homélie 2° dimanche de l’Avent

Évangile de J- C selon saint Marc

Commencement de l’Évangile de Jésus, Christ, Fils de Dieu. Il est écrit dans Isaïe, le prophète : Voici que j’envoie mon messager en avant de toi, pour ouvrir ton chemin. Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers. Alors Jean, celui qui baptisait, parut dans le désert. Il proclamait un baptême de conversion pour le pardon des péchés. Toute la Judée, tous les habitants de Jérusalem se rendaient auprès de lui, et ils étaient baptisés par lui dans le Jourdain, en reconnaissant publiquement leurs péchés. Jean était vêtu de poil de chameau, avec une ceinture de cuir autour des reins ; il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage. Il proclamait : « Voici venir derrière moi celui qui est plus fort que moi ; je ne suis pas digne de m’abaisser pour défaire la courroie de ses sandales. Moi, je vous ai baptisés avec de l’eau ; lui vous baptisera dans l’Esprit Saint.

Commencement de la Bonne nouvelle de Jésus Christ, le Fils de Dieu. C’est ainsi que débute l’Evangile de Marc. Marc utilise le même 1ier mot pour son évangile que celui qui débute la Genèse, 1ier  livre de la Bible, au commencement Dieu créa….. L’histoire que Marc raconte fait écho à l’histoire de la création du monde, c’est aussi une histoire de création, de recréation. Et cette recréation est une Bonne Nouvelle, et cette Bonne Nouvelle est une personne : Jésus Christ, le Fils de Dieu ! Il y a donc un lien entre la première création, celle de l’homme image et ressemblance de Dieu et la création nouvelle que Dieu opère en Jésus qui vient partager la condition des hommes.

En reliant ces deux moments de l’histoire, Marc établit un lien entre l’Eternité et le temps des hommes. Un lien se créé entre le Dieu Eternel qui créé le temps des hommes et qui se fait homme lui-même et chaque homme qui est appelé, par Jésus, à la vie éternelle avec Dieu. Ce jaillissement de l’éternité de Dieu dans le temps des hommes peut nous laisser perplexes : en effet, il y a des évènements qui sont annoncés et déjà réalisés ou qui se réalisent ou qui se réaliseront. Ces questions du ‘quand cela arrivera-t-il ?’ sont posées depuis toujours ! Déjà dans l’Ancien Testament, l’écrivain biblique trouvant Dieu trop long à agir, lui dit dans le ps 44 : Réveille-toi, pourquoi dors-tu, Seigneur ? Sors de ton sommeil. Quant à Pierre (2ième lect), en rappelant que Dieu n’est pas en retard, il remet, c’est le cas de le dire, les pendules à l’heure. C’est que le temps n’est jamais perçu de la même manière : nous connaissons ceux qui ne voient pas le temps passer et ceux qui s’ennuient à cent sous de l’heure ; ceux qui ne se sont pas vu vieillir et ceux dont les heures sont comptées, etc. Ajouter à cela la notion du temps de Dieu pour qui mille ans sont comme un jour et vous obtenez de grands malentendus. L’Eglise doit jongler entre l’éternité de Dieu et l’immédiateté de notre société. Dans son discours elle tient une triple dimension du temps : le Seigneur Jésus est venu, il reviendra et il est toujours présent parmi nous.

Ainsi, dans l’Ecriture, toute prophétie est simultanément passée, présente et future ! Toute parole des prophètes est déjà réalisée, se réalise et est encore à réaliser ! Nous le comprenons bien, si nous lisons attentivement la lecture du livre d’Isaïe que nous avons entendue : la parole d’Isaïe est réalisée par st Jean le Baptiste, comme st Marc lui-même le dit dans l’évangile et nous savons que c’est à nous désormais, dans les déserts de nos villes et villages de préparer le chemin du Seigneur ;  de tracer droit, dans les terres arides,  une route pour notre Dieu. De même cette tâche incombera autant aux croyants du futur !

Alors, sans perdre de temps, devenons prophètes de Celui qui est, qui était et qui vient. Pour ce faire, laissons-nous guider par les lectures de ce matin :

Le prophète Isaïe nous dit de consoler le peuple et lui parler au cœur, d’élever la voix avec force et de dire ‘voici votre Dieu, il vient avec puissance’. Donc être prophète, c’est élever la voix pour proclamer notre foi en Dieu. Et cela passe par des gestes concrets à prodiguer à côté de chez soi, dans sa propre famille parfois! Tels : consoler ceux qui sont tristes, être proche de ceux qui souffrent, être attentifs à ceux qui sont seuls.

Le psaume l’affirme : la vérité germera de la terre. Être prophète de Dieu c’est être témoin de la Vérité. Chercher la vérité sur l’homme, c’est découvrir Dieu en Christ et voir Christ en chaque homme ! Etre prophète, c’est défendre cette vérité sur l’homme : voulu par Dieu il est appelé à partager sa condition divine.

St Pierre dans sa lettre nous le redit : voyez quels hommes vous devez être,  en vivant dans la sainteté et la piété. Etre prophète c’est témoigner par notre vie qu’une autre manière de vivre, d’être au monde, est possible : une vie dont la prière et la contemplation du Christ Sauveur sont le cœur !

Enfin st Marc dans l’Evangile nous rappelle que Jean le Baptiste proclamait un baptême de conversion pour le pardon des péchés. Être prophète c’est aussi annoncer aux hommes qu’ils ne sont pas Dieu, mais seulement des créatures aimées et désirées, pardonnées et rachetées. C’est rappeler à tous que Dieu offre gratuitement à chaque homme de devenir, par adoption, son fils ou sa fille bien-aimé.

