homélie du 1° dimanche de carême « B »

Lecture du livre de la Genèse

Dieu dit à Noé et à ses fils : « Voici que moi, j’établis mon alliance avec vous, avec votre descendance après vous,  et avec tous les êtres vivants qui sont avec vous : les oiseaux, le bétail, toutes les bêtes de la terre, tout ce qui est sorti de l’arche. Oui, j’établis mon alliance avec vous : aucun être de chair ne sera plus détruit par les eaux du déluge, il n’y aura plus de déluge pour ravager la terre. » 

Évangile de Jésus Christ selon st Marc

Jésus venait d’être baptisé. Aussitôt l’Esprit le pousse au désert et, dans le désert, il resta quarante jours, tenté par Satan. Il vivait parmi les bêtes sauvages, et les anges le servaient. Après l’arrestation de Jean, Jésus partit pour la Galilée proclamer l’Évangile de Dieu ; il disait : « Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. »

Si je faisais un petit sondage parmi vous, en vous posant la question : « d’après vous, avec qui Dieu fait-il alliance ? ». Aussitôt, sûr de bien connaître votre catéchisme, vous me répondriez : « avec les hommes ! ». Ce qui n’est pas faux, mais incomplet ! En effet, par quatre fois dans la lecture du livre de la Genèse que nous venons d’entendre, Dieu affirme : « Voici que moi, j’établis mon alliance avec vous, avec votre descendance après vous,  et avec tous les êtres vivants qui sont avec vous : les oiseaux, le bétail, toutes les bêtes de la terre». L’alliance de Dieu est une alliance cosmologique, qui concerne la création toute entière. En effet, l’homme n’est pas dissociable de son environnement : il est lui-même créature parmi les autres. Mais toute créature trouve sens dans l’homme qui lui donne un nom quand Dieu la lui présente (selon ce qui nous est relaté dans le livre de la Genèse).

Dans mon homélie j’aimerai donc vous proposer d’orienter vos efforts de carême dans 3 directions vous permettant d’être attentifs à cette alliance universelle : le souci de la planète, le souci des hommes et le souci de soi.

Sauver l’homme c’est sauver la planète, voilà une position chrétienne qui va contre un écologisme délirant et mortifère qui prône au mieux une régulation stricte de la fécondité des hommes pour réduire la nuisance humaine sur le monde et au pire la mort de l’homme pour le salut de la terre. Pourtant, à quoi bon le plus joli des écrins si aucun bijou n’est à déposer à l’intérieur ? Une première proposition de carême pourrait être le souci d’une hygiène de vie personnelle, familiale et communautaire qui préserve plus la création, comme économiser l’eau, l’énergie ou  ne pas gaspiller la nourriture. Et faire cela par souci et respect des hommes qui en manquent dans le monde. Alors, votre amour du prochain sauvera aussi la planète.

Je vous propose encore une seconde possibilité, qui risque de fâcher quelques personnes : Il peut arriver que les soins que nous procurons à nos animaux domestiques soient bien supérieurs aux soucis que nous avons pour les autres hommes. J’entends dire souvent que « si on n’aime pas les bêtes, alors on n’aime pas les hommes ! », eh bien une vision chrétienne saine affirmerait plutôt : pour aimer les bêtes dans la bonne mesure, il faut aimer avant tout les hommes dans la bonne mesure ! La tendance actuelle de transférer sur les animaux des réactions humaines est dangereuse. Chats et chiens, perruches, canaris et poissons et toute autre bestiole furent créés pour l’homme et pour son service, et non pas pour remplacer l’un par l’autre. Il peut être tentant de croire que votre animal est plus attentionné (ou fidèle) que votre mari, votre épouse, ou vos amis : pourtant seul l’homme renvoie à l’homme sa propre image car chaque Homme est pour son frère image et ressemblance de Dieu et donc miroir de sa propre humanité ! Sauver un homme, un enfant, c’est offrir au monde la chance de découvrir une nouvelle image de Dieu, de donner une interprétation sublime du mystère de notre création. Alors en ce temps de carême, je vous invite sérieusement et en vérité, à regarder ce que vous dépensez pour vos animaux domestiques et ce que vous donner aux œuvres caritatives qui viennent en aide à nos frères humains. Un engagement de carême pourrait être, si nécessaire, un rééquilibrage en faveur des hommes !

Une troisième voie pourrait concerner notre propre personne, le carême est le temps de l’affrontement avec soi-même dans le désert. Saint Marc, dans l’évangile de ce dimanche nous jette sans ménagement dans le feu de l’action. Comme le Seigneur qui passe de l’eau abondante et fraîche de son baptême au Jourdain à l’aridité et à la chaleur brulante du sable du désert, nous avons à prendre un temps d’aridité, pour passer de la fraicheur et du confort d’une vie chrétienne installée et un peu poussive au désert des remises en causes : qu’ai-je à changer, à convertir, à purifier dans ma vie de foi, de prière, d’époux, d’épouse, de jeune ; de religieuse, de prêtre, pour être plus conforme à ma vocation baptismale ? Quels sont mes peurs, mes doutes, mes esclavages matériels, idéologiques ou spirituels que je crains d’affronter, ces petits ou grands travers avec lesquels Satan sait pouvoir me contenir dans une vie spirituelle tiède ? Comme l’Esprit poussa Jésus au désert pour y être tenté, l’Esprit reçu à notre baptême essaie en ce début de carême de nous pousse à sortir des tombeaux que nos peurs, nos doutes, nos esclavages creusent pour nous. Cet appel à jaillir hors de nos tombeaux, à affronter nos peurs, est un appel à découvrir que la victoire de Jésus sur le mal et la victoire de la vie sur la mort sont déjà acquises !

