homélie du 15 dimanche ordinaire C

Réflexion chrétienne sur le Bon SamaritainÉvangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là, un docteur de la Loi se leva et mit Jésus à l’épreuve en disant : « Maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? » Jésus lui demanda : Dans la Loi, qu’y a-t-il d’écrit ? Et comment lis-tu ? » L’autre répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ton intelligence, et ton prochain comme toi-même. » Jésus lui dit : Tu as répondu correctement. Fais ainsi et tu vivras. » Mais lui, voulant se justifier, dit à Jésus : « Et qui est mon prochain ? » Jésus reprit la parole : « Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho, et il tomba sur des bandits ; ceux-ci, après l’avoir dépouillé et roué de coups, s’en allèrent, le laissant à moitié mort. Par hasard, un prêtre descendait par ce chemin ; il le vit et passa de l’autre côté.  De même un lévite arriva à cet endroit ; il le vit et passa de l’autre côté.  Mais un Samaritain, qui était en route, arriva près de lui ; il le vit et fut saisi de compassion. Il s’approcha, et pansa ses blessures en y versant de l’huile et du vin ; puis il le chargea sur sa propre monture, le conduisit dans une auberge et prit soin de lui.  Le lendemain, il sortit deux pièces d’argent, et les donna à l’aubergiste, en lui disant : ‘Prends soin de lui ; tout ce que tu auras dépensé en plus, je te le rendrai quand je repasserai.’ Lequel des trois, à ton avis, a été le prochain de l’homme tombé aux mains des bandits ? » Le docteur de la Loi répondit :   Celui qui a fait preuve de pitié envers lui. »Jésus lui dit : « Va, et toi aussi, fais de même. »

Maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ?  Cette question, osons-nous, sans arrière pensée, la poser à Jésus dans notre prière ? Car elle porte une affirmation extrêmement forte et trop souvent mise de côté aujourd’hui : il y a une vie éternelle. Et cette dernière oriente nos choix de vie terrestre. Si nous nous investissons dans le monde pour le rendre meilleur, c’est que nous avons déjà accueilli le ciel en nous et que nous désirons y préparer tous les autres humains. Notre Christification, c’est-à-dire notre transformation en enfants de Dieu est un véritable engendrement du Christ en nous. Il passe par deux grands canaux qui jaillissent du cœur de Dieu : sa Parole et les sacrements.

1/ La Parole. Pour nous chrétiens, Dieu parle aux hommes par Jésus le Christ. Le livre du Deutéronome nous rappelle le commandement primordial qui nous rend disponible à l’accueil du Christ. Il s’agit d’écouter la voix du Seigneur. Ce Christ revêtu à notre baptême, réside dans notre cœur d’où il nous parle. Elle est tout près de toi, cette Parole, elle est dans ta bouche et dans ton cœur, afin que tu la mettes en pratique nous révèle déjà le Deutéronome. La Parole écoutée vise 2 objectifs selon le livre du Deutéronome : Écoute la voix du Seigneur ton Dieu, en observant ses commandements et reviens au Seigneur ton Dieu de tout ton cœur et de toute ton âme.

A/ Observer, c’est à dire vivre, ce que l’on a entendu. La véritable écoute rejaillit sur notre agir. Si nous écoutons le Seigneur Jésus, si nous suivons ses commandements alors forcément ça doit se voir et s’entendre. Notre vie doit changer, notre agir doit devenir comme celui de Jésus !

Cela suppose donc que la loi du Seigneur, c’est-à-dire ses commandements, soit désirable ! Nous-mêmes osons nous la recevoir avec le même attachement que le psalmiste qui la décrit comme parfaite, sûre et qui affirme que les préceptes du Seigneur sont droits, ils réjouissent le cœur ; le commandement du Seigneur est limpide, il clarifie le regard ?

Est-ce donc toujours votre avis ? Considérez-vous toujours comme le psalmiste que les décisions du Seigneur sont justes et toujours équitables?  Il y a donc urgence à revenir au Seigneur.

B/ revenir au Seigneur de tout son cœur ! Apparemment, vous comme moi, regardant nos vies nous pouvons constater que nous manquons de foi. Cela peut être du à notre ignorance de la loi et se ses implications. Le Seigneur en sa bonté nous a laissé par les apôtres et leurs successeurs : le pape et les évêques, des enseignants pour nous guider sur le chemin de notre christification. Il leur a donné ainsi qu’à tout son peuple, l’Esprit Saint pour actualiser et dire pour aujourd’hui les exigences des commandements. Quand avez-vous pour la dernière fois, ouvert le catéchisme de l’Eglise catholique pour y lire l’enseignement de l’Eglise et l’actualisation pour notre temps des commandements du Seigneur ?

2/ Les Sacrements et l’Eucharistie

Ensuite Jésus nous christifie par les sacrements, et au plus haut point par l’Eucharistie qui est le cœur de l’Eglise Catholique, la source et le sommet de toute vie chrétienne. C’est pour cela j’espère que vous êtes là ce matin ! Car dans le sacrement de son Corps et de son Sang donné à nous en communion, c’est le Seigneur qui opère lui-même notre christification, qui nous créé sans cesse en vue de la vie éternelle : c’est Paul qui le dit d’une manière fulgurante aux Colossiens : tout est créé par lui et pour lui. Sans le secours de sa grâce donnée par le don de sa vie dans l’eucharistie, nos efforts sont inutiles. La vie éternelle est un don de Dieu qu’Il renouvelle chaque jour dans l’Eucharistie. Recevoir et manger le Corps du Christ, chaque dimanche, chaque jour si cela vous est possible, est la voie la plus sûre vers l’éternité.

