homélie père Arnaud 31° dimanche c

Pray, Praise, and Give Thanks, Lesson 6: Zacchaeus - Seeds ...Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là, entré dans la ville de Jéricho, Jésus la traversait. Or, il y avait un homme du nom de Zachée ; il était le chef des collecteurs d’impôts, et c’était quelqu’un de riche. Il cherchait à voir qui était Jésus, mais il ne le pouvait pas à cause de la foule, car il était de petite taille. Il courut donc en avant et grimpa sur un sycomore pour voir Jésus qui allait passer par là. Arrivé à cet endroit, Jésus leva les yeux et lui dit : « Zachée, descends vite : aujourd’hui il faut que j’aille demeurer dans ta maison. » Vite, il descendit et reçut Jésus avec joie. Voyant cela, tous récriminaient : « Il est allé loger chez un homme qui est un pécheur. » Zachée, debout, s’adressa au Seigneur : « Voici, Seigneur : je fais don aux pauvres de la moitié de mes biens, et si j’ai fait du tort à quelqu’un, je vais lui rendre quatre fois plus. »     Alors Jésus dit à son sujet : « Aujourd’hui, le salut est arrivé pour cette maison, car lui aussi est un fils d’Abraham.  En effet, le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. » »

Parmi les personnages bibliques qui ont notre sympathie, Zachée a une place particulière. Pour quelles raisons ? D’abord parce qu’il nous touche au cœur, ce petit homme pas très honnête qui veut rencontrer Jésus et, grâce à Lui, changer de vie ! Ensuite parce qu’il est un exemple d’espérance pour ceux dont la vie paraît très éloignée de toute pratique religieuse ou de toute interrogation spirituelle. En effet, tous les cœurs meurtris par le péché désirent profondément rencontrer la lumière de la vérité pour gouter enfin à la paix du cœur et du corps. Car la vie de péché est épuisante tant elle livre l’homme à lui-même, lui ôtant tout repère et tout refuge pour se reposer. La promesse d’une vie plus sereine et paisible taraude tous les cœurs, mêmes les plus obscurcis. Mêmes les âmes les plus noires, dans les excès et les outrances de leur vie présente cherchent des réponses à ces questions.

Mais plus en profondeur, Zachée nous touche parce que sa démarche est cohérente, il peut être un modèle de conversion pour nous. Relevons quelques détails : en voulant voir Jésus, Zaché nous confirme que le péché n’altère pas complètement le désir de salut. En effet, son désir de rencontrer Jésus est le signe qu’il cherche (ou attend) une réponse à la question du Salut promis par Dieu. en grimpant dans un arbre il se donne les moyens de le voir, il permet que se réalise son désir. En effet, il sent qu’en Jésus se trouve la réponse à sa question. en recevant Jésus chez lui il permet au Salut d’entrer dans sa vie. En effet, le Salut n’est plus pour lui une question théorique qui doit recevoir une réponse intellectuelle, mais elle est une expérience concrète, car Zachée reçoit Dieu non plus seulement dans sa maison, mais aussi dans la demeure de son corps, au fond de son âme. Et c’est une fois accueilli là, au plus intime de sa vie, qu’il reçoit le pardon et fait l’expérience du salut. Le résultat est immédiatement visible dans sa vie d’homme puisqu’il s’engage à réparer les torts qu’il a causés. Zachée va jusqu’au bout de sa démarche : il cherche à voir Jésus, s’en donne les moyens, l’accueille chez lui et change visiblement sa vie et celle des autres !

Développons pour nous aujourd’hui ces 4 étapes du chemin de conversion de Zachée :

Etape 1 : chercher à voir Jésus : Quand on parle de la mort la plupart des gens me disent « pourvu que ce soit le plus tard possible ! » Et alors cela se traduit par une vie chrétienne bonne mais trop horizontale, réduite à des habitudes, des valeurs, des rites. On a sorti de sa vie tout désir de voir et de vivre une expérience avec Jésus, on se contente de travailler à un bien vivre ensemble dans ce monde. Qui osera aujourd’hui parmi nous crier à Dieu comme ste Thérèse d’Avila : « je meurs de ne pas mourir ! » Quel est ici et maintenant mon désir de voir Jésus ?

Etape 2 : se donner les moyens de voir Jésus. Il faut passer du désire à l’action, et prendre les moyens de la rencontre. Désirer voir Jésus exige de préparer la rencontre avec Lui ! Je dois prendre un temps de recul, m’asseoir, m’isoler pour prier. Là où le silence s’installe, où la paix règne, la possibilité de rencontrer Dieu est offerte. Chacun de nous doit trouver le Sycomore qui peut le rapprocher de Jésus : dans une église près du tabernacle, au pied de Marie, lors d’une balade en forêt, dans le secret de sa chambre, lors d’une halte devant un superbe panorama, etc.

Etape 3 : Accueillir Jésus chez soi : quelle personne ayant désiré voir un ami très cher, qui pour lui, a fait un long chemin pour dialoguer avec lui, l’abandonnerait devant la porte de sa maison ? Il nous faut laisser Jésus entrer chez nous, dans la demeure de notre âme. La vie de prière nous transforme en demeure de Dieu et fait de nous des tabernacles de la présence de Dieu dans le monde. En quelques sortes nous devenons à notre tour une possibilité de rencontrer Dieu pour les autres, nous devenons des Sycomore de la rencontre avec Dieu.