C’est ce mystère de notre Salut, de notre adoption divine qui se renouvelle en chaque Eucharistie. Puisse notre communion de ce soir nous faire devenir de vaillants prophètes du Seigneur qui veut que tous parviennent à la conversion. Amen

homélie du 1° dimanche de l’Avent

Lecture du livre du prophète Isaïe

Jamais on n’a entendu, jamais on n’a ouï dire, nul œil n’a jamais vu un autre dieu que toi agir ainsi pour celui qui l’attend. Tu viens rencontrer celui qui pratique avec joie la justice, qui se souvient de toi en suivant tes chemins….

PSAUME 79 (80)

Berger d’Israël, écoute, resplendis au-dessus des Kéroubim ! Réveille ta vaillance et viens nous sauver.
Dieu de l’univers, reviens ! Du haut des cieux, regarde et vois : visite cette vigne, protège-la, celle qu’a plantée ta main puissante.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Prenez garde, restez éveillés : car vous ne savez pas quand ce sera le moment. C’est comme un homme parti en voyage : en quittant sa maison, il a donné tout pouvoir à ses serviteurs, fixé à chacun son travail, et demandé au portier de veiller. Veillez donc, car vous ne savez pas quand vient le maître de la maison, le soir ou à minuit, au chant du coq ou le matin ; s’il arrive à l’improviste, il ne faudrait pas qu’il vous trouve endormis. Ce que je vous dis là, je le dis à tous : Veillez

Pour nous faire comprendre ce qu’est le temps de l’Avent, l’Eglise nous propose, dans les textes de la liturgie, trois verbes qui sont comme des refrains : Venir, Revenir et Veiller. Trois verbes donc trois parties dans mon homélie.

1/ Venir. C’est un verbe important pour la foi car nous croyons que Dieu est venu parmi les siens. Notre Dieu n’est pas un Dieu lointain et inaccessible, il est le Dieu qui se fait proche comme s’en émerveille le prophète Isaïe dans la première lecture : Voici que tu es descendu… Jamais on n’a entendu, jamais on n’a ouï dire, nul œil n’a jamais vu un autre dieu que toi agir ainsi. Dieu vient à notre rencontre, mais à condition que nous ayons, nous aussi, pris le chemin pour le retrouver. Ce chemin selon Isaïe c’est celui de la justice pratiquée avec joie : Tu viens rencontrer celui qui pratique avec joie la justice, qui se souvient de toi en suivant tes chemins.

Comment vient-il à la rencontre des hommes ? Et bien c’est la personne de Jésus qui nous donne la réponse : Dieu est venu lui-même, il s’est approché jusqu’à devenir l’un de nous. Désormais Jésus, c’est Dieu qui  vient à la rencontre du juste en étant lui-même le pauvre à nourrir, l’affligé à consoler, le prisonnier à libérer, le malade à visiter ? Cela annonce déjà la parole de Jésus dans le jugement dernier : ce que vous avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.

Ainsi l’Avent c’est aller à la rencontre de Dieu qui vient à nous en se faisant homme. Vivre l’Avent c’est accueillir et servir Dieu qui vient à notre rencontre à travers tous nos frères et sœurs humains, surtout ceux qui sont dans le besoin. Interrogeons-nous : Prenons-nous le temps de rencontrer le Seigneur en le contemplant dans le visage de nos frères et sœurs ?

2/ Revenir. La chance d’avoir un Dieu qui s’est fait homme est de savoir d’où vient notre foi et qu’elle repose sur des faits concrets et précis : la vie de Jésus. Jésus est la réalisation de la promesse de Dieu. Le prophète Isaïe a annoncé et désiré voir Dieu qui se fait proche et Jésus a réalisé ce désir. Jésus est Dieu qui tient sa promesse, qui vient visiter l’humanité. Ainsi, ayant accompli les promesses, Jésus s’en est retourné vers le Père, promettant de revenir. Et si nous pouvons croire fermement qu’il reviendra ce parce qu’il est déjà venu. Il est le Dieu qui tient ses promesses. Le temps de l’Avent est donc aussi un entrainement à lever nos regards non plus seulement vers le Dieu qui vient (c’est-à-dire la nativité du Seigneur) mais vers le Dieu qui reviendra (c’est-à-dire le retour du Seigneur Ressuscité dans la gloire). C’est pourquoi nous pouvons faire nôtre les paroles du psaume : Dieu de l’univers, reviens ! visite cette vigne, protège-la, celle qu’a plantée ta main puissante. L’Eglise est la vigne que Jésus a plantée il y a deux milles ans. Et elle attend le retour du vigneron qui récoltera ses fruits. C’est Jésus lui-même qui le dit dans l’Evangile : Veillez donc, car vous ne savez pas quand vient le maître de la maison.

Entre ces deux postures, l’origine et la fin, il convient de garder le cap, de veiller.

3/ Veiller. Le Seigneur a promis de venir et il est venu, il a promis de revenir et il reviendra, nous devons donc toujours l’attendre, veiller pour être prêts à l’accueillir. Veiller c’est donc faire fructifier nos vies en faisant connaître celle du Christ, comme le rappelle st Paul aux Corinthiens : le témoignage rendu au Christ s’est établi fermement parmi vous. Ainsi, aucun don de grâce ne vous manque, à vous qui attendez de voir se révéler notre Seigneur Jésus Christ. Rendre témoignage au Christ déploie en nous tous les dons spirituels pour tenir dans la mission. Cela signifie qu’à chaque fois que nous témoignons de Jésus et des merveilles qu’il fait dans nos vies, nous recevons des dons spirituels pour poursuivre cette mission de témoignage. Veiller c’est donc témoigner sans cesse de Jésus, car C’est lui qui vous fera tenir fermement jusqu’au bout.