Mais attention à ne pas nous tromper, ni tromper les autres : l’Eucharistie réellement célébrée et consommée doit rayonner dans la vie sociale, politique, familiale par une fidélité dans la joie aux commandements du Seigneur. La preuve de notre christification, c’est que la vie que nous menons. La preuve que tu vis de la vie éternelle reçue à ton baptême, c’est ton souci des plus pauvres, c’est ta capacité à être le bon samaritain sur les chemins de notre monde où tant d’hommes et de femmes, se perdent, sont humiliés ou exploités. Que le pain qui nous christifie ce matin, fasse de nous du bon pain, pour notre société : un pain croustillant d’amitié, de salut, de joie, de foi, de partage, de vérité et d’unité. Amen

homélie du 14° dimanche ordinaire C

O BANQUETE DA PALAVRA: Momento do envio dos discípulosÉvangile de Jésus Christ selon saint Luc

    En ce temps-là, parmi les disciples, le Seigneur en désigna encore 72, et il les envoya deux par deux, en avant de lui, en toute ville et localité où lui-même allait se rendre. Il leur dit : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. Allez ! Voici que je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups. Ne portez ni bourse, ni sac, ni sandales, et ne saluez personne en chemin. Mais dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord : ‘Paix à cette maison.’ S’il y a là un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle reviendra sur vous. Restez dans cette maison, mangeant et buvant ce que l’on vous sert ; car l’ouvrier mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison. Dans toute ville où vous entrerez et où vous serez accueillis, mangez ce qui vous est présenté. Guérissez les malades qui s’y trouvent et dites-leur : ‘Le règne de Dieu s’est approché de vous.’ » Mais dans toute ville où vous entrerez et où vous ne serez pas accueillis, allez sur les places et dites : ‘Même la poussière de votre ville, collée à nos pieds, nous l’enlevons pour vous la laisser. Toutefois, sachez-le : le règne de Dieu s’est approché.’ Je vous le déclare : au dernier jour, Sodome sera mieux traitée que cette ville. » Les 72 disciples revinrent tout joyeux, en disant : « Seigneur, même les démons nous sont soumis en ton nom. » Jésus leur dit : « Je regardais Satan tomber du ciel comme l’éclair. Voici que je vous ai donné le pouvoir d’écraser serpents et scorpions, et sur toute la puissance de l’Ennemi : absolument rien ne pourra vous nuire. Toutefois, ne vous réjouissez pas parce que les esprits vous sont soumis ; mais réjouissez-vous parce que vos noms se trouvent inscrits dans les cieux. »

Sachez-le : le règne de Dieu s’est approché. Voilà ce que les disciples de Jésus doivent dire aux habitants des villes où ils ne sont pas accueillis ! Ainsi, qu’on le veuille ou non, le règne de Dieu est venu jusqu’à nous dans la personne du Seigneur Jésus. Avec ou sans notre consentement, Dieu déploie son projet pour l’humanité qu’il veut sauver tout entière. Mais si Dieu nous a créés sans nous, il ne pourra pas nous sauver sans nous. Ainsi, ce qui est entre nos mains, notre liberté, c’est d’accueillir ou non le règne de Dieu, dans nos vies. C’est de choisir de nous laisser sauver par Jésus, et diviniser par l’Esprit Saint. Dieu, parce qu’il aime infiniment l’homme, respecte sa liberté. Certes Il souffre de voir l’homme se perdre et jusqu’à l’ultime seconde il accueillera celui qui se tournera avec confiance vers lui, mais il ne peut sauver un homme malgré lui !

On comprend mieux alors l’urgence de la mission de l’Eglise. Son seul objectif et d’annoncer la réalisation du projet de Dieu et de le proposer à tous les hommes. L’Eglise ne fait que précéder son sauveur sur les routes du monde, comme le souligne l’évangéliste Luc : parmi les disciples, le Seigneur en désigna encore 72, et il les envoya deux par deux, en avant de lui, en toute ville et localité où lui-même allait se rendre.

L’Eglise prépare le chemin, mais c’est le Seigneur qui sauve. Son rôle est donc de, de favoriser les questionnements afin de permettre la rencontre avec Christ.

Et quand je parle d’Eglise, je ne pense pas prêtres et religieuses, mais je pense à tous les baptisés, à vous frères et sœurs : chacun de nous est envoyé au devant des habitants du doyenné de Lons qui ignorent Dieu ou en ont une image biaisée voir fausse. Et ça fait du monde ! Pour aller avec confiance et paisiblement à leur rencontre il faut bien se préparer, savoir quoi dire et comment se comporter et enfin relire ensemble ce qui a été accompli.