Etape 4 : changer sa vie : Comment imaginer qu’un cœur qui accueille régulièrement le Seigneur par la prière ou la vie sacramentelle ne change pas ? Quelle torche ne s’embrasse pas au contact du feu ? Quel chrétien ne deviendrait pas missionnaire en laissant Dieu par son Fils et dans l’Esprit agir en lui ? Ce que Dieu fait à l’intérieur de la demeure de notre âme doit se voir à l’extérieur : plus de patience, de bonté, de maitrise de soi, de paix, de joie, de miséricorde en parole et en acte,  etc….

Aujourd’hui, frères et sœurs, vous êtes montés ici, dans l’église-sycomore, pour réaliser votre désir de rencontrer Jésus. Dans la communion il va faire sa demeure en vous et vous qu’allez-vous changer de votre vie à l’issue de cette célébration ? Amen

homélie père Arnaud 2 Novembre

lettre de st Paul aux Romains

frères, si, à cause d’un seul homme, par la faute d’un seul, la mort a établi son règne, combien plus, à cause de Jésus Christ et de lui seul, régneront-ils dans la vie, ceux qui reçoivent en abondance le don de la grâce qui les rend justes. Bref, de même que la faute commise par un seul a conduit tous les hommes à la condamnation, de même l’accomplissement de la justice par un seul a conduit tous les hommes à la justification qui donne la vie. En effet, de même que par la désobéissance d’un seul être humain la multitude a été rendue pécheresse, de même par l’obéissance d’un seul la multitude sera-t-elle rendue juste. Quant à la loi de Moïse, elle est intervenue pour que se multiplie la faute ; mais là où le péché s’est multiplié, la grâce a surabondé. Ainsi donc, de même que le péché a établi son règne de mort, de même la grâce doit établir son règne en rendant juste pour la vie éternelle par Jésus Christ notre Seigneur.

 

À Lons-le-Saunier, pour la Toussaint ils ont une pensée ...

fleurissement des tombes du carré des indigents à Lons

Chaque année, au moment de la Toussaint et particulièrement ce 2 novembre dans l’Eglise, nous nous retrouvons pour faire mémoire des défunts et prier pour eux. Nous fleurissons leurs tombes, donnons souvent une intention de messe pour eux. Mais quelle est notre espérance pour eux et pour nous qui les rejoindrons ?

En effet, les chrétiens que nous sommes, chaque dimanche et jour de fête, confessent le credo qui en dit très long sur la foi en ce qui se passe après la mort : « je crois à la communion des saints, à la rémission des péchés, à la résurrection de la chair, à la vie éternelle. » Or, si nous sommes logiques, ce que nous croyons et proclamons dans le crédo, nous espérons que nos morts et nous-mêmes le vivront également et en profiteront aussi. Ainsi si nous croyons que Jésus est mort et ressuscité, nous-mêmes espérons que si nous mourrons comme lui, nous serons ressuscités comme Lui… etc.

Alors ce matin, remettons-nous en mémoire ce que signifie chacun des articles de la foi chrétienne qui touchent aux fins dernières, pour revitaliser notre foi et nourrir notre espérance pour tous ceux que nous aimons et qui ont déjà rejoints le Père.

1/ je crois à la communion des saints. Les saints ce sont tous ceux qui sont sanctifiés par le baptême et qui ont soucis d’en vivre. Le catéchisme de l’Eglise Catholique rappelle au N° 962 « « Nous croyons à la communion de tous les fidèles du Christ, de ceux qui sont pèlerins sur la terre, des défunts qui achèvent leur purification, des bienheureux du ciel, tous ensemble formant une seule Eglise, et nous croyons que dans cette communion l’amour miséricordieux de Dieu et de ses saints est toujours à l’écoute de nos prières » Nous pouvons donc avec eux échanger des biens spirituels. Nous prions pour eux, ils prient pour nous. Voilà la raison pour laquelle nous donnons des messes pour eux et que nous demandons qu’ils prient pour nous !

2/ je crois à la rémission des péchés. Pour accéder au ciel, il faut avoir été purifié de tous ses péchés, c’est-à-dire justifié par Dieu. Dans la 2° lecture, st Paul écrit aux Romains que « si, à cause d’un seul homme, par la faute d’un seul, la mort a établi son règne, combien plus, à cause de Jésus Christ et de lui seul, régneront-ils dans la vie, ceux qui reçoivent en abondance le don de la grâce qui les rend justes. » Cette grâce qui justifie, Jésus la transmet sacramentellement par les prêtres qui sont « les purs instruments dont notre Seigneur Jésus-Christ, unique auteur et dispensateur du Salut, veut bien se servir pour effacer nos péchés et nous donner la grâce de la justification. » (CEC 987).

3/ je crois à la résurrection de la chair. Nous avons un corps et une âme unis et que la mort ne peut séparer que temporairement. En effet, nous croyons en Dieu qui est le créateur de la chair et en Jésus son Fils qui s’est fait chair, qui a assumé un corps pour racheter la Chair. Il a ressuscité dans son corps, mais un corps transformé. Ainsi nous devons espérer que pour nous aussi, dans la résurrection Dieu rendra la vie incorruptible à notre corps transformé en le réunissant à notre âme. C’est ce que Paul rappelle aux Corinthiens dans sa première lettre : « on sème dans le tombeau un corps corruptible, il ressuscite un corps incorruptible, un corps « spirituel » » Ce corps si il a l’apparence de notre corps actuel par lequel nous avons été connus, il ne sera plus soumis aux lois biologiques propres à ce monde.

