homélie du 24° dimanche

Paroisse Saint Crépin les Vignes: Le mot du mois de notre ...Lecture de la lettre de saint Jacques

Mes frères,  si quelqu’un prétend avoir la foi,  sans la mettre en œuvre,  à quoi cela sert-il ?  Sa foi peut-elle le sauver ?  Supposons qu’un frère ou une sœur  n’ait pas de quoi s’habiller,  ni de quoi manger tous les jours ;  si l’un de vous leur dit :  « Allez en paix !  Mettez-vous au chaud,  et mangez à votre faim ! »  sans leur donner le nécessaire pour vivre,  à quoi cela sert-il ?  Ainsi donc, la foi, si elle n’est pas mise en œuvre,  est bel et bien morte.  En revanche, on va dire : « Toi, tu as la foi ;  moi, j’ai les œuvres.  Montre-moi donc ta foi sans les œuvres ;  moi, c’est par mes œuvres que je te montrerai la foi. »

Moi, c’est par mes œuvres que je te montrerai la foi. Par ces quelques mots tirés de la deuxième lecture, l’apôtre saint Jacques rappelle aux catholiques que nous sommes le lien nécessaire qu’il y a entre la foi et les œuvres. Il ne s’agit pas pour l’apôtre de dire que ce sont nos bonnes œuvres qui nous sauvent. Il nous fait seulement remarquer que notre foi doit être incarnée, qu’elle passe par des actes.

Ces paroles de st Jacques signifient donc que la foi que Dieu infuse en nous au jour de notre baptême est à destination des autres, pour les autres. Notre foi exige notre témoignage, elle fait donc de nous des missionnaires. Comme vous me l’entendez souvent dire : « ce que l’on donne à voir donne à croire ».

1/ croire exige d’agir. En effet, un chrétien n’adhère pas à une idée, ne met pas sa foi dans un concept. Il croit en un Dieu personnel, Père Fils et Saint Esprit venu dans le monde vivre et agir parmi les hommes. Et en cela la question de Jésus à Pierre dans l’évangile est importante : Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? Il ne s’agit pas pour Pierre, à ce moment précis, de réciter des connaissances sur Dieu mais de dire quelle foi l’anime. A sa suite, avec tous les saints chrétiens de tous les temps nous pouvons redire tu es le Christ. En effet, appuyer sur la foi de st Pierre, nous croyons que Dieu, en Jésus Christ son Fils, est entré en relation avec nous et qu’il nous invite à faire alliance avec lui.

Donc dire « je crois en Dieu » pour un chrétien c’est accepter de faire alliance avec lui, c’est consentir à faire sa volonté c’est à dire de vivre selon le contrat d’union établi entre nous et Lui. Contrat dont les clauses sont les 10 commandements et les 9 béatitudes et que Jésus va encore résumer dans un unique commandement : aimer Dieu de tout son cœur et son prochain comme soi-même. Donc avoir la foi c’est aimer Dieu et son prochain en pensée, en parole et par action ! Cependant il ne s’agit pas de penser, dire et faire n’importe quoi. Et c’est le 2° point !

2/ croire c’est agir comme Jésus. Certains chrétiens, poussés par ce qu’ils croient être de bons sentiments ou le politiquement correct, agissent en contradiction avec les enseignements de l’évangile et de l’Eglise dont le rôle est d’actualiser dans le temps les enseignements de Jésus son époux. Ainsi, croire c’est agir dans ce monde en imitant Jésus qui passait au milieu des hommes en faisant le bien. Faire le Bien ce n’est pas tout accepter et tout tolérer. Faire le bien comme Jésus c’est accueillir toute personne là où elle en est mais en lui disant ce qui est juste de ce qui ne l’est pas, ce qui est vrai de ce qui ne l’est pas dans son état de vie, dans ses paroles ou ses actes. Jésus n’a jamais laissé quelqu’un dans un état d’erreur ou de péché. Il pardonne les péchés mais invite toujours à la conversion, au changement de vie. Croire c’est donc prendre Jésus comme compagnon de vie. C’est le 3°point.

3/ croire c’est vivre de Jésus, c’est laisser Jésus vivre en nous. Croire c’est agir comme Jésus, c’est laisser Jésus agir à travers nous. Pour cela Il nous a laissé de multiples moyens : sa Parole, son Esprit Saint et 7 sacrements ! Croire pour un chrétien catholique c’est donc méditer l’écriture (ateliers bibliques), invoquer l’Esprit Saint et le laisser diriger nos vies (préparation à la confirmation) et enfin vivre une vie sacramentelle régulière. En effet, pour pratiquer l’amour de Dieu et du prochain, il faut d’abord en être nourri soi-même. Or c’est dans l’Ecriture et les sacrements que Dieu donne sa vie, que Dieu fait une alliance d’amour avec nous pour que nous puissions à notre tour, et comme lui, aimer les hommes, tous les hommes. Laisser vivre Jésus en nous, c’est donc recevoir régulièrement sa vie en nous. En cela nous sommes persuadés que, en communiant ensemble le dimanche nous formons le corps de l’amour qui œuvre le reste de la semaine dans le monde. Quand j’ai fait le plein du Christ le dimanche, je deviens le bon pain que Dieu donne en nourriture au monde : pain de justice, de paix, de partage et de joie.

4/ conclusion : A un journaliste qui demandait à mère Teresa ce qu’il fallait changer en premier dans l’Eglise, elle répondit pleine de sagesse : VOUS et MOI. Ainsi pour évangéliser le monde, il faut d’abord évangéliser notre propre vie, car le premier Evangile que les personnes liront et apprécieront c’est notre vie vécue dans l’amour de Dieu et l’obéissance à sa volonté. Nos actions doivent sans cesse montrer et proposer ce qui humanise vraiment l’homme ; redire que l’homme est pleinement lui-même quand il est tout entier tourné vers Dieu, livré à Lui.

