homélie de l’Épiphanie

epiphanie

Quelle richesse dans les textes de la liturgie de ce matin. Et comme à chaque fête, il nous faut découvrir, le message que l’Eglise, éclairée par l’Esprit Saint, veut nous faire passer alors que nous célébrons l’Epiphanie. Et pour nous aider cette année je vous propose de partir de la prière d’ouverture que j’ai dite en votre nom… je la reprends avec vous : « Aujourd’hui, Seigneur, tu as révélé ton fils unique aux nations, grâce à l’étoile qui les guidait ; daigne nous accorder, à nous qui te connaissons déjà par la foi, d’être conduits jusqu’à la claire vision de ta splendeur… ». Vous aurez remarqué les 3 temps de cette prière : 1/ Dieu révèle son Fils unique aux nations, 2/ il faut poser un acte de foi en lui, 3/ et le laisser nous guider pour contempler pleinement sa splendeur. Donc trois parties dans mon homélie aujourd’hui :

1/ Dieu révèle son Fils unique aux nations. Dans la prière il est écrit : « Aujourd’hui, Seigneur, tu as révélé ton fils unique aux nations, grâce à l’étoile qui les guidait » Cette première partie de la prière nous découvre d’abord, par le mot « aujourd’hui » qui est employé, que la liturgie est comme une grande anamnèse des évènements d’il y a 2000 ans. Aujourd’hui, en quelque sorte, nous rendons présent l’adoration des rois-mages, nous y assistons en esprit comme si nous y étions. Ensuite, nous comprenons que cet évènement voulu par Dieu vise à faire connaître son Fils unique à toute la terre. Par l’adoration des mages c’est toutes les nations qui sont invitées à contempler en Lui le roi des rois comme le rappelle le psaume : Tous les rois se prosterneront devant lui, tous les pays le serviront. Enfin, si l’étoile a guidé les mages jusqu’à Bethléem, des nations entières attendent encore aujourd’hui que Jésus leur soit annoncé, comme le prophétise Isaïe dans la première lecture : Les nations marcheront vers ta lumière, et les rois, vers la clarté de ton aurore. Aussi, quelle sera l’étoile pour les mener à Lui sinon l’Eglise, c’est-à-dire vous est moi chers frères et sœurs ! Et pour cela nous devons laisser la gloire de Dieu apparaître sur nous. C’est-à-dire ,

2/ il faut poser un acte de foi en Jésus. En effet, dans la prière il est écrit : « à nous qui te connaissons déjà par la foi ». L’Eglise, peuple des croyants en Christ, rayonne de la gloire de Dieu dans le sens où elle vit de son Seigneur. Elle est le lampadaire qui éclaire l’humanité de la lumière divine. C’est la seule raison d’exister de l’Eglise que d’annoncer le Christ et sa Bonne Nouvelle au monde qui l’ignore encore. Être chrétien ce n’est pas seulement avoir la foi ou croire en Jésus, c’est autant faire croire en Lui, c’est-à-dire témoigner et évangéliser. C’est la révélation que saint Paul nous fait dans sa lettre aux Ephésiens : toutes les nations sont associées au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus, par l’annonce de l’Évangile. La mission de l’Eglise est de rassembler de toutes les nations un peuple unique, fervent et rayonnant. Cela exige de voir en tout homme un frère potentiel dans la foi, un trésor d’humanité qui a du pris aux yeux du Seigneur. C’est notre souci d’évangéliser qui réalise aujourd’hui la prophétie d’Isaïe : Les trésors d’au-delà des mers afflueront vers toi, vers toi viendront les richesses des nations. Renoncer à évangéliser, c’est priver notre Eglise de nombreux enfants qui attendent de trouver une mère et une famille qui donnent sens à leur quête de vérité.