Alors osons cheminer à travers nos déserts et affronter nos peurs. Pour nous y aider, le Seigneur a prévu dans nos déserts de beaux oasis, tels l’Eucharistie et la confession. Pendant ces 40 jours prélevons sans retenue, à ces sources de grâces, les forces nécessaires pour accéder véritablement à la liberté des enfants de Dieu, à la pleine vie de ressuscité ! Amen

 

homélie 6° dimanche temps ordinaire

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
un lépreux vint auprès de Jésus ;
il le supplia et, tombant à ses genoux, lui dit :
« Si tu le veux, tu peux me purifier. »
Saisi de compassion, Jésus étendit la main,
le toucha et lui dit :
« Je le veux, sois purifié. »
À l’instant même, la lèpre le quitta et il fut purifié. Avec fermeté, Jésus le renvoya aussitôt
en lui disant : « Attention, ne dis rien à personne, mais va te montrer au prêtre, et donne pour ta purification ce que Moïse a prescrit dans la Loi : cela sera pour les gens un témoignage. » Une fois parti, cet homme se mit à proclamer et à répandre la nouvelle, de sorte que Jésus ne pouvait plus entrer ouvertement dans une ville, mais restait à l’écart, dans des endroits déserts. De partout cependant on venait à lui.

Il y a des gens qui ont le chic pour nous compliquer la vie…. vous les aidez avec dévouement et, en retour, vous n’obtenez que des ennuis et vous dites : « à quoi bon aider les gens, c’est toujours pareil : ça vous retombe sur le coin du nez un jour ou l’autre ! ». Jésus devait ressentir un peu de cela, après la guérison du lépreux. Il lui vient en aide et comme remerciement à la guérison qu’il donne, le voilà interdit d’entrer dans les villes ! Mais pour quelles raisons Jésus ne peut-il plus entrer en ville ?….deux réponses possibles.

Première possibilité Jésus est assimilé à un lépreux. Jésus en touchant le lépreux, est devenu impur  car Il a pris sur lui la lèpre de l’homme qu’il a guéri. Or d’après la première lecture : Tant qu’il gardera cette tache, il sera vraiment impur. C’est pourquoi il habitera à l’écart, son habitation sera hors du camp. Vous voyez alors le renversement de perspective : le lépreux qui était hors de la communauté est réintégré par Jésus qui le guérit et c’est Jésus qui ne peut plus réintégrer la communauté car il a pris sur lui la lèpres de cet homme ! Et ce qu’il fait là pour un homme annonce ce qu’il fera pour tous. En effet, Jésus en prenant sur Lui toute la lèpre des péchés du monde, en portant sa croix, sort de Jérusalem. C’est hors de cette ville qu’il sera crucifié.

Ainsi son sacrifice qui guérit tous les hommes du péché leur permet de pouvoir réintégrer la communauté humaine alors que Jésus par sa mort sur la croix est exclu de la communauté humaine.

Seconde possibilité, Jésus ne peut plus accéder aux villes à cause de la personne guérie qui ne lui a pas obéi quand il lui disait de bien respecter les règles édictées par les responsables religieux. En n’obéissant pas aux demandes du Seigneur, le lépreux guéri met Jésus en « délicatesse » avec l’institution, l’empêchant d’entrer dans les villes, donc également dans les synagogues.

Le comportement de cet homme est facilement actualisable. Nombreux sont ceux qui veulent aller à Jésus sans passer par l’Eglise et ses règles, alors qu’elle fut fondée par Lui. Dit autrement, pour eux : Jésus oui, l’institution Eglise non. Je crois en Dieu mais pas besoin de l’Eglise, des curés, etc…

Pourtant dans l’évangile de ce Jésus demande le respect de la procédure juive de validation des guérisons c’est à dire qu’il invite à respecter les médiations humaines. Et en notre temps, c’est encore la même chose, c’est à l’Eglise, aux papes et aux évêques, de dire ce qui est conforme à la foi ou non.

Or, en ce début de XXI° siècle, de nombreux « croyants » réduisent la foi à un donné subjectif : la foi c’est ce que je crois ! Jésus, je le connais et je fais ce que je veux sans ou contre l’avis de l’Eglise ! On appelle cela le règne du relativisme…..cette multiplicité des formes et contenus de la foi au nom d’une liberté donnée par le Christ, empêche une véritable évangélisation qui dépasse la simple affectivité et fait obstacle à l’entrée de Jésus dans le cœur des villes et des gens.

Jamais Jésus n’est dissociable de son Eglise. Le remède au relativisme est donné par Paul : faites-le pour la gloire de Dieu. Ne soyez un obstacle pour personne, ni pour les Juifs, ni pour les païens, ni pour l’Église de Dieu. Et Paul illustre cela par son propre exemple : sans chercher mon intérêt personnel, je cherche celui de la multitude des hommes, pour qu’ils soient sauvés et il le dit bien fort et invite les autres à faire de même : Imitez-moi, comme moi aussi j’imite le Christ. Ainsi l’Eglise c’est le Christ qui agit dans le monde. Les deux ne font qu’un, comme la tête et le corps ! Et cela se révèle au plus haut point dans l’Eucharistie… En effet, à l’offertoire quand je vous invite à prier en disant prions ensemble, mes frères, au moment d’offrir à Dieu le sacrifice de toute l’Eglise. Vous répondez pour la gloire de Dieu et le Salut du monde.