Alors, aujourd’hui encore, communions avec foi au sacrement de l’Eucharistie. Car le Seigneur Jésus nous y donne, par son Corps consommé, les moyens et les grâces nécessaires pour Le servir et l’aimer lui et tous nos frères humains. Laissez-le ce matin se semer en vous, pour qu’avec le psalmiste vous puissiez dire : «Je marcherai en présence du Seigneur sur la terre des vivants » Amen

homélie du 23° dimanche

Dimanche prochain | EffataÉvangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là, Jésus quitta le territoire de Tyr ;  passant par Sidon, il prit la direction de la mer de Galilée  et alla en plein territoire de la Décapole.  Des gens lui amènent un sourd qui avait aussi de la difficulté à parler,  et supplient Jésus de poser la main sur lui.  Jésus l’emmena à l’écart, loin de la foule,  lui mit les doigts dans les oreilles,  et, avec sa salive, lui toucha la langue.  Puis, les yeux levés au ciel,  il soupira et lui dit :  « Effata ! », c’est-à-dire : « Ouvre-toi ! »  Ses oreilles s’ouvrirent ;  sa langue se délia,  et il parlait correctement.  Alors Jésus leur ordonna  de n’en rien dire à personne ; mais plus il leur donnait cet ordre,  plus ceux-ci le proclamaient.  Extrêmement frappés, ils disaient :  « Il a bien fait toutes choses :  il fait entendre les sourds et parler les muets.

Que l’on soit de Marseille ou d’ailleurs, tous, nous prenons du plaisir à enjoliver les anecdotes qui nous ont été racontées et qu’à notre tour nous transmettons à notre entourage. Nous rajoutons de multiples détails qui les rendent plus savoureuses, plus haletantes, plus extraordinaires, plus rigolotes ou plus sérieuses. Cela se fait en aggravant le cas raconté, et en ajoutant des détails imaginés par nous, car nous n’avons pas été témoin de l’affaire. « La morale de l’histoire » que nous dispensons alors à notre auditoire peut être partiellement faussée!

Ainsi dans l’évangile, les habitants de la Décapole tirent des conclusions hâtives sur une guérison à laquelle ils n’ont pas assistée, car st Marc précise dans l’évangile que Jésus emmena l’homme à l’écart, loin de la foule. En affirmant que Jésus fait entendre les sourds et parler les muets, ils partent d’un mauvais diagnostic (sourd et muet) et font une mauvaise conclusion ! En effet, le texte d’évangile dit : Des gens lui amènent un sourd qui avait aussi de la difficulté à parler. Ce qui n’est pas tout à fait la même chose, vous en conviendrez. Est-il sourd de naissance, sourd car devenu tel avec l’âge, etc… en effet, ce n’est pas vous qui me direz le contraire : quand on entend mal, on comprend parfois de travers et on risque de répondre à côté de la plaque. Ce genre de réponses décalées, nous les faisons tous un jour ou l’autre. Et pour tout dire, notre malade dans l’Evangile souffre de cela. Comme il entend mal, il n’ose plus parler ou répondre, de peur d’être à côté de la plaque. Du coup, sa langue est « liée ». Nous le savons, plus on devient sourd, plus on a tendance à se replier sur soi !

Maintenant, sachant tout cela, je voudrais approfondir la compréhension des gestes de Jésus et leur signification. D’abord, arrêtons-nous sur les gestes de Jésus : il y a en a 3 : il met ses doigts dans les oreilles de notre homme (1), puis, avec sa salive lui touche la langue (2), et dans le même temps, il soupire et lui dit « effata » (3). Vous aurez compris je pense, que si les doigts de Jésus sont dans les oreilles de notre homme, c’est que Jésus touche la langue de l’homme avec la sienne. « les yeux levés au ciel, il soupira et lui dit :  » Effata ! « , c’est-à-dire :  » Ouvre-toi. «   Jésus tourné vers son Père envoie dans la bouche de cet homme son souffle c’est à dire son Esprit de vie. Elle est bien étrange cette manière de procéder de Jésus : mettre les doigts dans les oreilles d’un mal entendant, et puis lui dire à voix basse « ouvre-toi »… il a peu de chance d’être entendu, c’est le cas de le dire !

En fait, quand Jésus dit « éphphatha » il le dit à l’homme en entier, il ne dit pas aux oreilles « ouvrez-vous » mais à l’homme « ouvre-toi ! ». Vous comprenez bien que dure de la feuille, notre homme se replie sur lui-même. En le guérissant de son audition défaillante, Jésus le guérit d’un mal plus grand encore : l’isolement. Maintenant qu’il entend bien, il peut à nouveau entrer en communication, d’ailleurs l’évangile nous dit, « Ses oreilles s’ouvrirent ; sa langue se délia, et il parlait correctement. » Jésus a ouvert à la vie divine et à la relation avec les autres un homme qui, mal entendant et donc mal parlant, ne pouvait plus entrer en communication avec d’autres personnes ni vivre normalement dans la cité.

C’est bien à une double lecture de l’évangile que nous sommes invités, derrière la guérison de la surdité qui permet à nouveau de parler correctement, il y a le don de la vie divine qui nous donne d’entendre la Parole de Dieu et de la propager à notre tour. En recevant en lui le souffle du Christ, l’homme guéri devient un communicant, un témoin de l’œuvre en lui de Dieu.

Cet homme en sa personne est la réalisation de la prophétie d’Isaïe entendue dans la 1° lecture : « c’est la revanche de Dieu. Il vient lui-même et va vous sauver… Alors … s’ouvriront les oreilles des sourds. » et cela se réalise aussi pour nous aujourd’hui, quand le Seigneur dépose en nous son esprit de vie qui devient source d’eau jaillissant dans nos désert intérieur, « L’eau jaillira dans le désert, des torrents dans le pays aride. ». Il dépose en nous son Esprit Saint pour que notre âme et toute notre vie sociale fleurissent, pour que «  La terre brûlante se changera en lac, la région de la soif, en eaux jaillissantes. ». Quand nous recevrons son Corps à la communion, demandons au Seigneur de transformer la terre brûlante de notre âme et notre cœur assoiffé d’amour en sources pour que d’autres aient l’audace de venir s’y désaltérer et ainsi trouver sens à leur vie. Amen

 

homélie du 22° dimanche du temps ordinaire.