Vivre l’Avent c’est veiller en témoignant de Jésus. Alors sommes-nous des veilleurs ? Avons-nous à cœur de le rendre visible dans nos vies à travers des paroles et des actes qui témoignent qu’il est déjà venu nous sauver et qu’il reviendra achever son œuvre de salut ?

Pour que vous puissiez vivre l’Avent autrement, Jésus va maintenant, par mes mains et mes paroles, venir jusqu’à vous sur l’autel. En vous offrant son Corps en nourriture il vous donne ce qui est nécessaire pour attendre son retour avec confiance. En livrant sa vie dans vos mains à la communion, il vous comble de la puissance de son amour pour que vous viviez comme des veilleurs, comme des hommes et des femmes de justice. Alors prêts pour une nouvelle année ? Amen.

homélie Christ Roi

Lecture du livre du prophète Ézékiel

Ainsi parle le Seigneur Dieu : Voici que moi-même, je m’occuperai de mes brebis, et je veillerai sur elles. Comme un berger veille sur les brebis de son troupeau quand elles sont dispersées, ainsi je veillerai sur mes brebis, et j’irai les délivrer dans tous les endroits où elles ont été dispersées un jour de nuages et de sombres nuées. C’est moi qui ferai paître mon troupeau, et c’est moi qui le ferai reposer, – oracle du Seigneur Dieu. La brebis perdue, je la chercherai ; l’égarée, je la ramènerai. Celle qui est blessée, je la panserai. Celle qui est malade, je lui rendrai des forces. Celle qui est grasse et vigoureuse, je la garderai, je la ferai paître selon le droit. Et toi, mon troupeau – ainsi parle le Seigneur Dieu –, voici que je vais juger entre brebis et brebis, entre les béliers et les boucs.

Aujourd’hui c’est le dernier dimanche de l’année, pourtant personne n’en a parlé ni à la télé, ni sur les réseaux sociaux ! Je m’explique : vous avez surement remarqué que sur une année nous revivons les principales étapes de la vie de Jésus et de l’Eglise : en décembre nous nous préparons à la naissance de Jésus : c’est le temps de l’Avent (qui commencera dimanche prochain). Puis nous célébrons sa naissance à Noël et nous rappelons en avril sa mort et sa résurrection. En mai nous célébrons son ascension (retour vers le Père) et 10 jours après la pentecôte (don de l’Esprit Saint). On appelle les mois suivants (de juin à novembre) le temps ordinaire. C’est symboliquement le temps pendant lequel l’Eglise grandit et part en mission dans le monde pour annoncer la bonne nouvelle de Jésus à tous les hommes. Sa mission durera jusqu’à ce que Jésus revienne à la fin des temps dans la gloire… et c’est le dernier dimanche de novembre qu’on célèbre une grande fête qui nous dit qu’un jour Jésus reviendra pour instaurer définitivement son royaume parmi les hommes. (D’ailleurs nous prions pour cela tous les jours en disant dans le Notre Père : « que ton règne vienne »). C’est cette fête qu’on appelle du Christ Roi que nous célébrons aujourd’hui…

Mais la manière dont Jésus est Roi est bien différente de la vision que les hommes ont de la royauté. Voyons cela ensemble :

1-Le premier fait remarquable concerne le Royaume. Celui de Jésus « n’est pas de ce monde » et pourtant « il est parmi nous ». Il n’est pas de ce monde car il est le royaume des Cieux et pourtant il est parmi nous car le Fils éternel de Dieu, en se faisant homme au milieu des hommes a transféré son Royaume au milieu de nous. Jésus, en quelque sorte, c’est le Royaume de Dieu parmi nous. Jésus est la pierre angulaire sur laquelle se construit, dès ce monde, le royaume de Dieu. Alors vous en déduisez aussi que le royaume de Dieu qui est en germe sur terre, c’est l’Eglise qui est le corps du Christ.

2-La seconde caractéristique concerne les conditions d’émigration pour entrer dans ce royaume. D’abord on le reçoit en héritage, comme le rappelle l’Evangile : « Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous » et cet héritage est nôtre « depuis la fondation du monde». Ce sont donc des personnes très aimées de Dieu qui peuvent accéder au royaume. Ensuite pour y entrer, deux nécessités : d’abord avoir franchi la mort avec le Christ comme le rappelle Paul aux Corinthiens : « En effet, c’est en Adam que meurent tous les hommes ; c’est dans le Christ que tous revivront.». Ensuite il faudra fournir le bon  justificatif: non pas un certificat de baptême, mais celui de la charité envers le prochain. Car dans ce royaume tout acte envers le prochain touche le Roi lui-même : « ‘Vraiment, je vous le dis, chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. »

3-La troisième caractéristique concerne son souverain qui est atypique. Au lieu de se considérer comme une élite, il se compare à un berger comme le rappelle le prophète Ezéchiel : « Comme un berger veille sur les brebis de son troupeau, ainsi je veillerai sur mes brebis. » et il va lui-même au boulot : il fait paître et reposer son troupeau, il va chercher la brebis perdue et ramène l’égarée, il soigne celle qui est blessée et revigore celle qui est faible, etc. Mais ce qui le distingue encore plus des autres souverains, c’est le trône et la couronne qu’il a choisit : une croix et une couronne d’épine.

