homélie du 14° dimanche

  Jésus t-shirts chrétiens, Boutique chrétienne vetements ...Évangile de Jésus Christ selon saint Marc : En ce temps-là, Jésus se rendit dans son lieu d’origine,  et ses disciples le suivirent.  Le jour du sabbat,  il se mit à enseigner dans la synagogue.  De nombreux auditeurs, frappés d’étonnement, disaient :  « D’où cela lui vient-il ?  Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée,  et ces grands miracles qui se réalisent par ses mains ?  N’est-il pas le charpentier, le fils de Marie,  et le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon ?  Ses sœurs ne sont-elles pas ici chez nous ? »  Et ils étaient profondément choqués à son sujet.  Jésus leur disait :  « Un prophète n’est méprisé que dans son pays,  sa  parenté et sa maison. »  Et là il ne pouvait accomplir aucun miracle ;  il guérit seulement quelques malades  en leur imposant les mains.  Et il s’étonna de leur manque de foi.  Alors, Jésus parcourait les villages d’alentour en enseignant.

Un prophète n’est méprisé que dans son pays, sa parenté et sa maison. Cette parole du Christ est demeurée connue de nous par le fameux dicton : « Nul n’est prophète en son pays ». Mais l’utilisation qu’on en fait sert plutôt de nos jours à nous justifier de ne pas trop parler de religion, dans notre propre entourage et parfois de garder la bouche close quand l’Eglise ou le Christ sont attaqués. Ainsi gardons-nous trop souvent le silence lors d’un repas de famille quand des grivoiseries, des blagues ou des propos déplacés et mesquins sur le Christ ou les prêtres fusent autour de nous. Ainsi gardons-nous trop souvent le silence dans notre propre maison, pour ne pas fâcher les enfants qui nous amènent les petits-enfants au risque de ne plus les voir si vous aborder le sujet du baptême ou du catéchisme. Mesurons, en lisant l’Evangile ce que provoque notre silence : là Jésus ne pouvait accomplir aucun miracle. Il s’étonna de leur manque de foi. Dans le fond, on ne sait pas ce qui nous retient de parler du Christ ou de défendre l’Eglise. Est-ce l’ignorance, le manque de foi, la peur d’être humilié?

Si c’est l’ignorance ou le manque de foi, on dit souvent « je ne sais pas quoi répondre », « je ne sais pas expliquer », etc., Dans ce cas que faisons-nous pour palier ce manque de connaissance, prenons-nous le temps de nous former et de nous laisser former ? En lisant la Bible, par la messe du dimanche, le sermon du prêtre, en participant à un groupe Biblique ou de Livret, en nous rendant aux différentes conférences qui nous sont proposées ? Croyons-nous que c’est Dieu qui nous rend aptes et qui dépose en nous son Esprit Saint qui parlera à notre place lors de nos rencontres comme cela est relaté dans la première lecture, récit de l’appel du prophète Ezéchiel : l’esprit vint en moi  et me fit tenir debout. Il me dit : « Fils d’homme, je t’envoie vers les fils d’Israël,  vers une nation rebelle qui s’est révoltée contre moi » Et comme nous le promet Jésus dans l’Evangile de Marc au chapitre 13 : ne vous tourmentez pas d’avance pour savoir ce que vous direz, mais ce qui vous sera donné à cette heure-là, dites-le. Car ce n’est pas vous qui parlerez, c’est le Saint-Esprit. Il ne demeure qu’une question le croyons-nous et osons-nous invoquer l’Esprit Saint, pour qu’il nous assiste dans nos discussions. Personnellement je l’invoque avant de faire mes homélies, ou avant mes rendez-vous avec des personnes, afin qu’il m’aide à trouver les mots justes, à être attentifs.

Si c’est la peur d’être humilié qui nous fait taire, par notre silence on veut parfois se protéger. Et cela est compréhensible dans un monde dont les valeurs s’éloignent de l’Evangile. Et on trouve alors des excuses : Dieu comprendra bien, je n’ai plus la force de me battre, j’en ai assez de me faire rabrouer. Mais il faut se demander, est-ce le prophète qui est blessé ou mon amour propre ? Nous sommes, comme chrétiens du XXI°s de la même trempe que St Paul, comme lui nous avons reçu d’exceptionnelles révélations que Christ nous demande de transmettre à notre tour. Il ne s’agit pas d’être cru mais d’être écouté, comme le dit Ezéchiel dans la 1ière lecture : qu’ils écoutent ou qu’ils n’écoutent pas … ils sauront qu’il y a un prophète au milieu d’eux. Dans sa première lettre aux Corinthiens st Paul fait l’éloge de l’humilité. Il rappelle que la grandeur du message chrétien exige de prendre tous les risques pour qu’il soit connu. Le Monde entier reconnait la grandeur du message évangélique, et nous, disciples du Christ nous cachons et taisons ce trésor par peur de notre réputation ? Comme st Paul osons proclamer : j’accepte de grand cœur pour le Christ les faiblesses, les insultes, les contraintes, les persécutions et les situations angoissantes. Non pas par goût de la souffrance, mais par certitude d’être alors saisis par Dieu. De devenir vraiment ce pourquoi nous sommes chrétiens, non pas des cymbales bruyantes, mais des Temples de Dieu, des disciples fidèles et vrais. Car, lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort s’exclame Paul. N’oublions pas que durant toute l’Histoire de l’Eglise, se sont les martyrs qui furent la plus grande semence de chrétiens, car en eux rayonnaient la pleine harmonie entre la foi, les paroles et les actes. Demandons au Seigneur d’être des témoins complets.

