homélie du 13° dimanche ordinaire

par le père Arnaud Brelot 

JÉSUS revient! Que vos noms soit inscrit dans le livre de ...Évangile de J-C selon saint Matthieu

En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres : « Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi ; celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi ; celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n’est pas digne de moi. Qui a trouvé sa vie la perdra ; qui a perdu sa vie à cause de moi la gardera. Qui vous accueille m’accueille ; et qui m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé. Qui accueille un prophète en sa qualité de prophète recevra une récompense de prophète ; qui accueille un homme juste en sa qualité de juste recevra une récompense de juste. Et celui qui donnera à boire, même un simple verre d’eau fraîche, à l’un de ces petits en sa qualité de disciple, amen, je vous le dis : non, il ne perdra pas sa récompense. »

Rappelez-vous, dimanche dernier, Jésus rappelait à ses disciples qu’il n’est jamais simple ni évident d’être un bon témoin. D’abord ce n’est pas simple car notre société n’attend plus grand-chose des chrétiens et peu acceptent de recevoir notre si beau message ! Ensuite ce n’est pas évident, car il est difficile de s’exposer et d’afficher la couleur de notre foi et de ses conséquences sur notre manière de vivre. Mais Jésus nous exhortait aussi à témoigner car c’est Dieu le Père qui envoie ses enfants que nous sommes vers les hommes et les femmes qui ne le sont pas encore mais peuvent eux aussi le devenir.

Ce dimanche Jésus poursuit son enseignement sur la mission. Il rappelle aux disciples qu’avant de partir en mission ils doivent être certains d’être dignes de Lui et être prêts à Le suivre jusqu’à la mort, et là encore, comme dimanche dernier Jésus rappelle une chose essentielle : chaque disciple est comme un autre lui-même…. Allons-y donc pour ces trois points dans mon homélie.

1/ être digne du Christ.

Quelle exigence de la part de Jésus : il faut l’aimer en premier et par-dessous tout pour l’établir maître sur nos cœurs et nos sentiments. Mais à bien y réfléchir, cela n’a rien de terrible, car aimer Jésus par-dessus tout, c’est découvrir que Jésus est le frère qui fait de nous des fils et des filles de Dieu. Il déploie d’une certaine manière la notion de famille et l’étend à tous ceux qui veulent croire en lui. En Jésus une grande famille s’établit : c’est l’Eglise où tous les croyants qui ont reçu le baptême ou le désirent sont fils et filles de Dieu car frères et sœurs de Jésus. Nos liens fraternels dépassent nos familles humaines pour se déployer aux dimensions de l’Eglise. Je le dis souvent aux parents lors du baptême de leur enfant : « vous confier à l’Eglise un fils ou une fille, par le baptême elle vous rend un frère ou une sœur dans la foi ».

Etre digne du Christ, c’est mettre à leur juste place nos relations intra familiales. Par le baptême nous sommes tous frères et sœurs et nous n’avons qu’un seul Père, Dieu. Être digne du Christ c’est intégrer cette vérité là : En Jésus nous sommes tous frères et sœurs d’égale dignité devant Dieu.

2/ être prêt à suivre le Christ jusqu’à la mort.

Souhaiter et défendre une fraternité universelle qui trouve en Jésus sa réalisation, ne plaît pas à tout le monde. Jésus lui-même pour l’avoir annoncée et réalisée a dû passer par la croix. Et comme le disciple n’est pas au-dessus du maître, il en sera de même pour lui. Celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n’est pas digne de moi rappelle Jésus à ses amis et à nous aujourd’hui. Notre mission fraternelle porte une part de sacrifice, comme une participation à la croix du Seigneur. A ce titre un exemple poignant fut la vie du Bienheureux et futur saint Charles de Foucault. Ce prêtre qui vivait parmi les touaregs écrivait en 1902 à sa cousine : « Je veux habituer tous les habitants, chrétiens, musulmans, juifs et idolâtres, à me regarder comme leur frère, le frère universel » Mais il paiera de sa propre vie son combat pour la fraternité, sa croix fut son assassinat le 01 dec 1916. Sa vie illustre bien les paroles de Jésus à ses disciples : qui a trouvé sa vie la perdra ; qui a perdu sa vie à cause de moi la gardera.

3/ qui vous accueille m’accueille dit Jésus.

Pour être digne de Lui et pouvoir donner pour Lui jusqu’à sa propre vie, Jésus rappelle une chose essentielle à ses disciples : Qui vous accueille m’accueille ; et qui m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé. Il y a en celui qui témoigne de sa foi sincèrement plus que lui-même, il y a Jésus, il y a le Père. Oui mes frères et mes sœurs, quand vous rendez un service paroissial, quand vous visitez un malade, quand vous aidez une personne seule ou en difficulté, quand vous accueillez l’étranger qui n’a plus de lieu où aller, vous leur portez plus que vous-mêmes, vous leur portez le Christ et par le Christ le Père. Voilà pourquoi nous sommes si précieux, tous et chacun, du plus connu au plus humble : nous qui portons l’image de Dieu restaurée, purifiée par l’eau de notre baptême. Voilà pourquoi il faut aussi entretenir en nous la beauté de l’image de Dieu par une vie sacramentelle régulière : le pardon et l’eucharistie nous ont été donnés en vue de cela, ne négligeons pas de les recevoir les deux avec dignité et respect. Par eux nous pouvons être transfigurés et devenir resplendissant de la gloire de Dieu autour de nous, pour que le monde croit et  que croyant il soit sauvé ! Que vos vacances soient donc également une occasion de faire connaître autour de vous celui qui vous a fait et restauré à son image et à sa ressemblance. Amen

homélie du 12 dimanche ordinaire A

par le père Arnaud Brelot 

"Cinq moineaux ne sont-ils pas vendus pour deux sous ...Evangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres : « Ne craignez pas les hommes ; rien n’est voilé qui ne sera dévoilé, rien n’est caché qui ne sera connu. Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le en pleine lumière ; ce que vous entendez au creux de l’oreille, proclamez-le sur les toits. Ne craignez pas ceux qui tuent le corps sans pouvoir tuer l’âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne l’âme aussi bien que le corps. Deux moineaux ne sont-ils pas vendus pour un sou ? Or, pas un seul ne tombe à terre sans que votre Père le veuille. Quant à vous, même les cheveux de votre tête sont tous comptés. Soyez donc sans crainte : vous valez bien plus qu’une multitude de moineaux. Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux. Mais celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est aux cieux. »

