre âge, pour dire un grand merci à votre père et à votre mère : merci pour le temps qu’ils vous consacrent ou vous ont consacré, pour l’éducation et les valeurs qu’ils vous ont transmises, pour leur présence douce et leurs paroles d’encouragement ou de réconfort.

Alors chers jeunes et moins jeunes en cette année nouvelle qui arrive si vous souhaitez devenir saints, riches et beaux : honorez, glorifiez et obéissez à vos parents car rappelle le Sage Ben Sira : celui qui honore son père obtient le pardon de ses fautes, celui qui glorifie sa mère est comme celui qui amasse un trésor  et selon st Paul aux Colossiens,  il faut obéir en toute chose à ses parents ; car cela est beau dans le Seigneur.

Alors je me permets de faire une prière pour vous : Dieu qui veut le bonheur de l’homme plus que l’homme ne le veut lui-même, bénis nos travaux, bénis nos maisons, bénis nos familles et bénis ton Eglise : rassemble tes enfants à la table de l’Eucharistie pour qu’ils t’offrent, par les mains de Jésus-Christ, le sacrifice d’adoration et de paix. Amen.

homélie du jour de Noël

 

 

Le Verbe s'est fait chair - YouTubeÉvangile de Jésus Christ selon saint Jean

Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement auprès de Dieu. C’est par lui que tout est venu à l’existence, et rien de ce qui s’est fait ne s’est fait sans lui. En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes ; la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée. Il y eut un homme envoyé par Dieu ; son nom était Jean. Il est venu comme témoin, pour rendre témoignage à la Lumière, afin que tous croient par lui. Cet homme n’était pas la Lumière, mais il était là pour rendre témoignage à la Lumière. Le Verbe était la vraie Lumière, qui éclaire tout homme en venant dans le monde. Il était dans le monde, et le monde était venu par lui à l’existence, mais le monde ne l’a pas reconnu. Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu. Mais à tous ceux qui l’ont reçu, il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu, eux qui croient en son nom. Ils ne sont pas nés du sang, ni d’une volonté charnelle, ni d’une volonté d’homme : ils sont nés de Dieu. Et le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, la gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité. Jean le Baptiste lui rend témoignage en proclamant : « C’est de lui que j’ai dit : Celui qui vient derrière moi est passé devant moi, car avant moi il était. » Tous, nous avons eu part à sa plénitude, nous avons reçu grâce après grâce ; car la Loi fut donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ. Dieu, personne ne l’a jamais vu ; le Fils unique, lui qui est Dieu, lui qui est dans le sein du Père, c’est lui qui l’a fait connaître.

Dieu, personne ne l’a jamais vu ! Combien de fois avons-nous entendu ces mots de la part de ceux qui s’interrogent ou doutent de l’existence de Dieu ? Pourtant ce matin c’est saint Jean qui l’affirme : Dieu personne ne l’a jamais vu. Mais si nous laissons ces mots résonner en nous alors on découvre qu’ils sont aussi révélateur du désir profond qu’il y a dans le cœur de tous les hommes, un désir de voir Dieu. Pourquoi les hommes désirent-ils voir Dieu ?

1/ du point de vue du philosophe, on peut affirmer que l’on ne peut réellement désirer que ce que l’on connaît déjà. Donc, si nous désirons voir Dieu, c’est qu’on le connait déjà. Comment le connait-on ? Parce que nous sommes faits à son image et à sa ressemblance. Ainsi, voir Dieu est une nécessité pour l’homme qui veut comprendre qui il est et où il va. Voir Dieu c’est devenir pleinement humain.

2/ du point de vue du théologien on dirait plutôt que si le désir de voir Dieu habite le cœur de l’homme, c’est qu’il a été précédé par une démarche de Dieu qui veut bien se laisser voir. Le désir de l’homme de voir Dieu est une réponse à la volonté de Dieu qui a voulu se faire connaître des hommes. Comme cela a été si bien écrit dans la constitution Dei Verbum du concile Vatican 2 : « Il a plu à Dieu dans sa sagesse et sa bonté de se révéler en personne … Dans cette révélation le Dieu invisible s’adresse aux hommes».

