homélie des Premières Communions (père Arnaud)

La multiplication des pains et des poissons (v. 520)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc : En ce temps-là, Jésus parlait aux foules du règne de Dieu, et guérissait ceux qui en avaient besoin. Le jour commençait à baisser. Alors les Douze s’approchèrent de lui et lui dirent : « Renvoie cette foule : qu’ils aillent dans les villages et les campagnes des environs afin d’y loger et de trouver des vivres ; ici nous sommes dans un endroit désert. »  Mais il leur dit : « Donnez-leur vous-mêmes à manger. » Ils répondirent : « Nous n’avons pas plus de cinq pains et deux poissons. À moins peut-être d’aller nous-mêmes acheter de la nourriture pour tout ce peuple. » Il y avait environ cinq mille hommes. Jésus dit à ses disciples : « Faites-les asseoir par groupes de cinquante environ. »  Ils exécutèrent cette demande et firent asseoir tout le monde.  Jésus prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux au ciel, il prononça la bénédiction sur eux, les rompit et les donna à ses disciples pour qu’ils les distribuent à la foule. Ils mangèrent et ils furent tous rassasiés ; puis on ramassa les morceaux qui leur restaient : cela faisait douze paniers.

Ma maman qui a élevé 6 enfants savait qu’il ne fallait rien leur demander avant le repas car disait-elle « ventre creux n’a pas d’oreille ». Cela signifie que tant que l’on n’a pas mangé, on n’écoute rien car on n’arrive pas à se concentrer sur autre chose que son ventre qui gargouille. Alors j’espère pour moi que vous avez pris un bon petit déjeuner ce matin… sinon je risque de parler dans le vide !  J’en veux pour illustration la réponse des enfants de mon groupe de caté quand je leur ai demandé quel avait été pour eux le meilleur moment de la retraite du 28 mai dernier et ce qu’ils en avaient retenu, plusieurs, sans souci de blesser mon amour propre ont répondu : « le repas ».

J’aurai dû m’en offusquer, pourtant cette réponse est plus que judicieuse : oui le repas est un moment important dans la journée si bien qu’on en fait trois par jour, car on y puise des forces et de l’énergie pour vivre et grandir, pour tenir pendant des heures à faire son travail, à jouer avec ses amis, à faire du sport, etc. C’est aussi un temps de joie et de retrouvailles amicales ou familiales.

Jésus aussi savait la place des repas dans la vie de tous les jours. D’ailleurs dans les évangiles qui retracent sa vie, il passe des heures à table, à manger avec des gens pas toujours fréquentables. Et vous le savez c’est souvent pendant un repas que Jésus va poser des actes importants : pardonner à quelqu’un qui a péché comme avec Marie-Madeleine ; aider une personne riche à partager son argent comme avec Zachée, sauver un mariage où il manquait de vin comme à Cana. Il va même plusieurs fois, pendant un repas, faire des miracles : deux nous sont relatés dans les textes que nous avons entendus ce matin.

D’abord dans l’Evangile, Jésus enseigne et guérit une grande foule de gens (5000 hommes) qui finissent par avoir faim. Mais au lieu de les renvoyer pour qu’ils aillent acheter à manger comme le conseillent ses disciples, Jésus dit à ses amis : « donnez-leur vous-mêmes à manger » et en cherchant bien ils trouvent cinq pains et deux poissons. Mais ça ne fait pas bezef par personne. Alors Jésus va opérer un miracle, Il prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux au ciel, il prononça la bénédiction sur eux, les rompit et les donna à ses disciples pour qu’ils les distribuent à la foule. A partir de ce qu’on lui offre Jésus, en priant Dieu son Père peut nourrir toute une foule. Oui Jésus a pris ce qu’on lui a donné pour nourrir tout le monde. Et vous, chers jeunes qui faites votre première communion, et vous leurs parents et amis, qu’allez-vous donner à Jésus ce matin ? Qu’allez vous lui offrir que la bénédiction de son Père va multiplier pour nourrir à travers vous des foules entières. Notre monde à faim d’amour, de joie, de justice, de paix alors offrez à Jésus toute votre capacité d’aimer et de vous réjouir ; offrez-lui vos désirs de paix et de justice pour qu’Il les multiplie pour rendre ce monde meilleur, plus juste, plus joyeux, plus paisible. Oui Jésus a besoin de vous pour changer ce monde, donnez-lui ce que vous êtes et lui s’occupera de le faire fructifier.

         Et pour que nous soyons toujours capables d’offrir le meilleur de nous-mêmes afin que notre famille, nos amis, notre ville ou notre pays aille mieux, Jésus lors d’un autre repas va nous donner la force nécessaire. C’est saint Paul qui le raconte dans la deuxième lecture. Lors de son dernier repas Jésus prit du pain, puis, ayant rendu grâce, il le rompit, et dit : « Ceci est mon corps, qui est pour vous. Faites cela en mémoire de moi. »

Oui Jésus donne sa propre vie. Dans un morceau de pain rompu, béni et partagé entre tous, Jésus a décidé de faire circuler sa Vie, de nourrir de sa Vie ceux qui en mangeront. Et c’est cela que vous allez faire pour la première fois ce matin : partager à votre tour, lors du grand repas de l’Eucharistie qui rassemble dans la joie la famille de Jésus, le pain de Dieu, la Vie de Jésus livrée pour nous donner les forces nécessaires pour aider ce monde à grandir.

Aussi autant vous désirerez apporter de l’amour vrai et

 la vraie joie, au monde, autant votre désir de servir la justice et la paix sera grand, autant de fois vous viendrez puiser dans la communion au corps du Christ les forces pour y parvenir. Oui cette petite hostie que vous allez recevoir s’appelle aussi le pain des forts, Il nourrira votre âme et vous transformera peu à peu, dimanche après dimanche, en chevalier du Christ, en serviteur de Dieu.