4/ je crois à la vie éternelle. Ce que nous visons, c’est la vie en plénitude avec Dieu pour tous les élus à la fin des temps. Pour y parvenir chacun aura donc à rendre des comptes de sa vie et à se laisser justifier par Dieu. Aussi l’Eglise professe que chaque homme dans son âme immortelle, reçois sa rétribution éternelle dès sa mort en un jugement particulier par le Christ, juge des vivants et des morts. (Cec 1051). Et au jour du Jugement dernier, tous les hommes comparaitront avec leur propre corps devant le tribunal du Christ pour rendre compte de leurs propres actes (cec 1059). Enfin, à la fin des temps, les justes régneront avec le Christ pour toujours, glorifiés en corps et en âme, et l’univers matériel lui-même sera transformé. Dieu sera alors tout en tous dans la vie éternelle.

C’est pourquoi l’Eglise prie pour que personne ne se perde, sachant que Dieu, pour qui tout est possible, veut que tous soient sauvés.  Jésus dans l’évangile nous rappelle que la vie éternelle est offerte sûrement à ceux qui dans ce monde restent en tenue de service, la ceinture autour des reins, et leurs lampes allumées. Prions  donc ce matin le Seigneur d’être trouvés ainsi au jour de notre mort ! Amen

homélie père Arnaud B Toussaint 2019

4ème dimanche de Pâques Année B Dimanche 26 avril ppt ...Lecture de la première lettre de saint Jean

Bien-aimés,
    voyez quel grand amour nous a donné le Père
pour que nous soyons appelés enfants de Dieu
– et nous le sommes.
Voici pourquoi le monde ne nous connaît pas :
c’est qu’il n’a pas connu Dieu.
    Bien-aimés,
dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons n’a pas encore été manifesté. Nous le savons : quand cela sera manifesté, nous lui serons semblables
car nous le verrons tel qu’il est. Et quiconque met en lui une telle espérance se rend pur comme lui-même est pur.

Si demain, le 2 novembre, nous nous retrouverons à l’église pour prier pour nos défunts, c’est parce qu’aujourd’hui nous redécouvrons la vocation de toute personne : rien de moins que de vivre pour l’éternité auprès de Dieu. Ainsi nous désirons que tous les membres de nos familles, nos amis, qui ont déjà franchi la mort puissent vivre du bonheur que Dieu veut donner à tous.

La fête de la Toussaint et donc célébrée pour susciter à nouveau dans le cœur des chrétiens le désir de la vie éternelle. Mais il faut bien comprendre ce que cela signifie car pour de nombreuses personnes « continuer à vivre éternellement, sans fin, apparait plus comme une condamnation que comme un don. », comme le soulignait le pape Benoit XVI dans son encyclique sauvés en espérance  et il ajoute à la suite « Bien sûr, on voudrait renvoyer la mort le plus loin possible. Mais vivre toujours, sans fin, en définitive, cela peut être seulement ennuyeux et en fin de compte insupportable. »  Pour illustrer ce point j’aimerai vous partager cette anecdote lue dans la revue Famille Chrétienne de cette semaine (une revue à laquelle je vous invite à vous abonner !) : « un enfant dit au prêtre qui le catéchise « mon père, je ne veux pas aller au ciel » « pourquoi ne veux-tu pas aller au ciel ? » « Parce que c’est ennuyeux de flotter sur un nuage en chemise de nuit bleue, avec une palme dans la main, en chantant alléluia pendant des millions d’années ! »

Alors avec vous ce matin, en m’appuyant sur les lectures que nous avons entendus j’aimerai revenir sur ce que l’Eglise dit de la vie éternelle pour dissiper vos doutes et susciter votre désir d’éternité. Je procèderai en 3 points :

1/ la vie éternelle est une élection. Dans la première lecture tirée du livre de l’Apocalypse, nous avons entendu cette phrase : « Ne faites pas de mal à la terre, ni à la mer, ni aux arbres, avant que nous ayons marqué du sceau le front des serviteurs de notre Dieu. Il faut donc être marqué du sceau de Dieu, réservé à ceux qui auront été ses serviteurs. Ces derniers sont une foule immense …de toutes nations, tribus, peuples et langues. Et saint Jean ajoute : Ceux-là viennent de la grande épreuve ; ils ont lavé leurs robes, ils les ont blanchies par le sang de l’Agneau. Ainsi la vie éternelle est donnée par le baptême qui nous plonge dans la mort du Christ et sa résurrection. Mais saint Jean ajoute que les élus ont blanchi leur robe par le sang de l’Agneau. C’est-à-dire qu’ils ont vécu le martyr, le témoignage de la foi jusqu’à la mort. L’élection est donc pour ceux qui ont vécu réellement de leur foi et ont essayé d’en témoigner.  Il ne s’agit pas faire des choses exceptionnelles, mais seulement de vivre fidèlement à l’enseignement du Christ.

2/ainsi  la vie éternelle se prépare dès ce monde. L’auteur du psaume se posait déjà la question : Qui peut gravir la montagne du Seigneur et se tenir dans le lieu saint ? Et Jésus va donner la réponse par les béatitudes que nous avons entendues dans l’évangile : ira dans la maison de Dieu, celui qui a un cœur pur, qui sait pleurer (sur le malheur du monde), exercer la douceur envers les autres. Ira dans la maison de Dieu celui qui travaille à établir la justice dans ce monde et qui sait pardonner, comme celui qui assume sa foi au risque d’être moqué ou humilié. En un mot la vie éternelle est offerte à ceux qui imitent Jésus, dont st Pierre dans son discours chez Corneille dans les actes des apôtres disait : « là où il passait, il faisait le Bien ».