Remarquez que l’Eucharistie est le sacrifice de toute l’Eglise, c’est à dire du Christ lui-même qui nous donne son Corps et son Sang. Définitivement le Christ et l’Eglise sont inséparables ! À l’offertoire, comme le lépreux, tombons à genoux devant le Seigneur et disons-lui : si tu veux tu peux purifier ma foi et ma vision de l’Eglise. Puisse cette eucharistie faire croître en nous la foi en cette conviction que le Christ et l’Eglise c’est tout un, et augmenter en nos cœurs le désir d’unité et l’amour de l’Eglise. Amen

homélie du 5° dimanche…

Évangile de J-C selon saint Marc

En ce temps-là, aussitôt sortis de la synagogue de Capharnaüm, Jésus et ses disciples allèrent, avec Jacques et Jean, dans la maison de Simon et d’André. Or, la belle-mère de Simon était au lit, elle avait de la fièvre. Aussitôt, on parla à Jésus de la malade. Jésus s’approcha, la saisit par la main et la fit lever. La fièvre la quitta, et elle les servait.

Le soir venu, après le coucher du soleil, on lui amenait tous ceux qui étaient atteints d’un mal ou possédés par des démons. La ville entière se pressait à la porte. Il guérit beaucoup de gens atteints de toutes sortes de maladies, et il expulsa beaucoup de démons ; il empêchait les démons de parler, parce qu’ils savaient, eux, qui il était.

 

Le lendemain, Jésus se leva, bien avant l’aube. Il sortit et se rendit dans un endroit désert, et là il priait. Simon et ceux qui étaient avec lui partirent à sa recherche. Ils le trouvent et lui disent : « Tout le monde te cherche. » Jésus leur dit : « Allons ailleurs, dans les villages voisins, afin que là aussi je proclame l’Évangile ; car c’est pour cela que je suis sorti. »

Et il parcourut toute la Galilée, proclamant l’Évangile dans leurs synagogues, et expulsant les démons.

Nous poursuivons aujourd’hui la lecture entamée dimanche dernier de la visite de Jésus à Capharnaüm. A peine a-t-il mis les pieds dans la synagogue, qu’avec une autorité nouvelle, Il chasse un esprit mauvais d’un possédé. Il poursuit ce matin en guérissant la belle-mère de Pierre. La suite logique de ces guérisons extraordinaires ne se fait pas attendre : de deux guérisons on passe à des centaines grâce à la publicité ! Pas besoin de journaliste, de télévision, de radio, ou d’internet pour faire le buzz! Un bon miracle, signe bien visible de la puissance et de l’autorité du Christ, ramène plus de monde à Dieu que bien des discours et des enseignements ! Pourtant Jésus ne dissocie pas miracle et enseignements, il fait les 2 ! Il ajoute même une troisième dimension à son action : il prie et par rien qu’un peu : Jésus se leva, bien avant l’aube. Il sortit et se rendit dans un endroit désert, et là il priait. Donc pour bien enseigner et guérir pendant la journée, le Seigneur doit d’abord prier. On souligne bien que Jésus a besoin de se mettre à l’écart, il n’est pas comme nous qui affirmons parfois, pour mieux fuir le silence, que nous prions en agissant ! Il faut souligner que le silence est devenu le grand absent de nos vies : désormais on trouve toujours dans les maisons la télé allumée en bruit de fond. Et dehors entre la circulation et les hautparleurs qui vomissent musique et pub, ou des personnes dans la rue avec des écouteurs sur les oreilles et même maintenant des jeunes se promenant avec une enceinte Bluetooth pour partager leur musique à la cotonnade impossible de trouver un peu de silence. Il est aussi absent de nos célébrations : de notre premier pas à l’église jusqu’à notre départ, quand prenons-nous le temps de rejoindre le Seigneur dans un silencieux cœur à coeur ? Sommes-nous là uniquement pour les autres ou d’abord pour Lui afin d’être vraiment disponible pour les autres ?

Dieu est en nous, au cœur de notre cœur. L’expérience de Dieu est comme de la spéléologie spirituelle : il s’agit de descendre dans la profondeur du gouffre de notre vie, de notre corps, de tout notre être ! C’est là qu’est Dieu : au plus intime de notre cœur, de notre conscience et de notre intelligence. C’est parce que Christ est au cœur de nos vies, qu’il nous permet de faire toute chose selon sa volonté ? Et sa volonté, il nous la livre dans l’évangile : Allons ailleurs, dans les villages voisins, afin que là aussi je proclame l’Évangile ; car c’est pour cela que je suis sorti.