1/ bien nous préparer

A/ Pour annoncer le salut, il faut l’avoir accueilli au préalable en nous-mêmes. Vous m’entendez souvent dire et redire : « on agit bien non pas pour être sauvé, mais parce qu’on a déjà accueilli le salut dans nos vies. » Alors qu’est-ce qu’être sauvé ? Ecoutons Isaïe dans la 1° lecture : Comme un enfant que sa mère console, ainsi, je vous consolerai. Donc être sauvé c’est se blottir dans les bras de Dieu comme dans ceux d’une mère !  Et alors, poursuit Isaïe : vous verrez, votre cœur sera dans l’allégresse ; et vos os revivront comme l’herbe reverdit. La certitude du Salut donne la joie et permet de dépasser les épreuves.

B/ la joie passe par la croix. Car il n’y a pas de résurrection sans mort sur la croix. Paul l’exprime avec passion aux Galates : pour moi, que la croix de notre Seigneur Jésus Christ reste ma seule fierté. Ce qui compte, … c’est d’être une création nouvelle. Il nous faut mourir à nous-mêmes et nous laisser revêtir du Christ. Est-ce ainsi que nous concevons notre baptême ? Comme une plongée dans la mort et la résurrection du Christ ? Nous considérons-nous comme une création nouvelle ?

2/ Savoir quoi dire et comment se comporter.

A/ comment se comporter. Jésus fixe à ses disciples la juste attitude dans la rencontre : je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups. Voilà qui est dit. Un chrétien doit conserver la douceur et l’innocence d’un agneau. Il doit agir comme l’Agneau de Dieu, le Christ : sans jugement et sans mépris. Il lui faut aussi s’alléger pour aller à la rencontre des autres : Ne portez ni bourse, ni sac, ni sandales, c’est-à-dire par vos manques vous permettrez à ceux que vous rencontrerez de vous aider. Ainsi Jésus rappelle dans l’évangile : où vous serez accueillis, mangez ce qui vous est présenté. Il ne faut pas arriver avec des discours tout prêt, des solutions clés en main. Rappelez-vous : nous avons revêtu le Christ et pris la croix comme seule fierté.

B/ que dire, que faire. A notre monde inquiet et angoissé, aujourd’hui, comme au temps de Jésus, il faut annoncer et donner la Paix. Dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord : ‘Paix à cette maison.’ Et prenez du temps avec les personnes, ayant soin de les écouter. Il s’agit d’être vrai et de vraiment s’intéresser aux gens. Si  nous sommes disponibles pour eux, ils le seront pour notre message qui est tout simple : Le règne de Dieu s’est approché de vous. Jésus vient jusqu’à vous, désirez-vous accueillir sa paix ? Et le signe de l’acquiescement c’est le geste envers les malades. Prendre du temps pour les plus faibles, voilà l’œuvre d’un chrétien. Et le plus faible aujourd’hui est un migrant, un enfant à naître, un précaire, un couple en difficulté, une personne âgée et isolée, etc…

3/ relire en Eglise.

Accepter d’être visiblement chrétien permet de porter du fruit. Et vous êtes nombreux à me raconter comment, au détour d’une rencontre, d’une visite, d’une discussion, vous avez pu annoncer le Seigneur, semer un peu de foi. Et souvent votre visage s’illumine de fierté et de joie. C’est tout comme les disciples rentrant de mission qui revinrent tout joyeux, en disant : « Seigneur, même les démons nous sont soumis en ton nom ».  Mais, agissant ainsi nous ne faisons rien d’extraordinaire, nous réalisons seulement notre vocation de sauvé, c’est ce que rappelle Jésus à la fin de l’évangile : réjouissez-vous parce que vos noms se trouvent inscrits dans les cieux

Alors, que Notre Eucharistie ce matin nous ayant remplis d’amour fasse de nous des ouvriers pour la moisson du Seigneur. Amen

homélie du 13° dimanche ordinaire C

Priesthood in Kildare & Leighlin | KandLeÉvangile de Jésus Christ selon saint Luc

Comme s’accomplissait le temps où il allait être enlevé au ciel, Jésus, le visage déterminé, prit la route de Jérusalem.  Il envoya, en avant de lui, des messagers ; ceux-ci se mirent en route et entrèrent dans un village de Samaritains pour préparer sa venue.  Mais on refusa de le recevoir, parce qu’il se dirigeait vers Jérusalem. Voyant cela, les disciples Jacques et Jean dirent : « Seigneur, veux-tu que nous ordonnions qu’un feu tombe du ciel et les détruise ? »  Mais Jésus, se retournant, les réprimanda. Puis ils partirent pour un autre village. En cours de route, un homme dit à Jésus : « Je te suivrai partout où tu iras. » Jésus lui déclara : « Les renards ont des terriers, les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer la tête. » Il dit à un autre : « Suis-moi. » L’homme répondit : « Seigneur, permets-moi d’aller d’abord enterrer mon père. » Mais Jésus répliqua : « Laisse les morts enterrer leurs morts. Toi, pars, et annonce le règne de Dieu. » Un autre encore lui dit : « Je te suivrai, Seigneur ; mais laisse-moi d’abord faire mes adieux aux gens de ma maison. » Jésus lui répondit : « Quiconque met la main à la charrue, puis regarde en arrière, n’est pas fait pour le royaume de Dieu. »

Le désintérêt croissant de nos contemporains pour la foi chrétienne qui a pendant tant de siècles façonné notre histoire et nos manières de penser et de réfléchir est-il le signe de l’effacement des questions spirituelles ? Non, il suffit d’ouvrir le journal ou l’internet pour découvrir que les mêmes qui ont été baptisés dans la foi chrétienne s’éclatent désormais dans des spiritualités orientales diverses et variées qui ont toutes en commun de ne viser que le bien-être et le développement personnel au détriment d’un réel souci des autres. Ce que dénonce st Paul dans la 2° lecture : Vous, frères, vous avez été appelés à la liberté. Mais que cette liberté ne soit pas un prétexte pour votre égoïsme ; au contraire, mettez-vous, par amour, au service les uns des autres.