MAIS QU’IL AIT LA VIE ÉTERNELLE - ppt video online téléchargerLecture du livre du Deutéronome Moïse disait au peuple : « … quelle est la grande nation  dont les décrets et les ordonnances soient aussi justes  que toute cette Loi que je vous donne aujourd’hui ? »

Psaume 14 (15)

Celui qui se conduit parfaitement,  qui agit avec justice et dit la vérité selon son cœur. Il met un frein à sa langue. Il ne fait pas de tort à son frère et n’outrage pas son prochain. À ses yeux, le réprouvé est méprisable mais il honore les fidèles du Seigneur. Il ne reprend pas sa parole. Il prête son argent sans intérêt,  n’accepte rien qui nuise à l’innocent. 

Lecture de la lettre de saint Jacques : Mes frères bien-aimés, …. Accueillez dans la douceur la Parole semée en vous ;  c’est elle qui peut sauver vos âmes.  Mettez la Parole en pratique,  ne vous contentez pas de l’écouter :  ce serait vous faire illusion. Devant Dieu notre Père,  un comportement religieux pur et sans souillure,  c’est de visiter les orphelins et les veuves dans leur détresse,  et de se garder sans tache au milieu du monde.

Évangile de J-Christ selon saint Marc :  Jésus  répondit :  «Vous aussi, vous laissez de côté le commandement de Dieu,  pour vous attacher à la tradition des hommes. » Appelant de nouveau la foule, il lui disait :  « Écoutez-moi tous, et comprenez bien.  Rien de ce qui est extérieur à l’homme  et qui entre en lui  ne peut le rendre impur.  Mais ce qui sort de l’homme,  voilà ce qui rend l’homme impur. » Il disait encore à ses disciples, à l’écart de la foule : « C’est du dedans, du cœur de l’homme,  que sortent les pensées perverses :  inconduites, vols, meurtres,      adultères, cupidités, méchancetés,  fraude, débauche, envie,  diffamation, orgueil et démesure. Tout ce mal vient du dedans,  et rend l’homme impur. »

Services et documents juridiques en ligne | Rocket Lawyer

Savez-vous combien il y a de lois en France ? Au 18 juin 2018 Dominique Lansoy  universitaire et Philippe Sassier journaliste ont dénombré 10 500 lois et 127.000 décrets. Comment faire pour les connaître tous et les appliqués tous ? C’est impossible….Ainsi les Gaulois que nous sommes peuvent recevoir pour eux, nos élites dirigeantes comprises, cette exclamation de Moïse dans la première lecture : Quelle est la grande nation  dont les décrets et les ordonnances soient aussi justes  que toute cette Loi que je vous donne aujourd’hui ? En effet, sans pouvoir connaître toutes les lois, comment savoir si elles sont justes, bonnes, etc. C’est que la loi juive, donnée par Dieu pour facilité la vie de son peuple compte (au temps de Jésus) 613 commandements, lesquels gèrent les relations avec Dieu et au sein de cette communauté depuis bientôt 4000 ans ! Et même plus fort encore, nous qui sommes chrétiens, Jésus nous a enseigné que toute la loi et les prophètes peuvent être résumés par un unique commandement « aimer Dieu de tout son cœur et son prochain comme soi-même ». Alors on a bien envie de sourire et de crier « reviens vite Jésus »…. Pour remettre un peu d’ordre et nous aider à nous recentrer sur l’essentiel !

Et savez-vous d’où vient cet excès de loi dans notre pays ? A ce que l’on appelle le phénomène des « lois émotions », celles que l’on vote rapidement, sous l’effet de la pression médiatique, dès qu’il faut régler un problème qui ne concerne que quelques personnes ! Heureusement, au temps de Jésus, il n’y avait pas encore de réseaux sociaux et de lobbying journalistique de la presse people pour amplifier les situations qui demeurent isolées !

Pourtant soyons honnêtes, si nous râlons volontiers contre les lois (celle des 80 km/h en est une belle illustration), nous en sommes toujours friands ; ainsi nous sommes nombreux dans cette illustre assemblée, à aimer fixer des règles, des usages pour notre vie personnelle ou communautaire. Un exemple ? « Dans cette église monsieur le curé, on a toujours fait comme ci ou comme ca »  ou encore essuies-toi les pieds, laves-toi les mains,  plie le linge comme ci, fais la vaisselle comme ça, etc…

Alors certes, il faut des règles et des lois, mais ce qu’il faut surtout, nous rappelle Jésus dans l’évangile c’est changer nos cœurs, c’est-à-dire,  convertir notre intelligence pour découvrir qu’un cœur qui suit la loi de Dieu demeure dans l’amour.

Je m’explique : Jésus dans l’évangile dénonce lui aussi une inflation de préceptes  humains qui ont pris plus de place que les commandements de Dieu, et même qui sont plus suivis et respectés qu’eux. Il voit là un travers qui cache le vrai problème : c’est le cœur de l’homme qui est malade, c’est-à-dire  que son intelligence est corrompue. On peut bien faire toutes les lois possibles face à tel ou tel problème, ce qu’il faut essayer de changer c’est le cœur de l’homme, sa manière de pensée d’où jaillissent tous les travers et les problèmes : inconduites, vols, meurtres, adultères, cupidités, méchancetés,  fraude, débauche, envie,  diffamation, orgueil et démesure.