Le désir de Dieu de rencontrer l’homme et le désir de l’homme de voir Dieu s’appellent l’un l’autre et se réalisent dans une personne : Jésus qui est pleinement Dieu et pleinement homme. C’est Lui dont nous fêtons la naissance aujourd’hui. L’enfant de la crèche c’est la Sagesse et la Bonté de Dieu en personne, c’est Dieu invisible qui se rend visible, c’est Dieu qui s’approche pour être vu de ses amis les hommes. C’est ce que nous dit st Jean dans son évangile : Dieu, personne ne l’a jamais vu, le Fils unique, lui qui est Dieu, lui qui est dans le sein du Père, c’est lui qui l’a fait connaître. Voir Jésus c’est comprendre que Dieu a tenu sa promesse, qu’il veut se faire connaître des hommes et c’est aussi réaliser que le désir des hommes est comblé.

C’est la grande leçon que nous ont livré hier soir les pauvres bergers : ils ont compris que dans cet enfant de la crèche résidait la gloire de Dieu, qu’en ce petit enfant blotti contre sa mère la nature humaine faisait alliance avec la nature divine. C’est aussi ce que nous affirme le rédacteur de la 2° lecture : Jésus est le Rayonnement de la gloire de Dieu, expression parfaite de son être. Car Jésus, nous rappelle st Jean, est le Verbe fait chair, celui qui a habité parmi nous, et dont nous avons vu la gloire, la gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité.

DONC nous sommes faits pour voir Dieu qui s’est rendu visible en Jésus. Cependant, saurons-nous reconnaître le Seigneur lorsque nous le verrons ? A quoi ressemblera-t-il ? Comment le reconnaître ? Et bien depuis 2800 ans le prophète Isaïe nous a donné la réponse : c’est la joie ! En effet il nous dit dans la 1° lecture : Écoutez la voix des guetteurs : ils élèvent la voix, tous ensemble ils crient de joie car, de leurs propres yeux, ils voient le Seigneur. A sa vue nous seront dans la joie parfaite. La même joie pure et simple que celle des bergers contemplant le fils de Dieu endormi dans la crèche, la même joie pure et simple des saints de tous les temps qui ont vu Jésus dans les pauvres, les oubliés, les méprisés, les malades, etc.

Mais ce n’est pas tout de désirer voir Dieu et de le reconnaître parmi les hommes, il faut encore le faire voir et connaître à tous. Cette joie qui habite les amis de Dieu doit être propagée par chacun de nous. Aujourd’hui Dieu fait de vous des torches, il vous embrase de sa joie pour que vous mettiez le feu au monde.

Imaginez un monde où chaque femme, chaque homme verrait dans son mari, sa femme, ses enfants, ses voisins et son prochain Dieu qui vient à sa rencontre ! Oui tel sera le Royaume de Dieu, quand Dieu sera tout en tous !

Alors, je vous souhaite de tout cœur, pour l’année qui vient, une joie divine débordante, signe que vous aurez désiré voir Dieu, que vous l’aurez rencontré dans toutes les personnes qui croiseront votre route et que vous aurez illuminé le monde de sa présence en le laissant briller à travers vous !  Amen

homélie 4° dimanche de l’Avent

de la lettre de st Paul aux Romains

Paul, serviteur du Christ Jésus, appelé à être Apôtre, mis à part pour l’Évangile de Dieu, à tous les bien-aimés de Dieu qui sont à Rome. Cet Évangile, que Dieu avait promis d’avance par ses prophètes dans les saintes Écritures, concerne son Fils qui, selon la chair, est né de la descendance de David et, selon l’Esprit de sainteté, a été établi dans sa puissance de Fils de Dieu par sa résurrection d’entre les morts, lui, Jésus Christ, notre Seigneur. Pour que son nom soit reconnu, nous avons reçu par lui grâce et mission d’Apôtre, afin d’amener à l’obéissance de la foi toutes les nations païennes, dont vous faites partie, vous aussi que Jésus Christ a appelés. À vous qui êtes appelés à être saints, la grâce et la paix de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus Christ.