Quelque soit la cause de notre silence, c’est Christ qui ne peut plus agir quand nous nous taisons. Il disparaît de la vie des croyants et son empreinte culturelle s’efface. Il n’est plus connu de l’immense majorité des gens et surtout des jeunes. Si nous n’agissons pas, qui le fera ? Chers amis, les dealers ne se privent pas de faire la proposition de leurs drogues à vos enfants dès la sortie du collège et même dans la rue, leur offrant un ticket d’entrée vers les paradis artificiels, et nous, chrétiens, devrions nous interdire de proposer à tous le Christ, unique et véritable ticket d’entrée vers le paradis, la vie en plénitude avec Dieu ! Allons courage, osons être prophètes, pour que le Nom de Dieu, Père, Fils et Saint Esprit soit connu chez nous, dans nos familles et par tout homme. Car Il est le Chemin, la Vérité et la Vie, il est le Salut offert à tous ! De quel droit pouvons-nous en priver les hommes ? Amen

homélie 13° dimanche

Lecture du livre de la Sagesse

Dieu n’a pas fait la mort, il ne se réjouit pas de voir mourir les êtres vivants. Il les a tous créés pour qu’ils subsistent ; ce qui naît dans le monde est porteur de vie : on n’y trouve pas de poison qui fasse mourir.

La puissance de la Mort ne règne pas sur la terre, car la justice est immortelle. Dieu a créé l’homme pour l’incorruptibilité, il a fait de lui une image de sa propre identité. C’est par la jalousie du diable que la mort est entrée dans le monde ; ils en font l’expérience, ceux qui prennent parti pour lui.

 

Dieu n’a pas fait la mort, il ne se réjouit pas de voir mourir les êtres vivants. Par cette affirmation, l’auteur du livre de la Sagesse, tente de donner un sens, une explication au mystère de la mort. Pourquoi les personnes que nous connaissons, que nous aimons disparaissent-elles ? Pourquoi leur mort nous fait-elle autant souffrir ? Et ces questions prennent un écho encore plus grand quand la mort est celle d’un jeune ou que la mort est accidentelle ou provoquée par une autre personne. Ainsi sont liées la question de la mort et celle du mal. Et ce lien, l’auteur du livre de la sagesse le fait aussi en écrivant que c’est par la jalousie du diable que la mort est entrée dans le monde. Cela peut paraître facile d’incriminer le diable pour épargner Dieu ! Pourtant tous ceux qui scrutent et méditent la Bible découvrent combien le Dieu des juifs et des Chrétiens est le Dieu de la vie en plénitude, de la vie plus forte que la mort. C’est cela que l’évangile de ce dimanche nous révèle en deux histoires entremêlées : Jésus, en guérissant la femme de ses pertes de sang, révèle un Dieu qui nous veut vivants, .et en faisant revenir à la vie la fille de Jaïre, il affirme qu’il est la vie plus forte que la mort.

Certes Dieu est la vie plus forte que la mort, mais il est encore plus que cela : il est la vie éternelle. Et cette vie éternelle, Il veut la partager avec tous les hommes qui croiront en lui.

Pour cela il se fera homme en Jésus. Les hommes le feront souffrir dans son corps et dans son âme jusqu’à le faire mourir. Puis il fut mis au tombeau. Et alors que le démon et la mort semblent avoir triomphé, Jésus le Christ jaillit vivant du tombeau le 3ième jour ! En offrant sa vie pour sauver les hommes, Jésus va débarrasser l’humanité de la mort éternelle et lui rendre la capacité d’être avec Dieu pour toujours : Dieu a créé l’homme pour l’incorruptibilité rappelle le livre de la Sagesse. Cela signifie que la mort ne peut plus corrompre l’homme. Elle devient un passage vers la vie éternelle ! Elle ne nous engloutit pas dans le néant mais nous immerge dans la vie même de Dieu : Père, Fils et Saint Esprit. Désormais toute notre vie devient une préparation à cette rencontre, à ce passage vers le Père.

Et notre préparation a passé par le baptême, où Dieu a semé en nous la vie éternelle, puis par le catéchisme grâce auquel nous avons découvert qui est Dieu et toute l’histoire de ses alliances avec les hommes. Apprenant de quel amour Dieu nous aime et son immense désir de nous rencontrer personnellement, l’Eglise nous a proposé de nous préparer au sacrement de l’Eucharistie : source et sommet de la vie chrétienne comme aime à le rappeler le Concile Vatican II. C’est par l’Eucharistie que nous sommes nourris du Corps du Christ et abreuvés de sa vie divine qu’à nouveau il sème en nous à chaque communion. Structurés spirituellement par la prière personnelle et communautaire, nous devenons capables de dire notre foi et de l’assumer, acceptant par là de devenir des chrétiens adultes : c’est le temps de la profession de foi et de la confirmation. Confirmés dans notre foi par l’évêque, nous recevons toutes les grâces nécessaires, et particulièrement le don de l’Esprit Saint en plénitude, pour vivre en chrétien dans le monde. C’est alors que nous nous employons à exercer la charité, l’un des trois dons que Dieu nous a fait lors de notre baptême. C’est de cela dont nous entretient Paul dans sa seconde lettre aux Corinthiens. Il nous invite à la justice envers tous nos frères : Il ne s’agit pas de vous mettre dans la gêne en soulageant les autres, il s’agit d’égalité. Dans la circonstance présente, ce que vous avez en abondance comblera leurs besoins.

