homélie du 23° dimanche ordinaire

par le père Arnaud Brelot

Évangile de J-C selon st Matthieu

Ma paroisse du désert: septembre 2011

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Si ton frère a commis un péché contre toi, va lui faire des reproches seul à seul. S’il t’écoute, tu as gagné ton frère. S’il ne t’écoute pas, prends en plus avec toi une ou deux personnes afin que toute l’affaire soit réglée sur la parole de deux ou trois témoins. S’il refuse de les écouter, dis-le à l’assemblée de l’Église ; s’il refuse encore d’écouter l’Église, considère-le comme un païen et un publicain. Amen, je vous le dis : tout ce que vous aurez lié sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel. Et pareillement, amen, je vous le dis, si deux d’entre vous sur la terre se mettent d’accord pour demander quoi que ce soit, ils l’obtiendront de mon Père qui est aux cieux. En effet, quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux. »

Jusqu’où va notre amour du prochain ? Ou plutôt, jusqu’où Dieu nous demande-t-il de l’exercer ? Telle est l’interpellation de Jésus dans l’évangile. En effet, nous devons nous poser réellement la question car si nous avons toujours les mots « amour et fraternité» sur nos lèvres, nous sommes souvent moins rapides à vouloir en exercer toutes les exigences dans notre vie concrète. Ainsi parmi les nombreux domaines où s’exerce l’amour du prochain, j’aimerai en retenir trois et y réfléchir avec vous : l’aide matérielle, l’exemplarité de vie et la correction fraternelle. Voyons cela ensemble :

1/ l’aide matérielle :

Après une grande épreuve des réseaux de solidarité se mettent en place à tous les niveaux sociaux : dans une famille touchée par le chômage ou un divorce, on va se serrer les coudes ; après une catastrophe des villes et villages vont se mobiliser pour aider les sinistrés. En ce moment de nombreuses personnes nécessitent notre aide urgente et concrète, je pense particulièrement au Liban, pays si cher à la France, menacé et gangrené par tant de maux ? Aussi,  connaissant la grande générosité des catholiques, je vous invite à être particulièrement attentifs à l’appel de madame Bas qui vous invitera, au nom de l’AED à une aide concrète pour parer aux urgences sanitaires et humanitaires dans ce pays. Les chrétiens savent donner généreusement de leurs biens par amour du prochain !

2/l’exemplarité de notre vie

Dans notre société où les valeurs, les lois et les normes sont relativisées, il devient difficile de bâtir sa vie sur de bonnes fondations. Pourtant notre foi chrétienne offre des repères solides, des normes morales pour construire une vie juste et droite. C’est l’apôtre st Paul qui nous en parle dans la lettre qu’il écrit aux Romains : celui qui aime les autres a pleinement accompli la Loi. La Loi dit : Tu ne commettras pas d’adultère, tu ne commettras pas de meurtre, tu ne commettras pas de vol, tu ne convoiteras pas.  Ainsi en choisissant de faire le bien et de renoncer au mal, nous exerçons l’amour du prochain. En donnant l’exemple d’une vie juste et droite, fidèle à vivre les commandements de Dieu, nous témoignons auprès des personnes qui ont du mal à vivre chrétiennement ou qui sont en recherche de valeurs sûres pour construire leur vie, que le modèle de vie chrétienne est un chemin épanouissant qui mène au bonheur. Donc, donner l’exemple d’une vie bonne à notre prochain, c’est aimer notre prochain.

Essayons-nous, chacun de mener une vie la plus fidèle possible à la volonté de Dieu, et si nous n’y parvenons avons-nous l’audace, par l’intermédiaire d’un prêtre, d’implorer le pardon de Dieu ?

3/ la correction fraternelle :

Les paroles d’Ezéchiel dans la 1° lecture sont une invitation sans équivoque : si tu avertis le méchant d’abandonner sa conduite, et qu’il ne s’en détourne pas, lui mourra de son péché, mais toi, tu auras sauvé ta vie. Cela signifie que notre salut personnel dépend du souci que nous avons du salut des autres. C’est ce que reprend Jésus dans l’Evangile : « Si ton frère a commis un péché contre toi, va lui faire des reproches seul à seul. C’est donc aimer son prochain que d’aller le voir pour lui dire ce qui ne va pas, non pas en fonction de nos valeurs et de nos petites vérités, mais en fonction de l’enseignement de l’Evangile et de l’Eglise. Pour aider quelqu’un à accueillir le Salut, il nous faut l’aider à discerner ce qui dans sa vie lui fait obstacle. Et Jésus rappelle que le principal obstacle c’est le péché. Ainsi la plus grande preuve d’amour que l’on puisse apporter à une personne peut être de l’interpeler sur les incohérences de sa vie, sur ses attitudes, paroles ou gestes qui ne sont pas en cohérence avec la foi qu’il proclame.

Jésus nous demande d’avoir assez d’amour des autres pour ne pas les laisser se perdre. Trop souvent notre silence, que nous appelons poliment tolérance, n’est qu’une indifférence aux autres et à tout ce qui pourrait leur arriver !! Jamais Jésus n’a laissé se perdre une personne, toujours Il lui a prodigué les secours de la vérité et du Salut.

Qui d’entre nous ne souhaiterait pas, si il prenait un chemin de perdition, qu’une bonne âme vienne l’avertir,  non pas pour le condamner, mais pour ouvrir ses yeux et ses oreilles à une parole et à un geste de salut ? Ne pas se soucier de la dérive d’un jeune dans la drogue ou dans l’extrémisme religieux, laisser une famille de proches se déchirer (parce que cela ne nous regarde pas) est-ce cela l’aimer ?

Puisse donc le Seigneur nous donner le courage d’aimer en acte et en vérité, d’être des guetteurs les uns pour les autres. Car je le dis comme je le crois, rien à mes yeux de prêtre n’est pire que le péché par omission, celui qui nous a gardé d’agir quand nous en avions les moyens alors que tout autour de nous tant avaient besoin d’une parole, d’un acte venant de nous. N’oublions jamais que c’est sur nos manques d’amour que nous serons le plus sûrement jugés à la fin des temps.

Puisse l’eucharistie que nous allons recevoir en communion faire des nous de vrais témoins de l’amour du prochain. Amen

homélie du 22° dimanche ordinaire A

par le père Arnaud Brelot

Évangile de J-C selon st Matthieu

En ce temps-là, Jésus commença à montrer à ses disciples qu’il lui fallait partir pour Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des anciens, des grands prêtres et des scribes, être tué, et le troisième jour ressusciter. Pierre, le prenant à part, se mit à lui faire de vifs reproches : « Dieu t’en garde, Seigneur ! cela ne t’arrivera pas. » Mais lui, se retournant, dit à Pierre : « Passe derrière moi, Satan ! Tu es pour moi une occasion de chute : tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. »

Alors Jésus dit à ses disciples : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais qui perd sa vie à cause de moi la gardera. Quel avantage, en effet, un homme aura-t-il à gagner le monde entier, si c’est au prix de sa vie ? Et que pourra-t-il donner en échange de sa vie ? Car le Fils de l’homme va venir avec ses anges dans la gloire de son Père ; alors il rendra à chacun selon sa conduite. »

 

Jésus annonce sa passion, sa mort et sa résurrection et cela ne plait guère à Pierre qui lui dit «  « Dieu t’en garde Seigneur, cela ne t’arrivera pas. » Mais qu’est-ce qui agace autant Pierre : La montée de Jésus à Jérusalem, qu’il souffre de la part des anciens et des prêtres, qu’il soit tué ou de qu’il ressuscite le 3° jour ? En effet, quel mal y-a-t-il à monter à Jérusalem ou à ressusciter, rien…..sinon que pour ressusciter il faut mourir et même pour le Seigneur mourir dans la souffrance. Et c’est là qu’est l’os ! : souffrir et mourir avant de ressusciter ! En cela, Pierre n’est guère différent de nous tous. En refusant que Jésus réalise ces deux obligations de souffrir et mourir, Pierre occulte une grande part de la réalité humaine. Comment Jésus dont Pierre a proclamé qu’Il est « le messie, le Fils du Dieu vivant » venu assumer la condition humaine, pourrait-il ne pas souffrir et mourir ? Pour Pierre Jésus est le Fils de Dieu et Il pourrait donc se passer de souffrir et mourir, ce n’est pas digne de Dieu cela ! Voilà ce qu’il pense ! Et Jésus y voit une grande tentation pour lui, les propos de Pierre sont en fait susurrés par Satan : « Passe derrière moi, Satan ! Tu es pour moi une occasion de chute : tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. » Voilà la réponse de Jésus. Refuser de souffrir et de mourir sont donc des pensées humaines suscitées par Satan ! Et ce qui était vrai du temps de Pierre l’est encore plus de nos jours : il est toujours insupportable de souffrir et injuste de mourir.