3/ l’éternité, c’est participer à la vie même de Dieu. L’une des béatitudes énoncée par Jésus affirme : Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu. Ainsi la vocation de toute vie humaine est de participer à la vie même de Dieu, non pas de l’extérieur, mais de l’intérieur, en devenant ses enfants bien-aimés. D’une certaine façon Dieu nous adopte. Si Jésus s’est fait notre frère en humanité, c’est pour que nous soyons les enfants de son Père pour l’éternité. Et ce processus d’adoption, si il a déjà commencé comme le rappelle st Jean dans sa 1° lettre : Bien-aimés, dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu, il est encore a parachever et notre filiation divine sera définitive par notre purification par l’Esprit Saint, après notre mort. C’est pourquoi st Jean ajoute mais ce que nous serons n’a pas encore été manifesté.

Ainsi « l’éternité n’est pas une succession continue des jours du calendrier… Il s’agirait du moment de l’immersion dans l’océan de l’amour infini, dans lequel le temps, l’avant et l’après, n’existe plus » (Benoit XVI Spe Salvi). Il s’agira d’un temps spirituel où nous agirons d’abord pour ceux qui sont encore sur terre. « Je passerai mon ciel à faire du bien sur la terre » disait st Thérèse de Lisieux et ensuite nous entrerons dans la joie d’accueillir tous ceux qui nous rejoindront ! C’est garanti, au ciel on ne s’ennuiera pas !

Alors célébrons ensemble l’Eucharistie, le repas où Dieu se donne en nourriture unissant dans sa vie, nos frères et sœurs du ciel et nous qui attendons de les rejoindre. Amen

homélie père Arnaud B, 30° dimanche C

Comment prier? - L'actualité de Béthanie

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là, à l’adresse de certains qui étaient convaincus d’être justes et qui méprisaient les autres, Jésus dit la parabole que voici : « Deux hommes montèrent au Temple pour prier. L’un était pharisien, et l’autre, publicain (c’est-à-dire un collecteur d’impôts). Le pharisien se tenait debout et priait en lui-même : ‘Mon Dieu, je te rends grâce parce que je ne suis pas comme les autres hommes – ils sont voleurs, injustes, adultères –, ou encore comme ce publicain. Je jeûne deux fois par semaine et je verse le dixième de tout ce que je gagne.’ Le publicain, lui, se tenait à distance et n’osait même pas lever les yeux vers le ciel ; mais il se frappait la poitrine, en disant : ‘Mon Dieu, montre-toi favorable au pécheur que je suis !’ Je vous le déclare : quand ce dernier redescendit dans sa maison, c’est lui qui était devenu un homme juste, plutôt que l’autre. Qui s’élève sera abaissé ; qui s’abaisse sera élevé. »

Dans l’évangile de ce dimanche Jésus distingue ceux qui étaient convaincus d’être justes de ceux qui sont devenus justes. C’est-à-dire qu’il distingue ceux qui s’autojustifient de ceux qui se laissent justifier par Dieu. Pour cela Jésus présente d’une part un pharisien convaincu d’être juste, il prie en faisant un compte rendu de ses actions (et de celles des autres) à Dieu, mais ne Lui demande rien. D’autre part un publicain, qui, conscient de son péché, reconnait devant Dieu tout le drame de sa situation de pécheur en se frappant la poitrine, il prie en disant : ‘Mon Dieu, montre-toi favorable au pécheur que je suis !’ ce dernier, selon Jésus, sort justifié du Temple. Qu’est-ce qui les différentie ? Leur rapport à la loi et leur vision de la sainteté.

1/ le rapport à la loi! La loi de Moïse, en réglant la vie entre les différents membres de son peuple, permet une vie communautaire cohérente. Ces commandements rappellent à chacun le permis et le défendu. Ils révèlent où est le péché, mais ne peuvent pas sauver du péché. Pour guérir du mal il faut accueillir Dieu et son pardon, il faut passer de la loi à la foi. Il faut non pas penser être juste en suivant scrupuleusement la loi, mais croire que Dieu seul peut justifier celui qui se présente humblement à Lui.

Or, le pharisien est persuadé qu’accomplir la loi et ses 613 commandements suffit à obtenir les faveurs de Dieu et sa bénédiction. D’ailleurs dans l’évangile il rappelle à Dieu qu’il jeûne deux fois par semaine et verse le dixième de tout ce qu’il gagne.’ Il est quelqu’un de bien en règle ; mais Dieu ne peut pas agir dans cet homme car son cœur n’est rempli que de lui et du mal qu’il pense des autres, voleurs, injustes, adultères. Quant au publicain, sachant qu’il est loin d’avoir mis sa vie au diapason de la volonté de Dieu, il demande son aide pour y parvenir. Il sait l’écart qu’il y a entre les préceptes de la loi et sa vie réelle. La loi lui révèle son péché et il sait que ce n’est qu’auprès de Dieu qu’il obtiendra ce qui lui manque pour être justifié. Il a foi dans les paroles du psaume : Le Seigneur entend ceux qui l’appellent : de toutes leurs angoisses, il les délivre.

2/ la vision de la sainteté. Beaucoup imaginent que la sainteté est une fin en soi, un but à atteindre. Mais le vrai but c’est la vie en Dieu et la sainteté n’est qu’un moyen d’y parvenir. C’est ce que rappelle Paul à Timothée : Je n’ai plus qu’à recevoir la couronne de la justice….le Seigneur me sauvera et me fera entrer dans son Royaume céleste.