Dieu a besoin de vous et il vous choisit aujourd’hui pour transformer ce monde. En communiant à son corps vous lui dites « donne moi ta vie pour que je puisse t’aider à transformer le monde ». Il compte sur vous, comme vous pouvez compter sur Lui. Amen

homélie de la Trinité

Lecture du livre des Proverbes : Écoutez ce que déclare la Sagesse de Dieu : « Le Seigneur m’a faite pour lui, principe de son action, première de ses œuvres, depuis toujours. Avant les siècles j’ai été formée, dès le commencement, avant l’apparition de la terre. Quand les abîmes n’existaient pas encore, je fus enfantée, quand n’étaient pas les sources jaillissantes. Avant que les montagnes ne soient fixées, avant les collines, je fus enfantée, avant que le Seigneur n’ait fait la terre et l’espace, les éléments primitifs du monde. Quand il établissait les cieux, j’étais là, quand il traçait l’horizon à la surface de l’abîme, qu’il amassait les nuages dans les hauteurs et maîtrisait les sources de l’abîme, quand il imposait à la mer ses limites, si bien que les eaux ne peuvent enfreindre son ordre, quand il établissait les fondements de la terre. Et moi, je grandissais à ses côtés. Je faisais ses délices jour après jour, jouant devant lui à tout moment, jouant dans l’univers, sur sa terre, et trouvant mes délices avec les fils des hommes. »

Il vous est certainement arrivé, à la nuit tombée, un soir où le ciel est bien dégagé, de sortir dans votre jardin pour contempler le ciel et prendre ainsi la mesure de l’immensité de l’univers que révèlent la multitude des étoiles. Nous les voyons à l’œil nu comme un point lumineux alors qu’elles sont souvent bien plus volumineuses que notre soleil. Face à ce somptueux panorama céleste on réalise mieux la place de l’humanité dans la création et le vertige alors nous saisit. Des tas de questions angoissantes viennent : qui est à l’origine de tout cela ? Que fait-on là ? Qu’est-ce que l’homme ? Tout cela a-t-il un sens, une direction ?

Ces mêmes questions le psalmiste se les pose et nous les partage dans cette magnifique méditation qu’est le psaume 8 : à voir ton ciel, ouvrage de tes doigts, la lune et les étoiles que tu fixas, qu’est-ce que l’homme pour que tu penses à lui, le fils d’un homme, que tu en prennes souci ? Cependant vous aurez remarqué qu’il prend déjà parti. En effet, deux grandes réponses s’offrent à celui qui s’interroge : ou l’angoisse de n’être rien d’autre que des êtres à la dérive dans un univers infini, chaotique et irrationnel ou la certitude d’être des personnes uniques, voulues et désirées par un Créateur qui a fait de la Terre l’écrin où il a déposé sa plus belle création, son plus beau bijou : l’être humain. Laquelle Terre appartient à un système solaire, à une galaxie elle-même intégrée dans une espèce de ballet cosmique où tout est bien synchronisé, harmonieux et ordonné.

Oui, la grande question est celle du sens de tout cela. Et la foi que nous professons affirme que l’univers est une création de Dieu donc intelligible et compréhensible. C’est ce que proclame la Sagesse dans la première lecture : « Le Seigneur m’a faite pour lui, principe de son action, première de ses œuvres, depuis toujours. Avant les siècles j’ai été formée, dès le commencement, avant l’apparition de la terre.

La Sagesse a présidé à la création du monde, et même des hommes que nous sommes. Elle dit en effet à la fin de la 1° lecture : Je faisais les délices (de Dieu) jour après jour, jouant devant lui à tout moment, jouant dans l’univers, sur sa terre, et trouvant mes délices avec les fils des hommes.  Ainsi la collaboration entre Dieu et la Sagesse qui s’établit dans l’amour réciproque et total révèle que la Sagesse de Dieu est Dieu lui-même. Ils sont donc bien Trois qui président à la création et au maintien de l’univers dans l’existence : Dieu, la Sagesse de Dieu et l’Amour qui les unit. Rien d’autre que la Trinité ainsi que l’Eglise appelle ces Trois qui ne font qu’Un.

Mais revenons à l’homme dont nous savons qu’il est l’œuvre d’amour commune de Dieu et de la Sagesse, la création du Père et du Fils dans l’Esprit. Le psalmiste écrit : Tu l’as voulu un peu moindre qu’un dieu, le couronnant de gloire et d’honneur ; Oui C’est ce que nous sommes, des dieux, et pas seulement chacun de nous, mais toute l’humanité créée à l’image et la ressemblance de Dieu. Nous sommes les seuls être vivants voulus et désirés pour eux-mêmes. Cette grâce, ce cadeau que Dieu nous fait nous oblige aussi, les uns par rapport aux autres et tous ensemble par rapport à la création. En effet, c’est d’abord une exigence due à notre condition divine que de respecter tout humain, de contempler l’être divin qu’il est depuis sa conception et jusqu’à sa fin naturelle, d’admirer en lui la grandeur, la beauté et la bonté de Dieu qu’il soit handicapé ou en pleine forme, noir ou blanc, blond ou brun, etc. La fraternité n’est pas un vain mot. Vécue en vérité elle édifie le Royaume de Dieu dans notre monde.