La charité dont nous vivons doit porter des fruits concrets, visibles. L’égalité à laquelle Paul nous invite est à vivre immédiatement, car c’est maintenant que ceux qui ont faim doivent manger et ceux qui sont nus être habillés ! C’est maintenant qu’il faut accueillir ceux qui ont tout perdu dans leur pays et qui viennent à nous ; c’est maintenant qu’il faut agir pour sauver notre maison commune qu’est la terre.

Alors ne craignons pas de vivre dans la foi et la charité, ancrés en Dieu et au service des autres, pour que notre espérance soit la même que celle de la femme de l’Evangile. Ce n’est plus son vêtement que nous allons toucher, mais son corps glorieux et ressuscité ! Que notre cœur brûle de foi et d’amour lors de la communion, non pas pour être guéris de nos maux en ce monde, mais pour recevoir sa vie éternelle dès maintenant. Amen

homélie du dimanche 24 juin

l’homélie proposée étant celle de la messe anticipée du samedi 23 juin à Perrigny dont le patron est st Jean Baptiste, je suis parti des textes de la liturgie de la messe de la veille de la fête de saint-Jean Baptiste!

Lecture du livre du prophète Jérémie

Au temps du roi Josias, la parole du Seigneur me fut adressée : « Avant même de te façonner dans le sein de ta mère, je te connaissais ; avant que tu viennes au jour, je t’ai consacré ; je fais de toi un prophète pour les nations. » Et je dis : « Ah ! Seigneur mon Dieu ! Vois donc : je ne sais pas parler, je suis un enfant ! » Le Seigneur reprit : « Ne dis pas : “Je suis un enfant !” Tu iras vers tous ceux à qui je t’enverrai ; tout ce que je t’ordonnerai, tu le diras. …..

Psaume 70

Ma bouche annonce tout le jour tes actes de justice et de salut. Mon Dieu, tu m’as instruit dès ma jeunesse, jusqu’à présent, j’ai proclamé tes merveilles.

première lettre de saint Pierre apôtre

Bien-aimés, vous aimez Jésus Christ sans l’avoir vu ; en lui, sans le voir encore, vous mettez votre foi, vous exultez d’une joie inexprimable et remplie de gloire, car vous allez obtenir le salut des âmes qui est l’aboutissement de votre foi. ….

A votre avis, pourquoi fête-t-on la saint Jean-Baptiste le 24 juin ? 2 raisons : l’une logique, l’autre spirituelle. La raison logique est une déduction : si au moment de l’annonciation à Marie (fêter le 25 mars), Elisabeth sa cousine, en était à son 6° mois de grossesse, cette dernière devait donc accoucher trois mois plus tard. Quand à la raison spirituelle elle est double : 1/ le fait que Jésus dise de son cousin Jean dans l’évangile de Matthieu que « parmi ceux qui sont nés d’une femme, personne ne s’est levé de plus grand que Jean le Baptiste » implique de le fêter le jour dont la lumière dure le plus longtemps car il est le plus grand ; 2/ mais le fait que Jean-le Baptiste dise de Jésus dans l’évangile de Jean : Lui, il faut qu’il grandisse ; et moi, que je diminue, implique de le fêter le 1° jour où l’ensoleillement diminue, c’est-à-dire demain, le 24 juin !

Vous aurez également remarqué que Jean le Baptiste est le seul personnage biblique, mis à part le Christ et la Vierge Marie, dont on fête la naissance, rappelant par là la place importante qu’il tient dans la vie spirituelle des chrétiens.  A cause de toutes ces particularités, la fête de sa naissance à le plus haut degré de la liturgie, c’est-à-dire celui de solennité, avec deux messes différentes l’une pour la veille (celle que nous célébrons ce soir), l’autre pour le jour (qui sera célébrée demain) ; Oui c’est comme pour la fête de la Nativité du Christ les 24 et 25 décembre.

Une telle place est faite à Jean le Baptiste dans l’Eglise, car il est la charnière entre l’Ancien et le Nouveau Testament. Il est le dernier prophète, puisque son rôle n’est pas d’annoncer que Dieu va venir parmi les hommes, mais de révéler aux hommes, qu’en Jésus Dieu est désormais parmi nous.  Donc il est à la fois le plus grand parmi les hommes du monde ancien et le plus petit dans le monde nouveau du royaume des cieux où tous ont revêtu le Christ par le baptême.

Nous devons donc faire de Jean le Baptiste un modèle, un exemple à suivre pour que nos vies, comme la sienne, annoncent, désignent et révèlent aujourd’hui Jésus le Christ présent parmi nous à ceux qui cherchent un chemin vers la vérité et la vie ! je vous propose de relever 3 choses dans les lectures de ce jour qui sont dites de Jean le Baptiste et qui sont pour nous aujourd’hui.