Aujourd’hui c’est le premier jour de l’été et normalement un peu partout aussi la fête de la musique. Pourtant les textes de la liturgie ce matin ne résonnent pas à nos oreilles comme une chanson très mélodieuse ! Tout particulièrement les paroles de Jésus dans l’évangile qui ne sont guère assimilables à une douce berceuse…. Au contraire, elles nous réveillent. Disons-le même tout haut, puisque rien n’est caché qui ne sera connu, et que beaucoup le pensent ici et maintenant : ses paroles de Jésus nous gênent, nous agacent car on n’y reconnaît pas vraiment le Jésus tout en guimauve et mièvrerie que nous avons érigé dans notre cœur de croyant. Ces paroles nous obligent donc à réagir…

Irons-nous jusqu’à nous faire censeur de l’Evangile en y ôtant tout ce qui nous gêne comme le prêtre Marcion, le fit déjà au II° siècle avec l’Ancien Testament dont il jugeait que le Dieu qui y était décrit était non compatible avec la figure du Christ ?

N’oublions pas que pour nous chrétiens toute la Bible est Parole de Dieu transmise aux hommes par des écrivains sacrés inspirés par l’Esprit Saint. Leur mission étant de nous révéler qui est vraiment Dieu. Ne pouvant pas évacuer ces textes, il nous faut entrer plus avant dans leur méditation et leur explication.

D’abord le contexte : Ce discours très incisif, Jésus le prononce dans une perspective d’envoi en mission. Il ne veut pas raconter de craques à ses disciples, (ni à nous aujourd’hui). Impossible pour Jésus de leur laisser croire que la mission est une chose facile à réaliser ni que le message à dispenser sera toujours et partout entendu pieusement et reçu joyeusement. Un rapide coup d’œil sur les 2000 ans d’histoire de la mission de l’Eglise nous permet de percevoir que de tout temps et encore plus au nôtre, ce ne fut jamais facile d’être chrétien et d’en témoigner de manière vraie.

Comme hier déjà avec ses disciples, Jésus, nous formant comme eux à la mission, pointe deux écueils à éviter et une évidence à se rappeler : d’abord éviter d’une part une attitude angélique dans notre témoignage et d’autre part une attitude de repli et de fuite ; ensuite il ne faut pas oublier la relation privilégiée qui nous lie à celui qui nous envoie. Donc 3 points dans mon homélie.

1/ éviter d’avoir une attitude angélique. Cessons de croire que le monde est prêt à recevoir la Bonne Nouvelle. Il ne l’a jamais été ! Vivre en chrétien est un combat pour nous déjà qui essayons d’être fidèles à l’Evangile et aussi à l’extérieur quand nous essayons d’en parler autour de nous. Être dans le monde sans être du monde exige une grande force intérieure et une morale solide. St Paul l’écrit aux Romains, la mort a établi son règne, et aujourd’hui comme hier le décalage est grand entre les aspirations et les désirs des hommes de ce temps et ce que propose le message chrétien. Mais si la Parole à laquelle nous avons crue est Parole de Vie et d’Amour éternels alors Il faut témoigner quoiqu’il en soit !

2/ 2° écueil à éviter : dire « la mission ce n’est pas pour moi ». Faute d’être entendu on se recroqueville sur soi et entre chrétiens. On retrouve toujours les mêmes à la messe et toujours à la même place, on ne dit plus rien sur sa foi par peur d’être moqué ou méprisé. Alors notre communauté vieillit ensemble, rassurée et satisfaite. Le signe de cela peut être par exemple pour vous mesdames le fait de laisser votre sac-à-main à votre chaise quand vous allez communier. En effet quand on connait tout le monde à la messe, on a pas peur de le laisser  à sa place; ….…. Et l’étape d’après c’est la mort faute de forces neuves !

Quel est le dernier voisin, la dernière personne à qui vous avez témoigné de votre foi ? Jésus l’affirme sans ménagement : celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est aux cieux….

Notre peur d’évangéliser tient beaucoup à ce que nous tenons plus à notre image et à notre amour propre qu’à faire la volonté de Dieu et à rayonner sa gloire. Oui souvent quand nous parlons de Jésus à d’autres nous pouvons pousser le même cri que le psalmiste : L’amour de ta maison m’a perdu ; on t’insulte, et l’insulte retombe sur moi.

Ainsi, il faut aller à la rencontre de tous ceux qui sont loin pour faire connaître et aimer Jésus Christ en utilisant les bons moyens et sans se lasser : par contact direct ou par le témoignage de vie ; en usant d’internet et des réseaux sociaux, etc…car rappelle Jésus, quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux.

3/ n’oublions pas qui nous envoie.  Jésus nous redit une chose essentielle dans l’évangile : le prix de chacune de nos vies : « les cheveux de votre tête sont tous comptés » car « ils valent bien plus qu’une multitude de moineaux, dont pas un seul ne tombe à terre sans que votre Père le veuille ». Oui nous savons que Dieu est Père et nous ne pouvons pas laisser les autres hommes dans l’ignorance d’une telle grâce qui leur est aussi destinée. Lors même dussions-nous perdre quelques cheveux dans le combat pour le salut du monde, nous aurions alors fait retentir la Bonne Nouvelle aux creux des oreilles de ceux qui sont appelés au salut, les laissant seuls maîtres pour choisir ou non de vivre pleinement l’aventure de la filiation divine.