Le pharisien se croyant en règle par rapport à la loi, fait de la sainteté « un état » c’est-à-dire « des choses » à faire et à respecter pour aller au ciel. D’une certaine manière la sainteté pour lui c’est seulement la couronne de gloire, l’auréole ! Il veut briller devant Dieu par sa justice. Le publicain qui a mesuré l’écart qu’il y a entre sa vie réelle et celle qu’il devrait vivre, fait de la sainteté « un chemin », une marche vers Dieu et avec Dieu qui peu à peu l’ajustera à Lui pour le préparer au ciel. Pour lui être saint ce n’est pas craindre de tomber, c’est compter sur Dieu pour se relever. La sainteté pour le publicain est un compagnonnage avec Dieu, une vie avec Lui jusqu’à ce qu’elle puisse être, par grâce, une vie en Lui pour l’éternité. Il demande à Dieu de faire briller sur son visage la lumière de sa justice.

3/ pour nous aujourd’hui ?

Et nous même, frères et sœurs, quel est notre rapport à la loi ? Pensons-nous qu’être chrétien c’est appliquer à la lettre des lois, connaître et débiter un catéchisme ? (ce que croient beaucoup de nos détracteurs) ou alors est-ce poser un acte de foi en la miséricorde  de Dieu qui seul peut sauver et justifier ? Car Dieu ne veut pas seulement que nous évitions le péché, il veut  aussi nous rendre capable de vivre avec lui pour toujours. Et cela lui seul peut le donner, il faut donc accepter de le laisser nous ajuster à Lui. Et cela il le fait par la vie sacramentelle !

Et la sainteté ? Comment la concevons-nous ? Si nous croyons que ce doit être un parcours de vie avec zéro défaut, nous en faisons un objectif inatteignable réservé à une élite. Si nous la recevons comme un chemin de perfectionnement alors nous permettons à Dieu d’œuvrer dans nos vies et de les transformer pour en faire des vies à son service et à celui des autres en vue de partager sa gloire.

Ce matin, ensemble, refaisons nos forces en recevant le Pain de Vie qui nous ajuste, nous sanctifie et nous fait pain de service pour les autres, voilà le meilleur chemin vers le ciel comme le rappelle Ben Sira dans la 1° lecture : celui dont le service est agréable à Dieu sera bien accueilli, sa supplication parviendra jusqu’au ciel. Amen

homélie du père William Goyard donné le samedi 19 octobre au soir

D’un coté une pauvre veuve opprimée, de l’autre un juge tout puissant qui ne tient compte ni de Dieu, ni des hommes. Voilà les deux personnages bien connus de la Bible, mis en scène par Jésus dans sa parabole. Deux personnages totalement opposés : la pauvre veuve qui est seule au monde, vulnérable, privée de la protection d’un époux, et complétement démunie. Et en face, un juge que la fonction et le pouvoir enferment dans l’orgueil et l’égoïsme, et qui en oubli (et même méprise), non seulement la justice humaine la plus élémentaire, mais aussi la Loi de Moïse qui prescrivait la défense de la veuve et de l’orphelin.

Et Jésus nous montre, que dans ce différent qui oppose celle qui n’est rien et celui qui est tout-puissant ; Dans cette opposition, la pauvre veuve a finalement eu gain de cause grâce à sa persévérance qui a fait fléchir le juge.

Et comme nous le précise l’Evangéliste, Jésus disait cette parabole à ses disciples pour insister sur la nécessité pour eux de toujours prier sans se décourager. On pourrait donc en déduire que le Christ nous appelle à prier avec insistance, jusqu’à ce que Dieu soit épuisé de nous entendre et, pour nous faire taire, nous donne enfin ce que nous demandons.

Mais pourquoi faut-il être persévérant ? Pourquoi faut-il insister ? Est-ce que Dieu est sourd ? Dort-Il comme le suppose le psaume 44 ? Cela pose problème ; car le Christ, dans l’évangile de Saint Matthieu nous demande de ne pas imiter ceux qui pensent qu’à force de paroles ils seront mieux écoutés, car, nous dit le Christ, « Dieu sait bien ce qu’il vous faut avant même que vous lui ayez demandé » (Matt 6, 8). Et le Christ nous précise dans l’évangile que Dieu, n’est pas comme le juge, lui saura combler rapidement ceux qui s’adressent à lui. Alors que veut dire le Christ quand il nous appelle à la persévérance dans la prière ?

Si on revient à la veuve et au juge, on constate que si la veuve insiste, c’est parce qu’elle n’a pas le choix, seul le juge peut lui procurer ce qu’elle attend. Mais elle insiste aussi parce qu’elle n’a pas d’autre pouvoir d’action sur le juge que celui de supplier son intervention. Elle se sait faible devant lui et elle sait qu’au final, il prendra la décision d’intervenir quand il le désirera. Mais elle persévère surtout parce qu’elle est certaine que la décision du juge qu’elle désire tant, sera positive et rétablira la justice. Elle n’a aucun doute sur l’issue de la procédure qu’elle réclame. Et c’est cette confiance indéfectible sur le dénouement de l’affaire qui explique sa persévérance.