3/ nous laisser guider pour contempler pleinement sa splendeur. Dans la prière il est écrit : «daigne nous accorder d’être conduits jusqu’à la claire vision de ta splendeur » En effet, Si par notre évangélisation les nations viennent au Christ, il nous faut avec elles toutes, avancer vers le Royaume qui vient. Si l’Eglise est bien, comme je le laissais entendre dans la première partie, l’étoile qui guide les nations vers le Christ ; Tous ceux qui rejoignent l’Eglise cheminent avec elle à travers les âges vers le Royaume guidés par le Seigneur Jésus qui est la vraie Lumière des hommes, la lumière qui brille dans les ténèbres comme le dit st Jean dans le prologue de son évangile. Il nous faut tous nous mettre à l’école du Christ en nous soumettant à l’œuvre de l’Esprit Saint qui nous mène, comme au retour les rois-mages, par un autre chemin.

Alors frères et sœurs, ce matin, renouvelant dans la joie notre foi en Jésus révélé aux nations, demandons-nous pour qui nous pourrions être une étoile cette semaine. Quelle personne nous pourrions amener au Christ, pour avancer avec elle vers le Royaume qui vient et déposons-là dans la patène lors de l’offertoire. Amen

samedi de st Dé du 05 janvier 2019

le Thème en ce début d’année était : “Nous sommes  venus l’adorer” (Mt 2, 2)

ce samedi 5 janvier eut lieu le samedi de St Dé. Exceptionnellement, les jeunes et les moins jeunes étaient conviés à un parcours spirituel dès 16 h 30 dans l’église Saint Désiré, où les attendaient les mages, “Melchior, Balthazar, et Gaspar”.

“Melchior” proposaient aux participants de réfléchir  sur  : qu’est ce qui a  du prix dans ma vie, et  quelle est la part de Dieu dans tout cela..

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Chaque participant recevait un “lingot d’or” où ils pouvaient écrire les réponses dessus, puis étaient invités à rencontrer Balthazar…

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“Balthazar”  les invitait à contempler la croix en méditant cette parole du Christ : “Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis… En méditant, le poème de Ste Thérèse de Lisieux, “Vivre d’amour”, les jeunes participants étaient invités  à répondre à cet amour….A l’issu, Balthazar remettait un cœur imbibé de myrrhe. Chaque jeune poursuivait son chemin dans l’église…

 

Plus loin dans une chapelle, “Gaspar” remettait deux grains d’encens. “Je peux devenir, par ma vie un encens pour le Seigneur”. En déposant, l’encens au saint sacrement, ils signifiaient par là, qu’ils offraient la bonne odeur de leur vie, qui monterait en offrande devant lui.

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Après la rencontre de ces 3 mages, chaque jeune déposait l’encens auprès du saint sacrement, les lingots d’or, et le cœur en papier imbibé de myrrhe . Les jeunes ont pris un  temps d’adoration devant le saint sacrement pour confier à Jésus l’année 2019.

Après ce parcours spirituel, chaque groupe de jeunes s’est retrouvé devant l’église pour boire un jus de pomme chaud.

La messe fut célébré à 18 heures par le Père Armand. Elle fût suivie par le repas partagé, et la galette des rois.

A 20 h 30, les jeunes sont retournés à l’église pour entendre un enseignement donné par le Père Armand Athias : Jésus, c’est sérieux ?

A 21 heures , a eu lieu la soirée pop louange. Durant, ce temps, ils eurent la possibilité de recevoir le sacrement de réconciliation.

Le prochain samedi de St Dé aura lieu le samedi 2 février 2019,

comme habituellement à partir de 18 heures.

la messe sera célébrée exceptionnellement aux Cordeliers à 18 heures. (

En effet, les jeunes des 6ème/5ème participeront à un samedi de St Dé KIDS, l’après midi. Ils finiront leur journée par la messe. L’église St Désiré sera trop petite pour accueillir tout le monde à la messe.)

Elle sera suivie du repas partagé à la salle paroissiale de st Désiré,

puis d’un enseignement et de la soirée pop louange à St Désiré.

Bonne semaine. Bonne et sainte année 2019

Cordialement

Cédric Galoyer, responsable de la pastorale des jeunes

ANNONCES DU 6 AU 13 JANVIER

Lundi 7 janvier

ª Préparation de la liturgie du 13 janvier à la cure à 20h.