1/ Dieu a un projet pour chacun depuis toujours. C’est ce que rappelle le prophète Jérémie : Avant même de te façonner dans le sein de ta mère, je te connaissais ; avant que tu viennes au jour, je t’ai consacré ; je fais de toi un prophète pour les nations. Ces mots confortent en nous la conviction que toute vie est voulue et désirée par Dieu dès avant la conception, et en cela que toute vie est sacrée. Mais cette parole de Dieu nous confirme aussi que chacun de nous a du prix aux yeux de Dieu, qu’en chacun de nous réside son image et sa ressemblance. Elle rappelle aussi que notre vie humaine est pour les autres, qu’elle doit devenir une prophétie, c’est-à-dire une annonce des biens à venir, comme un ostensoir qui expose le Christ au monde.

2/ Dieu nous donne les moyens de notre mission. On craint souvent, comme Jérémie dans la première lecture de ne pas être à la hauteur, et comme lui de s’excuser en disant « Ah ! Seigneur mon Dieu ! Vois donc : je ne sais pas parler, je suis un enfant ! »  Mais Dieu nous donne sans cesse les moyens de parler, les grâces pour agir et témoigner, la force pour dépasser la peur de s’exposer. C’est ce que proclame le psalmiste : Mon Dieu, tu m’as instruit dès ma jeunesse, jusqu’à présent, j’ai proclamé tes merveilles. Mais prenons-nous, comme Jean le baptiste, le temps du désert, du silence, de la simplicité de vie pour laisser Dieu nous parler cœur à cœur. Apprenons à nous dépouiller de l’homme ancien qui est en nous pour revêtir le Christ. Certes nous l’avons fait au jour de notre baptême… mais qu’avons-nous mis par-dessus ? : Péchés, facilités, résignations, peurs, etc.

3/ la joie dont rayonne les chrétiens. St Pierre dans sa 1° lettre écrit « Vous exultez d’une joie inexprimable et remplie de gloire, car vous allez obtenir le salut des âmes qui est l’aboutissement de votre foi. » Ainsi notre joie est de savoir que notre vie vécue chrétiennement ouvrira les portes du ciel à une multitude. Vivre en chrétien c’est être un anti-individualiste primaire ; c’est œuvrer à remplir le ciel d’âmes en vivant concrètement notre fidélité au Christ, c’est-à-dire en prêtant à Jésus, notre vie, nos bras, nos jambes, etc. pour qu’il agisse dans ce monde. Il est un chant que j’aime chanter avec les jeunes « Dieu a besoin de tes bras pour bâtir le monde, Dieu a besoin de toi !… » Notre Joie n’est pas de promettre l’enfer aux récalcitrants mais d’être une source de salut pour ceux qui cherchent la vérité et la vie.

Dans l’Eucharistie que nous allons célébrer, Jésus livre sa vie, principal moyen de vivre pleinement la mission qu’il veut pour nous depuis notre premier jour d’existence. Alors venez puissiez à la source de la joie pour que, par votre vie chrétienne assumée, le ciel se remplisse encore d’âmes sauvées par votre amour. Amen

5° anniversaire de l’ouverture de la maison François d’Assise.

ce mercredi 13 juin nous avons célébré le 5° anniversaire de l’ouverture de l’EPHAD François d’Assise. Ce fut une grande joie pour tous les résidents : messe d’action de grâce (quelle aubaine le jour de la sainte Antoine de Padoue), repas de fête, après midi accordéon, un temps aussi pour se souvenir de soeur Bernadette et de toute son oeuvre dans la maison et dans la communauté des soeurs Franciscaines de Lons!

voici 2 photos et l’homélie donnée pour l’occasion!

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« J’ai cinq ans ! » C’est souvent avec l’aplomb d’un adulte sûr de lui que les enfants de cet âge vous disent qu’ils sont grands désormais ; c’est à dire qu’ils ont appris à faire et peuvent maintenant faire des choses tout seul. Et bien aujourd’hui, nous fêtons les 5 ans de cette maison, la maison François d’Assise. Et tel l’enfant dont je parlais juste avant, ici aussi il a fallu passer par bien des apprentissages, des ajustements pour vivre plus paisiblement aujourd’hui, pour être une EPADH où il fait bon vivre. Cela prend du temps de s’approprier de nouveaux lieux, de découvrir la géographie du bâtiment, de parcourir les couloirs de faire la connaissance du personnel, des autres résidents, de la vie communautaire, etc.

Au cinquième anniversaire de mariage, on fête les noces de bois symbole à la fois de solidité, dans le sens où la maison a fait ses preuves, et de chaleur, d’intimité. C’est ainsi qu’il a fallu du bois solide pour construire cette maison et du bois chaleureux pour le mobiliers et les boiseries.

Mais le bois pour nous chrétiens nous rappelle aussi le métier du Seigneur Jésus qui était charpentier comme Joseph son père et également celui de sa croix sur laquelle il offrit sa vie. Ainsi, la particularité de cette maison, réside évidemment dans le fait que c’est d’abord sur le Christ qu’est bâtie solidement cette maison. En ce sens cette chapelle où nous nous tenons aujourd’hui place le Seigneur Jésus au cœur de l’établissement.

Par l’Eucharistie célébrée chaque jour ici, faisant mémoire du sacrifice de la croix, par la présence de la communauté des sœurs Franciscaines et par la prière particulière des religieuses, moniales et prêtres en séjour ici on peut dire, comme Paul aux Ephésiens, qu’ici « se construit le corps du Christ ».

