homélie du 6° dimanche de Pâques

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

     En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements. Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous : l’Esprit de vérité, lui que le monde ne peut recevoir, car il ne le voit pas et ne le connaît pas ; vous, vous le connaissez, car il demeure auprès de vous, et il sera en vous. Je ne vous laisserai pas orphelins, je reviens vers vous. D’ici peu de temps, le monde ne me verra plus, mais vous, vous me verrez vivant, et vous vivrez aussi. En ce jour-là, vous reconnaîtrez que je suis en mon Père, que vous êtes en moi, et moi en vous. Celui qui reçoit mes commandements et les garde, c’est celui-là qui m’aime ; et celui qui m’aime sera aimé de mon Père ; moi aussi, je l’aimerai, et je me manifesterai à lui. »

Durant toute la journée d’hier à Châtel, mais surtout depuis 2 ans au moins à travers le catéchisme, certains d’entre vous préparent leur première communion. Et vous découvrez, chers enfants qui êtes nos petits frères et sœurs dans la foi, combien ce sacrement est grand, combien l’amour de Dieu pour vous est grand pour vous faire un si beau cadeau. Dieu a donné sa propre vie en son Fils Jésus qui est mort sur la croix et ressuscité pour vous faire vivre de son amour et de sa vie. Depuis le jour de votre baptême, vous marchez dans la foi avec le Seigneur Jésus à vos côtés. Jusqu’à maintenant vous avez entendu parler de l’eucharistie, vous êtes venus à la messe, vous avez vu des films ou des dessins animés qui parlaient de l’Eucharistie. Mais dans quelques jours, lors de votre Première Communion, vous allez faire l’expérience de la présence de Dieu en vous, de Dieu qui vous nourrit de sa vie. C’est Jésus qui nous le dit dans l’évangile que nous venons d’entendre : vous me verrez vivant, et vous vivrez aussi. En ce jour-là, vous reconnaîtrez que vous êtes en moi, et moi en vous.

J’aimerai vraiment que ce temps qui vous sépare de votre première communion soit pour vous et vos parents, mais aussi pour chacun de nous paroissiens du doyenné de Lons, l’occasion de se préparer réellement à ce sacrement, de découvrir ou redécouvrir qu’il est bien, selon l’enseignement du Concile Vatican II « la source et le sommet de la vie chrétienne ». Voilà ce à quoi il faut se préparer : découvrir Jésus vivant dans l’Eucharistie, Jésus qui désire venir habiter en vous,  qui veut semer sa vie éternelle en vous, pour vous préparer à vivre avec Lui, au-delà de votre mort, dans le cœur même de Dieu, pour toujours.

Pour nous aider à bien nous préparer, Jésus nous donnes deux pistes….

1/ Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements. Faire grandir l’amour de Jésus en nous commence par vivre comme Jésus nous l’a enseigné, selon ses commandements. Et Jésus nous a laissé un double commandement…. Le connaissez-vous ? Dans l’évangile selon st Mathieu Jésus dit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. Voilà le grand, le premier commandement. Et le second lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. ». Essayons ensemble de réfléchir à ce que cela signifie d’aimer Dieu d’abord : aimer Dieu c’est accepter d’être déjà aimé par lui qui m’a créé, m’a sauvé et m’appelle à la vie éternelle. Il m’a aimé le premier et je peux m’offrir à Lui avec tout ce qui fait ma vie, faire tout ce que j’aime (travailler, jouer, lire) sous son regard de Père qui m’aime. Aimer Dieu c’est aussi Lui donner du temps dans la prière, et particulièrement à la messe car c’est là que le Seigneur me donne les forces pour aimer et aller vers l’autre. Ensuite il faut aimer l’autre : c’est chercher son bonheur, être attentif à ses besoins. C’est aussi changer en bien notre regard sur celui que nous avons du mal à accepter, pour le découvrir comme une personne digne d’intérêt, digne de respect, qui a simplement, comme nous, ses limites. C’est prendre l’initiative de l’amitié, et ainsi arriver à créer des relations entre les personnes basées sur la bienveillance. Agir ainsi c’est faire grandir le Règne de Dieu parmi les hommes, un règne sans plus jamais de violences ou d’agressions.

