une foi, 10 minutes : « comme un encens »

20 minutes online diaporama - Les images du jour - mars 2010

 

 

«Que ma prière s’élève devant toi comme un encens,

et mes mains comme l’offrande du soir.»

(Psaume 140, 2).

 

 

 

L’Ancien  testament mentionne de nombreuses fois l’encens, son parfum, sa fumée. S’agissant du Nouveau testament, la mention la plus connue est certainement celle en Matthieu 2, 11, où les rois mages  présentent l’or, l’encens et la myrrhe à Jésus dans la crèche. De fait, l’usage de  l’encens, dans la liturgie catholique, est venue par l’Orient, dès le Moyen-Age.  Mais la pratique de l’encensement est présente depuis longtemps dans plusieurs religions.

Dans la liturgie chrétienne, chaque geste, chaque objet ou matière a une signification. L’encens employé durant la messe, les vêpres, les funérailles ou d’autres occasions, répond bien  à cette définition. Du latin incensum, ce qui brûle, qui a donné aussi le mot incendie, l’encens provient de la résine d’un arbre poussant dans les pays chauds. C’est un produit de grande valeur depuis toujours, du fait de sa rareté. Dans la pratique, contenu dans une navette, petit récipient, sous forme de grains, l’encens est déposé sur des charbons ardents, dans une cassolette ajourée, munie d’un couvercle, suspendue par trois chaînettes. Un parfum est parfois ajouté à l’encens.

Parmi les servants d’autel, c’est le thuriféraire, du grec, thus, encens, et fero, porter, qui a la charge de l’encensoir, parfois accompagné d’un naviculaire, qui lui a la charge de la navette.  Le célébrant lui, impose l’encens, c’est-à-dire le dépose sur les charbons aux moments requis. Ce faisant il bénit l’encens en traçant un signe de  croix.

Comme toute action liturgique, l’encensement durant la messe doit se faire avec ordre et piété. Ainsi le thuriféraire ouvre-t-il la procession d’entrée d’une messe, l’encensoir fumant. Durant la célébration seront encensés l’autel,  la croix, l’Evangile, les offrandes,  le célébrant, les autres prêtres s’il s’en trouve, les fidèles. L’encensement du pain et du vin se fait en dessinant trois croix avec l’encensoir pour signifier la Trinité, puis trois cercles signifiant la totalité, la perfection, l’éternité. Pendant le Sanctus, l’encensoir est mis à fumer devant l’autel. L’encensement accompagne aussi la procession de sortie. De fait, tout ce qui renvoie à la présence du Christ bénéficie d’un encensement, durant une célébration liturgique.

L’encens que l’on   fait fumer sur l’autel symbolise le sacrifice du Christ, qui s’est   offert à son Père en odeur de suavité (Ep 5, 2). Brûler de l’encens dégage  un parfum agréable offert à Dieu, la fumée symbolisant la prière qui monte vers le ciel, vers Dieu.  Durant la messe, l’encensement du prêtre  puis des fidèles signifie qu’ils sont une offrande sacrée.  Le prêtre rend alors  présent le Christ, les fidèles rendent présente l’Eglise et tous  sont d’agréable odeur pour le Père auquel ils s’offrent.

Pour chaque fidèle, l’encens qui brûle est l’image d’un sacrifice intérieur, qui consume son cœur et révèle le parfum de son  âme dans l’intimité avec Dieu. Lors des funérailles, encenser le corps d’un baptisé déposé dans le cercueil est un signe de respect et de foi en la vie éternelle, nos prières accompagnant le défunt à l’image de la fumée odorante qui monte vers le ciel.

Etre pour Dieu la bonne odeur du Christ, (2 Co 2, 15), voilà bien l’ambition du chrétien.

 

prochaine intervention

le dimanche 18 novembre 2018

à 10h10 à la chapelle des Cordeliers

thème : La prière universelle.

une foi, 10 minutes s’est reparti!

C’est la rentrée aussi pour Véronique Soth qui nous propose, certains dimanches avant la messe aux Cordeliers de 10h10 à 10h20 à la chapelle de semaine, des petits enseignements sur la liturgie…..

vous trouverez ci-dessous celui du 07 octobre dernier dont le thème était : « Le Seigneur soit avec vous »

L’expression «  Le Seigneur soit avec vous  » est issue de la Bible, comme beaucoup des mots de la liturgie en général et donc de la messe. Nous pouvons l’entendre sous cette forme à quatre reprises durant l’eucharistie. En effet, l’expression «  Le Seigneur soit avec vous  » ouvre et conclut la messe, se retrouve dans la liturgie de la Parole et dans celle eucharistique. A cet égard, elle charpente toute la messe et, à trois reprises, se poursuit par un dialogue.