D’où le conseil éclairé de saint Jacques : accueillez dans la douceur la Parole semée en vous ;  c’est elle qui peut sauver vos âmes.  Mettez la Parole en pratique,  ne vous contentez pas de l’écouter : ce serait vous faire illusion. Laisser le Christ qui est la Parole de Dieu agir en nous, c’est placer l’amour au cœur de nos pensées et de nos actions. En effet, quand on aime, on ne ment pas, on ne vole pas, on ne trompe pas, on ne jalouse pas, on n’envie pas, on prie Dieu régulièrement, on sert les plus pauvres. C’est la conclusion de st Jacques : Devant Dieu notre Père,  un comportement religieux pur et sans souillure,  c’est de visiter les orphelins et les veuves dans leur détresse,  et de se garder sans tache au milieu du monde ; c’est-à-dire si on fait le lien avec le psaume : agir avec justice et dire la vérité, mettre un frein à sa langue, ne pas outrager son prochain, ne pas reprendre sa parole, prêter son argent sans intérêt, etc

Ainsi il semblerait que plus on s’éloigne de la foi et de l’amitié avec le Seigneur, plus il faut de lois pour gérer nos relations avec les autres. Il sera en effet toujours plus simple et moins douloureux de faire des nouvelles lois pour cantonner nos actions, que de changer en profondeur notre cœur et notre intelligence pour les orienter vers le Bien et le Vrai.

Alors, chers frères et sœurs, qui êtes venus dans cette église pour puiser, par la prière et l’Eucharistie, les forces nécessaires pour vivre chrétiennement, n’oubliez pas d’agir aussi comme des chrétiens tout au long de la semaine, plaçant l’amour de Dieu et du prochain au cœur de votre vie et de vos actes ! C’est ainsi que s’établira le Royaume de Dieu dans notre beau doyenné de Lons. Amen.

homélie 19° dimanche

Elie

Lecture du premier livre des Rois

En ces jours-là,  le prophète Élie, …s’étendit sous le buisson, et s’endormit.  Mais voici qu’un ange le toucha et lui dit :  « Lève-toi, et mange ! »     ….  Il mangea, il but, et se rendormit.     Une seconde fois, l’ange du Seigneur le toucha et lui dit :  « Lève-toi, et mange,  car il est long, le chemin qui te reste. »      Élie se leva, mangea et but.  Puis, fortifié par cette nourriture,  il marcha quarante jours et quarante nuits  jusqu’à l’Horeb, la montagne de Dieu.

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Éphésiens

Frères, ….. Amertume, irritation, colère, éclats de voix ou insultes,  tout cela doit être éliminé de votre vie,  ainsi que toute espèce de méchanceté.  Soyez entre vous pleins de générosité et de tendresse.  Pardonnez-vous les uns aux autres,  comme Dieu vous a pardonné dans le Christ. Oui, cherchez à imiter Dieu,  puisque vous êtes ses enfants bien-aimés.   

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

……  Jésus reprit la parole :  «…..    Amen, amen, je vous le dis :  il a la vie éternelle, celui qui croit.      Moi, je suis le pain de la vie.      Au désert, vos pères ont mangé la manne,  et ils sont morts ;      mais le pain qui descend du ciel est tel  que celui qui en mange ne mourra pas.     Moi, je suis le pain vivant,  qui est descendu du ciel :  si quelqu’un mange de ce pain,  il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c’est ma chair,  donnée pour la vie du monde. »

Voici que la liturgie dominicale se met au diapason des réalités estivales. Ainsi comme chaque week-end d’août voit son lot de migrations estivales pour aller sous d’autres cieux, de même la liturgie de ce dimanche nous invite aussi à nous mettre en route. Dans la première lecture Elie doit marcher jusqu’à l’Horeb, la montagne de Dieu ; dans le psaume nous nous invité à chercher Dieu et les juifs croyant au Christ doivent aller à Lui pour se préparer à la vie éternelle.

Et il en va de la foi, comme des vacances, le plus important est de fixer le but à atteindre, la destination. Et ce dimanche elle nous est clairement indiquée : il s’agit de la vie avec Dieu. Pour y accéder, il faut se mettre en route et marcher. Pour tenir tout le long du chemin trois étapes sont nécessaires que nous pouvons retrouver dans les trois textes de la liturgie de ce dimanche : d’abord il faut s’entraîner, ensuite il faut bien manger avant de partir, enfin il faut se ravitailler le long du chemin pour tenir jusqu’au bout. Trois étapes qui seront les trois parties de mon homélie.

Première étape : l’entraînement. Autant il va de soi concernant les sportifs, autant on se demande ce qu’il peut être dans le domaine spirituel. Et bien je laisse la parole à Paul dans la deuxième lecture. Si nous voulons tenir jusqu’au jour de notre délivrance nous devons avoir reçu en nous une bonne dose d’Esprit Saint et surtout le laisser agir en nous. Cet Esprit Saint, qui est notre carburant spirituel, nous l’avons reçu au jour de notre baptême et à très haute dose au jour de notre confirmation. Donc pour tenir dans la foi nous devons être confirmés, si parmi vous certains ne le sont pas qu’ils viennent me voir, un groupe de confirmand adulte existe déjà ! Avec la puissance de l’Esprit Saint en nous, nous pouvons commencer un entraînement intensif, je cite toujours st Paul : Amertume, irritation, colère, éclats de voix ou insultes,  tout cela doit être éliminé de votre vie,  ainsi que toute espèce de méchanceté En effet, la méchanceté, la rancune, la colère sont des sentiments indigestes qui alourdissent considérablement notre estomac spirituel (c’est à dire notre cœur !!) et favorisent les occlusions ! Un seul remède prescrit par Paul : Soyez entre vous pleins de générosité et de tendresse. Pardonnez-vous les uns aux autres. En effet, la générosité permet, en donnant, qu’on s’allège et le pardon demandé ou donné permet de rétablir le transit spirituel ! Ainsi remis en forme nous somme prêts pour le grand voyage… et commence la deuxième étape.