Beaucoup parmi nous et dans la société se demandent comment l’Homme de notre siècle ayant atteint un tel niveau de science et de progrès peut-il encore souffrir et mourir ? C’est inconcevable, c’est intolérable ! Alors on cache les mourants, et on fait tout pour supprimer la souffrance. On cherche à gagner l’immortalité en désacralisant la vie et le corps qu’on transforme en machine dont les pièces sont toutes changeables et on noie la souffrance sous des tonnes de traitements médicamenteux. Seulement hier comme aujourd’hui on ne fait que du temporaire : on retarde le moment de la mort et on endort la souffrance, on l’anesthésie, mais on ne la guérit pas !

En assumant d’être vraiment homme, Jésus assume aussi le tragique de la vie humaine, c’est-à-dire la part de souffrance et la mort qui sont propres à l’humanité. Il ne veut pas se dérober à ces réalités, il veut les transformer. Il veut faire de ces deux impasses des passages vers la Vie Éternelle.

On peut alors mieux saisir l’invitation de Jésus « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive». Suivre le Christ, c’est vivre comme lui en acceptant pleinement la nature humaine tant pour les bonheurs qu’elle procure que pour les souffrances qu’elle engendre. Evidemment, le disciple n’est pas plus grand que son maître, et aller à la suite du Christ c’est prendre le risque de la plus grande souffrance, celle du don de soi c’est à dire de l’amour. Car c’est par amour des hommes que Jésus s’allonge sur la croix. Jésus n’accepte pas la croix, mais il assume la souffrance qu’elle engendre : le refus des hommes d’entendre son message, de recevoir son amour, de pardonner et d’être pardonnés, de vivre vraiment en enfant de Dieu. Jésus donne à la souffrance qu’il ressent le sens du don total de sa vie. Il souffre de nous donner sa vie, La Vie. Sur la croix Dieu se consume d’amour pour chacun de nous et il nous engendre à la vie divine.

Or cet amour pour le genre humain qui va jusqu’au don de sa propre vie, chacun des disciples est appelé à le faire. C’est à nous de découvrir dans notre vie qu’elle est la croix c’est à dire l’épreuve, que nous sommes capables de transformer en acte d’amour, en offrande pour participer avec Jésus à la Rédemption, au rachat de ce monde. Il ne s’agit pas d’être des surhommes mais d’être capable de transformer la souffrance que les événements de notre vie provoquent en don d’amour, en offrande pour sauver le monde.

Nous pouvons ainsi comprendre cette magnifique parole de Paul aux Romains : « Je vous exhorte, frères, par la tendresse de Dieu, à lui présenter votre corps – votre personne tout entière –, en sacrifice vivant, saint, capable de plaire à Dieu c’est là, pour vous, la juste manière de lui rendre un culte». C’est toute notre vie qu’il faut offrir à Dieu, nos bonheurs et nos souffrances. Paul nous demande de faire de notre vie une Eucharistie, c’est-à-dire d’en faire le don sur l’autel de la foi. C’est là le but de notre vie chrétienne, permettre au Christ, par le don de notre vie, de continuer à travers nous l’œuvre qu’il a entreprise dès la création du monde c’est à dire de transformer l’univers pour le préparer à s’épanouir en Royaume des cieux.

Oui je sais, comme Jérémie dans la 1° lecture cela nous effraie et comme lui nous décidons :  » Je ne penserai plus à lui, je ne parlerai plus en son nom. » et pourtant tout au fond de nous, comme Jérémie  nous faisons l’expérience que la Parole de Dieu, son Fils Jésus lui-même est en nous comme un feu brûlant dans notre cœur, qu’on s’épuise à maîtriser, sans y réussir. »  Alors laissons-nous encore ce soir saisir et habiter par Christ, acceptons d’être des hosties vivantes, sa vie donnée au monde pour le sauver ! Amen

homélie du 21° dimanche ordinaire

par le père Arnaud Brelot

Mon Seigneur † et Mon Dieu † - Page 14Évangile de J-C

selon saint Matthieu

En ce temps-là, Jésus, arrivé dans la région de Césarée-de-Philippe, demandait à ses disciples : « Au dire des gens, qui est le Fils de l’homme ? » Ils répondirent : « Pour les uns, Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres encore, Jérémie ou l’un des prophètes. » Jésus leur demanda : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Alors Simon-Pierre prit la parole et dit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! » Prenant la parole à son tour, Jésus lui dit : « Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux. Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle. Je te donnerai les clés du royaume des Cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. » Alors, il ordonna aux disciples de ne dire à personne que c’était lui le Christ

 

Jésus dit à Pierre « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ». Et aujourd’hui encore, à travers le baptême d’Alban, comme à travers l’Eucharistie que nous célébrons chaque jour et particulièrement le dimanche, Jésus poursuit la construction de son Eglise.

En effet, comment Alban serait-il venu jusque dans cette église de Montain pour recevoir le baptême, si  deux millénaires plus tôt Pierre n’avait pas prononcé sa profession de foi : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! ». Parce que Pierre a cru en Jésus après l’avoir accompagné durant 3 années de mission. Après l’avoir vu guérir, sauver, nourrir, après l’avoir entendu exhorter et enseigner, après avoir fait l’expérience de la résurrection, Pierre est parti sans peur sur les routes du monde méditerranéen, pour à son tour annoncer la Bonne Nouvelle de la Résurrection de Jésus, c’est-à-dire la certitude de la victoire de la Vie sur la mort. Et de l’audace missionnaire de Pierre et des autres Apôtres a jailli peu à peu l’Eglise et c’est ainsi que se poursuit la mission depuis deux milles ans. Des hommes et des femmes de tous les âges et de toutes les nations, croient en Christ et se lèvent pour prendre part à la mission de l’Eglise. Ce fut le cas en France avec St Martin au IV° siècle patron de notre paroisse puis chez nous avec St Désiré dès le début du V° siècle, et aujourd’hui grâce à vous les grands parents et parents d’Alban, il est là aujourd’hui ! Et c’est en son nom que vous allez proclamer la foi de l’Eglise, la foi en Christ dans laquelle il va être baptisé !

Oui, aujourd’hui Alban entre dans l’Eglise, la grande et belle famille de Dieu. Et nous sommes heureux d’accueillir ce nouveau frère dans la foi. Nous serons encore heureux de l’aider à grandir dans la foi, à découvrir (et c’est spécialement votre mission Emilie et Alexandre) combien le Dieu auquel nous croyons est un Dieu d’amour et de paix, un Dieu qui veut le meilleur et le plus beau pour Alban. Car Dieu veut faire d’Alban un participant de sa vie même, de sa nature divine. Telle est la vocation de tout chrétien. Non pas de vivoter dans une vie médiocre et sans épaisseur, mais plutôt de partir à l’aventure de la vraie vie en se laissant guider par Jésus dans l’Eglise pour devenir pleinement le Fils de Dieu qu’il commence à devenir au jour de son baptême. Et aujourd’hui, c’est au tour d’Alban qui deviendra un chainon de la transmission de notre foi au XXI° siècle. Maxime et Pascaline, grâce au témoignage de votre vie chrétienne qui doit toujours être davantage vraie et sincère,  grâce à la catéchèse qu’il recevra, aux prières qu’il fera en famille, seul ou en Eglise, aux actes de charité qu’il posera, Alban va entrer de plus en plus en communion avec Jésus et cette union atteindra son sommet dans l’Eucharistie, celle-là même que nous célébrons aujourd’hui.