Ensuite notre rapport à la création est vital car, comme le dit le psaume Dieu établis (l’homme) sur les œuvres de ses mains, et mets toute chose à ses pieds. Cependant nous savons tous que le péché originel, qui a transformé la joie de l’homme à se satisfaire d’être un peu moindre qu’un dieu en désir de prendre sa place, a provoqué un déséquilibre dans la création. Dès lors l’homme ne va plus être gestionnaire de la création mais son exploiteur, il ne va plus la servir mais mettre la main sur elle, en être le maître. Sans cesse il faut remettre Dieu au centre de nos préoccupations, de nos réflexions, de nos initiatives. Comme le rappelle le pape François tout est lié, alors soyons force de conversion dans ce monde et par nos actes nos paroles réapprenons lui à être serviteur. Et avec François faisons monter vers Dieu notre prière pour la création : Ô Dieu, Un et Trine, communauté sublime d’amour infini, apprends nous à te contempler dans la beauté de l’univers, où tout nous parle de toi. Éveille notre louange et notre gratitude pour chaque être que tu as créé. Donne nous la grâce de nous sentir intimement unis à tout ce qui existe.  Dieu d’amour, montre nous notre place dans ce monde comme instruments de ton affection pour tous les êtres de cette terre, parce qu’aucun n’est oublié de toi. Illumine les détenteurs du pouvoir et de l’argent pour qu’ils se gardent du péché de l’indifférence, aiment le bien commun, promeuvent les faibles, et prennent soin de ce monde que nous habitons.

Et j’ajouterai, que ce qui vaut pour eux vaille pour nous aussi. Amen

homélie Pentecôte P. Arnaud

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Romains : Frères,  ceux qui sont sous l’emprise de la chair ne peuvent pas plaire à Dieu.     Or, vous, vous n’êtes pas sous l’emprise de la chair, mais sous celle de l’Esprit, puisque l’Esprit de Dieu habite en vous. Celui qui n’a pas l’Esprit du Christ ne lui appartient pas.  Mais si le Christ est en vous, le corps, il est vrai, reste marqué par la mort à cause du péché, mais l’Esprit vous fait vivre, puisque vous êtes devenus des justes. Et si l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité Jésus, le Christ, d’entre les morts donnera aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous. Ainsi donc, frères, nous avons une dette, mais elle n’est pas envers la chair pour devoir vivre selon la chair. Car si vous vivez selon la chair, vous allez mourir ; mais si, par l’Esprit, vous tuez les agissements de l’homme pécheur, vous vivrez. En effet, tous ceux qui se laissent conduire par l’Esprit de Dieu, ceux-là sont fils de Dieu. Vous n’avez pas reçu un esprit qui fait de vous des esclaves et vous ramène à la peur ; mais vous avez reçu un Esprit qui fait de vous des fils ; et c’est en lui que nous crions « Abba ! », c’est-à-dire : Père ! C’est donc l’Esprit Saint lui-même qui atteste à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. Puisque nous sommes ses enfants, nous sommes aussi ses héritiers : héritiers de Dieu, héritiers avec le Christ, si du moins nous souffrons avec lui pour être avec lui dans la gloire.

Pas facile ce matin d’entendre les propos suivants de Paul aux Romains : tous ceux qui se laissent conduire par l’Esprit de Dieu, ceux-là sont fils de Dieu. En effet, en relisant, même rapidement, notre vie plongée dans l’Esprit lors de notre baptême et de notre confirmation, on peut constater l’écart qu’il y a entre la vie que nous menons et celle d’un fils de Dieu (telle que la présente Paul). Oui, nous demeurons encore de pauvres pécheurs, mais des pécheurs qui, entrés depuis le jour de leur baptême dans le dynamisme de l’Esprit Saint, sont en voie de perfectionnement, d’achèvement. L’Esprit Saint que nous avons reçu travaille en nous, nous transforme, nous pétrit de vie divine. Cela ne se fait pas sans douleur, sans bataille, sans renoncement ni abandon ou chute. Paul l’exprime parfaitement, comparant notre transformation, notre christification à un enfantement : je le cite : Nous le savons bien, la création tout entière gémit, elle passe par les douleurs d’un enfantement qui dure encore. Et elle n’est pas seule. Nous aussi, en nous-mêmes, nous gémissons. On veut imaginer bien souvent que Dieu peut se contenter de ce qu’on lui donne, faire avec ce qu’il y a. Pourtant cette phase n’est que la première, celle de l’exposition en vérité de notre être et de toute notre vie au feu de l’Esprit Saint ! Mais après, l’Esprit Saint en nous doit faire son œuvre et c’est bien à partir du moment où nous laissons le feu divin brûler en nous les scories de nos laideurs morales et spirituelles, de nos faiblesses et de nos faillites que le changement, l’évolution, la transformation peut s’opérer. Dieu nous accueille tel que nous sommes, mais pour nous préparer à participer à ce qu’il est !

Et ce qu’il veut faire de nous n’est ni plus ni moins que ses enfants, ses héritiers. Or celui qui nous permet de devenir cela c’est l’Esprit Saint, comme le rappelle encore Paul aux Romains : vous avez reçu un Esprit qui fait de vous des fils ; et c’est en lui que nous crions « Abba ! », c’est-à-dire : Père ! C’est donc l’Esprit Saint lui-même qui atteste à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. Cette possibilité de transformer le mortel en immortel, le médiocre en parfait, le périssable en impérissable ne peut venir que d’un don de Dieu en nous qui permet, dans le silence, notre transformation, notre divinisation.

Redites-le-vous souvent frères et sœurs devant la glace de la Salle de bain le matin au lever quand vous n’êtes encore pas réveillé ni bien beau à voir : Je suis un fils, une fille de Dieu, l’Esprit-Saint fait de moi son héritier. Oui posez un acte d’espérance : croyez fermement que vous êtes déjà ce que vous devenez peu à peu, croyez que ce qui est en train de se transformer est comme déjà achevé. Il s’agit de considérer que le processus de transformation initié par l’Esprit Saint en vue de restaurer en nous l’image du Père est irréversible et que déjà nous resplendissons de la gloire et de la Lumière divine.