Deuxième étape : un bon repas avant de prendre la route ! En effet, nous savons que pour tenir le temps de la marche il faut se nourrir avant de partir comme le conseil l’ange de Dieu au prophète Elie dans la première lecture : mange,  car il est long, le chemin qui te reste. L’ange s’y prend même à deux fois ! Beaucoup, de nos jours, veulent aller à Dieu sans prendre le temps de se nourrir spirituellement, d’emmagasiner des nourritures spirituelles nécessaire à une longue aventure. Une fois la destination fixée, dans notre cas faire alliance avec le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, le Dieu qui demeure à l’Horeb, il faut apprendre qui il est, à quoi il ressemble, quelles sont ses attentes, ses exigences, ses commandements, à quoi le reconnaîtra-t-on ? La meilleure nourriture est alors la Parole de Dieu et pour qu’elle soit la plus nourrissante possible, il faut la goûter servie par l’Eglise. Car c’est l’Eglise, notre mère, qui nous nourrit de la Parole de Dieu en nous la rendant compréhensible et digeste par son enseignement. Or la Parole de Dieu s’est fait chair, en Jésus-Christ elle a pris un corps. Donc pour nous, chrétiens, nous nourrir de la Parole de Dieu, c’est nous nourrir du Christ. Paul le dit aux Ephésiens : cherchez à imiter Dieu ; Vivez dans l’amour comme le Christ. C’est là la troisième et dernière étape !

Troisième étape : se nourrir du Christ pour faire grandir en nous la vie éternelle durant notre pèlerinage sur la terre. Pour imiter Jésus et vivre dans son amour, il nous faut le recevoir sans cesse en nous, c’est cela la vie sacramentelle ! A chaque étape de notre vie, chaque veille de grande fête, ou quand le besoin s’en fait sentir nous pouvons recevoir lors de la confession son amour qui nous fait repartir. De même, semaine après semaine nous laissons sa vie divine se semer en nous par la communion à son corps ressuscité. Il est le pain nécessaire à notre cheminement vers la vie éternelle : c’est Jésus lui-même qui l’affirme : Moi, je suis le pain vivant, … si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Il nous donne même les modalités de notre restauration : Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour la vie du monde. C’est pour nourrir son peuple de ce pain là que les prêtres ont été ordonnés. Alors mes chers amis, après un bon entraînement par la charité fraternelle, après nous être nourris de la Parole de Dieu c’est pour vous que je vais maintenant consacrer ce pain, pour que vous teniez bon jusqu’au jour de la résurrection ! Alors bonne route à tous ! Amen

homélie 18° dimanche du temps ordinaire

du livre de l’Exode

…Le Seigneur dit à Moïse :  « Voici que, du ciel, je vais faire pleuvoir du pain pour vous.  Le peuple sortira pour recueillir chaque jour sa ration quotidienne,  et ainsi je vais le mettre à l’épreuve :  je verrai s’il marchera, ou non, selon ma loi….

lettre de saint Paul apôtre aux Éphésiens

Frères, je vous le dis, j’en témoigne dans le Seigneur : vous ne devez plus vous conduire comme les païens  qui se laissent guider par le néant de leur pensée. Mais vous, ce n’est pas ainsi  que l’on vous a appris à connaître le Christ,  si du moins l’annonce et l’enseignement que vous avez reçus à son sujet  s’accordent à la vérité qui est en Jésus.  Il s’agit de vous défaire de votre conduite d’autrefois,  c’est-à-dire de l’homme ancien corrompu par les convoitises  qui l’entraînent dans l’erreur.  Laissez-vous renouveler  par la transformation spirituelle de votre pensée.  Revêtez-vous de l’homme nouveau,  créé, selon Dieu, dans la justice et la sainteté conformes à la vérité.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là, quand la foule vit que Jésus n’était pas là,  ni ses disciples,  les gens montèrent dans les barques  et se dirigèrent vers Capharnaüm  à la recherche de Jésus.  L’ayant trouvé sur l’autre rive, ils lui dirent :  « Rabbi, quand es-tu arrivé ici ? »  Jésus leur répondit :  « Amen, amen, je vous le dis :  vous me cherchez,  non parce que vous avez vu des signes,  mais parce que vous avez mangé de ces pains  et que vous avez été rassasiés. …

Eucaristia: Dono d’Amore e Mistero di comunione | E Gioia ...Quand nous discutons avec certaines personnes qui doutent, elles nous disent souvent que si Dieu faisait un énorme miracle, elles croiraient aussitôt. Que tous les pauvres soient nourris, que les guerres s’arrêtent, que les malades guérissent et que les morts ressuscitent, et aussitôt les athées se hâteraient de croire et ceux qui doutent tomberaient à genoux. La foi par le miracle, la foi en Dieu contre un estomac ou un portefeuille bien plein… pourtant ni Dieu dans le livre de l’Exode, ni son Fils dans l’Evangile ne semblent dupe de ce jeu là. Dieu s’entend dire par le peuple au désert : donne-nous de la viande et du pain et nous croirons… et Il répond à Moïse : Voici que, du ciel, je vais faire pleuvoir du pain pour lui … je verrai s’il marchera, ou non, selon ma loi. Le second tout de go dit à la foule : vous me cherchez, non parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé de ces pains et que vous avez été rassasiés. Le miracle ne conduit pas forcément à la foi. D’ailleurs le peuple juif continuera de récriminer contre son Dieu, et la foule pourtant nourrie par les pains miraculeusement multipliés va benoitement demander à Jésus : Quel signe vas-tu accomplir pour que nous puissions le voir, et te croire ? Quelle œuvre vas-tu faire ? Le problème du miracle c’est qu’il doit être de plus en plus énorme, voyant, grandiloquent… la soif de surnaturelle quand elle augmente, se fixe de plus en plus sur le fait et de moins en moins sur ce qu’il révèle. Or les choses que l’on demande comme signes sont parfois les antithèses de ce que nous promet le Seigneur…. des pactoles juteux, l’amour fou, la séduction éternelle, la mort de nos ennemis… et on se demande alors pourquoi on n’est pas exaucé !