Ainsi décrit comme le règne de Dieu au milieu de nous, l’Eglise est la semence du royaume à venir. Par Elle le royaume de Dieu est déjà là : L’Eglise, c’est-à-dire vous et moi, le peuple des baptisés, doit être une grande famille où chacun est attendu, accueilli, reconnu comme frère ou sœur. Elle n’est pas que l’annonce des biens à venir et des consolations dans le futur ; elle doit être aussi, aujourd’hui, ici dans le doyenné de Lons l’amour vécu en acte et vérité, la joie rayonnante du ressuscité, l’hôpital de compagne qui soigne les malades de ce monde comme aime à le rappeler le pape François. !

Ce matin, notre Grand Roi Jésus le Christ va nous nourrir de son propre Corps. Par le pain de ce jour qu’il nous partage à la communion il sème en nous sa vie laissons-le faire de chacun de nous des pierres vivantes avec lesquelles il édifiera son Royaume d’amour et de Paix dans notre doyenné. Amen

homélie 33° dimanche

Évangile de J-C selon saint Matthieu

    En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples cette parabole : « C’est comme un homme qui partait en voyage : il appela ses serviteurs et leur confia ses biens. À l’un il remit une somme de cinq talents, à un autre deux talents, au troisième un seul talent, à chacun selon ses capacités. Puis il partit. Aussitôt,  celui qui avait reçu les cinq talents s’en alla pour les faire valoir et en gagna cinq autres. De même, celui qui avait reçu deux talents en gagna deux autres. Mais celui qui n’en avait reçu qu’un alla creuser la terre et cacha l’argent de son maître. Longtemps après, le maître de ces serviteurs revint et il leur demanda des comptes. Celui qui avait reçu cinq talents s’approcha, présenta cinq autres talents et dit : ‘Seigneur, tu m’as confié cinq talents ;  voilà, j’en ai gagné cinq autres.’ Son maître lui déclara : ‘Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton seigneur.’ Celui qui avait reçu deux talents s’approcha aussi et dit : ‘Seigneur, tu m’as confié deux talents ; voilà, j’en ai gagné deux autres.’ Son maître lui déclara : ‘Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton seigneur.’ Celui qui avait reçu un seul talent s’approcha aussi et dit : ‘Seigneur, je savais que tu es un homme dur : tu moissonnes là où tu n’as pas semé, tu ramasses là où tu n’as pas répandu le grain. J’ai eu peur, et je suis allé cacher ton talent dans la terre. Le voici. Tu as ce qui t’appartient.’ Son maître lui répliqua : ‘Serviteur mauvais et paresseux, tu savais que je moissonne là où je n’ai pas semé, que je ramasse le grain là où je ne l’ai pas répandu. Alors, il fallait placer mon argent à la banque ; et, à mon retour, je l’aurais retrouvé avec les intérêts. Enlevez-lui donc son talent et donnez-le à celui qui en a dix. À celui qui a, on donnera encore, et il sera dans l’abondance ; mais celui qui n’a rien se verra enlever même ce qu’il a. Quant à ce serviteur bon à rien, jetez-le dans les ténèbres extérieures ; là, il y aura des pleurs et des grincements de dents !’ »

Voilà un mois déjà que nous écoutons de la bouche du Seigneur, différents passages de son discours sur la venue du fils de l’homme à la fin des temps. Pas encore mort, le Seigneur Jésus projette déjà ses disciples au moment de son retour dans la gloire. Les paroles de Jésus dans l’Evangile sont faites pour rassurer les disciples et les aider à replacer l’évènement de sa passion à venir dans le grand projet de Dieu pour l’humanité : non pas détruire et anéantir le monde, mais préparer l’humanité à participer à sa vie divine pour toujours. Ces paroles adressées aux disciples le sont à nous aujourd’hui aussi : Jésus nous invite à lever les yeux vers les réalités invisibles et éternelles. En nous projetant au jour de son retour glorieux, il transforme notre mort en passage et nos tombes en porte vers la vie éternelle.

Et, dans l’évangile, Jésus nous fait une grande révélation : pour se préparer à ce jour, tout nous a déjà été donné, il faut juste le faire fructifier. En effet, on peut lire : un homme, qui partait en voyage, appela ses serviteurs et leur confia ses biens. L’homme dont il est question c’est Jésus ; le voyage qu’il entreprend c’est son retour vers le Père après sa résurrection ; les serviteurs ce sont les disciples, c’est-à-dire nous aujourd’hui ;  les biens qu’il confie ce sont le dépôt de la foi, l’annonce du salut, les sacrements, les vertus et les charismes et comme le précise l’évangile à l’un il donna une somme de cinq talents, à un autre deux talents, au troisième un seul à chacun selon ses capacités. Son retour de voyage c’est le retour du Christ à la fin des temps pour le jugement du monde.

Chacun reçoit les moyens d’accéder à la vie éternelle… le désir de Jésus, comme le suggère l’Evangile, est de faire entrer tout le monde dans la joie du Maître. Alors demandons-nous pourquoi certains n’y entrent pas et par conséquent ce qui différentie les uns des autres.

La première différence est de taille. Elle est même contraire à ce que l’on peut attendre du Seigneur : pour une fois ce n’est pas la pauvreté craintive qui ouvre les portes du paradis mais la richesse acquise par le travail volontaire.