Cette folie de l’espérance qui contredit si ouvertement la réalité visible de nos vies est possible car Jésus le Christ a déjà achevé en lui ce que nous attendons de vivre à la fin des temps. Comme le rappelle notre pape Benoît dans son encyclique « Sauvés dans l’espérance » : la foi est la substance de l’espérance c’est à dire que ce que nous croyons est son contenu, sa définition. Alors, chers frères et sœurs, ce que vous croyiez, c’est cela que vous deviendrez, que vous vivrez. Ainsi poursuit le papa Benoît : voulons-nous vraiment vivre éternellement ? Peut être aujourd’hui de nombreuses personnes refusent la foi simplement parce que la vie éternelle ne leur semble pas quelque chose de désirable. Oui faute de bien savoir ce que c’est nous refusons de désirer le ciel, trop attachés aux réalités terrestres. Or Jean dit clairement que la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ. La vie éternelle est l’alliance de chacun de nous avec le Père et le Fils dans la plénitude de l’Amour ? Eternellement rendus capable d’aimer car éternellement aimés ; tout entier donnés au service des autres car ayant tout reçu du Père et du Fils.

Jésus disait à sainte Catherine de Sienne « Fais-toi capacité, je me ferai torrent ». Alors que désirez-vous ce matin ? Voulez-vous que l’Amour de Dieu se déverser torrentiellement en vous ? Oui ? Alors ouvrez-vous a lui qui par la communion eucharistique va se déverser tout entier en vous. Ouvrez-vous à l’Amour pour devenir non pas un petit ruisseau, non pas une rivière, mais un fleuve. Le fleuve de l’amour de Dieu, fleuve de charité, de justice et de service, qui permettront au Seigneur, à travers vous de désaltérer de la vraie vie ceux que vous croiserez : vos familles, vos amis, les habitants de votre quartier et mêmes les inconnus qui seront attirés par votre joie débordante. Le croyez seulement possible…. Rappelez-vous, on ne devient que ce que l’on croit être déjà ! Amen.

homélie de Pentecôte P. Paterne

Mes chers frères et sœurs,

C’est le dimanche de l’immense solennité de pentecôte qui signe l’acte de naissance de l’Eglise et son ouverture au monde. En effet, cinquante jours après la résurrection de Jésus, les Apôtres épeurés et enfermés dans le cénacle reçurent le Saint-Esprit en forme de colonne de feu, non pas pour brûler ou incendier le cénacle, mais pour brûler leur cœur ; un événement éblouissant et saisissant qui va complétement changer et transformer le cours de l’histoire et l’avenir du christianisme.

Les Apôtres de Jésus ont réellement expérimenté la puissance du Saint-Esprit qui a impacté leur propre vie et celle de l’Eglise naissante. Et nous aujourd’hui, quel impact concret du Saint-Esprit dans nos vies ? Croire en Dieu et à Jésus n’est-il pas suffisant ? Que vient ajouter le Saint-Esprit et en quoi cette solennité nous concerne tous comme disciples du Christ ? La venue du Saint-Esprit nous concerne parce qu’il n’est nullement un acte de concours de circonstance, mais le précieux fruit de la promesse de Jésus ; et Jésus nous envoie l’Esprit Saint pour retonifier notre volonté et notre engagement.

 Le Saint-Esprit ne vient donc pas pour lui-même, mais il procède du père et du fils pour ouvrir nos lèvres et nos cœurs à la proclamation de la parole ; le Saint-Esprit vient booster notre volonté du dedans sans la détruire et téléguider ; le souffle de l’Esprit saint nous permet de redonner au monde vie et espérance nouvelle. La mission du Saint-Esprit consiste à nous recentrer sur le Christ le fils du père afin de témoigner de sa parole dans nos milieux de vie et nous rendre capable à la mission selon les dimensions de nos défis et enjeux du moment.  

C’est le Saint-Esprit qui inspire nos serments, nos chants, nos danses, nos paroles réconfortantes, nos rencontres si vivantes et féconde ; c’est le souffle de l’Esprit Saint qui nous rend efficace sur le terrain des défis pastoraux, du monde et de l’évangélisation ; c’est le souffle de l’Esprit Saint qui communique l’onction sainte aux appelés en renouvelant leurs énergies et en les remplissant de sagesse, d’intelligence et d’audace missionnaire ; le souffle de l’Esprit Saint nous apporte la force qui nous permet de réaliser des nouvelles expériences pastorales et spirituelles plus enrichissantes à la hauteur des défis de chaque famille, de chaque personne, de chaque Eglise et de chaque contexte socio-politique. Tout ceci signifie que sans le Saint-Esprit, nous tâtonnons ; sans le Saint-Esprit, l’Eglise risque de devenir qu’une ONG ou une simple institution internationale dépourvue d’un dynamisme interne de communion ; sans le Saint-Esprit, l’Eglise devient un ‘’véhicule sans carburant et sans chauffeur » ;sans le Saint-Esprit, l’Eglise s’enferme sur elle-même et se bouche les oreilles aux appels et clameurs de notre temps ; l’Esprit Saint arrive non pas pour nous enfermer dans une religion et ses normes si rigides, mais pour ouvrir les portes de l’Eglise au monde.

Que l’Esprit Saint inspire nos actes et nos paroles pour méditer, penser et construire l’Eglise d’aujourd’hui et de demain. Avec joie, ouvrons alors nos esprits à l’Esprit-Saint. Et vous les jeunes qui faites votre profession de foi aujourd’hui, n ayez pas peur de témoigner votre foi en DIEU père, Dieu le fils et Dieu le Saint -Esprit ; et ne vous laisser pas voler votre joie d’ être catho, car l’Esprit  Saint vous donnera la force, la sagesse, l’intelligence, le conseil, la science, la piété, la crainte  de DIEU afin que vous puissiez l annoncer, témoigner  et que vous grandissez sur le chemin de la foi.