Evidemment la vie éternelle dans le royaume à venir à côté des millions du loto, de la jeunesse éternelle ou des la jouissance à vie, ne fait pas le poids. Elle manque sérieusement d’exotisme, d’attrait. Pensez donc passer son éternité à louer Dieu et à contempler sa gloire c’est moins attractif que de pulpeuses vierges promises aux fidèles d’une autre religion, qu’une réincarnation pour compléter ce qui manque à notre vie ou une  fusion orgasmique dans la grande énergie cosmique.

A ceux qui rêvent trop de merveilleux, qui courent trop souvent d’une religion à l’autre, pour ce faire la leur, ceux qui ne sont en quête que de sensations fortes ou d’une vie sans risque ni danger (c’est à dire qui n’existe pas) ou ceux qui lisent plus souvent leur horoscope que la Bible, je redis les paroles de Paul aux Ephésiens : vous ne devez plus vous conduire comme les païens qui se laissent guider par le néant de leur pensée.  Dans sa lettre Paul poursuit en donnant les trois étapes à adopter dès aujourd’hui pour devenir un croyant chrétien : voyons cela ensemble.

1/ Il s’agit de vous défaire de votre conduite d’autrefois, c’est-à-dire de l’homme ancien corrompu par les convoitises qui l’entraînent dans l’erreur : croire c’est d’abord renoncer à toutes les expériences spirituelles anciennes que l’on a pu faire. Ainsi un chrétien ne peut pas consulter une voyante ou son horoscope car alors il pèche contre l’Espérance ; il ne peut pas vénérer des idoles (sports, jeux, nourritures) en leur donnant plus d’importance qu’à Dieu car alors il pèche contre la Foi ; il ne peut pas ne recherche que son confort et son salut personnel, car alors il pèche contre la Charité.

Première étape du chrétien dans la foi : tout déposer au pied du Christ pour se retrouver nu, comme il l’était lui-même sur la croix.

2/ensuite Laissez-vous renouveler par la transformation spirituelle de votre pensée. L’Esprit saint que nous avons reçu à notre baptême doit travailler en nous, et nous devons le laisser nous transformer. Chacun devrait commencer sa journée par prier l’Esprit Saint dans le silence de son cœur qui en est le temple. Je vous livre ici la prière que du cardinal Verdier au Saint Esprit : O Esprit Saint, Amour du Père et du Fils Inspirez-moi toujours ce que je dois penser, ce que je dois dire, comment je dois le dire, ce que je dois écrire, comment je dois agir, ce que je dois faire pour procurer votre gloire, le bien des âmes et ma propre sanctification. O Jésus toute ma confiance est en vous.

3/Enfin, Revêtez-vous de l’homme nouveau, créé, selon Dieu, dans la justice et la sainteté conformes à la vérité. En effet, par le baptême nous avons revêtu le Christ. Vivre notre baptême c’est vivre de lui, c’est le laisser vivre en nous. L’homme nouveau, c’est celui qui nait en nous au fur et à mesure de notre christification. L’homme nouveau recherche la sainteté et travaille avant tout pour la justice et au service de la vérité. L’homme nouveau est un bon pain pour le monde, il devient le pain qu’il reçoit à chaque Eucharistie et qui se sème en son cœur et en son âme.

Alors qu’il va encore une fois, dans son amour se semer en nous par le pain consacré, disons lui tous ensembles : Seigneur, donne-nous toujours de ce pain-là. Amen

homélie de la st Etienne de Coldre

Lecture du livre du prophète Jérémie

Au début du règne de Joakim, fils de Josias, roi de Juda, il y eut cette parole venant du Seigneur :     « Ainsi parle le Seigneur : Tiens-toi dans la cour de la maison du Seigneur.
Aux gens de toutes les villes de Juda qui viennent se prosterner dans la maison du Seigneur, tu diras toutes les paroles que je t’ai ordonné de leur dire ; n’en retranche pas un mot.     Peut-être écouteront-ils, et reviendront-ils chacun de son mauvais chemin ?…..

 

lecture du livre des actes de Apôtres

Etienne déclara lors de son jugement : « Vous qui avez la nuque raide, vous dont le cœur et les oreilles sont fermés à l’Alliance, depuis toujours vous résistez à l’Esprit Saint ; vous êtes bien comme vos pères ! Y a-t-il un prophète que vos pères n’aient pas persécuté ? Ils ont même tué ceux qui annonçaient d’avance la venue du Juste, celui-là que maintenant vous venez de livrer et d’assassiner. Vous qui aviez reçu la loi sur ordre des anges, vous ne l’avez pas observée. » Ceux qui écoutaient ce discours avaient le cœur exaspéré et grinçaient des dents contre Étienne. Mais lui, rempli de l’Esprit Saint, fixait le ciel du regard : il vit la gloire de Dieu, et Jésus debout à la droite de Dieu. Il déclara : « Voici que je contemple les cieux ouverts et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu. » Alors ils poussèrent de grands cris et se bouchèrent les oreilles. Tous ensemble, ils se précipitèrent sur lui, l’entraînèrent hors de la ville et se mirent à le lapider. Les témoins avaient déposé leurs vêtements aux pieds d’un jeune homme appelé Saul. Étienne, pendant qu’on le lapidait, priait ainsi : « Seigneur Jésus, reçois mon esprit. » Puis, se mettant à genoux, il s’écria d’une voix forte : « Seigneur, ne leur compte pas ce péché. » Et, après cette parole, il s’endormit dans la mort.

 Quant à Saul, il approuvait ce meurtre. Ce jour-là, éclata une violente persécution contre l’Église de Jérusalem. Tous se dispersèrent dans les campagnes de Judée et de Samarie, à l’exception des Apôtres.Des hommes religieux ensevelirent Étienne et célébrèrent pour lui un grand deuil. Quant à Saul, il ravageait l’Église, il pénétrait dans les maisons, pour en arracher hommes et femmes, et les jeter en prison. Ceux qui s’étaient dispersés annonçaient la Bonne Nouvelle de la Parole là où ils passaient.

 Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

          En ce temps-là, Jésus se rendit dans son lieu d’origine, et il enseignait les gens dans leur synagogue, de telle manière qu’ils étaient frappés d’étonnement et disaient : « D’où lui viennent cette sagesse et ces miracles ?   N’est-il pas le fils du charpentier ? Sa mère ne s’appelle-t-elle pas Marie, et ses frères : Jacques, Joseph, Simon et Jude ?   Et ses sœurs ne sont-elles pas toutes chez nous ? Alors, d’où lui vient tout cela ? »   Et ils étaient profondément choqués à son sujet. Jésus leur dit : « Un prophète n’est méprisé que dans son pays et dans sa propre maison. »   Et il ne fit pas beaucoup de miracles à cet endroit-là, à cause de leur manque de foi.

 

PHOTO BRIOD : Photos Images Briod 39570

Une fois par an, nous prenons le temps, en paroisse de nous déplacer jusqu’à cette belle chapelle pour y célébrer la saint Etienne. Quelle joie de faire revivre une église qui fut pendant des siècles la seule où convergeaient pieusement les habitants des villages alentours. Aujourd’hui, en ce lieu ont résonné les chants du peuple de Dieu, l’Ecriture y a été proclamée, l’Eucharistie va y être célébrée pour la plus grande Gloire de Dieu et le Salut du monde.

Je voudrais ce matin m’appuyer sur ce déplacement physique que nous opérons une fois l’an pour vous inviter à un autre déplacement. Par exemple celui que le prophète Jérémie et le Seigneur Jésus nous invite à faire dans les textes de la liturgie. C’est en effet à un changement d’attitude et de regard que nous sommes conviés ce matin.

Ce matin, tous ensemble, nous pouvons d’abord faire le constat que nos opinions, nos idées, nos avis sur telle ou telle sujet ou personne, sont bien ancrés en nous et sont désormais comme une muraille, un rempart qui nous empêche de changer ou justifie notre refus de dialoguer, de voir les choses autrement.

Ainsi, voyez dans l’évangile d’aujourd’hui, combien que ce que les gens de Nazareth pensent savoir de Jésus les empêche de lier une relation vraie avec Lui et même, comme tant d’autres, de bénéficier de ses pouvoirs. Ils sont tellement enfermés dans leur savoir, leurs certitudes, qu’ils ne peuvent pas accueillir la nouveauté que Jésus leur apporte. Ils comparent sans cesse avec leurs connaissances du passé, ils ne peuvent pas voir ce qui a évolué, ce qui a changé…..

Remarquez que c’est la même chose concernant la relation entre Paul et Etienne dans la deuxième lecture. Paul qui s’appelle alors Saul a des œillères idéologiques tellement arrimées à son regard qu’il ne peut pas voir la grâce qui émane d’Etienne. Sa haine de la foi chrétienne naissante, le conduit à commettre un grand péché, la mort d’un innocent, d’un ami du Dieu qu’il croit servir par ce geste !

Il nous faut alors prendre ces 2 exemples comme des avertissements pour nous-mêmes, comme une invitation à exercer notre regard à discerner ce qui change ou se transforme dans les personnes que nous rencontrons ou côtoyons régulièrement, afin que ce que nous pensons savoir d’eux, ou même ce que nous savons qu’ils ont fait par le passé, n’obscurcisse pas notre jugement présent.

Notre refus de voir les autres changer et se convertir vient souvent de notre propre incapacité à changer et à nous convertir. Demeurant dans une certaine tiédeur, nous contentant d’une vie spirituelle médiocre, nous dénions à ceux qui font des efforts, qui essaient de faire mieux, la réalité de leurs efforts, la véracité de leur désir de sainteté… combien de fois, face à l’expression de la foi un peu exaltée d’une personne nous avons été, comme les habitants de Nazareth profondément choqués ? Et ensuite, moqueurs et condescendants ? Combien de fois appelons-nous bondieuseries ce qui ne nous correspond pas, ou nous déplait, comme si nous étions dépositaire du magistère de l’Eglise ! Prenons garde, comme Saul de ne pas commettre nous aussi un grand péché contre un ami de Dieu, de ne pas être de ceux qu’Etienne dénonce avec vigueur « vous qui avez la nuque raide, vous dont le cœur et les oreilles sont fermés à l’alliance, depuis toujours vous résistez à l’Esprit Saint… » de ne pas faire comme Saul, c’est-à-dire  de ravager  l’Eglise par le poison de nos jugements. Certes cela est dur à attendre, mais salutaire d’autant qu’il n’est jamais trop tard pour se convertir…. C’est en tout cas l’espoir éternel de Dieu qui dit au prophète Jérémie (j’adapte un peu) : « tiens-toi dans la chapelle de Coldre. Aux paroissiens qui viennent se prosterner dans cette église, tu diras toutes les paroles que je t’ai ordonné de dire…. Peut-être écouteront-ils, et reviendront-ils chacun de son mauvais chemin. » Les paroles du Seigneur sont des paroles de réconfort et d’appel à la conversion. Nul n’est contraint dans sa misère, ses habitudes, ses péchés…Jésus nous appelle à la conversion, à chausser pour regarder le monde nos lunettes 3 B, pour voir le Bien, le Beau et le Bon en chacun…. Je puis gager qu’en agissant ainsi nous deviendrons plus fraternels, plus évangélisateurs, plus chrétiens !

Que l’Eucharistie que nous allons célébrer nous y aide ! Amen

homélie du 14° dimanche

  Jésus t-shirts chrétiens, Boutique chrétienne vetements ...Évangile de Jésus Christ selon saint Marc : En ce temps-là, Jésus se rendit dans son lieu d’origine,  et ses disciples le suivirent.  Le jour du sabbat,  il se mit à enseigner dans la synagogue.  De nombreux auditeurs, frappés d’étonnement, disaient :  « D’où cela lui vient-il ?  Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée,  et ces grands miracles qui se réalisent par ses mains ?  N’est-il pas le charpentier, le fils de Marie,  et le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon ?  Ses sœurs ne sont-elles pas ici chez nous ? »  Et ils étaient profondément choqués à son sujet.  Jésus leur disait :  « Un prophète n’est méprisé que dans son pays,  sa  parenté et sa maison. »  Et là il ne pouvait accomplir aucun miracle ;  il guérit seulement quelques malades  en leur imposant les mains.  Et il s’étonna de leur manque de foi.  Alors, Jésus parcourait les villages d’alentour en enseignant.