N’oublions jamais : c’est un Père qui envoie ses fils et ses filles adoptives à la recherche et à la rencontre de ceux et celles qui ne le sachant pas encore, sont appelés à l’être avec eux ! C’est un Père qui nous revêt de sa force qu’est l’Esprit Saint pour nous soutenir dans notre mission, afin qu’à travers nos vies, nos paroles et nos actions l’amour filial et fraternel construise en Jésus-Christ l’unité de la famille humaine. Mes amis, mes frères et mes sœurs, ne craignez pas d’aller à la rencontre de ce monde vous y trouverez Dieu et des frères ! Je vous le redis avec les mots du psaume : « Vie et joie, à vous qui cherchez Dieu ! ». Amen

homélie du Saint Sacrement du corps et du sang du Seigneur

par le père Arnaud Brelot 

La manne ? Qu'est-ce que c'est ? - Des Trésors cachés dans ...Lecture du livre du Deutéronome

Moïse disait au peuple d’Israël : « Souviens-toi de la longue marche que tu as faite pendant quarante années dans le désert ; le Seigneur ton Dieu te l’a imposée pour te faire passer par la pauvreté ; il voulait t’éprouver et savoir ce que tu as dans le cœur : allais-tu garder ses commandements, oui ou non ? Il t’a fait passer par la pauvreté, il t’a fait sentir la faim, et il t’a donné à manger la manne – cette nourriture que ni toi ni tes pères n’aviez connue – pour que tu saches que l’homme ne vit pas seulement de pain, mais de tout ce qui vient de la bouche du Seigneur. N’oublie pas le Seigneur ton Dieu qui t’a fait sortir du pays d’Égypte, de la maison d’esclavage. C’est lui qui t’a fait traverser ce désert, vaste et terrifiant, pays des serpents brûlants et des scorpions, pays de la sécheresse et de la soif. C’est lui qui, pour toi, a fait jaillir l’eau de la roche la plus dure. C’est lui qui, dans le désert, t’a donné la manne – cette nourriture inconnue de tes pères. »

Fête du Saint Sacrement: corps et sang de JésusÉvangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là, Jésus disait aux foules des Juifs : « Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour la vie du monde. » Les Juifs se querellaient entre eux : « Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ? » Jésus leur dit alors : « Amen, amen, je vous le dis : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n’avez pas la vie en vous. Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. En effet, ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi, je demeure en lui. De même que le Père, qui est vivant, m’a envoyé, et que moi je vis par le Père, de même celui qui me mange, lui aussi vivra par moi. Tel est le pain qui est descendu du ciel : il n’est pas comme celui que les pères ont mangé. Eux, ils sont morts ; celui qui mange ce pain vivra éternellement. 

 

 

Le peuple juif a marché 40 ans dans le désert pour passer de l’Egypte à la terre promise alors que quelques centaines de kilomètres seulement séparent ces deux régions. Pourquoi tant d’années nécessaires, sinon pour affermir un passage plus important encore, celui de l’esclavage à la liberté ? En effet, la liberté se reçoit de Dieu, c’est un cadeau et elle ne s’acquière que par obéissance à sa loi. C’est ce que souligne Moïse dans le livre du Deutéronome : « Souviens-toi de la longue marche que tu as faite pendant quarante années dans le désert ; le Seigneur ton Dieu te l’a imposée pour te faire passer par la pauvreté ; il voulait t’éprouver et savoir ce que tu as dans le cœur : allais-tu garder ses commandements, oui ou non ? »

Et pour former des cœurs libres, ouverts à Dieu toute une génération devra passer et une nouvelle se lever. Une première génération qui aura d’une part à quitter ses habitudes d’esclaves et sa mémoire des facilités que cet esclavage apportait, comme la bonne nourriture, les fameux « oignons d’Egypte » dont les papilles des juifs, asséchées par la chaleur du désert, gardent encore la saveur et d’autre part à se nourrir de ce que Dieu, ayant creusé en elle la faim, lui donne: « il t’a donné à manger la manne – cette nourriture que ni toi ni tes pères n’aviez connue – pour que tu saches que l’homme ne vit pas seulement de pain, mais de tout ce qui vient de la bouche du Seigneur. » Rappelle le Deutéronome. Une nouvelle génération, née au désert, construira sa foi sur l’obéissance à la loi qu’elle reçoit au désert des mains de Moïse et apprendra à se nourrir aussi de la Parole de Dieu.

Cette marche du peuple juif est pour nous une annonce de la marche de l’Eglise, le peuple de Dieu. Si les juifs passèrent de l’esclavage en Egypte à la liberté en Terre Sainte, les Chrétiens ont a passé de l’esclavage du péché dans ce monde à la vie éternelle dans le Royaume des cieux à venir.

La marche de l’Eglise dans ce monde, fait de chacune de nos vies chrétiennes un pèlerinage vers le ciel. Et de même que les juifs eurent la manne comme nourriture donnée par Dieu pour traverser les 40 années du désert et dans la pauvreté se soumettre à sa loi et à son amour ; de même Dieu donne l ’Eucharistie à l’Eglise pour qu’elle puisse traverser le temps de ce monde et d’une part semer en elle la réalité du ciel, qui est sa patrie et le terme de sa vie et d’autre part en entretenir le désir en chacun de ses enfants. Jésus dans l’Evangile l’affirme : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. »

Alors depuis des siècles le Seigneur prépare ses élus à la vie éternelle en leur donnant la nourriture dont ils ont besoin pour passer du péché à la liberté, de la mort à la vie éternelle. Sans cette nourriture là qui est donnée par Dieu et reçue pauvrement par des croyants affamés et confiants, nul ne peut accéder à la vie éternelle en plénitude. Pour que nous puissions avec notre pauvre humanité limitée et malade, accéder et participer à la vie divine, il faut la semer en nous sans cesse, sans se lasser la recevoir. Peu à peu alors nous découvrirons ce qu’est l’Eucharistie, le « saint sacrement du Corps et du Sang du Christ ».

Nous entrerons et ferons nôtre ce grand Mystère que Jésus résume ainsi dans l’Évangile : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi, je demeure en lui. De même que …je vis par le Père, de même celui qui me mange, lui aussi vivra par moi. » Jésus nous donne en nourriture la vie qu’il partage avec le Père et nous rend ainsi capable, au jour de la résurrection, de participer à sa vie même.