 Amen Bonne fête de pentecôte à tous et soyez  bénis    

homélie du père Paterne 7° dimanche de Pâques

L’unité est richesse

Mes frères et sœurs,
Que des actes et paroles qui nous séparent et divisent encore aujourd’hui comme
Chrétiens ; que des hommes et femmes se sentent abandonnés et isolés dans leur
souffrance et douleur quotidienne parce qu’ils ne se sentent plus membre d’une famille
ou parce qu’ils ne se sentent plus porter par leur Eglise ou leur paroisse. C’est dans ce
contexte que Jésus nous révèle en ce dimanche la puissance de l’unité qui n’est pas
l’uniformisme. Si Jésus prie pour l’unité des croyants c’est parce qu’elle constitue une
richesse pour l’Eglise ; une Eglise sans unité est une Eglise fade et froide, car c’est
l’unité qui permet à chacun de se sentit membre d’une famille et de l’Eglise en mettant
ensemble nos charismes et nos potentialités. La prière de Jésus montre que c’est l’unité
qui donne sens à la mission de l’Eglise, et l’Eglise est sur la terre pour donner au monde

le témoignage d’unité qui provient de l’unité profonde entre le Père, le Fils et le Saint-
Esprit. Cette prière de Jésus révèle que l’unité doit être fondée sur trois choses

essentielles : la reconnaissance ; la confiance ; le respect. Là où il y a l’unité, on se
reconnaît les uns les autres chacun selon son charisme ; là où il y a l’unité, la confiance
mutuelle se construit et se vit ; là où il y a l’unité, le respect de chacun est un principe
de grande fécondité spirituelle. La désunion des chrétiens cause l’indignation et le
déshonneur tout en déchirant la tunique du Christ. Ainsi, c’est dans la reconnaissance,
la confiance et le respect que se construit la dynamique synodale pour l’Eglise
d’aujourd’hui et de demain. C’est la présence confiante et respectueuse de chacun qui
constitue la richesse de l’Eglise parce l’unité couvre nos douleurs, nos souffrances et
nos blessures intérieures. Toutes les fois que nous sommes unis, nous participons
fortement à la vie trinitaire. Nous ne sommes pas là pour dominer et être supérieurs aux
les autres, mais nous sommes là pour construire le corps du Christ dans la communion
et l’unité. Alors rejoignons Jésus dans sa prière d’unité et prions afin que notre cœur
puisse battre au diapason du cœur de Jésus pour que nous soyons les artisans, les
jardiniers et les ambassadeurs de l’unité car l’unité est toujours à conquérir et à bâtir.
Aimons et prêchons l’unité. Amen

homélie du 6° dimanche de Pâques C

Évangile selon saint Jean : En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : «Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole; mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure. Celui qui ne m’aime pas ne garde pas mes paroles. Or, la parole que vous entendez n’est pas de moi : elle est du Père, qui m’a envoyé. Je vous parle ainsi, tant que je demeure avec vous; mais le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit. Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix; ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne. Que votre cœur ne soit pas bouleversé ni effrayé. Vous avez entendu ce que je vous ai dit : Je m’en vais, et je reviens vers vous. Si vous m’aimiez, vous seriez dans la joie puisque je pars vers le Père, car le Père est plus grand que moi. Je vous ai dit ces choses maintenant, avant qu’elles n’arrivent; ainsi, lorsqu’elles arriveront, vous croirez.»

Nous pouvons relever un don important que Jésus nous fait au moment de sa Passion et qui est cité dans l’évangile d’aujourd’hui : la paix, qu’il nous laisse et nous donne ; précisant que ce n’est pas à la manière du monde qu’il nous la donne.

Et pour nous aider à comprendre et vivre au quotidien ce grand don de la Paix, Jésus nous assure du secours de l’Esprit Saint que le Père enverra en son nom, et qui nous enseignera tout. C’est donc lui que nous devons invoquer spécialement pour comprendre toute la beauté et l’urgence qu’il y a à recevoir et promouvoir la paix selon Dieu.

Le mot paix présent 337 fois dans la Bible, dont 83 fois dans le Nouveau Testament est un thème biblique très important. Cependant il faut bien le comprendre dans son sens judéo-chrétien. C’est-à-dire qu’il ne s’agit pas de l’absence de guerre ni d’une espèce de bien-être indéfinissable. La paix est un état de plénitude à la fois spirituelle, sociale, mondiale et écologique. Cette plénitude que nous avons connue au tout début de la création, nous la connaîtrons à nouveau à la fin des temps, grâce au Christ qui s’est fait notre paix sur le bois de la croix. Mais dans l’attente de voir la Jérusalem céleste (la cité de la paix comme le signifie son nom) si magnifiquement décrite par st Jean dans son apocalypse descendre du ciel à la fin des temps, il nous faut établir dans notre monde le règne du Christ qui est un règne de justice et de paix.

Il y aura donc sans surprise trois parties dans mon homélie : la paix originelle, le Christ notre Paix et la justice signe d’un cœur apaisé.

1/ La paix originelle :

Si nous désirons toujours une véritable paix intérieure qui permettrait une relation vraie, simple et confiante entre toutes les personnes, avec Dieu et la nature, c’est que nous gardons en nous, comme dans nos gènes, la mémoire de cette béatitude originelle : l’absolue simplicité des relations entre Dieu, les hommes et la création, sans crainte ni apriori.

Malheureusement le péché originel a semé le trouble, l’envie et la division parmi les hommes, dans leur rapport à Dieu et à la création. Les relations entre l’homme et la nature sont désormais des lieux de pouvoir, de manipulation et de domination. Les hommes chassés du paradis sont voués à « en baver » sur cette terre, dans cette création désormais hostile. Mais Dieu, loin de se résigner à cet échec, veut rétablir l’harmonie des origines et bien plus encore.