La bonne Nouvelle proclamée par Jésus est celle du retour à l’ordre : Jésus avec autorité remet de l’ordre dans la vie des personnes qu’il croise : il rend aux personnes malades la capacité de travailler, aux personnes possédées la capacité de vivre à nouveau dans la société. Là où Jésus passe le mal trépasse, chaque guérison vient redire que le diable est vaincu, que la vie a triomphé! Le regard du Christ redit, à chaque homme qui veut bien le croiser, l’immense miséricorde du Père pour lui. Ce n’est que dans le silence de cette rencontre des regards que peut s’imprégner jusqu’au fond de l’âme la certitude de notre salut. Le vrai souci des autres, nous rappelle le Seigneur, c’est d’abord que nous ayons souci de notre propre salut. A l’homme qui dit au Christ : « Seigneur, il y a tant d’hommes qui se perdent…. » Jésus répond : « si moi je te perds, alors j’ai tout perdu ! »

Voilà pourquoi le Seigneur doit aller de ville en ville, rencontrer et sauver chaque homme et chaque femme qu’il croisera. Et cette volonté expresse du Seigneur, de ne perdre aucun de ceux qu’il rencontre, doit devenir notre volonté. Un chrétien l’est pour les autres, pour attirer vers le Seigneur ceux qui sont loin, car je crois qu’il nous sera demandé des comptes de tous ceux que nous n’aurons pas voulu sauver. Paul déjà l’avait compris quand il disait aux Corinthiens : Je me suis fait l’esclave de tous afin d’en gagner le plus grand nombre possible… Je me suis fait tout à tous pour en sauver à tout prix quelques-uns. Et tout cela, je le fais à cause de l’Évangile, pour y avoir part, moi aussi.

Et aujourd’hui, c’est à nous que Paul le redit. Sommes-nous aussi missionnaire du Christ à cause de évangile ? Où laisserons-nous cela à d’autres, aux protestants évangéliques ou à des courants plus ou moins sectaires? Si Dieu est votre vie, alors donnez la vie à tous les hommes. Nous devons être des chrétiens engagés, dont la vie de foi est une amitié avec le Christ façonnée par la prière dans le silence. Cette amitié avec le Christ creuse au plus profond de soi le désir de le faire connaître et aimer de tous. Puisse l’Eucharistie que nous allons célébrer donner aux uns la force de continuer à annoncer le Seigneur et aux autres le goût de s’y mettre. Amen

homélie du 4° dimanche du temps ordinaire

autorité 1Évangile de J-C selon saint Marc

Jésus et ses disciples entrèrent à Capharnaüm. Aussitôt, le jour du sabbat, il se rendit à la synagogue, et là, il enseignait. On était frappé par son enseignement, car il enseignait en homme qui a autorité, et non pas comme les scribes. Or, il y avait dans leur synagogue un homme tourmenté par un esprit impur, qui se mit à crier : « Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais qui tu es : tu es le Saint de Dieu. » Jésus l’interpella vivement : « Tais-toi ! Sors de cet homme. » L’esprit impur le fit entrer en convulsions, puis, poussant un grand cri, sortit de lui. Ils furent tous frappés de stupeur et se demandaient entre eux : « Qu’est-ce que cela veut dire ? Voilà un enseignement nouveau, donné avec autorité ! Il commande même aux esprits impurs, et ils lui obéissent. » Sa renommée se répandit aussitôt partout, dans toute la région de la Galilée.

Dans l’évangile que nous venons d’entendre, deux personnages ne peuvent absolument pas cohabiter : Jésus et l’esprit impur. Tout les sépare, et pour souligner cette impossibilité, l’évangéliste Marc nous transporte dans une ville dont le nom est Capharnaüm, ville d’origine de Pierre et d’André qu’il vient d’appeler à sa suite (c’était dimanche dernier). Vous savez que ce nom signifie pour nous, occidentaux,  grand bazar, ou, pour dire clairement : un sacré bordel. Rappelez-vous que c’est ainsi que vos parents qualifiaient l’état indescriptible de votre chambre, ou que vous-même le faites avec vos enfants. Mais on pourrait aussi appeler ‘Capharnaüm’ l’état mental et spirituel du pauvre homme possédé par un esprit impur ; car en lui aussi tout est sens dessus dessous ! D’un côté une situation de désordre, de l’autre Jésus, dont l’autorité et l’enseignement remettent de l’ordre là où règne le désordre !

Si l’enseignement de Jésus est aussi efficace, nous devons en connaître le contenu et l’autorité ! L’évangile lu ce matin se trouve au début du chapitre 1ier de Marc, et à ce stade nous n’avons que trois Paroles de Jésus, deux que nous avons entendues la semaine dernière : l’une adressée à tous : Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. Et l’autre dite à André et Pierre : venez à ma suite. Je vous ferai devenir pêcheurs d’hommes. La troisième parole, ce matin, est à destination de l’esprit mauvais : Tais-toi ! Sors de cet homme. On retrouve en ces 3 paroles un résumé de l’évangile : Jésus est venu dans le monde pour annoncer le royaume de Dieu, pour libérer les gens du mal et choisir des disciples pour poursuivre son œuvre.

D’où vient l’autorité de l’enseignement de Jésus ? Nous savons que Jésus réalise les Ecritures : il est le prophète annoncé par Moïse dans la 1ière lecture : au milieu de vous, parmi vos frères, le Seigneur votre Dieu fera se lever un prophète comme moi  et vous l’écouterez. Et plus loin Dieu dit je mettrai dans sa bouche mes paroles. Quoi de surprenant qu’il parle avec autorité, puisque Jésus est la Parole de Dieu ! Quand il dit le règne de Dieu est tout proche, Jésus dévoile qu’en sa personne, le Règne de Dieu est là, Il est Dieu parmi nous ! D’ailleurs l’esprit impur ne s’y trompe pas, Il sait qui est Jésus : Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais qui tu es : tu es le Saint de Dieu En effet, personne, mieux que le mal, ne connaît l’autorité de Dieu !