2/ le Père vous donnera un autre Défenseur l’Esprit de vérité qui sera en vous. Au jour de votre baptême, le prêtre en versant l’eau sur votre front a dit : je te baptise « au Nom du Père, et du Fils et du Saint Esprit ». C’est-à-dire que l’Esprit Saint a déjà sa maison en vous. Il est comme un guide intérieur, qui vous permet, si vous l’écoutez, de choisir de faire le bien et de refuser de faire le mal. On appelle cela agir en conscience, c’est-à-dire en ayant réfléchi, avec Dieu, à ce qu’on allait faire. Saint Pierre dans sa lettre que nous avons entendue nous invite à avoir une conscience droite. Car elle seule nous permet d’être de vrais témoins de Dieu. Ainsi demandez à l’Esprit Saint, chaque matin et chaque soir jusqu’à votre première communion, (et même après) de vous aider à grandir dans la foi en Jésus présent dans le pain et le vin consacrés ; demandez-lui aussi de faire de vous le pain de son amour pour les autres, et surtout pour ceux qui ne le connaissent pas et ne l’aiment pas.

Mes jeunes amis, et vous frères et sœurs leurs parents et paroissiens, laissez-vous Guider par l’Esprit Saint afin de vivre dans l’amour de Dieu et du prochain jusqu’à ce que Jésus semant en vous, le plus régulièrement possible, sa vie par la communion à son Corps, fasse de vous le pain de son amour pour en nourrir tous les hommes et les femmes de notre doyenné et pour que soit déployée en vous la vie divine qu’il vous partagera en plénitude à la fin des temps. Amen

20 et 21 Mai : deux belles journées : retraite de 1° communion et étapes vers le baptême pour Mégane, Enzo et Angelo

Quelle belle journée ensoleillée à Châtel  lors de la retraite de Première Communion… 45 enfants du Doyenné se sont préparés à recevoir la première Communion. Après une belle célébration du premier pardon le 01 avril dernier, le samedi 20 mai était consacré à l’approfondissement de la foi eucharistique  par des jeux, des chants, des lectures de textes, des catéchèses, des partage d’évangile, etc…

merci à toutes les catéchistes qui ont donné de leur temps pour que nos enfants vivent dans la joie et le recueillement cette journée.

Un autre temps fort nous fut donner aussi le 21 mai. En effet, le meilleur moyen de bien comprendre l’Eucharistie, c’est d’y assister régulièrement, ce à quoi ont été invités les jeunes et leurs parents. C’est pourquoi aussi, le lendemain de la retraite tous les enfants avaient rendez-vous à la messe de 10h30 aux Cordeliers pour célébrer l’Eucharistie avec la communauté. Lors de cette messe, Enzo, qui prépare sa première Communion et son frère Angelo ont vécu la troisième étape en vue de leur baptême : le prêtre a prononcé sur eux la prière de délivrance du mal, qu’on appelle aussi prière d’exorcisme.

enfin pour nous combler de Joie, nous avons également vécu, avec Mégane, 23 ans sa première étape en vue du baptême….Entourée de son équipe d’accompagnement, elle s’est présentée et a dit devant toute l’assemblée, avec émotion et conviction, tout ce que sa préparation au baptême depuis plusieurs mois déjà lui apporte et l’amour du Christ qu’elle sent grandir en elle! Sa joie était visible et communicative….

DSC02872DSC02871

ANNONCES du 21 au 28 mai 2017

ANNONCES du 21 au 28 mai 2017

Vente de CD à la sortie de la messe des Cordeliers

du Groupe de Rock chrétien dolois OMG

Merci de leur faire bon accueil !