Mardi 8 janvier

 ª  Réunion du groupe de rédaction de Vivons Ensemble entre Seille et Sorne, à la cure à 9h15

ª  Réunion du groupe biblique  du 2ème mardi du mois – de 14h30/16h30 – Espace St

Désiré, rue des Tanneurs : Etude du discours sur le pain de vie ( dans St Jean)

ª  Réunion de préparation du gouter des Rois à la cure à 17h.

ª  Rencontre de l’Aumônerie des 4/3èmes, salle des Tanneurs de 17h15 à 19h30.

ª  Rencontre de l’Aumônerie des Lycées, salle des Tanneurs de 18h30 à 21h15.

ª  Atelier inter-confessionnel : PHILIPPIENS 2,5-18. – LA NOUVEAUTÉ DE VIE DES CROYANTS

salle du temple de Lons le Saunier, 24, place Bichat. 19h30 – 21h

ª  Calendrier des équipes liturgiques des Cordeliers, à la cure à 20h.

ª  Préparation au baptême, à la cure à 20h.

Mercredi 9 janvier       

Ø  Préparation de la prière de l’unité au Temple  à  17h00.

 Jeudi 10 janvier        

Ø  Rencontre autour du livret diocésain – groupe des « catéchistes », St Luc  à 20h30.

 Vendredi 11 janvier

  • Rencontre du groupe des confirmands jeunes de 19h15 à 22h rue des Tanneurs.

Samedi 12 janvier          

 Ø Temps d’Adoration chapelle des Cordeliers de 16h à 17h.

    Dimanche 13 janvier : Baptême du Seigneur –

Messes anticipées samedi 18h30  Domblans et St Luc

et le dimanche 9h00 Montmorot et Courbouzon

10h30 Cordeliers  et Crançot

11h00 Pannessières

Sam  5/01/2019 18h00  St Désiré

18h30 Lavigny

 

Paul GUYOT et sa famille ; Odile SASSARD et Laetitia ; Familles ABRAS et BERNARD et BARTHELET ; Louis et Madeleine LAGRANGE ; René BOISSON ; Dominique SCHIAVONE (suite obsèques);

Famille DUCLOCHER; Pierre BROUTET et sa famille ; Madeleine MEYER ; Madeleine COLLET ; Georgette ROUSSELOT et sa famille ; Julia DENIS-Alberte et Georges DENIS ses grands-parents-Paulette POLY sa grand-mère ;Paul GUYOT et sa famille ; Colette DENIS, Pascale DENIS; Léone MAZUEL; Maurice TROSSAT ; André et Marie FATON ; Suites obsèques : Aimée GUYOT, Italia NACCARATO ;

Dim 6 / 01

Epiphanie du Seigneur

9h00  Voiteur

9h00 Conliège

10h30 Cordeliers

10h30 Crançot

11h00 Vernantois

Lun 7/01

St Raymond

de Penyafort

12h Srs de l’Alliance

18h30 : Cordeliers

Mar 8/01

St Lucien

8h30 : Cordeliers

10h30 : Conliège

Soeur Martine SIMONIN
Mer  9/01

St  Alix

18h30 : Cordeliers
Jeu 10/01

St Guillaume

8h30 : Cordeliers
Veni 11/01

St Paulin

 9h00  St Luc

18h30 : Cordeliers

Georges BENOIT-GONIN
Sam 12/01

St Tatiana

8h30 : Cordeliers
Sami  12/01 18h30  St Luc

18h30 Domblans

Familles PUGET-PIRAT ; François BERTHAIL et famille BRUN-BERTHAIL; Père Marcel BRIDE ; Marcel FRAYSSE et défunts de la famile ; famille BON-LAMY; Paul GUYOT et famille ; vivants et défunts des familles PY-VANTARD
Dim 13 / 01

Baptême du Seigneur

           9h00 Montmorot

9h00 Courbouzon

10h30 Cordeliers

10h30 Crançot

11h00 pannessières

CONCERT EXCEPTIONNEL : Des Petits Chanteurs à la Croix de Bois :

dimanche 27 janvier  18h00 Eglise des Cordeliers

La Paroisse Saint-Désiré propose de partager un moment d’amitié autour de la galette des rois, le dimanche 20 janvier, à partir de 14h00 et jusqu’à 17h00 au puits Salé.