Notre ciel et notre participation à la vie même de Dieu commencent dès ce monde grâce au grand sacrement de l’Eucharistie ! Alors attachons-nous fermement à lui « source et sommet de la vie chrétienne ».  Nous y attacher signifie aussi en avoir un très grand respect autant quand nous le célébrons que quand nous l’approchons, à la communion, ou au tabernacle. Prenons le temps de nous incliner ou de nous agenouiller devant Lui. Prenons-Le toujours, dans nos mains avec beaucoup de crainte et d’amour, faisant de notre main un trône pour Lui. Portons-le à notre bouche sans tarder et avec un grand désir de recevoir ce cadeau d’un prix inestimable ; gardons un long silence pour réaliser et goûter à la grandeur d’un tel don et à la puissance d’amour et de paix qu’il déploie dans tout notre être. Réalisons encore dans une communion de silence avec tous ceux qui sont avec nous, que « la multitude que nous sommes est un seul corps, car nous avons tous part à un seul pain » comme le rappelle Paul aux Corinthiens. Enfin n’oublions jamais de le rejoindre et de le vénérer aussi dans chaque pauvre qui est le Seigneur Jésus qui nous invite à l’amour. Réel et concret.

Bienheureux serons-nous tout à l’heure si lors de la communion et à la sortie de la messe, nous vivons cela ainsi. Amen

homélie de la fête de la Sainte Trinité

par le père Arnaud Brelot 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. Celui qui croit en lui échappe au Jugement ; celui qui ne croit pas est déjà jugé, du fait qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu.

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homélie de la Pentecôte

par le père Arnaud Brelot 

Date Pentecôte 2017Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

C’était après la mort de Jésus ; le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit :  « La paix soit avec vous ! » Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur. Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus.

 

Par 11 fois, dans les textes d’aujourd’hui il est question de l’Esprit de Dieu (et je m’en tiens uniquement au terme Esprit). Quoi de plus normal en ce jour de pentecôte. Les textes de la liturgie sont une mine de renseignements sur l’Esprit de Dieu : nous avons une listes des noms qui lui sont donnés, nous apprenons comment il nous est transmis et s’exprime, enfin ce qu’il permet en nous. Pour mieux le découvrir, relisons ensemble les textes de la liturgie et faisons nôtre les différents enseignements qu’ils proposent, à travers les trois points que je viens d’énoncer.

1-L’Esprit Saint a huit noms différents qui sont utilisés pour parler de Lui : on le nomme l’esprit, le souffle, l’unique Esprit ou l’Esprit Saint, la lumière d’en haut, le consolateur, l’hôte très doux de nos cœurs, adoucissante fraîcheur, etc. Tous ces noms recèlent la même réalité : celle de l’Esprit de Dieu qui se communique aux hommes sous le mode qu’il veut. Comme on ne peut pas le saisir, chacun lui donne le nom conforme à son expérience, selon ce qui lui parle le plus. Ainsi on l’appel aussi dans les autres livres de la Bible : l’esprit de Sagesse, l’Esprit de liberté, l’Esprit de Fils ou les fleuves d’eau vive.

2-Il a un mode de transmission varié : Il embrase celui qui le reçoit. Selon le récit des actes : tous furent remplis d’Esprit Saint quand leur apparurent des langues qu’on aurait dites de feu, qui se partageaient, et il s’en posa une sur chacun d’eux. Il désaltère celui qu’il imprègne. Selon la lettre de Paul aux Corinthiens, c’est par le baptême que l’Esprit est communiqué : car il écrit c’est dans un unique Esprit, .., que nous tous, … nous avons été baptisés. L’Esprit Saint devient alors une source à jamais désaltérante pour celui qui y boit, en effet, Paul ajoute : Tous, nous avons été désaltérés par un unique Esprit. Il se fait souffle et vent : dans l’Evangile : il est relaté que le Seigneur Jésus souffla sur ses disciples et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint » Ainsi Il est le don du Christ à ses disciples, en vue de la mission. Dans les actes des Apôtres, l’Esprit Saint est donné quand un bruit survint du ciel comme un violent coup de vent remplissant la maison tout entière.

Jean rappelait au chp 3 de son évangile que l’Esprit Saint, comme le vent souffle où il veut et nul ne sait d’où il vient et où il va. Mais il ne s’impose pas à nous, ni ne nous est imposé, il est le don que le Seigneur Jésus fait à ceux qui croient en Lui et qu’il a choisis pour la mission. Il ne force personne mais désaltère celui qui éprouve un vif désir de vivre à la suite du Christ.!

3- Il œuvre en nous : selon la 1ière lecture, il permet aux apôtres de parler en langue, c’est à dire de se faire comprendre de tous ; selon le psaume, il renouvelle la face de la terre ; selon Paul aux Corinthiens, grâce à l’Esprit nous formons un seul corps qui est l’Eglise ; selon l’Evangile, le Seigneur Jésus donne son Esprit aux apôtres pour qu’il les accompagne durant la mission qui est œuvre de miséricorde et de discernement : À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus.

Ainsi, Toute l’action de l’Esprit Saint en nous est en direction des autres. Tous ces autres que nous retrouvons avec joie et plaisir en ces premiers jours de déconfinement : Dieu par la prière communautaire à l’église ; les hommes et les femmes en attente d’un nouveau sens à donner à leur vie ; nos amis et nos proches que notre éloignement imposé a privé de proximité concrète et chaleureuse, ceux et celles que nous aidions concrètement lors de nos investissements solidaires au secours catholique, etc…

Alors réamorçons la source jaillissant en nos cœurs depuis le jour de notre baptême ; qu’elle devienne un fleuve d’eau vive pour le monde. Saint Augustin, commentant cet Evangile de s’interroger : « quel est ce fleuve qui coule du sein de l’homme intérieur ? C’est la bonté qui le porte à se consacrer aux intérêts du prochain. »

Alors frères et sœurs, ne cessons pas d’invoquer l’Esprit de Dieu, qu’Il jaillisse de nos cœurs et du cœur de l’Eglise pour que le monde entier soit submergé de  charité, de joie, de paix, de longanimité,  de serviabilité, de bonté, de confiance dans les autres, de douceur, et de maîtrise de soi. car se sont là les fruits de l’Esprit Saint, les signes qu’il œuvre en nous !