Lundi 22 mai

  •  Rassemblement diocésain des Équipes du Rosaire à Clairvaux les Lacs (salle des fêtes de 9h 30 à 16h 30),
  • Messe chez les Sœurs de l’Alliance à 12h,
  • Préparation de la liturgie du jeudi de l’Ascension et du 28 mai à la cure à 20h.

Mardi 23 mai

  • Messe à Ste Marie à 12h 45 avec la 2ème étape vers le Baptême de Louis,
  • Programmation des chants, à la cure à 18h.

Mercredi 24 mai

  • En ce mois de mai, chapelet aux cordeliers à 17h 45 suivi de la messe à 18h 30.

Jeudi 25 mai    –   Fête de l’Ascension

  • Messe à 10h 30 à Vevy et  aux Cordeliers – Baptême de Roméo DALLE NOGARE.

******

Neuvaine à Notre Dame de Lorette de Conliège

à 20h  du jeudi 25 mai au vendredi 2 juin,

(le vendredi prière à 18h 30 qui se terminera par une eucharistie).

******

Vendredi 26 mai

  • Temps de prière avec l’AED (Aide à l’Eglise en Détresse), à 17h 45 à la chapelle des Cordeliers suivi de l’eucharistie à 18h 30.

******

Dans le but de nous préparer à recevoir

l‘Esprit Saint à la Pentecôte, neuvaine de prière chaque soir

du vendredi 26 mai au samedi 3 juin à la chapelle des Cordeliers de 19h 30 à 20h.

******

Samedi 27 mai

  • Baptêmes de :
    • Maëlys MELET à Briod à 11 h,
    • Sarah YONGORO aux Cordeliers à 17h,
  • Rassemblement des 14/30 ans à Châtel,
  • Mariage entre Leslie MAUCHAMP et Pierre-Emmanuel BAURAND à 15h à Crançot,
  • Mariage entre Lucie VUILLEMEY et Romain DESVIGNES à 16h aux Cordeliers.

Dimanche 28 mai  – 7ème dimanche de Pâques

Messes :            

  • Samedi
    • 18h 30 : St Luc
  • Dimanche
    • 9h 00 : Conliège,
    • 10h 30 : Cordeliers et Briod 

 ******

Le Chemin Néocatéchumenal

a commencé ses  actions d’évangélisation à Lons le Saunier.

Vous pouvez les rejoindre le dimanche 28 mai Place de la Liberté à partir de 16h

*********

 FLEURIR EN LITURGIE

Stage de formation Vendredi 9 juin à Lons

(inscription avant le 3 juin)

Thème : L’ENRACINEMENT

L’enracinement du bouquet comme symbole de l’enracinement de notre foi.

 **********

Ordination presbytérale

de Vincent Billard et William Goyard,

dimanche 25 juin à 15 h en la cathédrale de Saint Claude. 

 Car prévu :

  • Départ de LONS LE SAUNIER : Derrière la Gare SNCF à 13 h 15,
  • Retour à 18 h. Cela permettra de participer au temps convivial après l’ordination.

Coût du transport : 17 € par personne pour un nombre minimum de 35 personnes.

Si besoin un deuxième car peut être demandé.

Vous êtes invité à vous inscrire dès maintenant au service des pèlerinages

par téléphone : 03 84 47 87 50

ou par mail :  pelerinages@eglisejura.com

Nos deux futurs prêtres sont du Jura et Vincent est l’un des nôtres à chaque vacance.  Vous pouvez si vous le souhaitez, mettre un message personnel pour Vincent et William et même faire un don dans une enveloppe à leur nom que vous pouvez déposer soit dans la quête soit au secrétariat.