Ce que l’esprit mauvais sait de Jésus, nous devons en faire notre profession de foi : Jésus n’est pas qu’un homme, fut-il le meilleur, il est le Saint de Dieu venu pour perdre le malin. Nous ne devons jamais douter que Dieu et le mal ne peuvent demeurer ensemble. Ce grand affrontement entre eux trouvera son point culminant sur la croix. Beaucoup croiront alors à la victoire du mal sur le bien, de la mort sur la vie, du renoncement sur l’espérance, de la haine sur l’amour, de l’abandon sur la foi. Pourtant, en donnant sa vie, Jésus cloue le mal et la mort sur la croix : il s’offre pour que nous ne souffrions plus d’être séparés de lui. Depuis, chacun de nos péchés est déjà consumé sur la croix, et chaque Eucharistie vient revivifier en nous l’autorité de ce don.

L’autorité du Christ, c’est la puissance de son amour qui lui permet de nous contempler sans cesse comme celui que nous devons devenir. Et l’Eglise à sa suite fait de même, par son enseignement, elle contemple chaque homme en voyant en lui, l’image et la ressemblance de Dieu restaurées par le Christ sur la croix. L’enseignement de Jésus et celui de l’Eglise sont tout un car le Christ a revêtu ses apôtres et leurs successeurs de son autorité pour enseigner, sanctifier et gouverner son peuple. Nous devons garder en nous la certitude que le Seigneur par le don de l’Esprit Saint assiste son l’Eglise et tout particulièrement le Saint-Père dans les décisions qu’il doit prendre. Je fais mienne pour vous ces paroles de l’apôtre Paul : C’est dans votre intérêt que je dis cela ; ce n’est pas pour vous tendre un piège, mais pour vous proposer ce qui est bien, afin que vous soyez attachés au Seigneur sans partage. En vous attachant à l’Eglise et à son enseignement c’est au Christ lui-même que vous vous arrimez, car c’est sur Pierre que notre Eglise est bâtie, sur sa foi, et celle de ses successeurs. Unis à l’Eglise, vous ne risquez pas de vous perdre : in Christo per Mariam, semper sub Petro : Dans le Christ, par Marie, toujours soumis à Pierre ! Laissons aujourd’hui encore l’Eglise, par l’autorité du Christ, nous nourrir du Pain de Vie, pour être vraiment et fidèlement les disciples dont Il a besoin. Amen.

 

homélie du 3° dimanche ordinaire

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

Après l’arrestation de Jean le Baptiste, Jésus partit pour la Galilée proclamer l’Évangile de Dieu ; il disait : « Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. » Passant le long de la mer de Galilée, Jésus vit Simon et André, le frère de Simon, en train de jeter les filets dans la mer, car c’étaient des pêcheurs. Il leur dit : « Venez à ma suite. Je vous ferai devenir pêcheurs d’hommes. » Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent. Jésus avança un peu et il vit Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean, qui étaient dans la barque et réparaient les filets. Aussitôt, Jésus les appela. Alors, laissant dans la barque leur père Zébédée avec ses ouvriers, ils partirent à sa suite.

Deux temps distincts dans l’Evangile de ce dimanche : d’abord le Seigneur Jésus proclamant seul le Règne de Dieu, ensuite Il appelle ses premiers disciples. Deux temps qui se complètent : l’un fixe le programme, l’autre trouve les ouvriers pour l’accomplir. L’un insiste sur l’urgence, Les temps sont accomplis, l’autre sur la conséquence : Il n’y a plus de temps à perdre : il faut recruter d’autres personnes pour faire passer le message : Venez derrière moi  dit Jésus, je vous ferai devenir pêcheurs d’hommes. Deux temps qui sont liés par la continuité : les apôtres ne choisissent pas leur mission, ni son contenu, ils reçoivent leur mission du Christ qui fixe le contenu du message à faire connaître : le Règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Evangile. Trois questions viennent alors à nos lèvres : qu’est-ce donc que le règne de Dieu ? Que change-t-il dans nos vies ? Et enfin qu’est-ce qu’un pécheur d’hommes ? Trois questions qui seront les trois parties de mon homélie.

1/qu’est-ce que le Règne de Dieu ? Lorsque le peuple juif s’est constitué, Dieu lui-même le gouvernait par les juges et les prophètes. Mais comme il est toujours difficile d’être différent, le peuple juif demanda un roi pour régner sur lui afin de ressembler à tous les autres peuples de la terre. Cet épisode est raconté au chapitre 8 du 1ier livre de Samuel on peut lire : les anciens se réunirent et vinrent trouver Samuel, ils lui dirent : Donne-nous pour nous gouverner, un roi comme en ont toutes les nations. Dieu se sentira alors comme rejeté, ce n’est pas toi, Samuel qu’il rejette, c’est Moi, car ils ne veulent pas que je règne sur eux ! Dieu donnera à son peuple les rois qu’il demande, mais ils ne seront que rarement à la hauteur. Dès lors, le peuple idéalisera, comme un ‘paradis perdu’ le temps où Dieu régnait lui-même sur son peuple, et il prophétisera une réinstauration du royaume de Dieu avec grandeur et éclat. Pourtant, si Jésus réalise en sa personne cette prophétie, il en change la forme. Il parle du Règne de Dieu comme d’une semence, d’un levain dans la pâte, d’un mystère révélés aux humbles, d’une graine qui deviendra un arbre pour abriter toute création, de la justice et de la paix pour tous. Le Royaume, déjà parmi nous, car ensemencé dans le monde par Jésus, sera achevé, par la moisson finale, lors de son retour dans la gloire. Entre ces deux moments, qu’on appelle le temps de l’Eglise, le royaume germe dans tous les cœurs humains. Dieu en profite, en Jésus-Christ pour se faire de plus en plus proche des hommes en se donnant dans les sacrements. Il est Dieu qui jour après jour se fait tout en tous.