Est-il alors le signe de l’effacement de Dieu ? Non, car ce n’est pas le désir de l’homme (ou son besoin) qui font exister ou non Dieu ! Si Dieu est, alors il fut avant la Création, il demeure pendant et sera toujours, une fois l’histoire de la création achevée.

Notre foi Chrétienne a cela d’unique qu’elle repose sur la proclamation que Dieu, qui a créé toute chose au ciel et sur terre, est venu à la rencontre des hommes, qu’il s’est incarné, c’est-à-dire qu’il a pris chair humaine. Il a préparé l’humanité à sa venue en choisissant un peuple et en préparant dans ce peuple, quand les temps furent venus, une jeune femme, Marie, par laquelle il s’est fait homme. En Jésus Dieu s’est fait l’un de nous, par Jésus Il a parlé de vive voix aux hommes. Et avant de retourner dans la réalité divine et éternelle qui est la sienne, Jésus a instauré sur terre son Eglise dont la mission est d’annoncer la Bonne Nouvelle de la Résurrection du Christ. C’est-à-dire de rappeler que Jésus seul a ouvert à jamais, pour tout homme qui l’accueille,  les portes du royaume et la vie éternelle auprès de Lui. Et cette mission l’Eglise, assistée de l’Esprit Saint, la poursuit à travers les siècles. Et Dieu au cours des siècles passés a toujours appelé des hommes et des femmes à le suivre et à se mettre, dans l’Eglise, au service de cette mission.

Alors Dieu cesserait-il d’appeler les hommes et les femmes de notre temps à le suivre ? Je ne crois pas et cet après midi à Dole, l’admission de Christopher comme candidat au sacerdoce et l’ordination au diaconat en vue du sacerdoce de Ligori et Jegeni ; les vœux prononcés par sœur Maria Clara au Carmel l’an passé et ceux que Michelle Grandvaux prononcera au sein des Petites sœurs des pauvres cet été, ou  encore l’entrée en noviciat des Clarisses de Cléménce de Sagey en sont la preuve. Dieu appelle toujours ceux dont il a besoin pour accomplir la mission confiée à son Eglise. Et les textes de la liturgie nous exposent ses différentes tactiques.

1/ d’abord dans le livre des Rois, Dieu appelle Elisée par la voix d’Elie : le Seigneur avait dit au prophète Élie : Tu consacreras Élisée, fils de Shafath, comme prophète pour te succéder. Cet événement de l’Ancien Testament nous invite à tous nous considérer responsables des vocations. Il nous faut nous-mêmes interpeller les personnes à prendre leur place dans l’Eglise et si nous sentons des dispositions particulières chez une personne, osons poser directement la question « as-tu déjà pensé, ou réfléchi, à devenir prêtre, religieux, religieuse, pour servir le projet de Dieu ? »

2/ dans l’Evangile, deux cas se trouvent exposés. D’abord ceux qui se proposent à suivre Jésus : un homme dit à Jésus : « Je te suivrai partout où tu iras ».     et ensuite ceux que Jésus appelle lui-même à sa suite : Il dit à un autre : « Suis-mon. » Ces deux cas nous invitent à être attentifs à ceux qui nous confient leur désir de suivre Jésus, sachons les écouter sans jugement et les orienter vers des personnes capables de les aider à discerner (prêtres, religieux, laïcs formés, SDV, etc…). Il nous faut aussi rendre grâce de ce que Dieu appelle encore des jeunes et des moins jeunes à son service, et nous réjouir de ce qu’ils sont, sans juger ni comparer. Dieu sait ce qu’il fait, et l’Eglise, assistée de l’Esprit Saint les aideras à discerner.

3/le psaume nous prévient que des jeunes ne désireront servir l’Eglise que si elle est vivante, joyeuse et tournée vers Dieu. Chacun de nous ce matin se retrouve-il, dans sa foi, dans les paroles du psaume : Je n’ai pas d’autre bonheur que toi. Tu m’apprends le chemin de la vie : devant ta face, débordement de joie ! À ta droite, éternité de délices !

Dieu ne cesse jamais d’appeler, Alors favorisons la réception de ses appels en étant une Eglise jeune et joyeuse qui ose interpeller les personnes capables de servir Christ et qui permet d’accompagner sereinement et sainement ceux qui entendent l’appel de Dieu. Amen

homélie de la première communion à Lons le Saunier le 23 juin

Eucharistie | POSchenker

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens

Frères j’ai moi-même reçu ce qui vient du Seigneur, et je vous l’ai transmis : la nuit où il était livré, le Seigneur Jésus prit du pain, puis, ayant rendu grâce, il le rompit, et dit : « Ceci est mon corps, qui est pour vous. Faites cela en mémoire de moi. » Après le repas, il fit de même avec la coupe, en disant : « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang. Chaque fois que vous en boirez, faites cela en mémoire de moi. » Ainsi donc, chaque fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous proclamez la mort du Seigneur, jusqu’à ce qu’il vienne.