1000+ images about El sueño de San José. Saint Joseph ...Évangile de J-C selon saint Matthieu

Voici comment fut engendré Jésus Christ : Marie, sa mère, avait été accordée en mariage à Joseph ; avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint. Joseph, son époux, qui était un homme juste, et ne voulait pas la dénoncer publiquement, décida de la renvoyer en secret. Comme il avait formé ce projet, voici que l’ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ; elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. » Tout cela est arrivé pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète : Voici que la Vierge concevra, et elle enfantera un fils ; on lui donnera le nom d’Emmanuel, qui se traduit : « Dieu-avec-nous ». Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse.

Tout cela est arrivé pour que soit accomplie la parole du Seigneur. Voilà des siècles que la terre sainte donnée par Dieu à son peuple est occupée par des païens : Babyloniens, Perses, Assyriens, Grecs, Romains. Et sans céder au désespoir, le peuple juif attend la délivrance d’Israël. Il sait que le Messie viendra le libérer du joug de l’ennemi et de l’envahisseur. Il puise son espérance dans les Ecritures qu’il médite et prie régulièrement : les merveilles que Dieu a faites par le passé, il les réitérera pour son peuple soumis au joug romain.

Aussi à chaque époque Dieu s’est appuyé sur des relais : des hommes et des femmes ouverts à sa rencontre et disponibles pour la mission. Toute l’Ecriture Sainte nous rappelle que Dieu s’est appuyé, au cours des siècles, sur d’humbles servantes et sur des rois, sur les bergers et des prophètes pour tenir ferme l’espérance de son peuple en lui rappelant sans cesse qu’Il est le Dieu qui tient ses promesses. Ce sont ces « oui » successifs aux demandes de Dieu qui ont permis qu’en Jésus l’Ecriture se réalise. Si il y eut de grands « oui » comme celui d’Abraham, de Moïse et de Marie, tous les « oui » sont importants, ceux des petits prophètes ou celui de Joseph qui nous est proposé dans l’évangile de ce matin. Chacun, par son « fiat » à la demande de Dieu a pris sa part à l’avènement du Messie. Chaque croyant par son « oui » à la volonté de Dieu, à son désir, a aplani et préparé le chemin du Seigneur.

Cette Bonne Nouvelle à venir, c’est Paul qui la résume bien dans la lettre qu’il adresse aux Romains : Cet Évangile, que Dieu avait promis d’avance par ses prophètes dans les saintes Écritures, concerne son Fils qui, selon la chair, est né de la descendance de David.

La promesse de Dieu c’est qu’il vienne lui-même visiter les hommes. En son Fils Dieu réalise son projet dont la teneur est révélée par le nom que Joseph doit donner au Fils que Marie va concevoir. Jésus signifie en effet, « Dieu Sauve ».

Mais ce Messie attendu par tout un peuple va déployer sa mission de salut dans deux directions.

D’abord il va faire découvrir au peuple juif que son pire ennemi n’est pas l’envahisseur romain, mais lui-même pris dans les pièges du péché et de la mort, du mensonge et de l’envie. C’est de la mort et du péché, les deux enfants de Satan, que Jésus vient libérer son peuple. Jésus est le nouveau Moïse. En effet, si Moïse a fait passer le peuple juif de l’esclavage en Egypte à la liberté en terre promise, Jésus fera passer les croyants de l’esclavage du mal et de la mort à la vie éternelle dans le royaume des cieux à venir.

Ensuite Jésus offre le salut à tous les hommes. L’alliance promise au peuple juif devient une alliance offerte à toute l’humanité. La libération du péché et de la mort annoncée aux juifs et pour tous les hommes. C’est st Paul qui l’affirme aux Romains : Pour que son nom soit reconnu, nous avons reçu par lui grâce et mission d’Apôtre, afin d’amener à l’obéissance de la foi toutes les nations païennes, dont vous faites partie, vous aussi que Jésus Christ a appelés.