*****************************

Annonces du 20 au 28 mai 2017

Samedi 20/05/2017 18h 30 : Montmorot Intention particulière,  Famille PUGET-PIRAT,

Alberte et Georges DENIS et leur petite fille Julia DENIS,

Pour les âmes du purgatoire,

Famille MARTELET, René BOISSON,

Roger HUMBEY – Maryvonne GASNE – José CORREIA – Daniel MARECHAL (suites obsèques),

Edmond BOYET, Micheline SCAMORI,

Maurice et Denis NOEL et leur famille,

Jeanne NICOLAS et sa famille,

Famille PERRIN-PRIEUR-MAZAUDON,

César SA SILVA GONCALVES et sa fille Marie-Eugenia GONCALVES.

 

Dimanche 21/05/2017

6ème Dimanche de Pâques

 

 

9h 00 : St Désiré

 10h 30 : Cordeliers

 10h 30 : Mirebel

Lundi 22/05/2017 

St Emile, Ste Rita

12h00 : Soeurs de   l’Alliance

18h 30 : Cordeliers

 

 

Mardi 23/05/2017

St Didier, Ste Jeanne Antide Thouret

8h 30 : Cordeliers  Georges – Marizette FARDINI et ses enfants.
Mercredi 24/05/2017

St Donatien

10h 30 : Conliège

18h 30 : Cordeliers   

 

 

Jeudi 25/05/2017

Fête de

l’ASCENSION

 

10h 30 : Cordeliers

 10h 30 : Vevy

 

Jean et Edith PEROZ,  Yvette GUILLEMIN,

Paulette MARTIN et famille,

Thierry RATEL (anniversaire)

Familles MOREL-LORIN,

Défunts famille JOLICLERC,

Défunts familles SAURIAT-DOLE.

Vendredi  26/05/2017 

St Philippe Néri

9h 00 : St Luc

18h30 : Cordeliers 

 
Samedi 27/05/2017

St Augustin de Cantorbéry

8h 30 : Cordeliers  
Samedi 27/05/2017 18h 30 : St Luc  

 

 

Dimanche 28/05/2017

7ème Dimanche

de Pâques

 

9h 00  : Conliège

10h 30 : Cordeliers

 10h 30 : Briod

Anne et Olivier et leurs grand-parents,

Rosette ROTA, Intention particulière,

Odile SASSARD et sa petite fille Laetitia, 

Paulette MARTIN et sa famille,

Défunts familles MILLET-OLIVIER,

Marie BÔLE et famille, Jean-Pierre GUINGANÉ,

Louis et Madeleine LAGRANGE et défunts de leurs familles,

Marcelle et Georges CATTENOZ,

Pour les malades d’une famille,

Familles SAURIAT-DOLE,

Colette et Camille VANTHIER.

avec du retard mais ça vaut le coup homélie de Mgr Jordy pour la fête de la divine miséricorde le 23 avril dernier

 

Frères et sœurs, chers amis,

Samedi dernier, dans cette église plongée dans la pénombre, est entré, lumineux, le Cierge Pascal, signe de la victoire du Christ ressuscité sur la mort et les ténèbres.

C’était là, au cœur de la liturgie de Pâques, le cœur de notre foi qui était rappelé, proclamé solennellement.

 En effet, comme l’écrira l’apôtre saint Paul, si le Christ n’est pas mort et ressuscité, notre foi est vaine. Oui, mais si Jésus est vraiment ressuscité, cela change tout.

C’est pourquoi, durant toute la semaine, à l’occasion de chaque messe du jour, les textes de l’Ecriture nous ont rappelé ce qui fait la force de cette annonce, la crédibilité de l’annonce de la Résurrection.

Cette annonce de la Résurrection est d’abord le fruit d’un témoignage. Comme l’a écrit l’un des grands théologiens du concile Vatican II, le Cardinal Henri De Lubac, la résurrection de Jésus n’est pas une fable, une légende. Elle est un fait, un événement dont des femmes et des hommes ont été les témoins et dont les vies ont été transformées, bouleversées par cet événement. Les témoins de la résurrection n’étaient pas des illuminés, mais des personnes qui, à partir de cet événement de la rencontre de Jésus ressuscité, ont vécu en pleine cohérence avec ce qu’elles annonçaient jusqu’à en payer le prix par le don de leur vie, comme bon nombre des apôtres.