Mes jeunes frères et sœurs qui communierez tout à l’heure pour la première fois, je voudrais vous faire découvrir toute l’importance du geste que vous poserez. Pour cela je vais partir du titre de la fête qui nous rassemble «Solennité du saint sacrement du Corps et du Sang du Christ ». Rien que dans ce titre tout est dit du fabuleux cadeau que Dieu désire vous faire ce matin et chaque dimanche (et même chaque jour) désormais. Je vais diviser le titre en trois : « Solennité » puis « du Saint Sacrement » en enfin « du Corps et du Sang du Christ ».

1/ nous « fêtons » une Solennité. Quand on dit d’un évènement qu’il est solennel, on veut dire que de grandes et belles choses s’y produisent ; qu’il y a beaucoup de respect,  de dignité et que des personnes importantes y assistent. Dans l’Eglise on emploie ce mot pour exprimer l’importance de certaines célébrations liées à la vie de Jésus ou à celle de ses proches, par exemple le 25 décembre on fête la solennité de la Nativité du Seigneur, c’est-à-dire sa naissance. Pour ces fêtes on chante beaucoup, on impose l’encens, on décore bien l’autel. Ainsi aujourd’hui c’est une solennité car des enfants de Dieu qui sont appelés à régner avec Lui dans sa gloire pour l’éternité, vont recevoir pour la première fois en communion, avec respect et dignité, la vie du Christ ressuscité.

2/ nous « fêtons » la Solennité du Saint Sacrement. Un sacrement, c’est un signe et un moyen par lequel Dieu, par son Eglise, transmet son amour et sa vie à ceux qui le reçoivent. Il y en a 7 et vous avez déjà reçu le sacrement du Baptême qui a fait de vous les enfants de Dieu et pour la première fois en mars dernier vous avez aussi reçu le sacrement du pardon (de la réconciliation) et aujourd’hui vous allez recevoir pour la première fois le sacrement de l’Eucharistie. On l’appelle aussi Le « Saint Sacrement ». En lui donnant ce nom là l’Eglise veut nous dire que c’est le plus grand de tous les sacrements car il contient réellement la vie de Jésus ressuscité. Aujourd’hui vous allez donc communier réellement à la vie de Jésus. Il vous l’offre pour vous sauver du mal et du péché car il vous aime.

3/ nous « fêtons » la solennité du Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ. Comment Jésus, le Christ, va-t-il s’y prendre pour nous donner sa vie et nous sauver du mal et du péché ? Laissons st Paul, affirmant lui-même l’avoir appris des amis de Jésus, nous le raconter : «la nuit où il était livré, le Seigneur Jésus prit du pain, puis, ayant rendu grâce, il le rompit, et dit : « Ceci est mon corps, qui est pour vous. Faites cela en mémoire de moi. » Après le repas, il fit de même avec la coupe, en disant : « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang. Chaque fois que vous en boirez, faites cela en mémoire de moi. » Vous remarquez 4 étapes : Jésus prend du pain et une coupe de vin, il rend grâce, il dit que c’est son Corps et son Sang et il invite à faire cela en mémoire de lui. Et bien c’est exactement cela que nous accomplissons maintenant, 2000 ans après : Comme Jésus a pris du pain et du vin, c’est-à-dire les aliments de base de la vie quotidienne, nous avons-nous aussi pris des hosties et du vin.

Comme Jésus a rendu grâce à Dieu son Père, c’est-à-dire qu’il l’a remercié de ses bontés et qu’il lui a offert sa vie ; nous aussi nous allons tout à l’heure remercier Dieu pour toutes les bonnes choses qui nous arrivent et nous allons lui offrir nos vies pour qu’il les transforme en source d’amour pour les autres.

Comme Jésus a dit « ceci est mon corps » «  ceci est mon sang », je vais redire ces mêmes paroles, ou plutôt, je vais laisser Jésus vous les dire à travers moi. Il veut nous donner sa vie en nourriture pour fortifier en nous la vie divine et faire grandir notre conscience d’être enfant de Dieu.

Enfin Jésus dit  « faites cela en mémoire de moi. » et c’est pour cela que nous sommes dans cette église. Depuis 20 siècles, par la vie de chaque prêtre, Jésus se rend présent auprès de tous les hommes. En effet, au moment où on célèbre l’Eucharistie, ce n’est plus le prêtre qui parle, c’est Jésus qui parle à travers lui. Un prêtre donne d’abord sa vie pour cela : pour que Jésus puisse aujourd’hui donner sa vie à tous, tout le temps. Et j’espère que parmi vous certains donneront leur vie à Jésus et deviendront prêtres pour que l’on puisse encore recevoir le Corps du Christ dans le Jura !