La deuxième différence concerne notre compréhension de la mission que Dieu nous confie. En effet, on peut imaginer que les trois serviteurs de l’évangile savaient que le maître moissonne là où il n’a pas semé, qu’il ramasse le grain là où il ne l’a pas répandu. Ils connaissaient sa réputation et ses exigences. Deux agissements différents nous sont décrits : les deux premiers serviteurs utilisent leurs capacités et charismes pour semer le salut et la bonne nouvelle là où le maître n’est pas allé car ils considèrent que si le maitre n’est pas allé ici ou là pour semer, c’est qu’il compte sur eux pour le faire, pour poursuivre son travail commencé ! Les exigences du maître stimulent le travail et l’audace des serviteurs : Aussitôt, celui qui avait reçu cinq talents s’occupa de les faire valoir et en gagna cinq autres Le troisième serviteur demeure braqué sur les exigences du maître, elles le tétanisent et l’empêchent de déployer son talent. Sa peur de mal faire prend le pas sur sa mission qui est d’apporter le salut à tous les hommes qui l’ignorent encore. Car entre les 2 premiers serviteurs et le troisième il y a une différence de perception de Dieu.

La troisième différence concerne l’influence de notre vision de Dieu sur notre vie chrétienne. Les trois serviteurs craignent leur maître, mais ils n’ont pas la même crainte. Les 2 premiers serviteurs craignent Dieu, comme des fils leur père ; ils ont du respect et de la déférence pour Dieu. Ils savent que Dieu leur fait confiance pour déployer leurs dons et capacités afin de poursuivre son œuvre d’amour dans le monde. Ils trouvent leur bonheur à marcher selon les voies de Dieu et à se nourrir du travail de leurs mains.

Le 3° serviteur craint Dieu comme un esclave son maître. Sa crainte est une pure peur angoissante. Il croît que Dieu le met à l’épreuve, qu’il veut le piéger et qu’il l’attend au tournant. Il ne se risque pas, il n’a aucune audace. Il refuse de faire fructifier les dons qu’il a reçus du Seigneur. Sa vision de Dieu paralyse ses actions et lui fait enterrer ses talents et charismes.

On apprend donc que pour se faire un trésor au ciel il faut se dépenser pour Dieu sur terre. Or on ne peut se dépenser et faire croitre sa joie que par amour et non par peur. Qui donne tout reçoit davantage ! Alors qu’oserons-nous dépenser pour Dieu ici-bas qui fasse notre magot pour l’éternité au ciel ? Amen

homélie 32° dimanche

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

    En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples cette parabole : « Le royaume des Cieux sera comparable à dix jeunes filles invitées à des noces, qui prirent leur lampe pour sortir à la rencontre de l’époux. Cinq d’entre elles étaient insouciantes, et cinq étaient prévoyantes : les insouciantes avaient pris leur lampe sans emporter d’huile, tandis que les prévoyantes avaient pris, avec leurs lampes, des flacons d’huile. Comme l’époux tardait, elles s’assoupirent toutes et s’endormirent. Au milieu de la nuit, il y eut un cri : ‘Voici l’époux ! Sortez à sa rencontre.’ Alors toutes ces jeunes filles se réveillèrent et se mirent à préparer leur lampe. Les insouciantes demandèrent aux prévoyantes : ‘Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s’éteignent.’ Les prévoyantes leur répondirent : ‘Jamais cela ne suffira pour nous et pour vous, allez plutôt chez les marchands vous en acheter.’ Pendant qu’elles allaient en acheter, l’époux arriva. Celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces, et la porte fut fermée. Plus tard, les autres jeunes filles arrivèrent à leur tour et dirent : ‘Seigneur, Seigneur, ouvre-nous !’ Il leur répondit : ‘Amen, je vous le dis : je ne vous connais pas.’ Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure. »

Tous les dimanches de novembre, à travers les différents textes de la liturgie, l’Eglise nous invite à regarder, au-delà de la vie présente, ce qui nous attend après la mort. Ainsi, ce dimanche, par la parabole des 10 vierges, L’Eglise nous invite à considérer les efforts à faire dès cette vie, pour que nous soyons trouvé dignes, l’heure venue, d’entrer dans le royaume pour célébrer nos noces d’amour éternel avec le Seigneur.

Car il va de soi, ce matin spécialement, de ne pas lire cette parabole évangélique au premier degré, mais d’élever notre compréhension jusqu’au sens qu’on appelle allégorique. En effet, ce dont il question pour Jésus n’est pas avant tout le salut de 10 vierges de corps. Mais à travers leur histoire Jésus veut nous entretenir du salut des hommes, de notre salut. Si tel est le sujet, découvrons ensembles, qui sont ces vierges dont on parle, ce qu’est l’huile qui alimente leur lampe, qui sont les marchands que les vierges folles vont rencontrer et enfin quel est donc ce jour de noce tant attendu. Donc 4 points dont dans mon homélie ce matin

1/ qui sont les vierges dont il est dit que 5 sont prévoyantes et 5 insouciantes ? Les vierges sont par définitions des personnes qui sont abstinentes, elles représentent donc les personnes qui savent se priver des biens de ce monde pour se consacrer et se préparer à la vie éternelle : on devrait voir ici l’ensemble des baptisés… Pourtant les vierges sont différentiées entre prévoyantes et insouciantes. Je laisse st Grégoire le Grand (pape au VI°s) vous l’expliquer : la sainte Église nous est représentée sous la figure de ces dix vierges, et, comme (en elle) les bons s’y trouvent mêlés aux méchants, et les réprouvés avec les élus, elle est comparée avec raison aux vierges sages et aux vierges folles (prévoyantes et insouciantes).

On peut donc en conclure que l’Eglise est celle qui regroupe en son sein des personnes qui cherchent la vie éternelle et s’y préparent avec plus ou moins de volonté… Donc, tous les membres de l’Eglise vont ensembles, lampes à la main, dans la salle des noces pour y attendre le Sauveur. Cependant, il y a là une première différentiation : certains ont des flacons d’huiles et d’autres pas !