Car Jésus construit aussi son Eglise par les sacrements et au plus au point la sainte Eucharistie. Le baptême est un point de départ, comme une voiture que Dieu offre à celui qui veut venir vers Lui. Mais sans permis et sans carburant une voiture ne sert à rien, de même sans catéchèse et sans la communion régulière au Corps du Christ le baptême ne sert à rien. Le baptême permet d’aller à Dieu, mais c’est l’Eucharistie qui permet la pleine communion avec lui.

Au IIIème siècle de notre ère, alors que l’Église est persécutée par l’Empereur, 50 chrétiens d’Abilène, près de Carthage sont arrêtés à la sortie d’une célébration eucharistique. Parmi eux Emeritus et Félix sont sommés de renier l’eucharistie. Emeritus répond : « Renier l’eucharistie c’est renier le Christ et ne sais-tu pas que des chrétiens ne peuvent pas vivre sans messe », quant à Félix il dit: « Comme si un chrétien pouvait vivre sans messe…..ne sais-tu pas que les chrétiens font la messe et que la messe fait les chrétiens, et que l’un ne peut exister sans les autres »… Combien de chrétiens diraient cela aujourd’hui face à la persécution ?

On ne peut pas dissocier la foi de la pratique sacramentelle ! Vous le savez bien, frères et sœurs qui faites chaque dimanche l’effort de venir à la messe alors que tant d’autres activités vous seraient possibles. Vous savez que c’est là, à l’Autel, qui est la porte du ciel, que le Seigneur Jésus vient s’unir à nous dans la communion à son corps. Il réensemence en chacun de ceux qui peuvent ou désirent communier, la vie éternelle que notre péché abîme, que notre manque de volonté laisse périr, que nos doutes empêchent de se déployer. 

Alors offrez les grâces de votre communion à Dieu pour tous ceux qui sont loin et oublient la grandeur de ce don nécessaire à leur salut. Quant à vous, faites du Christ le Roc sur lequel bâtir votre vie car le rappelle saint Paul aux Romains : tout est de lui, et par lui, et pour lui. À lui la gloire pour l’éternité ! Amen.

homélie du 20° dimanche ordinaire A

par le père Arnaud Brelot 

Jesus the Healer in a Foreign Land: Follow Me (Part 27 ...Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là, partant de Génésareth, Jésus se retira dans la région de Tyr et de Sidon. Voici qu’une Cananéenne, venue de ces territoires, disait en criant : « Prends pitié de moi, Seigneur, fils de David ! Ma fille est tourmentée par un démon. » Mais il ne lui répondit pas un mot. Les disciples s’approchèrent pour lui demander : « Renvoie-la, car elle nous poursuit de ses cris ! » Jésus répondit : « Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël. » Mais elle vint se prosterner devant lui en disant : « Seigneur, viens à mon secours ! »     Il répondit : « Il n’est pas bien de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens. » Elle reprit : « Oui, Seigneur ; mais justement, les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres. » Jésus répondit : « Femme, grande est ta foi, que tout se passe pour toi comme tu le veux ! » Et, à l’heure même, sa fille fut guérie

Les hommes que nous sommes aiment bien classer les personnes selon des critères plus ou moins élaborés et diviser le monde en deux : ceux qui sont élus contre ceux qui ne le sont pas, les pécheurs contre les saints, les juifs contre les gentils, ceux qui sont à gauche contre ceux qui sont à droite, les capitalistes contre les communistes, ceux qui sont sauvés contre ceux qui ne le sont pas. C’est tellement plus rassurant de savoir dans quel camp on se trouve, surtout de savoir qu’on se trouve bien dans le bon camp : celui du bien, celui des vainqueurs, celui des élus, celui des sauvés. Et l’on oublie même d’avoir pitié pour les autres qu’on regarde avec le sourire en coin et presque un haut le cœur : vous ne pouvez rien faire pour lui! : c’est un crétin, il est indécrottables c’est un progressiste, il est perdu, c’est un chrétien, un musulman, etc….

Ainsi en est-il de cette pauvre Cananéenne, que tous regardent avec dédain jusqu’à supplier Jésus en le priant de la « renvoyer, car elle nous poursuit de ses cris ! ».  Non pas « prends du temps avec elle, écoute la ou exauces-la », non ! Seulement renvoie-la. Allez Seigneur un peu de courage dit lui ses quatre vérités, dit lui qu’elle n’est pas dans le bon camp, qu’elle ne fait pas partie des sauvés puis Raus !

Et on à l’impression que Jésus s’exécute tant ses paroles sont rudes à l’encontre de cette femme. Il va établir une séparation entre son peuple et le sien, entre ceux qui sont à la table de Dieu et ceux qui n’y sont pas, entre les enfants qui sont à table et les petits chiens qui sont dessous !… Cette façon de faire ne ressemble pas à Jésus pourtant!

Et si c’était une tactique de Jésus pour briser nos frontières et notre propension à enfermer les gens dans des idées ou des points de vue ?

En effet, Jésus ne renvoie pas cette Cananéenne, mais ouvre le dialogue avec elle comme s’il voulait, par elle, ouvrir le salut à tous les hommes. Il lui rappelle bien que le Salut a une origine, qu’il vient de Peuple Juif auquel tous les autres peuples sont redevables. Il propose donc à cette femme de reconnaître cette évidence, de poser un acte de foi !

Et la gloire de cette femme Cananéenne est de se battre comme une lionne (on pourrait dire aussi comme une chienne) pour son chiot de petite fille, pour le fruit de ses entrailles. Elle accepte la séparation établie par Jésus et reconnait sa gloire et son rang. Elle sait qui est Jésus puisqu’elle l’interpelle en disant, « Prends pitié de moi, Seigneur, fils de David ! » Elle sait que le salut vient des Juifs puisqu’elle le supplie en disant  « Seigneur, viens à mon secours ! »

Jésus, grâce à l’acte de foi de cette femme ouvre une brèche dans les frontières sociales et spirituelles de l’époque. Le salut, jailli du peuple Juif, peut être donné à chacun, quelque soit son pays. A celui qui reconnait Jésus comme Fils de Dieu est donné le salut.

Et la mission de l’Eglise au cours des siècles fut toujours de faire parvenir cette Bonne Nouvelle à tous les hommes de tous les temps et de toutes les nations. Tous sont appelés à reconnaître Jésus comme leur Sauveur et à voir dans l’Eglise une « Maison de prière pour tous les peuples. » et elle l’est !

En effet, l’Eglise, au cours des siècles de son histoire, s’est agrégés des peuples nombreux venant des 5 continents. Et cette communion dans le salut ne s’est pas faite sans heurt ni difficulté. Ainsi dès l’origine les Juifs devenus chrétiens ne voulaient pas que des païens le devinssent également ; et Paul, qui se dit lui-même dans la lettre au Romain « apôtre des nations » fera tout pour unir les chrétiens en un seul peuple, quelque soit leur origine. Toujours l’Eglise a du aussi affirmer l’unité du genre humain et la dignité de tous les hommes, par exemple quand les visées mercantiles voulaient en réduire la plupart en esclavage ou au XIX° siècle, quand Saint Léon XIII dans l’encyclique « Rerum Novarum » réaffirma la dignité de tout homme qui ne pouvait pas être soumis à des conditions de travail inhumaines.