Nous sommes un peu comme la veuve vis à vis de Dieu, nous avons de grands désirs, de grandes attentes. Nous aussi nous sommes faibles et nous comptons sur sa puissance. Mais notre relation à Dieu est totalement différente, notre prière n’est pas une demande de grâce que nous adressons à un souverain, elle n’est pas une demande déposée auprès d’une administration pour obtenir un service qui est dû ; on ne s’adresse pas à Dieu comme on s’adresserait à un distributeur automatique de faveurs ou de miracles. Non, la prière, c’est tout autre chose. Dans cette intimité spirituelle qu’est la prière, nous nous unissons à Dieu et nous lui permettons de se donner. Se donner à nous, et se donner au monde à travers nous. Dans la prière nous devenons collaborateur de Dieu, collaborateur de sa grâce. Le Seigneur n’a de cesse de donner sa vie et d’étendre ses bénédictions sur toute la création. Mais pour cela il faut des âmes qui désirent, il faut des cœurs qui accueillent, il faut des disciples qui se laissent guider et qui deviennent missionnaires. Pour cela, il faut des guerriers qui mènent inlassablement le combat de la prière comme Moïse au sommet de la colline. Car le monde est comme une terre asséchée sur laquelle les pluies torrentielles de la vie divine tomberaient sans réussir à pénétrer, et nos prières ce sont ces brèches qui permettent aux bénédictions divines de pénétrer dans le monde et de l’irriguer en profondeur. Oui, il est nécessaire de toujours prier comme nous y invite le Christ pour que l’amour de Dieu emplisse nos cœurs, car comme l’écrivait Sainte-Thérèse, «si l’Amour venait à s’éteindre, les Apôtres n’annonceraient plus l’Evangile, les Martyrs refuseraient de verser leur sang… je compris que l’amour renfermait toutes les vocations, que l’Amour était tout ».

Mais le Mal est là. Le mal et le péché assèchent et durcissent la terre qui devient au final étanche à la grâce de Dieu. Et la présence incontestable de ce mal dans le monde et dans nos vies peut nous faire douter de l’action de Dieu et de la victoire finale. Elle peut nous faire perdre l’espérance que Dieu renouvèlera et transformera toute chose. Elle peut nous décourager de l’utilité de la prière. Le mal peut nous faire perdre la foi. « Quand le Fils de l’homme viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? »

Et c’est là que l’exemple de la veuve nous enseigne. Nous, devons comme elle, porter notre confiance vers la finalité, ne pas perdre de vue l’aboutissement ultime, nous devons garder la certitude que Dieu sera vainqueur, garder la certitude qu’un jour viendra où l’amour de Dieu inondera le monde et chassera le mal : nous devons garder la foi. La foi, c’est ce qui nous permet de nous battre jusqu’à la fin, sans connaitre l’issue, mais en sachant que l’issue sera bonne, sera belle. Oui, c’est notre confiance dans la victoire à venir de Dieu, notre assurance sur l’issue de l’Histoire qui nourrit notre persévérance dans la prière et stimule notre collaboration au plan de Dieu.

Frères et Sœurs, si nous cherchons le modèle de quelqu’un qui malgré sa petitesse avait de grands désirs et de grandes espérances, quelqu’un qui n’a jamais douté de la victoire de l’Amour, qui s’est offerte dans la prière pour que la grâce par elle soit donnée en abondance au monde, celle que nous accueillons aujourd’hui parmi nous, nous le donne. L’exemple de Sainte-Thérèse-de-l’Enfant-Jésus nous rappelle notre vocation de chrétien, être toujours uni à Dieu dans la prière, pour être les missionnaires de son amour dont le monde à tant besoin.

                                                         « C’est ton amour Seigneur que je réclame,

                                                         C’est ton amour qui doit me transformer

                                                         Mets en mon cœur ta consumante flamme

                                         Et je pourrai te bénir et t’aimer » Ste Thérèse

AMEN

homélie du père Armand pour la messe d’ouverture du weekend disciple-missionnaire

Bien chers frères et sœurs,

Nous voici réunis ce soir dans la joie, pour ouvrir la célébration de notre week-end « disciples-missionnaires ».

Une célébration, au cœur de ce mois missionnaire extraordinaire décrété par le pape François, et qui nous rappelle ce devoir sacré et irremplaçable de tout disciple du Christ, de tout baptisé : celui d’être les fidèles témoins du Ressuscité, de porter au monde la Bonne Nouvelle de son Amour !

Et, comme pour marquer davantage l’importance et l’urgence de cette mission, nous avons la grande joie et la chance immense de recevoir en personne, la visite de Ste Thérèse de l’Enfant Jésus, patronne de tous les missionnaires et des missions !

Nous rendons grâce à Dieu pour tant de merveilles ; et avec la petite Thérèse, nous nous confions au Seigneur : que son Esprit féconde notre mission et que les flots de son amour inonde notre vie.

 

Bien chers frères et sœurs dans la foi,

En préparant cette méditation que je m’en vais vous partager à l’occasion du lancement solennel de notre week-end « Disciples-missionnaires », je n’ai pu m’empêcher de penser à tous ces missionnaires, hommes et femmes, qui avaient quitté vos terres, leur famille, ce qu’ils avaient de plus chers, pour braver l’inconnu, la maladie, un climat rude, les dangers de toute sorte, afin de nous apporter la Bonne Nouvelle de l’Évangile, jusqu’au Sénégal ! Une semence de la foi qui s’est faite à travers bien des sacrifices, au prix quelquefois de leur propre vie, et qui aujourd’hui, a porté de nombreux et beaux fruits, à travers des communautés vivantes et rayonnantes, des églises heureuses d’avoir connu le Christ, des hommes et des femmes, des jeunes et des moins jeunes, qui sont fiers d’appartenir à cette merveilleuse famille universelle de frères et sœurs unis par les liens de la foi, de l’amour et de l’espérance en ce Dieu-Père qui nous aime tant ! Une semence tellement féconde qui fait qu’aujourd’hui, eh bien, je me trouve là devant vous ce soir, pour vous partager ma joie d’être disciple du Christ, missionnaire de son Amour pour vous !