2/ Quel est donc cette huile nécessaire à la rencontre de Dieu ?

Selon st Grégoire le grand que je citais tout à l’heure et plusieurs autres pères de l’Eglise, l’huile représente nos bonnes actions dans ce monde, notre charité active : Ceux dont la foi est droite et la vie pure sont semblables aux cinq vierges sages (prévoyantes) ; mais ceux qui font profession de la foi chrétienne, sans chercher à assurer leur salut par les bonnes œuvres, ressemblent aux cinq vierges folles (insouciantes).

3/Alors qui sont les marchands qui vendent l’huile nécessaire au salut ?

Ce sont les pauvres évidemment! Et il nous faut en tirer, avec st Jean Chrysostome la bonne conclusion : ce n’est pas dans l’autre vie que nous trouverons les pauvres, mais ici-bas ; c’est donc pendant cette vie qu’il nous faut faire provision de cette huile, pour alimenter notre lampe lorsque Jésus-Christ nous appellera. Et le prix d’achat de cette huile indispensable est élevé, comme le rappelle st Hilaire de Poitiers : Cette huile s’achète à grand prix, et ne s’acquiert que par de pénibles travaux, c’est-à-dire non-seulement par les aumônes, mais par la pratique de toutes les vertus et des conseils enseignés par les maîtres spirituels.

Jusqu’à présent nous savons donc que les vierges représentent l’Eglise, et en elle, il y a les personnes qui ont œuvré, dès cette vie, pour les pauvres et mis en pratique l’Evangile et il y a les autres qui ne l’ont pas assez fait…et tout cela est en vue du jour des noces ?

4/ Quel est-il donc ce jour des noces ? Certainement celui du jugement. En effet, dans l’évangile il est dit que toutes ces jeunes filles se réveillèrent c’est-à-dire qu’au jour du jugement, les élus et les réprouvés sont réveillés du sommeil de la mort. Et quelle est leur première action ? Les vierges se mirent à préparer leur lampe, selon ce que dit l’évangile, cela peut se traduire par : les élus et les réprouvés préparent leurs lampes, parce qu’ils font en eux-mêmes le dénombrement des œuvres qui peuvent leur permettre d’espérer le bonheur éternel.

On apprend donc que la charité doit être agissante en nos mains dès maintenant. C’est dès aujourd’hui, ici dans notre doyenné ou notre diocèse, sans attendre d’avoir plus de temps ou plus d’argent, qu’il faut aimer, aider et soutenir les plus pauvres que Dieu nous envoie et vivre en conformité à l’enseignement de l’Eglise. Car st Jérôme le rappelle : Après le jour du jugement, il n’y a plus d’occasion de pratiquer la justice et de faire de bonnes œuvres. Alors pour être sûr que la lampe de nos vies aura assez d’huile de charité pour tenir face au Seigneur au jour du jugement, Jésus nous a donné l’eucharistie, sa vie, pour que nous puissions aimer comme Lui, de son amour même. Alors venez recevoir son amour pour qu’à la sortie de cette messe, vous puissiez recevoir des pauvres, par vos bonnes œuvres, l’huile de votre Salut ! Amen

homélie du 31° dimanche

Évangile de Jésus -Christ  selon st Matthieu

En ce temps-là, Jésus s’adressa aux foules et à ses disciples, et il déclara : « Les scribes et les pharisiens enseignent dans la chaire de Moïse. Donc, tout ce qu’ils peuvent vous dire, faites-le et observez-le. Mais n’agissez pas d’après leurs actes, car ils disent et ne font pas. Ils attachent de pesants fardeaux, difficiles à porter, et ils en chargent les épaules des gens ; mais eux-mêmes ne veulent pas les remuer du doigt. Toutes leurs actions, ils les font pour être remarqués des gens : ils élargissent leurs phylactères et rallongent leurs franges ; ils aiment les places d’honneur dans les dîners, les sièges d’honneur dans les synagogues et les salutations sur les places publiques ; ils aiment recevoir des gens le titre de Rabbi. Pour vous, ne vous faites pas donner le titre de Rabbi, car vous n’avez qu’un seul maître pour vous enseigner, et vous êtes tous frères. Ne donnez à personne sur terre le nom de père, car vous n’avez qu’un seul Père, celui qui est aux cieux. Ne vous faites pas non plus donner le titre de maîtres, car vous n’avez qu’un seul maître, le Christ. Le plus grand parmi vous sera votre serviteur. Qui s’élèvera sera abaissé, qui s’abaissera sera élevé. »

Parmi nous ce matin beaucoup exercent ou ont exercé de nombreuses responsabilités : maire ou adjoint d’une commune, professeur, chef d’entreprise ou cadre, parents, président ou membre d’association, prêtre, etc…De nos décisions, de nos paroles et de nos actes dépendent souvent l’avenir, le moral, la vie éternelle d’autres personnes. Or comme le rappelle un proverbe « ce que l’on donne à voir et à attendre, donne à croire ». Certes les textes de la liturgie de ce dimanche matin illustrent parfaitement cet adage pour les prêtres, mais on peut aussi l’étendre à tous ceux qui exercent une responsabilité. On trouve dans ces textes : les dangers et des conseils pour ceux qui exercent une responsabilité.

1/ celui qui exerce des responsabilités s’expose à des risques.