Et frères et sœurs le combat se poursuit encore aujourd’hui et la mission de l’Eglise demeure toujours. Comme saint Pierre devant le conseil suprême des juifs, il faut affirmer qu’en « nul autre que Jésus, il n’y a de salut, car, sous le ciel, aucun autre nom n’est donné aux hommes, qui puisse nous sauver. » Et en même temps nous devons garder ouvertes les portes du dialogue avec toute l’humanité et œuvrer avec tous les hommes pour la dignité de tout homme.

         Mener le monde au Salut par le Christ exige d’être nous-mêmes des témoins fidèles de la miséricorde et de l’amour de Dieu pour tous. Alors comprenez-bien que cette œuvre immense commence déjà en nous et autour de nous, dans nos communautés où si facilement on catégorise, on divise, on critique, on complote et on excommunie ceux qui ne sont pas comme nous !

La rentrée arrive frères et sœurs, qu’elle soit pour nous, l’occasion d’ouvrir le dialogue avec ceux qui sont loin, dans la foi qui nous est commune comme avec ceux qui sont d’une autre confession ou athées. Tous ont droit au salut, leur permettrez-vous, par vos paroles et vos actes d’y accéder ? Amen

homélie fête de l’Assomption

par le père Arnaud Brelot

Revisiting the Visitation of the Blessed Virgin Mary

Évangile de J-C selon saint Luc

En ces jours-là, Marie se mit en route et se rendit avec empressement vers la région montagneuse, dans une ville de Judée. Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth. Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint, et s’écria d’une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? Car, lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles, l’enfant a tressailli d’allégresse en moi. Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. » Marie dit alors : « Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur ! Il s’est penché sur son humble servante ; désormais tous les âges me diront bienheureuse. Le Puissant fit pour moi des merveilles ;  Saint est son nom ! Sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent. Déployant la force de son bras, il disperse les superbes. Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles. Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides. Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour, de la promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais. » Marie resta avec Élisabeth environ trois mois, puis elle s’en retourna chez elle.

 

D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? L’exclamation d’Elisabeth est un cri de joie qui exprime la réalisation d’une attente. Remplie d’Esprit Saint ces simples mots utilisés par Elisabeth exprime son bonheur d’assister à la réalisation de l’espérance d’Israël : le messie attendu depuis des siècles est enfin advenu parmi les hommes.

Ces paroles nous aident à comprendre ce qu’il y a de particulier dans le mystère révélé de notre foi chrétienne.

1/ d’abord Dieu est venu parmi nous.

Nous croyons comme chrétien que Dieu est venu jusqu’à nous. Que tout son projet créateur avait pour finalité de rencontrer l’humanité et de faire alliance avec elle. Dieu a tenu de toute éternité à se révéler à l’humanité et à lui révéler son projet : diviniser l’Homme pour qu’il puisse participer à la nature Divine. Pour faire alliance avec elle, pour l’accueillir un jour en son sein, Dieu devait rendre l’Homme capable de cela. Et Lui seul comme Créateur pouvait à la fois tout en restant Dieu assumer aussi la nature humaine. En Jésus, Dieu a assumée la nature humaine pour la purifier du péché et la rendre capable de revêtir la divinité. Mais pour qu’il soit vraiment l’un de nous, Marie était indispensable, car elle seule confère la nature humaine à Jésus. Dieu vient parmi nous par les entrailles de Marie. Elle permet à Dieu d’être par sa naissance réellement l’un de nous. Marie est la première à porter Dieu en elle, elle est le premier tabernacle de l’histoire.

2/ L’Eucharistie : mystère de la présence de Dieu.

Celui que Marie a porté dans son sein, qu’elle a enfanté et couché dans une mangeoire, dans la ville de Bethléem qui signifie « la maison du pain », est aussi celui qui se fait nourriture par le pain et le vin consacré. Quand nous recevons à la communion le Corps et le Sang du Christ, nous devenons, comme Marie, un tabernacle. Un vase d’argile contenant le plus grand des dons : Jésus lui-même. C’est lui qui en descendant au plus profond de nos entrailles, transforme l’argile fragile de notre vie en coffre à trésor. Vous-êtes vous déjà perçu comme cela, frères et sœurs ? Comme le coffre digne de recevoir le merveilleux trésor de l’Eucharistie. Avez déjà réalisé votre dignité ? Dieu ne regarde pas votre silhouette, ni votre maintien ou votre distinction, non il ne regarde que votre désir de faire sa volonté, votre désir d’accueillir sa vie  pour lui permettre de se communiquer au monde.

3/ Il nous choisit pour être porté dans le monde.

Marie ne reste pas enfermée chez elle. Déjà Celui qu’elle porte en elle la pousse à aller se mettre au service d’Elisabeth. Et pendant trois mois elle aide et prépare à l’accouchement celle qui enfantera Jean qui deviendra le Baptiste ! Dieu en elle est déjà Dieu pour les autres ; elle n’a pas le temps de savourer son statut de mère de Dieu, aussitôt elle devient servante. Elle le proclame elle-même, sa gloire lui viendra des autres au cours des siècles « Il s’est penché sur son humble servante ; désormais tous les âges me diront bienheureuse. » Ce qui compte pour elle c’est de servir. Et c’est ce qu’elle fait depuis : elle s’est mise toute entière au service de son fils : pour l’élever, le faire grandir dans la foi, lui faire faire son premier signe aux noces de Cana, le soutenir dans sa Passion et demander l’Esprit Saint par sa prière incessante au Cénacle. Marie qui fut au service de son Fils l’est donc aussi à son Eglise. 

Et nous-mêmes frères et sœurs, qu’allons-nous faire de celui que nos entrailles vont recevoir ? Qu’allons-nous faire après cette Eucharistie ? Serons-nous comme Marie en partance pour un service, pour un acte de charité ? Serons-nous en chemin portant joyeusement en nous Celui qui veut par nous être donné au monde et surtout à ceux qui l’ignorent ?

Etre chrétien est certes une grande grâce mais c’est encore plus une grande responsabilité : celle de recevoir et de porter au monde le Christ et sa Bonne Nouvelle, à savoir que tout humain est appelé à être divinisé. Oui Marie ce matin nous rappelle que nous avons à être transparents au Christ, comme des vitraux par lesquels ceux qui cherchent un sens à leur vie, contempleront le merveilleux avenir qui est le leur. Un avenir qu’ils n’ont pas à acheter mais humblement à recevoir.

Alors frères et sœurs ce matin, Dieu qui s’est fait l’un de nous par Marie, vient jusqu’à nous dans l’Eucharistie, pour faire de nous, comme de Marie, un tabernacle auprès duquel les chercheurs de sens et de vérité pourront découvrir leur merveilleuse vocation : être en Christ participant de la nature divine ! Si vous prenez au sérieux cette mission, alors lors de la communion, ayez sur les lèvres les mots mêmes de Marie « je suis la servante du Seigneur que tous se passe pour moi selon ta Parole. » Amen

 

homélie du 19° dimanche ordinaire

Lecture du premier livre des Rois

En ces jours-là, lorsque le prophète Élie fut arrivé à l’Horeb, la montagne de Dieu, il entra dans une caverne et y passa la nuit. Le Seigneur dit : « Sors et tiens-toi sur la montagne devant le Seigneur, car il va passer. » À l’approche du Seigneur, il y eut un ouragan, si fort et si violent qu’il fendait les montagnes et brisait les rochers, mais le Seigneur n’était pas dans l’ouragan ; et après l’ouragan, il y eut un tremblement de terre, mais le Seigneur n’était pas dans le tremblement de terre ; et après ce tremblement de terre, un feu, mais le Seigneur n’était pas dans ce feu ; et après ce feu, le murmure d’une brise légère. Aussitôt qu’il l’entendit, Élie se couvrit le visage avec son manteau, il sortit et se tint à l’entrée de la caverne.