Mais cette annonce de la Résurrection n’est pas seulement un témoignage. Elle trouve aussi sa force dans le fait qu’elle est en cohérence avec la première alliance, celle faite avec Abraham, les patriarches et les prophètes. Comme Jésus le montrera lui-même sur le chemin d’Emmaüs, la résurrection est l’accomplissement des promesses faites à Israël. C’est l’Esprit Saint qui éclaire la Parole pour nous faire comprendre comment elle s’accomplit par Jésus, avec lui et en lui. Si la foi en la Résurrection repose sur un témoignage, elle repose aussi sur une intelligence des Ecritures.

Enfin, l’annonce de la Résurrection, si elle repose sur des témoignages crédibles, sur une cohérence de la révélation, est surtout une expérience à vivre : chacun, comme l’apôtre Thomas, est appelé à accueillir Jésus ressuscité dans son existence, à goûter son passage aujourd’hui dans l’Eglise, dans les sacrements, dans la vie fraternelle, dans la Parole, dans la prière, au plus profond de son être pour être touché par lui et transformé par lui. C’est là, dans la rencontre personnelle de Jésus, dans le fond de notre cœur, que nous pouvons changer.

Oui, comme l’écrira l’apôtre saint Paul, si le Christ n’est pas ressuscité, notre foi est vaine. Plus encore, si le Christ n’est pas ressuscité, nous sommes « les plus malheureux des hommes » car nous sommes privés de la grâce, de la vie de Dieu. Mais comme Jésus est ressuscité, cela change tout et il change tout.

En effet, l’évangile de ce dimanche nous le rappelle, le soir de sa résurrection Jésus va se manifester au Cénacle où se trouvent les disciples.

Jésus va se trouver là, au milieu d’eux. Il entre, précise l’Evangile, « toutes portes verrouillées », ce qui signifie bien sa condition de nouvelle créature qui n’est plus soumise aux lois de la nature comme nous le sommes. Sa présence de ressuscité produit surtout la paix, – « la paix soit avec vous » – la « shalom », c’est-à-dire non pas cette paix qui est l’absence de problèmes, mais cette paix qui signifie l’accomplissement, la plénitude de la personne, cette paix qui est le signe de sa victoire sur le mal et la mort.

Mais surtout, Jésus, après avoir salué les disciples rassemblés, va éclairer leur mission qui vient : il va souffler sur eux et leur communiquer l’Esprit Saint pour pardonner les péchés, pour remettre les péchés, pour libérer le cœur des hommes ; ils reçoivent autorité sur le mal.

Ce geste de Jésus, ce don de l’Esprit Saint pour la mission, afin de communiquer le pardon, la miséricorde, est en fait un geste qui doit se comprendre dans la lumière de la tradition d’Israël. En effet, après la fête de la Pâque juive, fête qui rappelle la libération du peuple d’Israël de l’esclavage d’Egypte, le grand prêtre entrait dans le Temple pour commencer la liturgie d’une autre fête (Chavouot, la « fête des tentes »). Avec une gerbe des prémices de la récolte, il faisait une grande bénédiction vers les quatre points cardinaux, puis vers le bas et vers le haut, pour signifier que Dieu, par son Esprit, bénissait le monde et le rendait fécond. Jésus, en soufflant sur les apôtres le jour qui suit la Pâque, en même temps que cette liturgie avait lieu dans le Temple, accomplit le rite du grand prêtre dans le Temple : il inaugure la fête de Chavouot, la fête de la fécondité ; mais Jésus ne fait pas que bénir avec une gerbe comme le faisait le grand prêtre dans le Temple : en soufflant sur les apôtres, il donne l’Esprit Saint dans le monde et, par lui, il communique bien plus qu’une bénédiction, il communique le pardon, la miséricorde que ces hommes auront désormais la mission de proclamer, d’annoncer et de mettre en œuvre, afin de faire ainsi goûter la miséricorde de Dieu. Ce geste de Jésus au soir de la Résurrection au Cénacle est un geste liturgique et un geste missionnaire.