Frères et sœurs, le « oui » de Joseph permit au Fils de Dieu de se faire le Messie de son peuple ; le « oui » de l’apôtre Paul permit à la Jésus de devenir Bonne Nouvelle pour tous les hommes. Le « oui » de vos parents au jour de votre baptême a fait des vous des sauvés, des ressuscités en puissance. Votre « oui »  au jour de votre confirmation a fait de vous des chrétiens assumés et militants.

Aujourd’hui Jésus le Christ a besoin que nous renouvelions chacun notre « oui » à sa volonté et à sa Bonne Nouvelle. Un « oui » qui fait de nous des disciples missionnaires.

Dieu s’est fait ce que nous sommes pour faire de nous ce qu’il est. Si nous y croyons fermement, annonçons-le fermement et joyeusement. Osons un « oui » pour vivre chrétiennement dans ce monde sans nous occuper des réflexions, des opinions des autres, de leurs moqueries. Un « oui » qui montre au monde une autre manière de vivre, de consommer, d’exister qui repose avant tout sur la sobriété, le souci concret du prochain et l’élévation de l’âme.

En ce temps de Noël, modérons nos achats privilégiant un Noël sobre et prenons un peu plus de temps pour la prière, surtout la louange qui mettra sur nos lèvres nos mercis pour le grand cadeau de l’Incarnation.! Amen

homélie du 3° dimanche de l’Avent A

Dimanche 8 décembre 2013 avec le KTdu livre du prophète Isaïe

Le désert et la terre de la soif, qu’ils se réjouissent ! Le pays aride, qu’il exulte et fleurisse comme la rose, qu’il se couvre de fleurs des champs, qu’il exulte et crie de joie ! La gloire du Liban lui est donnée, la splendeur du Carmel et du Sarone. On verra la gloire du Seigneur, la splendeur de notre Dieu. Fortifiez les mains défaillantes, affermissez les genoux qui fléchissent, dites aux gens qui s’affolent : « Soyez forts, ne craignez pas. Voici votre Dieu : c’est la vengeance qui vient, la revanche de Dieu. Il vient lui-même et va vous sauver. » Alors se dessilleront les yeux des aveugles, et s’ouvriront les oreilles des sourds. Alors le boiteux bondira comme un cerf, et la bouche du muet criera de joie. Ceux qu’a libérés le Seigneur reviennent, ils entrent dans Sion avec des cris de fête, couronnés de l’éternelle joie. Allégresse et joie les rejoindront, douleur et plainte s’enfuient.

Ce matin vous me permettrez de prêcher sur la première lecture et sur cette prophétie terrible que nous venons d’entendre sans que personne ne bronche. L’avez-vous repérée ? Je vous aide : Voici votre Dieu : c’est la vengeance qui vient, la revanche de Dieu. On imagine un peu l’embarras du prophète Isaïe qui doit annoncer cela au peuple juif et encore plus le nôtre aujourd’hui. En effet, nous qui n’avons que le « Dieu d’amour » sur les lèvres, comment évangéliser en annonçant qu’Il va se venger ? Pourtant cette prophétie est parole de Dieu et doit être reçue comme telle. Essayons donc de comprendre en procédant au préalable à une clarification : d’abord, penser de manière exclusive que Dieu est amour, c’est prendre le risque d’inverser la proposition et de dire « l’Amour est Dieu ». En agissant ainsi on divinise l’amour, c’est-à-dire qu’on remplace Dieu par l’idole de l’amour. Et cela est souvent le cas quand, on nom de l’amour on justifie le mariage et procréation pour tous, euthanasie au nom de l’amour, etc…). (on nous dit maintenant : puisqu’ils s’aiment, ils ont droit, etc…). Ensuite, dire que Dieu est amour n’exclue pas d’affirmer qu’Il est également juste et vrai. En effet, il n’y a pas d’amour sans exiger la vérité, la justice, la paix (c’est le psaume 84 qui nous le révèle : amour et vérité se rencontrent, justice et paix s’embrassent). Ainsi, Dieu qui est amour exerce son amour avec justice et son amour ne peut pas aller contre la vérité puisqu’il est la Vérité, etc… Cette mise au point faite, on peut mieux comprendre cette prophétie d’Isaïe :