 

 

 

 

 

 

 

 

message du pape François pour la journée mondiale pour la paix du 01 janvier

MESSAGE DU SAINT-PÈRE FRANÇOIS
POUR LA 52° JOURNÉE MONDIALE DE LA PAIX 1er JANVIER 2019

La bonne politique est au service de la paix

 

  1. ‘‘Paix à cette maison !’’

En envoyant ses disciples en mission, Jésus leur dit : « Dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord : ‘‘Paix à cette maison’’. S’il y a là un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle reviendra vers vous » (Lc 10, 5-6).

Offrir la paix est au cœur de la mission des disciples du Christ. Et cette offre est adressée à tous ceux qui, hommes et femmes, aspirent à la paix au milieu des drames et des violences de l’histoire humaine[1]. La ‘‘maison’’ dont parle Jésus, c’est chaque famille, chaque communauté, chaque pays, chaque continent, dans sa particularité et dans son histoire ; c’est avant tout chaque personne, sans distinctions ni discriminations. C’est aussi notre ‘‘maison commune’’ : la planète où Dieu nous a mis pour y vivre et dont nous sommes appelés à prendre soin avec sollicitude.

C’est donc également mon vœu au début de l’année nouvelle : ‘‘Paix à cette maison !’’.

  1. Le défi de la bonne politique

La paix est comme l’espérance dont parle le poète Charles Péguy [2]; elle est comme une fleur fragile qui cherche à s’épanouir au milieu des pierres de la violence. Nous le savons : la recherche du pouvoir à tout prix porte à des abus et à des injustices. La politique est un moyen fondamental pour promouvoir la citoyenneté et les projets de l’homme, mais quand elle n’est pas vécue comme un service à la collectivité humaine par ceux qui l’exercent, elle peut devenir un instrument d’oppression, de marginalisation, voire de destruction.

« Si quelqu’un veut être le premier, dit Jésus, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous » (Mc 9, 35). Comme le soulignait saint Paul VI : « Prendre au sérieux la politique à ses divers niveaux – local, régional et mondial –, c’est affirmer le devoir de l’homme, de tout homme, de reconnaître la réalité concrète et la valeur de la liberté de choix qui lui est offerte pour chercher à réaliser ensemble le bien de la cité, de la nation, de l’humanité »[3].

En effet, la fonction et la responsabilité politique constituent un défi permanent pour tous ceux qui reçoivent le mandat de servir leur pays, de protéger les habitants et de travailler pour asseoir les conditions d’un avenir digne et juste. Accomplie dans le respect fondamental de la vie, de la liberté et de la dignité des personnes, la politique peut devenir vraiment une forme éminente de charité.

  1. Charité et vertus humaines pour une politique au service des droits humains et de la paix.

Le Pape Benoît XVI rappelait que « tout chrétien est appelé à vivre cette charité, selon sa vocation et selon ses possibilités d’influence au service de la pólis. […] L’engagement pour le bien commun, quand la charité l’anime, a une valeur supérieure à celle de l’engagement purement séculier et politique […] Quand elle est inspirée et animée par la charité, l’action de l’homme contribue à l’édification de cette cité de Dieu universelle vers laquelle avance l’histoire de la famille humaine »[4]. C’est un programme dans lequel peuvent se retrouver tous les politiciens, de n’importe quelle appartenance culturelle ou religieuse, qui souhaitent œuvrer ensemble pour le bien de la famille humaine, en pratiquant ces vertus humaines qui sous-tendent le bon agir politique : la justice, l’équité, le respect réciproque, la sincérité, l’honnêteté, la fidélité.