Aujourd’hui encore, par la puissance de son invocation, l’Esprit va transformer le pain et le vin en sacrement de l’amour de Dieu pour vous. Exultez, criez de joie, Dieu s’approche, Dieu vient faire alliance ! Alors ouvrez vos cœurs au souffle de l’Esprit et votre corps à celui du Christ, devenez Temple de Dieu ce matin, pour que le monde croit ! Amen

 

homélie du 7° dimanche de Pâques

par le père Arnaud Brelot 

Lecture du livre des Actes des Apôtres

Les Apôtres, après avoir vu Jésus s’en aller vers le ciel, retournèrent à Jérusalem depuis le lieu-dit « mont des Oliviers » qui en est proche, – la distance de marche ne dépasse pas ce qui est permis le jour du sabbat. À leur arrivée, ils montèrent dans la chambre haute où ils se tenaient habituellement ; c’était Pierre, Jean, Jacques et André, Philippe et Thomas, Barthélemy et Matthieu, Jacques fils d’Alphée, Simon le Zélote, et Jude fils de Jacques. Tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière, avec des femmes, avec Marie la mère de Jésus, et avec ses frères.

Ps 26 (27)

Le Seigneur est ma lumière et mon salut ;
de qui aurais-je crainte ?
Le Seigneur est le rempart de ma vie ;
devant qui tremblerais-je ?

J’ai demandé une chose au Seigneur,
la seule que je cherche :
habiter la maison du Seigneur
tous les jours de ma vie,…..

1° lettre de saint Pierre apôtre

Bien-aimés, dans la mesure où vous communiez aux souffrances du Christ, réjouissez-vous, afin d’être dans la joie et l’allégresse quand sa gloire se révélera. Si l’on vous insulte pour le nom du Christ, heureux êtes-vous, parce que l’Esprit de gloire, l’Esprit de Dieu, repose sur vous. Que personne d’entre vous, en effet, n’ait à souffrir comme meurtrier, voleur, malfaiteur, ou comme agitateur. Mais si c’est comme chrétien, qu’il n’ait pas de honte, et qu’il rende gloire à Dieu pour ce nom-là.

 

Les textes que nous venons d’entendre sont très touchant, surtout la première lecture et la lettre de Pierre. On y découvre la joie et les épreuves de l’Eglise naissante. La joie des disciples assidus à la prière et qui attendent dans la chambre haute ce que le Seigneur a promis ; les épreuves du témoignage de la foi qui n’est pas toujours reçu et qui peut conduire au martyr.

Pour que l’Eglise ait tous les moyens de vivre les joies et de dépasser les épreuves, liées à sa mission, Jésus prie pour elle. « Moi, je prie pour eux » affirme-t-il dans l’évangile. Jésus même retourné auprès du Père ne nous abandonne pas, il prie et s’offre pour nous à son Père. Il prie sans cesse le Père d’envoyer l’Esprit Saint qui guide et soutient l’Eglise dans les tribulations du monde.

St Pierre rappelle dans son épitre que les tribulations pour le Christ font croître la joie car elles nous associent plus fortement à lui. La foi nous expose. A avoir le cœur sur ma main, il finit toujours par être blessé ! Faut-il pour autant le cacher ? Adopter les us et coutumes du temps pour paraître dans le vent ? Défendre les avancées des sciences et les inventions du temps parce que c’est « ça l’avenir » ? Combien de fois, depuis des siècles nous a t on culpabilisés comme cela ? Depuis les 100 dernières années : on a promu le communisme…. Qu’en reste-t-il ? on a promu le libéralisme…. Pour quel résultat aujourd’hui ? On vous vend des voitures électriques (et même des vélos !!), on vante les énergies dites vertes pour sauver la planète, etc… Nous oublions que le Salut ne vient que de Dieu. Au plus par de vraies et bonnes décisions nous pourrons guérir la planète et plus certainement nous n’arriverons qu’à moins l’abîmer !

Rappelez-vous et faites vôtre ce grand et bel adage « être dans le vent c’est une vocation de feuille morte ». Ce qu’il faut changer ce ne sont pas les moyens, ni les idées, c’est le cœur de l’homme ! Il nous faut prêcher la conversion intégrale. Rappeler la vérité sur l’homme, sur la gloire qui l’attend, sur sa vocation ultime qui est de connaître le seul Dieu, le vrai Dieu et celui qu’il a envoyé Jésus Christ.

Ecoutez l’apostrophe de Pierre: Que personne d’entre vous, en effet, n’ait à souffrir comme meurtrier, voleur, malfaiteur, ou comme agitateur. Mais si c’est comme chrétien, qu’il n’ait pas de honte, et qu’il rende gloire à Dieu pour ce nom-là. Laissons retentir en nous ces paroles…. Et en toute franchise osons nous interroger. Suis-je prêt pour cela ? Prêt à assumer ma différence, prêt à redire mon espérance, prêt à offrir ma vie pour que le nom du Seigneur Jésus soit connu, accueilli et aimé ? Croyons-nous que l’Esprit de Gloire, l’Esprit de Dieu repose sur nous quand nous témoignons ?

Oui notre vie chrétienne assumée et librement exposée au monde est perçue par nos opposants comme un Refus d’être dans le vent ! Mais ce refus n’a rien à voir avec le fait de s’accrocher à un passer révolu et idéalisé, c’est décider de partir à l’aventure de la foi, en embarquant Jésus dans nos vies, en laissant l’Esprit Saint en prendre le gouvernail ! Dieu ne déçoit jamais celui qui se donne totalement à Lui, car son éternité nous garantit la vraie écologie spirituelle intégrale. En effet, le Dieu de Jésus Christ n’est ni jetable, ni échangeable. Impérissable il est sans date limite de consommation. Ce qu’il propose n’est pas un produit dérivé, ni une œuvre de ses mains, c’est sa vie même ! Choisir Dieu c’est choisir un rempart pour s’abriter des tempêtes, un rocher pour fonder sa vie sur du solide. Comme le disait déjà le psalmiste : Le Seigneur est ma lumière et mon salut ; de qui aurais-je crainte ? Le Seigneur est le rempart de ma vie ; devant qui tremblerais-je ?