En effet, si le Christ est ressuscité, par son geste du soir de la Résurrection, de ce souffle communiqué, Jésus nous fait entrer dans une vie nouvelle, dans le temps de la miséricorde.

Bien entendu, la miséricorde est déjà annoncée dans tout l’Ancien Testament. Elle est même évoquée comme l’attitude du cœur de Dieu qui a compassion de l’homme, d’un Dieu remué au plus intime de lui-même par la souffrance et la peine de l’homme.

Mais par Jésus, cette miséricorde de Dieu prend un visage et va devenir efficace dans le monde par le don de l’Esprit Saint qui est communiqué aux apôtres : sur le visage de Jésus peut se lire la tendresse du Père ; dans le regard de bonté de Jésus, c’est le regard du Père qui rejoint celui qui souffre ou qui est dans la peine et la misère. Et une fois Jésus retourné auprès de son Père, c’est à son Corps vivant, l’Eglise, de prendre le relais et d’être jusqu’à son retour le visage de la miséricorde au cœur du monde, l’instrument par lequel la miséricorde est communiquée aux hommes.

Ce visage de la miséricorde, il a parfois pu s’estomper à certains moments de l’histoire ; il a pu sembler flou ou incompréhensible quand les disciples de Jésus, quand notre Eglise, ont été parfois infidèles à sa parole. Mais depuis plus d’un siècle, par la figure de certains saints, par la figure de certains cœurs animés par l’Esprit, le Christ nous a redonné la plénitude de la lumière de la miséricorde. Avant tout certainement par la figure de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus qui redécouvrira la simplicité de l’Evangile par sa « petite voie » faite de confiance et d’abandon à l’Amour miséricordieux de Dieu. Et dans les années trente, alors que les ténèbres tombent sur l’Europe, c’est à une religieuse polonaise, sœur Faustine, que Jésus rappelle que son souffle répandu sur l’Eglise il y a deux mille ans est donné pour propager la tendresse du Père, la miséricorde du cœur de Dieu et guérir le cœur de l’homme.

C’est par elle que Jésus rappelle qu’il n’a qu’un seul désir, celui de s’unir à chacun d’entre nous dans l’amour. C’est par elle qu’il rappelle que le seul obstacle à l’union d’amour avec lui, c’est le péché ; mais que le péché ne peut rien face à la miséricorde de Dieu.

Le message de sœur Faustine est un appel à redécouvrir la tendresse, la bonté de Dieu pour nous, et son désir de nous pardonner, de nous guérir, de nous relever, de nous ouvrir l’espérance, quelles que soient nos offenses. Le message de sœur Faustine nous rappelle que le désir de pardon du cœur de Dieu est infini, inconditionnel, gratuit, et qu’il n’a qu’une seule limite : notre propre cœur, quand nous n’y croyons pas ou quand nous n’y croyons plus.

La question essentielle que nous avons à accueillir en ce 2ème dimanche de Pâques, dimanche de la Divine Miséricorde, et à laquelle chacun d’entre nous est invité à répondre dans l’intimité de son cœur est : est-ce que j’aime Jésus ? Est-ce que je suis amoureux de lui ? Est-ce que je l’ai vraiment rencontré, touché au plus intime de moi-même comme l’apôtre Paul ? La question est : ai-je compris le mystère de sa miséricorde, de la tendresse qu’il annonce, et suis-je capable de m’en émerveiller ? Ou suis-je toujours replié sur mes grognements, sur ma mauvaise humeur, sur mon cœur sclérosé ? Oui, suis-je capable d’aimer et de m’émerveiller devant l’annonce de la miséricorde de Dieu ?