2/ Le Christ notre Paix :

En la personne de son Fils Jésus le Christ, qu’il a envoyé auprès des hommes, Dieu rétablit la Paix entre Lui et nous. Comme l’écrira Paul aux Ephésiens (2,14-16) : « C’est le Christ, qui est notre paix : … il a voulu créer en lui un seul Homme nouveau en faisant la paix, et réconcilier avec Dieu les uns et les autres … par le moyen de la croix ; en sa personne, il a tué la haine. ». Oui la paix jaillit du cœur transpercé du Christ qui est la source de la miséricorde de Dieu. Et l’eau vive de cette source ce sont les sacrements et au plus haut point de l’Eucharistie et de la réconciliation. Combien disent après la confession ou la messe : je repars le cœur en paix, c’est-à-dire avec une vie plus en harmonie car saisie et purifiée par le Christ. Pourtant ce bien être ne dure pas toujours et souvent nous retombons dans nos travers, voilà pourquoi ces sacrements sont toujours renouvelables.

3- La justice est au service de la paix. :

Le bon moyen de tenir son cœur dans la paix est de comprendre que la paix que Jésus donne doit être déployée, mise au service des autres. Elle est un appel à agir. Le psaume 84 dit : « justice et paix s’embrassent ». Oui notre cœur demeure en paix quand nous œuvrons à la justice. Comme le proclame la 7° béatitude dans l’Evangile de Matthieu : « heureux les artisans de paix, ils seront appelés fils de Dieu ». Et La justice qu’il faut établir est celle de Dieu. Un monde qui méprise la vérité de la loi naturelle et l’infinie dignité de tout homme et de toute femme dans leurs différences spécifiques et leur totale complémentarité, ne pourra jamais être en paix. La vraie Paix nous propulse dans l’espérance et tourne notre regard vers la joie éternelle.

Aujourd’hui encore abreuvons nous à la source de la Paix et recevons joyeusement celui qui vient chez nous pour faire en nous sa demeure. Que le Seigneur, nous établissant dans la paix par la communion à son Corps, nourrissent aussi notre désir d’œuvrer concrètement à la justice pour qu’advienne enfin son royaume ! Amen.

homélie 5° dimanche de Pâques C par P. Paterne

Ce dimanche le Christ Jésus fait le choix de nous parler de l’essentiel de notre existence à savoir nous « aimer les uns les autres comme lui nous a aimé », et cette déclaration forte sur l’amour se répercute admirablement dans toute la bible pour en signifier l’importance et la valeur. Très souvent, nous tombons dans un confusionnisme fatal consistant seulement à comprendre l’amour comme une expérience purement émotionnelle et sentimentale, mais pour Jésus, l’amour est plus qu’une simple émotion

et sentiment vague, il est un acte existentiel dont l’impact est global sur notre être au monde.

 Ainsi, aimer, ce n’est pas un jeu, mais l’espace où se joue notre destinée. Pour Jésus, l’essentiel de chaque vie et de chaque personne humaine se trouve dans l’acte d’aimer car tous nous avons besoin de se savoir aimer et de pouvoir aimer ; si nous manquons l’amour, si notre vie est vide d’amour, nous perdons le goût et la saveur profonde de la vie et de l’existence. Jésus nous ramène à la priorité, celle d’aimer.

 Le Christ nous laisse l’amour comme un testament précieux dont l’application pourrait aider à construire une humanité plus digne et heureuse, et par conséquent, aimer c’est oser agir et faire comme Dieu qui n’est qu’amour.

En effet, Jésus fait de l’amour, la définition de tout disciple, c’est-à-dire le disciple c’est celui qui vit par l’amour et pour l’amour ; nous sommes faits par amour et pour vivre de l’amour. Lorsque la bible parle et invite à l’amour, c’est pour rappeler notre destinée commune, car l’amour donne sens et vie à tout : il créé et restaure la dignité de tous ; l’amour est une réponse puissante aux foyers de haines, de guerres, de jalousies et de violences qui sont le lot quotidien des humains que nous sommes. Les vagues de violences et de guerres qui retentissent au cœur de notre humanité gémissante sont des formes de défaites en amour parce que

l’amour est suppression et négation de la haine. L’amour trace les chemins d’un présent et d’un avenir de paix, de concorde, de respect et de dignité. Ce message de l’appel à l’amour, notre monde en a urgemment besoin à l’heure où la violence s’enracine dans nos cœurs biffant ainsi en nous les germes de l’amour divin. Quelle est donc la valeur et la mesure de l’amour : « la mesure de l’amour, c’est d’aimer sans mesure » comme aimait dire Saint Augustin ; le prix de l’amour, c’est l’amour.

 Prions afin que la grâce de l’amour divin prenne place en nous et se répandre autour de nous ; que le Christ nous aide à écrire notre histoire de vie conjugale, familiale, professionnelle et amicale avec l’encre de l’amour ; et que l’Esprit -Saint nous aide chaque jour à découvrir la  profondeur, la hauteur, la largeur et la longueur de l’amour. Amen

homélie 5° dimanche de Pâques C

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean : Au cours du dernier repas que Jésus prenait avec ses disciples, quand Judas fut sorti du cénacle, Jésus déclara : « Maintenant le Fils de l’homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui. Si Dieu est glorifié en lui, Dieu aussi le glorifiera ; et il le glorifiera bientôt.  Petits enfants, c’est pour peu de temps encore que je suis avec vous. Je vous donne un commandement nouveau : c’est de vous aimer les uns les autres. Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres. À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres. »

La lecture de l’Apocalypse d’aujourd’hui se termine ainsi : Celui qui siégeait sur le Trône déclara : « Voici que je fais toutes choses nouvelles ». Est-ce une nouveauté déjà présente ou à venir ? En effet, comment affirmer que Dieu fait toutes choses nouvelles alors que depuis la mort et la résurrection du Seigneur Jésus, il semble que la vie se poursuit comme avant avec son lot de morts, de joies, de peines, de guerres, de trahison ou d’actes héroïques mus par un amour vrai et saint

Alors où est-elle la nouveauté ? qu’est-ce donc que le Christ a apporté de neuf qui vaille que depuis 2000 ans, des saints extraordinaires et très ordinaires, des vierges, des laïcs, des pères et des mères de familles, même des enfants, des prêtres, des religieuses, donnent leur vie à cause de leur fidélité à son Nom ? Pour quelle nouveauté vaut-il la peine de vivre le mariage indissoluble dans la fidélité ou de vivre la consécration dans le célibat, l’obéissance et la pauvreté ? Pour quelle nouveauté prier à genoux, assis ou debout, faire le signe de croix ou réciter son chapelet ? Qu’est-ce donc qui vous pousse à venir à la messe chaque dimanche ?