Dieu parce qu’il est juste va exercer sa justice, va avoir sa revanche qui sera de rétablir la vérité de sa création. C’est la vengeance qui vient, la revanche de Dieu, cette prophétie doit être relue comme une annonce de la naissance de Jésus puisqu’on nous propose de l’entendre durant le temps de l’Avent. En formulant les choses autrement, on peut se demander : « Jésus est-il la réalisation de la Vengeance de Dieu ? Par lui Dieu prend-il sa revanche et si oui, sur qui, sur quoi prend-il sa revanche ? Donc 3 points dans mon homélie

1/ Jésus réalise la vengeance de Dieu en restaurant l’humanité blessée par le péché. En effet, au commencement, Dieu n’a pas voulu l’humanité humiliée par le péché mais libre, à son image et à sa ressemblance. La revanche de Dieu est de venir lui-même sauver l’humanité du péché et l’arracher des mains du mal et de la souffrance. Dieu exerce sa vengeance contre Satan au nom de sa justice et de sa vérité. Car la vérité de l’homme n’est pas d’être esclave du péché mais serviteur du bien, du bon et du beau. Le prophète Isaïe nous donne des signes visibles pour comprendre que l’heure de la revanche de Dieu aura sonnée : Alors se dessilleront les yeux des aveugles, et s’ouvriront les oreilles des sourds. Alors le boiteux bondira comme un cerf, et la bouche du muet criera de joie. L’homme remis debout, libéré du mal, par Jésus, voilà la revanche de Dieu !

2/ Jésus réalise la vengeance de Dieu en tuant la mort. La mort, conséquence du péché nous rappelle le catéchisme de l’Eglise Catholique, est une injure faite à l’éternité de Dieu. Jésus en se faisant homme, en prenant sur lui notre vie mortelle va nous ouvrir les portes de l’éternité. En ressuscitant le premier dans la gloire il rend à l’humanité sa condition d’avant le péché originel. L’homme rendu par Jésus capable de vivre éternellement, voilà la revanche de Dieu !

3/ Jésus réalise la vengeance de Dieu en divinisant l’humanité. Satan croyait avoir détourné définitivement l’homme de Dieu en faisant grandir en lui le désir de remplacer Dieu. C’était sans compter sur Jésus qui non seulement nous a sauvés du péché et rouvert les portes du ciel mais qui nous offre en plus de participer à sa nature divine. En assumant notre humanité jusque dans la mort, Jésus, par sa résurrection et son ascension, permet à tous les hommes de devenir participant de la nature divine. Et c’est là la plus grande vengeance de l’amour de Dieu sur Satan. Dieu qui fut trahi par son ange (lucifer) et par les hommes qui voulaient prendre sa place, va exercer sa justice pour que son amour rayonne au plus haut point : il offre à chaque homme désormais de devenir Dieu par participation à sa nature divine. Dieu offre aux hommes d’être avec lui alors que les hommes, inspirés par Satan, voulaient être Dieu à la place de Dieu. Voilà l’ultime et définitive vengeance de Dieu sur le mal ! L’homme rendu capable par Jésus de partager la vie divine, voilà la revanche de Dieu !

Et chers frères et sœurs, cette triple revanche, Dieu la savoure à chaque eucharistie ! En effet chaque fois qu’un chrétien communie au Corps du Christ, il reçoit le pardon de ses péchés, la vie éternelle et la préparation à vivre la vie même de Dieu pour l’éternité. Alors oui frères et sœurs, aujourd’hui soyons dans la joie ! Amen