En premier lieu, c’est par cette expression, que l’on trouve par exemple en 2 Th 3, 16, ou par une expression équivalente, que le prêtre ouvre la célébration, juste après le signe de la croix. L’évêque lui ouvrira la célébration en disant  : «  la paix soit avec vous  », parole de Jésus ressuscité en Jn 20, 26. De fait, l’expression «  Le Seigneur soit avec vous  » appelle un dialogue, puisque les fidèles répondent  : «  et avec votre esprit  ». Par ailleurs, certains se souviendront avoir entendu, prononcé  : Dominus vobiscum, et cum spiritu tuo. De fait, dans ce dialogue, ce qui est énoncé se réalise. Un terme technique caractérise ce genre littéraire  : il s’agit de langage performatif. En quelque sorte, quand c’est dit, c’est fait. Les mots donnent forme (performatif) et vie, deviennent réalité. C’est le propre du langage des sacrements que d’être performatif  : «  je te baptise, je te pardonne tes péchés  ».

En disant  : «  Le Seigneur soit avec vous  », le prêtre à la fois convoque et actualise la présence du Seigneur. Le dialogue fait s’offrir mutuellement la présence du Seigneur. En même temps le célébrant étend les bras, paumes ouvertes, dans une attitude d’accueil. En répondant alors «  et avec votre esprit  », les fidèles acquiescent à la présence du don de l’Esprit Saint. Cet Esprit, nous l’avons reçu au baptême, en plénitude lors de la confirmation. Les diacres, les prêtres, le évêques, l’ont reçu ensuite de façon spéciale par le sacrement de l’Ordre. C’est ce que nous reconnaissons en disant en réponse au célébrant   : «  et avec votre esprit  ». C’est pourquoi notre voix bien audible doit traduire notre foi.

La deuxième occurrence de  : «  le Seigneur soit avec vous, et avec votre esprit  » se situe avant la proclamation de l’Evangile. Il s’agit là encore d’actualiser la présence du Seigneur, par son Verbe. Le dialogue se prolonge par  : «  Evangile selon saint..-Gloire à toi Seigneur.  ». Nous voici prêts à accueillir la Parole de Dieu et l’homélie qui suit généralement.

La troisième occurrence ouvre la prière eucharistique et se poursuit par  : «  Elevons notre cœur  : nous le tournons vers le Seigneur  ; rendons grâce au Seigneur notre Dieu  : cela est juste et bon  ». Nous voici au cœur de la célébration, au cœur du mystère de la foi.

La dernière occurrence intervient juste avant la bénédiction finale de la messe et l’envoi. Elle se prolonge aussi par un dialogue   dont les derniers mots reviennent aux fidèles  : «  nous rendons grâce à Dieu  ».
A quatre reprises donc, par l’expression «  le Seigneur soit avec vous  », les fidèles entrent en dialogue avec le célébrant au cours de la messe. Telle est bien là leur participation active à la liturgie.

Mais aussi, lorsque nous prions la Vierge Marie, nous disons  : «  le Seigneur est avec vous  ». Pas un instant nous en doutons. Ce qui est dit se réalise. Telle est notre foi. Le Seigneur soit avec vous.

prochaine formation : 

dimanche 21 octobre 2108 : « Comme un encens »

REGARDER VERS L’AUTEL

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Le vocabulaire

Autel se dit altar dans presque toutes les langues, racine altum, hauteur.

Dans les premiers temps de l’Eglise, la messe était célébrée sur le tombeau d’un martyr, c’est à dire d’un témoin de la foi. Aujourd’hui encore, chaque autel a été béni ou consacré et renferme des reliques de saints. L’autel est le signe du Christ, qui donne sa vie par amour.  L’autel peut avoir plusieurs noms en fonction de la forme   : autel coffre, autel bloc, autel table (avec des pieds) ou de   l’emplacement   : maître-autel, autel secondaire, autel de chapelle.

La  messe  est dite parfois  sacrement de l’autel, et nous avons la chance à Lons d’avoir des servants d’autel. .

Dans la Bible

En   Gn 8,20,  Noé construisit un autel à Yahvé, il prit de tous les animaux purs et de tous les oiseaux purs et offrit des holocaustes sur l’autel.

En Ex 20,24 le Seigneur dit: tu me feras un autel de terre sur quoi immoler tes holocaustes et tes sacrifices de communion, ton petit et ton gros bétail.

En Ap 8, 3-5, un autre Ange vint alors se placer près de l’autel, muni d’une pelle en or. On lui donna beaucoup de parfums pour qu’il les offrît, avec les prières de tous les saints, sur l’autel d’or placé devant le trône.