Alors être grand, comme on l’est à cinq ans, c’est se souvenir que c’est là, dans le silence de la prière, le cœur à cœur avec le Seigneur Jésus et dans la célébration des sacrements, que prend sens cette grande aventure de la foi qu’est cette maison. La source de tout agir est là, car c’est du cœur de Dieu que jaillit l’amour dont nous avons besoin pour vivre ensemble comme des frères et sœurs.

En effet, ce plein d’amour que nous recevons ici doit se transformer en actes de charité concrets. Il nous faut agir pour construire le corps du Christ. C’est ce que dit st Antoine de Padoue, que nous fêtons aujourd’hui, dans une homélie qui nous est proposée à l’office des lectures : « La parole est vivante lorsque ce sont les actions qui parlent. Je vous en prie, que les paroles se taisent, et que les actions parlent ».

Tout ce que nous recevons ici de Dieu, toutes les paroles et les consolations, l’amour et la joie, doivent se transformer en actions, en agir pour les autres pensionnaires, pour ceux qui viennent nous visiter, pour le personnel qui est à notre service. Car le but de notre vie chrétienne, c’est de vivre dans la vérité de l’amour ;  pour grandir dans le Christ afin de nous élever en tout jusqu’à Lui.

Alors, pour tenir jusqu’au bout notre mission chrétienne, demandons au Seigneur, lors de notre communion à son Corps, les forces et la joie d’agir concrètement pour faire de notre maison une « louange à notre Dieu ». Amen

homélie du dimanche 10 juin

Lecture du livre de la Genèse

Lorsqu’Adam eut mangé du fruit de l’arbre,   le Seigneur Dieu l’appela et lui dit : « Où es-tu donc ? »   Il répondit : « J’ai entendu ta voix dans le jardin, j’ai pris peur parce que je suis nu, et je me suis caché. »   Le Seigneur reprit : « Qui donc t’a dit que tu étais nu ? Aurais-tu mangé de l’arbre dont je t’avais interdit de manger ? »   L’homme répondit : « La femme que tu m’as donnée, c’est elle qui m’a donné du fruit de l’arbre, et j’en ai mangé. »   Le Seigneur Dieu dit à la femme : « Qu’as-tu fait là ? » La femme répondit : « Le serpent m’a trompée, et j’ai mangé. »   Alors le Seigneur Dieu dit au serpent : « Parce que tu as fait cela, tu seras maudit parmi tous les animaux et toutes les bêtes des champs. Tu ramperas sur le ventre et tu mangeras de la poussière tous les jours de ta vie.   Je mettrai une hostilité entre toi et la femme, entre ta descendance et sa descendance : celle-ci te meurtrira la tête, et toi, tu lui meurtriras le talon. »

Je voudrais ce matin vous partager un souvenir d’enfance. 5° enfant d’une famille de 6, la vie à la maison était souvent très animée et je me souviens un jour de colère avoir traité l’une de mes sœurs de plusieurs noms d’oiseaux dont certainement j’ignorais jusqu’au sens réel (je ne vous les cite pas, votre imagination et la mienne puisant aux mêmes sources !) Aussitôt le terrible méfait commis, je me suis enfui et caché au fond du jardin, derrière le pourrissoir y passant un long moment. Et je me souviens alors que ma mère, se mettant à me chercher (pour régler la situation et exiger de ma part réparation) se mit à crier «où es-tu donc ? », exactement la même question que celle que Dieu prononça cherchant Adam après leur méfait dans la 1° lecture.

« Où es-tu donc ? » doit être perçu comme le désir fondamental de Dieu à la fois de nous retrouver malgré nos errements, de nous ouvrir l’opportunité de reconnaître nos fautes et enfin de laisser la miséricorde restaurer en nous l’image de Dieu abîmée par nos péchés. Donc 3 points dans mon homélie.

1/ Dieu part à notre recherche. Le désir de Dieu, qui présida à la création du monde, était un jour de faire alliance avec toute sa création et d’une manière spéciale avec la seule créature que Dieu a voulu pour elle-même à son image et à sa ressemblance, à savoir l’homme et la femme. Pourtant de nombreux obstacles vont entraver ce projet divin, et principalement la jalousie de Lucifer, l’ange déchu, devenu Satan car refusant que Dieu ‘se souille’ en choisissant un jour de se faire homme pour faire alliance avec l’humanité. Dès lors Satan fera tout pour ruiner l’homme voulant le perdre en le détournant de Dieu, en jetant en lui la suspicion quant aux intentions de Dieu à son égard. Cependant, Dieu, sans jamais se lasser, va partir à la recherche de l’homme et sa question dès les commencements est « où es-tu donc ? ». Il faut entendre cette question avant tout comme une interrogation quant à l’état de la foi de l’homme. Dieu demande à l’homme : ‘Où en es-tu de ta foi, de ton lien à moi, de ta confiance en moi ?’. Et désormais, à cause de la défiance infusée par Satan à l’encontre de Dieu dans le cœur des hommes, Celui-ci n’aura de cesse de préparer sa venue parmi les eux annonçant qu’il viendra un jour restaurer la relation abîmée par le péché et la désobéissance.  Dès lors Dieu constituera un peuple, enverra des prophètes, choisira Marie pour venir en personne, dans la personne de son Fils Eternel, Jésus le Christ, parler aux hommes, révéler qui Il est, redire son projet d’alliance et la célébrer pour toujours en restaurant la nature de l’homme, la délivrant du péché des origines.