Quand on nous vend le dernier téléphone portable à la mode, nous ne finissons pas dans la maison de son concepteur, ni comme son héritier et nous en achèterons un autre après, certainement mieux mais surtout plus couteux! Alors que quand nous recevons humblement et gratuitement la sainte Eucharistie, qui est le même don d’amour total de Dieu, nous finissons dans la maison de Dieu, bien plus encore nous devenons la maison de Dieu ; les pierres vivantes du Temple de L’Esprit Saint. C’est ce qu’annonçait déjà le psalmiste : J’ai demandé une chose au Seigneur, la seule que je cherche : habiter la maison du Seigneur tous les jours de ma vie.

Que l’Eucharistie que nous allons célébrer maintenant et de laquelle nous allons nous nourrir fasse de nous, au souffle de l’Esprit Saint, des temples à sa gloire et des témoins fidèles ! Amen

homélie de l’Ascension

par le père William Goyard

Holy Mass images...: THE ASCENSION OF JESUSÉvangile de J-C selon st Matthieu

En ce temps-là, les onze disciples s’en allèrent en Galilée, à la montagne où Jésus leur avait ordonné de se rendre. Quand ils le virent, ils se prosternèrent, mais certains eurent des doutes. Jésus s’approcha d’eux et leur adressa ces paroles : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. »

 

Frères et Sœurs,

Je ne sais pas ce qu’il en est pour vous, mais pour ma part, je ne suis pas très rassuré en avion et j’ai toujours une impression de miracle lorsque je retrouve la terre ferme. Cependant, il faut reconnaître que lorsque l’on se trouve dans le ciel, cela donne une sensation de liberté et d’absolu. Et ce qui est surprenant, c’est que lorsque, depuis la terre, on lève les yeux pour regarder passer les avions, on a l’impression qu’ils ont atteint quelque chose, un ailleurs qui nous dépasse. Mais quand on est soi-même dans l’avion, cet ailleurs se trouve encore au-delà, au-dessus de nous. En fait, on remarque que le ciel est sans limite, il est partout, et en même temps, il est là, tout près, il nous entoure et pourtant nous le voyons toujours ailleurs, toujours inatteignable. Ce n’est pas un hasard si les hommes ont repris cette image pour parler de la présence de Dieu. On Le croit toujours au-dessus, au-delà, alors qu’Il est partout et donc tout près. Nous voudrions avoir des techniques ou des moyens pour l’atteindre, alors qu’Il est à notre portée qu’Il nous entoure de sa présence à tout instant. Cette présence divine englobant tout et dépassant notre mesure, c’est la Gloire de Dieu présente en tout et à tous.

Tout cela pour expliquer ce que nous célébrons aujourd’hui. Nous rappelons ce jour où le Christ à quitter notre monde pour rejoindre le Ciel, pour entrer dans la Gloire de Dieu, pour être présent à tous jusqu’à la fin des temps comme il l’a promis. Toujours présent, mais toujours au-delà de nos saisies, au-delà de nos intelligences, au-delà de nos représentations. Ces représentations qui, comme sur certaines pieuses gravures, peuvent nous faire voir le Christ monter dans les aires pour aller s’asseoir sur je ne sais quel nuage à côté d’un Dieu ayant les traits d’un patriarche barbu, pour guetter le monde de là-haut. Non, l’Ascension n’est pas le passage du Christ de notre monde à un ailleurs, le passage d’un lieu à un autre, du monde des hommes à un Au-delà où le Christ n’auraient plus rien en commun avec nous. L’Ascension, c’est le passage d’un mode présence à un autre mode de présence : « je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde». C’est le passage d’une présence limitée à quelques disciples, à une présente illimitée, à tous et partout. Et plus que jamais, depuis son ascension, le Christ est présent à notre vie, présent à notre monde, et nous appelle vers cette grandeur divine qu’il a rejointe. Nous appelle tellement que lorsque nous aurons abandonné ce qui nous retient sur la terre, nous entrerons à notre tour, et à sa suite, dans la Gloire de Dieu.

En fait, cet évènement de l’entrée du Christ dans le Ciel, nous révèle le plan de Dieu. Le Christ est venu vivre parmi nous, vivre avec nous pour que notre vie atteigne sa grandeur par la connaissance de Dieu ; par sa mort sur la croix et sa résurrection, il est entré dans la Gloire, pour se faire tout à tous. Mais avant son ascension, il est resté présent à ses disciples pendant quelques jours pour leur révéler sa résurrection, pour manifester sa victoire sur la mort, afin qu’ils puissent en être les témoins. Le Christ aurait très bien pu entrer directement dans la Gloire de Dieu, mais cette bonne nouvelle n’aurait pas pu être annoncée au monde, et les hommes auraient ignoré la présence éternelle du Christ parmi eux, et les hommes auraient ignoré qu’ils étaient, eux aussi, appelés à s’unir dans la foi au Sauveur pour entrer à sa suite dans la Gloire de Dieu.

Le Christ est sorti de Dieu pour venir rencontrer l’humanité ; il y retourne aujourd’hui. Mais s’il est venu seul, il ne repart pas seul, il nous emmène avec lui. Il est venu nous prendre avec lui pour nous orienter vers cet absolu que nous espérons de tout notre être. Comme le Christ est sorti du Père mais sans quitter le Père avec lequel il ne fait qu’un, il retourne au Père mais sans quitter ceux qui s’attachent à lui dans la foi.

Dans son Evangile, Luc nous dit qu’après l’ascension du Christ, les disciples débordaient de joie et bénissaient sans cesse Dieu dans le temple de Jérusalem. Et bien cela nous montre que les disciples avaient compris le projet de Dieu, ce projet de Dieu d’accueillir dans sa Gloire tous les hommes qui suivent dans la foi son fils venu dans le monde. Alors, Frères et Sœurs, soyons nous aussi débordants de joie, car si nous sommes attachés au Christ Ressuscité par la foi, à sa suite et comme lui nous entrerons dans la Gloire du Ciel. C’est notre Espérance de chrétiens qui est une certitude. AMEN.

homélie du 6° dimanche de Pâques

par le père Arnaud Brelot 

 