Psaume  43, 4 : j’avancerai jusqu’à l’autel de Dieu, Dieu qui est toute ma joie.

Dans la liturgie

Le sanctuaire est le lieu où se dresse l’autel,  où le prêtre, le diacre et les autres ministres exercent leurs fonctions. Il convient qu’il se distingue du reste de l’église par une certaine élévation, soit par une structure ou une ornementation particulières. Il doit être assez vaste pour que la célébration de l’eucharistie puisse être accomplie et  vue facilement. C’est vers l’autel que toute l’attention des fidèles converge. L’autel est souvent orienté vers l’est, d’où reviendra le Christ, tout comme les mages.

C’est  à l’autel que le pain et le vin deviennent Corps et Sang du Christ. Autel  qui est à la fois la  table du sacrifice et la  table conviviale qui rassemble les fidèles. En même  temps l’autel représente symboliquement le tombeau du Christ,  le lieu de son sacrifice.

Les fidèles se rendent exceptionnellement à l’autel pour signer le registre lors d’un baptême ou d’un mariage, donnant son  importance à la fois au sacrement et au lieu.

L’autel signifie de manière claire et permanente le Christ Jésus, Pierre Vivante (1 P 2, 4, cf Ep 2, 20). Il est aussi le centre de l’action de grâce qui s’accomplit pleinement par l’Eucharistie.

Par respect pour la célébration du mémorial du Seigneur, pour le banquet où nous sont donnés le Corps et le Sang du Seigneur, on mettra sur l’autel au moins une nappe qui par sa forme, ses dimensions et sa décoration s’accorde avec la forme de cet autel. Nappe qui rappelle aussi le linceul enveloppant un corps au tombeau.

Les chandeliers qui sont requis, pour chacune des actions liturgiques, afin d’exprimer notre vénération et le caractère festif de la célébration, seront placés compte tenu de la structure de l’autel et du sanctuaire, ou bien sur l’autel, ou bien autour de lui, pour réaliser un ensemble harmonieux, et sans que les fidèles soient gênés pour bien voir ce qui se fait à l’autel ou ce que l’on y dépose. On mettra au moins deux chandeliers avec des cierges allumés – ou même quatre, ou six, ou encore sept si c’est l’évêque du diocèse qui célèbre. De même, sur l’autel ou à proximité, il y aura une croix, bien visible pour l’assemblée.

On peut encenser les dons placés sur l’autel, et l’autel lui-même, en en faisant le tour, pour signifier que l’oblation de l’Église et sa prière montent comme l’encens en présence de Dieu.

Le prêtre et les ministres  saluent l’autel de la manière requise, c’est-à-dire font l’inclination profonde ou bien, s’il y a là le tabernacle avec le Saint-Sacrement, la génuflexion. Au début comme à la fin de la messe, le prêtre vénère l’autel par un baiser. Seul le livre des Evangiles est aussi vénéré  par un baiser au cours de la messe.

On fera preuve de sobriété pour décorer l’autel, la décoration florale de l’autel devant toujours être discrète et disposée autour de l’autel plutôt que sur la table de celui-ci. On ne mettra en effet sur l’autel que ce qui est requis pour la célébration de la messe.

Conclusion

Préface IV de Pâques : le Christ, quand il livre son corps à la Croix, tous les sacrifices de l’ancienne alliance parviennent à leur achèvement; et quand il s’offre pour notre salut, il est à lui seul, l’autel, le prêtre, la victime.

LE DIMANCHE N’EST PAS CE QUE L’ON CROIT.

LE DIMANCHE N’EST PAS CE QUE L’ON CROIT, tel était le thème du deuxième « une foi 10 minutes »

Il y a les «peintres du dimanches» et aussi les «habits du dimanche».  Et surtout beaucoup de  personnes qui s’ennuient le dimanche. Les agendas électroniques quant à eux demandent parfois de paramétrer le premier  jour de  la semaine.  Pour un baptisé, ce sera le dimanche, jour de  la Résurrection du Christ. Les noms des jours, à l’exception du samedi,  sont issus des noms des planètes : lune, mars, mercure, jupiter, vénus. Le mot «dimanche» vient de dies dominicus, le jour du Seigneur, mais d’autres langues ont gardé le rapport avec le soleil (sunday, Sonntag).

Pour un chrétien, le dimanche n’est donc pas ce que l’on croit,  la fin d’une semaine, le week-end, mais un jour à sanctifier, où vivre sa foi. La célébration du dimanche demeure en effet un élément  essentiel de notre identité chrétienne. L’Eglise demande aux  chrétiens de se rassembler le jour du Seigneur,  pour faire mémoire de la Résurrection du Christ.