2/ Qu’est-ce que ça change dans nos vies ? Dieu se fait proche de chacun, mais pour régner sur nous il est nécessaire que nous l’accueillions dans nos vies et que cela change nos vies. On nomme cela la conversion : elle se caractérise par une attitude humble : comme le rappelle le psaume : il enseigne aux humbles son chemin. Elle est aussi une recherche active, parmi les hommes, de la justice, de la vérité et de la paix : comme le dit encore le psaume : Dirige-moi par ta vérité ou encore ta justice dirige les humbles. Il s’agit aussi de supporter les possibles persécutions et d’être prêt à perdre ce que l’on a pour réaliser la volonté de Dieu qui trouve son sommet dans l’amour fraternel. Ces démarches, signes visibles de la conversion, sont les signaux que nous avons accueilli le Royaume de Dieu en nous. C’est exigeant me direz-vous, mais Jésus le rappelle lui-même, si tous y sont appelés tous ne seront pas élus et Il illustre son propos par de multiples exemples. (tri entre le bon grain, le jugement dernier dans l’Evangile de Matthieu).

3/Ainsi un pécheur d’homme, c’est la personne que Dieu choisit pour annoncer le règne de Dieu à tous les hommes de tous les temps en lui proposant de vivre une vie sobre et simple toute tournée vers l’amour fraternel. Qui sont-ils ? D’abord ce furent des hommes choisis par Jésus qui les interpellent : venez derrière moi, et insiste bien pour dire je vous ferai devenir des pêcheurs d’hommes ! C’est Jésus qui façonne son disciple et le rend apte à la mission. Donc pour être crédibles, ils auront à vivre déjà une conversion personnelle : ainsi, nous apprends st Marc : Aussitôt, laissant leurs filets ils le suivirent. Ils devront se laisser guider par le Seigneur et avoir aux lèvres la prière du psaume : Seigneur, enseigne-moi tes voies, fais-moi connaître ta route.

Le Concile Vatican II le redit, c’est l’affaire de Tous désormais. C’est à nous d’ouvrir nos vies au Règne de Dieu, à nous de devenir contagieux de son amour pour qu’Il se répande dans le cœur des croyants, siècles après siècles. Chacun de nous est appelé à quitter ce qui l’entrave dans ce monde afin de partir au large de l’humanité pour y jeter les filets de la Bonne Nouvelle. Cela peut prendre la forme du mariage, du sacerdoce, du service des plus pauvres, de la vie religieuse, etc…

Seulement….Êtes-vous prêts pour l’aventure ?

Oui ?

Alors bonne pêche ! Amen

homélie du 2 dimanche temps ordinaire

Lecture du premier livre de Samuel

En ces jours-là, le jeune Samuel était couché dans le temple du Seigneur à Silo, où se trouvait l’arche de Dieu. ….le Seigneur appela Samuel. Celui-ci se leva. Il alla auprès d’Éli, et il dit : « Tu m’as appelé, me voici. » Alors Éli comprit que c’était le Seigneur qui appelait l’enfant, et il lui dit : « Va te recoucher, et s’il t’appelle, tu diras : “Parle, Seigneur, ton serviteur écoute.” » Samuel alla se recoucher à sa place habituelle. Le Seigneur vint, il se tenait là et il appela comme les autres fois : « Samuel ! Samuel ! » Et Samuel répondit : « Parle, ton serviteur écoute. » Samuel grandit. Le Seigneur était avec lui, et il ne laissa aucune de ses paroles sans effet.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là, Jean le Baptiste se trouvait avec deux de ses disciples. Posant son regard sur Jésus qui allait et venait, il dit : « Voici l’Agneau de Dieu. » Les deux disciples entendirent ce qu’il disait, et ils suivirent Jésus. Se retournant, Jésus vit qu’ils le suivaient, et leur dit : « Que cherchez-vous ? » Ils lui répondirent : « Rabbi – ce qui veut dire : Maître –, où demeures-tu ? » Il leur dit : « Venez, et vous verrez. »  Ils allèrent donc, ils virent où il demeurait, et ils restèrent auprès de lui ce jour-là. C’était vers la dixième heure (environ quatre heures de l’après-midi). André, le frère de Simon-Pierre, était l’un des deux disciples qui avaient entendu la parole de Jean et qui avaient suivi Jésus. Il trouve d’abord Simon, son propre frère, et lui dit : « Nous avons trouvé le Messie » – ce qui veut dire : Christ. André amena son frère à Jésus. Jésus posa son regard sur lui et dit : « Tu es Simon, fils de Jean ; tu t’appelleras Kèphas » – ce qui veut dire : Pierre.

De la vocation de Samuel à celle des premiers disciples de Jésus : les textes de la liturgie de ce jour sont une bonne méthode pour apprendre à répondre à l’appel de Dieu dans nos vies.  On découvre d’abord que Dieu nous est toujours présenté par un tiers : le prêtre Eli pour Samuel, Jean le baptiste pour les deux disciples, nos parents, nos catéchistes, nos amis, un prêtre ou un pauvre. Et ces personnes nous ouvrent à la relation avec Dieu, à sa réalité, à sa connaissance. Ainsi le petit dialogue entre le prêtre Eli et Samuel comme celui qui s’instaure entre Jésus et les deux disciples de Jean-Baptiste, nous font comprendre que pour entrer en relation avec Dieu il faut d’abord avoir recours à la Parole d’un autre, à la connaissance que celui-ci a de Lui.  Ensuite Le savoir et la méthode qu’il nous transmet permettent, qu’à notre tour, nous accédions à Dieu et puissions témoigner de Lui.