Je n’ai pu m’empêcher de penser aussi à toutes ces personnes qui, comme la petite Thérèse que nous accueillons, sans parcourir le monde, vivent bien humblement leur mission de baptisés dans leur famille, leur communauté de vie, leur lieu de travail, dans les différentes tâches quotidiennes…

Oui, chers fidèles croyants, c’est dire et reconnaître tout simplement, que cette mission qui est la nôtre, concerne tous les membres du Corps du Christ, que chacun de nous en est dépositaire, prêtre, personne en responsabilité, laïc, oui, nous tous, nous participons de cette mission que le Père a confié à son Fils, Jésus, notre Seigneur et notre frère ! En effet, nous rappelait St Paul, « vous avez été choisis par Dieu… vous êtes ses fidèles et ses bien-aimés » ! Comme pour le Christ dans la page d’évangile que nous venons d’entendre, « l’Esprit du Seigneur est sur nous », et par le baptême, il nous a consacrés par l’onction !

Un choix, frères et sœurs, qui nous invite donc à inscrire nos pas dans ceux du Christ, à fixer nos yeux sur lui : oui, « agissez comme le Seigneur », nous dit toujours Saint Paul, « et tout ce que vous dites, tout ce que vous faites, que ce soit toujours au nom du Seigneur Jésus-Christ » !

Voilà, chers condisciples, la mission qui nous est confiée ; une mission qui s’enracine dans la Parole et l’exemple même de Jésus ; une mission dont la source et le but ultime ne sont rien d’autre que l’Amour ! Oui l’Amour, encore l’amour, toujours l’amour, rien que l’amour !

Un amour qui libère des prisons de la solitude, de la haine et du communautarisme ; un amour qui est lumière d’espoir dans une société en proie à la peur et à la méfiance ; un amour signe d’espérance dans une société et un monde où règnent l’injustice et les inégalités de toute sorte… Oui, nous dit la petite Thérèse, « dans le cœur de l’Église ma mère, dans la société qui m’a vu naître et grandir, dans le monde qui m’accueille, oui, je serai l’amour » !

Quelle belle mission, frères et sœurs !

Mais une mission qui n’a jamais et ne sera jamais un long fleuve tranquille, un été indien ! Et cela, la petite Thérèse l’aura vécu dans sa chair et dans son cœur, à travers la maladie, « l’épreuve de la foi », arrivant à douter de l’existence de Dieu, faisant l’expérience de l’incapacité de prier et ayant même des envies de suicide…

Mais, le sage Ben Sirac nous rassure : « Les regards du Seigneur sont fixés sur ceux qui l’aiment, puissante protection, soutien plein de force contre les obstacles, assurance contre les chutes » ! Oui, chers fidèles croyants, soyons-en plus que certains : nous ne sommes et ne seront jamais seuls dans cette mission ! Le Seigneur marche à nos côtés, il nous précède et fécondera nos efforts ! C’est un Capitaine qui n’abandonnera jamais son bateau et son équipage, même au plus fort de la tempête !

Un message qui nous rejoint à des moments très difficiles pour nos églises et nos communautés confrontées à la baisse de la pratique, fragilisées par des scandales de toutes sortes ; des chrétiens et une église combattus dans ce qui fait ses valeurs les plus fondamentales… Oui, comme Ste Thérèse, nous vivons notre « nuit de la foi », nous vivons notre « chemin de la croix » …

Cependant, et c’est fort important, chers condisciples, ne l’oublions jamais et au grand jamais : « Tout chemin de croix parcouru avec foi, confiance et persévérance, aboutit inéluctablement à la Résurrection » !

Alors, chers fidèles disciples du Christ, relevons la tête ! Avançons avec foi et confiance ! Et continuons d’être les bras du Seigneur pour accueillir et protéger la vie, continuons d’être les pieds du Seigneur pour porter aux autres la Joie de l’Évangile, et continuons de laisser briller en nous cette flamme de l’amour de Dieu pour que tout homme savoure le bonheur immense d’aimer et de se savoir aimer !

« Je passerai mon Ciel à faire du bien sur terre », prédisait la petite Thérèse : chers fidèles du Christ, chers membres du doyenné, passons notre vie sur terre à faire le bien ! Amen

homélie du 27° dimanche

Lecture du livre du prophète Habacuc

Combien de temps, Seigneur, vais-je appeler, sans que tu entendes ? crier vers toi :  Violence ! », sans que tu sauves ? Pourquoi me fais-tu voir le mal et regarder la misère ? Devant moi, pillage et violence ; dispute et discorde se déchaînent.  Alors le Seigneur me répondit : Tu vas mettre par écrit une vision, clairement, sur des tablettes, pour qu’on puisse la lire couramment. Car c’est encore une vision pour le temps fixé ; elle tendra vers son accomplissement, et ne décevra pas. Si elle paraît tarder, attends-la : elle viendra certainement, sans retard. Celui qui est insolent n’a pas l’âme droite, mais le juste vivra par sa fidélité.