Quelle nouveauté, sinon cette folle certitude que sur la croix Jésus a tout renouvelé dans l’amour qui va jusqu’au bout. En effet, l’évangile de Jean que nous venons d’entendre introduit le dernier discours de Jésus commandant à ses disciples de s’aimer les uns les autres comme il les a aimés. Or cet évangile se trouve exactement entre la trahison de Juda et l’annonce du reniment de Pierre. La grande nouveauté de Jésus, C’est-à-dire son appel absolu à l’amour sans condition, se trouve entre un acte de trahison et l’annonce d’un reniement. C’est comme une préfiguration de sa passion à venir. En effet, au jour de l’amour offert sur la croix Jésus sera entouré de deux brigands, deux larrons : l’un comme Juda refusera le repentir ; l’autre comme Pierre se laissera restaurer par l’amour qui pardonne, jusqu’à s’entendre dire « aujourd’hui même tu seras avec moi au paradis ».

Oui frères et sœurs, sur la croix, quand le Christ est au plus bas, alors qu’il devient de plus en plus l’image de l’humanité bafouée et souffrante, il affirme contre toute évidence qu’il fait toute chose nouvelle. Que du don unique et définitif de sa vie sur la croix jaillira une humanité renouvelée. Sur la croix l’homme nouveau est enfanté dans l’amour absolu. Amour total de Dieu pour les hommes qui rend à son tour l’homme capable d’amour total pour les siens. Jésus par avance dit à Pierre comme à chacun de nous : l’amour peut engloutir tous nos reniements, nos misères, nos pauvretés. Celui qui se laisse aimer par Dieu et vit de cet amour est renouvelé et il peut à son tour aimer comme Dieu.

Si nous avons déjà aimé en vérité, nous savons qu’aimer est crucifiant ! Si nous aimons comme Dieu, comme Dieu nous souffrirons. Paul et Barnabé nous le rappelle dans l’extrait des actes de apôtres que nous avons entendu : ils affermissaient le courage des disciples ; ils les exhortaient à persévérer dans la foi, en disant :  » Il nous faut passer par bien des épreuves pour entrer dans le royaume de Dieu !

Oui il faut souvent nous le redire : assumer notre foi exige de toujours choisir le pardon, d’être miséricordieux et comme nous y invite Jésus d’aimer sans faille jusqu’à souhaiter la conversion et le salut de nos ennemis. Car, selon le Seigneur dans l’Evangile, c’est à cela qu’on reconnaîtra que nous sommes ses disciples.

Aimer une personne, ce n’est pas adhérer à sa pensée ou à ses actes, c’est d’abord prier pour elle et même aller jusqu’à l’offrande de soi à Dieu pour sa conversion, pour qu’elle goûte jusqu’à l’ivresse la joie d’être à Dieu dans la fidélité à son enseignement.

N’espérons rien d’autre pour tout homme et pour chaque homme que de connaître et d’aimer Jésus par son Eglise, afin qu’à l’heure choisie par Dieu, quand descendra du ciel, d’auprès de Dieu, la cité sainte, la Jérusalem nouvelle, chacun puisse accéder et s’immerger dans l’océan d’amour qu’est la communion du Père, du Fils et du Saint Esprit.

Que cette Eucharistie, qui nous offre dès ici bas les prémices de la vie éternelle, nous emplisse d’amour et nous affermisse dans notre mission de témoins fidèles du Christ et de son Eglise, pour le salut du Monde. Amen

homélie du 3° dimanche de Pâques année C

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean : En ce temps-là, Jésus se manifesta encore aux disciples sur le bord de la mer de Tibériade, et voici comment. Il y avait là, ensemble, Simon-Pierre, avec Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), Nathanaël, de Cana de Galilée, les fils de Zébédée, et deux autres de ses disciples. Simon-Pierre leur dit : « Je m’en vais à la pêche. » Ils lui répondent : « Nous aussi, nous allons avec toi. » Ils partirent et montèrent dans la barque ; or, cette nuit-là, ils ne prirent rien. Au lever du jour, Jésus se tenait sur le rivage, mais les disciples ne savaient pas que c’était lui. Jésus leur dit : « Les enfants, auriez-vous quelque chose à manger ? » Ils lui répondirent : « Non. » Il leur dit : « Jetez le filet à droite de la barque, et vous trouverez. » Ils jetèrent donc le filet, et cette fois ils n’arrivaient pas à le tirer, tellement il y avait de poissons. Alors, le disciple que Jésus aimait dit à Pierre : « C’est le Seigneur ! » Quand Simon-Pierre entendit que c’était le Seigneur, il passa un vêtement, car il n’avait rien sur lui, et il se jeta à l’eau. Les autres disciples arrivèrent en barque, traînant le filet plein de poissons ; la terre n’était qu’à une centaine de mètres.  Une fois descendus à terre, ils aperçoivent, disposé là, un feu de braise avec du poisson posé dessus, et du pain. Jésus leur dit : « Apportez donc de ces poissons que vous venez de prendre. » Simon-Pierre remonta et tira jusqu’à terre le filet plein de gros poissons : il y en avait cent cinquante-trois. Et, malgré cette quantité, le filet ne s’était pas déchiré. Jésus leur dit alors : « Venez manger. » Aucun des disciples n’osait lui demander : « Qui es-tu ? » Ils savaient que c’était le Seigneur. Jésus s’approche ; il prend le pain et le leur donne ; et de même pour le poisson. C’était la troisième fois que Jésus ressuscité d’entre les morts se manifestait à ses disciples. Quand ils eurent mangé, Jésus dit à Simon-Pierre : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment, plus que ceux-ci ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes agneaux. » Il lui dit une deuxième fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment? » Il lui répond : « Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le pasteur de mes brebis. » Il lui dit, pour la troisième fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? » Pierre fut peiné parce que, la troisième fois, Jésus lui demandait : « M’aimes-tu ? » Il lui répond : « Seigneur, toi, tu sais tout : tu sais bien que je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes brebis. Amen, amen, je te le dis : quand tu étais jeune, tu mettais ta ceinture toi-même pour aller là où tu voulais ;» Jésus disait cela pour signifier par quel genre de mort Pierre rendrait gloire à Dieu. Sur ces mots, il lui dit : « Suis-moi. ».