2/ regarder sa vie en face et l’assumer devant Dieu. Dieu qui a fait tout ce chemin, venant en notre chair pour se mettre à notre niveau, pour nous parler ‘en face’ de son projet pour nous ne croise pas toujours un regard attentif ni des oreilles prêtes à entendre.  L’homme à du mal à reconnaître le pétrin dans lequel il s’est fourré, et ce depuis les origines. Dans la 1° lecture il commence par rejeter la faute sur Eve, puis Eve sur le serpent (cela est juste dans le déroulement des faits) mais l’homme et la femme doivent aussi assumer ce désir qui a pris feu en eux d’être comme Dieu, de voir en Dieu un rival, celui dont on veut se passer pour prendre sa place. Accepter de croiser le regard de Jésus, c’est avant tout regarder en nous l’œuvre du mal, car la lumière dont le regard de Jésus éclaire notre vie, y révèle les parts d’ombre, notre acquiescement au mal, la part de nous soumise à l’emprise, à l’influence de Satan.

3/ l’expérience de la miséricorde. Ayant discerné en nous l’œuvre du mal, il nous faut nous soumettre à l’œuvre du bien, à la libération qu’opère en nous l’Esprit-Saint qui y restaure l’image de Dieu. En effet, L’Esprit Saint est celui qui nous fait miséricorde, comme nous le disons, les prêtres, lorsque nous donnons l’absolution. « …il a envoyé l’Esprit Saint pour le pardon des péchés… »C’est en réalisant cette puissance et ce dynamisme de vie de l’Esprit Saint en nous que nous goutons de plus en plus à l’infinie miséricorde du Père. Et c’est aussi à contrario le drame que dénonce Jésus pour la personne qui ne sait plus discerner l’Esprit Saint sauveur de l’esprit du mal….sa méprise la condamne à ne plus pouvoir être sauvé. Comme l’explique très bien le père Michel Souchon, Jésuite :  Ce qui est impardonnable, c’est de « parler contre l’Esprit », de dire qu’il n’est pas puissance de vie et de résurrection, mais qu’il est l’esprit du mal, que ses appels sont insensés, vont contre la vie et le bonheur, bref que l’Esprit « veut ma mort ». Dire que la source d’eau vive est empoisonnée, c’est se condamner à mourir de soif. Si l’Esprit est nié comme puissance de vie, la source du pardon est coupée : nul n’est pardonné contre son gré. »

Alors ce matin, dans l’Eucharistie, Dieu vient à nouveau à notre rencontre, il vient même jusque dans nos mains. Recevez le Corps du Seigneur comme la lumière qui vient éclairer votre vie et la purifier de ses errements et de ses péchés. Recevez-le car c’est par lui que Dieu vous fait miséricorde. Souvenez-vous les paroles de feu du curé d’Ars, « vous n’en êtes pas dignes, mais vous en avez besoin. »  Amen

homélie de la première communion

Lecture du livre de l’Exode

Moïse … prit le livre de l’Alliance et en fit la lecture au peuple. Celui-ci répondit : « Tout ce que le Seigneur a dit, nous le mettrons en pratique, nous y obéirons. » 

Psaume 115 (116b)

Je t’offrirai le sacrifice d’action de grâce, j’invoquerai le nom du Seigneur. Je tiendrai mes promesses au Seigneur, oui, devant tout son peuple.

Lecture de la lettre aux Hébreux

Frères, le Christ est venu, grand prêtre des biens à venir. … il est le médiateur d’une alliance nouvelle, d’un testament nouveau.

Évangile de J-Christ selon saint Marc

….Pendant le repas, Jésus, ayant pris du pain et prononcé la bénédiction, le rompit, le leur donna, et dit : « Prenez, ceci est mon corps. » Puis, ayant pris une coupe et ayant rendu grâce, il la leur donna, et ils en burent tous. Et il leur dit : « Ceci est mon sang, le sang de l’Alliance, versé pour la multitude. …

Dès la création du monde et de l’homme à son image et à sa ressemblance, Dieu a un seul objectif : faire alliance avec  chacun des hommes et des femmes que cette terre portera. Aujourd’hui c’est avec chacun de nous et plus particulièrement avec vous, Dorothée et les 14 enfants qui vous y êtes préparés, que Dieu va faire alliance comme il l’a toujours souhaité.

Aussi pour réaliser ce projet d’alliance, que le péché a retardé pendant des siècles, Dieu va intervenir dans l’histoire de l’humanité, à travers des personnes qu’il va choisir, jusqu’à pouvoir lui-même réaliser cette alliance qu’il désirait tant. Voilà ce qui nous est raconté de manière un peu difficile ce matin dans les textes de la liturgie. Aussi en reprenant ces textes un à un nous allons pouvoir revivre ensemble les différentes étapes de cette histoire de l’alliance, jusqu’à aujourd’hui, ici aux Cordeliers. Remontons un peu le temps…

1° étape : pour préparer sa venue sur terre, Dieu choisit Abraham qu’il appelle à constituer un peuple dans lequel un jour lui-même Dieu, viendra naître. Ce peuple C’est celui des hébreux que Moïse mènera à travers le désert jusqu’en Terre promise. C’est là que se déroule notre première lecture du livre de l’Exode. Pendant son long séjour dans le désert (près de 40 ans), Dieu prépare ce peuple pour l’alliance. Aussi lui donne-t-il par l’entremise de Moïse, une loi, c’est-à-dire des règles pour gérer la vie communautaire et les relations avec Dieu. Faire alliance c’est alors s’engager envers Dieu à respecter ces règles. C’est cela qui nous est décrit dans la 1° lecture : « Moïse prit le livre de l’Alliance et en fit la lecture au peuple. Le peuple  répondit : « Tout ce que le Seigneur a dit, nous le mettrons en pratique, nous y obéirons. ». Dieu et le peuple juif sont engagés dans l’alliance, une première étape est franchie !