Évangile de J-C selon saint Matthieu

Portal:Christianity/Selected scripture - WikipediaAussitôt après avoir nourri la foule dans le désert, Jésus obligea les disciples à monter dans la barque et à le précéder sur l’autre rive, pendant qu’il renverrait les foules. Quand il les eut renvoyées, il gravit la montagne, à l’écart, pour prier. Le soir venu, il était là, seul. La barque était déjà à une bonne distance de la terre, elle était battue par les vagues, car le vent était contraire.Vers la fin de la nuit, Jésus vint vers eux en marchant sur la mer. En le voyant marcher sur la mer, les disciples furent bouleversés. Ils dirent : « C’est un fantôme. » Pris de peur, ils se mirent à crier. Mais aussitôt Jésus leur parla : « Confiance ! c’est moi ; n’ayez plus peur ! » Pierre prit alors la parole : « Seigneur, si c’est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux. » Jésus lui dit : « Viens ! » Pierre descendit de la barque et marcha sur les eaux pour aller vers Jésus. Mais, voyant la force du vent, il eut peur et, comme il commençait à enfoncer, il cria : « Seigneur, sauve-moi ! » Aussitôt, Jésus étendit la main, le saisit et lui dit : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? » Et quand ils furent montés dans la barque, le vent tomba. Alors ceux qui étaient dans la barque se prosternèrent devant lui, et ils lui dirent : « Vraiment, tu es le Fils de Dieu ! »

 

Il nous arrive souvent de confondre ce que Dieu dit de lui par les miracles qu’Il opère et la rencontre avec Lui. Assister à une manifestation de Dieu ne veut pas dire qu’on le rencontre ! Le peuple juif sauvé de l’esclavage en Egypte a assisté aux merveilles que Dieu fit pour le sauver des mains des Egyptiens et de nombreux ennemis, mais pour rencontrer le Seigneur il devait se rendre à la tente de la rencontre. Dans le secret, Dieu se tenait derrière le voile où était l’arche d’alliance, et chacun pouvait, dans la discrétion et le silence, rencontrer le Seigneur.

De même pour le Christ. Des dizaines de milliers de personnes ont assisté aux miracles de Jésus (multiplication des pains, guérisons, exorcisme, etc.) Mais peu ont eut l’audace de la rencontre, de la rencontre qui change une vie et l’oriente vers le Bien, le Vrai et le Beau.

Le miracle est fait pour être vu de tous, la rencontre est personnelle. Le miracle est extérieur, la rencontre est intérieure. Le miracle interpelle, mais c’est le désire qui permet la rencontre. Désire de Dieu de se faire connaître et désire de l’homme de le rencontrer.

1/ désirer rencontrer le Seigneur qui vient à nous.

Telle est l’expérience d’Elie dans la première lecture. Dieu invite Elie à venir à sa rencontre : « sors et tiens toi sur la montagne devant le Seigneur car il va passer. »  Et le prophète Elie de sa grotte  assiste au déchainement des éléments, mais le Seigneur n’était pas dans l’ouragan, ni dans le tremblement de terre, ni dans ce feu. Pourtant tout cela Dieu l’a créé, ce sont des créatures, mais ils ne permettent pas de rencontrer Dieu. Ce n’est pas le déchainement des éléments mais le murmure d’une brise légère qui annonce la présence du Seigneur.

C’est également l’expérience de Pierre dans l’évangile. Les éléments aussi se déchainent, le vent contraire abat de grandes vagues contre la barque des disciples. Et le Seigneur Jésus n’était pas dans la tempête. Mais quand Jésus apparait sur la mer déchainée Pierre s’écrie : « Seigneur, si c’est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux. ». Pierre désire rencontrer le Seigneur qui est venu, vers la fin de la nuit, à sa rencontre en marchant sur les eaux et il quitte les disciples pour le rejoindre.

2/ audaces et dangers dans notre quête.

Rien ne pourra jamais remplacer l’expérience de la rencontre, du cœur à cœur. L’évangile aujourd’hui rappelle deux évidences : d’abord ce que peut produire le désire ardent de celui qui veut rencontrer Dieu. Imaginez frères et sœurs, pour aller à Jésus Pierre va passer par-dessus la barque, il va lui aussi marcher sur les eaux.

Ensuite que cela n’est jamais gagné, que s’est toujours difficile de garder ardent le désir et ferme la volonté quelque soit les vents contraires et la forces des épreuves qui nous assaillent. La mauvaise posture de saint ¨Pierre qui voyant la force du vent, eut peur et, commençait à enfoncer, nous le rappelle.

De fait, une rencontre exige deux présences, et le regard de l’un plongé dans celui de l’autre. Comme celui de Pierre vers Jésus, comme celui des amoureux, comme celui des amis. Et alors l’impossible survient, Pierre marche sur les eaux car son regard plonge dans celui de Jésus. Les amoureux projettent une vie à deux dans le mariage car dans le regard de l’aimé il contemple l’absolu de l’amour donné sans réserve. Les amis savent qu’ils seront toujours là l’un pour l’autre car dans leurs regards ils lisent  la promesse de fidélité et de soutien.

Mais il y a aussi des risques, celui de décrocher son regard quand les choses vont mal quand la peur l’emporte sur la confiance, quand le doute l’emporte sur la foi, quand les évènements du monde interfèrent sur nos choix et nos engagements. C’est Pierre qui détourne son regard du Christ pour le poser sur les vagues déchaînées. Ce sont les amoureux dont les regards sont détournés par la tempête de la routine et des habitudes et qui ne voient dans l’autre que ce qui ne va plus, ce qui agace ou ennuie. Ce sont les amis déçus par une attitude, une parole et qui coupent les ponts.

3/ Seigneur sauve-moi !

Le risque existe, le risque est grand et même inévitable. Alors dans toutes les situations il n’est qu’un cri, qu’une parole. Il n’y a que le cri de Pierre  à Jésus « Seigneur, sauve-moi ! », Sauve mon couple, sauve mon amitié. Pourquoi ? Parce que Jésus répond illico : Aussitôt, Jésus étendit la main, le saisit.  

Dans quelques instants nous allons célébrer l’Eucharistie, alors faites de la communion un moment personnel de rencontre avec Jésus vient jusqu’à vous par son corps et dites lui au plus intime de votre cœur « vraiment tu es le Fils de Dieu. ». Mais si vous doutez, si vous hésitez, si les épreuves sont lourdes et la peur tenace, dites lui « Seigneur sauve moi ! » et aussitôt il vous tendra la main, vous saisira quand vous-même l’accueillerez dans vos mains car « Le seigneur donnera ses bienfaits » Amen

homélie du 18° dimanche ordinaire

Donnez-leur vous-mêmes à manger (Lc 9,11-17) | Au large ...Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là, quand Jésus apprit la mort de Jean le Baptiste, il se retira et partit en barque pour un endroit désert, à l’écart. Les foules l’apprirent et, quittant leurs villes, elles suivirent à pied. En débarquant, il vit une grande foule de gens ; il fut saisi de compassion envers eux et guérit leurs malades. Le soir venu, les disciples s’approchèrent et lui dirent : « L’endroit est désert et l’heure est déjà avancée. Renvoie donc la foule : qu’ils aillent dans les villages s’acheter de la nourriture ! » Mais Jésus leur dit : « Ils n’ont pas besoin de s’en aller. Donnez-leur vous-mêmes à manger. » Alors ils lui disent :  Nous n’avons là que cinq pains et deux poissons. »  Jésus dit : « Apportez-les moi. » Puis, ordonnant à la foule de s’asseoir sur l’herbe, il prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux au ciel, il prononça la bénédiction ; il rompit les pains, il les donna aux disciples, et les disciples les donnèrent à la foule. Ils mangèrent tous et ils furent rassasiés. On ramassa les morceaux qui restaient : cela faisait douze paniers pleins. Ceux qui avaient mangé étaient environ cinq mille, sans compter les femmes et les enfants.