Lecture de la deuxième lettre de saint Paul apôtre à Timothée

Bien-aimé, je te le rappelle, ravive le don gratuit de Dieu ce don qui est en toi depuis que je t’ai imposé les mains Car ce n’est pas un esprit de peur que Dieu nous a donné,
mais un esprit de force, d’amour et de pondération. N’aie donc pas honte de rendre témoignage à notre Seigneur, et n’aie pas honte de moi, qui suis son prisonnier ; mais, avec la force de Dieu, prends ta part des souffrances liées à l’annonce de l’Évangile. Tiens-toi au modèle donné par les paroles solides que tu m’as entendu  prononcer dans la foi et dans l’amour qui est dans le Christ Jésus.  Garde le dépôt de la foi dans toute sa beauté, avec l’aide de l’Esprit Saint qui habite en nous.

Pourquoi me fais-tu voir le mal et regarder la misère ? Devant moi, pillage et violence ; dispute et discorde se déchaînent. Ce cri que le prophète Habacuc pousse vers le Seigneur face à la toute puissance des Chaldéens est également celui de nos frères et sœurs affligés par les épreuves qu’ils traversent ou qu’ils voient supportés par d’autres. Et les médias amplifient ces phénomènes, ne cessant jamais de déverser dans nos yeux, nos oreilles et nos mémoires des drames et des horreurs provenant de toute la terre. Cela ancre au tréfonds de notre cœur un certain dégoût de l’humanité qu’on nous présente souvent sous son pire jour.

Mais nous savons fort heureusement que le monde est beaucoup plus que ce que l’on en montre. A ceux qui affirment péremptoirement leurs idées la sagesse populaire oppose l’adage suivant : dans « point de vue » il n’y a point de vue ! Ainsi ce que l’on nous montre dans les médias n’est qu’un point de vue sur la vie des hommes et les évènements ; ce ne sont souvent que des images qui viennent illustrer les opinions de ceux qui les montrent.

Et ce que l’on nous montre, en général, laisse craindre qu’on veuille détruire en nous la beauté morale des hommes et des femmes qui demeure intacte jusqu’au dernier jour de leur vie terrestre ; détruire aussi notre vision traditionnelle de la famille où il fait bon concevoir et élever ses enfants entre un père et une mère engagés dans le mariage ; détruire encore notre attachement à une culture, une terre, une langue, une idée d’un digne accueil des migrants. Défendre cela aujourd’hui c’est passer au mieux pour un conservateur, au pire pour un fasciste dégringolé de l’extrême droite (on appelle cela « la réductio ad Hitlérum »). Et vous aurez une très belle illustration de cela dès ce soir à la télévision. Je vous prie de bien écouter et regarder comment les médias, chantres du politiquement correct, vont traiter la manifestation des dizaines de milliers de personnes, qui auront défilé tout la journée à Paris pour exprimer leur oppositions à certaines propositions de la loi de bioéthique.

Avec Habacuc ce matin je veux moi aussi interroger le Seigneur : Pourquoi me fais-tu voir le mal et regarder la misère ? La misère d’un monde où le désir d’adultes immatures impose sa tyrannie au-delà même de ce qui est juste ou raisonnable. Un désir incontrôlé qui devient un mal, une pathologie qu’il faut soigner par la technique médicale. La misère d’une humanité qui se prend pour Dieu et croit maitriser la vie.

Pourtant faut-il désespérer face à tout cela ? Non d’abord il faut éteindre vos télévisions ou du moins choisir avec discernement ce qu’il faut regarder. Ensuite entendre la réponse du Seigneur à Habacuc : « Tu vas mettre par écrit une vision, … Car c’est encore une vision pour le temps fixé ; elle tendra vers son accomplissement, et ne décevra pas. Si elle paraît tarder, attends-la : elle viendra certainement, sans retard ». Et pour nous chrétiens, cette vision révèle le Seigneur Jésus, Dieu fait homme, vainqueur de la mort et du péché, restaurateur d’une humanité désormais orientée vers le beau, le vrai et le bien. Et nous qui sommes croyants, nous avons à nous mettre au service de cette bonne nouvelle. Ne craignons pas de redire les vérités élémentaires à ceux qui les oublient. Paul le rappelle déjà à Timothée dans la 2° lecture « n’aie pas honte de rendre témoignage à notre Seigneur et n’aie pas honte de moi qui suis son prisonnier ».  C’est-à-dire assume la vision chrétienne de l’humanité que l’Eglise t’a enseignée. Elle est belle et solide, elle t’apprend à devenir enfant de Dieu, elle te prépare à régner avec Lui pour l’Eternité !

Souvenons-nous bien que nous ne sommes que de simples serviteurs qui ne faisons que notre devoir, qu’il nous faut, comme le rappelle st Paul à Timothée, garder le dépôt de la foi dans toute sa beauté. Et si il nous arrivait de craindre de dire les choses, de nous laisser dominer par l’esprit de peur, demandons au Seigneur son esprit de force, d’amour et de pondération pour témoigner toujours et partout de la très belle vocation des hommes et des femmes. Dieu les appelle dans leur totale complémentarité à exprimer l’alliance qu’Il veut contracter avec l’humanité.

Cette mission, est exigeante et difficile, Paul nous le redit en le rappelant à Timothée : il nous faut aussi prendre notre part des souffrances liées à l’annonce de l’Evangile. C’est le grand paradoxe chrétien : la plénitude de Bonheur et de joie offerte par Dieu aux hommes demeure comme un scandale et jusqu’à la fin des temps il nous faudra souffrir pour la faire connaître, souffrir pour en vivre pleinement.

Ce matin encore, offrons à Dieu notre vie, qu’Il l’unisse à celle de son Fils, faisant de nous, au-delà de toute peur ou crainte, le bon pain de sa vérité, les témoins fidèles de son appel à faire de chacun des hommes et des femmes, son fils, sa fille. Amen