Le premier risque est de travailler à sa propre gloire, de se servir de sa responsabilité pour redorer sa propre image, pour se placer au centre. Ceux-là se donner à voir plutôt qu’ils donnent à voir, c’est le cas décrit par Jésus : Toutes leurs actions, ils les font pour être remarqués des gens. Ce danger existe depuis le péché originel : se prendre pour Dieu, se croire le sommet et l’initiateur des choses, se considérer comme l’origine des personnes et de leurs vies. Jésus dénonce cela avec force: ne vous faites pas donner le titre de Rabbi ou de Maître et ne donnez à personne sur terre le nom de père.

Le second risque est de vouloir établir une concorde au raz des pâquerettes pour ne pas faire de vague en manipulant l’Ecriture et la loi : c’est ce que dénonce le Seigneur dans la première lecture : vous n’avez pas gardé mes chemins, mais agi avec partialité dans l’application de la Loi. C’est le grand risque de préférer la tiédeur à la sainteté, la médiocrité à l’excellence. On relativise la règle ou la loi, on l’escamote pour faire croire aux personnes qu’elles sont arrivées ou pire qu’elles ne peuvent pas aller plus loin. On empêche la marche jusques à la sainteté (souvent parce que soi-même on ne veut pas emprunter jusques au bout ce chemin, c’est cela que Jésus  dénonce : tout ce qu’ils peuvent vous dire, faites-le et observez-le. Mais n’agissez pas d’après leurs actes, car ils disent et ne font pas. Ils attachent de pesants fardeaux, difficiles à porter, et ils en chargent les épaules des gens ; mais eux-mêmes ne veulent pas les remuer du doigt.

2/ des conseils pour vivre sereinement les responsabilités.

Jésus dans l’Evangile rappelle l’essentiel en deux phrases : d’abord quant à l’origine : vous n’avez qu’un seul Père, celui qui est aux cieux puis quant à l’attitude : le plus grand parmi vous sera votre serviteur. Dieu est au dessus de tous, unique et glorieux, tout vient de lui et tend vers lui. J’aime à citer cet extrait du N°2 du décret pour la vie des prêtres du Concile VII : « Le but que les prêtres poursuivent dans leur ministère et dans leur vie, c’est de rendre gloire à Dieu le Père dans le Christ. Et cette gloire, c’est l’accueil, conscient, libre et reconnaissant, des hommes à l’œuvre de Dieu accomplie dans le Christ ; c’est le rayonnement de cette œuvre à travers toute leur vie » De cela découle deux choses qu’il faut lier, tout chrétien doit travailler à glorifier Dieu, c’est-à-dire à vénérer et défendre sa majesté (par la prière, la beauté et la grandeur de la liturgie : « rien n’est trop beau pour Dieu » disait le curé d’Ars) et il doit en même temps mener pour lui-même une vie pauvre et humble, emprunte de simplicité et de service des autres, une vie qui devienne exemplaire car illuminée de la présence de Dieu en lui. Il faut vivre ces deux élans de manière cohérente et non mépriser l’un ou l’autre. A la fois il faut honorer Dieu par une très belle liturgie et dans le prochain par l’aide qu’on lui apporte.  Notre seul but : méditant et nous nourrissant de la Parole de Dieu avec toutes les personnes dont nous avons la charge, marcher avec conviction et sereinement vers la sainteté qui prépare à la vie éternelle.

3/ La cohérence de vie fait porter du fruit.

Je reviens d’un pèlerinage auprès du Padre Pio. Voilà un religieux capucin, pauvre parmi les pauvres, grand ami du Seigneur, célébrant la sainte messe avec une grande dignité (la messe pouvait durer 3h !) désirant par-dessus tout sauver toutes les âmes possibles. Enseveli dans la prière, jusques à être conformé, à son maître le Christ, par les stigmates,  grand faiseur de miracles il disait : « on ne peut pas toujours attendre des miracles, il faut agir contre la souffrance » Et bien ce même homme a construit à côté de son monastère un immense hôpital (plus de 900 lits) ultra moderne pour soulager la souffrance des hommes gratuitement. Et c’est encore comme cela qu’il fonctionne aujourd’hui, uniquement par des dons ! Certes nous ne sommes pas tous padre Pio, mais tous nous pouvons puiser dans la prière et l’Eucharistie vécue et reçue dignement, les forces pour nous sanctifier et pour servir nos frères et sœurs, pour vivre dans ce monde une vie chrétienne cohérente, qui attirera au Christ ceux qui sont loin. La sainteté est contagieuse… faites tout pour l’attraper et pour la transmettre à un maximum de personnes ! Amen

homélie de la Toussaint

Lecture de l’Apocalypse de saint Jean

Moi, Jean, j’ai vu un ange qui montait du côté où le soleil se lève, avec le sceau qui imprime la marque du Dieu vivant ; d’une voix forte, il cria aux quatre anges qui avaient reçu le pouvoir de faire du mal à la terre et à la mer : « Ne faites pas de mal à la terre, ni à la mer, ni aux arbres, avant que nous ayons marqué du sceau le front des serviteurs de notre Dieu. » Et j’entendis le nombre de ceux qui étaient marqués du sceau : ils étaient cent quarante-quatre mille, de toutes les tribus des fils d’Israël. Après cela, j’ai vu : et voici une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, tribus, peuples et langues. Ils se tenaient debout devant le Trône et devant l’Agneau, vêtus de robes blanches, avec des palmes à la main. Et ils s’écriaient d’une voix forte : « Le salut appartient à notre Dieu qui siège sur le Trône et à l’Agneau ! » Tous les anges se tenaient debout autour du Trône, autour des Anciens et des quatre Vivants ; se jetant devant le Trône, face contre terre, ils se prosternèrent devant Dieu. Et ils disaient : « Amen ! Louange, gloire, sagesse et action de grâce, honneur, puissance et force à notre Dieu, pour les siècles des siècles ! Amen ! » L’un des Anciens prit alors la parole et me dit : « Ces gens vêtus de robes blanches, qui sont-ils, et d’où viennent-ils ? » Je lui répondis : « Mon seigneur, toi, tu le sais. » Il me dit : « Ceux-là viennent de la grande épreuve ; ils ont lavé leurs robes, ils les ont blanchies par le sang de l’Agneau. »