Jean le Baptiste est mort, décapité par l’Orgueil d’Hérode. Jésus, pour faire le deuil de son cousin qui l’a baptisé, désire un peu de solitude et part en quête d’un lieu désert. Son attitude démontre qu’il est pleinement homme. Mais Jésus est aussi pleinement Dieu ; Dieu guérissant, nourrissant et relevant les foules humaines blessées. Ces foules savent où trouver le Seigneur. Alors elles quittent leurs villes à pieds, elles partent sans trop réfléchir en quête du Seigneur car la faim qui les tenaille n’est pas celle des biens matériels mais celle de la Parole de Vie. Quelle foi faut-il pour quitter sans nourriture, le confort d’une maison, en ne se chargeant que de malades, d’affligés pour rejoindre le Seigneur dans le désert.

Ce récit doit nous interpeller car notre monde est malade. Notre monde occidental repu de biens et de confort, enivré de droits qui chosifient toujours plus son humanité va à sa perte. Il a perdu le sens de ce qu’est un humain, de ce qu’est le sacré et il vit une véritable anorexie spirituelle. Les hommes de notre temps qui croient maîtriser le monde en se prenant pour Dieu, ont oublié leur statut de créature, leur vocation d’enfant de Dieu. Aujourd’hui frères et sœurs doit retentir à leurs oreilles l’interrogation du prophète Isaïe : « pourquoi dépenser votre argent pour ce qui ne nourrit pas, vous fatiguer pour ce qui ne rassasie pas ? ».

Il y a 2000 ans les foules ont tout quitté pour rejoindre Jésus dans le désert. Aujourd’hui de quel confort, de quelles habitudes, devons-nous nous séparer pour partir pauvres mais confiant à la recherche de Jésus le Christ qui est notre vraie nourriture et notre vraie boisson? Tournons-nous maintenant vers lui, comme nous y invite le psaume : « Les yeux sur toi, tous, ils espèrent : tu leur donnes la nourriture au temps voulu ; tu ouvres ta main : tu rassasies avec bonté tout ce qui vit. »

Il ne s’agit pas de mépriser les nourritures et les boissons de ce monde, car elles servent à maintenir notre corps en vie. Mais il s’agit de faire humblement le constat que si nous omettons rarement de nourrir et d’habiller notre corps de chair, combien de fois, en revanche avons-nous omis de nourrir et d’habiller notre âme, notre être spirituel.

Alors je vous propose chaque jour de ces vacances, entre la crème solaire et les grillades, de vous dorer l’âme auprès du Saint Sacrement et de vous nourrir d’une tranche d’Evangile.

Alors partons vers le Seigneur, avec les foules de l’Evangile sans autre fardeau que nos maux et nos peurs ne sachant pas ce que nous réserve la rentrée que les médias prédisent apocalyptique. Allons dans la foi nous faire guérir par le Seigneur. Car, rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu qui est en Jésus Christ notre Seigneur  rappelle st Paul. Est-ce bien cela frères et sœurs que vous êtes venus faire ici : vous nourrir de son amour, le laisser toucher vos corps et guérir  vos âmes inquiètes ?

L’Evangile  nous révèle combien le Seigneur est généreux dans sa réponse. A ceux qui demandent la guérison de l’âme, Jésus donne aussi en surabondance la nourriture. Ce miracle annonce l’Eucharistie … vous rendez-vous compte que c’est la même abondance que nous vivons aujourd’hui ! Pour preuve c’est que Jésus, comme à ses disciples il y a 2000 ans, demande à chacun de nous de devenir distributeur de sa Vie, dispensateur de son amour. L’interpellation de Jésus à ses disciples « donnez-leur vous-même à manger » nous est destinée. Quelle part de l’amour que nous aurons reçu lors de la communion allons-nous redistribuer ? Quelle place laisserons-nous à l’Esprit Saint pour qu’il fasse de nous, des pourvoyeurs d’amour, des annonceurs qu’un temps de grâce est donné à chacun pour qu’il vienne se rassasier du vrai pain et se désaltérer à la vraie source. C’est par nos mains, par nos gestes, par nos paroles que se distribue l’amour du Seigneur. Alors pour un pain reçu à la communion, c’est une corbeille pleine qu’il nous faudra redonner.

Lors de l’offertoire tout à l’heure, offrez au Seigneur les cinq pains de vos capacités et les deux poissons de vos qualités ! De ce don, même minime, le Seigneur fera jaillir des corbeilles de grâces qu’il vous appartiendra de distribuer  à ceux qui cherchent un sens à leur vie. Vous n’avez qu’une réponse à donner : « me voici Seigneur ! » oserez-vous la prononcer en venant communier tout à l’heure? Amen

 

homélie du 13° dimanche ordinaire

par le père Arnaud Brelot 

JÉSUS revient! Que vos noms soit inscrit dans le livre de ...Évangile de J-C selon saint Matthieu

En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres : « Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi ; celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi ; celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n’est pas digne de moi. Qui a trouvé sa vie la perdra ; qui a perdu sa vie à cause de moi la gardera. Qui vous accueille m’accueille ; et qui m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé. Qui accueille un prophète en sa qualité de prophète recevra une récompense de prophète ; qui accueille un homme juste en sa qualité de juste recevra une récompense de juste. Et celui qui donnera à boire, même un simple verre d’eau fraîche, à l’un de ces petits en sa qualité de disciple, amen, je vous le dis : non, il ne perdra pas sa récompense. »

Rappelez-vous, dimanche dernier, Jésus rappelait à ses disciples qu’il n’est jamais simple ni évident d’être un bon témoin. D’abord ce n’est pas simple car notre société n’attend plus grand-chose des chrétiens et peu acceptent de recevoir notre si beau message ! Ensuite ce n’est pas évident, car il est difficile de s’exposer et d’afficher la couleur de notre foi et de ses conséquences sur notre manière de vivre. Mais Jésus nous exhortait aussi à témoigner car c’est Dieu le Père qui envoie ses enfants que nous sommes vers les hommes et les femmes qui ne le sont pas encore mais peuvent eux aussi le devenir.

Ce dimanche Jésus poursuit son enseignement sur la mission. Il rappelle aux disciples qu’avant de partir en mission ils doivent être certains d’être dignes de Lui et être prêts à Le suivre jusqu’à la mort, et là encore, comme dimanche dernier Jésus rappelle une chose essentielle : chaque disciple est comme un autre lui-même…. Allons-y donc pour ces trois points dans mon homélie.

1/ être digne du Christ.

Quelle exigence de la part de Jésus : il faut l’aimer en premier et par-dessous tout pour l’établir maître sur nos cœurs et nos sentiments. Mais à bien y réfléchir, cela n’a rien de terrible, car aimer Jésus par-dessus tout, c’est découvrir que Jésus est le frère qui fait de nous des fils et des filles de Dieu. Il déploie d’une certaine manière la notion de famille et l’étend à tous ceux qui veulent croire en lui. En Jésus une grande famille s’établit : c’est l’Eglise où tous les croyants qui ont reçu le baptême ou le désirent sont fils et filles de Dieu car frères et sœurs de Jésus. Nos liens fraternels dépassent nos familles humaines pour se déployer aux dimensions de l’Eglise. Je le dis souvent aux parents lors du baptême de leur enfant : « vous confier à l’Eglise un fils ou une fille, par le baptême elle vous rend un frère ou une sœur dans la foi ».

Etre digne du Christ, c’est mettre à leur juste place nos relations intra familiales. Par le baptême nous sommes tous frères et sœurs et nous n’avons qu’un seul Père, Dieu. Être digne du Christ c’est intégrer cette vérité là : En Jésus nous sommes tous frères et sœurs d’égale dignité devant Dieu.

2/ être prêt à suivre le Christ jusqu’à la mort.