Le Mystère de la Vie Surnaturelle - Le Blog de Jackie

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements. Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous : l’Esprit de vérité, lui que le monde ne peut recevoir, car il ne le voit pas et ne le connaît pas ; vous, vous le connaissez, car il demeure auprès de vous, et il sera en vous. Je ne vous laisserai pas orphelins, je reviens vers vous. D’ici peu de temps, le monde ne me verra plus, mais vous, vous me verrez vivant, et vous vivrez aussi. En ce jour-là, vous reconnaîtrez que je suis en mon Père, que vous êtes en moi, et moi en vous. Celui qui reçoit mes commandements et les garde, c’est celui-là qui m’aime ; et celui qui m’aime sera aimé de mon Père ; moi aussi, je l’aimerai, et je me manifesterai à lui. »

 

 

Alors que notre désir de communier réellement au Corps du Christ grandit de plus en plus en nous qui en sommes privés depuis plus de trois mois, l’évangile d’aujourd’hui peut être lu comme un petit traité eucharistique. En effet, les Paroles de feu qui jaillissent des lèvres du Seigneur sont prononcées par lui au terme du lavement des pieds, une fois annoncée la trahison de Juda et celle de Pierre, une fois dites ces paroles qui sont notre force « je suis le chemin, la vérité et la vie », une fois réaffirmé par Jésus que Lui et le Père sont un. Ce traité eucharistique peut se diviser en trois parties : la fidélité au commandement, le don de l’Esprit pour y parvenir et l’Eucharistie comme habitation de Dieu en celui qui la reçoit.

La fidélité au commandement.

Jésus commence par enseigner à ses apôtres, à nous aujourd’hui, que l’aimer c’est garder ses commandements. Il en est un qui les résume tous et que nous avons entendu quelques versets avant l’évangile de ce dimanche : «  aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ». Un commandement qu’il donne après l’avoir illustré concrètement lors du dernier repas « je vous ai lavé les pieds, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. »

Aimer Jésus c’est donc vivre fidèlement le commandement de l’amour, de l’amour dans le service. Il l’exprimera différemment dans les autres évangiles « faites cela en mémoire de moi ». Oui Jésus se fait serviteur en offrant sa vie, lors d’un repas et sur la croix ; Jésus nous fait serviteurs en faisant de nous le pain de son amour dans le monde.

le don de l’Esprit pour y parvenir

Pour que nous devenions le pain de son amour, il est nécessaire que l’Esprit Saint soit à l’œuvre d’abord pour enraciner en nous la vérité de ce que nous allons devenir et ensuite pour nous donner les moyens d’être toujours connectés au Christ. Le don de l’Esprit Saint lors de la Pentecôte nous permettra de reconnaître Jésus vivant partout où il sera, et même de vivre de Lui. En effet, Jésus dit : d’ici peu de temps, le monde ne me verra plus, mais vous, vous me verrez vivant, et vous vivrez aussi.

Oui grâce à l’invocation de l’Esprit Saint sur le pain et le vin, nous le voyant vivant et glorieux dans toutes les eucharisties célébrées dans le monde. En chaque eucharistie, Christ revient pour que jamais plus nous ne soyons orphelins. Il est bien là réellement présent pour les croyants fidèles au rendez-vous de l’amour.

L’Eucharistie comme habitation en Dieu de celui qui la reçoit.

Jésus dit à ses disciples : En ce jour-là, vous reconnaîtrez que je suis en mon Père, que vous êtes en moi, et moi en vous. Je vous propose pour bien saisir la grandeur du mystère Eucharistique de prendre cette phrase à l’envers :

Dans la communion Eucharistique : Jésus est en nous, il se laisse consommer par nous, mais de fait si il descend en nous c’est d’abord nous qui sommes intégrés à lui, qui devenons son Corps en recevant le sien. Et enfin présents en Lui, devenus par l’Esprit Saint, une part de lui-même, nous devenons capables de nous unir au Père.

Dans chaque Eucharistie célébrée fidèlement au commandement de l’amour laissé par Jésus, nous participons déjà à la vie du ciel. Car tout le ciel, toute la Sainte Trinité, vient vivre en nous à ce moment là. Dieu fait sa demeure en nous, pour nous permettre de goûter déjà à la vie que nous vivrons pour l’Éternité avec Lui ! Voilà quel exploit redoutable fait le Seigneur pour les fils des hommes !

 

 

Frères et sœurs, l’Eucharistie vécue et célébrée communautairement et réellement consommée lors de la communion réalise notre fidélité au commandement du Seigneur. Par elle nous recevons la vie divine qui s’approche de nous jusqu’à nous nourrir ; grâce à elle nous devenons tous ensemble le Corps du Christ, l’unique pain de Dieu pour nourrir le monde de son amour en nous mettant à son service.

Alors qu’en petit groupe nous pouvons désormais célébrer la sainte messe (il suffit pour cela de vous inscrire auprès de Martine au secrétariat), unissons notre voix à celle de toute la terre et faisons nôtre l’exclamation du psalmiste : « « Toute la terre se prosterne devant toi, elle chante pour toi, elle chante pour ton nom. » Que ce dimanche soit pour vous un jour de joie et que toute votre vie exulte et chante pour Dieu!

Amen

méditation du samedi 5° semaine de Pâques

par le père William Goyard

 

Feuilles dominicales du Temps ordinaire Année B (suite)Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples :
« Si le monde a de la haine contre vous,
sachez qu’il en a eu d’abord contre moi.
Si vous apparteniez au monde, le monde aimerait ce qui est à lui. Mais vous n’appartenez pas au monde, puisque je vous ai choisis en vous prenant dans le monde ; voilà pourquoi le monde a de la haine contre vous. Rappelez-vous la parole que je vous ai dite : un serviteur n’est pas plus grand que son maître. Si l’on m’a persécuté, on vous persécutera, vous aussi. Si l’on a gardé ma parole, on gardera aussi la vôtre. Les gens vous traiteront ainsi à cause de mon nom, parce qu’ils ne connaissent pas Celui qui m’a envoyé. »

 

« Vous êtes dans le monde, mais vous n’êtes pas du monde… »

Jésus vient d’appeler ses disciples à suivre son exemple, à aimer comme lui les a aimés. Mais il leur révèle que cette route passe nécessairement par des incompréhensions, des oppositions, et même des persécutions de la part du monde. Le monde désigne ici ceux qui ne reconnaissent pas la Vérité, ceux qui refusent de la vivre et d’en vivre. Le monde qui a ses propres lois, ses propres valeurs et ses propres attentes. Et l’enseignement du Christ vient bousculer et même  désavouer ces lois et ces valeurs du monde, en révélant la Vérité, la Vérité et l’Amour. Et voilà plus de 2000 ans, qu’à la suite du Christ, l’Eglise bouscule et conteste, empêche le monde d’appliquer ses lois qui invariablement ne conduisent pas l’homme à son épanouissement mais à la servitude. Pas par des interdictions, ni par des oppressions comme on dépeint couramment l’attitude de l’Eglise, mais par un témoignage d’Amour, de Liberté et de Vérité. Et c’est cette Parole de Dieu révélée en Jésus-Christ qui met le monde en accusation face à son refus de la Vérité.