C’est pour nous aider à comprendre cela que Jésus demandera expressément à sœur Faustine de transmettre à l’Eglise sa demande d’une fête de la Miséricorde que le saint pape Jean-Paul II établira en avril 2000.

Frères et sœurs, chers amis,

Oui, le Christ est ressuscité, il est vraiment ressuscité. Le soir de Pâques, pour nous, pour chacun d’entre nous, il a soufflé sur les apôtres afin que son pardon, sa miséricorde, puisse nous rejoindre, nous guérir, nous renouveler, réchauffer nos cœurs, afin que nous poursuivions notre route, notre chemin de vie chrétienne, de sainteté.

Que ce souffle de l’Esprit, ce souffle venu de Jésus il y a deux mille ans, ce souffle qui accompagne l’Eglise depuis deux mille ans, rejoigne maintenant chacun de nous pour que nous goûtions cette Parole d’espérance, que nous goûtions dans notre cœur la tendresse de Dieu et, qu’ayant expérimenté cette miséricorde, nous en devenions toujours plus, en l’annonçant simplement, pleinement, les témoins.

Amen.

+ Vincent Jordy, Evêque de Saint-Claude

homélie du 5° dimanche de Pâques

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Que votre cœur ne soit pas bouleversé : vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi. Dans la maison de mon Père, il y a de nombreuses demeures ; sinon, vous aurais-je dit : ‘Je pars vous préparer une place’ ? Quand je serai parti vous préparer une place, je reviendrai et je vous emmènerai auprès de moi, afin que là où je suis, vous soyez, vous aussi. Pour aller où je vais, vous savez le chemin. » Thomas lui dit : « Seigneur, nous ne savons pas où tu vas. Comment pourrions-nous savoir le chemin ? » Jésus lui répond : « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi. Puisque vous me connaissez, vous connaîtrez aussi mon Père. Dès maintenant vous le connaissez, et vous l’avez vu. »  Philippe lui dit : « Seigneur, montre-nous le Père ; cela nous suffit. » Jésus lui répond : « Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas, Philippe ! Celui qui m’a vu a vu le Père. Comment peux-tu dire : ‘Montre-nous le Père’ ? Tu ne crois donc pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ! Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ; le Père qui demeure en moi fait ses propres œuvres. Croyez-moi : je suis dans le Père, et le Père est en moi ; si vous ne me croyez pas, croyez du moins à cause des œuvres elles-mêmes. Amen, amen, je vous le dis : celui qui croit en moi fera les œuvres que je fais. Il en fera même de plus grandes, parce que je pars vers le Père.

Lors d’une visite de politesse à la maternité, ou à la réception d’un faire-part de naissance, à la vue de la bouille du dernier né de la famille, nous nous exclamons : «c’est le portrait de son père, (de sa mère) … » et dès lors nous passons des heures à scruter fiévreusement chacune des partie du corps de l’enfant, voulant à tout prix qu’il ressemble à l’un des parents, histoire de l’inscrire dans une lignée et d’une certaine façon de le reconnaître comme de la famille. Et cette remarque sur la ressemblance jaillira régulièrement de nos lèvres aux différents âges de la vie de l’enfant. En grandissant, son physique, telle ou telle attitude, tel tic, tel manière de parler, tel trait de l’esprit rappellera celui de ses parents. L’enfant lui-même, arrivé à l’âge de raison, pourra aussi bien dire : « qui me voit, voit mon père (ma mère) ». C’est d’ailleurs ce que dit Jésus : Celui qui m’a vu a vu le Père. Fils de Dieu, engendré par Lui, il Lui est semblable. Et ce qui vaut pour l’homme de manière imparfaite le vaut de manière absolument parfaite pour Dieu. Ainsi, voir Jésus, Dieu fait homme c’est voir Dieu le Père. Comme le rappelle Jésus : je suis dans le Père et que le Père est en moi. Dans l’homme Jésus, Dieu réside, se montre et se dévoile aux autres hommes. Les gestes et les paroles de Jésus sont les gestes et les paroles du Père : Ainsi, quand Jésus bénit c’est le Père qui bénit, quand Jésus pardonne c’est Dieu le Père qui pardonne et quand Jésus parle, Dieu lui-même parle !… Jésus le dit sans détour : les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ; le Père qui demeure en moi fait ses propres œuvres.