Alors soyons dans la joie, c’est aujourd’hui, pour vous jeunes gens, la grande fête de votre première Communion. Par le pain consacré que vous recevrez en communion Jésus, sèmera sa vie en vous et fera de vous ses enfants bien-aimés, le pain de son amour pour tous les habitants de notre doyenné. Amen !

homélie de la Trinité (année C)

The Glory of the Most Holy Trinity

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples :  « J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l’instant vous ne pouvez pas les porter. Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans la vérité tout entière. En effet, ce qu’il dira ne viendra pas de lui-même : mais ce qu’il aura entendu, il le dira ; et ce qui va venir, il vous le fera connaître. Lui me glorifiera, car il recevra ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. Tout ce que possède le Père est à moi ; voilà pourquoi je vous ai dit : L’Esprit reçoit ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. »

 

Aujourd’hui nous célébrons la TRÈS SAINTE TRINITÉ. Cette fête vient après celle de Pentecôte. Par là l’Eglise veut nous rappeler que le mystère de Dieu en lui-même n’est compréhensible qu’après avoir reçu le don de l’Esprit Saint qui nous fait comprendre toute chose comme l’annonçait Jésus dimanche dernier : l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout. Demandons donc ce soir (ce matin)  à l’Esprit Saint d’ouvrir nos intelligences et de nous enseigner afin que nous entrions un peu plus dans la connaissance du  mystère de Dieu : «  Esprit Saint, éclaire nos intelligences ce soir  (ce matin), par à ta lumière qu’elles entrent un peu plus dans la compréhension et la contemplation du mystère de la Sainte Trinité. » Amen

Le terme de TRINITÉ ne se trouve pas dans la Bible tel quel. C’est l’Eglise qui l’a créé, car elle désirait trouver un mot qui résume le « mystère central de la foi et de la vie chrétienne, le mystère de Dieu en Lui-même. »  Elle a voulu rendre compréhensible le grand mystère de Dieu que Jésus nous a fait découvrir quand il est venu sur terre il y a 2000 ans.  Donc si la Trinité est le cœur de la foi d’un chrétien,  voyons ce que cela veut dire. Le mot Trinité est la contraction de deux mots : celui de « trois » et celui d’« unité ». Ce sont trois personnes qui vivent une parfaite unité. La Trinité : C’est la réalité mystérieuse d’un seul Dieu dans l’unité d’amour de trois personnes distinctes, égales et indivisibles, le Père, le Fils, l’Esprit.

Pourtant même si on ne connait pas ce mot, on fait l’expérience de Dieu Trinité tout au long de notre vie :

D’abord nous avons été baptisés « au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit » : ce jour-là nous sommes devenus le temple de Dieu. Le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont venus habiter en nos cœurs et demeurer en nous.

ensuite pour commencer une prière, en entrant dans une église, ou au début de la messe nous traçons sur nous le signe de la croix : « au nom du P, et du F et du S-E ». Ce geste qui nous rappelle le jour de notre baptême. Il réveille en nous cette certitude que nous sommes liés à Dieu, que c’est Dieu qui donne sens à notre vie. De même on achève une dizaine de chapelet en chantant « Gloria, Patri et Filio…

ou encore quand on proclame la foi, en récitant le crédo, (ou comme vont le faire Gabin, Emilie et Lucas tout à l’heure : avec leurs mots ils vont exprimer leur foi en Dieu qui est à la fois le Père Créateur ; Jésus le Fils venu sauver le monde et l’Esprit Saint, qui est l’amour de Dieu donné aux hommes pour vivre en frères.)

Enfin quand on célèbre l’Eucharistie, on demande à Dieu le Père, d’envoyer son Esprit Saint pour faire du pain et du vin, le Corps et le Sang de Jésus son Fils. (Ce corps auquel Joachim tu vas communier pour la première fois aujourd’hui.)

Mais, pour mieux comprendre la Trinité, je vous propose un exemple, celui des trois cierges. Avec cet exemple nous allons essayer de comprendre comment trois choses distinctes peuvent ne faire qu’une seule chose. En effet, regarder ces trois cierges, ils sont fait de la même matière : de la cire et une mèche en coton, ils sont de « même nature » et ils se ressemblent parfaitement et pourtant ils sont indépendants. Chacun a une mission propre : éclairer, réchauffer, etc… mais si je les rapproche ….  ils ne font plus qu’un, comme si ils unissaient leur flamme pour faire un feu unique.

Et bien c’est aussi un moyen pour parler de la vie en Dieu : le Père, le Fils et le Saint Esprit se ressemblent parfaitement, ils partagent la même nature divine et si ils sont les trois indépendants, l’amour qui les unit est tellement fort qu’ils ne forment qu’une seule réalité : comme une seule flamme d’amour qui vient réchauffer le monde lui donner la vie et l’éclairer pour qu’il donne le meilleur de lui-même!