2° étape : rappelons-nous que le projet de Dieu c’est de venir lui-même faire alliance avec les hommes. Aussi quand le temps fut venu, Dieu choisit une jeune femme, une vierge, Marie, pour porter son propre Fils.  Jésus, c’est Dieu lui-même qui vient nous parler, qui vient nous révéler la nouvelle étape dans l’histoire de l’alliance que Dieu son Père veut sceller avec l’humanité. Jusqu’à présent, l’alliance passait par le respect de règles de vie, les 10 commandements ; maintenant Jésus va aller plus loin. Il va apprendre à ses disciples que Dieu veut faire alliance, en ne faisant plus qu’un avec les humains. Et pour cela il va utiliser un moyen extraordinairement simple : avec du pain et du vin qu’il va transformer en son Corps et son Sang, Jésus va nourrir tous les hommes qui le veulent de sa vie même. C’est cela qui nous est décrit dans l’évangile : « Pendant le repas, Jésus, ayant pris du pain et prononcé la bénédiction, le rompit, le leur donna, et dit : « Prenez, ceci est mon corps. » Puis, ayant pris une coupe et ayant rendu grâce, il la leur donna, …et il leur dit : « Ceci est mon sang, le sang de l’Alliance, versé pour la multitude »

3° étape : les disciples, une fois Jésus retourné vers son Père pour nous préparer une place au ciel, vont aller dans le monde entier annoncer la bonne nouvelle et expliquer que Jésus est venu initier une nouvelle manière de faire alliance, qu’il est, comme c’est écrit dans la 2° lecture : « le médiateur d’une alliance nouvelle, …, grand prêtre des biens à venir ». C’est-à-dire que ceux qui recevront la vie de Jésus, son Corps en nourriture, se transformeront petit à petit, communion après communion, en fils et fille de Dieu, en héritier de l’alliance. Ils laissent la vie de Dieu se semer en eux, prendre toute la place pour les préparer à vivre pour l’éternité auprès de Lui, avec Lui, en Lui !

4° étape : Dorothée et vous mes chers jeunes frères et sœurs dans la foi, l’heure est venue pour vous de commencer l’ultime étape de votre alliance avec Dieu. Au jour de votre baptême, Dieu vous a rendu capable de faire alliance avec lui, vous avez appris, par la catéchèse, à le connaître et avez fait grandir en vous le désir de réaliser l’alliance avec lui en recevant en vous sa vie divine, son Corps en nourriture. Votre première communion en appelle d’autres, comme le rappelle les paroles du psaume : j’offrirai au Seigneur le sacrifice d’action de grâce, j’invoquerai son nom. Je tiendrai mes promesses au Seigneur, oui, devant tout son peuple. Votre 1° communion est un engagement, une promesse que vous faites au Seigneur Jésus, devant notre assemblée, de faire alliance avec lui en recevant le plus régulièrement possible, son Corps en nourriture. Chaque dimanche avec vos parents, vos frères et sœurs, vous êtes désormais invités par le Seigneur Jésus à rejoindre la grande famille des chrétiens, pour partager le repas où nous faisons le plein de la vie de Dieu. Nous comptons sur vous, car c’est tous réunis que, partageant le Corps du Christ, nous formons, le bon pain de Dieu pour nourrir ce monde affamé d’amour et de sens à donner à la vie. Alors oserez-vous vous joindre à nous pour qu’ensemble nous vivions l’alliance avec Dieu et la grande aventure de la foi ? Amen

homélie pour les jeunes le samedi 02 juin

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc

Le premier jour de la fête des pains sans levain, où l’on immolait l’agneau pascal, les disciples de Jésus lui disent : « Où veux-tu que nous allions faire les préparatifs pour que tu manges la Pâque ? » Il envoie deux de ses disciples en leur disant : « Allez à la ville ; un homme portant une cruche d’eau viendra à votre rencontre. Suivez-le, et là où il entrera, dites au propriétaire : “Le Maître te fait dire : Où est la salle où je pourrai manger la Pâque avec mes disciples ?” Il vous indiquera, à l’étage, une grande pièce aménagée et prête pour un repas. Faites-y pour nous les préparatifs. » Les disciples partirent, allèrent à la ville ; ils trouvèrent tout comme Jésus leur avait dit, et ils préparèrent la Pâque. Pendant le repas, Jésus, ayant pris du pain et prononcé la bénédiction, le rompit, le leur donna, et dit : « Prenez, ceci est mon corps. » Puis, ayant pris une coupe et ayant rendu grâce, il la leur donna, et ils en burent tous. Et il leur dit : « Ceci est mon sang, le sang de l’Alliance, versé pour la multitude. Amen, je vous le dis : je ne boirai plus du fruit de la vigne, jusqu’au jour où je le boirai, nouveau, dans le royaume de Dieu. » Après avoir chanté les psaumes, ils partirent pour le mont des Oliviers.