Souhaiter et défendre une fraternité universelle qui trouve en Jésus sa réalisation, ne plaît pas à tout le monde. Jésus lui-même pour l’avoir annoncée et réalisée a dû passer par la croix. Et comme le disciple n’est pas au-dessus du maître, il en sera de même pour lui. Celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n’est pas digne de moi rappelle Jésus à ses amis et à nous aujourd’hui. Notre mission fraternelle porte une part de sacrifice, comme une participation à la croix du Seigneur. A ce titre un exemple poignant fut la vie du Bienheureux et futur saint Charles de Foucault. Ce prêtre qui vivait parmi les touaregs écrivait en 1902 à sa cousine : « Je veux habituer tous les habitants, chrétiens, musulmans, juifs et idolâtres, à me regarder comme leur frère, le frère universel » Mais il paiera de sa propre vie son combat pour la fraternité, sa croix fut son assassinat le 01 dec 1916. Sa vie illustre bien les paroles de Jésus à ses disciples : qui a trouvé sa vie la perdra ; qui a perdu sa vie à cause de moi la gardera.

3/ qui vous accueille m’accueille dit Jésus.

Pour être digne de Lui et pouvoir donner pour Lui jusqu’à sa propre vie, Jésus rappelle une chose essentielle à ses disciples : Qui vous accueille m’accueille ; et qui m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé. Il y a en celui qui témoigne de sa foi sincèrement plus que lui-même, il y a Jésus, il y a le Père. Oui mes frères et mes sœurs, quand vous rendez un service paroissial, quand vous visitez un malade, quand vous aidez une personne seule ou en difficulté, quand vous accueillez l’étranger qui n’a plus de lieu où aller, vous leur portez plus que vous-mêmes, vous leur portez le Christ et par le Christ le Père. Voilà pourquoi nous sommes si précieux, tous et chacun, du plus connu au plus humble : nous qui portons l’image de Dieu restaurée, purifiée par l’eau de notre baptême. Voilà pourquoi il faut aussi entretenir en nous la beauté de l’image de Dieu par une vie sacramentelle régulière : le pardon et l’eucharistie nous ont été donnés en vue de cela, ne négligeons pas de les recevoir les deux avec dignité et respect. Par eux nous pouvons être transfigurés et devenir resplendissant de la gloire de Dieu autour de nous, pour que le monde croit et  que croyant il soit sauvé ! Que vos vacances soient donc également une occasion de faire connaître autour de vous celui qui vous a fait et restauré à son image et à sa ressemblance. Amen

homélie du 12 dimanche ordinaire A

par le père Arnaud Brelot 

"Cinq moineaux ne sont-ils pas vendus pour deux sous ...Evangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres : « Ne craignez pas les hommes ; rien n’est voilé qui ne sera dévoilé, rien n’est caché qui ne sera connu. Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le en pleine lumière ; ce que vous entendez au creux de l’oreille, proclamez-le sur les toits. Ne craignez pas ceux qui tuent le corps sans pouvoir tuer l’âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne l’âme aussi bien que le corps. Deux moineaux ne sont-ils pas vendus pour un sou ? Or, pas un seul ne tombe à terre sans que votre Père le veuille. Quant à vous, même les cheveux de votre tête sont tous comptés. Soyez donc sans crainte : vous valez bien plus qu’une multitude de moineaux. Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux. Mais celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est aux cieux. »

Aujourd’hui c’est le premier jour de l’été et normalement un peu partout aussi la fête de la musique. Pourtant les textes de la liturgie ce matin ne résonnent pas à nos oreilles comme une chanson très mélodieuse ! Tout particulièrement les paroles de Jésus dans l’évangile qui ne sont guère assimilables à une douce berceuse…. Au contraire, elles nous réveillent. Disons-le même tout haut, puisque rien n’est caché qui ne sera connu, et que beaucoup le pensent ici et maintenant : ses paroles de Jésus nous gênent, nous agacent car on n’y reconnaît pas vraiment le Jésus tout en guimauve et mièvrerie que nous avons érigé dans notre cœur de croyant. Ces paroles nous obligent donc à réagir…

Irons-nous jusqu’à nous faire censeur de l’Evangile en y ôtant tout ce qui nous gêne comme le prêtre Marcion, le fit déjà au II° siècle avec l’Ancien Testament dont il jugeait que le Dieu qui y était décrit était non compatible avec la figure du Christ ?

N’oublions pas que pour nous chrétiens toute la Bible est Parole de Dieu transmise aux hommes par des écrivains sacrés inspirés par l’Esprit Saint. Leur mission étant de nous révéler qui est vraiment Dieu. Ne pouvant pas évacuer ces textes, il nous faut entrer plus avant dans leur méditation et leur explication.

D’abord le contexte : Ce discours très incisif, Jésus le prononce dans une perspective d’envoi en mission. Il ne veut pas raconter de craques à ses disciples, (ni à nous aujourd’hui). Impossible pour Jésus de leur laisser croire que la mission est une chose facile à réaliser ni que le message à dispenser sera toujours et partout entendu pieusement et reçu joyeusement. Un rapide coup d’œil sur les 2000 ans d’histoire de la mission de l’Eglise nous permet de percevoir que de tout temps et encore plus au nôtre, ce ne fut jamais facile d’être chrétien et d’en témoigner de manière vraie.

Comme hier déjà avec ses disciples, Jésus, nous formant comme eux à la mission, pointe deux écueils à éviter et une évidence à se rappeler : d’abord éviter d’une part une attitude angélique dans notre témoignage et d’autre part une attitude de repli et de fuite ; ensuite il ne faut pas oublier la relation privilégiée qui nous lie à celui qui nous envoie. Donc 3 points dans mon homélie.

1/ éviter d’avoir une attitude angélique. Cessons de croire que le monde est prêt à recevoir la Bonne Nouvelle. Il ne l’a jamais été ! Vivre en chrétien est un combat pour nous déjà qui essayons d’être fidèles à l’Evangile et aussi à l’extérieur quand nous essayons d’en parler autour de nous. Être dans le monde sans être du monde exige une grande force intérieure et une morale solide. St Paul l’écrit aux Romains, la mort a établi son règne, et aujourd’hui comme hier le décalage est grand entre les aspirations et les désirs des hommes de ce temps et ce que propose le message chrétien. Mais si la Parole à laquelle nous avons crue est Parole de Vie et d’Amour éternels alors Il faut témoigner quoiqu’il en soit !

2/ 2° écueil à éviter : dire « la mission ce n’est pas pour moi ». Faute d’être entendu on se recroqueville sur soi et entre chrétiens. On retrouve toujours les mêmes à la messe et toujours à la même place, on ne dit plus rien sur sa foi par peur d’être moqué ou méprisé. Alors notre communauté vieillit ensemble, rassurée et satisfaite. Le signe de cela peut être par exemple pour vous mesdames le fait de laisser votre sac-à-main à votre chaise quand vous allez communier. En effet quand on connait tout le monde à la messe, on a pas peur de le laisser  à sa place; ….…. Et l’étape d’après c’est la mort faute de forces neuves !

Quel est le dernier voisin, la dernière personne à qui vous avez témoigné de votre foi ? Jésus l’affirme sans ménagement : celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est aux cieux….

Notre peur d’évangéliser tient beaucoup à ce que nous tenons plus à notre image et à notre amour propre qu’à faire la volonté de Dieu et à rayonner sa gloire. Oui souvent quand nous parlons de Jésus à d’autres nous pouvons pousser le même cri que le psalmiste : L’amour de ta maison m’a perdu ; on t’insulte, et l’insulte retombe sur moi.

Ainsi, il faut aller à la rencontre de tous ceux qui sont loin pour faire connaître et aimer Jésus Christ en utilisant les bons moyens et sans se lasser : par contact direct ou par le témoignage de vie ; en usant d’internet et des réseaux sociaux, etc…car rappelle Jésus, quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux.

3/ n’oublions pas qui nous envoie.  Jésus nous redit une chose essentielle dans l’évangile : le prix de chacune de nos vies : « les cheveux de votre tête sont tous comptés » car « ils valent bien plus qu’une multitude de moineaux, dont pas un seul ne tombe à terre sans que votre Père le veuille ». Oui nous savons que Dieu est Père et nous ne pouvons pas laisser les autres hommes dans l’ignorance d’une telle grâce qui leur est aussi destinée. Lors même dussions-nous perdre quelques cheveux dans le combat pour le salut du monde, nous aurions alors fait retentir la Bonne Nouvelle aux creux des oreilles de ceux qui sont appelés au salut, les laissant seuls maîtres pour choisir ou non de vivre pleinement l’aventure de la filiation divine.