À ce sujet, méritent d’être rappelées les ‘‘béatitudes du politique’’, proposées par le Cardinal vietnamien François-Xavier Nguyễn Văn Thuận, mort en 2002, qui a été un témoin fidèle de l’Évangile :

Heureux le politicien qui a une haute idée et une profonde conscience de son rôle.
Heureux le politicien dont la personne reflète la crédibilité.
Heureux le politicien qui travaille pour le bien commun et non pour son propre intérêt.
Heureux le politicien qui reste fidèlement cohérent.
Heureux le politicien qui réalise l’unité.
Heureux le politicien qui s’engage dans la réalisation d’un changement radical.
Heureux le politicien qui sait écouter.
Heureux le politicien qui n’a pas peur.[5]

Chaque renouvellement des fonctions électives, chaque échéance électorale, chaque étape de la vie publique constitue une occasion pour retourner à la source et aux repères qui inspirent la justice et le droit. Nous en sommes certains : la bonne politique est au service de la paix ; elle respecte et promeut les droits humains fondamentaux, qui sont aussi des devoirs réciproques, afin qu’entre les générations présentes et celles à venir se tisse un lien de confiance et de reconnaissance.

  1. Les vices de la politique

À côté des vertus, malheureusement, ne manquent pas non plus dans la politique les vices, dus soit à une inaptitude personnelle soit à des déformations dans l’entourage et dans les institutions. Il est clair pour tous que les vices de la vie politique ôtent de la crédibilité aux systèmes dans lesquels elle s’exerce, ainsi qu’à l’autorité, aux décisions et à l’action des personnes qui s’y consacrent. Ces vices, qui affaiblissent l’idéal d’une authentique démocratie, sont la honte de la vie publique et mettent en danger la paix sociale : la corruption – sous ses multiples formes d’appropriation indue des biens publics ou d’instrumentalisation des personnes –, la négation du droit, le non-respect des règles communautaires, l’enrichissement illégal, la justification du pouvoir par la force ou par le prétexte arbitraire de la ‘‘raison d’État’’, la tendance à s’accrocher au pouvoir, la xénophobie et le racisme, le refus de prendre soin de la Terre, l’exploitation illimitée des ressources naturelles en raison du profit immédiat, le mépris de ceux qui ont été contraints à l’exil.

  1. La bonne politique promeut la participation des jeunes et la confiance dans l’autre

Quand l’exercice du pouvoir politique vise uniquement à sauvegarder les intérêts de certains individus privilégiés, l’avenir est compromis et les jeunes peuvent être tentés par la méfiance, parce que condamnés à rester en marge de la société, sans possibilité de participer à un projet pour l’avenir. Quand, au contraire, la politique se traduit, concrètement, dans l’encouragement des jeunes talents et des vocations qui demandent à se réaliser, la paix se diffuse dans les consciences et sur les visages. Elle devient une confiance dynamique, qui veut dire ‘‘j’ai confiance en toi et je crois en toi’’, dans la possibilité de travailler ensemble pour le bien commun. La politique est pour la paix si elle se manifeste donc, dans la reconnaissance des charismes et des capacités de chaque personne. « Quoi de plus beau qu’une main tendue ? Elle a été voulue par Dieu pour offrir et recevoir. Dieu n’a pas voulu qu’elle tue (cf. Gn 4, 1sv) ou qu’elle fasse souffrir, mais qu’elle soigne et qu’elle aide à vivre. À côté du cœur et de l’intelligence, la main peut devenir, elle aussi, un instrument du dialogue »[6].

Chacun peut apporter sa pierre à la construction de la maison commune. La vie politique authentique, qui se fonde sur le droit et sur un dialogue loyal entre les personnes, se renouvelle avec la conviction que chaque femme, chaque homme et chaque génération portent en eux une promesse qui peut libérer de nouvelles énergies relationnelles, intellectuelles, culturelles et spirituelles. Une telle confiance n’est jamais facile à vivre, car les relations humaines sont complexes. En particulier, nous vivons ces temps-ci dans un climat de méfiance qui s’enracine dans la peur de l’autre ou de l’étranger, dans l’angoisse de perdre ses propres avantages, et qui se manifeste malheureusement aussi, au niveau politique, par des attitudes de fermeture ou des nationalismes qui remettent en cause cette fraternité dont notre monde globalisé a tant besoin. Aujourd’hui plus que jamais, nos sociétés ont besoin d’‘‘artisans de paix’’ qui puissent être des messagers et des témoins authentiques du Dieu Père, qui veut le bien et le bonheur de la famille humaine.