La messe est le cœur du dimanche où l’Eglise, communauté vivante rassemblée autour d’un prêtre, partage le pain et le vin pour obéir au précepte du Christ : «faites ceci en mémoire de moi».  Regarder la messe à la TV ne permet donc pas de remplir le devoir dominical. En effet, il est nécessaire de participer à l’assemblée dominicale et de communier au Corps du Christ.

Cependant le dimanche  n’est pas seulement le souvenir d’un événement  passé, il est la célébration de la présence vivante du Ressuscité au milieu de nous. Jour du Seigneur donc mais aussi seigneur des jours, celui  du repos, où il ne s’agit pas tant de «faire», que «d’être».

Car la joie qui est la nôtre  le dimanche est un fruit de l’Esprit Saint, à nous de la partager dans les rencontres, les activités,  de ce jour.

Enfin le dimanche, jour de la foi, nous récitons  le Credo à la messe  ; si nous croyons en Dieu le Père Tout-Puissant, si nous décidons de vivre pleinement notre baptême, alors oui, avec la grâce de Dieu,

LE DIMANCHE SERA CE QUE L’ON CROIT.

Sources          :

  • Lettre encyclique de Saint Jean-Paul II, 31 mai 1998.
  • Catéchisme de l’Eglise Catholique, 1992.

« Une foi, dix minutes »

 

CETTE NOUVELLE CATÉGORIE vise à illustrer l’adage dans la foi « croire pour comprendre, comprendre pour croire ». Nous sommes nombreux, parmi les paroissiens à désirer approfondir notre foi pour mieux la vivre, aussi Véronique Soth, théologienne, nous offre-t-elle, un dimanche par mois à la chapelle des Cordeliers de 10h10 à 10h20, un enseignement sur un point de notre foi. Ce sont les fruits de ses enseignements, nourris par le Concile Vatican II et le Catéchisme de l’Eglise Catholique, que nous retranscrivons ici.

le premier thème qu’elle a abordé fut :

L’Eglise Peuple de Dieu, Corps du Christ, Temple de l’Esprit-Saint

Dans les années 1960, le Concile Vatican II décrit l’Eglise comme une réalité complexe, à la fois  humaine et divine. Le  Concile  emploie alors trois images pour désigner   l’Eglise   :  celles de Peuple de Dieu, de Corps du Christ,  de Temple de l’Esprit Saint.

Dans la Bible,  l’image de l’Eglise Corps du Christ  est fréquente chez  Saint Paul   : «   le Christ, Tête du Corps qui est l’Eglise   ». Le Peuple de Dieu quant à lui est celui annoncé dans l’Ancien Testament, peuple dont Israël était une figure. Quant à l’Eglise Temple de l’Esprit Saint, le Concile Vatican II rappelle que l’Esprit Saint  habite dans le cœur des fidèles comme en un temple, citant encore Saint Paul.

Le Concile  explique ce choix de traiter de l’Eglise ainsi   : «   (…) le saint Concile, réuni dans l’Esprit-Saint, désire ardemment illuminer tous les hommes de la lumière du Christ qui resplendit  sur le visage de l’Eglise. Celle-ci, pour sa part, est dans le Christ comme un sacrement ou, si l’on veut, un signe et un moyen d’opérer l’union intime avec Dieu et l’unité de tout le genre humain (…).

Ailleurs, les théologiens du Concile précisent que le   Père a  « voulu appeler tous ceux qui croient au Christ à former la sainte Église qui, annoncée en figures dès l’origine du monde, merveilleusement préparée dans l’histoire du peuple d’Israël et dans l’Ancienne Alliance, établie enfin dans ces temps qui sont les derniers, s’est manifestée grâce à l’effusion de l’Esprit Saint et, au terme des siècles, se consommera dans la gloire ».

Pour autant, le temps de l’Eglise est donc toujours un «   aujourd’hui   ». Car l’Eglise contribue à l’histoire universelle, qu’elle oriente par son action. Et, l’Église étant  véritablement habitée de la présence du Christ,  qui l’a trouvée a trouvé le Christ.

En définitive, il ne suffit pas de voir l’Eglise  seulement comme  une réalité humaine de baptisés et même de pécheurs. Les images de Peuple de Dieu, Corps du Christ, Temple de l’Esprit Saint  cherchent ainsi à nous  rendre l’Eglise, réalité divine, plus familière. Mais avant tout «   l’Eglise reste un mystère que seule la foi peut accueillir».

Sources et citations :  Catéchisme de l’Eglise catholique, § 779 et suivants.