Enfin réalisons que même si nous ne comprenons pas tout, la Trinité est au cœur de notre vie comme modèle à imiter. Nous avons à vivre entre nous de la même manière que la Trinité vit : dans le don total de soi aux autres, dans l’amour, le service et la joie. Agissant ainsi, au jour de notre mort, passant de ce monde à la vie en Dieu nous pourrons nous écrier, comme sainte Elisabeth de la Trinité: « Ô mes Trois, mon Tout, ma Béatitude ! » Amen

homélie de Pentecôte

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements. Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous. Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure. Celui qui ne m’aime pas ne garde pas mes paroles. Or, la parole que vous entendez n’est pas de moi : elle est du Père, qui m’a envoyé. Je vous parle ainsi, tant que je demeure avec vous ; mais le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit. »

Retraite de Pentecôte à Lourdes - InfoCatho

L’amour comme l’amitié, tout le monde le sait, exigent des actes concrets et des preuves. En effet, les enfants, diriez-vous d’un copain qui ne vient jamais jouer avec vous, qui vous insulte, ou ne partage pas les moments forts de votre vie, qu’il est votre meilleur ami, même qu’il est un ami ? Non ! Les parents, auriez-vous dit « oui » à votre conjoint s’il ne vous avait jamais exprimé son amour et sa fidélité par des gestes concrets ? Non ! De même, Jésus rappelle dans l’évangile qu’être son ami, c’est-à-dire l’aimer d’amitié, c’est agir concrètement : Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole. Ainsi la preuve que nous sommes des amis de Jésus, c’est que nous essayons de vivre comme lui, en suivant son exemple, en appliquant ce qu’il nous a enseigné, c’est-à-dire ses commandements et ses conseils de vie.

Or, chers jeunes voilà plusieurs années que vous faites de la catéchèse pour approfondir votre connaissance de Jésus et de ses commandements. Par les différents temps forts (Toussaints, Avent, Carême, pardon, etc…) vous grandissez et vous vous fortifiez dans la foi et maintenant vous devenez capables de suivre sa route, de marcher avec Lui. Or vous avez bien entendu la promesse que Jésus fait à celui qui garde sa Parole : je le cite « mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure ». C’est cette promesse que nous allons en partie réaliser aujourd’hui.

En effet, Pierre et Solène, concrètement aujourd’hui, par le baptême, Dieu va faire sa demeure en vous. Il va venir habiter dans votre cœur faisant ainsi de votre corps sa maison, un lieu où il aura plaisir à vivre.

Pour vous Lucas, Célia, Alexandre, Charlotte, Dimitri, Louka , Gabriel (et Solène), qui êtes déjà par le baptême, la maison de Dieu, Jésus va d’une manière spéciale transformer cette maison en tabernacle. Le tabernacle, vous le savez c’est cet endroit dans l’église, éclairé par une lumière rouge, où demeurent les hosties déjà consacrées lors de précédentes messes. Et bien par votre première communion au Corps du Christ vous allez devenir à votre tour un tabernacle. Jésus va venir demeurer  dans vos cœurs. Alors votre corps tout entier deviendra comme une petite église. C’est pour cela qu’il faut prendre soin de notre corps et le respecter, car il est la demeure qui accueille et garde la présence de Jésus au milieu des hommes.

Pour vous Juliette, Victor, Manon et Malo qui avez déjà accepté de faire de votre  corps une église pour accueillir Dieu, aujourd’hui, par votre profession de foi, vous exprimez devant toute la communauté votre désir de vivre en chrétien. En effet, il y a 12 ans, lors de votre baptême, vos parents se sont engagés dans la foi en votre nom. Ce matin, c’est à vous de dire votre foi, vous allez d’ailleurs l’exprimer avec vos mots après cette homélie. C’est à vous désormais, avec l’aide de votre intelligence et de vos talents d’inventer les moyens de vivre en chrétiens en restant fidèles à la parole de Jésus.

Mais pour que le baptême et l’Eucharistie puissent être célébrés,  pour que les chrétiens puissent proclamer et vivre en vérité leur foi, il nous faut une force spéciale. Cette force c’est le Saint Esprit que Jésus promet à ses amis fidèles. Alors à vous les jeunes, leurs parents et leurs familles, à vous les paroissiens de st Martin des Vignes et des Coteaux de Seilles, Jésus désire aujourd’hui donner à nouveau le Saint Esprit qui vous enseignera tout, et vous fera souvenir de tout ce qu’il vous a dit.   Pour vivre cette nouvelle Pentecôte ici et maintenant, pour que tous nous soyons remplis d’Esprit Saint, il suffit de poser un acte d’amour envers Dieu le Père et Jésus son Fils c’est-à-dire de prendre l’engagement de vivre en chrétiens dans les mois et les années qui viennent. Cela signifie prendre le temps de prier chaque jour autant que possible, d’agir concrètement envers les autres avec charité  et rejoindre régulièrement le dimanche la grande famille de Dieu qu’est l’Eglise. C’est le dimanche que tous ensemble, nous partageons le repas où Jésus se donne en nourriture pour pouvoir demeurer en nous et faire de nous sa présence au milieu de ce monde.

En ce dimanche de fête et de joie, prenons maintenant un temps de silence pour nous préparer chacun à devenir la demeure de Dieu parmi les hommes. Amen

Homélie du 7° dimanche de Pâques

le sermon du dimanche » sermonÉvangile de Jésus Christ selon saint Jean (17, 20-36)