Je ne sais pas vous, mais moi je suis souvent déçus par les paroles tièdes et très policées que j’entends à la télé, lors de débats ou lors de discussion que je partage. Tous les discours sont aujourd’hui formatés et on fait minutieusement attention à ce que l’on va dire, à quel mot employer de peur de blesser, de discriminer, d’être catalogué, de perdre l’amitié ou l’estime des autres. Au moins, il en est un ce soir qui ne dit pas les choses pour plaire ou pour arrondir les angles ! C’est Jésus. Ecoutez plutôt : « Prenez, ceci est mon corps. » Puis, ayant pris une coupe et ayant rendu grâce, il la leur donna, et ils en burent tous. Et il leur dit : « Ceci est mon sang, le sang de l’Alliance, versé pour la multitude. » Pas moyen de détourner ses propos ou des les édulcorer comme on sait si bien le faire. Ce qui devrait toujours nous gêner, nous mettre mal à l’aise, c’est la radicalité de ces paroles ! Jésus donne sa vie en nourriture, son Corps à manger et son sang à boire dans le pain et le vin qu’il offre à ses disciples lors de son dernier repas.

Si ce soir l’Eglise nous invite à fêter le sacrement du Corps et du Sang du Seigneur, c’est pour nous offrir l’opportunité de réfléchir sur la foi, les attitudes de cœurs et les gestes que nous posons quand nous venons communier au Corps du Christ. Donc 3 points dans mon homélie.

1/ d’abord parler de la foi eucharistique. Jésus dit Ceci est mon Corps, mon Sang. Il ne dit pas c’est comme, ou, sa ressemble. Il dit CECI EST : c’est-à-dire que l’Esprit Saint que les prêtres invoquent au moment de consécration, opère un transfert de la substance : en apparence cela reste du pain et du vin (odeur, gout, forme, couleur) mais en profondeur, réellement, substantiellement, c’est le Corps et le Sang du Seigneur Jésus-Christ : c’est la vie divine prête à se donner. L’hostie demeure alors comme le voile qui permet à nos yeux de contempler Dieu sans mourir, c’est une grâce du Seigneur pour nous maintenir en vie devant Lui. Jésus est vraiment et totalement présent devant nous, sur l’autel, dans nos mains ouvertes lorsque nous nous présentons à la communion.

2/ Donc si Il est là vraiment attachons nos cœurs à sa présence. Chaque samedi de st Dé, quand je descends avec l’ostensoir pour le temps d’adoration ; quand je vous rejoins et que je vous vois humblement vous mettre à genoux avec moi devant le Seigneur Jésus réellement présent dans l’Eucharistie, je suis bouleversé intérieurement. Ce fut aussi le cas, plus fort encore, quand à Lourdes, lors de la messe à la grotte le jeudi soir, sortant de la sacristie j’ai vu tous nos jeunes agenouillés devant le st Sacrement. Alors je suis aussi tombé à genoux, j’ai rendu grâce à Dieu pour votre lucidité spirituelle : je percevais que vous saviez que Jésus était là, là pour vous, comme il va l’être tout à l’heure, à la communion et à l’adoration. La bonne attitude du cœur est alors celle d’une grande pauvreté et d’une grande faim : nous sommes des mendiants affamés d’amour vrai, désirant et attendant de Dieu d’être nourris, rassasiés de sa vie, de son Amour. Dieu ne peut se donner qu’à ceux qui ont faim et soif de Lui, qui ont le grand désir de vivre de sa vie de laisser Dieu vivre en eux. Je donne la parole à St Augustin « ce n’est pas seulement la chair d’un homme, c’est la chair d’un Dieu, chair qui a la puissance de rendre l’homme tout divin, en l’enivrant de sa divinité ». Alors laissons nous enivré par la présence de Dieu, laissons sa vie circuler dans nos veines, irriguer de sa divinité et de son immortalité chacune de nos cellules, chacune des parcelles de notre âme.

3/ Il faut donc aussi préparer nos corps à communier. Quand vous prenez votre place dans la procession de communion, gardez-vous de discuter, de  vous distraire, préparez plutôt votre corps à devenir le tabernacle de la grâce, le temple du Christ. Établissez en vous la paix, redites mentalement à Dieu votre joie de recevoir sa vie, d’être irrigués de son amour et, devant le Seigneur, prenez un temps pour vous incliner ou vous agenouiller avant de communier. Puis tendez avec respect vos mains qui formeront alors un trône pour votre Dieu, ou ouvrez légèrement la bouche et recevez le plus grand cadeau que Dieu puisse vous faire, sa vie même pour faire de vous des vivants, ses enfants, ses héritiers pour l’éternité.

Frères et sœurs qui allez venir communier tout à l’heure, par l’acte de foi que vous poserez, par l’attitude de cœur que vous adopterez, par les gestes que vous ferez, vous proclamerez que Jésus est là, Dieu véritable offert pour vous diviniser ! Vous serez alors le pain de Dieu dans ce monde, dans notre beau Jura. Je vous invite comme le bon pain à croustiller de charité, de paix et de joie. Amen