  1. Non à la guerre et à la stratégie de la peur

Cent ans après la fin de la Première Guerre Mondiale, alors que nous nous souvenons des jeunes tombés durant ces combats et des populations civiles lacérées, aujourd’hui plus qu’hier nous connaissons la terrible leçon des guerres fratricides, à savoir que la paix ne peut jamais être réduite au seul équilibre des forces et de la peur. Maintenir l’autre sous la menace veut dire le réduire à l’état d’objet et en nier la dignité. C’est pourquoi nous réaffirmons que l’escalade en termes d’intimidation et la prolifération incontrôlée des armes sont contraires à la morale ainsi qu’à la recherche d’une vraie concorde. La terreur exercée sur les personnes les plus vulnérables contribue à l’exil d’entières populations en quête d’une terre de paix. Les discours politiques qui tendent à accuser les migrants de tous les maux et à priver les pauvres de l’espérance ne sont pas justifiables. Au contraire, il faut réaffirmer que la paix se fonde sur le respect de chaque personne, quelle que soit son histoire, sur le respect du droit et du bien commun, de la création qui nous a été confiée et de la richesse morale transmise par les générations passées.

Notre pensée va aussi, à titre particulier, aux enfants qui vivent dans les zones actuelles de conflit, et à tous ceux qui s’engagent afin que leurs vies et leurs droits soient protégés. Dans le monde, un enfant sur six est touché par la violence de la guerre ou par ses conséquences, quand il n’est pas enrôlé pour devenir lui-même soldat ou otage de groupes armés. Le témoignage de ceux qui œuvrent pour défendre la dignité et le respect des enfants n’en est que plus précieux pour l’avenir de l’humanité.

  1. Un grand projet de paix

Nous célébrons ces jours-ci le soixante-dixième anniversaire de la Déclaration Universelle des droits de l’homme, adoptée au lendemain du deuxième conflit mondial. Souvenons-nous, à ce propos, de l’observation de saint Jean XXIII : « Maintenant, à mesure que l’homme devient conscient de ses droits, germe comme nécessairement en lui la conscience d’obligations correspondantes : ses propres droits, c’est avant tout comme autant d’expressions de sa dignité qu’il devra les faire valoir, et à tous les autres incombera l’obligation de reconnaître ces droits et de les respecter »[7].

La paix, en effet, est le fruit d’un grand projet politique qui se fonde sur la responsabilité réciproque et sur l’interdépendance des êtres humains. Mais elle est aussi un défi qui demande à être accueilli jour après jour. La paix est une conversion du cœur et de l’âme ; et il est facile de reconnaître trois dimensions indissociables de cette paix intérieure et communautaire :

– la paix avec soi-même, en refusant l’intransigeance, la colère et l’impatience et, comme le conseillait saint François de Sales, en exerçant ‘‘un peu de douceur avec soi-même’’, afin d’offrir ‘‘un peu de douceur aux autres’’ ;

– la paix avec l’autre : le proche, l’ami, l’étranger, le pauvre, le souffrant… ; en osant la rencontre et en écoutant le message qu’elle porte avec elle ;

– la paix avec la création, en redécouvrant la grandeur du don de Dieu et la part de responsabilité qui revient à chacun d’entre nous, en tant qu’habitant du monde, citoyen et acteur de l’avenir.

La politique de la paix, qui connaît bien les fragilités humaines et les assume, peut toujours se ressourcer dans l’esprit du Magnificatque Marie, Mère du Christ Sauveur et Reine de la Paix, chante au nom de tous les hommes : « Sa miséricorde s’étend d’en âge en âge sur ceux qui le craignent. Déployant la force de son bras, il disperse les superbes. Il renverse les puissants de leur trône, il élève les humbles […] ; il se souvient de son amour, de la promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais » (Lc 1, 50-55).

Du Vatican, le 8 décembre 2018

François