À l’heure où Jésus passait de ce monde à son Père, les yeux levés au ciel, il priait ainsi :  » Je ne prie pas seulement pour ceux qui sont là, mais encore pour ceux qui accueilleront leur parole et croiront en moi :  Que tous, ils soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu’ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m’as envoyé. Et moi, je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée,  pour qu’ils soient un comme nous sommes un : moi en eux, et toi en moi.  Que leur unité soit parfaite ;  ainsi, le monde saura que tu m’as envoyé, et que tu les as aimés comme tu m’as aimé.  Père, ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je suis, eux aussi soient avec moi, et qu’ils contemplent ma gloire, celle que tu m’as donnée parce que tu m’as aimé avant même la création du monde. Père juste, le monde ne t’a pas connu, mais moi je t’ai connu, et ils ont reconnu eux aussi, que tu m’as envoyé. Je leur ai fait connaître ton nom, et je le ferai connaître encore : pour qu’ils aient en eux l’amour dont tu m’as aimé, et que moi aussi, je sois en eux. « 

Depuis jeudi nous sommes dans l’attente que se réalisent les promesses de Jésus. En effet, Il est retourné auprès du Père dans la réalité divine qu’il partage avec Lui et il a promis de nous envoyer l’Esprit Saint pour que nous soyons ses témoins à Jérusalem et jusqu’aux extrémités de la terre. Aujourd’hui, à ceux qui se demandent comment procéder, pour quel objectif et en vue d’atteindre quel but, Jésus, dans l’évangile, donne une réponse claire et précise. La mission et le moyen de la réaliser sont clairement exposés : Qu’ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m’as envoyé. Et le but à atteindre est aussi exposé : ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je suis, eux aussi soient avec moi, et qu’ils contemplent ma gloire.

Vous aurez donc compris, il y aura trois parties dans mon homélie.

1/ Une unique mission. Dans l’évangile Jésus fixe une unique mission : le faire connaître au monde comme envoyé du Père. Car tous les hommes, créés à l’image et à la ressemblance de Dieu, sont appelés à entrer dans l’Eglise pour devenir frère et sœur de Jésus, fils et filles du Père. Un chrétien témoigne en se fixant comme mission de rayonner la joie d’avoir Jésus comme frère et Dieu comme Père. Cela exige d’évangéliser d’abord nos pensées, nos paroles et nos actions :

Evangéliser nos pensées en plaçant le Dieu de Jésus-Christ au cœur de nos réflexions car il est celui qui donne sens et cohérence à nos idées les orientant vers le bien, le bon et le vrai.

Evangéliser nos paroles. N’oublions jamais que ce qui sort de notre bouche déborde de notre cœur. Donc si Dieu occupe les pensées de notre cœur, il ne pourra jaillir de notre bouche et de nos lèvres que des proclamations des merveilles opérées par Dieu.  

Vous le savez, le monde scrute nos paroles alors interrogeons-nous: sont-elles toujours à la hauteur, sans mensonge, ni hypocrisie, fidèles à l’Evangile et à l’enseignement de l’Eglise ? Tel Etienne dans la 1° lecture qui proclame sa foi en Jésus debout à la droite de Dieu au risque de sa vie.

Evangéliser nos actions : Avec le Christ au cœur de notre cœur, nos paroles témoignent de Lui, mais il nous faut aussi agir conformément à nos paroles. Ainsi mes gestes et mes actions sont-ils mus par l’amour de Dieu et du prochain. En me voyant vivre et agir, les personnes peuvent-elles désirer partager ma joie et en être comblées ? Est-ce que je donne envie d’être chrétien, d’être enfant de Dieu ?

2/ l’unité des croyants comme seul moyen. De quelle unité s’agit-il ? Ecoutons Jésus dans l’évangile : que tous, ils soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu’ils soient un en nous. Les croyants doivent être unis de la même manière que Le Fils et le Père sont unis : c’est à dire non pas dans la fusion ou la confusion mais selon le modèle divin de la Trinité, celui de 3 personnes totalement libres et liées par l’amour. Voilà un très grand défi pour chacun de nous : nous aimer les uns les autres dans le respect des différentes expressions de notre foi. Et c’est l’Esprit Saint promis par Jésus qui créé et favorise notre unité dans la diversité. Et pour recevoir les idées des autres et accepter de débattre respectueusement avec eux, nous pouvons nous appuyer sur la prière de Jésus à cette intention.

Car Jésus est notre unité. C’est en lui que nous sommes unis comme frères et sœurs dans la foi, c’est en lui que nous acquérons notre filiation divine.

3/ Partager la vie du Christ pour l’éternité. Etre auprès du Christ pour contempler sa gloire, voilà ce que nous devons viser. La vie d’un chrétien se passe les pieds sur terre mais avec les yeux tournés vers le ciel. Plus que tout autre humain nous devons rappeler la verticalité de notre vie. Certes, nous sommes heureux de vivre sur cette terre, mais nous visons le ciel où notre filiation divine prendre toute sa dimension. C’est une demande exigeante de Jésus à son Père : je veux que là où je suis, eux aussi soient avec moi, Si Jésus s’est fait l’un de nous, c’est pour que nous puissions devenir comme Lui. Il est descendu sur terre pour nous hisser jusqu’au ciel auprès de lui, j’ose même dire pour nous partager sa vie divine.

Pour évangéliser tous les aspects de notre vie, pour faire l’unité dès ici bas des croyants et pour nous préparer au ciel, Jésus institua l’Eucharistie. Par elle il nous donne les forces de lui être fidèle, il fait de nous son unique Corps livré pour le monde et enfin il sème en nous sa vie divine en vue de l’éternité. Dans la joie célébrons donc l’Eucharistie pour la gloire de Dieu et le salut du monde. Amen