La réponse à l’appel de Dieu se fait donc en 4 étapes :  1°/une personne me parle du Christ, 2°/je pose alors un acte de foi : je crois à mon tour en Christ, 3°/ je vis alors selon ma foi en imitant le Christ et enfin 4°/ je témoignage de ma foi en parlant à mon tour du Christ.

1/ Une personne me parle du Christ. Toute notre vie de chrétien est ponctuée de personnes qui nous ont transmis la Bonne Nouvelle de Jésus le Christ. Elle commence dès le baptême puis on écoute nos catéchistes, nos animateurs du groupe biblique, nos prêtres comme les disciples de l’Evangile écoutèrent Jean ou comme Samuel dans la première lecture écoutait Eli. Les uns et les autres sont là pour mettre en relation avec le Seigneur : en disant voici l’Agneau de Dieu, Jean le baptiste révèle le nom du Seigneur à ses disciples. En invitant Samuel à dire parle Seigneur ton serviteur écoute,  Eli donne à Samuel le moyen d’entrer en contact avec Lui. Cependant celui qui transmet peut avoir toutes les bonnes paroles qu’il veut, cela ne suffit pas à faire un chrétien de celui qui l’écoute.

Car toute quête spirituelle ne mène pas forcément au Christ, dire « je crois en Dieu » ne veut pas dire de nos jours « je crois en Jésus Christ !! ». Choisir Jésus comme Dieu, c’est renoncer à certaines conceptions du divin. Et C’est pour cela que Jésus interpelle les deux disciples en leur demandant que cherchez-vous, il ne veut pas que ces derniers le suivent bêtement. Le chrétien est celui qui ayant posé des questions et réfléchi au contenu de la foi, s’engage à la suite du Christ.

2/ je pose alors un acte de foi : je crois à mon tour en Christ. Choisir le Seigneur Jésus comme Dieu c’est utiliser notre intelligence pour cerner et comprendre qui il est. C’est cela que font nos deux disciples de l’Evangile en demandant à Jésus : où demeures-tu ? Il ne s’agit évidemment pas de connaître la maison dans laquelle Jésus réside. Le verbe ‘demeurer’, qui se dit Méno en grec, a trois sens dans son emploi biblique : le lieu, le temps et l’état de vie. Demander à Jésus où demeures-tu ? C’est lui demander : « en ton corps, en ta personne, le Dieu éternel et tout puissant est-il toujours présent ? » Cette question doit encore être la nôtre, croyons-nous que le Christ est Dieu, Dieu fait homme, Dieu Sauveur, Dieu pour toujours avec nous dans les sacrements? Croyons-nous qu’il est bien réellement présent dans l’Eucharistie et dans l’Eglise qui sont les deux formes actuelles de son corps ?

3/je vis alors selon ma foi en imitant le Christ. Jésus invite les disciples à venir et voir par eux-mêmes. Car la foi, si elle est un donné, un contenu auquel j’adhère, elle est aussi un déplacement et une expérience. Quand Jésus nous dit venez il nous invite à quitter des habitudes, des manières de voir et de penser pour cheminer avec Lui. Quand il nous dit vous verrez il nous demande le temps de l’expérimentation, de la découverte. Etre disciple du Christ c’est se mettre en mouvement, avancer avec Lui, le laisser nous transformer, nous étonner et toujours nous élever jusqu’à son Père en devenant son familier.

Enfin, 4/ je témoignage de ma foi en parlant à mon tour du Christ. Prenons l’exemple d’André dans l’évangile : il découvre le Christ et il l’annonce à son frère Simon : nous avons trouvé le Messie, ensuite il présente son frère à Jésus. André devient pour son frère ce que Jean Baptiste fut pour lui c’est à dire celui qui montre l’Agneau de Dieu. À mon tour, comme prêtre, prenant la suite d’André, de Pierre et de tant d’autres, avant la communion, je vous dirai « voici l’Agneau de Dieu. » Et en communiant vous allez poser un acte de foi et Jésus viendra demeurer en vous. Alors frères et sœurs, voulez-vous bien aujourd’hui prendre le relais de l’apôtre André, voulez-vous auprès des vôtres, de vos voisins et amis annoncer Celui qui est la Vie ? Amen

homélie de l’Epiphanie

Lecture du livre du prophète Isaïe

Debout, Jérusalem, resplendis ! Elle est venue, ta lumière, et la gloire du Seigneur s’est levée sur toi. Voici que les ténèbres couvrent la terre, et la nuée obscure couvre les peuples. Mais sur toi se lève le Seigneur, sur toi sa gloire apparaît. Les nations marcheront vers ta lumière, et les rois, vers la clarté de ton aurore. Lève les yeux alentour, et regarde : tous, ils se rassemblent, ils viennent vers toi ; tes fils reviennent de loin, et tes filles sont portées sur la hanche. Alors tu verras, tu seras radieuse, ton cœur frémira et se dilatera. Les trésors d’au-delà des mers afflueront vers toi, vers toi viendront les richesses des nations. En grand nombre, des chameaux t’envahiront, de jeunes chameaux de Madiane et d’Épha. Tous les gens de Saba viendront, apportant l’or et l’encens ; ils annonceront les exploits du Seigneur. 