Un prophète n’est méprisé que dans son pays, sa parenté et sa maison. Cette parole du Christ est demeurée connue de nous par le fameux dicton : « Nul n’est prophète en son pays ». Mais l’utilisation qu’on en fait sert plutôt de nos jours à nous justifier de ne pas trop parler de religion, dans notre propre entourage et parfois de garder la bouche close quand l’Eglise ou le Christ sont attaqués. Ainsi gardons-nous trop souvent le silence lors d’un repas de famille quand des grivoiseries, des blagues ou des propos déplacés et mesquins sur le Christ ou les prêtres fusent autour de nous. Ainsi gardons-nous trop souvent le silence dans notre propre maison, pour ne pas fâcher les enfants qui nous amènent les petits-enfants au risque de ne plus les voir si vous aborder le sujet du baptême ou du catéchisme. Mesurons, en lisant l’Evangile ce que provoque notre silence : là Jésus ne pouvait accomplir aucun miracle. Il s’étonna de leur manque de foi. Dans le fond, on ne sait pas ce qui nous retient de parler du Christ ou de défendre l’Eglise. Est-ce l’ignorance, le manque de foi, la peur d’être humilié?

Si c’est l’ignorance ou le manque de foi, on dit souvent « je ne sais pas quoi répondre », « je ne sais pas expliquer », etc., Dans ce cas que faisons-nous pour palier ce manque de connaissance, prenons-nous le temps de nous former et de nous laisser former ? En lisant la Bible, par la messe du dimanche, le sermon du prêtre, en participant à un groupe Biblique ou de Livret, en nous rendant aux différentes conférences qui nous sont proposées ? Croyons-nous que c’est Dieu qui nous rend aptes et qui dépose en nous son Esprit Saint qui parlera à notre place lors de nos rencontres comme cela est relaté dans la première lecture, récit de l’appel du prophète Ezéchiel : l’esprit vint en moi  et me fit tenir debout. Il me dit : « Fils d’homme, je t’envoie vers les fils d’Israël,  vers une nation rebelle qui s’est révoltée contre moi » Et comme nous le promet Jésus dans l’Evangile de Marc au chapitre 13 : ne vous tourmentez pas d’avance pour savoir ce que vous direz, mais ce qui vous sera donné à cette heure-là, dites-le. Car ce n’est pas vous qui parlerez, c’est le Saint-Esprit. Il ne demeure qu’une question le croyons-nous et osons-nous invoquer l’Esprit Saint, pour qu’il nous assiste dans nos discussions. Personnellement je l’invoque avant de faire mes homélies, ou avant mes rendez-vous avec des personnes, afin qu’il m’aide à trouver les mots justes, à être attentifs.

Si c’est la peur d’être humilié qui nous fait taire, par notre silence on veut parfois se protéger. Et cela est compréhensible dans un monde dont les valeurs s’éloignent de l’Evangile. Et on trouve alors des excuses : Dieu comprendra bien, je n’ai plus la force de me battre, j’en ai assez de me faire rabrouer. Mais il faut se demander, est-ce le prophète qui est blessé ou mon amour propre ? Nous sommes, comme chrétiens du XXI°s de la même trempe que St Paul, comme lui nous avons reçu d’exceptionnelles révélations que Christ nous demande de transmettre à notre tour. Il ne s’agit pas d’être cru mais d’être écouté, comme le dit Ezéchiel dans la 1ière lecture : qu’ils écoutent ou qu’ils n’écoutent pas … ils sauront qu’il y a un prophète au milieu d’eux. Dans sa première lettre aux Corinthiens st Paul fait l’éloge de l’humilité. Il rappelle que la grandeur du message chrétien exige de prendre tous les risques pour qu’il soit connu. Le Monde entier reconnait la grandeur du message évangélique, et nous, disciples du Christ nous cachons et taisons ce trésor par peur de notre réputation ? Comme st Paul osons proclamer : j’accepte de grand cœur pour le Christ les faiblesses, les insultes, les contraintes, les persécutions et les situations angoissantes. Non pas par goût de la souffrance, mais par certitude d’être alors saisis par Dieu. De devenir vraiment ce pourquoi nous sommes chrétiens, non pas des cymbales bruyantes, mais des Temples de Dieu, des disciples fidèles et vrais. Car, lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort s’exclame Paul. N’oublions pas que durant toute l’Histoire de l’Eglise, se sont les martyrs qui furent la plus grande semence de chrétiens, car en eux rayonnaient la pleine harmonie entre la foi, les paroles et les actes. Demandons au Seigneur d’être des témoins complets.

Quelque soit la cause de notre silence, c’est Christ qui ne peut plus agir quand nous nous taisons. Il disparaît de la vie des croyants et son empreinte culturelle s’efface. Il n’est plus connu de l’immense majorité des gens et surtout des jeunes. Si nous n’agissons pas, qui le fera ? Chers amis, les dealers ne se privent pas de faire la proposition de leurs drogues à vos enfants dès la sortie du collège et même dans la rue, leur offrant un ticket d’entrée vers les paradis artificiels, et nous, chrétiens, devrions nous interdire de proposer à tous le Christ, unique et véritable ticket d’entrée vers le paradis, la vie en plénitude avec Dieu ! Allons courage, osons être prophètes, pour que le Nom de Dieu, Père, Fils et Saint Esprit soit connu chez nous, dans nos familles et par tout homme. Car Il est le Chemin, la Vérité et la Vie, il est le Salut offert à tous ! De quel droit pouvons-nous en priver les hommes ? Amen