La Toussaint que nous célébrons ce matin est à la fois la fête de tous les saints et l’affirmation que nous sommes tous appelés à la sainteté. Les saints reconnus tels nous invitent tous à être saint. Et ceux qui répondront à l’invitation, qui sont d’après la vision de st Jean dans la 1° lecture, une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, tribus, peuples et langues, se tiendront debout devant le Trône et devant l’Agneau, vêtus de robes blanches, avec des palmes à la main.

Ainsi la Toussaint nous concerne tous : elle concerne d’abord ceux que Dieu nous donne comme modèle de vie (on peut y voir les 144.000 élus marqués du sceau de l’Agneau), elle concerne aussi nos défunts qui ont essayé de vivre en imitant Jésus et en essayant de vivre en conformité avec l’enseignement de l’Eglise (on peut y voir la foule immense de la 1° lecture), elle nous concerne enfin, car elle est aussi notre avenir : Dieu veut nous faire participer à cette grandiose liturgie céleste. Avec les Anciens et les vivants, avec la foule immense des sauvés et les élus, nous entrerons dans la joie sans fin de l’Adoration de Dieu. Avec eux tous, unissant notre voix à la leur, à celles de nos défunts que nous aurons retrouvés dans la paix nous acclamerons Dieu en disant : « Amen ! Louange, gloire, sagesse et action de grâce, honneur, puissance et force à notre Dieu, pour les siècles des siècles ! Amen ! ».Cette fête de la Toussaint est donc celle de l’espérance : d’abord en accomplissant notre vocation chrétienne, c’est-à-dire en devenant pour toujours fils et filles de Dieu, ensuite en rejoignant tous nos défunts qui vécurent sur cette terre en amis de Dieu et de Jésus.

Ainsi ce que nous vivrons pour toujours et en plénitude après la mort, se prépare dès ici bas. C’est pour cela que l’Eglise nous propose ce matin l’évangile des béatitudes. Il est le programme de préparation intensive à la sainteté. Il est notre programme de vie pour ce temps, pour notre XXI° siècle dans notre doyenné.

Voyons donc ce programme : il nous donne une attitude générale : être heureux et neuf manières possibles de vivre pour se sanctifier, c’est-à-dire pour devenir un saint : les neuf béatitudes.

1/ « Heureux » : Jésus nous rappelle comme un refrain que la foi rend joyeux, que suivre Jésus et son enseignement nous établit dans la joie. Cette joie rayonne sur le visage de ceux qui ont accepté de livrer toute leur vie à Dieu, comme les enfants l’ont découvert ce matin avant la messe découvrant la vie de saint François d’Assise, de sainte  Rose de Lima, de saint Maximilien Kolbe et de bien d’autres ! La joie dont Dieu nous comble est une jubilation de tout notre être, comme si chacune de nos cellules était saisie par une plénitude de vie. C’est la joie de savoir d’où nous venons et où nous allons, la joie d’être aimé infiniment et d’être attendu. La joie de savoir que Dieu notre Père et Créateur nous attend les bras grands ouverts pour nous étreindre et nous consoler, pour nous combler de son amour paternel.  Je ne puis qu’humblement vous inviter à goûter à cette joie là en vous abandonnant à votre tour entre ses mains : laissez Dieu vous aimer !

2/ Neuf invitations qui diffusent la joie et donnent la vie à ceux qui les suivent. En effet, si le bonheur d’un saint demeure dans le Christ Jésus qu’il essaie d’imiter autant que sa nature humaine le lui permet ;  il est autant dans la certitude que Jésus les attends en chaque personne qu’ils rencontrent et surtout les plus petits et les plus pauvres. Les saints sont toujours présents là où l’homme souffre, peine et tombe : les saints sont les hérauts de la miséricorde, ils apportent leur secours là où il y a des besoins : annoncer l’amour de Dieu et pardonner les péchés pour remettre l’homme debout comme le Saint curé d’Ars ; soigner les malades et soulager la souffrance comme saint Padre Pio ou Sainte mère Térésa, nourrir les affamés comme st Philippe Néri, œuvrer pour la justice sociale comme st Vincent de Paul, travailler à établir la paix comme st François d’Assise, pour défendre la dignité de tous les hommes de leur conception à leur mort comme le professeur Lejeune. Elles sont innombrables à travers le monde les œuvres des saints pour aider concrètement les hommes et femmes de leurs temps. Certes nous pouvons simplement jouir de ce qu’ils ont bâti mais nous pouvons aussi, là où nous sommes, dans notre doyenné nous retrousser les manches et agir. Être saint c’est s’enraciner dans la foi par la prière et ensuite agir, au nom du Christ, pour le bien des hommes et des femmes de notre temps. Soyez inventifs, ayez l’audace de l’amour concret pour votre prochain. Je suis sûr que vous bouillonnez d’idées ! Vous le savez bien frères et sœurs, on se trouve en se donnant aux autres et ce sont tous les petits que nous avons aidé qui nous accueilleront un jour au paradis !

Que l’Eucharistie qui nous sanctifie nourrisse aussi notre audace et notre créativité pour œuvrer au bien commun de tous, pour la plus grande gloire de Dieu. Amen.