N’oublions jamais : c’est un Père qui envoie ses fils et ses filles adoptives à la recherche et à la rencontre de ceux et celles qui ne le sachant pas encore, sont appelés à l’être avec eux ! C’est un Père qui nous revêt de sa force qu’est l’Esprit Saint pour nous soutenir dans notre mission, afin qu’à travers nos vies, nos paroles et nos actions l’amour filial et fraternel construise en Jésus-Christ l’unité de la famille humaine. Mes amis, mes frères et mes sœurs, ne craignez pas d’aller à la rencontre de ce monde vous y trouverez Dieu et des frères ! Je vous le redis avec les mots du psaume : « Vie et joie, à vous qui cherchez Dieu ! ». Amen

homélie du Saint Sacrement du corps et du sang du Seigneur

par le père Arnaud Brelot 

La manne ? Qu'est-ce que c'est ? - Des Trésors cachés dans ...Lecture du livre du Deutéronome

Moïse disait au peuple d’Israël : « Souviens-toi de la longue marche que tu as faite pendant quarante années dans le désert ; le Seigneur ton Dieu te l’a imposée pour te faire passer par la pauvreté ; il voulait t’éprouver et savoir ce que tu as dans le cœur : allais-tu garder ses commandements, oui ou non ? Il t’a fait passer par la pauvreté, il t’a fait sentir la faim, et il t’a donné à manger la manne – cette nourriture que ni toi ni tes pères n’aviez connue – pour que tu saches que l’homme ne vit pas seulement de pain, mais de tout ce qui vient de la bouche du Seigneur. N’oublie pas le Seigneur ton Dieu qui t’a fait sortir du pays d’Égypte, de la maison d’esclavage. C’est lui qui t’a fait traverser ce désert, vaste et terrifiant, pays des serpents brûlants et des scorpions, pays de la sécheresse et de la soif. C’est lui qui, pour toi, a fait jaillir l’eau de la roche la plus dure. C’est lui qui, dans le désert, t’a donné la manne – cette nourriture inconnue de tes pères. »

Fête du Saint Sacrement: corps et sang de JésusÉvangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là, Jésus disait aux foules des Juifs : « Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour la vie du monde. » Les Juifs se querellaient entre eux : « Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ? » Jésus leur dit alors : « Amen, amen, je vous le dis : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n’avez pas la vie en vous. Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. En effet, ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi, je demeure en lui. De même que le Père, qui est vivant, m’a envoyé, et que moi je vis par le Père, de même celui qui me mange, lui aussi vivra par moi. Tel est le pain qui est descendu du ciel : il n’est pas comme celui que les pères ont mangé. Eux, ils sont morts ; celui qui mange ce pain vivra éternellement. 

 

 

Le peuple juif a marché 40 ans dans le désert pour passer de l’Egypte à la terre promise alors que quelques centaines de kilomètres seulement séparent ces deux régions. Pourquoi tant d’années nécessaires, sinon pour affermir un passage plus important encore, celui de l’esclavage à la liberté ? En effet, la liberté se reçoit de Dieu, c’est un cadeau et elle ne s’acquière que par obéissance à sa loi. C’est ce que souligne Moïse dans le livre du Deutéronome : « Souviens-toi de la longue marche que tu as faite pendant quarante années dans le désert ; le Seigneur ton Dieu te l’a imposée pour te faire passer par la pauvreté ; il voulait t’éprouver et savoir ce que tu as dans le cœur : allais-tu garder ses commandements, oui ou non ? »

Et pour former des cœurs libres, ouverts à Dieu toute une génération devra passer et une nouvelle se lever. Une première génération qui aura d’une part à quitter ses habitudes d’esclaves et sa mémoire des facilités que cet esclavage apportait, comme la bonne nourriture, les fameux « oignons d’Egypte » dont les papilles des juifs, asséchées par la chaleur du désert, gardent encore la saveur et d’autre part à se nourrir de ce que Dieu, ayant creusé en elle la faim, lui donne: « il t’a donné à manger la manne – cette nourriture que ni toi ni tes pères n’aviez connue – pour que tu saches que l’homme ne vit pas seulement de pain, mais de tout ce qui vient de la bouche du Seigneur. » Rappelle le Deutéronome. Une nouvelle génération, née au désert, construira sa foi sur l’obéissance à la loi qu’elle reçoit au désert des mains de Moïse et apprendra à se nourrir aussi de la Parole de Dieu.

Cette marche du peuple juif est pour nous une annonce de la marche de l’Eglise, le peuple de Dieu. Si les juifs passèrent de l’esclavage en Egypte à la liberté en Terre Sainte, les Chrétiens ont a passé de l’esclavage du péché dans ce monde à la vie éternelle dans le Royaume des cieux à venir.

La marche de l’Eglise dans ce monde, fait de chacune de nos vies chrétiennes un pèlerinage vers le ciel. Et de même que les juifs eurent la manne comme nourriture donnée par Dieu pour traverser les 40 années du désert et dans la pauvreté se soumettre à sa loi et à son amour ; de même Dieu donne l ’Eucharistie à l’Eglise pour qu’elle puisse traverser le temps de ce monde et d’une part semer en elle la réalité du ciel, qui est sa patrie et le terme de sa vie et d’autre part en entretenir le désir en chacun de ses enfants. Jésus dans l’Evangile l’affirme : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. »

Alors depuis des siècles le Seigneur prépare ses élus à la vie éternelle en leur donnant la nourriture dont ils ont besoin pour passer du péché à la liberté, de la mort à la vie éternelle. Sans cette nourriture là qui est donnée par Dieu et reçue pauvrement par des croyants affamés et confiants, nul ne peut accéder à la vie éternelle en plénitude. Pour que nous puissions avec notre pauvre humanité limitée et malade, accéder et participer à la vie divine, il faut la semer en nous sans cesse, sans se lasser la recevoir. Peu à peu alors nous découvrirons ce qu’est l’Eucharistie, le « saint sacrement du Corps et du Sang du Christ ».

Nous entrerons et ferons nôtre ce grand Mystère que Jésus résume ainsi dans l’Évangile : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi, je demeure en lui. De même que …je vis par le Père, de même celui qui me mange, lui aussi vivra par moi. » Jésus nous donne en nourriture la vie qu’il partage avec le Père et nous rend ainsi capable, au jour de la résurrection, de participer à sa vie même.

Notre ciel et notre participation à la vie même de Dieu commencent dès ce monde grâce au grand sacrement de l’Eucharistie ! Alors attachons-nous fermement à lui « source et sommet de la vie chrétienne ».  Nous y attacher signifie aussi en avoir un très grand respect autant quand nous le célébrons que quand nous l’approchons, à la communion, ou au tabernacle. Prenons le temps de nous incliner ou de nous agenouiller devant Lui. Prenons-Le toujours, dans nos mains avec beaucoup de crainte et d’amour, faisant de notre main un trône pour Lui. Portons-le à notre bouche sans tarder et avec un grand désir de recevoir ce cadeau d’un prix inestimable ; gardons un long silence pour réaliser et goûter à la grandeur d’un tel don et à la puissance d’amour et de paix qu’il déploie dans tout notre être. Réalisons encore dans une communion de silence avec tous ceux qui sont avec nous, que « la multitude que nous sommes est un seul corps, car nous avons tous part à un seul pain » comme le rappelle Paul aux Corinthiens. Enfin n’oublions jamais de le rejoindre et de le vénérer aussi dans chaque pauvre qui est le Seigneur Jésus qui nous invite à l’amour. Réel et concret.

Bienheureux serons-nous tout à l’heure si lors de la communion et à la sortie de la messe, nous vivons cela ainsi. Amen