Avez-vous remarqué frères et sœurs que l’envoi en mission de Pierre commence comme a commencé son appel. En effet, au chapitre 5 de l’Evangile de Luc, Jésus, présent dans la barque de Pierre, provoque une pêche miraculeuse qui fait tomber Pierre aux pieds de Jésus qui lui répond : « sois sans crainte désormais ce sont des hommes que tu prendras »; et dans le récit que nous venons d’entendre et qui est la finale de l’Evangile de Jean, Jésus ressuscité, présent au bord du Lac invite les disciples à jeter les filets provoquant une nouvelle pêche miraculeuse qui fait se jeter à l’eau Pierre pour rejoindre Jésus sur le rivage qui lui dit au terme de leur échange « Sois le berger de mes brebis ». Est-ce à dire que tout recommence ? Non ! Mais au terme de trois années de compagnonnage avec Jésus, Pierre connait désormais les dangers de la mission, il a expérimenté les échecs, il sait où cela mène d’être trop sûr de soi, son cœur est encore blessé par son reniement aux jours de la passion. Mais ce temps a été nécessaire pour que Pierre fasse sa mue : comme vous le notez, Pierre passe de pêcheurs d’hommes à berger des brebis ! D’une certaine manière de disciple il devient Apôtre. Au moment du récit de l’évangile Pierre goûte à l’infinie miséricorde de Jésus qui le relève et en fait enfin un Apôtre, un envoyé. Pierre a appris à proclamer la Bonne Nouvelle, à guérir les malades, à expulser les démons et Jésus l’a institué « pierre sur laquelle il bâtira son Eglise ». Son cœur de disciple est devenu un cœur d’Apôtre brûlant d’amour. Il doit maintenant assumer deux fonctions : à la fois aller à la rencontre des personnes pour les évangéliser (être pêcheur d’hommes) et organiser le peuple de Dieu qui naitra de la mission (berger des brebis).

Jésus a pris le temps de transformer Pierre afin de le préparer à faire sa volonté, à devenir serviteur et berger de son peuple. Il en va de même avec chacun de nous, Jésus aussi prend le temps qu’il faut pour nous rendre peu à peu capable de faire sa volonté. Il nous façonne, pour faire de nous des serviteurs.

Et comment procède-t-il ? Exactement comme il le fait pour Pierre dans l’Evangile que nous venons d’entendre. En effet le dialogue qui s’instaure entre Jésus et Pierre est très subtile, il nous entretient de la manière dont Jésus s’adapte à notre manière d’aimer pour que nous portions en lui beaucoup de fruits. Pour comprendre ce texte il faut entrer dans une subtilité du verbe aimer prononcé par Jésus et Pierre. Deux verbes différents sont utilisés : Agapo et Philo. Agapo signifie : aimer jusqu’à tout donner de soi-même alors que Philo signifie davantage aimer d’amitié. Ainsi quand Jésus demande d’abord à Pierre : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment, plus que ceux-ci ? » il demande à Pierre « Pierre es-tu prêt à donner plus que les autres, es-tu prêt à tout donner pour moi ? Et Pierre répond « Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. » ce qu’il faut traduire : « tu le sais je suis ton ami. » : vous remarquez qu’il y a un écart entre la demande d’amour de Jésus et la réponse de Pierre : Jésus demande à Pierre plus qu’il ne peut donner. Voilà pourquoi Jésus demande à nouveau : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment ? », sans le comparer aux autres, Jésus demande à Pierre s’il est prêt à donner sa vie pour Lui. Et la réponse de Pierre demeure la même « Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. », c’est-à-dire tu sais que je t’aime d’amitié. Là encore il y a un écart entre amitié et tout donner par amour. C’est pour cette raison qu’une troisième fois Jésus demande à Pierre : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? », mais cette fois ci le verbe change et Jésus demande à Pierre : es-tu mon ami ? Et Pierre répond « tu sais bien que je t’aime » c’est-à-dire tu sais bien que je suis ton ami.

Oui Jésus ne nous demande pas plus que nous pouvons donner, en revanche il nous demande tout l’amour que nous pouvons lui donner. Et je crois que toute notre vie chrétienne est ce chemin qui nous permet de bien nous connaître pour donner à Jésus tout ce que nous pouvons sachant qu’il ne nous demande rien au-dessus de nos capacités. Surtout en sachant exactement à chaque instant de notre vie ce que nous pouvons offrir, et que Jésus reçoit avec joie, Il nous permet de donner un peu plus la fois suivante jusqu’à pouvoir tout donner, jusqu’à donner notre propre vie. C’est ce que révèle st Jean à la fin du texte : Jésus disait cela pour signifier par quel genre de mort Pierre rendrait gloire à Dieu.  Voilà peut-être ce qu’il nous faut demander au Seigneur ce matin : que le jour venu de notre mort, elle soit offrande parfaite au Père pour sa gloire et le salut du monde. Que Jésus qui nous nourrit de son amour par l’Eucharistie fasse grandir en nous le désir de l’aimer, d’amour ou d’amitié. Amen