En fait, ce combat de la Vérité est en chacun de nous et en même temps ce combat nous dépasse largement. Il est au-delà de nous et nous y sommes plongés jusqu’au cou que nous le voulions ou non. Et si nous refusons de prendre parti, de nous engager dans ce combat, nous seront tiraillés voir écartelés entre la voix de la Lumière et la voix des ténèbres, entre la loi de Dieu et la loi du monde. Osons mener ce combat de toutes nos forces et de toute notre âme pour la victoire de la Lumière en nous et dans le monde : « je suis le lumière du monde, celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres mais il aura la lumière de la Vie ».

 

Pour vivre en serviteur et agir comme Jésus

voici une simple prière pour les enfants que tout adulte peut faire sienne.

méditation du mardi de la 5° semaine de Pâques

par le père Christian Panouillot

 

H.5. La 2e lettre à Timothée - Saint Paul apôtreLecture du livre des Actes des Apôtres

En ces jours-là, comme Paul et Barnabé se trouvaient à Lystres, des Juifs arrivèrent d’Antioche de Pisidie et d’Iconium ; ils se rallièrent les foules, ils lapidèrent Paul et le traînèrent hors de la ville, pensant qu’il était mort. Mais, quand les disciples firent cercle autour de lui, il se releva et rentra dans la ville. Le lendemain, avec Barnabé, il partit pour Derbé. Ils annoncèrent la Bonne Nouvelle à cette cité et firent bon nombre de disciples. Puis ils retournèrent à Lystres, à Iconium et à Antioche de Pisidie ; ils affermissaient le courage des disciples ; ils les exhortaient à persévérer dans la foi,
en disant : « Il nous faut passer par bien des épreuves pour entrer dans le royaume de Dieu. » Ils désignèrent des Anciens pour chacune de leurs Églises et, après avoir prié et jeûné, ils confièrent au Seigneur ces hommes qui avaient mis leur foi en lui. Ils traversèrent la Pisidie et se rendirent en Pamphylie. Après avoir annoncé la Parole aux gens de Pergé, ils descendirent au port d’Attalia, et s’embarquèrent pour Antioche de Syrie,  d’où ils étaient partis ; c’est là qu’ils avaient été remis à la grâce de Dieu
pour l’œuvre qu’ils avaient accomplie. Une fois arrivés, ayant réuni l’Église, ils rapportèrent tout ce que Dieu avait fait avec eux, et comment il avait ouvert aux nations la porte de la foi. Ils passèrent alors un certain temps avec les disciples.

 

Telle est l’épître de ce jour. Nous y voyons l’apôtre Paul et Barnabé souffrir pour l’annonce de l’Evangile. Nous sommes à Antioche, ville où les disciples de Jésus furent appelés pour la première fois « Chrétien ». Les missionnaires de la Bonne Nouvelle, affermissent la communauté à persévérer dans la foi, c’est à dire dans l’amitié à Notre Seigneur lui qui a souffert la Passion et qui est ressuscité comme il l’avait annoncé.

Le chrétien, n’est pas épargné par les croix de toutes sortes, les humiliations, les épreuves morales et physiques, les difficultés à faire respecter la justice, œuvrer pour la charité, redonner l’espérance, annoncer la foi. Oui, comme l’affirment les apôtres « Il nous faut passer par bien des épreuves pour entrer dans le royaume de Dieu ».

Cette affirmation veut nous inviter à porter notre croix en communion avec Jésus, et non replié sur nous même. Le Christ nous donne l’Esprit Saint, esprit de force pour vivre notre vie humaine et spirituelle en chrétien. Un disciple est celui qui porte sa croix comme Lui l’a porté, en offrant ses souffrances au Père. En carême nous disons cette antienne dans l’office du bréviaire «  les yeux fixés sur Jésus Christ entrons dans le combat de Dieu ». Porter c’est cela, c’est rester debout dans les épreuves, le cœur tourné vers la vie éternelle.

« Mes frères, quand vous butez sur toute sorte d’épreuves, pensez que c’est une grande joie. Car l’épreuve, qui vérifie la qualité de votre foi, produit en vous la persévérance, et la persévérance doit vous amener à une conduite parfaite; ainsi vous serez vraiment parfaits, il ne vous manquera rien. »( Jaques 1,1-11)

Si les épreuves purifient le cœur de ceux qui les vivent avec foi elles peuvent aussi en éloigner d’autres.

L’annonce et la vie de foi se fait aussi dans la souffrance ou le combat. La vie des saints témoigne du combat qu’ils ont du mener pour la conversion des pécheurs, instituer des œuvres de charité, d’enseignement, passer devant les tribunaux à cause de leur foi.

Nous sommes toujours touchés de voir la foi de certaines personnes qui dans les épreuves douloureuses demeurent confiantes dans le Seigneur. Nous avons la responsabilité de nous encourager et nous aider dans les temps d’épreuve.

Marie est un modèle de croyante qui a porté la souffrance de son Fils en l’accompagnant jusqu’au calvaire. Lorsque Siméon lui annonce qu’un glaive de douleur transpercera son cœur » elle reprend l’enfant, et médite ces paroles dans son cœur.

Nous ne pouvons pas être apôtre sans la méditation de l’Evangile. Que votre chapelet soit précisément la méditation de la vie du Seigneur et de sa Mère, jusqu’au jour où nous serons des vivants dans la joie éternelle de Dieu.