Certes, voir Jésus agir c’est voir le Père agir. Mais en poussant plus loin la réflexion, en proclamant celui qui m’a vu a vu le Père  Jésus pose la base d’une vision nouvelle de l’homme. En se posant, comme révélateur de la divinité, Jésus promeut l’humanité comme une porte d’entrée vers Dieu ! Que l’homme, en son humanité, révèle Dieu voilà qui en fait une créature à part, un être à protéger. Pourtant, rarement l’homme n’a été autant sur la sellette, remis en cause de sa spécificité allant jusqu’à lui dénier toute différence avec les autres créatures. Pire encore on protège toutes les espèces, de la fourmi, à l’abeille en passant par les macaques et autres singes dont on préserve soigneusement tous les embryons, quand dans le même temps on refuse le statut d’homme à l’embryon humain. Alors face à ce déni de différence, je veux reprendre le cri poussé au 5ième siècle par St Pierre Chrysologue : « Ô Homme, pourquoi es-tu si vil à tes propres yeux, alors que tu es si précieux aux yeux de Dieu ? …Dieu t’a fait don d’une âme céleste et d’un corps terrestre pour qu’en toi se noue une union permanente entre le ciel et la terre … et pour ajouter encore à ton élévation il va jusqu’à déposer en toi son image, afin que cette image visible rende présent sur terre le Créateur invisible. »

Être image visible de Dieu invisible est la vocation de tous les hommes depuis la création du monde. Cette vocation trouve son accomplissement dans le sacrement du baptême, signe de l’alliance nouvelle qui fait de nous bien plus que des images, des fils et des filles de Dieu. Image de Dieu depuis leur naissance, Camille et Maud vont devenir filles de Dieu par le baptême tout à l’heure. En effet, dès le jour de notre baptême, Dieu cesse d’être en face de nous, comme un artiste regarderait l’autoportrait qu’il aurait fait de lui-même. Il fait en nous sa demeure, il vient vivre en nous et il nous institue son enfant adoptif. Dès lors avec Jésus, notre frère, nous pouvons dire je suis dans le Père, et le Père est en moi. Non pas que nous soyons l’égal de Dieu mais par un effet de sa grâce nous sommes participant de sa nature divine. Et cela fera dire à Pierre dans la lettre que nous venons d’entendre : vous, vous êtes une descendance choisie, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple destiné au salut,   et il poursuit en fixant notre mission, celle qui est dévolue aux enfants de Dieu : pour que vous annonciez les merveilles de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière.

Et cette mission nous habite pleinement au jour de notre confirmation. Faisant librement nôtre la foi en Dieu, le laissant prendre possession de tout notre être, l’Esprit de Dieu vient nous saisir et nous permettre d’agir comme Dieu. C’est cette promesse que Jésus fait dans l’évangile de ce dimanche : celui qui croit en moi fera les œuvres que je fais. Il en fera même de plus grandes.  C’est le Seigneur Jésus qui le dit : vous pouvez désormais agir comme Lui et faire aussi bien que lui. Alors frères et sœurs en Dieu, à ceux des hommes de ce temps qui nous demande « montrez-nous le Père, cela nous suffit » que nous puissions répondre, par une vie sainte, bonne, enracinée en Dieu et en Christ, « qui nous voit, voit le Père ! » Amen