Debout, Jérusalem, resplendis ! Elle est venue, ta lumière, et la gloire du Seigneur s’est levée sur toi. Voilà ce que le Seigneur nous dit en ce début d’année par la bouche du prophète Isaïe ! L’Eglise doit sortir du coma dans lequel le laïcisme virulent des puissants de ce monde nous a plongés. Alors que partout dans le monde des millions de chrétiens sont persécutés ou tués à cause de leur foi, alors qu’on humilie partout la dignité de l’homme et de la femme créés à l’image et à la ressemblance de Dieu, par la diffusion scandaleuse de la pornographie et par la marchandisation du corps et humain et de l’enfant à naître ; alors que dans notre pays aux racines chrétiennes profondes ils essaient d’effacer petit à petit tout les signes de notre foi ; L’Heure vient : il faut nous réveiller pour affronter et non subir l’année qui commence. Décidons aujourd’hui que la morosité, la culture de mort, l’isolement, la privatisation imposée de notre foi n’auront pas de prise sur nous, car la gloire de Dieu brille sur nous ! Cette glorieuse lumière ne pourra pas être cachée, car le Seigneur fait de nous des lampadaires pour éclairer les chemins des peuples vers Lui. Par la voix du prophète Isaïe le Seigneur Dieu rappelle à son Eglise que les nations marcheront vers sa lumière, et les rois, vers la clarté de son aurore.

L’immense cortège des millions de chrétiens doit en cette année resplendir de la gloire de Dieu. Que l’or de leurs actes de charités, la myrrhe de leurs témoignages de foi et l’encens de leurs prières tracent partout dans le monde un chemin de lumière qui guidera tous les peuples de la terre vers le Christ, notre grand roi, car nous rappelle le psaume : tous les rois se prosterneront devant lui, tous les pays le serviront.

Oui, cette année nous devons tous nous mettre en marche vers le Seigneur pour entrainer à notre suite tous les autres hommes et femmes de notre temps. St Paul en l’écrivant aux Ephésiens nous le dit aujourd’hui : toutes les nations sont associées au même héritage,  au même corps,  au partage de la même promesse,  dans le Christ Jésus,  par l’annonce de l’Évangile. Ainsi si le Seigneur nous illumine de sa gloire c’est pour que nous allions rejoindre et délivrer le pauvre qui appelle ; c’est pour qu’au nom du Seigneur, nous fassions justice au malheureux sans recours ; c’est pour que nous ayons souci du faible et du pauvre, car c’est à travers nos vies données, nos élans de charité et de générosité que le Seigneur Jésus sauve la vie du pauvre.

A nous donc, frères et sœurs de nous faire mages, de prendre la route en suivant l’étoile. Si nous n’allons pas au Christ pour laisser sa lumière resplendir sur nous, comment pourrons nous y conduire tous ceux et celles qui ne le connaissent pas ou qui n’ont de lui qu’une image tronquée ?

En venant à l’église aujourd’hui, vous avez fait une partie du chemin ! Plus besoin d’aller à Bethléem, pour que la lumière de Dieu brille sur vous. Dans l’Eucharistie qui est désormais célébrée dans toutes les églises du monde et que vous allez recevoir en communion, vous avez toute la gloire de Dieu qui se donne à vous. Par la communion au Corps du Christ vous deviendrez lumineux. Dieu vous allume pour que vous traciez dans notre doyenné de Lons un chemin de lumière qui permettra à tous jeunes et adultes de nos villes et villages de découvrir l’amour dont Il les aime.

Alors les jeunes, soyez rayonnant du Christ dans vos familles, dans vos clubs de sport et surtout dans vos lieux d’études. Osez faire de Jésus votre ami et invitez les enfants qui le ne connaissent pas à devenir aussi ses amis. Dieu vous donnera toujours du courage et de la joie si vous lui faites confiance. Il vous aidera à grandir en sagesse si vous acceptez, comme les mages, de lui offrir tous vos trésors !

Vous les parents, ayez de la joie à venir à la messe, comme les mages en avaient en approchant de la crèche. La lumière qui donne sens à la vie veut vous combler de sa clarté. Vous trouverez en Jésus un ami fidèle, un guide sûr, un coach performant pour vous aider à construire une vie juste et droite, heureuse et épanouie. Vous aussi soyez assez simple pour lui ouvrir vos trésors : un peu de temps à donner à la prière, un peu d’attention à distribuer aux affligés, un petit sacrifice financier pour venir en aide aux pauvres. Tout cela vous ouvre à la vie avec Dieu et vous fera grandir spirituellement.

Vous les grands-parents, oncles et tantes, vous avez tenu allumée la torche de la foi et le feu de l’amour de Dieu dans vos familles et dans vos cœurs. Vous avez beaucoup à offrir à l’Eglise et à vos enfants et petits enfants, neveux et nièces : l’or de votre expérience de l’humain, l’encens de vos chapelets égrenés avec foi et la myrrhe de votre âge grandissant qui, vous rendant plus vulnérables et fragiles, vous permet de devenir une belle offrande pour le Seigneur et le salut du monde.

Dieu par la communion va allumer chacun de nous pour faire de nous son trésor à offrir à ce monde, à notre monde. Alors pour l’année qui vient, que chacune de vos vies devienne épiphanie du Seigneur, sa révélation à tous les Jurassiens. Amen